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4 février 2020 2 04 /02 /février /2020 00:00

04 FEVRIER

 

I.

Ste Véronique, qui essuya le visage du Christ durant sa passion (vera icona) ; elle s’appelait Serapia.

?

S Gemmulus, germain martyr à Ganna.

S Jasime, thaumaturge grec.

III.

Ss Papias, Diodorus, Conon et Claudianus, martyrs à Pergé de Pamphilie. 

IV.

S Eutychius, martyr romain.S Philéas, évêque à Thmuis et martyr, avec le tribun s. Philorome.

S Jean, évêque à Irénopolis.

? Ss Aquilin, Gémine, Gélase, Magne, Donat, martyrs.

V.

S Isidore, moine à Lychnos, théologien, dont on a conservé plus de deux mille lettres.

VI.

S Aventin, évêque à Chartres : élu à la place de Solemne qui se cachait, il se retira quand on eut retrouvé Solemne.

S Aventin, solitaire sur une île près de Troyes.

S Théophile le Pénitent, économe éconduit, qui fit un pacte avec le diable pour se venger, mais en obtint le pardon de la Vierge Marie qu’il invoqua.

S Vincent, évêque à Troyes.

VII.

S Liéfard, évêque à Canterbury et martyr à Cambrai, de retour de Rome.

VIII.

S Modan, abbé à Dryburgh, patron de Rosneith.

IX.

S Raban Maurus, abbé à Fulda, évêque à Mayence, une des gloires intellectuelles de son siècle.

S Nikolaos Studite, moine à Constantinople, sans cesse tourmenté par l’iconoclasme.

XII.

B Simon, abbé à Auchy, retiré à Gand.

S Gilbert, seigneur de Sempringham, prêtre et fondateur de monastères qu’il dut diriger contre son gré, mort aveugle et plus que centenaire.

XVI.

Ste Jeanne de Valois, mariée à douze ans à Louis XII, qui n’en voulait pas et la répudia, fondatrice à Bourges de l’ordre des Annonciades.

B John Speed, martyr anglais ; il avait aidé des prêtres.

XVII.

S Eufranio Desideri (Giuseppe de Leonessa), capucin torturé à Constantinople, mort à Amatrice.

S Joaõ de Brito, jésuite portugais, martyr en Inde.

Véronique

1er siècle

 

Une très ancienne tradition, constante, présente Véronique comme cette pieuse femme qui vint à la rencontre de Jésus pendant sa montée au Calvaire, et qui lui essuya le visage avec un linge.

Ce linge porta depuis imprimée l’image du Christ souffrant et a inspiré à cette femme courageuse son nom habituel de Véronique, du latin vera icon, vrai visage. Grécisé, le nom de Véronique devint Bereniki , qui porte la victoire, d’où en français Bérénice.

La scène de la rencontre entre Jésus et «Véronique», mais sans nommer celle-ci, est la sixième station de la traditionnelle dévotion du Chemin de Croix.

A Rome, on a très longtemps retenu que Véronique fut bientôt mandée à Rome par l’empereur Tibère, malade ; celui-ci guérit en contemplant le Voile, que Véronique confia ensuite au pape Clément. Mais comme malheureusement toute l’Antiquité ne parle plus de ce Voile, certains en ont déduit que l’épisode était sans aucun fondement historique. 

Il reste que l’on conserve dans la basilique Saint-Pierre de Rome un «Voile de Véronique», que l’on a exposé en certaines occasions solennelles.

Voyons maintenant, mais discrètement et avec la réserve que recommande toujours l’Eglise, ce qu’écrit à propos de Véronique une Religieuse inculte et ignorante du 19e siècle, la bienheureuse Anna Katharina Emmerick (v. 9 février).

 

*       *       *

 

Séraphia était parente de Jean-Baptiste, car son père et Zacharie étaient cousins germains. Elle était aussi parente du vieillard Siméon.

Elle avait épousé Sirach, membre du Sanhédrin, qui d’abord la fit beaucoup souffrir pour son attachement au Christ, puis se rapprocha de Joseph d’Arimathie et de Nicodème, et quitta finalement le Sanhédrin. 

