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17 janvier 2020 5 17 /01 /janvier /2020 00:00

17 JANVIER

 

II.

Ss Speusippos, Elasippos, Melasippos, frères triplés, et leur grand-mère Leonilla, martyrs de Cappadoce.

III.

S Genulphe (Genou), romain, solitaire près de Cahors, devenu (?) premier évêque.

IV.

S Antoine, père du monachisme en Thébaïde, thaumaturge, mort à cent cinq ans, très vénéré de s. Athanase ; on l’invoqua contre les maladies de la peau, mais aussi pour les pourceaux, puis pour les gantiers, les tondeurs, les tisserands, les charcutiers et les bouchers. 

S Ioulianos Sabas, ermite dans une caverne de l’Osrhoène, thaumaturge.

S Achillas, ascète grec.

VI.

S Marcel, évêque à Die, successeur de son frère, s. Petronius (cf. 10 janvier) ; lors du sacre, une colombe voltigea au-dessus de lui jusqu’à ce qu’il fût assis. 

S Nennius, abbé dans une île de l’Ulster, un des “douze apôtres” de l’Irlande.

Ss Antoine, Mérule et Jean, moines bénédictins à Rome.

VII.

S Sulpice le Pieux, évêque à Bourges, où il travailla à la conversion des juifs.

Ste Mildgythe, vierge anglaise, sœur des stes Mildrède et Milburge.

VIII.

S Richmir, abbé sur les bords de la Loire près du Mans.

S Gamelbert, prêtre bavarois.

XIV.

Ste Roseline de Villeneuve, chartreuse à Bertaud et Celle-Roubaud, mystique.

XIX.

Apparition de Notre Dame à Pontmain, au moment où s’arrêta l’avancée prussienne.

XX.

S Jenaro Sánchez Delgadillo (1886-1927), prêtre mexicain martyrisé pendu à un arbre ; béatifié en 1992, canonisé en 2000, fêté avec ses compagnons le 21 mai.
B Teresio Olivelli (1916-1945), jeune universitaire italien ; il prôna infatigablement les valeurs chrétiennes dans les rangs du fascisme, dans l’armée et sur le front russe, jusque dans les camps de concentration et mourut à Hersbruck ; considéré comme martyr de la Charité, il a été béatifié en 2018.

Speusippos, Elasippos, Melasippos et Leonilla de Cappadoce

† 2e siècle

 

Les trois frères Speusippus, Elasippus, Melasippus furent présentés comme triplés, nés en Cappadoce (Asie Mineure, act. Turquie E).

Leur mère, chrétienne, mourut quand ils étaient encore en bas âge ; leur père voulut les élever dans le paganisme, mais mourut à son tour. Leonilla, la grand-mère, s’occupa de leur donner une éducation chrétienne et de les préparer au baptême.

Ils n’étaient que catéchumènes, lorsqu’ils furent traduits devant les tribunaux, au temps de Marc-Aurèle († 180)) ou d’Aurélien († 275).

Après les premiers interrogatoires, on les jeta en prison et l’on invita la grand-mère Leonilla à venir les convaincre de renoncer à leur foi et d’adorer les dieux romains. Mais la grand-mère s’employa à encourager les jeunes garçons dans la persévérance.

A l’interrogatoire suivant, les trois garçons étaient encore plus convaincus et plus résolus à offrir leur vie pour la Vérité. Ils furent condamnés aux flammes, qui ne leur firent aucun mal ; ils moururent cependant dans l’attitude de la prière et furent, ainsi que leur pieuse grand-mère, considérés comme Martyrs.

Leurs reliques parvinrent sans doute assez vite à Langres (Haute-Marne), où ils furent honorés avec tellement de sollennité, que certains en firent des martyrs de cette ville de Bourgogne.

Saints Speusippus, Elasippus, Melasippus et Leonilla sont commémorés le 17 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Antoine ermite

250-356

 

Il ne faut surtout pas confondre le saint ermite Antoine avec saint Antoine de Padoue, qui vécut dix siècles plus tard (voir au 13 juin). Il est vrai qu’ils sont tous deux très célèbres.

