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5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 00:00

05 FEVRIER

 

-XVIII.

S Jacob, patriarche.

III.

S Isidore, soldat martyr à Alexandrie, peut-être le même que celui du 15 mai.

Ste Agathe, jeune vierge de Palerme martyre à Catane, à treize ans, nommée au Canon Romain.

IV.

Ste Théodule, avec les ss. Boèce, Evagre, Macaire, Helladius, martyrs à Anazarbe.

S Agricole, évêque à Tongres.

V.

Ste Calamanda, vierge et martyre vénérée en Espagne, peut-être compagne de ste Ursule, invoquée pour obtenir la pluie.

VI.

S Avitus, évêque à Vienne, successeur de son père ; il débarrassa la Gaule de l’arianisme.

VII.

S Ingenuinus, évêque à Sabiona.

VIII.

S Bertulphe (Bertou), fondateur d’un monastère et abbé à Renty ; il fut un jour protégé de l’orage par un aigle qui étendit ses ailes au-dessus de sa tête.

Ss Indract et ses compagnons, pèlerins irlandais “martyrisés” à leur retour de Rome par des domestiques cupides qui les croyaient chargés de trésors.

S Voel, écossais, reclus à Soissons. 

IX.

Bx Domitien et Marie, époux, ducs de Carinthie, où ils convertirent les païens.

X.

S Luca, sicilien, abbé basilien en plusieurs monastères de Calabre.

S Sabas le Jeune, moine en Calabre avec son frère s. Macaire.

XI.

S Albuinus, évêque à Bressanone, où il avait transféré le siège de Sabiona

Ste Agathe Hildegarde, pieuse épouse défenestrée par son mari en colère ; elle resta indemne et son mari se repentit.

Ste Adelheid de Geldern, première abbesse à Villich, puis aussi à Cologne. 

XVI.

Ss Paulus Miki, Ioannes Gotō Soan, Didacus Kisaï, jésuites japonais ; les franciscains : Pedro Bautista Blásquez y Blásquez, Martín de l’Ascension Loinaz Amunabarro Aguirre, Francisco Blanco, Francisco de Saint-Michel Andrade Arco (thaumaturge), espagnols ; Felipe de Jésus de Las Casas Martínez, mexicain (ses désordres l’avaient fait chasser de sa famille et même une première fois de l’ordre), Gonzalo Garcia, indien ; Cosmas Takeya, Michaël Cozaki et son fils Thomas, Paulus Ibaraki, Leo Karasumaru, Ludovicus et Antonius Ibaraki (onze et treize ans), Matthias de Miyako, Ventura de Miyako, Ioachim Sakakibara, François de Miyako, Thomas Dangi, Ioannes Kinuya, Gabriel de Duisco, Paulus Suzuki, Franciscus Kichi et Petrus Sukejirō, laïques japonais tertiaires franciscains, crucifiés à Nagasaki, fêtés le 6 février.

XVIII.

Bse Françoise Mézière, vierge et martyre, qui s’était vouée à la formation des enfants et aux soins des malades.

XIX.

Bse Elisabetta Canori Mora, mère de famille romaine, tertiaire trinitaire, dont l’époux se convertit enfin quand elle mourut et devint ensuite prêtre ; béatifiée en 1994.

XX.

S Jésus Méndez Montoya (1880-1928), prêtre mexicain, maître de musique, martyr fusillé, canonisé en 2000, fêté avec ses compagnons le 21 mai.

B Primo Andrés Lanas (1877-1937), prêtre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, martyr à Madrid, béatifié en 2013.

Jacob, patriarche

18e siècle avant Jésus-Christ

 

Le patriarche Jacob était le fils d’Isaac et Rébecca, et donc le petit-fils du patriarche Abraham.

Toute l’histoire de Jacob se trouve dans le livre de la Genèse, des chapitres 25 à 50.

Jacob est le frère jumeau d’Esaü, et naquit le second. L’Ecriture rapporte qu’Isaac «préférait» Esaü, qui lui préparait de bons plats, mais que Rébecca préférait Jacob, car Dieu lui avait annoncé que l’aîné servira le cadet (Gn 25:23).

On se rappelle comment Jacob «acheta» à Esaü son droit d’aînesse avec un plat de lentilles, et comment ensuite il «trompa» Isaac en se faisant donner la bénédiction paternelle qui aurait dû échoir à Esaü. Ce stratagème mensonger reste mystérieux, même pour les Pères de l’Eglise et on ne peut que conjecturer que Rébecca fut divinement inspirée d’agir ainsi.

Jacob eut deux épouses, Léa et Rachel, deux sœurs filles de Laban, qu’il épousa chacune après sept années de patient service chez Laban. 

De Léa, Jacob eut Ruben, Siméon, Lévi et Juda ; plus tard Issachar, Zabulon et l’unique fille de Jacob, Dina.

Rachel, qui était stérile, pria Isaac d’accepter sa propre servante Bilha, dont il eut Dan et Nephtali. 

A son tour Léa, devenue stérile, proposa sa servante Zilpa à Isaac, qui en eut Gad et Asher.

Enfin Rachel enfanta Joseph, et plus tard encore Benjamin, et mourut de ce dernier accouchement.

Joseph fut vendu par ses frères et devint plus tard le maître du palais du Pharaon. Il eut à son tour deux fils, que plus tard Jacob adoptera au même titre que ses fils, Ephraïm et Manassé.

Jacob fut le protagoniste de deux épisodes fameux. L’un fut le songe dans lequel les anges descendaient et montaient sur une très haute échelle : ce fut le moment d’une bénédiction particulière de Dieu, qui donnait cette terre à Jacob et à sa descendance (Gn 28:10-22). L’autre épisode fut la lutte avec un mystérieux personnage, une manifestation divine, au terme de laquelle Dieu lui donna le nom d’Israël, qui signifierait «fort contre Dieu» (Gn 32:29).

Dans le livre du Siracide (Si 44:22), Jacob reçoit l’alliance de Dieu sur sa tête. Ce patriarche, à l’origine des douze tribus d’Israël, est l’un des grands personnages en qui Dieu a signalé sa gloire et sa puissance.

Jacob adopta les deux enfants de Joseph, mais rejeta de l’héritage Ruben pour son inceste (cf. Gn 35:22), ainsi que Siméon et Lévi pour leur attitude traître (cf. Gn 34:25-31). La tribu de Siméon fut absorbée par celle de Juda, celle de Lévi ne subsista que pour son office religieux. Ainsi s’explique le nombre des douze tribus d’Israël.

Le Martyrologe Romain ne mentionne pas explicitement Jacob. Il fut pendant un temps inséré dans certains autres Martyrologes, au 5 février, d’où sa présence ici. Il est inclus dans la commémoraison commune qui se fait de tous les saints Ancêtres du Christ, le dimanche précédant Noël chez les Grecs, la veille de Noël dans le nouveau Martyrologe.

 

 

Agatha de Palerme

† 251

 

On sera frappé de la parfaite conformité des lignes suivantes avec ce qu’on dit habituellement sur sainte Agathe.

Ces lignes proviennent des Visions d’Anna Katharina Emmerick, une illustre stigmatisée allemande, qui était parfaitement illettrée (v. 9 février).