Lors de l’entrée triomphante du Seigneur à Jérusalem, Seraphia avait détaché son voile pour l’étendre sous les pas de Jésus. C’est ce même voile qu’elle présenta à Jésus et que l’Eglise a conservé, et qui est encore aujourd’hui l’objet de la vénération des fidèles.

 

*       *       *

 

Sainte Véronique est vénérée traditionnellement le 4 février en Occident, quoiqu’elle ne soit pas mentionnée au Martyrologe.

 

 

Martyrs de Pergé

† 250

 

Trois martyrs moururent à Pergé (Pamphilie, act. Antalaya, Turquie SW) durant la persécution de Dèce (250).

Leurs noms sont : Papias, Diodorus, Claudianus. On y ajoutait aussi Conon, qui n’est plus mentionné actuellement. 

On ne nous dit pas s’ils étaient de cette région, s’ils étaient Grecs ou Latins et envoyés là en exil : leurs noms devraient peut-être s’écrire différemment. On a pris ici les formes latines du Martyrologe.

Ils auraient souffert le martyre peu avant s.Nestor (v. 25 février).

Saints Papias, Diodorus, Claudianus sont commémorés le 4 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eutychius de Rome

† 304

 

D’Eutychius, on sait seulement qu’il acheva sa vie à Rome par le martyre, assez probablement durant la persécution de Dioclétien.

Le Martyrologe précise qu’on lui fit souffrir pendant longtemps les insomnies et la faim, et qu’enfin on le précipita en mer (ou au fond d’un gouffre, barathrum).

Le pape Damase 1er († 384) rédigea une inscription pour le tombeau d’Eutychius, dans la catacombe de Saint-Sébastien.

Saint Eutychius de Rome est commémoré le 4 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Isidore de Péluse

† 449

 

Isidore naquit en Alexandrie d’Egypte dans la seconde moitié du cinquième siècle, de famille illustre.

De par le style de ses lettres, on déduit qu’il dut recevoir une excellente formation dans cette ville, si célèbre par son phare mais surtout par sa bibliothèque d’environ sept cent mille volumes.

Mais Isidore fut attiré par la Science de Dieu et la vie cénobitique organisée par s.Pacôme (v. 9 mai) ; il fut admis au monastère de Lychnos (région de Péluse). 

En principe, les moines suivent une Règle ; Isidore, d’emblée, fut une Règle vivante, un nouveau Jean-Baptiste.

On hésite à dire qu’il reçut le sacerdoce ou qu’il fut abbé. Lui-même rappelait qu’il n’était appelé qu’à défendre l’Eglise contre ses ennemis.

Sa parole et ses écrits étaient francs, directs ; quelquefois ses «ennemis» le lui firent bien comprendre, mais Isidore ne redoutait pas les persécutions. Il écrira plutôt : Je ne suis pas encore arrivé à prier avec une charité pure et ardente pour ceux qui ne cessent point de me faire tort. Pour lui, toute «persécution» était comme un moyen de rendre l’Eglise plus éclatante.

Il s’efforça de modérer la sévérité de Cyrille d’Alexandrie (v. 27 juin), qui était allé jusqu’à retirer le nom de s.Jean Chrysostome des dyptiques d’Alexandrie. Il l’appela aussi à mettre moins d’âpreté dans la discussion avec Jean d’Antioche : Je te conjure de mettre un terme à cette dissension pour ne pas créer une éternelle division à propos de religion. A un autre : Demeure ferme dans la doctrine de l’Eglise : elle nous enseigne que Dieu, en prenant l’humanité, n’a souffert ni changement, ni confusion, ni partage.

Et voici un avertissement qui est valable pour chacun, à propos des livres que parfois on entasse sans les utiliser, comme du blé trop abondant dévoré par les mites : Les livres qu’on ne lit pas deviennent aussi la pâture de ces insectes.

Vers la fin de sa vie, ses «ennemis» réussirent à lui faire quitter son monastère ; sans aigreur, Isidore regarda l’exil comme un moyen de sanctification.

