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28 janvier 2020 2 28 /01 /janvier /2020 00:00

28 JANVIER

 

IV.

S Flavien, préfet romain et martyr.

S Léonidas, martyr en Thébaïde avec d’autres.

S Palladius, anachorète en Syrie ; injustement accusé de meurtre, il ressuscita le mort pour lui demander la vérité.

VI.

S Iohannes, fondateur et abbé à Réome, thaumaturge, pionnier de la vie monastique en France.

S Jacques, ermite en Palestine ; il s’ensevelit pendant dix ans dans un sépulcre pour expier un péché de fornication et un double meurtre.

IX.

S Glastien, évêque à Fife, médiateur entre les Ecossais et les Pictes.

XII.

B Richard, anglais, abbé cistercien à Vaucelles.

XIII.

S Julián, évêque à Cuenca ; il ne vivait que du travail de ses mains ; mort nonagénaire, favorisé d’une vision de la Vierge Marie.

B Bartolomeo Aiutamicristo, camaldule à Pise, retrouvé sans corruption après quatre siècles. 

XVII.

B Julien Maunoir, jésuite normand, apôtre infatigable en Bretagne.

XVIII.    

B Won Si-jang Petrus, laïc coréen martyr, enterré vivant, béatifié en 2014.

XIX.

Ss Jiade Lin Zhao, Yeilou Lu Tingmei et Luolong Wang Bing, martyrs chinois, premiers canonisés, en 2000.

XX.

S Josef Freinademetz (1852-1908), prêtre italien du Verbe Divin, missionnaire en Chine, mort du typhus, canonisé en 2003.

B Mosè Tovini (1877-1930), premier de huit enfants, filleul du b. Giuseppe Tovini (cf.16 janvier), prêtre très actif à Brescia, béatifié en 2006 ; il était docteur en mathématiques, en philosophie et en théologie, qu’il enseigna.

Bse María Luisa Montesinos Orduña (1901-1937), laïque très active de l’Action Catholique espagnole, arrêtée et assassinée près de Valencia avec son père, une sœur, deux frères et une tante ; béatifiée en 2001.

Bse Ol'ha (Olympia) Bidà (1903-1952), religieuse des Sœurs de Saint-Joseph, martyre en Sibérie, béatifiée en 2001.

Johannes de Réome

425-545

 

Les parents de Joannes se seraient appelés Hilarius et Quieta. Ils habitaient la région de Dijon.

Johannes naquit vers 425 et reçut les saints enseignements de ses parents pendant ses vingt premières années.

Il se construisit alors un petit ermitage au pied de la colline de Montmellian (Tonnerre), pour s’y donner tout entier au service de Dieu. Ce serait déjà à cette époque qu’il commença l’assainissement de cet endroit marécageux, dont il détruisit l’animal qui l’infectait, le basilic.

Les textes de l’Evangile narrant la sainteté de Jean-Baptiste et l’appel des premiers Apôtres (cf. Mc 1:4-20 ; Lc 1:80 ; Jn 1:19-34 ; 3:22-36), l’amenèrent à désirer un plus grand détachement. Il quitta ses parents et sa région pour chercher en Auxois un endroit encore plus retiré et sauvage, où il vécut en anachorète. Ce serait proche de l’actuelle localité de Semur-en-Auxois.

Mais de tels exemples de sainteté ne pouvaient rester sous le boisseau (cf. Mt 5:15). Les gens furent attirés par la vie de Johannes ; on voulait l’entendre, recevoir ses conseils, lui demander ses prières ; des disciples se joignirent à lui. On suivit la règle de saint Macarios (v. 19 janvier). Ainsi naquit l’abbaye de Réome (ou Réôme, ou Réomé) ; la Réome prend sa source dans l’actuelle localité de Corsaint.

Foncièment humble, Johannes se méfiait du commandement. Convaincu qu’il n’en était pas capable, il s’enfuit dans le sud, et se cacha dans le monastère de Lérins. Un pèlerin de passage le reconnut, et le «dénonça» à l’évêque de Langres, dont dépendait l’oratoire de Semur. L’évêque fit savoir à Johannes sa volonté de le voir revenir. Johannes obéit.