Je vis qu’Agathe avait été martyrisée dans une autre ville, à Catane. Ses parents habitaient Palerme, sa mère était chrétienne en secret. Son père était païen. Je vis que sa mère l’avait, dès son enfance, instruite secrètement dans la religion chrétienne. Elle avait deux suivantes. Dès ses premières années, elle avait des rapports familiers avec Jésus. Je la vis souvent assise dans le jardin, ayant auprès d’elle un bel enfant resplendissant de lumière qui lui parlait souvent et jouait avec elle…

Je crois qu’elle le voyait aussi, car je la vis faire divers arrangements qui supposaient sa présence. Je l’ai vue grandir merveilleusement en pureté et en force intérieure… Je vis aussi avec quelle fidélité extraordinaire elle coopérait à la grâce, comment elle ne cessait de repousser ou de punir sur elle-même la moindre tache, la moindre imperfection. Quand elle voulait se coucher le soir, son ange gardien se tenait souvent sous une forme visible près d’elle et lui rappelait quelque chose qu’elle avait oublié : alors elle se hâtait de le faire…

Je l’ai vue souvent, dans son enfance, se glisser furtivement loin de sa mère avec des aumônes et des aliments… Je la vis souvent se pincer et se frapper pour des désirs et pour les moindres fautes…

Je vis que, vers sa huitième année, elle fut conduite à Catane dans une voiture avec plusieurs autres jeunes filles. Cela se faisait par l’ordre de son père qui voulait qu’elle fût élevée dans toutes la liberté d’une éducation païenne…

Elle avait des cheveux foncés, de grands yeux noirs, un beau nez, une figure ronde, quelque chose de très doux et de très ferme en même temps et une physionomie où se manifestait une force d’âme extraordinaire. Je vis sa mère mourir de chagrin loin d’elle.

On la mena chez une femme à l’air hardi qui avait cinq filles… La femme et ses cinq filles se donnaient toute la peine imaginable pour former Agathe à la vertu entendue à leur manière, mais elle restait indifférente à tout cela.

Je vis dans la maison de cette femme, Agathe combattre ses penchants naturels avec une constance et un courage remarquables et lutter contre toutes les séductions. Quintianus, qui plus tard la fit martyriser, y venait souvent. Il était marié, mais il ne pouvait pas souffrir sa femme. C’était un homme désagréable, d’un caractère bas et orgueilleux : il rôdait dans la ville, espionnant tout ce qui se faisait et il vexait et tourmentait tout le monde.

Je le vis chez cette femme : il regardait souvent Agathe comme on regarde un bel enfant : il ne se permettait rien d’inconvenant avec elle…

Plus tard, je vis (Agathe) de nouveau dans sa ville natale : son père ne vivait plus. Elle avait environ treize ans.  Elle confessait publiquement la foi chrétienne et avait près d’elle des gens de bien. Je la vis enlevée de sa maison par des personnes que Quintianus avait envoyées de Catane ; je vis comment, en sortant de la ville, elle s’aperçut que tous ses amis l’abandonnaient et retournaient à la ville. Elle pria Dieu de faire paraître un signe de cette ingratitude, et un olivier stérile sortit de terre à cet endroit.

Je vis ensuite Agathe jetée en prison, interrogée et frappée. On lui coupa les mamelles : un homme la tenait pendant qu’un autre lui enlevait le sein avec un instrument qui ressemblait à une tête de pavot. Il s’étendait sur trois tiges, formant comme une bouche et détachait comme d’une morsure la mamelle qui le remplissait tout entier. Les bourreaux eurent encore la cruauté révoltante de lui mettre sous les yeux avec des moqueries ses mamelles coupées ; puis ils les jetèrent à ses pieds comme sur une planche.

Pendant son supplice, Agathe dit à Quintianus : «Peux-tu, sans frémir d’horreur, arracher à une femme cette partie du corps qui, chez ta mère, t’a nourri autrefois ?»

Elle était pleine de fermeté et de calme et dit : «Mon âme a de plus nobles mamelles, que tu ne peux pas m’enlever.» La blessure était parfaitement ronde ; il n’y avait pas de déchirure , le sang jaillissait en plusieurs petits jets.

J’ai vu souvent ce même instrument employé pour les supplices des martyrs : on enlevait ainsi du corps des saints des morceaux de chair tout entiers.

Je vis ensuite Agathe dans la prison, où un saint vieillard lui apparut et lui dit qu’il guérirait ses blessures… Je vis le vieillard sourire et dire : «Je suis (le) serviteur (de Jésus), Pierre : vois ! ton sein est déjà guéri», puis il disparut. Elle avait ses deux seins parfaitement remis.

Je vis Agathe conduite de nouveau au martyre. Dans un caveau étaient des âtres sous lesquels on avait allumé du feu : ils étaient profonds comme des coffres et garnis à l’intérieur de toutes sortes d’objets pointus et anguleux. Lorsque Agathe eut été jetée dans une de ces caisses, la terre trembla, un mur s’écroula et écrasa les deux amis de Quintianus. Il y eut un soulèvement dans le peuple, si bien que Quintianus s’enfuit. La vierge fut ramenée en prison, où elle mourut.

Je vis Quintianus se noyer misérablement dans une rivière, comme il était en route pour aller confisquer les biens de sainte Agathe. J’ai vu comment, plus tard, une montagne ayant vomi des flammes, le peuple s’enfuit devant le fleuve de feu qui en coulait auprès du tombeau d’Agathe, dont il opposa le couvercle au feu qui s’éteignit.

Les dernières expressions font évidemment allusion à une éruption du volcan proche de Catane, l’Etna, qui se produisit le 5 février 252.

Sainte Agathe est justement commémorée et fêtée le 5 février.

Son nom est aussi mentionné dans la prière du Nobis quoque, peccatoribus du Canon romain de la Messe.

 

 

Avitus de Vienne

† 525

 

Sextus Alcimus Ecdicius Avitus naquit vers 450 à Vienne en Gaule (act. Isère), dans une famille qu’on disait apparentée aux empereurs romains, et chrétienne. C’est l’évêque de Vienne, Mamert (v. 11 mai), qui le baptisa.

Son père s’appelait Esychius : il eut deux autres fils, dont le futur abbé Apollinarius, après quoi il fut appelé à occuper le siège épiscopal de Vienne à la mort de s. Mamert (475). 

Comme en d’autres situations rencontrées dans les vies des Saints, à partir du moment où un homme marié était appelé au sacerdoce ou à l’épiscopat, lui et son épouse vivaient désormais comme frère et sœur ; en général, l’épouse entrait dans un monastère.

Le rang de cette noble famille apportait à Avit une certaine considération mondaine, mais Avit montra bien plus d’intérêt pour l’étude et les œuvres de charité. 

On dit de lui qu’il se maria et eut des enfants. Devenu veuf à quarante ans, il distribua son patrimoine aux pauvres, puis se retira dans un monastère.

Vers 490 mourut Esychius, et c’est Avit qui lui succéda.

Ce fut un épiscopat actif, tourné vers la sanctification des fidèles, vers le bien de tous, et Avit y montra toute sa sollicitude paternelle.

On verra à propos de s.Epiphane de Pavie (v. 21 janvier) les tribulations que ce dernier eut à souffrir : Avit lui vint en aide avec une charité toute fraternelle, payant lui-même le rachat des captifs de Pavie.

Mais il montra aussi son souci doctrinal et combattit l’arianisme du roi des Burgondes Gondebaud ainsi que de Clovis. Gondebaud resta «arien», tout en favorisant par ailleurs le christianisme : c’est pour lui qu’Avit rédigea un opuscule contre l’eutychianisme, à destination de l’empereur Anastase. Quand Clovis reçut le baptême (496), il l’en félicita par écrit. Ses écrits pastoraux, doctrinaux et poétiques montrent son érudition, louée par tous les contemporains.

Le fils de Gondebaud, par contre, fut conquis par les conseils d’Avit et donna l’autorisation de reprendre les synodes provinciaux, ainsi à Epaone (517, peut-être Evian-les-Bains), où Avit eut une grande influence sur les décisions prises. On a dit d’Avit que c’est grâce à sa prédication et à ses écrits, qu’il délivra la Gaule de l’arianisme. Un autre évêque de Vienne, Adon (v. 16 décembre), affirma qu’Avit fut la lumière de l’Eglise des Gaules.