On a retrouvé plus de deux mille lettres d’Isidore. C’est dire combien, dans sa solitude, ses vertus l’avaient rendu vénérable et célèbre dans tout l’Orient.

On ne nous dit pas si Isidore rentra d’exil ; il s’éteignit dans une grande vieillesse, un 4 février d’une année qui peut être 449.

Saint Isidore de Péluse est commémoré le 4 février dans le Martyrologe Romain.

Adventinus de Chartres

† 528

 

Cet archidiacre de l’Eglise de Chartres avait un frère, Solemnis (Solenne, Solen), qui fut choisi pour être évêque, mais qui, se sentant indigne d’une telle mission, se cacha si bien que l’assemblée élut Adventinus à sa place.

Une fois sacré et installé, Adventinus (ou Aventin) fut donc le quinzième évêque du siège de Chartres (ou le dix-huitième, car la chronologie n’est pas établie de façon certaine). 

Solenne alors reparut, se croyant «hors de danger», mais fut acclamé comme le vrai évêque : Adventinus lui céda la place et se retira à Châteaudun, qui se trouve à une petite cinquantaine de kilomètres au sud de Chartres.

Quand mourut Solemnis (507), Adventinus fut rappelé pour lui succéder. 

On sait qu’il participa au concile d’Orléans en 511.

Il mourut vers 528.

Saint Adventinus (Aventin), différent de saint Adventinus de Troyes, est également nommé le 4 février dans le Martyrologe.

 

 

Adventinus de Troyes

† 537

 

Adventinus (Aventin) naquit à Bourges sur la fin du 5e siècle.

Ayant entendu parler de l’évêque de Troyes, s. Loup (v. 29 juillet), il vint se mettre à son école. Le successeur de s.Loup, s.Camélien (v. 28 juillet), remarqua les excellentes qualités d’Aventin et le nomma parmi ses clercs, faisant de lui l’économe de ses revenus. Aventin s’acquitta très activement de sa mission, pensant au clergé, mais aussi aux pauvres, aux veuves et aux orphelins. On rapporte que, plus il donnait, plus les biens se multipliaient.

La prudence fit comprendre à Aventin de se retirer du commerce des hommes, pour fuir la tentation d’orgueil qui pouvait le tourmenter devant ses prodiges. Avec la permission de l’évêque, il se retira sous les murs de la ville et se fit une petite chaumière adossée à une chapelle peu fréquentée. Il y vécut en anachorète. Mais les gens ne l’oublièrent pas et, alors qu’Aventin avait cherché l’isolement, il fut assailli de visiteurs, de toutes sortes de gens qui lui demandaient des conseils, des prières, un soutien.

Il se retira un peu plus loin, sur une petite île de la Seine ou d’un des nombreux ruisseaux qui s’y jettent ; mais l’évêque l’appela aux Ordres sacrés et lui conféra le sacerdoce.

Aventin occupa son temps, outre qu’à la prière, à l’étude de l’Ecriture et à la lecture de la vie des Saints. Sévère avec lui-même, il ne portait qu’une simple haire, ne mangeait qu’un peu de pain d’orge avec des racines et de l’eau, jeunaît trois jours par semaine et couchait sur une planche garnie de peaux.

Un ours vint le déranger ; il souffrait d’une épine sous la patte ; Aventin le soigna amoureusement. Une biche vint se réfugier, fuyant les chasseurs : Aventin la prit sous sa protection. Un religieux lui apporta de petits poissons qu’il avait pêchés : Aventin les rejeta dans l’eau pour les laisser en vie.

Ce saint prêtre, anachorète et thaumaturge, mourut le 4 février 537 et fut presque immédiatement considéré comme saint, devant les nombreux miracles qui se produisirent sur sa tombe.

Son corps fut retrouvé «en bon état» au 13e siècle ; diverses reliques furent extraites au long des siècles et on enchâssa ce qui en restait. La châsse, les tissus d’or et de soie, furent profanés et jetés au vent en 1794. Le peu qu’on put récupérer fut précieusement conservé.