Notre Antoine naquit à Koma (Egypte), de parents aisés et catholiques, qui se chargèrent de l’instruire à la maison.

Antoine avait environ vingt ans lorsque moururent ses saints parents, qui lui laissaient un grand héritage, une cinquantaine d’hectares de terres - et une petite sœur à éduquer.

Ayant entendu à l’église l’avertissement du Seigneur : Si tu veux être parfait, vends ce que tu as… (Mt 19:21), et ensuite aussi : Ne vous mettez pas en peine du lendemain (Mt 6:34), il accomplit à la lettre ces conseils, vendit tout ce qu’il possédait, confia sa jeune sœur à de pieuses personnes, et se retira au désert.

Il priait, travaillait à confectionner des paniers d’osier qu’il vendait pour sa subsistance, donnant le surplus aux pauvres, et se nourrissait de l’Ecriture. Sa piété le fit surnommer Déicole, «qui honore Dieu». 

Sa solitude et sa prière lui attirèrent des attaques véhémentes des démons ; ses miracles lui attirèrent en revanche des disciples, des admirateurs, des foules de malades qui demandaient son intervention. Il chercha à échapper à ces sollicitations. Ni les démons, ni les disciples ne l’oublièrent.

Il poussa sa retraite un peu plus loin pour s’isoler davantage ; un ami lui apportait un peu de nourriture. Antoine avait trente-cinq ans, quand il gagna carrément le désert, à l’est du Nil, s’entourant d’une clôture que personne ne devait franchir. C’est alors qu’à cause des très nombreux disciples qui voulaient suivre ses conseils, il fit construire deux monastères, à Pispir et près d’Arsinoé. C’est là que vécut le célèbre saint Hilarion (voir au 21 octobre).

C’est ainsi qu’Antoine devint le patriarche des cénobites. Il n’écrivit pas de règle proprement dite, mais on a recueilli ses enseignements. Par exemple : 

S’il te vient quelque apparition, demande à celui qui se présente qui il est et d’où il vient ; si cette vision est du ciel, ton cœur sera tout de suite rempli de consolation et de joie ; si, au contraire, elle est l’œuvre de Satan, tes questions suffiront à mettre en fuite ton dangereux ennemi.

L’illustre évêque Athanase d’Alexandrie vint souvent rendre visite à ces monastères. Une grand amitié lia Athanase et Antoine. Ce dernier intervint plusieurs fois auprès de l’empereur pour mettre fin à l’exil d’Athanase, lequel, à son tour, écrivit la vie d’Antoine.

Lors de la persécution en 311, Antoine se déplaça personnellement à Alexandrie pour soutenir le courage des Chrétiens.

Puis il remonta vers le mont Colzim, proche du Nil du côté de la Mer Rouge (ce mont s’appelle depuis le Mont Saint-Antoine). Les moines de Pispir réussirent à le dénicher et lui firent porter de la nourriture, ce qui se réduisait d’ailleurs à peu de choses… Et Antoine cultiva un petit arpent pour se suffire à lui-même.

Antoine quitta une seule fois cette lointaine solitude pour rendre une visite à Pispir, ainsi qu’à sa sœur, qui était devenue supérieure d’une communauté religieuse. Il fut très ému de constater la fidélité de tous.

Son ultime conseil fut : Vivez comme si vous deviez mourir le jour même !

Parvenu à ses derniers moments, il fit remettre à Anastase le manteau qu’il lui avait donné ainsi qu’une de ses deux peaux de brebis ; il remit l’autre à l’évêque Sérapion et ne conserva que sa tunique de poil.

Antoine mourut le 17 janvier 356, âgé de cent-cinq ans, dont quatre-vingt-cinq passés dans la plus rigoureuse austérité. Conformément à son désir, sa tombe demeura inconnue. Toutefois, une révélation la fit retrouver deux siècles plus tard et des reliques parvinrent à Alexandrie, puis à Constantinople, puis en Gaule.