Avit prit parti ouvertement pour le pape légitime Symmacus (v. 19 juillet), contre l’intrus Laurentius ; il en soutint aussi le successeur, s. Hormidas (v. 6 août), dans ses démêlés avec Constantinople.

Cet évêque zélé mourut le 5 février, vers 525.

 

 

Ingenuinus de Sabiona

† 605

 

L’évêché de Sabiona remonte à la fin du 6e siècle et son premier évêque connu est Ingenuinus (on croit qu’il eut cependant un prédécesseur, un certain Materninus).

Les recherches historiques tendent à affirmer qu’il fut évêque au moins depuis 579.

Il eut le tort ou la faiblesse, avec l’évêque de Trente, d’adopter une position schismatique en refusant de condamner les Trois-Chapitres (malheureuse intervention de l’empereur Justinien en matière théologique,  soutenant l’erreur monophysiste selon laquelle Jésus-Christ n’avait qu’une nature, divine).

Mais l’évêque sut se remettre en paix avec Rome, et sa sainte vie fut illustrée de miracles.

Si c’est tout ce qu’on sait de lui, n’oublions pas que reconnaître son erreur est une preuve de grande humilité et de sainteté.

Cet évêque mourut à Sabiona, dont le siège fut transféré à Bressanone par s. Albuinus (v. ce même jour).

Saint Ingenuinus est commémoré le 5 février au Martyrologe Romain.

 

 

Luca de Demenna

920-993

 

Luca vint au monde à Demenna (Castrugiuvanni, act. Enna, Sicile centrale), peut-être de Giovanni et Tedibia (il semble qu’il y ait une controvere là-dessus). Il avait une sœur, Caterina.

A dix-huit ans, ayant mûrement réfléchi, il abandonna l’idée de se marier et décida d’entrer dans la voie du monachisme.

Il reçut la formation des moines basiliens (orientaux) d’Agira, sous Sabas le Jeune de Collesano (v. ce même 5 février).

De là, il passa en Calabre, sous s.Elia le Spéléote (v. 11 septembre) à Melicuccà (Reggio Calabria). Il y reçut des grâces particulières pour l’interprétation de l’Ecriture, malgré son manque d’instruction précédente.

En 950, ayant eu révélation des prochaines invasions sarrasines, il remonta jusqu’au si fameux monastère du Mercurion, entre la Calabre et la Lucanie. Il restaura ou fonda la laure de Noepoli. Pendant sept années, il demeura là avec des disciples, dont le travail transforma cette zone désertique en un véritable jardin, non sans provoquer la jalousie d’un seigneur voisin qui, cependant, ne réussit jamais à leur faire du tort.

Cherchant plus de solitude, car on venait le voir en foule, Luca vint près du fleuve Agri, où il restaura le monastère de Saint-Julien. Là, il s’occupa de recueillir et soigner les soldats blessés dans les rencontres conflictuelles entre Sarrasins et troupes impériales. Puis, le conflit entre les empereurs Otto et Niképhoros l’obligea encore à s’enfuir.

Près d’Armento (Potenza), avec d’autres disciples, il fonda le monastère des saints Elie et Anastase à Carbone (971). Bientôt, il fut rejoint par sa sœur Caterina et ses deux fils, auxquels il remit l’habit monastique. Caterina  s’installa dans un monastère.

On rapporte que, à l’arrivée des Sarrasins, Luca sortit à cheval du monastère avec quelques-uns de ses disciples, et que les Sarrasins, le voyant entouré d’une vive lumière, s’enfuirent à toute vitesse.

Luca fut nommé abbé (archimandrite) à Saint-Julien.

Les dernières années, la maladie le contraignit de boîter.

Après avoir visité s. Vitale (v. 9 mars), il mourut à Armento, assisté par s. Sabas de Collesano vers 984 ou 993, un 13 octobre ou un 5 février.

Saint Luca est commémoré le 5 février au Martyrologe Romain. 

Actuellement, la localité San Luca, à la pointe de la Calabre, a malheureusement acquis une triste renommée.

 

 

Sabas le Jeune

† 995

 

Ce moine vit le jour à Collesano (Sicile), de Cristoforo et Kalí. Son frère s’appelait Macario (v. 16 décembre).

Le premier des quatre à vouloir quitter le monde, fut Cristoforo lui-même (v. 17 décembre) ; son épouse suivit son exemple, ainsi que les deux fils. 

Tandis que Kalí fondait de son côté une petite communauté de femmes, les trois hommes furent quelque temps à Agira.

Cristoforo, comme on le verra, demanda la permission de se retirer dans un ermitage, Saint-Michel de Ktisma, où ses fils et d’autres habitants de Collesano le rejoignirent.

Devant l’invasion arabe, et à cause d’une grande carestie, ils se réfugièrent en Calabre et s’unirent à ces nombreux ermites du mont Mercurio. Cristoforo alors, voulant faire un pèlerinage à Rome, nomma abbé son fils Sabas ; à son retour, et devant une nouvelle menace musulmane, ils se transférèrent en Basilicata et y construisirent un monastère, Saint-Etienne sur le Sinni, où mourut Cristoforo, assisté de ses enfants. 

Sabas et Macario dirigèrent ensuite les communautés fondées par leur père. Sabas dut une nouvelle fois monter plus au nord, jusqu’à Salerne, et fonda d’autres monastères dont il confia plus tard la direction à son frère Macario.

Sabas fut un thaumaturge renommé. Les témoignages de guérisons, de multiplication de nourriture, de visions, sont nombreux.

Sabas dut venir plusieurs fois à Rome, pour intervenir à la cour d’Otto II et de Teofano, et rejoignit le monastère romain de Saint-Césaire, où il s’éteignit le 5 février, vers 995.

On a donné à Sabas le surnom de Jeune pour le distinguer de l’autre Sabas, v. 5 décembre.

Saint Sabas le Jeune est commémoré le 5 février au Martyrologe Romain.

Albuinus de Bressanone

† 1006

 

Albuinus fut le vingt-huitième évêque de Bressanone (Tyrol, auj. Italie), ou plutôt :  vers 976 il fut évêque de Sabiona, dont il transféra le siège à Bressanone ; il fut ainsi le vingt-huitième à Sabiona, et le premier à Bressanone.

On sait qu’il fut hautement apprécié par l’empereur s. Heinrich (v. 13 juillet), qui le combla de bienfaits.

Il mourut à Bressanone, le 5 février 1006.

Il transféra de Sabiona le corps d’Ingenuus et les deux évêques furent désormais honorés ensemble le 5 février.

 

 

Adelheid de Geldern

960-1021

 

Adelheid ou Adélaïde naquit vers 960-970, troisième des cinq enfants du «comte» Megingoz de Gueldre et de Gerberge. Geldern (ou Gueldre) est une ville de l’actuelle Rhénanie (Allemagne O).

Adelheid grandit dans une atmosphère de piété, où elle trouvait ses délices.

A la mort du frère aîné, Gottfried (977), les parents en utilisèrent l’héritage pour fonder l’abbaye de Vilich et la première abbesse fut tout simplement Adelheid elle-même, qui n’avait pas vingt ans.

Humble et prudente, la noble héritière préféra aller d’abord se former à l’observance régulière dans le monastère Notre-Dame à Cologne, dont l’abbesse était sa jeune sœur, Bertrada.

Elle gouverna ensuite pendant plusieurs années la communauté de Vilich, où elle introduisit la Règle bénédictine, donnant aux religieuses l’exemple de toutes les vertus. Sa mère, Gerberge, vint à son tour prendre le voile, acceptant de se soumettre à la direction de sa fille. Gerberge mourut en 995, suivie de Megingoz en 998.

A la mort de Bertrada (1000), l’évêque demanda à Adelheid de gouverner l’une et l’autre abbayes, de Cologne et de Vilich, ce qu’elle fit pendant trois années.

