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16 janvier 2020 4 16 /01 /janvier /2020 00:00

16 JANVIER

 

I.

Ste Priscilla, romaine, mère de Pudens, grand-mère des stes Praxède et Pudentienne, à l’origine de la catacombe célèbre.

IV.

S Danax, lecteur et martyr à Aulone, où il refusa de sacrifier à Bacchus.

S Marcel I., pape (308-309) : sa réorganisation de l’Eglise après la persécution suscita des troubles, et son exil comme palefrenier de la poste impériale. 

S Melas, évêque à Rhinocolure ; il nettoyait les lampes du sanctuaire quand on vint l’arrêter, provoquant l’admiration des envoyés de l’empereur.

V.

S Honoratus, premier abbé à Lérins, évêque en Arles.

Ss Jacques et Marcel, premiers évêques à Tarentaise ; Jacques, militaire syrien, avait rencontré s. Honorat de Lérins en Grèce.
S Valère, évêque à Sorrente (VII.?).

Ste Libérate, sœur de Epiphane et Honorate, à Pavie.

VI.

S Leobatius, abbé à Sennevières.

S Trivier, solitaire près de Thérouanne puis dans les Dombes ; son corps fut retrouvé sans corruption soixante dix ans après sa mort.

S Honorat, abbé à Fondi ; il ressuscita un enfant ; il vécut dans une perpétuelle abstinence.

VII.

S Titianus, évêque à Oderzo.

S Fursy, abbé à Rathmat, fondateur et abbé à Lagny-en-Brie ; le charriot qui transportait son corps s’arrêta à Péronne, où il fut déposé dans l’église Saint-Pierre en construction ; il est patron de Péronne.

VIII.

S Frisius (Fritz), neveu de Charles-Martel, mort au combat contre les Sarrasins.

XII.

Bse Giovanna de Fonte Chiusi, camaldule à Bagno di Romagna ; à sa mort toutes les cloches se mirent à sonner.

XIII.

Ss Berardo (sous-diacre), Ottone et Pietro, prêtres, Accursio et Adiuto, frères lais, premiers martyrs franciscains, au Maroc.

XVIII.

S Joseph Vaz, prêtre oratorien indien, apôtre du Sri Lanka, béatifié en 1995, canonisé en 2015.

XIX.

B Louis-Antoine Ormières, prêtre français, fondateur des Sœurs de l'Ange-Gardien, béatifié en 2017.

B Giuseppe Antonio Tovini, avocat et journaliste à Brescia, père de dix enfants, béatifié en 1998.

XX.

Bse Juana Maria Condesa Lluch (1862-1916), fondatrice espagnole des Servantes de l’Immaculée Conception, pour l’accueil et la formation des ouvrières, béatifiée en 2003.

Priscilla

† 98

 

Jusqu’à il y a peu, cette sainte femme romaine était l’épouse de Manius Acilius Glabrio, qui fut mis à mort sous Domitien, probablement pour s’être converti courageusement.

Ces parents chrétiens avaient pour fils Pudens, qui fut sénateur, et père des saintes Praxède et Pudentienne.

Priscilla devait posséder sur la via Salaria une villa où elle reçut les apôtres Pierre et Paul. Plus tard cette villa devint le point de départ de la plus ancienne catacombe romaine.

C’est dans cette catacombe que fut enseveli le pape saint Marcel 1er, avant d’être transféré à l’église Saint-Marcel. 

Récemment, toutefois, toutes ces belles histoires se sont envolées de l’espace des historiens et même du Martyrologe. C’est tout juste si l’on ose supposer que la basilique Sainte-Praxède fut édifiée avant la fin du 5e siècle.

On a avancé que Priscilla n’était qu’un diminutif de Prisca… 

Celle dont on voulait parler ici était autrefois mentionnée le 16 janvier au Martyrologe.

 

 

Danax d’Aulone

† 305

 

Danax était originaire d’Aulone (Illyrie, côte adriatique, anc. Yougoslavie). Certains écrivent Danacte.

On présume qu’il vivait à la fin du troisième et au début du quatrième siècles.

A Aulone, il s’occupait des vases sacrés et pouvait de ce fait avoir été ordonné lecteur ou, pourquoi pas, acolyte. Il devait être jeune.

Des païens, peut-être des jeunes gens de son âge, s’emparèrent de lui et cherchèrent à le contraindre à sacrifier à Bacchus. Ce qui pourrait nous apparaître comme une farce banale de la part de camarades peu instruits, était pour Danax un véritable défi : un Chrétien n’adore qu’un Dieu et ne participe pas à des orgies païennes.

Sur son refus, on le mit à mort.

Ce ne pouvait être que durant la persécution qui reprit en 304 et s’acheva définitivement quelques années plus tard avec l’édit de Constantin (313).

Saint Danax d’Aulone est commémoré le 16 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Marcel 1er

308-309

 

Marcellus, fils du romain Benedictus, était prêtre au moment de la mort du pape précédent, Marcellinus, en 304.

Devenu donc le trentième pape en 308 seulement, Marcellus eut à réorganiser les centres de réunion des Chrétiens, qui en avaient été privés lors de la persécution de Dioclétien. 

