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3 février 2020 1 03 /02 /février /2020 08:14

03 FEVRIER

 

-X.

S Azarias (Azaryahu), prophète (cf. 2 Ch 15:1-7).

I.

Ss Syméon et Anne, qui accueillirent Jésus au Temple lors de sa présentation (cf. Lc 2:22-38).

III.

S Celerinus, romain, diacre  à Carthage, martyr après ses oncles ss. Laurentinus et Ignatius et son aïeule Celerina.

?

Ss Félix, Symphrone et Hippolyte, martyrs en Afrique.

S Blaise, berger martyr à Césarée de Cappadoce.

IV.

S Blaise, évêque à Sébaste, martyr, un des quatorze Saints Auxiliaires, invoqué contre les maux de gorges (de dents), patron des cardeurs de laine et des tailleurs de pierre, par allusion aux épisodes de son martyre (guérison d’un enfant étouffé par une arête de poisson, supplice des ongles de fer) ; le souvenir s’en est maintenu dans la bénédiction de la gorge, avec deux cierges bénis en ce jour.

S Leonius, prêtre à Poitiers, très fidèle disciple de s.Hilaire.

S Anatole (Anatoile), pèlerin irlandais décédé près de Salins, dont il est le patron ; ou évêque à Adana exilé.

IV.-V.

Ss Teridius et Remedius, deux évêques à Gap. 

V.

S Lupicinus, évêque à Lyon.

VI.

S Laurent l’Illuminateur, syrien élu évêque à Spolète, dont les portes s’ouvrirent d’elles-mêmes devant lui, fondateur d’un monastère à Farfa.

S Evance, évêque à Vienne.

VII.

S Adelin, disciple de s. Landelin, fondateur et abbé à Celles.

Ste Wereburge, fille de ste Ermenilde, moniale à Ely, supérieure des monastères de son pays, retrouvée sans corruption neuf ans après sa mort.

VIII.

Ste Berlinde, vierge à Moorsel, solitaire à Meerbeke, près du tombeau de son père.

IX.

S Oscar, apôtre en Danemark et en Suède, évêque à Hamburg et à Brême.

S Nithard, compagnon de s. Oscar, premier martyr en Suède.

X.

S Liafdag, évêque à Ripen et martyr.

XII.

Ste Marguerite d’Angleterre, vierge écossaise, pèlerine, cistercienne à Seauve-Benoîte.

XIII.

B Hélinand, ancien trouvère, cistercien à Froidmont.

XVI.

B John Nelson, prêtre jésuite anglais, martyr à Tyburn.

XVII.

B Justus Takayama Ukon, samouraï japonais, exilé pour sa foi à Manille, considéré comme martyr, béatifié en 2017.

XVIII.

S Giovanni Battista Saggio (Nicola de Longobardi), calabrais, portier dans l'Ordre des Minimes, canonisé en 2014 ; le 2 février au Martyrologe.

XIX.

Ste Claudine Thévenet (Marie de Saint-Ignace), fondatrice à Lyon de la congrégation de Jésus-Marie, pour les orphelines, canonisée en 1993.

Bse Marie Anne Rivier, fondatrice des Sœurs de la Présentation de Marie, pour les enfants abandonnés ; elle ouvrit quarante-six écoles dans le seul diocèse de Viviers, béatifiée en 1982.

Bse Maria Helena Stollenwerk, hollandaise, co-fondatrice de la congrégation des Missionnaires Servantes du Saint-Esprit avec le b. Arnold Janssen ; à la fin elle se consacra à l’adoration perpétuelle, béatifiée en 1995.

XX.

B Alojs Andricki (1914-1943), prêtre allemand, martyr à Dachau, béatifié en 2011.

Azarias prophète

10e siècle avant Jésus-Christ

 

Ce saint prophète n'est pas un des quatre “grands” prophètes, ni un des douze “petits” prophètes de l'Ecriture.

C'est un saint homme qui eut son activité prophétique au nom du Seigneur vers l'an 95O avant l'avènement du Sauveur.

Il ne faut pas le confondre avec Azarias, un des trois jeunes gens jetés dans la fournaise, avec Daniel, par le roi Nabuchodonosor (cf. Dn 3).

On peut lire au livre des Chroniques (Chr 15:1-7) les quelques paroles qu'on lui attribue et qui sont fondamentales dans la vie de tout Croyant : 

Le Seigneur est avec vous quand vous êtes avec Lui. Quand vous le recherchez, il se laisse trouver. Quand vous l'abandonnez, il vous abandonne.

Ces trois petites phrases renferment toute une doctrine de la Providence divine envers nous, en même temps que la réponse à cette question si fréquente dans notre société : Est-ce que le Bon Dieu s'occupe parfois un peu de nous ?

Dieu n'est jamais absent, c'est vraiment L'offenser de le croire. La réalité est que l'homme a oublié Dieu ; c'est l'homme qui a prié Dieu de bien vouloir se retirer de notre vie sociale quotidienne ; délicatement, sans s'imposer, Dieu a accepté de rester à la porte, sur le trottoir, dehors,  pendant que les hommes, à l'intérieur, cherchent désormais désespérément des solutions à leurs problèmes.

Malheur à nous ! Que saint Azarias veuille bien revenir et nous rappeler que c'est à nous à nous tourner vers Dieu et à Le rechercher de toutes nos forces.

Saint Azarias, prophète, qui n’est pas au Martyrologe, est commémoré le 3 février chez les Grecs.

 

 

Syméon et Anne

1er siècle

 

L'Eglise a célébré le 2 février, quarante jour après Noël, la présentation au Temple de Jésus, jour où, humblement, la Sainte Vierge s'est soumise au rite de la purification, dont sa virginité perpétuelle pouvait l'exempter.

L'évangile de cette fête nous a fait entendre l'émotion intense du vieillard Syméon ainsi que les propos de cette pieuse femme très âgée, Anna (cf. Lc 2:22-38).

L'Eglise nous propose de commémorer aujourd'hui, 3 février, ces deux personnages qui ne manqueront pas de nous inspirer respect et vénération.

Anna, tout d'abord, est une femme très âgée, qui pourrait avoir au moins quatre-vingts ans. Elle est dans le Temple, et on imaginera facilement que ceux qui l'entendent parler, peuvent éprouver un peu de condescendance envers cette brave grand-mère qui leur dit des choses assez mystérieuses.

Anna était inspirée de Dieu ; elle vivait uniquement avec Dieu, dans la prière et la louange, dans l'attente de la venue du Messie. Son inspiration, elle désirait la communiquer simplement, sans artifice, sans publicité, sans bruit, uniquement parce qu'elle savait qu'elle lui venait de Dieu. 