On rapporte maints miracles opérés par Adelheid de son vivant et après sa mort, qui advint à une date difficile à préciser, en fonction des recherches, entre 1010 et 1021.

Sainte Adelheid est commémorée le 5 février au Martyrologe Romain.

Japonais martyrs à Nagasaki

† 1597

 

Une des plus dures persécutions qu'aient essuyées les chrétiens du Japon est celle de Taicosama.

La mission du Japon avait débuté avec succès en 1549 avec saint François-Xavier, mais en 1582 l'empereur voulut faire partir les Jésuites, considérés par certains comme un danger national. Les bonzes et les commerçants exposèrent des «craintes» à l’empereur qui, changeant d’attitude envers les missionnaires, décréta la persécution en 1587. 

En réalité, la vie chrétienne continua, dans la clandestinité, et l’empereur se contenta pendant plusieurs années, de faire surveiller les missionnaires. La méfiance s'accrut encore lorsqu'une quinzaine de Franciscains débarquèrent en 1593 et construisirent deux couvents, prêchèrent et baptisèrent de nombreux Japonais.

L'empereur du Japon ordonna en 1596 d'arrêter tous les missionnaires qu'on trouverait et de les mettre à mort. Ainsi furent arrêtés le 8 décembre six franciscains, trois jésuites dont Paul Miki et dix-sept laïcs tertiaires franciscains. 

On les mit en prison à Miyako, puis Osaka, Sacay et Facata, avant de parvenir à Nagasaki. En chemin, on les promenait sur des charrettes pour recevoir les moqueries des païens, on les torturait ; on les condamna d’abord à avoir le nez et l’oreille gauche coupés, mais on ne les amputa finalement «que» du lobe de l’oreille gauche. L'empereur les envoya à Nagasaki où il avait fait dresser 26 croix sur lesquelles ils furent crucifiés face à la mer.

Ces vingt-six martyrs étaient :

Trois Jésuites :

  • Paulus Miki, clerc jésuite,
  • Ioannes Gotō Soan, frère jésuite japonais,
  • Didacus Kisaï, frère jésuite japonais.

Six Franciscains :

  • Pedro Bautista Blásquez y Blásquez, prêtre espagnol,
  • Martín Loinaz Amunabarro (Aguirre) de l’Ascension, prêtre espagnol, professeur de théologie,
  • Francisco Blanco, prêtre espagnol,
  • Felipe Las Casas Martínez de Jésus, mexicain, clerc profès,
  • Gonçalo Garcia, des Indes Orientales, frère convers,
  • Francisco Andrade Arco de Saint-Michel, frère convers.

Dix-sept laïcs Tertiaires Franciscains, tous japonais :

  • Antonius, de treize ans,
  • Cosmas Takeya,
  • Franciscus, 
  • Franciscus Kichi,
  • Gabriel (jeune laïc de vingt ans, catéchiste),
  • Ioachim Sakakibara,
  • Ioannes Kinuya (catéchiste),
  • Leo Karasumaru (catéchiste),
  • Ludovicus Ibaraki, de treize ans (? fils de Paulus, infra),
  • Matthias,
  • Michaël Kozaki (marié),
  • Paulus Ibaraki,
  • Paulus Suzuki (marié, catéchiste),
  • Petrus Sukejirō,
  • Thomas Dangi (catéchiste),
  • Thomas Kozaki, de quinze ans (fils de Michaël, supra),
  • Ventura.

 

Les pauvres et les lépreux firent parvenir une pétition aux autorités pour que, non seulement ces Religieux ne fussent ni bannis ni mis à mort, mais même qu’ils se multipliassent dans le pays.

Le 8 janvier 1597, ils furent tous condamnés à mort. 

Un des Martyrs suspendus à la croix, n'osait répéter que les paroles du bon Larron : Seigneur, souviens-toi de moi !

Les enfants ne furent pas moins admirables. On trouvera dans certaines de leurs notices les dernières paroles qu’ils dirent avant de mourir.

Ils furent tous achevés d'un coup de lance dans le cœur. C’était le 5 février 1597.

Il y avait là plusieurs milliers de personnes. Vint un moment où les chrétiens ne purent se retenir et s’avancèrent pour recueillir le sang des Martyrs ou des fragments de leurs vêtements. Les soldats les repoussèrent avec violence. 

Le frère du gouverneur de Nagasaki, qui était d’ailleurs un ami personnel de Paulus Miki, mit en place des sentinelles pour mainteneir l’ordre, puis se retira. On le vit toutefois pleurer au bas de la colline.

Malgré la surveillance, il y eut un continuel mouvement de vénération autour de cette Colline des Martyrs, Nishizaka. 

Il est dit dans les actes de la béatification, que les jours qui suivirent le martyre, les corps restèrent intouchés par les bêtes, que chaque vendredi une colonne de feu les éclairait et que deux mois après le sang était encore frais. L’année suivante, un envoyé des Philippines put recueillir les restes des Martyrs et de leurs croix.

Ce furent les premiers martyrs du Japon et leur dies natalis est commémoré au Martyrologe le 5 février. 

Comme on fête ce jour-là sainte Agatha, leur fête a été établie au 6 février.

Ces glorieux Martyrs japonais furent béatifiés dès 1627 et canonisés en 1862.

 

Coïncidence frappante : le pape Pie IX qui les a canonisés et qui est maintenant Bienheureux, a son dies natalis le 7 février.

 

 

Cosmas Takeya

?-1597

 

Cosmas était né à Owari (Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain. 

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Franciscus Kichi

?-1597

 

Franciscus était né à Kyōto (Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain. 

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Leo Karasumaru

?-1597

 

Leo était né à Owari (Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain et catéchiste. 

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Matthias de Kyōto

?-1597

 

Matthias était né à Kyōto (Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain. 

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Paulus Ibaraki

?-1597

 

Paulus était né à Owari (Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain. 

Il était peut-être le père, ou au moins un parent du jeune Ludovicus, également martyrisé ce jour-là.

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Petrus Sukejirō

?-1597

 

Petrus était né à Kyōto (Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain. 

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Thomas Dangi

?-1597

 

Thomas était né à Kyōto (Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain et catéchiste. 

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Ventura de Kyōto

?-1597

 

Ventura était né à Kyōto (Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain. 

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Didacus Kisai

1533-1597

 

Didacus (Jacques) était né en 1533 à Haga (Okayama, Japon).

Marié et père d’un enfant, il se vit obligé de se séparer de son épouse qui, reniant sa foi, était retournée au culte païen et s’obstinait à demeurer dans son erreur.

Délié des liens du mariage, il se donna entièrement à la Compagnie de Jésus et rendit mille services aux Pères. Il vint habiter dans la communauté, y faisait mille travaux quotidiens, restait à la porterie et recevait les visiteurs, à l’occasion enseignait des rudiments de catéchisme aux candidats au baptême. 

Il aimait particulièrement les mystères douloureux du chapelet, qu’il priait chaque jour. Il s’en était même fait un petit livret qu’il avait calligraphié et décoré de sa main très habile, pour l’avoir toujours sous les yeux. C’est ainsi qu’il conçut une réelle soif de souffrir et de mourir pour le Christ. Par là aussi il acquit une profonde humilité, se disant tout-à-fait indigne du martyre et de la compagnie des Saints et même de la Compagnie de Jésus, dans laquelle il fut admis peu avant de mourir, tellement indigne qu’il refusa de remettre ne serait-ce que son mouchoir à ceux qui lui demandaient quelque chose à conserver en souvenir de son martyre. 

C’est le 5 février 1597 qu’eut lieu ce martyre.

