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3 février 2020 1 03 /02 /février /2020 08:06

02 FEVRIER

 

I.

La Présentation du Christ au Temple de Jérusalem, occasion du Nunc dimittis et de la prophétie du vieillard Syméon, et de celle de la prophétesse Anne (cf. Lc 2:22-38). (cf. Lc 2:22-38).

IV.

S Apronien, geôlier romain, martyr.

S Rhodippe, évêque à Lentini.

? S Agathodore, jeune martyr à Tyane.

Ss Fortunat, Félicien, Firme et Candide, martyrs à Rome.

Ss Laurent et Hippolyte, martyrs à Fossombrone.

V.

S Flosculus, évêque à Orléans ; il aurait été cet enfant qui proclama évêque s.Aignan.

VII.

S Laurentius, compagnon de s. Augustinus en Angleterre et son successeur à Cantorbury.

S Adalbald (Adalbaud), fils de ste Gertrude de Hamage, père des ss. Mauront, Eusébie, Clotsinde et Adalsinde, “martyrisé” près de Périgueux.

Ste Hadéloge, fille de Charles Martel ou de Pépin le Bref, fondatrice de l'abbaye de Fitzingen.

VIII.

S Burchard, bénédictin anglo-saxon, premier évêque à Würzburg, sacré par s. Boniface.

XIV.

B Simone Fidati de Cascia, augustin, auteur et prédicateur, thaumaturge.

B Pietro Cambiani de Ruffia, dominicain piémontais, inquisiteur, poignardé à Susa.

XVI.

Ste Alessandra (Caterina) de’ Ricci, prieure dominicaine à Prato, mystique.

XVII.

Ste Jeanne de Lestonnac, nièce de Michel de Montaigne, veuve bordelaise et fondatrice des Filles de Notre-Dame, ordre féminin calqué sur celui des Jésuites.

XVIII.

S Giovanni Battista Saggio (Nicola de Longobardi), calabrais, portier dans l’ordre des Minimes, canonisé en 2014.

XIX.

B Stefano Bellesini, augustin à Trente puis à Gennazzano.

S Jean-Théophane Vénard, martyr au Tonkin, canonisé en 1988 et fêté avec ses compagnons le 24 novembre.

Ste Maria-Katharina Kasper, allemande, fondatrice des Pauvres Servantes de Jésus-Christ destinées au service des pauvres et à l’enseignement des enfants, béatifiée en 1978, canonisée en 2018.

XX.

B Louis Brisson (1817-1908), fondateur à Troyes des Oblats et des Oblates de saint François de Sales, béatifié en 2012.

B Andrea Carlo Ferrari (1850-1921), évêque à Guastalla, puis Côme, enfin Milan, où il soutint le projet de l’Université du Sacré-Cœur ; béatifié en 1987.

Bse Maria Domenica Mantovani (1862-1934), cofondatrice à Castelletto avec le b. Giuseppe Nascimbeni des Petites Sœurs de la Sainte Famille, pour la vie de paroisse et le secours des nécessiteux ; béatifiée en 2003.

Tshimangadzo Samuel Benedict Daswa (1946-1990), catéchiste an Afrique du Sud, martyr, béatifié en 2015.

Blaise de Sébaste

† 316

 

Saint Blaise est, un peu comme saint Nicolas, un de ces illustres évêques d’Orient, dont on ne sait rien de très sûr, mais dont on raconte de très nombreux prodiges.

Saint Blaise est la forme en français ; en grec : agios Vlasios ; en arménien : sourp Vlas ; en russe : sankt Vlasij ; en italien : san Biaggio ; en croate : sveti Vlaho ; en espagnol : san Blas ; en anglais : saint Blazey. Ces multiples traductions montrent un peu combien le Saint fut très populaire.

Il aurait vécu en Arménie, se serait imposé par sa conduite intègre et, de médecin, aurait été désigné unanimement pour occuper le siège épiscopal de Sébaste.

Il préféra résider dans une caverne proche, où affluaient autant les fidèles, avides de bons conseils, que les bêtes. Les uns et les autres attendaient la sainte bénédiction de leur évêque, et les malades repartaient guéris, qu’ils fussent humains ou animaux.

Quand arriva le gouverneur romain Agricola, il voulut appliquer le décret impérial de mettre à mort les chrétiens et les fit arrêter pour les exposer aux bêtes du cirque. Mais les hommes envoyés pour capturer ces bêtes dans le voisinage, découvrirent toutes sortes de lions, tigres, ours, loups, qui attendaient devant la caverne du Saint, et n’en purent capturer aucun.

Agricola fit alors arrêter Blaise lui-même. En chemin comme en prison, il guérit les malades qu’il croisait. Une femme lui présenta son enfant étouffé par une arête de poisson dans la gorge : il le guérit en lui imposant les mains.

Interrogé, sommé, torturé, Blaise restait ferme dans la Foi. Il finit par être décapité, le 3 février 316.

Il y a tant de reliques de saint Blaise en Occident, qu’on pourrait légitimement se demander si elles appartiennent toutes à ce Saint, ou si l’on n’a pas parfois confondu plusieurs Saints du même nom.

Traditionnellement, saint Blaise fut invoqué pour la guérison des maux de gorge. Le 3 février, en certains lieux, les fidèles présentent leur cou au prêtre, qui y impose deux cierges en croix, en souvenir du conseil donné par saint Blaise à une personne qui lui avait apporté de la nourriture en prison : Brûlez chaque année un cierge en mémoire de moi, vous vous en trouverez bien.

Saint Blaise fait partie des Quatorze Saints Auxiliateurs (v. 8 août).