Pendant ces dix-huit mois d’absence, la ferveur des disciples s’était déjà attiédie. Sous la douce direction de Johannes, on se reprit.

La mère de Johannes voulut rendre visite à son cher fils. Ce désir était bien naturel, mais Johannes sentit que sa mère pouvait monter encore plus haut : il s’avança mais, sans même lui adreser la parole, il lui fit dire de se sanctifier davantage pour qu’ils eussent ensuite la joie de se revoir au ciel.

Il y eut une autre visite historique : un certain Sequanus (Seine) vint incognito prier dans l’église de Johannes, qui en fut mystérieusement averti ; il invita tous ses moines à venir saluer et recevoir ce vénérable moine (v. 19 septembre).

Johannes fut favorisé du don des miracles. Il chassa les démons et guérit les malades. Les grands reconnurent sa sainteté et firent d’importantes donations au monastère, mais Johannes enseigna toujours à ses disciples le renoncement, le combat contre l’ambition et l’avarice.

Si les dates sont vérifiées, Johannes s’éteignit à cent-vingt ans, comme Jean l’Evangéliste, en 545.

L’abbaye prit plus tard le nom de Moutiers-Saint-Jean, elle eut une grande expansion, connut le déclin, fut sauvagement détruite à partir de 1793. Des reliques de Johannes on a pu préserver le crâne.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Johannes au 28 janvier.

 

 

Jacques, ermite

6e siècle

 

Cette histoire est à lire dans le contexte de l’Année Jubilaire de la Miséricorde, qu’elle illustre à la perfection.

Jacques (Iacobus, Iacob ?) eut une jeunesse marquée par des chutes déplorables. Il finit par renoncer au monde et s’enfermer dans une caverne au pied du mont Carmel, en Palestine.

Pendant quinze années, il s’y exerça à la mortification la plus rigoureuse et fit de tels progrès dans les vertus que Dieu lui accorda le don des miracles. Sans sortir de sa grotte, il convertit un grand nombre de ceux qui venaient le visiter.

Le démon lui tendit un piège dans lequel ce pénitent se laissa prendre. Un jour, un homme amena à Jacques sa fille possédée de l’esprit impur. Jacques réussit à la délivrer par sa prière.

Le père, qui redoutait le retour du mal, laissa auprès de l’ermite l’enfant guérie avec un de ses frères. Mais le Tentateur, revenant à la charge, s’attaqua cette fois-ci à l’ermite, qui céda au vice : il corrompit la jeune fille et, cédant à la panique, assassina le frère et la sœur et jeta les deux cadavres dans le fleuve. Puis il s’enfuit.

L’histoire ne dit pas quelle fut la réaction ou l’attitude du pauvre père quand il crut retrouver ses enfants.

Quant à Jacques, horrifié par son triple péché, il erra et rencontra bientôt un vieil anachorète, auquel il s’ouvrit. Ce dernier lui fit comprendre que, si la malice  humaine a ses abîmes, la miséricorde divine a aussi ses profondeurs. Saint Paul ne parle-t-il pas de l’excessive charité divine, propter nimiam caritatem (Eph 2:4) ?

Aussi, sur le conseil de l’Ancien, Jacques alla s’ensevelir vivant dans un sépulcre abandonné et là, durant dix années, jour et nuit, il pleura sa faute, humblement et rempli de sincères sentiments de conversion.

Avant de rappeler à lui ce grand pécheur, devenu un grand pénitent, Dieu lui donna un nouveau gage de sa faveur ; ainsi, à la prière de Jacques, on vit cesser une grande sécheresse dont souffrait la contrée voisine.

Par ce fervent anachorète que de longues années de pénitence ne purent préserver de fautes énormes, Dieu veut, par la voix de l’Eglise, nous rappeler de craindre pour nous-mêmes de tomber dans le péché, de ne jamais désespérer dans nos chutes, même graves, et surtout nous inviter à admirer ceux qui surent profiter de la grâce divine.