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

Pedro Bautista Blásquez y Blásquez

1542-1597

 

Né le 24 juin 1542 en la fête de saint Jean-Baptiste, à San Esteban del Valle (Ávila, Espagne), Pedro (Pierre) reçut aussi le prénom de Bautista (Baptiste). Ses parents s’appelaient Pedro et María, des plus nobles familles de Castille.

Pedro étudia à Salamanque et, d’ailleurs contre les prévisions des parents, entra chez les Frères Mineurs Franciscains (Alcantarins) à Arenas ; il fit profession en 1568, et ayant déjà accompli précédemment les études de philosophie et de théologie, il fut ordonné prêtre très peu après.

Il fut nommé professeur et supérieur de diverses communautés.

Mais la prédication en terre espagnole ne suffisait pas à son idéal : dans son cœur, il était appelé à traverser les mers et à porter l’Evangile à ceux qui ne le connaissaient pas ; son rêve était la Chine et le Japon.

Avec la permission des Supérieurs, il partit d’abord pour le Mexique en 1581, où il resta trois ans et fut l’ami des Indios ; puis il partit pour les Philippines, où il arriva en 1584.

Son zèle le poussa à aller au-devant de toute la population, y compris et surtout les pauvres et les malades, les lépreux en particulier, ouvrant des maisons pour l’éducation et pour les soins.

En 1593, Pedro Bautista fut choisi pour aller au Japon, où il obtint assez facilement de pouvoir enseigner l’Evangile, car il savait présenter la Bonne Nouvelle sans s’imposer, sans imposer sa loi, bien au contraire en s’incorporant dans la vie quotidienne japonaise.

Il vivait très pauvrement. Il fonda des couvents à Kyoto, Osaka et Nagasaki, et deux hôpitaux.

Les Pères franciscains travaillèrent sans s’épargner, au service de toutes les âmes, et conquirent l’estime de la population, par l’amour avec lequel ils soignèrent les malades et particulièrement les lépreux.

Un jour de Pentecôte, le père Pedro Bautista guérit publiquement une jeune fille lépreuse.

Mais la jalousie s’empara de certains milieux ; les bonzes et les commerçants exposèrent des «craintes» à l’empereur qui, changeant d’attitude envers les missionnaires, décréta la persécution en 1587. En réalité, la vie chrétienne continua, dans la clandestinité, et l’empereur se contenta pendant plusieurs années, de faire surveiller les missionnaires.

L’arrestation du père Pedro Bautista et d’autres Compagnons eut lieu le 8 décembre 1596 ; on les mit en prison à Meaco, puis Osaka, Sacay et Facata, avant de parvenir à Nagasaki. En chemin, on les promenait sur des charrettes pour recevoir les moqueries des païens, on les torturait, au père Pedro on coupa l’oreille gauche.

La condamnation a mort fut émise le 8 janvier 1597.

Le père Pedro Bautista fut le dernier à mourir. Auparavant, il invita encore les chrétiens présents à pardonner aux bourreaux. 

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Francisco Andrade Arco

1544-1597

 

Francisco était né vers 1544 à La Parilla (Valladolid, Espagne).

Il entra chez les Franciscains Alcantarins comme frère convers, avec le nom de Francisco de Saint-Michel et rejoignit les missions extrême-orientales du Japon.

Il fut favorisé du don des miracles et opéra des conversions.

L’arrestation des Religieux eut lieu le 8 décembre 1596.

Le 8 janvier 1597, ils furent tous condamnés à mort. 

Le martyre eut lieu le 5 février 1597.

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Franciscus de Kyōto

1548-1597

 

Franciscus était né en 1548 à Kyōto (Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain. 

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Michaël Kozaki

1551-1597

 

Michaël était né en 1551 à Ise (Mie, Japon).

Marié, il fut membre du Tiers-Ordre franciscain. 

C’était le père de Thomas Kozaki, martyrisé le même jour.

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Gonçalo Garcia

1556-1597

 

Gonçalo était né en 1556 à Bassein (Mahārāshtra, Inde), de père portugais et de mère indienne.

Il devint homme d’affaire et partit au Japon.

En 1591, il se trouva à Manille et servit d’interprète au père Pedro Bautista Blásquez, avant de l’accompagner au Japon. Désormais il resterait au service des Pères, comme frère convers.

L’arrestation des Pères et de leurs Compagnons eut lieu le 8 décembre 1596 ; le 8 janvier 1597, ils furent tous condamnés à mort. 

Le martyre eut lieu le 5 février 1597.

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Ioachim Sakakibara

1556-1597

 

Ioachim était né en 1556 à Ōsaka (Japon).

Il était médecin et fut membre du Tiers-Ordre franciscain. 

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Paulus Suzuki

1563-1597

 

Paulus était né à Owari (Japon).

Marié, il fut membre du Tiers-Ordre franciscain et catéchiste. 

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

Paulus Miki

1564-1597

 

Paulus était né en 1564 à Awa (île Shikoku, Ōsaka, Japon) et fut baptisé à cinq ans, avec ses parents. Le père était capitaine et vassal de Oda Nobunaga, un des premiers unificateurs du Japon.

Les parents envoyèrent leur fils étudier au petit séminaire dirigé par les Jésuites à Kyushu, transféré par la suite à Takatsuki.

En 1586, Paulus entra au novicat jésuite, à Arie.

Il fit la profession en 1588 et poursuivit les études à Arnakusa et Nagasaki. Si le latin lui posa assez de problèmes, il se montra excellent catéchiste et prédicateur ; il n’était pas encore prêtre, qu’il participait déjà à des débats avec des non-chrétiens.

En 1592, il fut assistant du Provincial à Ōsaka et, par sa prédication, conquit déjà des Samurai. Mais la persécution commença.

L’arrestation du père Martín de l’Ascension et d’autres Compagnons eut lieu le 8 décembre 1596. Japonais, Paulus ne fut pas arrêté, mais il insista lui-même pour partager le sort des pères Jésuites.

On les mit en prison à Miyako, puis Osaka, Sacay et Facata, avant de parvenir à Nagasaki. En chemin, Paulus profitait plutôt de ce «voyage» pour exhorter les gens à se convertir au Christ.

Le 8 janvier 1597, ils furent tous condamnés à mort. 

Le 5 février 1597, peu avant de mourir en croix, Paulus renouvela ses vœux de religieux. Une fois crucifié, il continua de prêcher la foi chrétienne et pardonnant aux bourreaux : Arrivé au terme où vous me voyez, dit-il, je ne pense pas qu'aucun de vous me croie capable de trahir la vérité. Eh bien ! Je vous le déclare, il n'y a pas d'autre moyen de salut que la religion chrétienne. Je pardonne aux auteurs de ma mort ; je les conjure de recevoir le baptême.

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Martín de Loinaz y Amunabarro (Aguirre)

1567-1597

 

Il n’y a aucune certitude sur l’origine de Martín. Il était certainement du Guipuzcoa (Pays basque espagnol), et était né vers 1567.

Pour certains, il était de la famille Loinaz y Amunabarro, à Beasain ; pour d’autres, de la famille Aguirre à Vergara.

L’unique certitude est qu’il prit l’habit franciscain, et le nom de Martín de l’Ascension. Ensuite, les faits sont plus précis.

Il étudia à Madrid, et c’est là qu’il aurait entendu la vocation missionnaire ; il fut ordonné prêtre en 1590.

Il fut professeur de philosophie à Madrid, puis à Alcalá de Henares, lorsque parut une «demande de volontaires» pour les missions.

Un premier départ eut lieu en 1592, qui s’acheva par un retour à la maison, après de fortes tempêtes et de lourdes pertes dans la flotte.

Un nouveau départ eut lieu en 1593, et le père Martín s’embarqua pour le Mexique ; ils étaient cinquante Religieux.