Syméon, lui, était aussi très âgé, et avait eu une révélation, il y a longtemps : il ne mourrait pas avant d'avoir vu le Messie. Il attendait donc en silence, priant, jeûnant, participant simplement aux assemblées dans le Temple, comme le ferait un bon fidèle assidu aux offices de sa paroisse.

Une tradition peu vérifiable scientifiquement nous dit qu’il était un prêtre du Temple, non pas un grand-prêtre, mais un prêtre d’une classe inférieure. Un pieux religieux, humble, discret, fidèle à la Loi sans ostentation, sans orgueil.

Mais voilà qu'on lui dit intérieurement que le Messie est là ! Sans attendre, sans hésiter, sans douter, il vient au Temple, il va droit vers la sainte Famille, et de ses mains décharnées et pures il soulève ce petit Bébé de quarante jours.

On pourra imaginer l'émotion et la joie immenses de cet homme devant la réalisation de la promesse de Dieu, mais on ne pourra peut-être pas exprimer l'intensité de cette émotion qui aura envahi tout son être. Il devait en avoir des larmes de joie, et ceux qui ne le connaissaient pas pouvaient bien se demander ce qui lui arrivait. 

Toujours est-il que c'est à lui que revient la paternité du Nunc dimittis, ce chant que Syméon improvisa juste après avoir vu l'Enfant-Jésus, et dont voici une traduction : 

 

Maintenant, tu vas laisser partir en paix ton serviteur, Seigneur,

Car mes yeux ont vu ton Salut, 

Ce que tu as préparé à la face de tous les peuples : 

Lumière à révéler aux nations, et gloire de ton peuple Israël.

 

Ce chant tout bref termine l'office des Complies chaque soir, pour ceux qui prient le bréviaire ou chantent l'office divin dans les maisons religieuses.

Avec Syméon, nous pouvons chanter en fin de journée notre action de grâce pour ce que Dieu nous a donné de voir durant la journée écoulée.

Avec les Grecs, fêtons dans la joie ces deux saints personnages qui eurent la joie d’accueillir l’Enfant-Jésus.

Note. On trouve l’orthographe Syméon et celle, commune, Siméon. Cela permet de distinguer notre Syméon des autres Siméon du Martyrologe.

Celerinus de Carthage

† 280

 

Celerinus était Romain, de famille chrétienne. Il avait une sœur, Numeria. On va parler de leurs oncles Laurentius et Ignatius, et de leur aïeule Celerina.

Durant la persécution de Dèce (250), Celerinus fut déjà traduit devant cet empereur en personne : il subit alors des tortures qui lui laissèrent des marques visibles sur le corps, mais ne fit «que» dix-neuf jours de prison.

Il se rendit à Carthage pour donner à s.Cyprien (v. 14 septembre) des nouvelles des persécutions à Rome. 

Au retour, il constata avec tristesse la défection de sa sœur Numeria.

Il repartit à Carthage, peut-être avec ses deux oncles et l’aïeule, fuyant la persécution de Rome, mais on va voir qu’ils seront à leur tour martyrisés, à Carthage. 

Cyprien ordonna Celerinus lecteur. D’après les lettres de Cyprien, il semble que l’évêque aurait volontiers ordonné prêtre Celerinus, sans pouvoir réaliser son vœu ; peut-être Celerinus fut-il diacre. Cyprien en fait de grands éloges.

La persécution se déchaîna aussi à Carthage. Cyprien fut martyrisé en 258. Peut-être furent aussi martyrisés vers cette époque Laurentius, l’oncle paternel, et Ignatius, l’oncle maternel, et l’aïeule Celerina, dont le Martyrologe affirme qu’ils moururent bien avant Celerinus.

Celerinus fut à son tour martyrisé, en 280.

Saint Celerinus de Carthage, avec ses saints parents, est commémoré le 3 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Blaise de Sébaste

† 316

 

Saint Blaise est, un peu comme saint Nicolas, un de ces illustres évêques d’Orient, dont on ne sait rien de très sûr, mais dont on raconte de très nombreux prodiges.

Saint Blaise est la forme en français ; en grec : agios Vlasios ; en arménien : sourp Vlas ; en russe : sankt Vlasij ; en italien : san Biaggio ; en croate : sveti Vlaho ; en espagnol : san Blas ; en anglais : saint Blazey. Ces multiples traductions montrent un peu combien le Saint fut très populaire.

Il aurait vécu en Arménie, se serait imposé par sa conduite intègre et, de médecin, aurait été désigné unanimement pour occuper le siège épiscopal de Sébaste.

Il préféra résider dans une caverne proche, où affluaient autant les fidèles, avides de bons conseils, que les bêtes. Les uns et les autres attendaient la sainte bénédiction de leur évêque, et les malades repartaient guéris, qu’ils fussent humains ou animaux.

Quand arriva le gouverneur romain Agricola, il voulut appliquer le décret impérial de mettre à mort les chrétiens et les fit arrêter pour les exposer aux bêtes du cirque. Mais les hommes envoyés pour capturer ces bêtes dans le voisinage, découvrirent toutes sortes de lions, tigres, ours, loups, qui attendaient devant la caverne du Saint, et n’en purent capturer aucun.

Agricola fit alors arrêter Blaise lui-même. En chemin comme en prison, il guérit les malades qu’il croisait. Une femme lui présenta son enfant étouffé par une arête de poisson dans la gorge : il le guérit en lui imposant les mains.

Interrogé, sommé, torturé, Blaise restait ferme dans la Foi. Il finit par être décapité, le 3 février 316.

Il y a tant de reliques de saint Blaise en Occident, qu’on pourrait légitimement se demander si elles appartiennent toutes à ce Saint, ou si l’on n’a pas parfois confondu plusieurs Saints du même nom.

Traditionnellement, saint Blaise fut invoqué pour la guérison des maux de gorge. Le 3 février, en certains lieux, les fidèles présentent leur cou au prêtre, qui y impose deux cierges en croix, en souvenir du conseil donné par saint Blaise à une personne qui lui avait apporté de la nourriture en prison : Brûlez chaque année un cierge en mémoire de moi, vous vous en trouverez bien.

Saint Blaise fait partie des Quatorze Saints Auxiliateurs (voir au 8 août).

 

 

Leonius de Poitiers

fin 4e siècle

 

Leonius (en français Lienne) fut un fidèle disciple de s.Hilaire (v. 13 janvier).

Hilaire devint évêque vers 350. Il ordonna prêtre Leonius, et en fit son confident.