La Vita de saint Jacques Ermite fut écrite par un contemporain peu après sa mort, au 6e siècle. Le Martyrologe le mentionne au 28 janvier.

 

 

Julián de Cuenca

1128-1208

 

Traditionnellement, Julián naquit vers 1128 à Burgos (Espagne) dans une famille de la noblesse bourgeoise ; récemment on l’a fait naître de parents de Tolède, mozarabes ; il aurait été le fils de Tauro, d’où son nom Julián ben Tauro.

Il reçut les doctorats de philosophie et de théologie à Palencia et, à vingt-quatre ans, enseignait déjà dans cette université. 

Vers 1163, après la mort de ses parents, il revint à Burgos et se retira dans une petite cabane proche du monastère Saint-Augustin et non loin de l’ermitage où avait vécu saint Dominique de Silos (v. 20 décembre). Pendant trois années, il se prépara à recevoir les ordres sacrés et fut ordonné prêtre.

Pendant une vingtaine d’années, il circula dans la région de Cordoue, prêchant avec zèle et aussi avec succès : sa sainte vie, son esprit d’oraison, sa ferveur, attiraient la bénédiction de Dieu sur toutes ses entreprises. Il devint archidiacre de Tolède.

Vers 1188, il fut appelé au siège épiscopal de Cuenca. Cette nouvelle mission ne modifia rien dans la vie personnelle de Julián : profondément humble, il vivait du travail de ses mains, distribuait aux pauvres les revenus de son évêché, recevait chaque jour plusieurs pauvres à table et les servait lui-même.

Plusieurs fois, la Providence pourvut à ses besoins pour lui permettre de faire ses aumônes. Lors d’une épidémie, tous ceux qui pouvaient toucher un de ces petits paniers fabriqués par Julián, étaient guéris (le prodige se vérifia aussi après sa mort).

Julián visita toutes les paroisses de son diocèse chaque année.

Il vécut jusqu’à un âge très avancé et une grave maladie allait le conduire à la mort. Il s’y prépara sereinement, se fit allonger sur un lit de cendres avec une pierre pour chevet.

A ce moment-là, la Sainte Vierge apparut et lui remit une lampe allumée : c’était le signe qu’il avait conservé intacte sa virginité.

Il mourut le 28 janvier 1208 à Cuenca.

De nombreux miracles attestèrent sa sainteté après sa mort, notamment lors d’une translation de ses reliques en 1518 ; un chanoine de Cuenca compta jusqu’à quatorze guérisons en un seul jour.

La canonisation fut promulguée par un Bref pontifical en 1594 et le Martyrologe Romain mentionne saint Julián au 28 janvier.

Les reliques, conservées jusqu’au vingtième siècle, furent profanées en 1936 par les miliciens révolutionnaires, qui brûlèrent le saint corps.

 

 

Bartolomeo Aiutamicristo

† 1224

 

Bartolomeo eut ce privilège de porter le nom de Aiutamicristo (Aide-moi, Christ). Son origine était dans la noble famille des Somigli, de Pise.

Il entra ches la Camaldules de Pise.

Sa vie cachée ne l’empêcha pas d’obtenir de Dieu beaucoup de miracles stupéfiants, qui continuèrent aussi après sa mort.

Après une sainte vie, il mourut en odeur de sainteté, le 28 janvier 1224.

En 1675, son corps était encore intact, mais fut lourdement endommagé par un grave incendie.

Son culte immémorial fut confirmé en 1857 et le Martyrologe Romain le commémore au 28 janvier.

 

 

Julien Maunoir

1606-1683

 

Julien naquit le 1er octobre 1606 à Saint-Georges-de-Reintembault (Ille-et-Vilaine), de pieux parents cultivateurs.

A partir de 1621 Il fréquenta le collège des Jésuites à Rennes, où il rencontra le père Pierre Coton, l’illustre confesseur du roi Henri IV. Pour la petite histoire, c’est ce père Coton qui suggéra au roi Henri IV de remplacer son vilain juron Jarnidieu par Jarnicoton.