Marcel voulut donner des consignes pour réadmettre les lapsi à certaines conditions, ce qui engendra quelques troubles, et poussa le nouvel empereur Maxence à exiler le pape, jugé responsable de ces troubles.

Un autre récit dit que Marcel fut exilé une première fois, qu’il put s’évader grâce au concours de Chrétiens, qu’il fut repris et qu’il mourut durant cette période, où il fut condamné à s’occuper de chevaux dans une église transformée en écurie.

Cette humiliation du Pontife aurait duré plusieurs années, ce qui ne coïncide pas bien avec l’unique année de son pontificat. Sans doute plusieurs mois. On considère en effet aujourd’hui que l’élection de Marcel n’advint qu’en 308 et non en 304.

Marcellus mourut (ou fut inhumé) le 16 janvier 309, date retenue pour son dies natalis. Il fut considéré comme martyr, victime des mauvais traitements reçus.

Son corps fut dans la catacombe de Priscilla, jusqu’à son transfert dans l’église Saint-Marcel à Rome. Il se pourrait que son chef fût à l’abbaye de Cluny, et ensuite à la cathédrale d’Autun.

Après Marcel 1er, fut élu Eusèbe.

 

 

Melas de Rhinocolure

† 390

 

Melas était né à Rhinocolure (Egypte), sur les confins de la Palestine.

Sa famille était pauvre, mais chrétienne. 

Melas grandit dans la simplicité, s’habituant à vivre de peu, à prier, à se retirer comme un ascète dans la solitude.

Il fut appelé à devenir évêque de sa ville et fut peut-être consacré par s.Athanase d’Alexandrie (v. 2 mai).

Rien ne changea dans la simplicité de vie de Melas. Per exemple, il venait incognito dans le sanctuaire et nettoyait les lampes.

C’est dans cet emploi que le découvrirent un jour les envoyés de l’empereur Valens : ce dernier, trompé par l’erreur, s’en prenait aux évêques orthodoxes et voulait faire arrêter Melas pour l’envoyer en exil.

Les envoyés ne comprirent pas tout de suite que cet homme qui les recevait si gentiment était l’évêque. Melas les introduisit dans la maison épiscopale, leur servit un bon repas, puis s’ouvrit à eux. Fort étonnés et pleins d’admiration, les envoyés lui proposèrent de l’aider à se cacher, mais Melas leur déclara qu’il voulait être traité comme les autres évêques fidèles à la foi catholique.

Melas partit donc en exil, mais on ne sait pas en quelle ville, ni pendant combien de temps. On suppose qu’à la mort de Valens (378), il put reprendre son siège. 

Melas serait mort en 390.

Saint Melas de Rhinocolure est commémoré le 16 janvier dans le Martyrologe Romain.

Honoratus de Lérins

375-429

 

La belle vie de ce grand Saint nous est connue par la biograhie que nous en a laissée un témoin direct de saint Honorat, Hilaire de Lérins, qui pouvait en être un proche parent.

Honoratus naquit vers 375 ; il avait un frère aîné, Venantius. De famille aristocrate, ils reçurent le baptême, contre l’avis de leur père, qui resta païen.

Finalement, ils décidèrent de quitter cette maison pour rejoindre la Grèce, avec pour guide un vénérable vieillard, Caprasius.

Une fois en Grèce, Venantius tomba malade et mourut. Les deux autres revinrent sur leurs pas, gagnant la Provence où ils firent connaissance de l’évêque, Leontius, et choisirent une petite île de Lérins pour s’y établir.

Honoratus commença par chasser les serpents de l’île et y fit jaillir une source : ce furent les deux seuls miracles attribués au Saint.

En peu de temps, la sainteté de vie d’Honoratus attira une foule de novices qui voulurent vivre avec lui. L’île de Lérins devint une école de théologie, un centre de formation littéraire et scientifique, où l’on n’avait pas de difficulté à trouver les candidats idoines pour les évêchés de Gaule.

L’évêque de Fréjus y vint pour conférer le sacerdoce à Honoratus, malgré ses protestations. Sa «dignité» sacerdotale ne le conduisit pas à tenter de s’imposer à ses frères, il resta humble parmi eux, préoccupé seulement de les aider à progresser dans la sainteté. Il visita les malades, s’employa à les soulager, fit tout le possible pour maintenir l’harmonie entre tous.

C’est à cette école que furent formés de saints évêques comme Maxime de Riez, Loup de Troyes, Hilaire d’Arles, Eucher de Lyon, Jacques de Tarentaise… Partout on publiait les vertus d’Honoratus, qui avait cherché l’isolement et le recueillement.

En 426, Honoratus fut appelé au siège épiscopal d’Arles. Il n’accepta qu’après avoir compris que c’était là la volonté de Dieu. Il s’y rendit avec son fidèle Hilarius.

Arles devint à son tour un centre de grande spiritualité, grâce à la sainteté de l’humble moine. Le nouvel évêque rétablit la concorde, troublée par le précédent évêque qui avait réputation de simonie ; il distribua toutes les richesses du trésor pour ne conserver que le strict nécessaire.