 

 

Flosculus d’Orléans

† fin 5e siècle

 

Flosculus (ou Flou) fut le onzième évêque d’Orléans.

Comme les Actes de Flosculus ont été perdus, on ne sait pratiquement rien de lui.

Une tradition assure que, petit enfant, ce fut lui qui désigna s.Aignan pour succéder à s.Euverte (v. 17 novembre et 7 septembre). 

Si la chronologie parvient à être vérifiée, Aignan fut évêque en 388 jusqu’en 453 ; quatre évêques lui succédèrent avant s.Prosper (460, v. 29 juillet) et notre Flosculus.

En supposant que Flosculus eût une dizaine d’années (ou moins) en 388, on pourra avancer qu’il mourut fort âgé, peut-être même centenaire. Son successeur, Dago, mourut vers 500.

Saint Flosculus d’Orléans est commémoré le 2 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Laurentius de Cantorbury

† 619

 

La première mention qu’on ait de Laurentius, est qu’il fit partie de ceux que le pape Grégoire le Grand (v. 12 mars) envoya de Rome en 595 pour aller évangéliser l’Angleterre. A leur tête se trouvait Augustinus (v. 26 mai). 

On présume de là que Laurentius était lui aussi un moine bénédictin du monastère romain Saint-André. On sait qu’il était prêtre.

Le voyage s’arrêta à Aix-en-Provence, traversa toute la Gaule et Laurentius prit part aux premiers travaux d’Augustinus. C’est lui que ce dernier envoya à Rome porter au pape la bonne nouvelle de la conversion du roi Ethelbert (598). Pour son retour, le pape lui adjoignit d’autres Compagnons encore (601).

Il fut sacré évêque, peut-être par Augustinus, et lui succéda sur le siège de Cantorbury (604).

En 613, il fit la consécration de l’église Saints-Pierre-et-Paul, commencée par Augustinus, et qui prit ensuite son nom.

Un des grands travaux de Laurentius fut de mettre d’accord les évêques d’Ecosse et de Bretagne, par exemple au sujet de la date de Pâques, perpétuel sujet de controverse : même un évêque local ne voulait pas manger avec Laurentius, pour ce seul motif que Laurentius célébrait selon le calendrier romain et non selon celui de la tradition locale.

A partir de 616, Laurentius subit une pénible épreuve, due au fait que le nouveau roi, Eadbald, retourna au paganisme, obligeant les missionnaires à quitter l’Angleterre ; il alla jusqu’à épouser sa belle-mère, selon une «coutume».

Déjà étaient partis les deux évêques, de Londres et de Rochester, Mellitus et Justus. Laurentius allait céder à son tour, lorsque s. Pierre lui serait apparu une nuit, lui passant une sévère correction de verges, dont Laurentius se réveilla passablement meurtri. S’étant montré en cet état au roi, ce dernier se serait converti sur place, devenant désormais un fidèle soutien des travaux de Laurentius. 

Si Justus put revenir à Rochester, il n’en fut pas de même pour Mellitus, car le sud-est de l’Angleterre restait encore sous l’administration du païen Rædwald ; il succéda cependant à Laurentius sur le siège de Canterbury.

Laurentius mourut, semble-t-il, le 2 février 619 et fut vite considéré comme un Saint.

 

 

Burchard de Würzburg

683-755

 

Il semble que Burchard était de souche noble anglo-saxonne, et se serait appelé Burkheard ; on écrit aussi son nom Burkard (en latin : Burckardus). On l’a fait naître vers 683 ou même seulement en 700.

Sans doute moine bénédictin, il accompagna saint Boniface (v. 5 juin) dans son expédition apostolique en Germanie vers 730. Il semble qu’il ait été le premier abbé du monastère de Rorfach (act. Neustadt am Main), d’où il partait prêcher dans les régions voisines, en Thüringe par exemple.

En 741, Boniface lui confia le nouveau diocèse de Würzburg, et le consacra évêque. Peu après, il fut un des trois co-consécrateurs de Willibald (v. 7 juillet).

L’évêché de Würzburg fut l’objet des attentions généreuses de Carloman, fils de Charles Martel.

Burchard participa aux conciles de Ratisbonne (742), d’Estinnes en Hainaut (743) ; puis au concile pan-germanique de 747 ; dont il fut chargé de porter les actes au pape.

En 749, il accompagnait l’abbé de Saint-Denis, Fulrad, pour traiter avec le pape du changement de dynastie chez les Francs.

En 750, il fonda l’abbaye de Saint-André à Würzburg, qui s’appela plus tard Saint-Burchard.

Burchard cessa son apostolat actif en 754, se retira et mourut dans le petit prieuré de Homburg am Main,  le 2 février 755.

On lui a fait l’honneur de l’invoquer contre les douleurs articulaires et rhumatismales.

Ses reliques, qui se réduisaient déjà au seul chef, disparurent durant la Guerre de Trente ans.

Simone Fidati de Cascia

1280-1348

 

Né vers 1280 à Cascia (Ombrie, Italie C), Simone s’intéressa d’abord à la littérature profane puis, suivant les conseils d’un Franciscain de l’Observance, il entra chez les Ermites de Saint-Augustin.

Ordonné prêtre, il eut deux occupations principales : de jour la prédication, de nuit la rédaction d’ouvrages.

Il prêcha surtout en Toscane. Il s’en prenait aux pécheurs, leur rappelant le salut de leur âme, mais aussi à ses amis, auxquels il n’épargnait pas à l’occasion de vifs reproches. 

Parmi ses ouvrages, on cite L’Ordre de la vie chrétienne et le De Gestis Domini Salvatoris. A propos de ce dernier, on dit qu’en le rédigeant, Simone eut l’apparition de l’Enfant-Jésus qui lui présenta une boisson ; l’ayant bue, Simone conserva toute sa vie une grande douceur dans la bouche, au point que tous les aliments lui semblèrent insipides.