A Mexico, il enseigna pendant un an, puis repartit pour les Philippines en 1594, où il enseigna encore philosophie et théologie, de façon si magistrale qu’on ne lui permit pas facilement de repartir pour le Japon.

Il y parvint enfin en 1596.

Après quelques jours à Nagasaki, il fut au couvent de Miyako (Kioto) et apprit la langue, suffisamment rapidement pour pouvoir aborder les malades. Puis il passa à Osaka, comme supérieur du couvent.

L’arrestation du père Martín et d’autres Compagnons eut lieu le 8 décembre 1596.

Le 8 janvier 1597, ils furent tous condamnés à mort. 

Le martyre eut lieu le 5 février 1597.

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Ioannes Kinuya

1568-1597

 

Gabriel était né en 1568 à Kyōto (Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain et catéchiste. 

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Francisco Blanco Pérez

1570-1597

 

Il naquit à Santa María de O Tameirón ou dans les environs (Monterrey, Galice, Espagne). Il semble qu’il n’ait été baptisé qu’à sept ans, en 1577. Ses parents étaient Antonio Blanco et Catalina Pérez.

Des «histoires» ont circulé sur son enfance. 

Il s’amusait à prendre du grain dans des champs pour donner aux oiseaux ; quand les maîtres s’en plaignirent à son père, il lui répondit de ne pas s’inquiéter : ce furent justement ces champs-là qui donnèrent la meilleure récolte.

Une autre fois, la charrette de grain se renversa avec les bêtes qui la tiraient et toute la récolte était par terre. Le temps que le papa appelât des hommes du village pour l’aider, ils trouvèrent le petit Francisco en train de faire avancer les bêtes et la charrette, comme si rien ne s’était passé. Et quand le papa lui demanda qui l’avait aidé, il répondit que c’était le Bon Dieu, et qu’il s’était seulement cassé un ongle.

Il fit d’excellentes études d’abord à Verín, puis à Salamanque. De là, il abandonna les études pour entrer chez les Franciscains de Villalpando en 1586.

On lui confia l’infirmerie, et il montra la plus grande diligence envers les malades, toujours avec douceur.

Ce fut un Religieux particulièrement innocent d’âme, si pur que, lorsqu’on apprit la nouvelle de son martyre, on dit qu’il avait conquit trois couronnes : le martyre, la sainteté et l’innocence.

Après la profession (1587), il reprit les études à Salamanque, mais en s’imposant de telles mortifications qu’il en perdit la santé ; on l’envoya se reposer à Pontevedra.

Là, il rencontra un Confrère qui allait partir pour les Indes. Il voulait l’accompagner, mais sa santé n’était pas rétablie. Il imagina alors d’aller coucher neuf nuits de suite dans le cimetière, sur la tombe de Juan de Navarrete, un Religieux mort en odeur de sainteté : le neuvième jour, il était en pleine forme.

Il n’était que diacre quand il put enfin partir pour les missions d’Extrême-Orient (1593). Le voyage se faisait par le Mexique, où Francisco reçut l’ordination sacerdotale (car il n’y avait pas encore d’évêque à Manille) et l’on parvint enfin à Manille, où il acheva ses études de théologie avec le père Martín de l’Ascension, avec lequel il allait passer au Japon et y partagerait bientôt le martyre.

Francisco fut à Miyako, où il s’occupa de la léproserie et surtout, en trois mois, apprit la langue. Pour lui nous, les religieux, nous n’avons pas de patrie ; ma patrie actuelle est le Japon, et mes compatriotes, les Japonais. Le père Martín parla au Supérieur des Philippines de la facilité quasi miraculeuse que Francisco eut à apprendre le japonais, qui lui semblait un jeu d’enfant.

 

L’arrestation du père Martín et d’autres Compagnons eut lieu le 8 décembre 1596.

Le 8 janvier 1597, ils furent tous condamnés à mort. 

Le martyre eut lieu le 5 février 1597.

Il se pourrait que Francisco soit l’unique Saint de Galice.

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

Felipe de las Casas y Martínez

1572-1597

 

Felipe naquit à Mexico en 1572, aîné des onze enfants de Alfonso de las Casas et Antonia Martínez, des parents espagnols. Le papa était parent du célèbre Religieux missionnaire, Bartolomé de las Casas.

Le petit Felipe était vif et espiègle. Il étudia à Mexico et s’intéressa à l’artisanat de l’argent, de sorte que, plus tard, les gens du métier le prirent comme Patron.

Il dut commettre quelques désordres : sa famille l’expulsa. Il se réfugia dans un couvent franciscain, mais en ressortit et retomba. A vingt-et-un ans, Felipe s’en alla aux Philippines, en quête d’aventures. Mais ses «aventures» le menèrent au couvent des Franciscains de Manille, où il prit le nom de Felipe de Jésus.

Un an après, il fit la profession (1593). Trois ans après, il devait recevoir l’ordination sacerdotale : il repartit pour cela à Mexico, car les Philippines n’avaient pas encore d’évêque.

En réalité, le voyage fut des plus mouvementés, et le bateau arriva… au Japon, où commençait justement la persécution.

Felipe fut à Miyako et partagea désormais le sort des Martyrs.

Le 8 janvier 1597, ils furent tous condamnés à mort. 

Le martyre eut lieu le 5 février 1597.

Felipe était mal attaché à la croix, de sorte que l’anneau du cou l’étouffait ; on lui donna tout de suite deux coups de lance dans la poitrine ; il mourut en répétant : Jésus !

Il est le premier Saint du Mexique.

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Gabriel de Ise

1577-1597

 

Gabriel était né en 1577 à Ise (Mie, Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain et catéchiste. 

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Ioannes Soan de Gotō

1578-1597

 

Ioannes était né en 1578 à Fukue, croit-on (Gotō-rettō, Nagasaki, Japon), de parents chrétiens.

Il fréquenta les Jésuites et montra une telle facilité à assimiler l’enseignement, qu’il fut envoyé à Osaka pour aider là le responsable et pour former les néophytes.

Quand la maison fut attaquée par des soldats, il aurait pu s’évader et se mettre à l’abri, mais il préféra partager le sort de la Compagnie de Jésus. Il emballa rapidement et mit en sécurité tous les objets sacrés de la chapelle, dont il avait la charge.

Puis, grâce aux bons soins de Paulus Miki, comme messager et interprète, il demanda à être admis à la profession de l’Ordre. La réponse favorable lui parvint quelques jours plus tard. Pour s’en rendre plus digne, il s’efforça de supporter avec empressement et avec joie tout ce qui pouvait arriver de désagréable durant le transfert de Miyako à Nagasaki.

L’arrestation du père Martín de l’Ascension et d’autres Compagnons eut lieu le 8 décembre 1596, et Ioannes fut du nombre.

La sentence de mort fut émise un mois plus tard.

Quand Ioannes arriva devant sa croix, il sauta de joie. On vit alors arriver son père, serein, qui ne montrait ni larmes ni douleur : au contraire, heureux de la joie de son fils. Ioannes l’embrassa et l’exhorta à tout laisser pour penser à son salut éternel, comme lui-même l’avait fait jusque là ; et son père de lui répondre : Mon cher fils, reste bien courageux et constant ; tu vas mourir pour le Christ, pour la Foi ; je vais m’empresser de l’annoncer à ta mère ; sache que, s’il est possible, nous n’avons pas envie d’une autre mort pour nous deux. Ioannes l’en félicita, lui remit son chapelet ainsi qu’un autre petit souvenir pour sa mère. Le père resta sur place et ne se retira qu’après avoir recueilli le sang de son fils.

Ioannes montra la constance que souhaitait son père ; il encouragea aussi les autres Martyrs, jusqu’au moment où, devant recevoir le dernier coup de lance fatal, il répéta une dernière fois les noms de Jésus et Marie.

Le 5 février 1597 eut lieu ce martyre. Ioannes allait avoir dix-neuf ans.