Quand Hilaire fut envoyé en exil en Phrygie (act.Turquie), Leonius voulut l’y accompagner. Il partagea ses souffrances, et revint avec lui en Gaule, l’aidant et le soutenant dans sa lutte contre l’arianisme.

Il se trouvait aux côtés d’Hilaire à son lit de mort (368). Hilaire lui prédit alors le jour de sa mort.

Leonius mourut effectivement le 3 février, très âgé.

Sur son tombeau se produisirent beaucoup de miracles.

Saint Leonius de Poitiers est commémoré le 3 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Teridius de Gap

† 394

 

Teridius - que l’on a traduit Tigride en français - fut évêque de Gap au quatrième siècle, deuxième évêque (connu) de ce siège, après Demetrius, qui en fut le premier titulaire dès le premier siècle (? 26 octobre).

Le culte de s.Teridius est très ancien, mais aucun document ancien ne nous est parvenu.

On le mentionne d’ailleurs avec son successeur, s.Remedius, dont on ne sait rien de plus.

Saint Teridius de Gap est commémoré le 3 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Remedius de Gap

394-419

 

Remedius fut évêque de Gap au quatrième siècle, troisième évêque (connu) de ce siège, après Teredius, qui est fêté avec lui.

Le culte de s.Remedius est très ancien, mais aucun document ancien ne nous est parvenu.

On constate seulement que son épiscopat dura vingt-cinq ans : un quart de siècle dont on a malheureusement perdu tout témoignage le concernant.

Saint Remedius de Gap est commémoré le 3 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Lupicinus de Lyon

† 494

 

Le vingt-et-unième évêque de Lyon fut ce Lupicinus.

Son épiscopat ne dura que quelques années, vers 490, précédé par s.Patient et suivi par s.Rusticus (v. 11 septembre et ? 25 avril).

Le Martyrologe dit seulement qu’il fut évêque au temps de la persécution des Vandales, ce qui n’apporte pas une grande précision historique, puisque les Vandales envahirent la Gaule au début du cinquième siècle, quand Lupicinus n’était peut-être pas encore né.

On aura compris qu’on ne sait absolument rien de lui.

Il est cependant Saint, ce qui est beaucoup.

La date de sa mort est très conjecturale.

Saint Lupicinus de Lyon est commémoré le 3 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Adelinus de Celles

† 696

 

Adelinus - qui est devenu Adelin ou Hadelin en français - était d’une noble famille d’Aquitaine et voulut assez tôt se consacrer à Dieu.

Il rejoignit Remacle (v. 3 septembre) à Solignac, puis à Metz et à Cougnon. Là, Remacle l’ordonna prêtre.

En 661, quand Remacle voulut s’établir à Stavelot, Adelinus l’y suivit encore.

Remacle invita alors Adelinus à fonder un autre monastère, qui devint l’abbaye de Celles (Dinant). Pépin d’Héristal et son épouse Plectrude l’aidèrent beaucoup.

Après avoir édifié ses disciples par ses exemples et ses instructions, Adelinus s’éteignit dans le Seigneur, un 3 février de 696 environ, son dies natalis au Martyrologe.

L’abbaye fut supprimée en 1797.

Saint Adelin est invoqué contre les maladies des enfants.

 

 

Wereburge d’Ely

† 700

 

Wereburga naquit au 7e siècle en Angleterre, de Wulfère et Ermenilde (v. 13 février ?), aînée des trois autres frères qui s’appelaient Wulfade, Rufin et Kenred ; on va le voir, les deux premiers furent martyrs, le troisième mourut à Rome en odeur de sainteté.

Le père de ces enfants était un homme non baptisé, et même d’une cruauté presque légendaire : il aurait lui-même massacré ses deux fils Wulfade et Rufin (autrefois au Martyrologe le 24 juillet) ; la mère au contraire était chrétienne.

Wereburge grandit en cultivant les vertus, particulièrement l’humilité, l’obéissance, la douceur ; aux dévotions qu’elle partageait avec sa mère, elle ajoutait déjà de longues heures de prière et de méditation.

Elle refusa opiniâtrement les offres de mariage qui se présentèrent, en particulier celle d’un seigneur très ami de son père ; celui-ci fut vivement affecté non seulement du refus de sa fille, mais aussi de l’opposition exprimée par ses deux fils à une telle union : il les massacra sur place ; c’est à la suite de ce martyre que, confondu par sa conscience, le malheureux roi fit construire un prieuré à Stone pour abriter les corps de ses deux fils.

Wereburge alla se réfugier dans l’abbaye d’Ely, que sa grand-tante Ethelrede avait fondée (v. 23 juin). Cette fois-ci, son père accompagna sa fille jusqu’à l’abbaye. Il mourut peu après.

De son côté, la maman, Ermenilde, prit le voile dans cette même abbaye. Wereburge fut bientôt chargée de diriger tous les monastères de la région, pour y établir une règle plus unifiée ; elle devenait ainsi Supérieure générale. Quand elle eut opéré sa mission, elle obtint du roi de l’aider à fonder encore  d’autres monastères.

Wereburga vivait déjà en moniale avant d’entrer à Ely ; maintenant, elle cherchait à donner l’exemple pour exhorter toutes les âmes à acquérir la sainteté et gagner le Ciel. Chaque jour, elle priait le psautier à genoux, passait de longs moments prosternée à l’église, souvent le visage baigné de larmes ; elle lisait les vies des Pères du désert et s’en inspirait à sa mesure ; elle ne prit jamais qu’un seul repas par jour.

Signes de cette grande sainteté, les miracles se produisirent. Un jour qu’une nuée d’oies sauvages s’était abattue sur les champs, le paysan qui y cultivait fut inquiet pour la récolte et vint avertir Wereburge ; tout simplement, elle rétorqua : Amène-moi tout ce monde ; le paysan obéit, convoqua les oies, qui vinrent aux pieds de Wereburge ; elle leur dit : Repartez en paix, mais ne revenez jamais plus sur nos champs, et les champs poussèrent désormais en toute tranquillité.

Comme elle se trouvait à Trentham, elle eut le pressentiment de sa fin prochaine ; elle s’éteignit en effet là, sur la fin du 7e siècle, vers 700.

Des miracles ayant eu lieu sur son tombeau, on rouvrit le cercueil en 709 et on trouva le corps de Wereburge incorrompu.

En 875, devant l’invasion des Danois, on transféra ces restes précieux à Chester, qui prit Wereburge pour patronne.

Au moment du schisme anglais et des persécutions, les reliques furent jetées au vent.

Sainte Wereburge est mentionnée dans le Martyrologe au 3 février.

 

 

Berlinde de Meerbeke

† 702

 

Berlende ou Berlinde était la fille d’un riche seigneur, nommé Odelard.