Il fut le témoin du miracle eucharistique de Sienne (1330) ; un prêtre avait glissé dans les pages de son bréviaire la sainte Hostie qu’il voulait porter à un malade (au lieu de la déposer proprement dans une pyxide) ; chez le malade, il s’aperçut que l’Hostie était toute en sang ; il comprit sa légèreté et vint s’en accuser en confession auprès de Simone, lui montrant les pages du bréviaire tachées.

Bien que préférant s’isoler, Simone eut par ses écrits et ses prédications une grande influence sur la vie de son époque. Il refusa toujours la moindre responsabilité de supérieur.

En 1348, il fut une des victimes d’une grande épidémie de peste. Il mourut apparemment le 2 février, son dies natalis au Martyrologe Romain.

Son culte fut approuvé en 1833.

 

 

Pietro Cambiani

1320-1365

 

Pietro naquit vers 1320 à Ruffia (Cuneo, Piémont, Italie NO), de famille noble.

A seize ans, il entra chez les Dominicains de Savigliano et fit de brillantes études d’Ecriture Sainte, de Théologie et de Droit canonique.

Excellent prédicateur, rempli de doctrine sûre, conseiller avisé, il faisait parler de lui sans le vouloir, et le pape le nomma Premier inquisiteur pour le nord de l’Italie. Pietro s’établit à Turin.

Son principal ennemi fut l’hérésie vaudoise : d’abord partisans d’une stricte pauvreté évangélique, les vaudois en étaient arrivés à se heurter frontalement à l’autorité ecclésiastique, à mépriser les prêtres et les sacrements, à refuser le culte des Saints et l’existence du Purgatoire…

Pendant quatorze années, Pietro se déplaça par monts et par vaux, prêchant patiemment, ignorant la fatigue de ses voyages, n’épargnant pas sa peine et ramenant à l’Eglise beaucoup de gens tombés dans l’erreur. Il n’avait d’autres armes que la prière, le jeûne et les pénitences qu’il s’imposait.

Le succès des conversions ainsi opérées excita la jalousie et la colère de ses ennemis.

Au début de 1365, il s’était arrêté dans le couvent franciscain de Susa. Le 2 février au matin, il célébra la sainte Messe, au terme de laquelle deux individus lui demandèrent la faveur d’un colloque privé. On passa dans le cloître voisin et c’est alors que les deux hommes poignardèrent à mort le Religieux.

L’assassinat suscita grande émotion ; l’évêque dut «purifier» le saint endroit qui avait été ainsi profané. On parla de l’événement au loin et longtemps : le pape y fit allusion en 1375, s.Vicente Ferrer (v. 5 avril) en 1403.

Le culte du bienheureux Pietro fut confirmé en 1865 ; le Martyrologe le mentionne au 2 février.

 

 

Alessandra de’ Ricci

1522-1589

 

Alessandra vit le jour le 23 avril 1522 à Florence (Italie), et reçut au Baptême les noms de Alessandra Lucrezia Romula.

Orpheline de mère en 1528, elle fut confiée par son père aux Religieuses de Florence, où se trouvait sa tante, Luisa de’ Ricci.

Plus tard, le papa la rappela pour lui faire connaître la société mondaine et la pousser au mariage, mais Alessandra, à force d’insistance, obtint d’embrasser la vie religieuse : elle entra chez les Dominicaines de Prato, dont l’aumônier était un oncle paternel, le père Timoteo de’ Ricci.

A sa profession, elle prit le nom de Caterina.

En 1541, elle fut maîtresse des novices, puis sous-prieure ; c’est à partir de cette date qu’elle fut favorisée d’une extase particulière chaque jeudi à midi jusqu’au vendredi soir, contemplant comme dans la réalité la Passion du Sauveur. Catherine pria, et fit prier tout le couvent, pour obtenir de Dieu la cessation de cette faveur inhabituelle, et ces prières furent exaucées.

Elle n’en était pas quitte pour autant : Dieu lui fit faire des miracles, des prophéties ; elle pénétra les cœurs.

En 1547, elle fut élue prieure, une charge qu’elle recouvra pendant quarante-deux ans.

Caterina fut en relation épistolaire avec saint Filippo Neri, romain (v. 26 mai). Désirant tous deux pouvoir se rencontrer pour parler de Dieu, ils eurent simultanément une vision durant laquelle ils se parlèrent réellement pendant un long moment ; Filippo Neri attesta lui-même l’événement. La même chose se produisit entre Caterina et Maria Maddalena de’ Pazzi (v. 25 mai)

Caterina eut un dernier privilège au moment de mourir : les assistants entendirent les chœurs célestes accueillir son âme au Paradis.

Ceci advint le 2 février 1589.

Alessandra-Caterina de’ Ricci fut béatifiée en 1732 et canonisée en 1746.

 

 

Jeanne de Lestonnac

1556-1640

 

Jeanne fut la fille de Richard de Lestonnac, un catholique convaincu, et de Jeanne Eyquem de Montaigne, une fervente protestante qui était la sœur de Michel de Montaigne. Jeanne était donc la nièce du célèbre philosophe sceptique, auteur du fameux Que sais-je ?

Michel de Montaigne la décrivit ainsi : Très pieuse, d’humeur joyeuse, intelligente et belle, la nature en avait fait un chef d’œuvre, alliant une si belle âme à un si beau corps et logeant une princesse en un magnifique palais.

L’Esprit-Saint lui parla intérieurement : Ne laisse pas s’éteindre l’appel que j’ai allumé dans ton cœur.