Le dernier curé de Saint-Aventin fut décapité en 1792. L’église de Saint-Aventin, la plus ancienne de Troyes et qui remontait au 6e siècle, fut vendue comme bien national à la Révolution, servit de magasin de bois et de charbon, et fut démolie en 1833. Il y a une autre église dédiée à Saint Aventin à Creney-près-Troyes.

Il y a deux saint Aventin le même jour au Martyrologe, le 4 février.

 

 

Raban Maurus

784-856

 

Raban naquit vers 784 à Mayence. On a latinisé son prénom en Rabanus, mais aussi Hrabanus.

A l’âge de dix ans, il fut confié à l’abbaye de Fulda, où il reçut l’habit bénédictin et manifesta une très vive intelligence, une profonde avidité pour l’étude.

En 801, il fut ordonné diacre, et envoyé à Tours pour y achever ses études avec le célèbre Alcuin, sous la direction duquel il pratiqua les arts libéraux et approfondit l’Ecriture sainte. C’est Alcuin qui le surnomma Maurus, non pas parce qu’il était «maurus, noir», mais parce qu’il était son élève préféré, comme s. Maurus l’était de s. Benoît (v. 15 janvier et 21 mars).

De retour à Fulda, Raban fut chargé de l’école du monastère ; il donna à ce foyer de science toute sa célébrité par ses élèves, par le choix des professeurs et par la riche bibliothèque qu’il y organisa.

En 814, Raban fut ordonné prêtre. Ce fut alors une période difficile, durant laquelle l’abbé, sans doute jaloux de l’importance que prenait Raban, alla jusqu’à lui confisquer ses instruments de travail. Raban fit un pèlerinage aux Lieux saints ; pendant ce temps, l’abbé en question fut expulsé et remplacé.

En 822, le choix d’un nouvel abbé tomba cette fois-ci sur Raban. Il continua de développer les activités de l’abbaye sur tous les plans : liturgie, sciences, et surtout vie monastique, dont il cherchait à donner l’exemple le premier. Il fit construire jusqu’à trente églises ou chapelles pour développer le culte divin.

Raban eut aussi un rôle pacificateur entre les membres de la famille impériale, ce qui n’alla pas sans difficulté. On établit parfois un lien entre ce rôle et un «exil» auquel il aurait été forcé.

C’est ainsi qu’842, il abdiqua, pour se retirer dans le silence et la prière, non loin du monastère ; réhabilité en 845,  il fut en 847 appelé à gouverner le diocèse de Mayence.

Il convoqua deux conciles et prit d’excellentes mesures pour la vie du clergé ; lors de la famine de 850, il resta dans le village de Winkel im Rheingau pour y servir lui-même des repas chauds à plus de trois cents personnes.

C’est aussi pendant qu’il était à Winkel qu’il contracta une violente maladie. Après avoir légué à l’abbaye ses livres et reçu les derniers Sacrements, il s’éteignit le 4 février 856, son dies natalis au Martyrologe.

De tous ses ouvrages, on signalera un de ses poèmes sacrés, le Veni, Creátor Spíritus, invocation à l’Esprit-Saint traditionnellement chantée aux moments importants de la vie de l’Eglise (ordination sacerdotale ou épiscopale, élection du pape, synodes et conciles). L’impulsion que Raban Maurus donna à la langue allemande, lui a valu le titre de Præceptor Germaniæ.

 

 

Nikolaos Studite

793-868

 

La famille de Nikolaos habitait la Crète, où il naquit vers 793. Il avait un frère, Titos.

A cette époque vivait à Constantinople, dans le monastère de Stude, son oncle Theophanos ; le supérieur (archimandrite) était Theodoros (v. 11 novembre). Les bons parents préférèrent se séparer de leur petit Nikolaos pour le confier à ce monastère et lui assurer une éducation soignée. Nikolaos arriva donc à Constantinople à dix ans.

Après quelques années, ayant fait d’importants progrès dans l’exercice des virtus, Nikolaos reçut l’habit monastique. On voulut aussi l’ordonner prêtre, et il fallut «lutter» énergiquement contre son humilité pour lui faire accepter le sacerdoce. 