Ce dernier, malade de la lèpre, se retira dans son château de Meerbeke (Brabant flamand, act. Belgique), où sa fille se dévouait à son service. Odelard cependant se sentit avili par tant d’attentions et se fâcha jusqu’à déshériter sa brave fille.

Il faut raconter ici un épisode précédent de cet Odelard. Il avait décidé de léguer tous ses biens à la communauté de Nivelles. Après avoir préparé une motte de terre, une branche et un couteau, symboles du don, il s’était rendu à Nivelles. Arrivé devant le tombeau de sainte Gertrude (v. 17 mars), patronne de la communauté, Odélard avait tendu en sa direction la branche et le couteau, demandant à la Sainte d’accepter son présent. Le couvercle du sarcophage s’était alors soulevé : la main de Gertrude, surgissant hors de la tombe, avait saisi les deux objets symboliques en signe d’acquiescement. Aussitôt, le sarcophage s’était refermé. Très concrètement dans ce cas, le corps saint avait non seulement accepté, mais aussi cautionné le don.

On a donc dit que cet Odelard avait déshérité sa fille ; on ne sait pas au juste comment les événements s’enchaînèrent à ce moment précis.

Berlinde, qui s’occupait aussi de propager la foi dans Meerbeke, entra alors au monastère de Moorsel (Alost). 

Après la mort de son père, elle demanda à rester dans une petite cellule auprès de la tombe de celui-ci, dans une sévère et constante réclusion.

Berlinde mourut, croit-on, vers 702, un 3 février, son dies natalis dans le Martyrologe.

La ville de Meerbeke a pris Berlinde pour patronne céleste. Son église est dédiée à saint Pierre et sainte Berlinde.

Oscar

801-865

 

Oscar (Anschaire, Ansgar en allemand) naquit le 8 septembre 801 à Fouilloy (Somme).

Orphelin de mère à cinq ans, il fut confié à l’abbaye de Corbie, où il fut moine.

En 821, on l’envoya comme écolâtre (professeur) à la nouvelle abbaye de Nouvelle Corbie, aujourd’hui Corvey.

Sur la demande du roi Harald Klak de Danemark, nouvellement converti, Oscar fut choisi en 826 pour aller évangéliser cette contrée.

En 829, après une révélation céleste, Oscar accepta alors de partir pour la Suède, où il fut bien reçu par le roi Björn. La première communauté chrétienne fut fondée à Birka en 831.

Le bon résultat de ces missions aboutit à la création de l’archevêché de Hamburg, qui fut confié à Oscar. Il reçut l’ordination épiscopale des mains de l’évêque Drogon de Reims et fut confirmé par le pape Grégoire IV, qui en fit son légat pour toute la Scandinavie.

Il y eut bientôt des revers ; Oscar fut réduit à errer, sans ressources. Mais en 847, les deux évêchés de Brême et Hamburg furent réunis, et mis sous l’autorité d’Oscar.

De 848 à 854, Oscar fit une nouvelle mission, très heureuse, au Danemark, qui se solda par la conversion du nouveau roi Horich. Oscar poussa même de nouveau jusqu’en Suède, puis revint au Danemark où il réussit à ramener la paix troublée par le nouveau roi Horich le Jeune.

La cathédrale de Hamburg remonte à la période d’Oscar.

La conversion totale de la Scandinavie fut toutefois assez lente ; le Christianisme s’y implanta de façon stable seulement deux siècles plus tard.

Cet archevêque vivait continuellement en moine, portant un rude cilice et jeûnant fréquemment au pain et à l’eau. Il savait prêcher simplement et de façon convaincante, il donnait tous ses revenus aux pauvres, il fonda des hôpitaux et racheta des captifs, ce qui lui procurait sa plus grande joie. Pendant le carême, il servait chaque jour plusieurs pauvres à sa table. 

Sa vie apostolique fut soutenue par plusieurs visions célestes.

Oscar mourut à Brême le 3 février 865.

Il fut presque immédiatement canonisé par son propre successeur à Brême, mesure confirmée par le pape en 867.

Saint Oscar est le patron du Danemark.

 

 

Hélinand de Froidmont

1160-1230

 

Hélinand (ou Elinand, en latin Helinandus, Elinandus, Elynandus) naquit vers 1160 près de St Just-en-Chaussée (Oise), d’une famille noble ; il avait (au moins) un frère, Guillaume (peut-être Ghislain).

Après ses études à Beauvais, profitant de ses origines aristocratiques, il fréquenta la haute société. Devenu trouvère, il se produisit en parfait intermittent du spectacle sur les places publiques et jusqu’à la cour royale.

La grâce de Dieu ayant travaillé dans son cœur, il laissa cette vie mondaine et entra à l’abbaye cistercienne de Froidmont.

Pendant quelques années, il observera un silence quasi total puis reprendra la plume, pour écrire sous une autre inspiration.

Modèle de piété, de mortification, il reçut le sacerdoce et se montra très zélé pour le salut des âmes, qu’il gagna à Dieu par ses prédications. Il attira aussi son propre frère au monastère. Il avait une dévotion spéciale à la passion de Notre-Seigneur et à la très Sainte Vierge. Toujours joyeux au dernier rang, il se consuma dans les travaux de la vie monastique.

De son travail scripturaire, on a retenu le Chronicon, en latin, contenant une foule de détails, de petits traités, des sermons pour les fêtes, des lettres ; il n’y s’agit donc pas d’une chronique à proprement parler. On a aussi d’Hélinand les Vers de la Mort, en français avec des expressions bien picardes, en cinquante strophes typiquement «hélinandiennes», où l’auteur s’adresse à la Mort et l’invite à persuader ses amis de quitter le monde pour la vie religieuse. Dans le Martyrium, il exalte les martyrs Gereon et Compagnons (v. 10 octobre).

Hélinand mourut un 3 février d’une année variant de 1223 à 1237. Le Martyrologe lui assigne comme dies natalis le 3 février.

L’Eglise ne s’est pas prononcée sur le bienheureux Hélinand. L’Ordre cistercien l’a retenu dans son calendrier.

 

 

John Nelson

1535-1578

 

John était né vers 1535 à Skelton (York) et avait quatre frères.

En 1573, il passa à Douai pour se préparer au sacerdoce et reçut l’ordination à Binche (Hainaut) de l’archevêque de Cambrai, en 1576. 

On croit qu’il entra dans l’ordre des Jésuites peu après.

Deux de ses frères allèrent aussi se préparer au sacerdoce à Douai.

John partit en mission en Angleterre en novembre 1576, à Londres. Vers la fin du mois, après avoir pratiqué un exorcisme : le démon chassé «prophétisa» qu’il allait être arrêté et condamné.