Pendant les deux années de son épiscopat, Honoratus assura le maintien de la discipline en Narbonnaise et dénonça au pape quelques abus. Malgré un lent déclin de ses forces, il maintint son rythme de travail et prêcha chaque jour, jusqu’à la fête de l’Epiphanie de 429. Il passa les derniers jours de sa sainte vie à exhorter et consoler, à régler des détails de son diocèse, annonça que son successeur serait le même Hilaire qui l’avait fidèlement accompagné, et mourut doucement le 16 janvier 429.

Toujours d’après Hilaire, on vit l’âme d’Honoratus portée au chœur des anges. Et si Honoratus n’opéra pas de miracles après sa mort, c’est qu’il en avait humblement demandé la grâce à Dieu.

Saint Honorat fut un modèle de charité. Son cher et fidèle successeur, Hilaire, dit de lui : Si l'on voulait représenter la charité sous une figure humaine, il faudrait faire le portrait d'Honorat.

Le monastère de Lérins subit bien des vicissitudes. L’île fut souvent attaquée et dévastée, le monastère sera fortifié et gardé ; il fut supprimé en 1788, quand il ne restait que quatre moines. Au 19e siècle un renouveau s’opéra, quelques moines cisterciens s’y rétablirent, à l’origine de l’actuelle communauté (une vingtaine de moines).

Saint Honoratus d’Arles (ou de Lérins) est fêté le 16 janvier.

 

 

Jacques de Tarentaise

† 429

 

Jacques (peut-être Iakub) naquit en Assyrie (Mésopotamie N).

On ne va pas raconter ici ce qu’on ignore. La jeunesse et la conversion de Jacques restent assez mystérieuses, de même d’ailleurs aussi que son passage en Occident.

Auparavant, on sait qu’il entra dans l’armée perse et eut l’occasion de combattre l’armée romaine.

Cequi le frappa et le conduisit à la conversion, fut de voir la violence de la persécution qui frappait les Chrétiens, et la sublimité de leur religion : Pardonnez ! Priez pour vos ennemis !

Peu de temps après avoir reçu le baptême, il eut l’occasion de rencontrer Honoratus de Lérins (v. ce même jour), lors de son voyage en Grèce. Jacques le suivit en Gaule, à Lérins.

Vers 420, Jacques accompagna Honoratus et Maximus de Riez en Tarentaise. 

Les populations de cette région furent conquises par les Romains au premier siècle, et doivent leur nom au lieutenant romain qui les soumit, Terentius Varro. C’est d’eux que parle Julius Caesar, quand il raconte que les Ceutrons tentèrent de lui barrer le passage. 

Au cinquième siècle, donc, Honoratus de Lérins, Maximus de Riez et notre Jacques vinrent évangéliser la vallée des Ceutrons.

Cette même année 420, Jacques fut nommé premier évêque de Tarentaise. Il résidait alors à Moûtiers. On le considère dès lors comme l’apôtre de la Savoie.

Deux miracles fameux illustrent l’activité de Jacques durant ces années. L’un, alors qu’un ours vint dévorer un des bœufs qui transportaient les matériaux de construction d’un édifice ; Jacques ordonna à l’ours de remplacer le bœuf, ce que fit humblement la bête féroce.

L’autre miracle fut que Jacques «allongea» d’une bénédiction une poutre trop courte lors de la construction d’une église.

L’épiscopat de Jacques dura neuf années. Il mourut le 16 janvier 429, apparemment le même jour et la même année que s.Honoratus.

Son successeur, Marcellius, fut longtemps associé à lui dans le Martyrologe.

Le diocèse de Tarentaise est actuellement intégéré dans celui de Chambéry.

A la suite de s.Honoratus, saint Jacques de Tarentaise est commémoré à son tour le 16 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Leobatius de Sennevières

† 6e siècle

 

Leobatius (Leubace, Leubais) était de la région de Tours.

L’abbé Ursus (v. 27 juillet) avait fondé vers 490 le monastère de Senaparia (Sennevières, Indre-et-Loire), où il laissa comme prieur Leobatius.

Leobatius en devint ensuite abbé.

S.Grégoire de Tours (v. 17 novembre), qui raconte plusieurs faits merveilleux sur l’abbé Ursus, ajoute seulement, concernant Leobatius : Leubatius vécut (à Sennevières) avec une grande sainteté, parvint à une grande vieillesse, y mourut et y fut enseveli.

Leubatius serait mort peu après Ursus, vers 510.

Saint Leobatius de Sennevières est commémoré le 16 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Trivier dans les Dombes

† 550

 

Trivier naquit en Neustrie, d’une famille romaine qui avait habité le pays de Cahors.

Ayant pris goût très tôt pour la vie contemplative, il alla chercher un asile dans un monastère près de Thérouanne (Picardie) et, à quarante ans, fut ordonné prêtre.

Le roi d’Austrasie ayant cédé à l’abbé deux prisonniers, ceux-ci furent confiés à Trivier. Finalement, ce dernier les reconduisit dans leur pays natif, les Dombes, où ils le prièrent de se fixer, lui promettant d’amples terrains.