La première extension du culte envers saint Antoine fut la guérison par son intercession, du feu sacré ou feu de Saint-Antoine, et successivement de toutes sortes de maladies de la peau, d’où sa protection invoquée par une confrérie hospitalière, les Antonins. Par la suite, on l’invoqua pour tous ceux qui travaillaient le cuir, de là aussi pour les cochons qu’élevaient les Antonins et qui portaient une petite clochette (à moins que ce soit le souvenir de l’animal infernal sur lequel Antoine remporta la victoire). Ainsi s’est développée la dévotion à saint Antoine pour tous les animaux et contre toutes les maladies animales. On prit Antoine comme patron des fabriquants de paniers, car il en fabriquait ; comme patron des fossoyeurs, car il ensevelit pieusement un autre ermite notoire, Paul (encore que, pour la vérité historique, ce furent deux gentils lions qui creusèrent la tombe). 

Voici deux épisodes où Antoine dut repousser visiblement les attaques des démons, qui se présentaient à lui sous forme des bêtes les plus hideuses : 

Si vous aviez quelque pouvoir, un seul d’entre vous suffirait pour m’abattre ; mais comme le Seigneur vous a enlevé votre force, vous essayez de m’épouvanter par votre nombre. Si vous ne pouvez rien, il est inutile de mener si grand bruit. A quoi bon vous tourmenter en pure perte ? Le signe de la croix et la foi en Notre-Seigneur sont des remparts inexpugnables.

Si Dieu vous a donné pouvoir sur moi, me voici, dévorez-moi ; mais si vous êtes ici par l’ordre du démon, retirez-vous au plus vite, car je suis un serviteur de Jésus-Christ.

Saint Antoine ermite est commémoré et fêté le 17 janvier.

 

 

Ioulianos Sabas

† 377

 

Ioulianos se retira dans une caverne de l’Osrhoène, au-delà de l’Euphrate (auj. à l’Est de la Syrie) et y pratiqua des austérités extraordinaires ; par exemple, il ne prenait qu’un repas par semaine, sans doute le dimanche.

Il y a plusieurs Ioulianos connus ; le nôtre reçut le surnom de Sabas, l’Ancien.

On a raconté sur Ioulianos de nombreux et étonnants miracles.

En 372, dans Antioche, les ariens répandirent le bruit que notre Ioulianos partageait leurs idées. Aussi deux autres prélats, Acace et Asterius, vinrent trouver Ioulianos pour l’inviter à réfuter la calomnie. L’ermite y consentit et sa présence à Antioche eut d’excellents résultats.

Cette mission accomplie, Ioulianos retourna dans sa caverne et y mourut peu de temps après, vers 377.

Saint Ioulianos Sabas est commémoré le 17 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Marcel de Die

430-510

 

Marcellus naquit vers 430 en Avignon ; il avait un frère aîné, Petronius.

Le fait qu’il ait reçu son éducation principalement de son frère, laisse entendre qu’il fut orphelin assez tôt. Petronius, qui était évêque de Die (Drôme), jugea son jeune frère digne lui succéder, ce qui arriva en 463 : Marcel fut élu onzième évêque de ce siège. 

Marcel, qui n’était que diacre à ce moment-là et se sentait indigne d’un tel fardeau, alla se cacher dans la forêt d’une montagne. On le chercha pendant douze jours et on le ramena à la cathédrale pour le sacrer évêque ; au moment où on allait l’introniser sur son siège, une colombe se mit à voltiger autour de sa tête, jusqu’au trône ; on y vit un signe divin.

La circonstance voulut que l’évêque consacrateur ne fut pas l’archevêque d’Arles, mais l’évêque de Vienne ; irrité, le roi arien Gondioc fit arrêter le nouvel évêque, puis envoyer en exil. Marcel se «vengea» à sa façon, rendant le bien pour le mal : il guérit le fils de Gondioc, qui reconduisit alors Marcel à son siège.

Gondioc était roi des Burgondes ; le roi wisigoth, Euric, de son côté, persécuta l’Eglise. Marcel fut mis en résidence surveillée en Arles, puis exilé au pays de Couserans (act. Ariège). Marcel continua ses prodiges ; il guérit le fils de Euric, ce qui lui valut le retour d’exil. 