Dès le 1er décembre, il fut arrêté le soir, tandis qu’il priait le bréviaire (il en était au Nocturne de Matines, qu’on appelle maintenant la Lecture, et qui se lisait habituellement la veille au soir du jour concerné).

On l’enferma à Newgate, suspecté d’être papiste.

Après une semaine, il fut interrogé et refusa de reconnaître l’autorité de la Reine sur l’Eglise. Considérant ainsi la Reine comme schismatique, il était passible de mort : il y fut condamné le 1er février 1578.

On le relégua au fond d’un profond souterrain de la Tour de Londres où, nourri au pain et à l’eau, il put célébrer la Messe.

Le jour de son exécution, il put revoir quelques membres de sa famille, mais refusa de rencontrer des ministres protestants. Au moment de son exécution, il refusa de demander pardon à la Reine qu’il n’avait jamais offensée. Puis il pria en latin, avec quelques présents catholiques. Au moment d’être pendu, à Tyburn, il déclara : Je pardonne à la Reine et aux auteurs de ma mort.

C’était le 3 février 1578. 

Le culte rendu à John Nelson fut reconnu en 1886, ce qui équivalait à la béatification.

 

Justus Takayama Ukon
1552-1615

Iustus était né vers 1552 à Haibara-cho, Nara (Japon). En réalité il s’appelait Hikogorō. Il était l’aîné des six enfants de Takayama Tomoteru, un riche seigneur.
En 1564, son père se convertit au catholicisme. Hikogorō recevra alors au baptême le nom de Justus ; lors de la cérémonie marquant son passage à l’âge adulte (la seijin shiki), il s’appellera Shigetomo. Et comme il prétendait à un poste d’officier, il prit aussi le nom de Ukon. Couramment, il s’appellera Takayama Ukon.
Lors de la seijin shiki, la conclusion de ce «rite» était un duel avec un compatriote, et Justus tua son adversaire. Blessé tout de même, il réfléchit durant sa convalescence et comprit qu’il devait mieux accorder sa vie à sa foi.
En 1574, il se maria ; il eut trois enfants, deux garçons qui moururent petits, et une fille.
Iustus et son père acquirent le château de Takatsuki ; ils étaient daimyo kirishitan, des daimyo chrétiens. Ils profitèrent de leur position pour parler du Christ et firent beaucoup de conversions.
En 1587, lors de la première interdiction du catholicisme, Justus demeura fidèle à son baptême et renonça à sa propriété. Il vécut dans la clandestinité, protégé par des amis.
Lors de la nouvelle interdiction en 1614, il fut expulsé et rejoignit Manille avec trois cents Chrétiens japonais. Voir à ce sujet la notice Japonais Martyrs 1603-1639. Le gouvernement des Philippines projeta alors une action militaire au Japon, en vue d’y obtenir la protection des Chrétiens, mais Justus s’y opposa. 
Malade, il mourut peu après ; il y a un flottement  sur le jour précis de sa mort : 3 ou 5 février 1615.
Justus n’a pas versé son sang, mais il a donné sa vie pour le Christ et son martyre a été reconnu en 2016 ; il a été béatifié en 2017.
Le nom du bienheureux Justus Takayama Ukon sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 3 février.

 

 

Giovanni Battista Saggio

1650-1709

 

Giovanni Battista ou Giovanbattista (Jean-Baptiste) naquit le 6 janvier, jour de l’Epiphanie, à Longobardi (Cosenza, Calabre, Italie), aîné des trois enfants de Fulvio et Aurelia Pizzini, des parents trop pauvres pour lui permettre d’aller à l’école. Ils lui firent donner au baptême les noms de Giovanni Battista Clemente.

Sa foi profonde le conduisait à l’église de l’Ordre des Minimes, où il priait parfois des journées entières. Il fut confirmé à dix-huit ans. Les vendredis et samedis, il jeûnait au pain et à l’eau, distribuant aux pauvres son repas.

En 1670, bravant l’opposition des parents, qui avaient besoin de lui pour les travaux des champs, il demanda au couvent des Minimes un habit et alla se présenter dans cette tenue à sa mère, pensant la convaincre. Mais elle lui demanda au contraire de retirer ça sur place et de ne plus mettre les pieds dans ce couvent. Giovanni Battista commença à obéir, mais perdit alors la vue : il ne la recouvrit qu’en remettant l’habit religieux, convainquant ainsi les parents de cesser leur opposition.

Sans tarder, le jeune homme alla demander son admission. On l’envoya au couvent de Paola, où il prit l’habit (officiellement), comme Frère convers, avec le nom de Nicola (sans s en italien). 

Après le noviciat, il fut envoyé comme portier, jardinier, cuisinier ou sacristain, au couvent de Longobardi, puis changea plusieurs fois : San Marco Argentano, Montalto, Uffugo Cosenza, Spezzano della Sila, Paterno Calabro. Il fut appelé à Rome pour la paroisse de Saint-François-de-Paola ai Monti.

Il y fut encore et toujours portier, recevant tous ceux qui venaient demander de l’aide. Il arrivait qu’il n’eût rien à donner, et il se faisait alors insulter vertement, supportant les humilitations sans rien dire. Ses vertus lui attirèrent cependant bientôt des foules de personnes.

Il eut ses épreuves, la plus marquante étant celle du Provincial lui-même, qui le considérait un bon-à-rien, tout juste bon à nettoyer les sabots des chevaux ; le Frère écouta cela sans rien dire, s’en jugeant tout-à-fait digne pour avoir offensé Dieu. 

Transféré en 1695 à Fiumefreddo Bruzio puis Cosenza, il fut rappelé en 1696 à Longobardi, où il quêta pour obtenir des subsides en vue de l’achèvement des travaux à l’église : deux ans plus tard, tout était achevé.

En 1697, il fut de nouveau envoyé à Rome comme portier : il y passa les dernières années de sa vie. Tous accouraient pour lui demander quelque chose, un conseil, une prière, une aumône, un habit… Dès le matin il leur préparait la soupe de midi, qu’il leur servait après une prière. Il ne manquait jamais ce rendez-vous, une fois en renonçant même à l’audience papale, une autre fois faisant répondre au prince Colonna : Les pauvres de Jésus-Christ m’attendent à cette heure-ci, mais je pourrai me rendre chez leurs Excellences à un autre moment.

La famille Colonna-Pamphili le choisit comme parrain de leur héritier.

