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7 février 2020 5 07 /02 /février /2020 00:00

07  FEVRIER

 

III.

S Maximus, évêque à Nole, prédécesseur de s.Félix.

?

S Théopempte, martyr en Grèce.

IV.

S Chrysole (Chryseuil), arménien venu à Comines, martyr.

S Augule (Aule), évêque à Londres et martyr.

S Adauctus, questeur romain, martyr en Phrygie.

S Parthenios, évêque à Lampsaque, thaumaturge.

Ste Iuliana, veuve à Florence . 

S Moïse, solitaire puis évêque en Egypte.

VI.

S Fidèle, évêque à Mérida, venu d’Orient.

S Meldan, ermite irlandais, peut-être aussi évêque.

S Tresanus, d’une famille irlandaise de dix enfants, installé près de Reims comme porcher, ordonné prêtre par s.Remi, actif à Mareuil-sur-Marne.

S Lorenzo Maiorano, évêque à Siponto du temps de l’apparition de s. Michel au Monte Gargano ; il y édifia un sanctuaire en son honneur.

VIII.

S Richard, roi anglais, père des ss. Winebald, Willibald et Walburge, mort subitement à Lucques, au cours de son pèlerinage à Rome.

S Amulwin, abbé à Lobbes.

X.

S Lucas le Jeune, thaumaturge, solitaire en divers endroits de Grèce.

XIII.

B Rizziero, disciple de s. François d’Assise.

XV.

B Antonio de Stroncone, franciscain thaumaturge à Fiesole, aux Carceri (Assise).

XVI.

B Thomas Sherwood, martyrisé à Londres avant même ses études théologiques.

Bx Jacques Salès et Guillaume Saultemouche, un prêtre et un frère jésuites, dévôts de l’Eucharistie, martyrisés un dimanche à Audenas.

XIX.

S Francesco Pontillo (Egidio Maria de Saint-Joseph), franciscain très humble à Naples, canonisé en 1996.

S Francesco Maria (Giovanni) Lantrua, franciscain de Triora, martyr en Chine, un des cent-vingt canonisés en 2000 et fêtés le 9 juillet.

Bse Jeanne Marie Rendu (Sœur Rosalie), des sœurs de la Charité, active à Paris, béatifiée en 2003.

Bse Eugénie Smet (Marie de la Providence), fondatrice de la société des Auxiliatrices des âmes du purgatoire, qui gagnèrent même la Chine du vivant de la fondatrice.

B Pie IX (1846-1878), le pape qui proclama le dogme de l’Immaculée Conception et convoca le concile de Vatican I, béatifié en 2000.

Bse Anna Maria Adorni Botti, veuve italienne, fondatrice des Servantes de l’Immaculée, béatifiée en 2010.

XX.

Bse Ludwika Szczęsna (Klara, 1863-1916), co-fondatrice polonaise des Servantes du Sacré-Cœur de Jésus, béatifiée en 2015.

Bx Anselmo Polanco Fontecha (*1881), évêque à Teruel, martyr en 1939 avec son vicaire général Felipe Ripoll Morata (*1878) après un emprisonnement de plus d’un an, béatifiés en 1995. Ils sont les deux derniers martyrs de cette sombre période de l’histoire espagnole.

B Wojciech Nierychlewski (1903-1942), prêtre polonais de la congrégation de Saint-Michel, martyr au camp d'Auschwitz, béatifié en 1999.

B Alfredo Cremonesi (1902-1953), missionnaire italien martyrisé en Birmanie, béatifié en 2019.

B Petro Verhun (1890-1957), prêtre gréco-catholique ukrainien, visiteur apostolique en Allemagne et relégué en Sibérie, martyr béatifié en 2001.

Maximus de Nole

† 251

 

Il y a eu deux évêques de Nole nommés Maximus : l’un du deuxième siècle, l’autre de la fin du troisième siècle, celui dont on va parler ici, quoique nous n’ayons de lui que fort peu de détails.

Il fut le treizième évêque du siège de Nole (Naples, Campanie, Italie SW).

Dans la notice de Felix de Nole (v. 14 janvier), on a vu comment ce dernier fut ordonné prêtre par l’évêque Maximus.