Sur ces entrefaîtes, son frère Titos vint l’informer des ravages perpétrés par les Sarrasins en Crète : leurs parents avaient été emmenés captifs. Titos fut alors si édifié par son frère, qu’il renonça à son tour au monde.

Nikolaos était un fidèle de Theodoros et le suivait partout. Mais il travaillait beaucoup aussi, rédigeait des ouvrages ou recopiait des manuscrits

En 815, l’empereur Léon l’Isaurien déclencha une nouvelle lutte iconoclaste. Il exila Thedoros et Nikolaos en Mysie, de l’autre côté de la Propontide, act. Mer de Marmara, Turquie).

Après de longues années, Theodoros et Nikolaos purent reprendre leur vie monastique ; Theodoros mourut en 826, et Nikolaos choisit de vivre dans une cabane non loin du sépulcre de son cher maître, mais une nouvelle persécution l’obligea encore à s’exiler pendant quelques années dans le désert.

En 848, il fut élu archimandrite du monastère de Stude et ne put se dérober à un tel choix. Mais il réussit au bout de trois ans à faire élire un autre supérieur, Sophronios, qui mourut quatre ans plus tard ; Nikolaos fut alors de nouveau appelé à reprendre sa charge en 855. 

Quand Photius s’empara du siège de Constantinople, Nikolaos et son frère quittèrent le monastère de Stude, mais on chercha ensuite à les rappeler, même par la force, et l’on finit par reconduire Nikolaos à Stude, manu militari. Quand le patriarche de Constantinople légitime fut rétabli, Nikolaos fut à nouveau investi de la charge abbatiale, malgré son âge et ses infirmités ; l’empereur se plaisait à le recevoir et à l’écouter.

On connaît beaucoup de miracles accomplis par Nikolaos, notamment la guérison de l’impératrice Eudoxia.

Saint Nikolaos Studite mourut paisiblement le 4 février 868.

 

 

Gilbert de Sempringham

1083-1190

 

Gilbert naquit vers la fin du 11e siècle, fils de Jocelin, seigneur de Sempringham.

On l’envoya étudier à Paris, où il reçut le diplôme de maître ès arts.

De retour chez lui en 1120, Gilbert ouvrit une petite école pour les enfants, auxquels il enseignait les premiers éléments de la culture, mais aussi de la foi.

Son père lui confia l’administration de deux paroisses à Sempringham et Tirington, où il s’occupa généreusement des pauvres, leur donnant tout ce qu’il avait de trop.

L’évêque de Lincoln apprit cette générosité et s’attacha Gilbert, qui reçut les ordres mineurs ; puis le nouvel évêque l’ordonna prêtre et le nomma pénitencier du diocèse ; il lui proposa aussi de le nommer archidiacre, mais Gilbert répondit qu’il ne connaissait pas de meilleure voie de perdition !

En 1130 cependant, après la mort de ses parents, Gilbert retrouva les terres paternelles. Il y fit construire un monastère de femmes, qui prirent la règle bénédictine, puis un autre d’hommes avec la règle augustinienne, qu’il chercha cependant à rattacher aux Cisterciens : ce lui fut l’occasion d’une profonde amitié avec saint Bernanrd (v. 20 août). Les moines prirent bientôt le nom de gilbertins. C’est Gilbert en effet qui les dirigeait, et fort bien, mais contre son gré et ne s’en jugeait absolument pas capable.

D’ailleurs, quelques-uns osèrent murmurer contre leur règle et s’en rapportèrent au pape… qui combla Gilbert de louanges.

Gilbert fut aussi calomnié d’avoir fait passer des secours à s. Thomas Becket, qui était exilé (v. 29 décembre).

Il mangeait peu : quelques racines et légumes. Le meilleur, il le déposait dans un plat près de lui, et le faisait donner aux pauvres.

Les dernières années de sa vie, Gilbert put enfin se décharger du gouvernement de son monastère ; un de ses disciples fut élu, auquel il montra la plus humble obéissance. Il devint aveugle.