Le Frère pratiquait des pénitences dures : il couchait sur deux tables de bois, s’imposait des flagellations, des cilices, des chaînes : il conserva ainsi son innocence baptismale, mais aussi il stupéfia, malgré son ignorance native, par sa connaissance profonde des Vérités chrétiennes. On lui demanda comment il faisait pour rester sans dormir ni manger ni boire des journées entières et il répondit tout simplement : J’ai un tel amour pour Dieu, que je ne pense qu’à lui. Je ne désire rien d’autre que lui plaire. Le fervent amour que j’ai pour lui est tel que, pour l’éteindre, je devrais me jeter dans un fleuve. On le trouva souvent en extase ; à entendre seulement parler des Vérités, à voir les trois doigts de la main d’un confrère, il était transporté en ravissement. L’unique moyen de le «rappeler» était de lui commander : Par obéissance… ! et il ramenait ses bras contre lui, baissait la tête, répondant : Deo gratias !

Si on lui demandait comment aimer Dieu, il répondait : Il faut être humble !

Le pape fit exposer la sainte Image Achéropite du Saint-Sauveur, conservée au Latran, demandant des prières pour faire cesser la guerre de Succession. Le Frère Nicola s’y rendit deux fois par jour, s’offrant personnellement pour l’Eglise et la paix : peu de jours après, il dut s’aliter avec la fièvre.

Il fit sa confession générale, demanda les derniers sacrements et annonça, contre l’avis bienveillant des médecins, qu’il mourrait après la fête de la Purification de Marie.

Au matin du 3 février 1709, il fit sur les présents trois fois le signe de la croix avec les trois doigts de la main droite, répétant Le Paradis ! Le Paradis ! Puis il s’éteignit.

Il y eut tant de monde à ses funérailles, qu’on dut laisser exposée sa dépouille pendant trois jours.

Il fut béatifié en 1786 et devait être canonisé en 2014. Il est inscrit au 2 février dans le Martyrologe.

Claudine Thévenet

1774-1837

 

Seconde de sept enfants, Claudine naquit près de Lyon le 30 mars 1774, de Philibert Thévenet, qui tenait un négoce. 

Ses proches l’appelèrent Glady. On l’appelait aussi la petite violette, à cause de tous les petits travaux qu’elle faisait à la maison.

Sa bonté et sa douceur exercèrent très tôt une heureuse influence sur ses frères et sœurs. A neuf ans elle sera formée chez les Bénédictines de l’abbaye Saint-Pierre, place des Terreaux.

Quand éclata la Révolution, Claudine avait quinze ans. Les malheurs qui suivirent la frappèrent profondément. Lors des heures tragiques qui agitèrent la ville de Lyon en 1793, Claudine se retrouva un jour seule avec sa mère et ses quatre petits frères. On ne savait où était le papa ; les deux frères aînés étaient engagés au combat ; et l’oncle maternel se trouvait du côté où étaient les révolutionnaires. Claudine priait, confiante.

Le père revint à la maison ; les deux frères aussi, dans un premier temps, mais ils furent dénoncés, arrêtés et mis en prison, en attendant leur exécution. Les autorités arrêtèrent et exécutèrent des centaines d’habitants, par mesure de représailles. Chaque jour, Claudine cherchait à apercevoir ses frères dans le convoi des condamnés. Elle les vit le 5 janvier. Courageusement, elle réussit à s’approcher. L’un des deux lui souffla : Prends dans ma chaussure une lettre pour notre mère. On imagine son émotion. Mais en plus, l’un des deux frères eut encore le temps de lui lancer cette phrase sublime : Glady, pardonne, comme nous pardonnons.

Il y eut un coup de feu, puis le coup de grâce avec une épée. C’en était trop pour elle, qui en conserva toute sa vie une prédisposition aux migraines. Louis-Antoine et François-Marie avaient respectivement vingt et dix-huit ans, tandis que Claudine en avait presque vingt.

Elle revint à la maison avec la précieuse lettre : en fait, deux petits mots, écrits par chacun des deux frères, qui les signèrent tous les deux. Ils avaient écrit : Nous allons être plus heureux que toi ; dans quatre ou cinq heures, nous serons devant Dieu. Nous allons vers le Cœur de Dieu, ce bon Père que nous avons offensé, mais nous nous remettons entièrement à sa miséricorde. Ils eurent la possibilité tous les deux de se confesser à un prêtre malade et assez âgé, arrêté et condamné avec eux.

Quand le calme revint à Lyon, la famille se refusa chrétiennement à toute accusation du délateur devant la justice. 

Puis Claudine se décida à soulager toutes les misères qu’elle côtoierait dans cette paroisse Saint-Bruno, avec cette foi et cette charité profondes, qu’elle cherchait à transmettre à chaque instant. Convaincue qu’une grande partie des malheurs qui sévissaient, étaient le résultat de l’ignorance de Dieu,  Claudine brûlait du désir de Le faire connaître, surtout aux enfants et aux jeunes.

Elle commença par intensifier sa prière, s’inscrivant dans les rangs de la Confraternité du Sacré-Cœur, où l’adoration eucharistique était à l’honneur. Puis elle gagna à ses idées quelques autres dames.

Durant l’hiver 1815, un jeune prêtre trouva sous le porche d’une église deux fillettes abandonnées, qu’il amena au curé de la paroisse ; ce dernier lui dit : Allez frapper chez Mademoiselle Claudine Thévenet. Elle a un cœur de mère et organise toutes les bonnes œuvres de la paroisse. Claudine s’en occupa maternellement, et ce fut là pour elle le stimulant de son profond amour pour les enfants abandonnés. La maison de son amie, Marie Chirat, où furent élevées les petites filles, devint ainsi la Providence du Sacré-Cœur.

Peu de temps après, un saint prêtre, l’abbé Coindre, qui avait fondé de son côté la congrégation des Frères du Sacré-Cœur, suggéra à Claudine l’idée d’une société vraiment organisée et adaptée aux œuvres qu’elle voulait assumer. Il lui proposait la règle de saint Augustin et les constitutions de saint Ignace de Loyola. Ainsi prit naissance le 31 juillet 1816 la Pieuse Union du Sacré-Cœur de Jésus, dans la Providence de la paroisse Saint-Bruno (concernant saint Bruno, voir au 6 octobre). Cette Providence deviendra le 6 octobre 1818 la congrégation des Religieuses de Jésus-Marie, au lieu-dit Les Pierres-Plantées, dans le quartier de la Croix-Rousse. Très vite, une deuxième «Providence» fut ouverte, pour la fabrication de la soie. Claudine était à la fois «effrayée» de son entreprise et confiante en la providence divine. 

Deux années plus tard, mourut sa mère, qu’elle aimait beaucoup. Une grosse épreuve pour Claudine, mais aussi l’occasion pour elle d’agir désormais en toute liberté. 