Vers 250, l’évêque Maximus, déjà malade, par prudence pour son troupeau diocésain, se cacha au moment de la persécution, confiant à Felix le soin des fidèles.

Les persécuteurs vinrent donc arrêter Felix et on l’enferma dans un cachot infect jonché de têts de pots cassés. Ici se renouvela l’intervention racontée dans Ac 12:1-11 : un ange vint libérer Felix et le conduisit immédiatement auprès de Maximus, épuisé de soucis et de privations, mourant.

Felix approcha des lèvres de Maximus une grappe de raisin, qui le réconforta beaucoup ; Felix le prit sur ses épaules et le reconduisit à sa maison, où une sainte femme l’entoura de ses soins.

Maximus mourut bientôt après, peut-être peu de temps après l’arrêt de la persécution (251).

Saint Maximus de Nole est commémoré le 7 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Parthenios de Lampsaque

4e siècle

 

Parthenios naquit à Melitopolis (Mysie, act. Melitopol, Ukraine SE), sur la Mer d’Azov.

Son père, Christodule (adorateur du Christ), était un diacre.

Parthenios resta ignorant des lettres humaines, mais très savant à propos de l’Ecriture.

Son humble métier consistait à pêcher et à vendre le produit de son travail au profit des indigents.

Vers dix-huit ans, Dieu lui accorda le don des miracles, et particulièrement celui de chasser les démons.

L’évêque Philippos de Melitopolis alors, constatant les vertus de ce nouvel exorciste, lui conféra le sacerdoce.

Parthenios exerça son pouvoir divin aussi pour les animaux : un chien enragé qui venait de rompre sa chaîne, mourut d’un signe de croix que traça Parthenios.

Puis Parthenios fut sacré évêque de Lampsaque (Phrygie, act. Lapseki, Turquie W), dont il convertit la population encore païenne, par ses exhortations patientes, ses prières et surtout ses miracles.

Il obtint de l’empereur Constantin de l’aide matérielle pour édifier une église. Lors des travaux, un ouvrier, Eutychianos, fut renversé sous les roues d’un chariot ; Parthenios le fit ressusciter.

Un autre miracle significatif et édifiant vaut la peine d’être raconté ici : Parthenios était allé rendre visite à l’évêque d’Héraclée (Thrace), qui était très malade ; mais Parthenios sut par une inspiration divine l’origine de ce mal : l’avarice de l’évêque ! Il le supplia de restituer à Dieu le bien des pauvres ; le malade convoqua tous les pauvres dans une église, leur distribua tous ses biens, et guérit trois jours après.

Un jour que Parthenios était en train de chasser un démon, il lui dit : Je connais un homme qui pourrait te recevoir. Et le démon : Qui donc ? Parthenios : Moi ! Le démon alors s’enfuit en hurlant : Comment pourrais-je entrer dans la maison de Dieu ?

On suppose avec juste raison que Parthenios participa au concile de Nicée (325), même si l’on n’en a pas de preuve matérielle.

Saint Parthenios de Lampsaque est commémoré le 7 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Iuliana de Florence

4e siècle

 

Iuliana (les Italiens écrivent aujourd’hui Giuliana) était peut-être originaire de Bologne.

Devenue veuve, elle fit construire une basilique à Florence. Cette basilique existait du temps de l’épiscopat de s.Ambroise (v. 7 décembre) et fut donc édifiée au plus tard dans les années 370-380.

C’est l’unique date, et bien approximative, qu’on peut avancer concernant Iuliana.

L’ancien Martyrologe parlait de Iuliana de Bologne, l’actuel de Florence.

Sainte Iuliana de Florence est commémorée le 7 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Moïse évêque en Egypte

315-389

 

Si Moïse conduisit le Peuple de Dieu d’Egypte en Terre promise, celui dont il est question ici est un Egyptien, né vers 315, peu de temps après la paix constantinienne, de parents qui sans doute étaient chrétiens.

Mais si Moïse ne reçut pas tout de suite le baptême, il se convertit certainement de très bonne heure. 

Il choisit de se retirer dans la solitude du désert situé entre l’Egypte et la Palestine.

Dieu récompensa ses grandes vertus par le don des miracles, si nombreux qu’il devint célèbre malgré lui.