A Noël 1189, il reçut le sacrement des malades en l’abbaye de Kaadeneia, mais se fit transporter à Sempringham, pour éviter des problèmes entre abbayes au sujet de ses reliques.

Le 3 février, il eut une syncope ; se réveillant, il répéta le verset du psaume : Distríbuit, dedit paupéribus (Ps 112:9) et dit à celui qui allait lui succéder : Voilà ce qu’il vous reste à faire. Il s’éteignit le 4 février 1190.

A la suite des miracles qui eurent lieu à son tombeau, Gilbert fut canonisé en 1202.

Quand Henri VIII supprima l’Ordre des Gilbertins, il comptait vingt-deux maisons. C’était le seul Ordre anglais fondé par un Anglais.

Jeanne de Valois

1464-1505

 

Jeanne était la fille de Louis XI de France et de Charlotte de Savoie ; son frère fut Charles VIII.

Née le 23 avril 1464 à Nogent-le-Roi, elle fut dès son deuxième mois de vie, promise par son père au duc d’Orléans.

Vers l’âge de cinq ans, on l’envoya chez un cousin du roi, François de Bourbon-Beaujeu au château de Lignières, pour la détourner des habitudes de piété qu’elle prenait avec sa mère à Amboise.

Jeanne n’en priait que plus la très Sainte Vierge, qui lui parla au cœur quand elle n’avait que sept ans : Avant ta mort, tu fonderas une religion en mon honneur et, ce faisant, tu me feras un grand plaisir et me rendras service.

En attendant, elle devait passer par une singulière épreuve : Louis XI décréta le jour du mariage entre sa fille et le duc d’Orléans, futur Louis XII. On obtint des dispenses d’âge de Rome (1476) et l’on procéda en toute discrétion au sacrement chrétien du mariage, auquel Louis XI n’assista même pas. Le marié avait quatorze ans, Jeanne, douze. Elle devenait Jeanne de France.

Il est difficile de trouver mariage plus contestable. L’époux protesta inutilement contre la violence qu’on lui faisait, et s’empressa de démontrer la plus parfaite indifférence envers sa chaste épouse. Pour comble, la pauvre jeune reine souffrait d’une forte déviation de la colonne vertébrale. Rien n’attachait le duc à son épouse légitime, qui ne se gênait pas pour le dire. Pour sa peine, il fut trois années enfermé.

Malgré l’indifférence de son mari, Jeanne lui démontrera la plus grande bonté lorsqu’il sera fait prisonnier des troupes de Charles VIII.

A la mort de Charles VIII, Louis devint Louis XII (1498). Il demanda promptement la reconnaissance en nullité de ce mariage inexistant, assura une pension «royale» de douze mille écus à Jeanne, ainsi que la ville de Bourges, où les habitants l’accueillirent avec joie.

Jeanne y travailla en faveur des malades, des pauvres, des femmes tombées, de la formation intellectuelle des jeunes et des écoliers pauvres, des religieux et de la réforme des couvents.

Jeanne de France, redevenue de Valois, écrivait à saint Francesco de Paola (voir au 2 avril), qui avait été à la cour du roi Louis XI ; il l’approuva dans son désir de fonder un ordre de Religieuses en l’honneur de l’annonciation de Notre-Dame, et son confesseur finit lui aussi par lui accorder son consentement, au bout de deux ans, convaincu que cet Ordre est voulu de Dieu.

Elle fonda ainsi l’Ordre des Annonciades, dont le supérieur fut son confesseur, le père Gabriel-Marie, tandis qu’elle, la supérieure, conservait le titre d’ancelle, (ancilla : servante).

Rome n’approuva la fondation qu’en 1501 et la maison fut bâtie à Bourges. Jeanne y fit les vœux en 1503.

Elle tomba malade peu après, et au début de 1504 comprit qu’elle n’aurait plus la force de rejoindre ses Sœurs : elle fit murer le passage entre son palais et le couvent, et expira le 4 février 1505.

On trouva sur son corps un rude cilice et sur ses reins une chaîne de fer dont les anneaux avaient provoqué des ulcères en différents endroits.