L’œuvre se développait ; on s’installa à Fourvière en 1820, sur un terrain acheté à la famille Jaricot (Pauline Jaricot fut à l’origine de l’œuvre de la Propagation de la Foi) ; mais les critiques aussi allaient bon train : on traitait de ridicule cette Supérieure, on se moquait de ces gamines et de leurs maîtresses… Claudine enseignait le pardon et la patience.

 Quand l’abbé Coindre fut transféré au diocèse du Puy, il y appela la nouvelle famille religieuse, qui sera approuvée dans le diocèse du Puy dès 1823, et dans celui de Lyon en 1825.

Le but principal de la congrégation est de recueillir les enfants pauvres et de les garder jusqu’à leur vingtième année, leur enseignant à lire, écrire, compter, et un métier avec une bonne formation chrétienne. Mais Claudine voyait plus loin : elle ouvrit aussi un pensionnat pour les jeunes filles bourgeoises, qui avaient, elles aussi, besoin de recevoir une base solide avant de fonder une famille. Ainsi, la congrégation de Jésus-Marie allait s’ouvrir aux besoins des toutes les classes sociales, mais avec une préférence pour les enfants et les jeunes les plus pauvres.

Pour obtenir les titres exigés par l’Etat, elle s’inscrivit aux examens pour le diplôme officiel, en 1822, à quarante-huit ans !

Les épreuves s’accumulèrent : les milieux ecclésiastiques proposeront à Claudine de fusionner sa Famille avec l’autre déjà existante des Dames du Sacré-Cœur, de sainte Madeleine-Sophie Barat (voir au 25 mai) ; l’abbé Coindre allait décéder en 1826, ainsi que quelques-unes des premières sœurs ; en 1831 et 1834, des mouvements sociaux divisèrent Lyon et Claudine se trouvera entre les deux clans, cherchant à faire la paix ; en plus de tout cela, l’aumônier des Religieuses n’aimait pas l’idéal de saint Ignace et prétendait modifier profondément l’esprit de la congrégation : Claudine dut résister, avec douceur mais très fermement, et ce avec parfois des scènes épiques… Tout cela secouera fortement le courage de la Fondatrice, qui saura résister à toutes les pressions, mais aussi y perdra la santé.

Avec courage et hardiesse même, elle entreprit des constructions, une chapelle ; elle rédigea les Constitutions. C’était une organisatrice-née.

Elle chercha à faire tout pour plaire à Dieu, à voir Dieu en toutes choses et toutes choses en Dieu. A ses Sœurs, elle inculca son amour maternel : Il faut être les mères de ces enfants, oui, de vraies mères, tant de l’âme que du corps. Les seules (partialité et préférence) que je vous permets, sont pour les plus pauvres, les plus misérables, celles qui ont le plus de défauts ; celles-là, oui, aimez-les beaucoup ! 

Ses dernières paroles seront : Que le bon Dieu est bon !

Claudine Thévenet, qui avait pris le nom religieux de Mère Marie Saint-Ignace, s’éteignit à cette vie terrestre le 3 février 1837, un vendredi à 15 heures.

Cinq ans après, dès 1842 des Religieuses essaimaient en Inde, en Espagne en 1850, au Canada en 1855. Actuellement elles sont près de deux-mille, dans près de deux-cents maisons sur les cinq continents.

Claudine Thévenet - Marie Saint-Ignace a été béatifiée en 1981 et canonisée en 1993.

 

 

Anne-Marie Rivier

1768-1838

 

Anne-Marie naquit le 19 décembre 1768 à Montpezat-sous-Bauzon (Ardèche), troisième des quatre enfants d’un aubergiste, Jean-Baptiste Rivier et de son épouse Anne-Marie Combe. Une des sœurs de Anne-Marie s’appelait Cécile.

A un an et demi, elle tomba de son berceau, de sorte qu’Anne-Marie (Marinette, comme l’appelaient ses parents) ne put marcher ni grandir normalement.

Sa mère, cependant, était une femme pleine de foi et passa avec sa petite fille des heures entières de prière devant une Piéta vénérée dans les environs. 

Le 7 septembre 1774, mourut le papa de Marinette. Le lendemain, 8 septembre 1774, en la fête de la Nativité de Marie, la petite fille se sentit la force de marcher, quoiqu’encore avec les béquilles. Elle n’avait pas pu se mettre sur ses jambes depuis près de cinq années.

Marinette reprit des forces, mais ne jouit jamais vraiment d’une vraie bonne santé. Elle avait promis à la Sainte Vierge que, si elle guérissait, elle s’occuperait de faire l’école aux enfants.

En 1777, nouvel accident : Marinette se casse une jambe dans l’escalier. Sa mère lui frictionne la jambe avec de l’huile de la lampe du sanctuaire de Notre-Dame de Pradelles : Marinette est guérie au bout de quinze jours, en la fête de l’Assomption.

A dix-sept ans, elle demanda son admission chez les Sœurs de Notre-Dame de Pradelles (Haute-Loire), où cependant sa santé trop délicate ne lui permit pas de rester. Cette petite jeune fille d’1 mètre 32 ne se vexe pas : Puisqu’on ne veut pas me laisser entrer au couvent, j’en ferai un moi-même.

Sans perdre courage, elle ouvrit à Montpezat une petite école, s’entoura de compagnes et alla visiter les malades, recevant aussi les jeunes qui ne savaient où aller pour s’occuper.

Survint la Révolution. Entre 1790 et 1792, Anne-Marie alla faire l’instruction et le catéchisme à Saint-Martin-de-Valamas puis revint à Montpezat. Quand le prêtre manquait, Anne-Marie ne se gênait pas pour organiser des moments de prière, pour parler de la Bible et pour raconter les vies des Saints. Si l’église est fermée, elle fait de sa maison un petit couvent.

Elle aurait pu être arrêtée et passer en jugement : à la mort de sa mère (1793), on se «contenta» de lui confisquer sa maison, de sorte qu’elle dut se transférer à Thueyts, à cinq kilomètres de là, chez un prêtre de Saint-Sulpice. Anne-Marie et ses quatre compagnes purent reprendre leur activité et, en 1796, se consacrèrent.

La nouvelle famille religieuse était née : les Sœurs de la Présentation de Marie s’occuperaient désormais de l’enseignement, du soin des orphelins, des malades, mais aussi de l’éducation religieuse pour les adultes. Dès l’année suivante, elles étaient douze.