En 377, la reine saracène Mauvia (en arabe Mâwiiya) s’attaqua aux Romains présents en Syrie et au Liban, réussissant à plier l’empereur Valens, qui dut traiter avec elle. Une des clauses était celle-ci : les Saracènes cesseraient leurs raids s’ils obtenaient un évêque propre, et particulièrement notre Moïse. 

Valens, qui appuyait les hérétiques ariens, tenta de faire consacrer Moïse par Lucius, l’évêque (hérétique) d’Alexandrie, mais Moïse s’y refusa énergiquement. Il fut consacré par un des évêques orthodoxes (fidèles au Credo de Nicée), que Valens lui-même avait envoyés en exil dans le désert du Neguev.

On ne sait pas précisément de quel siège Moïse fut évêque, mais on croit volontiers qu’il fit beaucoup de conversions, défendant la pureté de la foi catholique.

On croit qu’il mourut vers 389.

Saint Moïse, évêque en Egypte, est commémoré le 7 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Lorenzo Maiorano de Siponto

460-545

 

Les troupes du roi goth Theodoric avaient apporté bien des troubles dans la région des Pouilles (Italie) à la fin du 5e siècle. A cette époque, la région de Siponto était encore sous la juridiction de l’empereur d’Orient.

Peu avant 490, les habitants demandèrent un nouvel évêque à l’empereur Zénon de Constantinople. Ce dernier désigna un parent, connu comme Lorenzo Maiorano.

De celui-ci, on sait peu de choses. Son nom n’a rien d’oriental. Sa date de naissance reste hypothétique.

Lorenzo vint d’abord se présenter au pape Gélase, qui le consacra ; il apportait aussi avec lui de précieuses reliques, et surtout une icône mariale, et fut accueilli avec enthousiasme.

Si Lorenzo remplit saintement sa charge et fit construire une église en l’honneur de saint Pierre, il est surtout resté célèbre dans l’histoire pour sa position au cœur de l’apparition de l’archange saint Michel au Monte Gargano.

D’après les récits anciens, un habitant de l’endroit, certain Elvio Emanuele, en 490, perdit un taureau, le plus beau de son troupeau. La bête s’était réfugiée dans la «caverne des mages», repaire d’un mystérieux mage. Elvio, ne pouvant retirer l’animal, pensa le tuer, mais la flèche qu’il lui décocha, revint à lui comme un boomerang. Il en parla à l’évêque Lorenzo, qui lui conseilla de prier et jeûner pendant trois jours.

Passé ce délai, saint Michel apparut en songe à Lorenzo, lui demandant d’ouvrir la grotte au culte chrétien. Mais Lorenzo jugea prudent d’attendre que cette grotte fût libérée du culte païen. Deux ans plus tard, quand la ville fut assiégée par Odoacre, Lorenzo demanda à celui-ci et obtint trois jours de trêve pour la population : saint Michel lui apparut alors de nouveau, promettant qu’il aurait aidé les habitants s’ils attaquaient l’envahisseur. Au bout des trois jours, les Sipontins attaquèrent, et une pluie de grêle et de sable mit en fuite les barbares. Lorenzo alors organisa une procession jusqu’à la grotte (mais sans y entrer) et demanda ensuite au pape quoi faire. Le pape ordonna un jeûne de trois jours, au terme desquels Lorenzo aurait dû consacrer la grotte et l’ouvrir ainsi au culte chrétien. A la suite d’un nouveau songe, saint Michel dit à Lorenzo que le lieu était déjà consacré par sa présence, et qu’il suffisait de prendre possession de la grotte, qui fut alors consacrée à l’archange saint Michel, le 29 septembre 493. C’est l’origine de la fête actuelle du 29 septembre.

Plus tard Lorenzo aurait recouru aussi à l’intercession de saint Michel pour repousser une invasion ; il aurait prophétisé la guerre avec les Goths ; Totila lui aurait fait envoyer un cheval que personne n’arrivait à dompter, et qui se soumit immédiatement à Lorenzo ; Siponto fut alors épargnée.

L’évêque Lorenzo mourut à Siponto, le 7 février 545, peut-être centenaire, peut-être au retour d’un voyage de Constantinople, peut-être victime d’une nouvelle invasion barbare.