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Thomas Kozaki

1582-1597

 

Thomas était né en 1582 à Ise (Mie, Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain. 

C’était le fils de Michaël Kozaki, martyrisé le même jour.

Il avait quinze ans.

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Antonius de Nagasaki

1584-1597

 

Antonius était né en 1584 à Nagasaki (Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain. 

Au moment de son martyre, Antonius résista aux larmes de ses parents et aux promesses du magistrat : Je méprise vos promesses et la vie elle-même : je désire être attaché à la croix pour l'amour de Jésus crucifié. 

Du haut de sa croix, il chanta d'une voix angélique le psaume 112 qu’il avait appris par-cœur : Laudate, pueri, Dominum (Enfants, louez le Seigneur), et il eut le cœur percé d'une lance au Gloria Patri, qu'il alla chanter dans le Ciel.

Il avait treize ans.

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Ludovicus Ibaraki

1584-1597

 

Ludovicus était né en 1584 à Owari (Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain. 

Il était peut-être fils (ou jeune parent) de Paulus Ibaraki, martyrisé le même jour.

Au moment de son martyre, il fut invité par un assistant païen à renoncer à sa foi. Fermement il lui répondit : C'est toi qui devrais te faire chrétien, puisqu'il n'y a pas d'autre moyen de salut.

Il avait treize ans.

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Françoise Mézière

1745-1794

 

Françoise naquit et fut baptisée le 25 août 1745 à Mézangers (Mayenne), de René qui eut six enfants de sa première épouse, Françoise Rousseau, et trois autres de sa seconde épouse, Marie Heurtebise. A nouveau veuf, il épousera Marie Coutelle.

René Mézière, outre qu’excellent chrétien, était un agriculteur actif et consciencieux : il fit quadrupler le rendement de sa ferme, qui appartenait à l’abbaye bénédictine d’Evron ; en reconnaissance, l’économe de l’abbaye fit reconstruire la maison de René, La Maulorière.

1749 fut l’année de la mort de la première épouse et du remariage avec Marie, qui mourut à son tour en 1754. En neuf ans, la petite Françoise vit donc mourir sa mère et sa belle-mère, ainsi que sa sœur aînée.

En 1758 eut lieu le troisième mariage de René Mézière, avec Marie Coutelle ; celle-ci avait une cousine, Marguerite Coutelle, qui s’occupait à la paroisse Saint-Léger de la petite école fondée par le curé.

En 1768, à vingt-trois ans, Françoise exprima son désir d’apostolat. Elle se joignit à la petite école d’Evron, fondée par l’abbé bénédictin, et aux équipes charitables qui œuvraient selon l’esprit de s. Vincent de Paul (v. 27 septembre).

En 1770, Marguerite Coutelle appela Françoise pour se faire aider. Françoise montra des dons remarquables pour enseigner, mais aussi pour soigner toutes sortes de blessures ainsi que pour tenir la sacristie. Elle deviendra la directrice de l’école à la mort de Marguerite en 1772. 

Arriva la cruelle période de la Révolution. Françoise refusa évidemment de prêter le serment constitutionnel et ne put continuer d’enseigner, mais elle poursuivit ses activités auprès des malades. Les prêtres durent se cacher ou partir pour Laval et Françoise se trouva bien seule.

Elle s’activa au milieu de tous les dangers, pour servir d’intermédiaire entre le curé et les malades. Lors de la retraite de l’armée vendéenne, elle soigna des soldats blessés. Deux de ceux-là furent arrêtés avec elle dans le nuit du 4 au 5 février 1794. Elle fut conduite à Evron, de là à Laval avec les deux soldats, escortés par des gardes à cheval.

Les registres du procès ont, comme par hasard, disparu. Voici l’accusation : 

Françoise Mézière, sœur de la charité de la commune de Saint-Léger, district d’Evron, arrêtée et accusée d’avoir nourri pendant neuf jours deux brigands réfugiés dans une cabane ; d’avoir soigné religieusement les blessures de l’un d’eux et de lui avoir apporté tous les secours dont elle était capable, secours qu’elle avait refusé à d’intrépides volontaires ; de ne pas vouloir révéler en outre une autre cabane en laquelle, comme tout semble l’affirmer, sont cachés sept autres brigands ; d’avoir observé le plus grand silence à ce sujet envers la municipalité ; d’avoir refusé de prêter serment de fidélité aux lois de la patrie ; d’avoir des milliers de fois, comme une autre vipère de l’espèce sacerdotale, vomi outrageusement des invectives contre le système républicain.

Il est évident que Françoise n’aurait jamais «refusé à d’intrépides volontaires» les secours de la charité : on aurait produit les intéressés pour témoigner.

L’énoncé des accusations portait en lui-même l’énoncé de la condamnation : Françoise fut condamnée à mort. Elle reçut cette condamnation en faisant une révérence aux juges, les remerciant de lui procurer le bonheur d’aller directement au Ciel. A quoi, un des juges eut encore le front de rétorquer : Puisque tu vas voir ton bon Dieu, présente-lui mes félicitations !

Françoise fut donc guillotinée à Laval le 5 février 1794 et béatifiée en 1955.

 

 

Elisabetta Canori Mora

1774-1825

 

La famille Canori était très chrétienne. Le père, Tommaso, gérait plusieurs fermes agricoles ; des quatorze enfants qu’il eut avec son épouse, Teresa Primoli, six moururent en bas âge. 

Elisabetta naquit à Rome le 21 novembre 1774, jour de la Présentation de Marie au Temple. Elle a cinq frères et une sœur (Maria) aînés, et aura une petite sœur (Benedetta).

Tommaso Canori était un bon propriétaire, et cherchait à gérer ses propriétés avec gentillesse, mais on abusa de sa bonté et des créditeurs le mirent en difficulté. De mauvaises récoltes s’ajoutèrent aux difficultés et le papa finit par confier ses deux petites filles à son frère.

Ce dernier les confia à son tour aux Religieuses augustiniennes de Cascia (le célèbre monastère où vécut sainte Rita, v. 22 mai). Elisabetta s’insère parfaitement dans l’atmosphère monastique.

Revenue à Rome, elle eut une vie quelque peu mondaine, qu’elle jugera plus tard sa «trahison». 

Grâce à la bienveillance d’un bon prélat qui s’offre pour payer les frais de pension, Benedetta entre chez les Oblates de Saint Filippo Neri, mais Elisabetta préfère rester dans le monde, aux côtés de sa famille en difficulté. Elle se marie en 1796 avec Cristoforo Mora.

Cristoforo est un excellent garçon chrétien, avocat, mais faible : il trahit son épouse. Elisabetta supporte l’épreuve sans se plaindre, espérant toujours une conversion ; à ce coup dur s’ajoute que ses deux premiers enfants meurent peu après la naissance.

Pour payer les énormes dettes de son mari, Elisabetta vend tous ses bijoux, qui d’ailleurs ne suffisent pas. Cristoforo, de son côté, devient grossier. Ses parents, par mesure d’économie, lui proposent de quitter son bel appartement et de venir habiter chez eux avec son épouse. Elisabetta accepte encore cette épreuve qui rompt toute intimité conjugale et familiale, l’offrant pour la conversion de son mari.

Une quatrième naissance, heureuse, vient adoucir cette vie rude. Mais une maladie terrasse Elisabetta, qui en guérit «miraculeusement». Ce sera le point de départ d’une vie encore plus intérieure. Elle prend la résolution de ne jamais se fâcher et de s’imposer une vie de mortification.

Elle doit supporter les accusations de ses belles-sœurs, qui la rendent responsable des écarts de son mari. Celui-ci en vient même à la menacer d’un couteau.

Quand meurt le beau-père (1812), la famille la met à la porte. Nouvelle épreuve, mais aussi occasion de se retrouver avec elle-même.