On notera cet autre miracle : par sa prière, Marcel arrêta la chute d’une colonne de pierre qui devait servir à la construction d’un baptistère.

Marcel eut le temps d’aller trouver le pape Symmaque à Rome et, au retour, il mourut à Montmeyan dans le monastère de La Roquette, le 17 janvier 510, âgé de quatre-vingts ans.

Des précieuses reliques de saint Marcel, longtemps vénérées à Barjols, il ne resta plus, après les profanations révolutionnaires, qu’une phalange.

 

 

Sulpice le Pieux

576-647

 

Il ne faut pas confondre les trois Sulpice qu’on fête en janvier, celui d’aujourd’hui, dit le Pieux, et les deux autres au 29 janvier, tous deux surnommés Sévère.

Sulpice le Pieux, appelé aussi le Bon ou le Débonnaire, naquit vers 576 à Vatan (Indre), d’une famille de la noblesse gallo-romaine.

Il reçut sa formation à l’école du Palais, sous le regard de l’aumônier du roi Gontran, jusqu’à sa seizième année. En dehors des leçons, ses passe-temps favoris étaient de construire des églises, des monastères, et de faire l’aumône à des pauvres.

Il entra dans le monde ecclésiastique, reçut les ordres et, en 612, fut archidiacre de Bourges. En 618, il fut ordonné prêtre et devint aumônier du roi Clotaire.

En 624, il fut nommé évêque de Bourges, charge qu’il remplit avec grand soin, dans l’humilité et la pauvreté, cherchant particulièrement à gagner au Christ les Juifs par ses instructions assidues et ses veilles nocturnes.

En 627, il participait au concile de Clichy, qui décida qu’on devrait choisir les évêques parmi les clercs de leur diocèse ; en 630, il sacra Didier, évêque de Cahors, avec lequel il échangea une intense correspondance.

Il intervint aussi auprès du roi pour décharger les fidèles de Bourges d’un lourd impôt et obtint gain de cause.

Après dix-sept années d’épiscopat, riches en mérites et en miracles, il s’éteignit vers le 17 janvier 647.

La Compagnie de Saint-Sulpice, pour la formation des prêtres, prit de lui son nom.

Saint Sulpice le Pieux est inscrit au 17 janvier au Martyrologe Romain.

 

 

Gamelbert de Bavière

† 787

 

Les manuscrits anciens désignent aussi Gamelbert sous les formes Gamelbertus, Gamulbertus, Amelbertus ou Amalbertus. 

C’était le fils d’une noble et riche famille de la basse Bavière (Allemagne S).

Destiné d’abord au métier des armes, qu’il aurait exercé au service de Pépin le Bref, il préféra se tourner vers des œuvres de piété, ce qui courrouça son père au point qu’il l’envoya garder les troupeaux. Gamelbert se soumit avec joie.

Un jour qu’il s’était assoupi, il trouva au réveil un livre posé sur sa poitrine : mais il ne savait toujours pas lire, et il alla demander au prêtre de lui apprendre à lire. Il fit de très rapides progrès.

Par la lecture, il put approfondir l’Ecriture sainte ; il aimait la contemplation, la prière, et partageait volontiers (ou donnait) son pain. Il devint expert auprès de ses bêtes, au besoin les soignait paternellement ; quand des petits camarades avaient pris quelque oiseau, il le leur rachetait et le libérait.

Une créature inspirée par le Démon osa s’approcher de lui pour lui proposer d’accomplir le mal. Il s’en débarrassa énergiquement avec le signe de la croix et une intense supplique à Dieu pour garder son innocente vertu angélique. L’autre n’eut plus qu’à s’éloigner bêtement.

Le père de Gamelbert étant venu à mourir, celui-ci put recevoir le sacerdoce et s’installer en paix dans ces propriétés. Soucieux d’abord des âmes, il s’occupa spirituellement de tous les paysans, fermiers et domestiques du domaine ; tout ce qu’il avait appartenait désormais à Dieu et aux pauvres. L’entier domaine devint une grande paroisse, où Gamelbert protégeait les humbles, conseillait, faisait justice et rétablissait la paix. 