La ville de Siponto allait être détruite par les Slaves au 7e siècle et disparut lors d’un tremblement de terre en 1223 ; c’est la ville de Manfredonia, construite par le roi Manfredi, qui la remplaça.

Le pèlerinage de Saint-Michel-au-Mont-Gargano est toujours très fréquenté ; de très nombreuses grâces ont été accordées aux prières des fidèles car, comme l’avait annoncé saint Michel à l’évêque : Là, les péchés des hommes pourront être pardonnés.

L’icône de la Vierge Marie de Siponto, apportée par Lorenzo de Constantinople, a été solennellement couronnée en 1955 par le cardinal Roncalli, futur Jean XXIII (v. 3 juin).

Saint Lorenzo Maiorano est commémoré le 7 février au Martyrologe Romain.

 

 

Richard, roi

† 722

 

Richard, né en Wessex, était roi des Saxons situés à l’ouest de l’Angleterre, marié à Wuna ou Winna, une parente de saint Boniface (v. 5 juin). Ils eurent trois enfants : Winebald, Willibald et Walburge (v. 18 décembre, 7 juillet et 25 février).

Lorsque Willibald, à trois ans, fut gravement malade, il guérit par les prières de Richard. 

Il semble que Richard ait abdiqué volontairement. Sa piété le portait à entreprendre alors un long pèlerinage. Il laissa en Angleterre son épouse et la petite Walburge, qui n’avait que dix ans, et emmena avec lui ses deux garçons.

En France, il prit le temps de s’arrêter en divers endroits, Rouen d’abord, quelqu’autre monastère ou lieu de pèlerinage fréquenté et parvint à la ville italienne de Lucques. Il ne devait pas aller plus loin : il y mourut subitement et y fut enterré (722).

On verra aux dates respectives ce que devinrent alors ses deux fils et sa fille.

Les habitants de Lucques cependant, constatèrent que de nombreux miracles s’opéraient au tombeau du pieux roi, qu’ils honorèrent désormais d’un culte soigné.

Suivant le trait particulier qu’on a voulu souligner en Richard, celui-ci a été appelé Richard le Pèlerin, Richard le Saxon, Richard de Wessex, et aussi Richard de Souabe, dont il aurait été originaire d’après un autre récit moins autorisé.

Saint Richard est commémoré le 7 février au Martyrologe Romain.

L’auteur de la Chanson d’Antioche, Richard le Pèlerin, du 12e siècle, n’a rien à voir avec le roi s.Richard.

 

 

Lucas le Jeune

890-946

 

Lucas naquit vers 890 en Thessalie (Grèce), où ses ancêtres s’étaient réfugiés lors des invasions sarrasines. 

Jeune, il pratiqua des abstinences extraordinaires, que ses parents voulurent faire cesser mais, voyant qu’elles venaient chez lui d’une inspiration divine, ils le laissèrent libre de continuer.

Appliqué à la garde des troupeaux, Lucas montra une grande générosité à l’égard des pauvres. 

Désireux de mener la vie monastique, il s’éloigna un jour de la maison paternelle, mais tomba entre les mains de soldats, qui lui reprochèrent d’avoir abandonné les parents. L’épisode aurait pu se terminer de façon banale, mais le garçon affirma que c’est Dieu qui l’appelait. Les soldats alors se moquèrent de lui, le maltraitèrent, l’enfermèrent et ne lui rendirent la liberté qu’après plusieurs jours. Quand Lucas raconta son aventure aux parents, ils se moquèrent bien de lui, eux aussi.

Deux moines rentrant de Rome s’étant arrêtés sous le toit paternel, Lucas supplia ses parents de le laisser partir avec eux ; les moines le conduisirent à un monastère d’Athènes, où il reçut l’habit de novice. Mais le supérieur, ayant appris que la mère de Lucas priait pour le retour de son fils, lui conseilla de retourner chez lui. Lucas obéit.

Quatre mois plus tard, il obtint la permission de se retirer sur le mont Ioannitsis, non loin de l’isthme de Corinthe. Là, il passait les nuits en prière. Un jour qu’il voulut rendre visite à un supérieur de monastère, et qu’on cherchait à l’y retenir, il résista fortement et regagna sa solitude. Il y resta sept années.