Julien entra au noviciat des Jésuites à Saint-Germain-des-Prés en 1625 et prononça ses premiers vœux en 1627.

Après avoir étudié la philosophie à La Flèche (1627-1630), où il eut comme compagnon le futur martyr Isaac Jogues (cf. 18 octobre), il enseigna le latin et le grec au collège de Quimper (1630-1633). C’est à cette époque qu’il rencontra le père Michel Le Nobletz, missionnaire des campagnes bretonnes. 

Mais Julien rêvait d’aller au Canada, comme le père Jogues ; il fit toutefois un pèlerinage à Ty Mam Doué (la Maison de la Mère de Dieu) et promit de se vouer à l’apostolat de la Bretagne si ses supérieurs le lui permettaient. Six mois plus tard, le jour de la Pentecôte, ils l’autorisèrent à commencer l’étude du breton, pour mieux toucher les populations paysannes.

Julien écrivit lui-même que c’est la Sainte Vierge qui lui fit la grâce de parler breton quelques jours après avoir commencé de l’apprendre. Les plus chauds partisans de cette langue affirment que Julien reçut d’un ange l’enseignement de cette langue difficile (à Kerfeunteun) et qu’il la possédait bien au bout de deux ans, ce qui lui permit bien vite de catéchiser, de visiter les malades et instruire ainsi quelque trente-mille personnes. Il publiera plus tard un dictionnaire français-breton et breton-français (1659).

Dans un premier temps, Julien, qui n’était pas encore prêtre, restait professeur à Quimper, et ne pouvait aller catéchiser que le dimanche.

Julien sera ensuite envoyé à Tours pour y enseigner pendant un an, et à Bourges pour y compléter sa formation théologique (1634-1638). Il fut ordonné prêtre en 1637, et acheva sa formation à Rouen en 1639.

En 1636, il avait eu une assez grave maladie, dont il guérit, dit-il, miraculeusement, en suite de quoi il s’était voué aux missions en Basse-Bretagne. Il alla retrouver le père Le Nobletz, qui avait appris par une révélation mystérieuse que ce jeune prêtre allait venir le seconder. Il conseilla au jeune prêtre d’être prudent avec sa santé, d’éviter l’ascèse ou le travail excessifs. 

Au début les autorités ecclésiastiques ne voyaient pas d’un bon œil ces missionnaires, mais changèrent d’avis en voyant l’excellent impact qu’ils avaient sur les populations ; de riches chrétiens assurèrent aux deux religieux une pension suffisante pour leur enlever tout souci matériel.

Julien commence à Douarnenez, en compagnie d’un autre religieux, le père Bernard et, successivement, pendant quarante-trois ans, parcourra le Bretagne en prêchant jusqu’à quatre-cent trente-neuf missions.

Durant ces missions, il fit beaucoup usage de dessins préparés déjà par le père Le Nobletz, et composa aussi de nombreux cantiques, en breton ou en français. Les missions s’achevaient par une belle procession, à laquelle participaient volontiers les fidèles. Lui-même nota quelque part qu’en un an il avait parlé à quarante-mille fidèles, dont trois mille s’étaient convertis.

Il y eut jusqu’à quinze éditions du livre de ses cantiques, dont on pourra trouver un exemplaire à la Bibliothèque nationale. La langue de ces cantiques n’est pas du pur breton, mais au moins reflète toute la doctrine chrétienne, que le peuple mémorisait de cette façon.

Le père Maunoir écrivit aussi un mémoire sur Marie-Amice Picard, une mystique stigmatisée de son époque.

Enflammés par son zèle communicatif, plusieurs prêtres vinrent l’aider.

Epuisé de fatigues et d’austérités, le père Julien Maunoir mourut le 28 janvier 1683 à Plévin (Côtes-d’Armor) et fut béatifié en 1951.

Il est un des célestes protecteurs de la Bretagne.