En 1572, Jeanne épousa la baron Gaston de Montferrand-Landiras, dont elle eut sept enfants, quatre seulement parvenant à l’âge adulte.

Veuve en 1576, Jeanne essaya la vie religieuse, à laquelle elle avait déjà songé dans sa jeunesse ; elle fit un essai de six mois chez les Cisterciennes Feuillantines de Toulouse, avec le nom de Jeanne de Saint-Bernard ; mais la règle était trop austère et elle dut renoncer.

Priant et cherchant, elle eut une vision : une multitude de jeunes filles en danger l’appelaient au secours, avec la Vierge Marie qui attendait sa réponse. Jeanne comprit : elle fondera avec quatre compagnes la Compagnie de Marie-Notre-Dame, une congrégation qui devait allier action et contemplation, sous le modèle et la protection de la Mère du Christ, Marie, et se vouer surtout à l’éducation des jeunes filles. Ce serait la première œuvre d’éducation féminine approuvée par l’Eglise.

Avant la reconnaissance officielle, Jeanne vint courageusement au secours des victimes de la peste à Bordeaux (1605), où elle se rendit compte de la misère des pauvres, et sentit là la présence de Jésus-Christ. Son cœur s’ouvrit encore plus à la jeunesse ; elle donnera à sa nouvelle famille des constitutions très apparentées à celles de l’ordre des Jésuites.

Fondée en 1607 sous l’appellation de Ordre de Notre-Dame, cette congrégation compta jusqu’à trente maisons, seulement en France, au moment de la mort de Jeanne (1640). Puis il y eut une implantation en Espagne, d’où les Religieuses irradièrent dans toute l’Amérique Latine.

Jeanne mourut le 2 février 1640, à quatre-vingt-quatre ans.

Elle fut béatifiée en 1900 et canonisée en 1949.

Le premier immeuble de la congrégation, rue du Hâ à Bordeaux, subsiste encore ; l’intérieur a été modifié en appartements. La chapelle, en revanche, fut affectée au culte protestant en 1805. 

L’Ordre de Notre-Dame s’est implanté dans le monde entier et, depuis 1956, s’appelle désormais Compagnie de Marie Notre-Dame, comptant un peu plus de quinze cents Religieuses.

 

 

Luigi Giuseppe Bellesini

1774-1840

 

Il vit le jour le 25 novembre 1774 à Trento (Italie), dans une famille de l’aristocratie.

Entré dans l’Ordre des Augustins, il prit le nom de Stefano et étudia à Rome et à Bologne, dont il fut chassé par les troupes d’occupation françaises. Il compléta donc ses années de théologie à Trento, et fut ordonné prêtre en 1797

En 1809, son couvent de Trento fut fermé ; il vint habiter chez son frère et ouvrit une petite école gratuite pour des enfants pauvres ; il développa une intense activité pastorale auprès des jeunes, leur procurant aussi de la nourriture et des vêtements, ce qui lui valut d’être nommé inspecteur des écoles primaires de Trento et des alentours.

En 1817, les ordres religieux furent réhabilités et Stefano retourna à Bologne ; son Supérieur l’appela ensuite à Rome comme maître des novices.

En 1826, il fut envoyé au couvent de Genazzano, non loin de Rome, où l’on vénère la célèbre image miraculeuse de Notre-Dame du Bon Conseil.

Lors d’une épidémie de choléra qui frappa la paroisse, il assista des malades ; il fit une chute et sa plaie s’infecta : il mourut après deux jours, le 2 février 1840.

Stefano Bellesini fut béatifié en 1904.

 

 

Jean-Théophane Vénard

1829-1861

 

Jean-Théophane naît le 21 novembre 1829 à Saint-Loup-sur-Thouet (actuelle commune de Saint-Loup-Lamairé, Deux-Sèvres). Il a une sœur aînée (Mélanie) et deux frères, Eusèbe et Henri.

Jeune, il est enthousiasmé par les récits que l’on fait des missionnaires en Extrême-Orient, particulièrement par le récit du martyre de Jean-Charles Cornay (voir au 20 septembre). 

Durant ses études au collège de Doué-la-Fontaine il est encore instable, irascible. Il est pieux cependant : il prie le chapelet, il fait sa Première communion en 1843, l’année où meurt sa maman. Son jeune frère Henri le rejoint au collège.

Bien qu’il se sente appelé au sacerdoce, Jean-Théophane hésite encore sur sa vocation,  car il ne se sent pas encore à la hauteur ; mais il entre au petit séminaire de Montmorillon, et enfin au grand séminaire de Poitiers (1848), où enfin il se sent vraiment heureux.

Là, il porte la soutane, il a désormais appris à dominer ses mouvements d’impatience ;  il est devenu un élève excellent, passionné par l’étude, le grec et l’hébreu. En 1850 sa décision est prise : il rejoindra les Missions Etrangères de Paris.

Il prend le train pour la première fois et arrive à Paris, où va avoir lieu le coup d’état du 2 décembre 1851. Il vote pour la première et peut-être pour la dernière fois.

Au séminaire il se lie d’amitié avec Joseph Theurel, avec lequel il partira bientôt en Asie et qui mourra là-bas évêque, en 1868.

Outre ses études, il est organiste, sacristain, et balayeur en chef ; il étudie avec avidité la physique, l’histoire naturelle et la géographie. Diacre en 1851, il est ordonné prêtre en 1852.

Arrivé à Hong-Kong, il cherche à apprendre le chinois : Je serais tenté de croire que cette langue et ces caractères ont été inventés par le diable pour en rendre l’étude plus difficile pour les missionnaires ! 