Une invasion de Bulgares l’obligea à se réfugier plus au sud. A Patras, il se mit au service d’un stylite (solitaire vivant seul sur une colonne, séparé du monde) : ce dernier cependant, pour le mettre à l’épreuve, ne cessait pas de l’insulter et de le rouer de coups, ce que Lucas supportait humblement - et pendant dix ans.

Après cette longue épreuve, il reprit sa vie solitaire, puis regagna le mont Joannitsis, où il reçut la visite de l’évêque de Corinthe.

Lucas fut favorisé de grâces extraordinaires : miracles, connaissance des pensées secrètes et de l’avenir, expulsion des démons, qu’il chassait d’un signe de croix. A un vieux moine malade, il rappela que la maladie est utile à la perfection de l’âme, puis il le guérit.

Les années passaient, et Lucas dut changer plusieurs fois d’habitation ; il se fixa finalement à Soterium, où il resta sept années, jusqu’à la mort. Aux foules qui, désormais, venaient le voir et le consulter, il annonça sa mort et désigna l’endroit où il voulait être enseveli.

Sa dernière parole fut : En toi, Seigneur, je remets mon esprit (Ps 30:6). Il s’éteignit vers 946.

Saint Lucas le Jeune, surnommé aussi le Thaumaturge, est commémoré le 7 février au Martyrologe Romain.

Nota. Il est dit que le qualificatif de le Jeune a été donné à Lucas pour le distinguer de l’Ancien, «mort plus d’un siècle avant lui et qu’on vénère le 6 novembre», et d’autre part qu’il ne faut pas le confondre avec un autre Lucas le Jeune, stylite, «à peu près contemporain» et commémoré le 11 décembre. Nous n’avons trouvé trace ni de l’un ni de l’autre.

Rizziero de Muccia

? - 1236

 

Rizziero (on trouve parfois Rizzerio) naquit à Muccia (Marches, Italie CE) dans une famille aisée, et partit étudier à l’université de Bologne, où il se lia d’amitié avec Pellegrino de Falerone (v. 27 mars).

Un 15 août, ils y entendirent prêcher Francesco d’Assise (v. 4 octobre), à son retour de Palestine.

Touchés et convaincus par les exhortations de Francesco, ils décidèrent sur le champ d’abandonner le monde et ses tentations, pour demander à Francesco de les admettre. Ce dernier fut illuminé sur eux. A Rizziero il prédit :  Tu seras prêtre, tu exerceras l’apostolat, tu serviras Dieu et tes frères dans les charges de l’Ordre.

On note ici l’esprit franciscain de la «charge» : toute charge est un service à rendre aux frères, et non une forme de gouvernement. Un supérieur de couvent (on le nomme gardien chez les Franciscains) est là pour aider, non pour imposer son autorité.

Rizziero, donc, fut admis dans la familiarité de Francesco et devint un religieux d’une rare prudence et d’une vertu consommée.

Devenu ministre (=serviteur) provincial dans les Marches, il s’appliqua à maintenir les religieux dans la parfaite observance de la règle, surtout de la pauvreté.

Il subit une pénible épreuve : le Démon l’aveugla, lui fit croire qu’il était damné, et que Francesco ne priait plus pour lui. Il cherchait, mais en vain, à dominer cette pensée par des jeûnes et des macérations, mais rien n’y faisait. Il se décida à aller trouver Francesco lui-même, pensant : S’il me reçoit avec sa tendresse habituelle, je reprendrai espoir. Or Francesco fut divinement averti de son arrivée et envoya au-devant de lui deux Frères pour lui faire dire qu’il était l’un des Frères les plus chers à son cœur.

Ayant entendu ces bonnes paroles, Rizziero reprit courage et se hâta d’arriver auprès de Francesco, qui lui confirma ce qu’on venait de lui dire. Désormais, la tentation disparut et Rizziero vécut encore dix années dans son couvent de Muccia, plein de mérites, de miracles aussi.

Son dies natalis est maintenant au 7 février dans le Martyrologe Romain.