Won Si-jang Petrus

1732-1793

 

Won Si-jang Petrus est un laïc coréen né en 1732 à Hongju (Chungcheong-do, Corée du Sud).

Il fut enterré vivant à Cheonju (ou Jeonju, Jeolla-do) le 28 janvier 1793 et béatifié en 2014.

 

 

Luolong Wang Bing

1802-1858

 

Luolong (Laurentius) était né vers 1802 à Guiyang (Guizhou, Chine), dans une famille chrétienne.

Il était marié et avait cinq enfants.

Catéchiste, il avait posé la première pierre d’une nouvelle église dans son village, avec les deux autres catéchistes, Yeilou et Jiade. Mais un oncle et un cousin, opposés au projet, les dénoncèrent au mandarin.

Ce dernier les fit immédiatement comparaître et leur demanda de renier leur foi. Ils refusèrent. Le lendemain, même scénario, qui leur valut la décapitation.

Le martyre eut lieu à Maokou (Langdai Co., Guizhou), le 28 janvier 1858.

Luolong a été béatifié le 24 novembre 1946.

Cent-vingt Martyrs de Chine, dont quelques missionnaires européens, furent canonisés en 2000, dont fait partie Luolong.

 

 

Yeilou Lu Tingmei

1811-1858

 

Yeilou (Hieronymus) était né vers 1811 à Langdai Co. (Guizhou, Chine).

C’était un converti et, catéchiste plein de zèle, avait amené à la foi plus de deux cents personnes.

Projetant avec son confrère Luolong (supra) la construction d’une nouvelle église, il fut dénoncé avec ce dernier, sommé de renier sa foi et, sur son refus, condamné à mort.

Le martyre par décapitation eut lieu à Maokou (Langdai Co., Guizhou), le 28 janvier 1858.

Il a été béatifié le 24 novembre 1946.

Cent-vingt Martyrs de Chine, dont quelques missionnaires européens, furent canonisés en 2000, dont fait partie Yeilou.

 

 

Jiade Lin Zhao

1817-1858

 

Jiade (Agatha) était née vers 1817 à Ma Chang (Qinglong Co., Guizhou, Chine).

Elle avait repoussé les proposition de mariage pour se consacrer à Dieu et à la mission.

Catéchiste, elle projetait avec les deux Confrères (supra) de construire une nouvelle église, mais ils furent dénoncés et sommés de renier leur foi.

Le martyre de Jiade eut lieu à Maokou (Langdai Co., Guizhou), le 28 janvier 1858 et elle fut béatifiée le 24 novembre 1946.

Cent-vingt Martyrs de Chine, dont quelques missionnaires européens, furent canonisés en 2000, dont fait partie Jiade.

 

 

Josef Freinademetz

1852-1908

 

Josef naquit le 15 avril 1852 à Oies (Italie du Nord, alors en Autriche), un petit village de cinq maisons, à mille cinq-cents mètres d’altitude, dans une nombreuse famille pauvre et très chrétienne, qui le fit baptiser le jour-même.

C’était le quatrième de treize enfants, dont quatre moururent en bas âge. Le papa, Giovanmattia (Jean Mattias), très chrétien, avait fait un pèlerinage à la chapelle de la Sainte-Croix, à deux mille mètres d’altitude, et il emmenait ses enfants chaque jour à la Messe, à vingt minutes de chez lui. La maman s’appelait Anna Maria.

Chaque jour, la famille priait l’Angelus et le chapelet, puis travaillait aux occupations de la ferme, quelques bêtes et quelques arpents de terre.

Dans ce coin de terre perdu, on parlait le patois Ladin : Josef s’appelait Üjöp.

Il entra au séminaire de Bressanone, où il apprit d’abord l’allemand, mais on nota sa grande inclinaison pour les langues, car déjà mûrissait sa vocation missionnaire.

Ordonné prêtre en 1875, il fut vite apprécié des paroissiens de sa première cure, à Saint-Martin de Thum, non loin de son lieu de naissance.