Cinquante-six ans après, le corps fut retrouvé sans corruption, mais les huguenots eurent l’audace de le profaner, de le brûler et de disperser les cendres au vent (1562).

De nombreux miracles dus à l’intercession de Jeanne de Valois la firent officieusement proclamer sainte dès le 17e siècle ; en 1775, le culte fut approuvé ; en 1950, Jeanne de France (de Valois) fut solennellement canonisée.

Elle est mentionnée le 4 février au Martyrologe.

Que reste-t-il actuellement de cet Ordre dont on parle si peu ?

Du monastère de Bourges se fonda ensuite celui d’Albi (1506), d’Agen (1533), puis de Villeneuve-sur-Lot (1624). A celui-ci, complètement détruit à la Révolution mais heureusement reconstruit, s’ajoutent ceux de Thiais, Brucourt, Saint-Doulchard, et Menton. Celui de Peyruis s’est transféré à Alajuela (Costa-Rica). En Belgique, trois anciens monastères ont récemment fusionné en un nouveau, situé à Westmalle.

 

 

John Speed

?-1594

 

John Speed (ou Spence) naquit à Durham (Angleterre).

Il fut accusé d’avoir prêté assistance à John Boste (v. 24 juillet) : en effet, il l’accompagnait d’une maison à l’autre durant ses déplacements parmi les Catholiques.

Il fut arrêté avec John Boste chez Madame Grace Claxton qui, elle, échappa à la mort parce qu’elle avait un petit enfant.

John Speed mourut en martyr à Durham, le 4 février 1594.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles, et canonisé en 1970 parmi les Quarante Martyrs anglais et gallois.

 

 

Eufranio Desideri

1556-1612

 

Eufranio Desideri était né le 8 janvier 1556 à Leonessa (Spolète, Italie).

(Le prénom de l’enfant fut peut-être un dérivé d’Eufrasio, qui est le nom d’un des apôtres de l’Espagne, mais on n’a pas trouvé de Saint «Eufranio»).

A seize ans, il tomba malade. A peine guéri, contrairement au projet matrimonial que son oncle nourrissait pour lui, et sans même prévenir ses parents, il rejoignit les Frères Mineurs Capucins d’Assise, aux Carceri, prenant le nom de Giuseppe, et fut ordonné prêtre en 1580 à Amelia.

Il observa une constante et jalouse abstinence dans sa nourriture, parlant à soi-même comme à un âne : Frère âne, tu n’as pas besoin de te nourrir comme on le fait pour un cheval de course ; contente-toi d’être un pauvre âne et d’être traité comme tel.

En 1587, il eut la permission de se rendre à Constantinople pour y assister les Chrétiens prisonniers. Non content de son «travail», il se mit aussi à prêcher dans la ville, tous les jours, jusqu’à ce que, n’en pouvant plus de résister à la «tentation», il osa pénétrer dans le palais du sultan. Immédiatement saisi par les gardes, il fut dûment torturé et condamné à mort (car l’Islam traite ainsi ceux qui ne sont pas de sa religion) : pendant trois jours il resta pendu à une croix par un pied et par un bras ; mais un être lumineux s’approcha, le détacha, guérit ses plaies et lui offrit une bonne nourriture substantielle. Puis l’ange disparut. Ebahi, le sultan commua la sentence en exil perpétuel.

Quelques-uns de ceux qui voulaient lui donner la mort demandèrent ensuite le baptême.

Déçu d’avoir échappé à la grâce du martyre, Giuseppe revint en Italie et prêcha dans toute la région des Abruzzes et de l’Ombrie, suscitant diverses œuvres de bienfaisance et sans oublier de faire des miracles à tour de bras. De retour à Rome, il était accompagné par un évêque grec qui rejoignit l’Eglise romaine à Rome.

Au bout de vingt années de ce labeur efficace, il apprit par révélation sa mort prochaine et se rendit au couvent d’Amatrice. La réalité était qu’il allait ressentir les douleurs d’un cancer, qu’on voulut opérer. Les chirurgiens pensaient le lier pendant l’opération, mais Giuseppe prit son crucifix et leur dit : Ce lien sera le plus fort de tous, il me tiendra immobile. L’opération cependant n’apporta pas le bienfait escompté et Joseph mourut le 4 février 1612.