Trivier se contenta d’un cabanon avec un petit jardin pour y cultiver des légumes. Il y partagea son temps entre la prière, le chant des hymnes et des psaumes, le jeûne, les veilles et les macérations.

Le Martyrologe Romain situe son dies natalis au 16 janvier, vers 550.

Saint Trivier fut retrouvé sans corruption soixante-dix ans plus tard, à la suite des miracles qui s’opérèrent.

 

 

Titianus d’Oderzo

† 632

 

Titianus serait né à Eraclea (anc. Heraclia, Venise, Italie NE), de parents nobles.

Il fut confié à l’évêque lui-même, Florianus, qui l’ordonna diacre, puis prêtre et le nomma économe diocésain.

Florianus est connu comme second évêque d’Oderzo, après Marciano.

Titianus fut célèbre pour sa charité et ses activités en faveur des pauvres ; il fut très estimé.

Vint un jour où l’évêque Florianus dut faire un voyage, peut-être à Ravenne. Il ne laissa pas son diocèse sans direction, mais surtout, ayant certainement quelque idée en tête, il demanda aux diocésains de pourvoir à l’élection d’un successeur, au cas où son voyage dépasserait une année.

On sera sans doute étonné d’une telle situation, car un évêque ne doit jamais s’absenter plus que quelques mois de son diocèse. Florianus reçut-il une mission spéciale de la part de Dieu ? Le fait est qu’au bout d’une année le peuple élut unanimement Titianus pour succéder à Florianus (vers 610).

Mais Florianus revint : il avait parcouru diverses régions - on ne nous dit pas lesquelles - en prêchant l’Evangile. Quand Titianus retrouva son cher évêque, il le supplia humblement de reprendre sa place, mais Florianus annonça qu’il repartait à ses missions. 

On sut que Florianus désirait ardemment la grâce du martyre. La reçut-il ? On ne sait. Il y a quelque chose de mystérieux dans cette «disparition» d’un évêque, dont on ignore finalement tout, et qu’on vénère comme Saint, sans précision de son dies natalis.

Titianus, lui, fut un évêque averti, soucieux de son peuple.

Il mourut le 16 janvier 632, après une vingtaine d’années d’épiscopat.

Oderzo ayant été plusieurs fois dévastée, puis totalement rasée, le diocèse d’Oderzo est passé ensuite à celui de Vittorio Veneto.

Saint Titianus d’Oderzo est commémoré le 16 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Fursy de Péronne

567-648

 

Né vers 567 sur l’île d’Inishquin (Lough Corrib, Irlande), Fursy était fils de Fintan et Gelges, qui étaient de famille princière ; il eut deux frères, Foillan et Ultan (v. 31 octobre et 1er mai) et aurait été baptisé par s. Brendan (v. 16 mai). Le nom de Fursy peut se trouver sous les formes Fursey, Fursa, Forseus, Furseus.

Ayant bénéficié d’une excellente formation auprès des moines, il devint très savant, principalement dans les Saintes Ecritures.

Il choisit bientôt la vie monastique, à Inishquin, sous la direction de s. Meldan (v. 7 février) ; déjà à cette époque, sa prière aurait obtenu la résurrection de deux enfants jumeaux.

Il fonda un monastère à Claran (Headford), d’où il allait fréquemment évangéliser les environs.

Tombé gravement malade, il reçut plusieurs visions où il entrevit les difficultés et les tribulations auxquelles il serait en butte. Il vit comment le diable voulait le perdre, et comment les anges combattirent le diable.

Une fois rétabli, Fursy laissa ses deux frères à Rathmat et alla prêcher ; il chassait les démons. Après une dernière vision, il se retira sur une petite île puis, après quelques années, retourna à Rathmat où il fonda un autre monastère, qui pourrait être celui de Killursa.

Ensuite, avec ses deux frères, il vint à Cnobheresburg (act. Burgh Castle, Norfolk) où, grâce aux libéralités du roi Sigebert, il put fonder un monastère. Il y établit supérieur son frère Foillan (644) et se retira avec Ultan pour vivre dans la solitude et la contemplation.

Ils furent cependant dérangés dans leur quiétude et décidèrent de passer en France, pour gagner Rome (648). 

En débarquant à Macerias (qu’on croit identifier avec Mézerolles), ils apprirent la mort du fils du gouverneur de Picardie, Haymon : Fursy le ressuscita. Haymon voulait les retenir, mais en le quittant, Fursy lui promit que, plus tard, il le préviendrait du moment de son décès. 

Ils reprirent leur chemin. Fursy ne pouvait s’empêcher de faire des miracles sur son passage, de sorte que le maire du palais Erchinoald l’apprit et le retint à Péronne, d’abord pour baptiser son fils, ensuite pour fonder un monastère, à Lagny-sur-Marne (644) ; cette abbaye, amplement dotée par les libéralités de Clovis II, de la reine Bathilde et d’Erchinoald, devint très prospère ; beaucoup d’Irlandais y vinrent se mettre sous la direction de Fursy.

Fursy voulut retourner an Angleterre pour visiter sa première fondation. Mais parvenu à Macerias, il tomba malade ; divinement prévenu, Haymon accourut et recueillit le dernier soupir de Fursy, un 16 janvier vers 648, son dies natalis dans le Martyrologe Romain. 