Le culte qu’on lui rendait a été confirmé en 1838.

 

La bibliothèque Vaticane possède un manuscrit de deux pages contenant une exhortation du bienheureux Rizziero :

Quiconque veut parvenir à la connaissance de la paix par un chemin rapide et direct, et posséder pleinement cette paix dans son âme, doit d’abord se dépouiller de l’amour de toute créature et de soi-même, ensuite s’abandonner entièrement à Dieu, sans se réserver pas même le temps, dont on se doit plus disposer selon son propres attrait, mais toujours selon l’appel de Dieu et sa sainte vocation.

 

 

Antonio Vici de Stroncone

1381-1461

 

Antonio vit le jour en 1381 à Stroncone (Italie), dans la famille des Vici. Ses parents, Lodovico et Isabella, appartenaient au Tiers-Ordre franciscain.

Il eut l’inspiration de mater son petit corps par des jeûnes, des privations, des veillées de prière. A douze ans, il obtint - non sans peine, en raison de son âge - de porter l’habit franciscain chez les Observants de Zoccolanti.

Après sa profession, il fut envoyé à Fiesole, où il se trouva sous la direction de son oncle paternel, Giovanni Vici.

Treize ans plus tard, Antonio fut nommé maître des novices en second, aux côtés de Tommaso de Florence (v. 31 octobre), qu’il assista aussi dans la lutte contre les fraticelles, des communautés isolées qui n’obéissaient à aucune autorité.

En 1431, Antonio fut nommé au couvent des Carceri d’Assise. Il devait y rester trente années, comme humble quêteur, donnant beaucoup de temps à la contemplation… et à des austérités effrayantes. Il chérissait l’obéissance envers ses supérieurs, et recherchait les occupations les plus humbles. Jamais un murmure, jamais une plainte ne sortirent de sa bouche.

Dieu lui donna le don des miracles et de prophétie.

La dernière année de sa vie, il fut appelé au couvent de San Damiano, où il mourut le 7 février 1461.

Son culte immémorial a été approuvé en 1687.

 

 

Thomas Sherwood

1551-1578

 

Les parents de Thomas eurent les premiers à souffrir pour leur foi et subirent la prison.

Thomas naquit en 1551 à Londres et, après ses premières études, aida son père qui tenait un commerce de laine, pendant une dizaine d’années.

C’était un homme d’esprit, équilibré, bien instruit dans les choses de la religion, et volontiers actif parmi les Catholiques pauvres. Fin et de bonne constitution, il se montrait toujours gai, et le resta jusqu’à son martyre.

Ressentant l’appel au sacerdoce, il prit ses dispositions pour son voyage à Douai et ses études au Collège anglais. Mais il fut trahi. Arrêté et interrogé par le juge, il déclara ne rien savoir ni de la bulle papale ni de l’excommunication de la Reine, mais ajouta qu’à son avis, si la Reine était effectivement excommuniée, ses décisions pourraient perdre leur légitimité. Pour cela, Thomas fut détenu à Westminster.

A partir du 17 novembre 1577, il fut enfermé à la Tour de Londres, dans un strict isolement qui empêchait tout contact, et s’il ne voulait pas dire ce qu’on voulait lui faire dire, il serait enfermé au cachot, avec les rats.

Il fut interrogé plusieurs fois, subit le chevalet pour avouer où il avait entendu la Messe, et qui y était présent, mais il demeura inébranlable. Il subit encore le supplice du chevalet avant d’être jeté dans un sombre et humide cachot, absolument nu, sans nourriture, et devant s’étendre sur la terre battue. Ses amis ne purent lui apporter le moindre soulagement, sauf un peu de paille, que lui fournit William Romper.

Il passa en jugement le 3 février 1578, fut reconnu coupable de haute trahison pour avoir refusé l’autorité suprême de la Reine sur l’Eglise, et fut exécuté à Tyburn quatre jours plus tard, le 7 février 1578 ; il avait vingt-sept ans.

Thomas est un de ces Martyrs anglais dont le culte fut reconnu en 1886, et qui sont désormais comptés parmi les Bienheureux.