Pendant le Directoire, de 1797 à 1799, les Sœurs subirent encore des persécutions, en provenance de Privas, mais elles purent résister et tenir. En 1799, le Grand Vicaire de Viviers les prendra sous sa protection. Jusqu’en 1802, l’Oeuvre va rayonner et prospérer : les fidèles veulent réapprendre ce qu’ils ont oublié durant ces dix années de perturbation.

La reconnaissance pontificale tardera, en raison des relations très tendues entre l’empereur et le pape, mais Anne-Marie continuera sur sa lancée. En 1803 fut ouvert un noviciat proprement dit, en 1810 étaient déjà ouvertes quarante-six maisons. Un orphelinat fut ouvert en 1814.

En 1815, la maison-mère se déplaça à Bourg-Saint-Andéol. 

En 1820, la congrégation comptait quatre-vingt huit maisons dans huit diocèses.

En 1830, le roi reconnaîtra légalement la Congrégation.

En 1838, l’année où mourut la Fondatrice, il y avait cent quarante-et-une maison, abritant plus de trois-cents Religieuses dans quinze diocèses. Cette progression est une rareté dans l’histoire de l’Eglise.

Anne-Marie Rivier mourut le 3 février 1838. 

Elle prédit que ses Sœurs auraient traversé les mers : actuellement, elles se trouvent sur tous les continents ; elles sont plus de trois mille.

Anne-Marie Rivier a été béatifiée en 1982.

 

 

Maria Helena Stollenwerk

1852-1900

 

Maria Helena naquit à Rollesbroich (Simmerath, Aachen, Allemagne) le 28 novembre 1852, de Johann Peter Stollenwerk et de Anna Maria Bongard, qui consacra sa fille à la Sainte Vierge avant même sa naissance.

Dès qu'elle fréquenta l'école primaire de son petit village, elle s'enthousiasma pour la lecture des bulletins de l'Association de la Sainte Enfance, qui devint par la suite une Œuvre Pontificale. C'est ainsi que grandit en elle le désir de venir en aide aux enfants de Chine.

A vingt ans, elle ne trouvait toujours pas d'Institut en Allemagne qui pût lui permettre de partir pour la Chine. Mais en visite à Steyl (Pays Bas), elle rencontra le fondateur des Verbites, Arnold Janssen (voir au 15 janvier), qui avait le désir de fonder une famille religieuse de Sœurs missionnaires, tout en attendant un signe de Dieu.

Maria Helena avait désormais trente ans et commença par servir comme auxiliaire de cuisine dans une des maisons ouvertes par le père Janssen. Elle fut rejointe par Hendrina Stenmanns et toutes deux vécurent dans une toute petite maison pendant quelques années, avant d'intégrer un couvent vide.

Le 8 décembre 1889, avec le nom de Mère Maria, elle fonda, avec le père Arnold Janssen, les Sœurs Missionnaires sous la dénomination de Servantes du Saint Esprit. Maria Helena se retrouvait tout d'un coup co-fondatrice et supérieure. L'institut se développa tout de suite et des sœurs partirent pour l'Argentine dès 1895, puis au Togo.

Pour ne pas sombrer dans le pur activisme, Arnold Janssens voulut appuyer le nouvel Institut sur la prière et l'adoration. Aussi ouvrit-il une autre branche de Contemplatives, dont Mère Marie voulut faire partie, cette fois-ci sous le nom de Sœur Maria Virgo (Marie Vierge).

Le vrai rêve de Maria Helena ne se réalisa jamais : elle ne put jamais partir pour la Chine, qui resta son vœu le plus cher et le plus intime. Mais ce rêve se réalisa en tant qu'elle y travailla de toute son ardeur dans la prière et l'offrande d'elle-même.

Cette offrande se concrétisa encore plus par la maladie qui la frappa et elle prononça ses vœux comme sœur adoratrice du Saint Esprit sur son lit de mort, le 3 février 1900.

Elle a été béatifiée en 1995.

 

 

Alojs Andricki

1914-1943

 

La famille Andricki habitait à Radibor (Bautzen, Saxe). Le père, Jan, était professeur et directeur d'école, organiste et cantor ; la mère s'appelait Madlena, née Cyžec. Ils eurent six enfants, quatre garçons (Alojs, Jan, Gerat, Alfons) et deux filles (Marja, Marta).

Dans cette région limitrophe d’Allemagne, une grande majorité des habitants parle le sorabe, cette langue slave proche du tchèque avec des influences polonaises.

Les quatre garçons étudièrent la théologie, et le plus jeune (Alfons, jésuite) tomba lors de la Deuxième guerre mondiale.

Alojs fréquenta l'école élémentaire de son pays, le collège de Bautzen et passa son baccalauréat avec mention Très bien. Il fut membre de l'association Włada et même son président pendant deux ans. Un peu plus tard il collabora au périodique Serbski Student.

De 1934 à 1938 il étudia la philosophie et la théologie à Paderborn, tout en résidant au séminaire de Schmochtitz (diocèse de Meißen). 

Prêtre en 1939, il fut chapelain à la cathédrale de Dresde, préfet des Petits Chanteurs de Dresde et président de la grande famille Kolping, une association catholique fondée au 19e  siècle par Adolf Kolping pour promouvoir l'idéal de la famille catholique (voir au 4 décembre).

Ses prises de position contre le régime nazi et son origine ne le faisaient pas voir d'un œil favorable par les autorités. Après l'avoir recherché et menacé, on l'arrêta le 21 janvier 1941 et il fut enfermé dans la prison de Dresde.

Accusé formellement d'atteintes secrètes contre l'Etat et le Parti, il fut condamné à une peine de six mois de prison. Refusant toute collaboration avec le nazisme, il fut, dès octobre 1941, transféré au camp de concentration de Dachau, où il fut enfermé dans le block des Religieux (ou block des Curés), sous le numéro 27829.

Là, il réussit, avec d'autres détenus, à étudier la Sainte Ecriture et à célébrer. Il rencontra des prêtres du Cercle de Schönstatt, et connut Josef Kentenich, qui y arriva en mars 1942.

En décembre éclata une épidémie de typhus, que contracta Alojs. Le 19 janvier 1943 il fut admis dans le block des malades, en compagnie d'un autre prêtre, Hermann Scheipers. Ce dernier raconta que, mourant, Alojs demandait à un infirmier de lui appeler un prêtre pour lui apporter la sainte Communion, et qu'il s'entendit répondre : Il veut le Christ ? Il va recevoir une piqûre ! On lui fit alors une injection mortelle.

Alojs mourut le 3 février 1943.

Deux ans après, la direction du camp de Dachau fit parvenir à la famille l'urne des cendres de Alojs.

Reconnu martyr, l'abbé Alojs Andricki fut béatifié en 2011.

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