Ayant fait la connaissance d’Arnold Janssen, fondateur du nouvel Institut du Verbe divin (voir au 15 janvier), il intégra cette famille religieuse à Steyl (Hollande) en 1878 et, l’année suivante, fut envoyé en Chine, où il cherchera toujours à être un Chinois parmi les Chinois.

Après une préparation de deux ans à Hong-Kong, il arriva dans la province du Shandong, qui comptait douze millions d’habitants et cent cinquante-huit chrétiens. Il s’adressa au petit peuple, resta proche de la population, et refusa l’épiscopat qu’on lui proposait, tout en recouvrant plusieurs fois la charge d’administrateur apostolique, pour seconder l’évêque. 

Les chinois le surnommèrent Shèngfù Ruòsè (traduction de son nom en chinois) et le comparaient volontiers à Confucius, dont l’idéal moral leur paraissait ressembler beaucoup à celui de Josef : Il est toujours aimable, modeste, humble. 

Quant à lui, il écrivit à sa famille : J’aime la Chine et les Chinois. Je veux mourir parmi eux et être enterré au-milieu d’eux.

Il s’efforça de former des catéchistes autochtones pour le seconder dans la mission et rédigea pour eux un manuel catéchétique en langue chinoise.

Il travailla beaucoup à la formation des prêtres chinois et des missionnaires.

Fatigué, et atteint de tuberculose, il partit se reposer au Japon, mais revint vite lors d’une épidémie de typhus, pour soigner et soutenir ses chers Chinois malades.

Lui-même atteint par le mal, il mourut le 28 janvier 1908. A cette date il y avait environ quarante-cinq mille baptisés dans la mission, et autant de néophytes.

Une de ses expressions récurrentes était : La langue que tout le monde comprend, est celle de l’amour.

Josef a été béatifié en 1975, et canonisé en 2003 (en même temps que le fondateur, Arnold Janssen).

Le miracle retenu pour sa canonisation fut la guérison totale et inattendue, en 1987, d’un jeune Japonais de vingt-quatre ans, atteint de leucémie à la moelle épinière, avec complications diverses, immunodéficience malgré les diverses transfusions, complications respiratoires jusqu’à arrêt cardiaque. On l’avait mis en respiration artificielle et il était inconscient. On préparait déjà ses funérailles. Un prêtre qui l’avait connu commença une neuvaine à Josef Freinademetz : peu après, le jeune malade ne présentait plus de symptômes de leucémie, et toutes les séquelles disparurent en quelques semaines.

 

 

Mosè Tovini

1877-1930

 

Mosè (Moïse) naquit à Cividate Camuno (Brescia, Italie du nord) le 27 décembre 1877, aîné des huit enfants de l’expert-comptable Eugenio et d’une maîtresse d’école, Domenica Malaguzzi.

Son parrain au baptême fut son oncle paternel, l’avocat Giuseppe Tovini (futur bienheureux, voir au 16 janvier).

Il commença avec sa maman l’école primaire à cinq ans, et l’acheva à Breno.

Il reçut le sacrement de Confirmation en 1884, et la Première communion en 1886. Cette même année, à neuf ans, il alla au lycée «Luzzago» de Brescia, où habitait son parrain, et en 1889 il passa au collège San Defendente de Romano Lombardia, où il fit connaissance de Domenico Menna, futur évêque de Mantoue.

En 1891 eut lieu la célébration du troisième centenaire de la mort de saint Louis de Gonzague (cf. 21 juin), dont la figure fascina les deux amis Mosè et Domenico : Mosè pensa entrer au séminaire, mais son père le lui déconseilla : il n’avait encore que quatorze ans !

On l’envoya faire le lycée à Celana (Bergame), où l’ambiance lui déplut totalement, débouchant même sur une véritable révolte : pour protester contre leur professeur de mathématiques, les élèves refusèrent de faire leur devoir, mais Mosè fut le seul à le faire, de sorte que le professeur réprima sévèrement les élèves, qui se vengèrent à coups de poings et de pieds sur le pauvre Mosè. Le garçon écrivit à sa mère, qui vint le chercher ; Mosè déclara alors sa ferme volonté de devenir prêtre. 