Il y eut un litige pour la sépulture de Fursy : Haymon voulait l’ensevelir à Mézerolles, Erchinoald à Péronne. On s’accorda pour le «jugement de Dieu» : on déposerait la dépouille sur un char à bœufs, laissant les bêtes se diriger et s’arrêter où bon leur semblerait. Le char s’arrêta à Péronne, et Fursy fut enseveli dans l’église Saint-Pierre.

Saint Fursy est le patron de Péronne. Ses reliques furent profanées par les révolutionnaires, mais une partie put en être sauvée.

Giovanna de Fonte Chiusi

? - 1105

 

Giovanna (Jeanne) vit le jour à Fonte Chiusi (Bagno di Romagna, Forlí, Emilie-Romagne, Italie CNE) et se consacra à Dieu dès l’enfance.

Elle fut sœur converse, puis religieuse de chœur chez les camaldules à Bagno di Romagna.

Au moment de sa mort, toutes les cloches sonnèrent d’elles)-mêmes.

Des miracles nombreux furent opérés à son tombeau.

En 1506, une procession de ses reliques mit fin à une épidémie de peste.

Son culte immémorial a été confirmé en 1823.

La bienheureuse Giovanna est mentionnée au 16 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Marrakech (Martyrs franciscains de)

1220

 

Il est connu que Francesco d’Assise désirait beaucoup la grâce du martyre. Dès que sa famille religieuse commença à prendre de l’ampleur, il voulut la faire contribuer à répandre la gloire de Dieu partout où le Christ était méconnu.

C’est ainsi qu’en 1219, tandis qu’il cherchait à se joindre aux croisés pour gagner les Lieux saints, il envoya au Maroc six de ses compagnons : Vitale, frère lai, qu’il destinait à être le supérieur de la mission ; Berardo (sous-diacre, qui connaissait l’arabe), Pietro et Ottone, trois prêtres ; Accursio et Adiuto, deux frères laïcs.

Ils étaient tous les six des environs de Terni (Ombrie, Italie C) et parmi les premiers compagnons de Francesco.

Les six missionnaires partirent d’Italie à pied et rejoignirent l’Espagne. Là, Vitale tomba malade et demeura en Aragon. Berardo le remplaça et la petite troupe arriva à Coimbra, où la population les prit pour des hérétiques, mais ils furent reçus par l’épouse du roi Afonso II. Elle leur offrit l’hospitalité à Alemquer et l’infante leur procura des habits laïcs pour leur faciliter les déplacements.

Prochaine étape : Séville, qui se trouvait aux mains des Turcs. N’écoutant que leur soif d’évangélisation (et peut-être pas assez la voix de la prudence), ils allèrent immédiatement prêcher l’Evangile dans la mosquée, sans se gêner de critiquer l’islamisme. On les prit pour des fous, mais ils s’enhardirent plutôt à se présenter directement au palais du roi maure, que les Italiens appellent Miramolino. Ce dernier n’apprécia pas la démarche, encore moins leurs discours contre les faux prophètes, et ordonna de les faire décapiter. Sur l’intervention de son fils, il «compléta» sa sentence en faisant jeter en prison les cinq Religieux, puis les convoqua en leur proposant le fameux dilemme que propose toujours l’Islam : ou ils retournent chez eux, ou ils passent à l’Islam (et sont expédiés au Maroc).

Evidemment, les Franciscains furent heureux d’être pris en charge pour arriver plus vite au Maroc, le but de leur mission. Ils partirent avec le fils du roi d’Aragon, Pedro Fernando, qui voulait découvrir le Maroc.

Dès leur arrivée, Berardo se mit à prêcher la Bonne Nouvelle.

Le sultan, le traita de fou et fit expulser de la ville les cinq Frères, qui furent ensuite mis en prison, et privés de nourriture pendant vingt jours, au terme desquels le sultan lui-même fut étonné de les voir en meilleure forme qu’auparavant (on y retrouve ici l’épisode des compagnons de Daniel dans Dn 1:15).

Le sultan les fit partir de là à destination de l’Espagne, mais les Franciscains réussirent à rester sur place et reprirent leur prédication. L’Infant Pedro Fernando les obligea à rester enfermés chez lui, pour ne pas compromettre les autres Chrétiens qui étaient avec lui. 

Peu après, le sultan demanda à Pedro Fernando de l’aider à mater une rébellion ; il prit avec ses hommes les cinq Franciscains. Un jour où l’on manqua d’eau, Berardo creusa un trou d’où sortit soudain de l’eau fraîche, miracle qui provoqua un grand étonnement parmi les Maures.

Ils reprirent leur prédication. Le sultan les fit à nouveau arrêter et flageller ; puis il les abandonna à la fureur de la population : on les dévêtit entièrement, on les fouetta aux croisements des rues, on les traîna sur des tessons de bouteilles, on versa sur leurs plaies du sel et du vinaigre, supplices qu’ils supportèrent patiemment, au grand étonnement du sultan lui même : il les tenta ensuite par des propositions de richesses et d’honneurs, amena devant eux cinq belles jeunes filles pour les épouser, et, devant leur sainte obstination à rejeter le faux prophète Mahomet, se saisit de son cimeterre et leur fendit la tête (ou les décapita).