Enfin arrive son ordre de mission pour le Tonkin ; au moment de s’embarquer, il apprend que le père Jean-Louis Bonnard vient d’étre martyrisé, un an après Augustin Schoeffler (voir au 1er mai). Il pénètre au Tonkin clandestinement, apprend le vietnamien assez rapidement et commence d’évangéliser. A cette époque, il y a de très fortes persécutions et il doit se réfugier dans des grottes ou des cachettes. L’édit de l’empereur ordonne de jeter à la mer les prêtres européens ; de couper par le milieu du corps les prêtres annamites ; de décapiter ou étrangler tout fidèle chrétien. Jean-Théophane rejoint le Tonkin occidental en juillet 1854.

Dans cette région, l’édit de persécution n’est pas appliqué, car le vice-roi a été guéri d’une maladie des yeux par le prêtre Paul Bao-Tinh, qui lui a demandé en retour de ne pas persécuter les chrétiens. 

Jean-Théophane arrive donc dans une région relativement tranquille, du moins protégée, pour le moment. Il apporte avec lui un harmonium et l’évêque le nomme maître de chapelle. Puis, contrairement à l’étude du chinois, Jean-Théophane apprend très vite le vietnamien. Dans ses moments «libres», il traduit en vietnamien la Concordance des Evangiles de l’abbé Migne, les Actes des Apôtres, les Epîtres et l’Apocalypse.

Il est nommé directeur du séminaire local. 

En 1860, un villageois le dénonce sous la pression des menaces. Il est arrêté à Ke-Beo le 30 novembre, enfermé dans une cage et conduit à Hanoï.

Jean-Théophane est condamné à mort et exécuté le 2 février 1861.

Né en la fête de la Présentation de Marie au Temple, il fut exécuté en la fête de la Présentation de Jésus au Temple, dans sa trente-deuxième année.

Dans les nombreuses lettres que son frère Eusèbe recueillit après sa mort, on y découvre une grande parenté de spiritualité entre lui et sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus ; elle l’appréciait beaucoup et le fit largement connaître à son époque.

Jean-Théophane fut béatifié en 1909, et canonisé en 1988.

Il est au Martyrologe du 2 février, mais fêté localement au 3 février, et avec tous Martyrs du Vietnam le 24 novembre.

 

 

Katharina Kasper

1820-1898

 

Catherine naquit le 26 mai 1820 à Dernbach (Westerwald, Rhénanie, Allemagne), un des huit enfants de Heinrich, un humble paysan, qui mourut en 1842.

Toute sa vie, Katharina eut une mauvaise santé, et dut traverser maintes difficultés, mais elle fut réconfortée par des visions qui l’encouragèrent.

En 1845, elle fonda une première association pour venir en aide aux malades, aux vieillards, aux orphelins et aux enfants. Ce fut le point de départ de la congrégation des Pauvres Servantes de Jésus-Christ, qui furent aussi appelées les Sœurs de Dernbach.

Les premières Religieuses firent leurs vœux en 1851 ; Katharina, prenant le nom maternel de Maria, dirigea la première communauté, jusqu’à ce qu’un prêtre fut nommé directeur spirituel (1853).

En 1868, l’évêque leur fit ouvrir des maisons à Fort Wayne (Indiana, USA).

L’approbation vaticane eut lieu en 1870 et Maria Katharina fut nommée Supérieure. Lors du Kulturkampf, elle contourna l’interdiction de recevoir d’autres novices en les recevant dans une autre maison religieuse hors du territoire prussien.

L’approbation définitive se fit en 1898, alors que la fondation comptait déjà près de deux mille membres dans près de deux cents maisons.

Actuellement, la congrégation est aussi présente en Inde et en Amérique Latine.

Cette heureuse Fondatrice mourut le 2 février 1898, fut béatifiée en 1978 et canonisée en 2018.

Louis Brisson

1817-1908

 

Louis Brisson naît à Plancy-l’Abbaye (Aube), dans le diocèse de Troyes, le 23 juin 1817. Ses parents, fervents pratiquants, l’élèvent chrétiennement. Nourrissant un grand amour pour Dieu, il entre en 1831 au petit Séminaire de Troyes. Il est ordonné prêtre en 1840.

En 1841, il est nommé confesseur et professeur au pensionnat de la Visitation de Troyes et en 1843 il devient aumônier de la Communauté. Pendant quarante-quatre ans, jusqu’en 1884, il approfondit la pensée et la spiritualité de St François de Sales.

La supérieure, Mère Marie de Sales Chappuis, le presse de fonder des prêtres destinés à répandre la doctrine de S. François de Sales. C’était d’ailleurs le souhait de François de Sales de fonder une congrégation de prêtres continuant, selon son esprit, l'œuvre commencée, à côté de la Visitation. Le P. Brisson se montre d’abord réticent.

Mais en 1857, Mgr Cœur, évêque de Troyes, érige dans son diocèse l’Association catholique de Saint-François de Sales pour la lutte contre la déchristianisation par la revitalisation de la foi et le retour à la pratique religieuse. Il nomme l’abbé Brisson directeur de l’Association pour le diocèse.

Le P. Brisson se propose aussi de soutenir la vie morale et chrétienne des jeunes ouvrières, très nombreuses dans cette ville de bonneterie, créant pour elles divers ateliers et foyers. 

En 1858 il ouvre pour elles un premier foyer, le Hangar des Hirondelles ou Œuvre Saint-Jean.  Suivent d’autres foyers dans d’autres paroisses : Saint-Nicolas (1860), Tauxelles (1861), Saint-Nizier (1862). Cette première Œuvre de Saint-François-de-Sales groupera jusqu’à six cents jeunes filles.