Ce domaine de Puch devint ensuite la paroisse de Mychelspouch (du nom du Patron de l’église) et fut à l’origine de l’actuelle paroisse de Michaelsbuch. C’est là que Gamelbert exerça son apostolat pendant un demi-siècle.

A partir de son ordination sacerdotale, il ne prit jamais de viande, ne prit le soir que du pain noir et de l’eau ; en carême il s’isolait et, célébrant chaque jour la Messe, faisait distribuer l’Eucharistie par un diacre.

Il put enfin réaliser un de ses rêves de jeunesse : faire le pèlerinage au tombeau des Apôtres à Rome. Au retour, il s’arrêta dans une maison où venait de naître un petit garçon de très faible constitution ; il le baptisa avec le nom de Utto et prophétisa que l’enfant lui succéderait plus tard (sur s. Utto, v. 3 octobre).

De retour à Michaelsbuch, il connut et annonça sa prochaine mort à ses paroissiens, leur promettant que son «successeur» viendrait en temps voulu. Utto arriva en effet l’année suivante : Gamelbert lui remit devant témoins toute sa «paroisse», reçut les Sacrements de l’Eglise et mourut pieusement, le 17 janvier 787. Certaines sources retardent cette date au 29 janvier 800.

Sur sa tombe advinrent beaucoup de miracles.

Son culte immémorial fut confirmé en 1909 et le Martyrologe Romain le mentionne au 17 janvier.

Roseline de Villeneuve

1263-1329

 

Roseline fut la fille aînée d’Arnaud II de Villeneuve et de Sybille de Burgolle de Sabran, et naquit au Château des Arcs le 27 janvier 1263.

Par sa mère elle était cousine de saint Elzéar de Sabran (voir au 27 septembre).

Roseline fut élevée chez les Clarisses. Son père lui destina bientôt un beau mariage, mais dut céder aux vœux de sa fille, qui voulait entrer à la Chartreuse.

Ce papa ne voyait pas toujours d’un bon œil les largesses que sa fille distribuait aux pauvres. Il l’épia un jour et lui demanda de lui montrer ce qu’elle avait dans son tablier : en l’ouvrant, elle laissa tomber une brassée de roses. Le «miracle des roses» s’est produit d’autres fois dans la vie des Saints (Elisabeth de Hongrie, cf. 17 novembre ; Juan Diego Cuauhtlatoatzin, cf. 9 décembre).

Elle fut novice d’abord à Saint-André-de-Ramières (Prébayon, Vaucluse), à quinze ans (1278) puis à Sainte-Marie d’Aurouse (Hautes-Alpes) et fit sa profession le jour de Noël 1280.

En 1285, elle revint à la chartreuse de La Celle Roubaud, fondée par son frère Hélion non loin du château de la famille.

En 1300 elle succéda à trente-sept ans à sa tante comme prieure.

De sa vie religieuse cloîtrée on a retenu ses austérités extraordinaires, car elle passait parfois une semaine sans rien manger, s’infligeait la discipline et ne dormait que quelques heures. Si on lui demandait quel était le moyen d’aller au ciel, elle répondait : Se bien connaître soi-même.

Roseline fut une mystique favorisée d’extases, de visions, et en particulier d’un don singulier de lire au fond des cœurs.

Elle mourut le 17 janvier 1329, à soixante-six ans. C’est le jour où la commémore le Martyrologe, lui donnant le titre de «sainte».

Sa vie ne s’arrête pas là ! Quand on voulut reconnaître son corps, cinq ans après sa mort, ce corps était intact, et les yeux étaient restés ouverts avec tout leur éclat. Depuis on a enchâssé ce corps et sertis les yeux dans un reliquaire à part, exposés à la vue et à la dévotion des fidèles.

En 1660, le roi Louis XIV voulut vérifier le prodige. Son médecin, croyant à une supercherie, creva l’œil gauche : la prunelle se troubla instantanément, donc les yeux étaient bien naturels.