Son cher oncle intervint alors pour le faire admettre au petit séminaire, en cours d’année. En fin d’année, on lui permettait déjà de porter la soutane, de sorte que durant les vacances à Cividate Camuno, les enfants l’appelaient déjà don Mosè (un peu comme si, en français, on disait : Père Moïse à un adolescent de quinze ans !).

L’année suivante, tout en suivant les cours au séminaire, il habitait chez son oncle à cause de sa santé, et remarquait combien cet oncle laïc était actif au sein de l’Action Catholique.

En fin de troisième année de lycée, Mosè reçut la tonsure et les deux premiers ordres mineurs.

Puis, comme il était encore assez jeune (il n’avait que dix-sept ans), ses parents voulurent lui faire passer son baccalauréat à l’école publique. 

En janvier 1897 mourut brusquement l’oncle Giuseppe, et c’est Mosè qui en organisa les funérailles. La même année, il partit au service militaire, à Brescia, où il sut se montrer un vrai chrétien, allant jusqu’à reprendre respectueusement un officier qui blasphémait. Il termina avec le grade de sergent.

De retour dans la paroisse en 1898, en accord avec le curé, il organisa l’œuvre du Pain de saint Antoine. 

Il aida vaillamment sa mère pour entourer sa sœur Olga, complètement aveugle (elle mourra en 1899).

L’année suivante, 1900, il reçut le sous-diaconat, puis le diaconat et la prêtrise : il n’avait que vingt-deux ans et reçut l’ordination sur dispense de la Congrégation romaine.

L’oncle Giuseppe avait fait une prophétie : Mosè serait chapelain de Astrio, ce qui se révélerait exact, mais Mosè avait encore du chemin à parcourir.

On l’envoya pour quatre ans à Rome, durant lesquels il prépara les doctorats de mathématiques (à l’université d’Etat), de philosophie et de théologie (à l’université Grégorienne), mais aussi où il déployait une activité peu commune auprès des enfants de familles pauvres, ainsi qu’auprès de ses compagnons d’université, non croyants ou juifs.

Rentré à Brescia, il voulut faire partie de la nouvelle Congrégation des Prêtres Oblats, inaugurée par l’évêque, et sera désormais professeur au séminaire dans les différentes disciplines qu’il avait si bien préparées : d’abord mathématiques et philosophie, puis sociologie et apologétique, enfin, après avoir préparé son doctorat à Milan, théologie dogmatique.

Ses cours étaient très bien préparés, car il était minutieux, ponctuel, ordonné, convaincu de ce qu’il enseignait et entièrement soumis aux directives de l’Eglise.

Durant les vacances scolaires, il s’occupait alors de faire des cours de religion aux maîtres et maîtresses, et participait à la pastorale paroissiale les jours de fêtes.

En 1915, il fut vicaire d’un curé malade à Provaglio d’Iseo, ce qui le dispensa de partir à la guerre, tandis que son frère, Guido, tout juste docteur en droit, mourait sur le front à vingt-six ans. En 1916, Mosè remplaça le curé de Torbole, parti sur le front. En 1917, durant l’épidémie de grippe espagnole, il se dépensa au chevet des malades.

A la fin de la guerre, il eut la mission de compléter la formation des clercs revenus du front. Désormais ce fut une cascade de missions diverses, globalement toutes centrées sur la catéchèse, qui était la passion de Mosè : Œuvre diocésaine du catéchisme, visiteur des catéchismes, concours entre enfants des catéchismes, vice-président de la commission diocésaine du catéchisme en 1919, directeur et professeur de l’Institut Magistral de catéchisme en 1926 (où il formera des centaines de catéchistes), chargé de la nomination des enseignants de catéchisme dans les écoles.

A cela s’ajouta sa nomination d’Assistant pour l’Action Catholique diocésaine. Et comme cela ne suffisait pas encore, l’évêque le nomma Chanoine titulaire de la cathédrale de Brescia, vice-official au tribunal ecclésiastique, examinateur synodal et censeur des livres, pour être finalement recteur du séminaire en 1926.