L’infante du Portugal vit à ce moment leurs âmes s’envoler vers le Ciel.

La nouvelle de ce martyre avenu le 16 janvier 1220 à Marrakech arriva bientôt aux oreilles de Francesco d’Assise, qui s’écria : Maintenant je puis dire que j’ai vraiment cinq frères mineurs.

On précisera que dans la première rédaction franciscaine, l’événement est daté du 16 mai.

Des prodiges empêchèrent la destruction de leurs corps : une tempête mit en fuite les animaux auxquels on les avait offerts et le feu où on les jeta ne leur laissa aucune trace de brûlure. Les Maures finirent par laisser aux Chrétiens la faculté de recueillir ces précieuses reliques. Pedro Fernando les rapporta à Coimbra, là où se trouvait alors Antonio de Padoue (v. 13 juin), qui en conçut alors un vif désir d’appartenir à cet Ordre.

On trouvera au 10 octobre la notice de sept autres Martyrs franciscains à Ceuta (1227).

Les cinq Martyrs de Marrakech furent canonisés en 1481 et le Martyrologe les commémore à leur dies natalis, le 16 janvier.

 

 

Berardo de Calvi

† 1220

 

C’est l’un des premiers Compagnons de Francesco d’Assise et en même temps un des premiers Martyrs de l’Ordre (16 janvier 1220).

Voir la notice Marrakech (Martyrs franciscains de)

 

 

Pietro de San Gemini

† 1220

 

C’est l’un des premiers Compagnons de Francesco d’Assise et en même temps un des premiers Martyrs de l’Ordre (16 janvier 1220).

Voir la notice Marrakech (Martyrs franciscains de)

 

 

Ottone de Stroncone

† 1220

 

C’est l’un des premiers Compagnons de Francesco d’Assise et en même temps un des premiers Martyrs de l’Ordre (16 janvier 1220).

Voir la notice Marrakech (Martyrs franciscains de)

 

 

Accursio de Narni

† 1220

 

C’est l’un des premiers Compagnons de Francesco d’Assise et en même temps un des premiers Martyrs de l’Ordre (16 janvier 1220).

Voir la notice Marrakech (Martyrs franciscains de)

 

 

Adiuto de Narni

† 1220

 

C’est l’un des premiers Compagnons de Francesco d’Assise et en même temps un des premiers Martyrs de l’Ordre (16 janvier 1220).

Voir la notice Marrakech (Martyrs franciscains de)

Joseph Vaz

1651-1711

 

Joseph naquit le 21 avril 1651 à Benaulim (Goa, Inde), troisième des six enfants d’une famille brahmane de langue Konkanie.

Il étudia le portugais à Sancoale, le village de son père, et le latin à Baulim, le village de sa mère. Puis il fréquenta le collège des Jésuites à Goa, et étudia philosophie et théologie en vue du sacerdoce et fut ordonné prêtre en 1676.

En 1658, l’île de Ceylan fut prise par les Hollandais, qui en expulsèrent les Portugais et imposèrent le protestantisme. Joseph se porta immédiatement volontaire pour aller vivre sur l’île et assister les Catholiques.

Mais on l’envoya d’abord dans le sud de l’Inde, comme supérieur de la mission de Kannara. Il obéit.

Quand il revint à Goa, en 1684, il s’associa à l’Oratoire Saint-Filippo-Neri (voir au 26 mai), récemment fondé, et dont il devint même supérieur.

Ayant (enfin) obtenu la permission de partir pour Ceylan, il s’y introduisit clandestinement, déguisé en mendiant, et aborda au port de Jaffna, en 1687.

Dans des conditions qu’on peut imaginer très difficiles et dangereuses, il visita les communautés catholiques. En 1689, il s’établit même quelque temps à Sillalai (Jaffna), où se trouvait une communauté catholique assez importante : il y exerça le ministère sacerdotal, confessa, célébra, releva le courage des fidèles, mais dut tout de même se retirer.

On sait qu’il fut pendant un an à Puttalam (1690).

En 1692, il s’installera à Kandy, capitale d’un petit royaume indépendant du centre de l’île. Il y résida sans trop de difficultés, tout en se déplaçant pour continuer ses visites pastorales. On le soupçonna bien d’être un espion au service des Portugais et fut pour cela mis en prison, mais comme il s’efforçait d’apprendre et de parler la langue locale, le Sinhala, il fut plutôt bien considéré ; mieux : lors d’une période de sécheresse, il demanda à Dieu d’accorder de la pluie et sa prière fut exaucée, alors que les moines bouddhistes n’avaient rien obtenu ! De ce fait, le roi lui accorda toute sa faveur, le libéra et l’autorisa à prêcher la religion du Christ. Nous sommes en 1696.

Grâce à la protection royale, l’abbé Joseph put alors circuler beaucoup plus tranquillement, même en territoire «hollandais» : la nouvelle de son activité parvint à l’évêque du Kerala, et même à Rome. Le légat papal voulut ériger Ceylan en diocèse et consacrer le père Vaz évêque, mais ce dernier refusa.