 

 

Jacques Salès

1556-1593

 

Il naquit le 21 mars 1556 à Lezoux (Puy-de-Dôme), d’un père attaché au service de l’évêque, ce qui valut au garçon une bourse pour étudier au collège jésuite de Billom.

Jacques, unique fils de ses parents, hésita un peu avant de parler de sa vocation, car il savait que ses parents comptaient sur lui. Mais l’appel de Dieu fut plus fort.

Ayant postulé son admission, Jacques fut envoyé suivre le cours de rhétorique au Collège de Clermont de Paris, puis fit le noviciat à Verdun.

Il fit la profession en 1575 ; on l’envoya faire la philosophie à Pont-à-Mousson, repartit au Collège de Clermont d’où il sortit maître ès arts ; en même temps qu’il faisait la théologie au même Collège, il enseignait à Pont-à-Mousson.

Ordonné prêtre en 1585, son enseignement philosophique provoqua une réelle admiration ; il reçut aussi, en 1587, le doctorat en théologie.

Cette célébrité ne l’aveuglait pas ; sa dévotion allait à l’Eucharistie ; son désir, aux missions des Indes ; son aspiration suprême, au martyre.

Fin 1589, il fut envoyé se reposer à Dole (Jura), d’où il partit prêcher à Ornex, répandant la dévotion eucharistique.

En 1590, il fut nommé théologien à Tournon, d’où il «missionna» jusqu’à Valence, et Aubenas.

C’est en partant pour cette dernière localité qu’il eut un pressentiment, et se sépara d’un Confrère avec ces mots : Adieu, mon frère, priez pour nous, nous allons à la mort !

Accompagné du Frère Guillaume Saultemouche, il prêcha à l’assistance d’Aubenas, ainsi qu’aux localités voisines de Largentière, Chassiers, Ruoms. 

Un débat devait avoir lieu avec un représentant de la religion calviniste, mais il n’osa se présenter ; les protestants voulurent se venger et reprendre Aubenas.

Jacques le comprit, revint vite à Aubenas et adjura les habitants de rester fidèles. Il se réfugia chez une pieuse dame protestante, qui se convertit.

Au matin du samedi 6 février 1593, des soldats les arrêtèrent, leur demandèrent leur argent (ils n’avaient que trente sous), et les entraînèrent devant le juge.

Ils furent enfermés, on leur proposa un potage gras, qu’ils ne prirent pas car, à l’époque, on faisait maigre le samedi. Des discussions eurent lieu sur le jeûne et l’abstinence, sur l’Eucharistie, et reprirent le lendemain dimanche. 

D’après le ministre protestant, il fallait exécuter les deux Jésuites, mais les soldats s’y refusaient. On entraîna les deux prisonniers dans la rue : un coup d’arquebuse tiré à bout portant tua le père Jacques Salès, avec un coup de dague ; le Frère Saultemouche, qui professait son attachement à la doctrine du père Salès, reçut dix-huit coups de poignard.

On s’acharna sur les cadavres, qui furent traînés à travers les rues et jetés parmi les immondices. Des catholiques les inhumèrent. Une pieuse femme de Ruoms, Madame de Chaussy, les fit enlever dans la chapelle de son château : elle put en conserver une partie, tandis que les Jésuites remirent les restes dans leur collège d’Avignon. Plus tard, Madame de Chaussy remit ses reliques aux collèges d’Aubenas et de Tournon.

Le dossier des deux Martyrs ne tarda pas à être préparé, mais la cause traîna. 

Jacques Salès et Guillaume Saultemouche, martyrisés le 7 février 1593, furent béatifiés en 1926.

Un des miracles retenus pour cette cause, fut la conversion totale et la persévérance dans la foi catholique de toute la ville d’Aubenas.

 

 

Guillaume Saultemouche

1557-1593

 

Il naquit à la fin de 1557 près de Saint-Germain-l’Herm (Puy-de-Dôme) d’un petit commerçant, d’origine italienne, et d’une mère française.

Il se trouvait employé dans le même collège jésuite de Billom où étudiait Jacques Salès, futur Jésuite.

Ce bon garçon n’avait aucune attirance pour l’étude et resta illettré, mais avait une âme toute pure, qui lui donnait toute sa science. Il demanda à être admis comme Frère coadjuteur.