De tout cela, le pauvre Mosè se jugeait indigne et incapable. En 1925, il fit l’offrande totale de lui-même au Cœur Miséricordieux de Jésus et affronta toutes ses responsabilités avec cet esprit d’offrande de soi pour l’Eglise et les âmes.

Au séminaire, il commença à parler aux clercs des trois «blancheurs» : l’Eucharistie, Marie Immaculée, le Pape. Il développa la dévotion du Mois de Marie (mai) et du Mois du Sacré-Cœur (juin).

A ce moment-là fut montée une cabale contre lui à travers un journal de Florence ; au séminaire même, certains proches collaborateurs l’accusèrent dans ce qui faisait sa force : la charité et la douceur. Il était prêt à céder sa place à un autre, mais l’évêque lui redonna courage pour porter cette croix ; il lui dit, dans son langage un peu rude : Ma croix, je la porte moi-même ; toi aussi, porte la tienne.

D’autres épreuves s’abattirent sur lui : paralysie de son frère Leone, jeune papa de quatre enfants ; puis la mort de sa chère maman.

Fin 1929, il fut élu directeur de l’Union Apostolique diocésaine du clergé et nommé prédicateur de retraites à la Maison du Clergé. C’est alors que se manifestèrent les premiers signes de la maladie qui devait l’emporter : toux, insomnie.

Il ne s’en émut pas davantage et supporta sa maladie avec l’esprit de mortification. Hospitalisé le 23 janvier suivant avec le diagnostic d’une double pneumonie, il expira le 28 janvier 1930.

Mosè Tovini a été béatifié en 2006.

 

Le miracle retenu pour la béatification a été la guérison «rapide, complète et durable, inexplicable scientifiquement», d’un prêtre du diocèse de Brescia, atteint d’un grave cancer : adénome-carcinome gastrique avec métastases et quatre lymphonœuds, compliqué de grave cardiopathie.

María Luisa Montesinos Orduña

1901-1937

 

Cette courageuse femme de l’Action Catholique espagnole naquit le 3 mai 1901 à Valencia (Espagne).

Baptisée le 5 mai suivant, elle fut confirmée en 1907.

Favorisée par la grâce divine et le milieu chrétien de sa famille, elle grandit dans l’amour de Dieu et le service du prochain. C’était une catéchiste et faisait tout le bien possible dans sa paroisse.

La révolution espagnole de 1936 fit encore beaucoup de martyrs les années suivantes : María Luisa reçut le martyre avec presque toute sa famille : son père, une sœur, deux frères et une tante, au lieu-dit Picassent (Valencia), le 28 janvier 1937.

Un siècle après sa naissance, elle fut béatifiée, en 2001.

 

 

Ol’ha Bida

1903-1952

 

Ol’ha (Olga) était née en 1903 à Tsebliv (Lviv, Ukraine).

Entrée chez les Sœurs de Saint-Joseph Epoux de la Bienheureuse Vierge Marie, elle prit le nom de Olympia.

Elle fut responsable de catéchèse en divers endroits, maîtresse des novices, particulièrement attentive aux personnes âgées et infirmes. Envers les jeunes, elle avait un charisme spécial, et elle s’occupa avec beaucoup de bons résultats de la formation de nombreuses jeunes filles.

Devenue supérieure du couvent de Kheriv, elle chercha à soutenir la population, durant la difficile période du régime communiste.

En 1951, elle fut arrêtée avec deux autres Religieuses ; après un temps de prison, elles furent exilées en Sibérie, condamnées aux travaux forcés.

Même dans cette douloureuse situation, elle organisa la prière avec les Religieuses du camp de Kharsk (Tomsk, Sibérie).

Gravement malade, elle mourut d’épuisement à Kharsk, le 28 janvier 1952.

Reconnue comme martyre, victime de la persécution bolchevique, elle fut béatifiée en 2001.

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