En 1867, l’abbé Brisson achète des terrains aux Tauxelles et y construit une école pour les petites filles pauvres du quartier, et y accueillir le dimanche les jeunes ouvrières de la région.

Tauxelles est aussi le lieu de l’entreprise des frères Hoppenot, qui appuient l’abbé Brisson. En 1869, ils construisent un foyer avec dortoirs, réfectoire et buanderie, pour accueillir les jeunes ouvrières. Elles peuvent y apprendre le métier textile avant d’intégrer l’usine proche.

En 1869, Mgr Ravinet demande au P. Brisson de reprendre en main l’unique collège catholique de la ville, Saint-Etienne, contraint de fermer en raison de difficultés d’ordre économique. L’abbé Brisson n’a ni hommes, ni argent… mais sur l’ordre de son évêque, et aidé de quelques collaborateurs prêtres, il commence la congrégation des Oblats de saint François de Sales. Le collège devient le collège secondaire Saint-Bernard. L’abbé Brisson y enseigne la cosmographie. En dix ans, les élèves passent de douze à soixante-douze, le collège est dédoublé en Petit-collège (externat) et en Grand Saint-Bernard (internat). Puis le collège essaime à Mâcon, Saint-Ouen, Sainte-Savine, Auxerre, Morangis.

Les Oblats seront approuvés en 1887, et définitivement en 1897.

Collaboratrices de cette immense tâche seront deux anciennes élèves de la Visitation, Léonie Aviat – canonisée en 2001, voir au 10 janvier – et Lucie Canuet. Ainsi prend naissance la Congrégation des Sœurs Oblates de saint François de Sales, qui seront approuvées dès 1890, et définitivement en 1911.

Les œuvres de ces deux congrégations se développent rapidement et elles se diffusent dans d’autres pays, notamment par des écoles, des pensionnats, des patronages. Le P. Brisson gouverne ses deux familles religieuses avec une connaissance approfondie des choses pratiques et une vie intérieure intense.

Le P. Brisson est essentiellement une âme d’oraison, il a faim et soif de Dieu, il passe de longues heures en adoration devant l’Eucharistie et va se ressourcer régulièrement à la Chartreuse de Bosserville ou à la Grande Chartreuse.

Sa vie est aussi marquée par l’épreuve, d’abord à cause de relations un peu difficiles avec l’autorité diocésaine, car l’évêque aurait préféré une congrégation diocésaine, tandis qu’elle dépend directement de Rome. Puis lors de la persécution religieuse, dont souffre la France dès la fin du 19e siècle, les Oblats et les Oblates du pays sont expulsés, leurs maisons, confisquées. 

Lui-même, empêché par son grand âge de les suivre en exil, se voit contraint, en 1904, à chercher refuge à Plancy-l’Abbaye, dans la maison de son enfance. Il est nommé Chanoine honoraire de la cathédrale de Troyes.

Mais ferme dans la foi, le P. Brisson est sûr de l’avenir de ses deux Instituts et n’est pas ébranlé dans son invincible confiance en Dieu. Il meurt le 2 février 1908, à quatre-vingt dix ans.

 

C’est la reconnaissance de la guérison miraculeuse d'un jeune Equatorien de la province du Chimborazo, due à l'intercession du P. Brisson, qui a permis sa béatification.

Un petit garçon de huit ans avait été victime en 1953 d'un accident survenu dans l'atelier de son père, mécanicien : la roue de fer d'un tracteur en réparation lui avait écrasé le gros orteil du pied droit et fracturé 2 autres doigts. Il fut soigné d'urgence mais sommairement car l'hôpital de son village n'était pas équipé ni les médecins spécialisés pour ce genre d'intervention. Son cas demeurait critique.

Les Sœurs Oblates, les enseignantes du petit garçon, firent, avec la famille, une neuvaine au P. Brisson et elles appliquèrent une relique sur le pied malade. L'enfant guérit, récupérant très vite toute sa mobilité et sa joie de vivre, sans séquelles, en un laps de temps que les médecins de la Commission d'enquête ont jugé inexplicable scientifiquement.

 

Aujourd'hui, la Congrégation des Oblats compte quelques centaines de religieux, prêtres et frères, et elle est présente en Europe, en Afrique, en Amérique du Sud et en Asie.

En France, les Oblats animent plusieurs paroisses, deux établissements scolaires – Saint-Bernard à Troyes et Saint-Michel à Annecy – diverses aumôneries, une revue, des rencontres salésiennes.

Ils ont pour mission de réaliser l'imitation du Christ et le service de l'Église dans le monde moderne, en vivant et en répandant la doctrine salésienne.

Les sœurs Oblates de saint François de Sales sont quelques centaines et poursuivent l'œuvre du P. Brisson au service de la jeunesse en Europe, en Afrique, en Amérique du Nord et du Sud.

 

Le Père Louis Brisson a été béatifié en 2012. Son dies natalis est le 2 février. Sa fête est toutefois célébrée localement le 12 octobre.

 

 

Andrea Carlo Ferrari

1850-1921

 

Andrea naquit le 13 août 1850 à Lalatta (Palanzano, Parma, Italie), de Giuseppe Ferrari et de Maddalena Longarini, de modestes personnes.

Ordonné prêtre en 1873, il fut successivement vicaire à Mariano, Fornovo di Taro, Saint Léonard de Parme ; puis co-directeur du séminaire de Parme en même temps que professeur de physique et de mathématiques. Une fois nommé directeur du séminaire en 1877, il enseigna la théologie dogmatique, l'histoire de l'Eglise et la théologie morale.

En 1879, il est nommé chanoine de la cathédrale de Parme.

En 1885 il publie sa Petite Somme de dogmatique générale, qui restera un des titres les plus courants à l'époque.