 

 

Jenaro Sánchez Delgadillo

1886-1927

 

Jenaro (Janvier) naquit le 19 septembre 1886 dans un quartier de Zapopan (Jalisco, Mexique).

Ses parents, de bons chrétiens, s’appelaient Cristóbal Sánchez et Julia Delgadillo.

Jenaro reçut sa formation au collège du Saint-Esprit à Guadalajara. Pour se faire un peu d’argent et payer ses études, il travaillait à la forge de l’Atelier des Arts. Puis il entra au séminaire de Guadalajara et fut ordonné prêtre en 1911.

Il eut divers postes à Nichistlán, Zac, Zacoalco de Torres, San Marcos, Cocula, Tecolotlán, et Tamazulita.

C’est à Zacoalco qu’il fut une première fois mis en prison, après avoir lu en chaire la lettre pastorale de l’évêque, qui protestait contre la persécution engagée par la Constitution de 1917 contre l’Eglise.

On le voyait toujours propre et plutôt élégant, quoique pauvrement vêtu. Il mangeait et buvait sobrement. Il ne craignait rien ni personne. On le voyait souvent en prière devant le Saint Sacrement et avait une grande dévotion mariale. Il se préparait soigneusement à la célébration de la messe, faisait toujours une action de grâce. Il priait les Ames du Purgatoire.

Les parents de Jenaro l’accompagnèrent à Tamazulita (1923), où il était nommé vicaire, dans la paroisse de Tecolotlán. Le curé appréciait beaucoup son obéissance.

Les fidèles admiraient sa rectitude, sa ferveur, sa prédication éloquente, et son exigence dans la préparation aux sacrements. Il allait sans tarder auprès des malades qu’on lui signalait. Jamais il ne conseilla aux fidèles de prendre les armes contre les autorités civiles.

Quand se déchaîna la persécution, Jenaro ressentit profondément dans son cœur l’impossibilité d’exercer convenablement son ministère, et versa des larmes quand on donna l’ordre de fermer les églises.

Jenaro continua à exercer son ministère en cachette. Il eut plusieurs fois l’occasion de dire : Dans cette persécution, beaucoup de prêtres vont mourir, et je serai peut-être bien l’un des premiers.

En janvier 1927, des soldats vinrent l’arrêter avec des amis qui partaient travailler aux champs. Après les avoir tous liés deux par deux, dos à dos, ils ne gardèrent que Jenaro, ils lui mirent une corde autour du cou et le conduisirent sur une colline près de Tecolotlán, et se servirent d’un arbre pour potence.

L’abbé Jenaro leur dit avec grande sérénité : Bon, mes amis, vous allez me pendre. Je vous pardonne, comme Dieu, mon Père, vous pardonne. Et toujours : Vive le Christ Roi. 

Les bourreaux tirèrent si fort sur la corde, que la tête du Martyr alla cogner brutalement contre une branche de l’arbre. Jenaro mourut peu après, dans la nuit du 17 janvier 1927. (Une dame qui habitait non loin de là, entendit tout ce qui se passait ; quand les soldats furent partis, elle entendit des râles de l’abbé Jenaro, qui agonisait encore, mais à cause des menaces des soldats, elle n’osa pas sortir).

La rage des soldats ne s’arrêta pas là. Au petit matin, ils revinrent, mirent par terre le cadavre, lui tirèrent un coup dans l’épaule gauche et un coup de baïonnette qui lui traversa presque tout le corps.

A onze heures du matin, on l’annonça à la maman du prêtre, qui vint embrasser le corps de son fils, et, le mettant sur ses genoux, pleura amèrement, nouvelle Marie recevant Jésus après le sacrifice de la Croix.

L’émotion de tout le peuple fut telle, que les autorités, craignant un mouvement de masse, ordonnèrent l’immédiate sépulture.

Jenaro Sánchez Delgadillo fut béatifié en 1992 et canonisé en 2000 parmi vingt-cinq Compagnons mexicains martyrs, qui sont fêtés ensemble le 21 mai.