Il alla recevoir à Colombo trois confrères qu’on lui envoyait pour l’épauler, lesquels lui apportèrent en même temps une nouvelle à laquelle il ne s’attendait vraiment pas : l’évêque de Cochin (Kerala) le nommait Vicaire Général pour Ceylan, lui donnant ainsi de larges pouvoirs pour organiser la vie ecclésiastique dans l’île. 

Le roi fut encore plus touché par le père Joseph et ses Confrères, lors d’une épidémie de petite vérole qui dévasta son royaume : les prêtres en effet allèrent au chevet des malades sans compter leur fatigue, ni craindre la contagion.

Le nouveau Vicaire Général eut désormais les coudées franches pour organiser l’Eglise dans ce petit royaume de Kandy, mais aussi pour organiser la vie clandestine de l’Eglise dans les régions sous domination hollandaise. Mgr Vaz traduisit des livres du portugais en sinhala. Il y eut des conversions parmi les notables. La notoriété de Mgr Vaz lui valut un prestige dont il se servit pour aller parler franchement aux autorités hollandaises.

A la mort du roi, son successeur maintint la même attitude vis-à-vis de Mgr Vaz. D’autres missionnaires arrivèrent en 1708.

Mais Mgr Vaz s’était épuisé. Il entreprit encore une tournée en 1710, dont il revint malade à Kandy : il s’éteignit le 16 janvier 1711, en odeur de sainteté.

Dès 1737 commença le procès de béatification. En attendant, à Ceylan comme en Inde, on parla toujours du Vénérable Joseph Vaz, l’apôtre de Ceylan, qui s’appelle maintenant Sri Lanka.

Joseph Vaz a été béatifié en 1995. Il devait être canonisé en 2015.

 

 

Louis-Antoine Ormières

1809-1890

 

Louis-Antoine-Rose Ormières Lacase naquit un 14 juillet - date fatidique en France - de l’an 1809, à Quillan (Aude).

Au lendemain de la Révolution française, les parents avaient conservé la foi et l’enseignèrent à leurs nombreux enfants ; ils leur donnèrent l’exemple de l’accueil des pauvres chez eux à leur table et de la visite des malades.

Louis-Antoine étudia au séminaire de Carcassone et fut ordonné prêtre en 1833.

Constatant les dons qu’il avait, on le nomma d’emblée professeur au séminaire. Mais les livres n’étaient pas sa préférence : il voulait écrire dans le cœur des populations ; il ouvrit des patronages, organisa des missions populaires, et d’abord à Quillan-même, dans cette campagne où la majeure partie des enfants n’allait pas à l’école.

Avec l’accord de l’évêque, il invita des congrégations religieuses à s’installer dans le diocèse, mais finalement il fonda lui-même les Sœurs de l’Ange Gardien, pour venir en aide à la jeunesse et aux malades. Il sera puissamment épaulé dans cette œuvre par Julienne Lavrilioux (Mère Saint-Pascal). Napoléon III reconnaîtra l’Œuvre en 1852. Des maisons s’ouvriront dans le sud de la France, en Espagne, en Equateur.

L’installation en Espagne a son caractère anecdotique. Quatre Religieuses partaient pour l’Afrique, mais le bateau chavira et elles restèrent à Cadix. L’Œuvre se développa beaucoup en Espagne, et c’est à Oviedo que Louis-Antoine s’installera.

Louis-Antoine ne fit pas que fonder : il participa aux travaux de son Œuvre ; durant des épidémies (1838, 1845), il n’hésita pas à s’exposer presque dangereusement pour assister des malades.

Il confia :  Mon principe a toujours été de faire le bien et de laisser dire.

Louis-Antoine mourut à Gijón (Asturies, Espagne), le 16 janvier 1890.

Depuis un demi-siècle, l’Œuvre s’est installée en Amérique latine, en Amérique du Nord, puis en Afrique et en Asie.

Le miracle constaté pour la béatification de Louis-Antoine Ormières, fut la guérison d’un cancer maxillo-facial d’une des Religieuses de l’Ange-Gardien.

La béatification de ce prêtre français a été proclamée à Oviedo en 2017.

Le bienheureux Louis-Antoine Ormières sera commémoré le 16 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Giuseppe Tovini

1841-1897

 

Giuseppe (Joseph) Antonio Tovini naquit à Cividate Camuno (Brescia, Italie) le 14 mars 1841, aîné de sept frères.

Pauvre, la famille l’envoya faire des études à Vérone au Collège pour jeunes enfants pauvres. Il y entra en 1858, devenant déjà orphelin de père en 1859 et de mère en 1865 : le voilà en quelque sorte père de famille à vingt-quatre ans, devant s’occuper de ses six jeunes frères.

Mais il n’attendit pas non plus pour compléter ses études, et passa le doctorat en droit à l’université de Pavie en 1867, pour s’installer ensuite à Brescia.

Il épousa en 1875 Emilia Corbolani, avec laquelle il aura dix enfants.

De 1871 à 1874, il fut élu maire de Cividale où il organisa des œuvres sociales, fonda la Banque de Valle Camonica, et projeta une ligne de chemins de fer pour sortir la vallée de l’isolement.