Elle doit travailler de ses mains pour vivre. Elle élève très chrétiennement ses filles, et en même temps ouvre son logis aux pauvres. Elle visite les malades, elle prie. Elle assiste particulièrement les familles en difficulté. Finalement elle entre dans le Tiers-ordre des Trinitaires, un Ordre fondé à la fin du 12e siècle pour obtenir la libération des captifs.

La «sainteté» d’Elisabetta devient connue ; elle fait des miracles, elle a des expériences mystiques (extases, prophéties), mais conserve son style de vie modeste, discret. Elle s’offre pour la conversion de son époux, pour le pape, pour l’Eglise et la ville de Rome.

A Noël 1824, l’œdème la frappe de nouveau. Elle sait que ce sera sa dernière maladie. Elle a la joie de voir son mari reprendre sa place à la maison ; il reste de longues heures auprès d’elle. Pleine d’amour, elle lui prédit même qu’il reviendra pleinement à Dieu.

Elle meurt le 5 février 1825, le soir. Mais son mari, comme de coutume, n’est pas là à cette heure-là. Il revient à l’aube, et la trouve morte. Là commence sa vraie conversion.

Comme elle le lui avait prédit, son mari se convertit, entre dans le même Tiers-ordre trinitaire, puis chez les Franciscains Conventuels et devient prêtre. Il mourra en 1845, le 8 septembre, jour de la Nativité de Marie, une fête chère à Elisabetta.

Elisabetta Canori Mora a été béatifiée le 24 avril 1994.

 

 

Jesús Méndez Montoya

1880-1928

 

Ce prêtre mexicain naquit à Tarímbaro (Michoacan) le 10 juin 1880, de parents pauvres, Florentino Méndez et María Cornelia Montoya.

Baptisé le 12 juin, il reçut la Confirmation le 12 septembre 1881, selon la coutume de l’époque.

Après l’école communale, il entra au séminaire de Morelia en 1894, où il étudia avec persévérance. Des paysans de son village participèrent aux frais de ses études.

Il reçut le diaconat en 1905, et le presbytérat en 1906. 

Une fois ordonné prêtre, il fut vicaire successivement à Huetamo, Pedemales, enfin à Valtierrilla (Guanajuato). Dans les deux premiers postes, son zèle lui provoqua un sérieux arrêt de santé, car il s’était fatigué jusqu’à l’épuisement.

Ce fut un prêtre tout à tous, qui passait de longues heures au confessionnal, où les chrétiens venaient volontiers recevoir ses bons conseils. Il fonda diverses associations ou confraternités, pour l’apostolat de la prière, l’adoration perpétuelle. 

Il n’hésitait pas, tout en se cachant quand il le fallait, à baptiser et célébrer de nuit, visitant les malades de jour, remplaçant autant que possible les autres prêtres qui étaient obligés de sa cacher et de changer de localité pour échapper aux recherches.

Il vivait pauvrement, avec les familles pauvres du village. 

Il monta aussi une belle chorale, grâce à ses dons musicaux, pour rehausser la liturgie.

Le 5 février 1928, les troupes fédérales entrèrent dans le village dans l’intention d’éliminer un groupe de cristeros qui avaient pris les armes, et se dirigèrent vers la maison du prêtre. Jesús, lui, n’avait jamais touché à une arme. A ce moment précis, il venait de terminer la célébration de la messe. Lui qui portait le nom de notre Seigneur, s’identifia au Maître jusqu’au bout.

Il s’empara d’un ciboire contenant les saintes hosties de l’Eucharistie, et tenta de sortir par une fenêtre du presbytère, qui se trouvait juste à côté du clocher de l’église. Les soldats, qui ne le connaissaient pas, pensèrent que c’était un cristero, et qu’il cachait une arme, mais Jésús montra qu’il n’avait pas d’armes. 

Les soldats lui demandèrent : C’est vous le Curé ? et il répondit : Oui, c’est moi. Ils l’arrêtèrent. Et lui, gentiment : Les Hosties consacrées, vous n’en avez pas besoin, laissez-les moi et il demanda aux soldats juste le temps de les consommer. Ils le lui permirent et il s’agenouilla pour communier. Puis les soldats : Nous n’avons pas besoin de choses précieuses, donnez ça aux vieilles (voulant dire qu’il n’avait qu’à remettre le ciboire à sa sœur qui était là, Luisa, ainsi qu’à sa domestique, María Concepción). Jesús leur remit le ciboire en disant : Prenez-en soin, et laissez-moi, c’est la volonté de Dieu. Puis se dirigeant vers les soldats : Faites de moi ce que vous voulez ; je suis prêt. 

Six ou huit soldats le menèrent un peu plus loin de la place, le mirent assis sur un tronc qui se trouvait là, entre deux soldats. Le capitaine voulut tirer, mais son pistolet ne fonctionna pas ; il ordonna aux soldats de tirer ; ils s’y prirent par trois fois, sans y arriver (peut-être firent-ils exprès…), alors le capitaine, furieux, ordonna à Jesús de se lever, le fouilla, lui arracha un crucifix et une médaille qu’il portait au cou, le mit à côté d’un agave, et lui tira dessus. Le père Jesús tomba, mort. Il pouvait être sept heures du matin, de ce 5 février 1928.

L’après-midi, vers quinze heures, on ramassa le corps du prêtre martyr pour le porter à Cortazar, où les soldats le mirent contre la voie ferrée, pour que le prochain train pût le déchiqueter, non sans avoir fait défiler là toutes les personnes qu’ils avaient arrêtées. Toutefois, les épouses des officiers vinrent retirer le corps du Martyr pour le reporter à un autre endroit, où les soldats voulurent le jeter dans le fumier des chevaux. Mais les femmes s’y opposèrent encore une fois, et c’est alors qu’un pieux monsieur, Elías Torres, demanda le corps pour l’ensevelir, et on le lui concéda.

Le père Jesús fut alors dignement enseveli à Cortazar, avant d’être reporté à l’église de Valtierrilla cinq ans plus tard.

Il a été béatifié en 1992 avec ses vingt-cinq Compagnons mexicains martyrs, et canonisé en 2000. Leur fête commune est au 21 mai, mais le dies natalis de Jesús Mendez Montoya est au 5 février.

 

 

Primo Andrés Lanas

1877-1937

 

Né le 7 février 1877 à Maeztu (Alava, Pays Basque, Espagne) de Román et Isidra, il reçut au baptême le nom de Primo.

En 1912 il entra chez les Hospitaliers de Saint Jean de Dieu, prenant le nom de Trinidad.

Après la profession, il fit partie de diverses communautés, avant d’être supérieur à l’hôpital psychiatrique de Palencia en 1922 et, finalement à partir de 1936, économe de San Rafael à Madrid.

On a retenu de lui cet enseignement : Les biens de la terre durent bien peu et, d’habitude, sont des pièges ; les biens spirituels, par contre, sont pour toujours, éternels. Retenez bien ça : éternels !

Ce Religieux fidèle, scrupuleux, dut, le 25 octobre 1936, quitter avec sa communauté l’hôpital de Madrid, qui fut plusieurs fois fouillé par les révolutionnaires, et transformé en prison.

Expulsé de son hôpital, il se réfugia chez des amis dans Madrid et, grâce à un sauf-conduit basque, se déplaçait assez facilement pour aller retrouver et encourager d’autres Frères dispersés.

Reconnu cependant, il fut arrêté et martyrisé à Madrid le 5 février 1937, deux jours avant son soixantième anniversaire.

On n’a pas retrouvé son corps. Seule une photographie le montrant blessé à la tête et à une main, fut la preuve qu’il avait été assassiné.

Le père Primo fut béatifié en 2013.

 

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Published by samuelephrem - dans 02-février
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