Saint Jenaro est commémoré au Martyrologe le 17 janvier.

 

 

Teresio Olivelli
1916-1945

Il naquit le 7 janvier 1916 à Bellagio (Côme, Lombardie, Italie N), où la famille habitait avant de retourner à Zeme. Teresio avait un oncle prêtre, don Rocco Invernizzi.

Teresio fréquenta assidument sa paroisse à Mortara et fit partie de l’Action Catholique, des conférences S.Vincent-de-Paul, de la FUCI (Fédération Universitaire des Catholiques Italiens). Après le collège de Mortara et le lycée de Vigevano, il fit son droit à l’université de Pavie et passa le doctorat en 1938. Contraint de s’inscrire à la GUF (Jeunesse Universitaire Fascite), il fut nommé assistant à la chaire de droit administratif à l’Université de Turin. En 1939, il fut appelé à Rome, où pendant plusieurs mois, il fréquenta l’Institut National de Recherche, rencontrant là beaucoup de personnalités du monde culturel et politique.

Dans les rangs du fascisme, il s’ingénia imperturbablement à prôner les valeurs chrétiennes ; c’était un fasciste «anormal», hors normes. Quand l’Italie s’apprêtait à entrer en guerre, il voulait que cette guerre servît à l’Italie à défendre les valeurs chrétiennes contre le nazisme, mais quand l’Italie s’allia avec l’Allemagne contre la France, il se rebella contre le fascisme.

En 1941, cependant, il se déclara volontaire pour rester au milieu des jeunes militaires de son âge qu’on envoyait au front. Il demanda à partir sur le front russe, pour soutenir les soldats italiens, les aider à prier, à supporter l’épreuve : il y fut envoyé comme sous-lieutenant. Quand les Italiens durent battre en retraite et faire de longues marches à pied, Teresio s’arrêta souvent pour secourir des blessés, des affamés qui, sinon, seraient morts sur place : beaucoup lui durent la vie.

Rentré miraculeusement sain et sauf en Italie, abandonnant sa situation à Rome, il se prodigua à répandre un idéal chrétien dans la population de Brescia, Milan, Crémone, dans des réunions, des conférences, partout où il pouvait prendre la parole.

En 1943, à la chute du fascime, il fut nommé recteur du collège Ghislieri de Pavie ; avec la Résistance, il «résistait», mais sans esprit de vengeance, avec amour et sacrifice pour une vraie paix : il était rebelle à la guerre, à la haine, au compromis, et pour cela il fut activement recherché par les Allemands. Arrêté une première fois, il put s’évader et s’engagea dans la Résistance à Brescia. Il fonda et diffusa un journal clandestin, Il Ribelle.

On finit par l’arrêter à Milan en avril 1944 ; de la prison milanaise, on le transféra au camp de concentration de Fossoli, puis à celui de Flossenbürg (Bavière) en septembre 1944 ; là encore, il s’efforçait d’épauler les plus faibles, de les aider à prier. Il n’y eut que lui pour assister les malades de dysenterie.

Le 30 septembre, il demanda lui-même à accompagner ceux des prisonniers qui étaient envoyés au camp de Hersbruck, pour pouvoir rester aux côtés des plus exposés, des plus faibles. De nouveau, il faisait tout pour prier et faire prier, pour organiser des lectures d’Evangile. Les chefs le haïssaient, parce qu’ils défendait les faibles, parce qu’il se chargeait de porter les malades à l’infirmerie, parce qu’il les assistait autant qu’il le pouvait. Chaque fois qu’ils le surprenaient, ils le battaient. La «goutte qui fit déborder le vase» fut le 31 décembre 1944, lorsque Teresio s’interposa entre un kapo et un prisonnier ukrainien qu’il battait : il reçut alors un violent coup de pied dans le ventre, dont il ne put se remettre. Il agonisa pendant plus de deux semaines.

Teresio mourut aux premières heures du 17 janvier 1945. Son corps disparut dans le four crématoire.

Reconnu martyr de la Charité, Teresio Olivelli fut béatifié en 2018, et sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 17 janvier.

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