En 1890, il est évêque de Guastalla (Reggio Emilia), l'année suivante il est transféré à Come, et en 1894 le voilà cardinal et archevêque de Milan.

Il décide alors d'ajouter à son nom celui de Carlo, voulant prendre pour exemple saint Carlo Borromeo (voir au 4 novembre), archevêque de Milan après le concile de Trente. 

Sous sa direction, on publia dès 1896 un catéchisme unique pour toute la Lombardie et le Piémont, un ouvrage qui servira de base à la publication du catéchisme de Pie X.

Il voulut faire établir dans chaque paroisse un patronage pour les garçons et pour les filles et affronta le problème de l'enseignement de la religion dans les écoles primaires.

Il organisa la visite pastorale systématique des huit-cents paroisses de son grand diocèse et organisa jusqu'à trois synodes diocésains et un concile provincial, ce qui ne se faisait plus depuis un demi-siècle.

A cela s'ajoutèrent un congrès eucharistique en 1895, un de Musique Sacrée, un autre pour le quinzième centenaire de saint Ambroise (1897), le cinquantième anniversaire du dogme de l'Immaculée Conception (1904), et des apparitions de Lourdes (1908), le troisième centenaire de la mort de saint Charles Borromée (1910), avec un nouveau synode et un nouveau congrès eucharistique.

En 1912 il soutint la publication d'un nouveau quotidien, L'Italia, et fêta en 1913 le seizième centenaire de l'édit de Constantin, publié en 313 à Milan, pour donner la liberté de culte aux Chrétiens après les persécutions romaines.

Au milieu d'une telle activité, on pourrait croire que le cardinal Ferrari était une colonne en vue dans l'Eglise. Il eut cependant ses adversaires, et non des moindres, jusques et surtout au Vatican. En effet, dès cette fin de 19e siècle, il préconisait l'attribution d'une place importante aux laïcs dans l'Eglise ; ce qui pour nous est maintenant évident, était une idée tellement “chocante” pour l'époque, qu'on n'hésita pas à dénigrer le cardinal auprès du pape saint Pie X : on l'accusa de modernisme et le pape ne le reçut plus pendant cinq années. Ce n'est que le pape suivant, Benoît XV, qui détendit le climat et sortit le cardinal Ferrari de l'isolement.

Le cardinal Ferrari reçut la distinction de Chevalier Grand-Croix de l'Ordre du Saint-Sépulcre.

Les dernières années de sa vie, il souffrit beaucoup d'une tumeur à la gorge et s'éteignit en 1921, le 2 février.

Lentement le climat hostile à ce saint évêque s'ouvrit à la reconnaissance de ce qu'il avait préconisé pour la réforme interne de l'Eglise et qui déboucha sur le concile de Vatican II.

Finalement, le cardinal Andrea Carlo Ferrari fut proclamé bienheureux en 1987.

 

 

Maria Domenica Mantovani

1862-1934

 

Elle naquit le 12 novembre 1862 à Castelletto di Brenzone (Verona, Italie), aînée des quatre enfants de Giovanni Battista et Prudenza Zamperini. Elle ne fréquenta que les trois premières années de l'école primaire et ses qualités d'intelligence, de forte volonté et de bon sens complétèrent ce qui manquait à sa formation. De ses parents elle reçut l'exemple d'une piété saine et équilibrée, et fut habituée très tôt à prier et à aider les autres.

Elle reçut la Confirmation en 1870 et la Première communion en 1874. Tout son travail était d'aider les parents dans les travaux des champs.

En 1877 arriva un jeune prêtre à Castelletto : Giuseppe Nascimbeni, qui devait aider, puis remplacer l'ancien curé. Il encouragea vivement Maria Domenica à visiter les malades et à enseigner le catéchisme. Maria Domenica collabora vraiment avec son curé, un saint prêtre qui mourra en odeur de sainteté et sera béatifié en 1988 (voir au 22 janvier).

En 1886, Maria Domenica fit privément le vœu de virginité, le 8 décembre, fête de l'Immaculée Conception. Elle se sentait de plus en plus attirée par Dieu et par Marie. 

L'abbé Nascimbeni voudrait subvenir aux besoins spirituels de sa paroisse, et s'occuper plus profondément des enfants des rues, des jeunes filles désœuvrées, mais, ne trouvant pas de religieuses pour le seconder, avec l'approbation de l'évêque de Vérone, il se décide à fonder une congrégation nouvelle.

Quand en 1892 le père Nascimbeni fonde les Petites Sœurs de la Sainte Famille, Maria Domenica est évidemment une des quatre premières sœurs, en même temps co-fondatrice de la congrégation et supérieure ; elle prend le nom de Mère Marie de l'Immaculée.

Maria Domenica fit tout son possible pour aider ses sœurs à suivre le chemin qu'elle avait déjà parcouru avec les conseils du père Nascimbeni. Plus elle avançait, plus elle se sentait petite devant ce que Dieu lui demandait : les gens venaient nombreux lui demander conseil et réconfort. Elle laissait faire la Providence.

L'œuvre était destinée à un intense travail de collaboration paroissiale avec le curé, en visitant les malades, enseignant le catéchisme, secourant les pauvres et les vieillards chez eux, et aidant les jeunes filles à se préparer à leur mission de mères de familles chrétiennes. La congrégation fut une première fois approuvée par l'évêque en 1903.

A la mort du père Nascimbeni (1922), Maria Domenica continua de guider la congrégation naissante et mourut elle-même à Castelletto le 2 février 1934. 

A cette date, les constitutions avaient été approuvées définitivement ; les sœurs étaient déjà plus de mille.