Eufranio-Giuseppe fut béatifié en 1737 et canonisé en 1746.

Le miracle retenu pour la canonisation se produisit deux ans après la béatification. Une maman avait mis au monde un petit garçon dont on s’aperçut bientôt que les jambes n’avaient pas d’os : deux chirurgiens le constatèrent formellement, après avoir tordu, enroulé, plié les jambes comme un mouchoir. Ils n’avaient évidemment aucun remède pour cette malformation congénitale. La maman priait le bienheureux Giuseppe, mais apparemment sans réponse ; désespérée, le jour de Pâques 1739, elle déposa son enfant sur l’autel de Leonessa où se trouvait le corps du Bienheureux, et pensait le laisser là. Elle s’éloignait quand les larmes du petit garçon l’émurent : revenue sur ses pas, elle s’aperçut que le petit malade, qui avait alors deux ans, posait les pieds sur les degrés de l’autel et tenait debout tout seul. Cette fois-ci, le même médecin qui avait constaté l’infirmité, fut bien obligé de reconnaître la parfaite constitution de l’enfant. D’autres témoins apportèrent aussi confirmation de l’événement.

Ce grand missionnaire a été choisi par les Capucins comme le saint patron de leurs missions en Turquie.

 

 

João de Brito

1647-1693

 

Né le 1er mars 1647 à Lisbonne (Portugal), João était de famille aristocratique ; son père mourut comme vice-roi au Brésil. On trouve l’orthographe Brito et Britto. João a un frère, Fernando Pereira, à qui l’on doit d’avoir écrit la vie de son frère religieux.

Il fit le vœu, lors d’une grave maladie, s’il guérissait, d’entrer chez les Jésuites, ce qu’il réussit enfin à faire, vainquant les difficultés de son entourage, et entrant au noviciat de Lisbonne en 1662. Il étudia à l’université de Coimbra.

Il partit en 1673 aux Indes et compléta sa formation théologique à Goa, avant de rejoindre les missions de Madura, au sud-est de l’Inde, dans l’actuelle région du Tamil Nadu. Il adopta lui-même un nom tamil : Arul Anandar. 

Mais les autorités l’ayant mis en prison (1684), il fut d’abord expulsé et revint au Portugal (1687), où il fut procureur pour les missions. Le roi Pedro II voulait le garder près de lui, mais il repartit en 1690 avec d’autres missionnaires pour cette même région de Marava où il avait été arrêté dix ans plus tôt.

La mission de Madura représentait une audacieuse tentative d’établir une Eglise catholique indienne suffisamment indépendante de toute domination européenne. João apprit les dialectes locaux, s’exerça à la culture du coton et vécut comme un hindou kshatriya : les membres de cette caste, une élite militaire, s’abstiennent de toute nourriture animale et de toute boisson alcoolisée, jusqu’à la fin de la vie : pas de viande, pas de poisson, pas d’œuf, pas d’alcool, et seulement des légumes, des fruits et des herbes.

João imagina une méthode imagée pour enseigner la foi catholique selon des catégories et des concepts qui convenaient à la pensée de ces peuples. Cette méthode remporta un grand succès.

Une des grandes conquêtes de João - et qui le conduisit au martyre, fut la conversion d’un prince polygame, Thadiyathevan. Quand celui-ci voulut ne garder qu’une femme, l’une des «renvoyées», nièce du roi voisin, fit un tabac qui dégénéra en persécution contre les Chrétiens. João fut arrêté avec d’autres catéchistes et conduit à la capitale, Ramnad (ou Ramanathapuram, sur la côte), où les Brahmanes demandaient sa mort.

Il fut conduit à Oriyur, à une cinquantaine de kilomètres de la côte, où il fut décapité, le 4 (11?) février 1693. 

João de Brito fut béatifié en 1853 et canonisé en 1947.

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