Cofondateur du journal Il Cittadino, il fut promoteur puis président du Comité diocésain de l’Œuvre des Congrès.

En 1888, il fonda la Banque Saint-Paul à Brescia, et en 1896 le Banco Ambrosiano à Milan, convaincu que les institutions catholiques, surtout celles à mission éducative, devaient trouver leur pleine autonomie financière.

Sans doute surmené et épuisé par tant de labeurs, il mourut prématurément le 16 janvier 1897, à cinquante-six ans.

Il a été proclamé bienheureux en 1998.

 

Nota. On se rappellera que, grâce à lui, son neveu, Mosè Tovini, put intégrer le séminaire en cours d’année et logera chez lui pendant quelques mois. Ce même Mosè se chargera des funérailles de son oncle avant d’assumer, une fois prêtre, les nombreuses charges diocésaines que lui confia l’évêque.

Ce saint prêtre fut à son tour béatifié en 2006 (voir au 28 janvier).

 

 

Juana María Condesa Lluch

1862-1916

 

Juana naît le 30 mars 1862 à Valencia (Espagne), dans une famille chrétienne et bourgeoise. Ses parents sont Luis et Juana. Elle a une sœur, Trinidad.

Elle reçoit le baptême dès le 31 mars, dans cette église de Saint-Etienne où furent baptisés saint Vicente Ferrer et saint Luis Bertrán (voir aux 5 avril et 9 octobre). Selon la coutume de l’époque, elle reçoit la Confirmation en 1864, et la Première communion en 1872.

Monsieur Condesa, qui était un médecin profondément chrétien, contracta le choléra en 1865 et en mourut. La maman confie ses deux filles à une préceptrice.

Juana n’a pas un caractère facile ; elle est rebelle, têtue et espiègle. Mais elle a un grand cœur, très sensible.

Contrairement aux idées rationalistes à la mode, elle reçoit une solide formation chrétienne. Elle grandit dans la piété, nourrissant sa vie intérieure par la dévotion à l’Eucharistie, à l’Immaculée Conception, à saint Joseph et à sainte Thérèse d’Avila. Le dogme de l’Immaculée Conception a été proclamé en 1854, et saint Joseph vient d’être proclamé Patron céleste de l’Eglise (1870).

C’est dans cette ambiance que grandit sa sensibilité envers les gens nécessiteux. Elle mûrit dans la joie, l’humilité, la constance, la maîtrise de soi, la paix, la bonté, le travail, l’entraide.

En 1875, elle se fait Esclave de Marie, selon la formule de saint Louis-Marie Grignion de Montfort (voir au 28 avril), et entre dans l’archiconfrérie des Filles de Marie et celle de Sainte Thérèse, dont elle devient la secrétaire. A l’exemple de ses parents, elle est aussi tertiaire du Carmel. Elle fait dans son cœur le vœu de virginité.

Quand elle a dix-huit ans, elle comprend qu’elle doit se mettre au service de la femme ouvrière, travailler pour alléger les difficiles conditions de travail de ces jeunes femmes, qui affluent dans les villes en quête de travail.

En 1884, à vingt-deux ans, elle propose à l’archevêque de Valencia un projet de Congrégation religieuse, que celui-ci n’accepte pas tout de suite, vu le jeune âge de Juana. Celle-ci voit clair : il faut aider les jeunes ouvrières, les recevoir dans une maison où elles recevront un enseignement, une formation humaine, et les aider à ne plus être simplement considérées comme des instruments de travail. Finalement elle obtient la permission de l’archevêque qui lui dit : Grande est ta foi et ta constance. Va, ouvre un havre pour ces ouvrières pour lesquelles tu as tant de sollicitude et tant d’amour dans ton cœur.

Quelques mois après s’ouvrait cette maison, avec une école pour les filles des ouvrières. Convaincue de sa vocation, Juana désire faire de cette première expérience le début d’une véritable Congrégation. C’est un long chemin de croix, mais elle persévère.

Au bout de huit ans de patience, en 1892, elle obtient l’approbation diocésaine de l’Institut, qui commence à s’étendre dans d’autres zones et prend le nom de Congrégation des Servantes de Marie Immaculée, Protectrice des Ouvrières.

En 1895, elle fait la première profession religieuse et, en 1911, la profession perpétuelle.

Entre ces deux dates, s’ouvrent des maisons pour la formation des ouvrières à Manises (1897) et à Ayora (1906), un noviciat à Burjasot (1900).

En 1912 s’ouvre une école pour enfants et ouvrières à Almansa.

Considérant que Marie, en acceptant totalement la volonté de Dieu, s’est faite son Esclave, elle se proclame elle-même esclave de l’Esclave du Seigneur, dans un esprit de totale obéissance à l’Eglise.

Juana parvient à cacher beaucoup de ses souffrances, dues à une maladie qui la ronge. Elle s’éteint à ce monde le 16 janvier 1916, à seulement cinquante-quatre ans.

L’Institut obtiendra plus tard l’approbation pontificale (1937), et définitive (1947).

Suite à un miracle reconnu en 2002, elle a été béatifiée en 2003.

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