Actuellement, les Petites Sœurs de la Sainte Famille sont en Italie, en Suisse, en Albanie, en Afrique, en Amérique du Sud (Argentine, Brésil, Uruguay, Paraguay). Elles se dévouent aux enfants et aux jeunes, aux familles, aux prêtres, aux vieillards et aux malades dans les paroisses.

Maria Domenica a été béatifiée en 2003.

 

 

Tshimangadzo Samuel Benedict Daswa (Bakali)

1946-1990

 

Né le 16 juin 1946, dans le village de Mbahe (Thohoyandou, Afrique du Sud), il était l'aîné de cinq enfants. 

Il a été élevé dans la religion traditionnelle, au sein de son clan de la tribu Bakali Lemba, une tribu qui se considère comme issue du peuple juif.

Au lycée, il rencontra le père Benoît Risimati, qui lui enseigna la foi catholique : il fut baptisé le 21 avril 1963, avec les noms de Samuel Benedict, par référence particulière et reconnaissante envers son catéchiste, et reçut l’Eucharistie.

Trois mois plus tard, il reçut la Confirmation, des mains de l’évêque bénédictin de Pietersburg, Mgr Van Hoeck.

Il adopta désormais comme devise celle de saint Benoît : Ora et Labora (Prie et Travaille).

Il devint ensuite instituteur et directeur de l’école primaire de Nweli. Il invitait les élèves pauvres à travailler dans son jardin. Il rendait visite aux familles des absents pour offrir son aide.

Le premier dans son village, il construisit une maison en briques avec ses propres économies, grâce à la vente des fruits et des légumes de son jardin. Prudent et bon administrateur, il s’acheta une voiture, un poste de télévision, un téléphone, ce qui ne manqua pas de susciter des jalousies, malgré tout le bien qu’il faisait ; on alla jusqu’à l’accuser d’utiliser des zombies (pratique sorcière consistant à ramener à la vie des êtres présumés morts).

En 1980,  il épousa une Luthérienne, Shadi Eveline Monyai, qui embrassa la foi catholique, et ils eurent huit enfants. Le dernier naquit quatre mois après la mort de Samuel Benedict.

Bon père, il «innova» dans la vie familiale, en aidant son épouse dans les tâches matérielles, dans l’éducation des enfants ; quand ceux-ci furent en âge de le faire, il les encouragea aussi à participer aux tâches quotidiennes, en-dehors des heures de l’école. Avec eux, il travaillait au potager, il plantait des arbres. Il invitait les autres pères de famille à en faire autant, particulièrement à aider leurs épouses.

On priait en famille ; chaque soir, on lisait l’Ecriture ; chaque dimanche, on participait à la Messe, ou à l’Assemblée dominicale si le prêtre était absent : dans ces derniers cas, c’est Samuel Benedict qui dirigeait l’office. A Noël, il institua le jour des Daswa : il invitait toute la famille et les proches parents à passer ensemble cette journée ; à l’occasion, les enfants recevaient du matériel scolaire, si précieux pour eux.

Lors d’une sécheresse survenue dans les années quatre-vingt, il intervint auprès des autorités et obtint des fournitures et des vivres pour les enfants de l’école.

Catéchiste, membre actif de la paroisse, il favorisa la création d’une réelle communauté ecclésiale, préparant au baptême les catéchumènes. Ami des jeunes, il cherchait à les occuper sainement : il créa des clubs de football. Il aida beaucoup à la construction de la première église catholique de la région, à Nweli.

En un mot, Samuel Benedict était un homme très respecté de tous pour son honnêteté, son intégrité, sa sincérité, son humilité. On l’aimait aussi pour sa compassion et sa générosité envers les malades, les pauvres, les prisonniers. Le chef du village l’avait choisi comme secrétaire et conseiller.

Mais les vieilles croyances païennes n’étaient pas pour autant effacées. Lors d’un violent orage en janvier 1990, la foudre tomba plusieurs fois sur les cases, et le chef estima que c’était là une manifestation de sorcellerie. Les membres de son conseil, réunis, décidèrent de consulter un «guérisseur» traditionnel, en se cotisant. Ce jour-là, Samuel Benedict arriva en retard à la réunion, de sorte que la décision avait été prise sans lui, et c’est en vain qu’il essaya de convaincre ses collègues de l’inutilité de cette pratique contre un phénomène purement naturel. Tout ce qu’il put faire, fut de refuser de payer sa quote-part, au nom de sa foi en Jésus-Christ.

La jalousie se ralluma, doublée de suspicion contre lui. On murmura, on l’accusa d’influencer les gens, de se prendre pour le chef. On résolut de le tuer.

L’occasion s’en présenta le 2 février suivant, lorsque la belle-sœur de Samuel Benedict l’appela pour conduire d’urgence son enfant très malade chez le médecin à Makwarela (Sibasa).

Sa première réaction fut : Avant de partir, prions. Sur la route du retour à Mbahe, il s’arrêta pour emmener un habitant d’un village voisin, chargé d’un lourd sac de farine de maïs. Plus loin, la route se trouva bloquée par des troncs d’arbre. Il descendit de voiture pour dégager la route, et fut alors assailli par toute une troupe d’hommes qui s’étaient embusqués derrière les buissons. 

On lui jeta des pierres ; saignant abondamment, il chercha à gagner un petit bar voisin, puis une cabane, dont on l’expulsa. Il criait : Epargnez ma vie ! Mais on l’encercla ; il s’agenouilla. Un homme armé d’un knobkerrie lui fracassa la tête ; puis il reçut d’autres coups et on l’arrosa d’eau bouillante.

C’était le 2 février 1990.

Reconnu martyr, Samuel Benedict sera béatifié en 2015.

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