En 1579 commença son aventure religieuse. Il fut portier et cordonnier au service des Jésuites,  à Pont-à-Mousson, à Verdun, à Lyon, à Tournon. 

C’était un Frère plein d’attentions, d’une parfaite obéissance. Il avait en outre une profonde dévotion envers l’Eucharistie, devant laquelle il passait de longues heures en prière, son chapelet à la main. On l’appelait l’ange en forme humaine.

On le désigna pour accompagner le père Jacques Salès à Aubenas.

C’est en partant pour cette dernière localité que Jacques eut un pressentiment, et se sépara d’un Confrère avec ces mots : Adieu, mon frère, priez pour nous, nous allons à la mort !

Accompagné du Frère Guillaume, il prêcha à l’assistance d’Aubenas, ainsi qu’aux localités voisines de Largentière, Chassiers, Ruoms. 

Un débat devait avoir lieu avec un représentant de la religion calviniste, mais il n’osa se présenter ; les protestants voulurent se venger et reprendre Aubenas.

Jacques le comprit, revint vite à Aubenas et adjura les habitants de rester fidèles. Il se réfugia avec Guillaume chez une pieuse dame protestante, qui se convertit.

Au matin du samedi 6 février 1593, des soldats les arrêtèrent, leur demandèrent leur argent (ils n’avaient que trente sous), et les entraînèrent devant le juge.

Ils furent enfermés, on leur proposa un potage gras, qu’ils ne prirent pas car, à l’époque, on faisait maigre le samedi. Des discussions eurent lieu sur le jeûne et l’abstinence, sur l’Eucharistie, et reprirent le lendemain dimanche. 

D’après le ministre protestant, il fallait exécuter les deux Jésuites, mais les soldats s’y refusaient. On entraîna les deux prisonniers dans la rue : un coup d’arquebuse tiré à bout portant tua le père Jacques Salès, avec un coup de dague ; le Frère Saultemouche, qui professait son attachement à la doctrine du père Salès, reçut dix-huit coups de poignard.

On s’acharna sur les cadavres, qui furent traînés à travers les rues et jetés parmi les immondices. Des catholiques les inhumèrent. Une pieuse femme de Ruoms, Madame de Chaussy, les fit enlever dans la chapelle de son château : elle put en conserver une partie, tandis que les Jésuites remirent les restes dans leur collège d’Avignon. Plus tard, Madame de Chaussy remit ses reliques aux collèges d’Aubenas et de Tournon.

Le dossier des deux Martyrs ne tarda pas à être préparé, mais la cause traîna. 

Jacques Salès et Guillaume Saultemouche, martyrisés le 7 février 1593, furent béatifiés en 1926.

Un des miracles retenus pour cette cause, fut la conversion totale et la persévérance dans la foi catholique de toute la ville d’Aubenas.

Francesco Pontillo

1729-1812

 

Francesco naquit à Taranto (Pouilles, Italie du Sud) le 16 novembre 1729, de Cataldo et Grazia Procaccio, aîné de quatre enfants.

Il reçut au baptême les noms de Francesco, Antonio, Pasquale, qui furent comme d’involontaires présages de sa vie franciscaine : franciscain, il répétera les miracles de s. Antoine de Padoue, la ferveur eucharistique de s. Pasquale.

Francesco grandit dans la ferveur : visites au Saint Sacrement, dévotion à Marie, membre de la confraternité du Rosaire.

Il est probable qu’il restât quasi illettré, car tout jeune il fut envoyé travailler chez un tanneur, tout en conservant ses habitudes de dévotion : avant d’aller travailler, il assistait à la messe et communiait, en commençant son travail il faisait un grand signe de croix… au point que son patron disait : Depuis que j’ai Francesco chez moi, ma boutique est devenue un oratoire.

Le père de Francesco mourut en 1747, et Francesco dut travailler suffisamment pour nourrir sa mère et ses petits frères. Il se mit alors au métier de cordier, un peu plus rentable que l’autre, ce qui lui permit aussi d’aider les pauvres, sans rien conserver pour lui-même.

Il souffrit de voir sa mère se remarier, mais son beau-père eut la bonté de le laisser libre de son travail, de son salaire et de ses devoirs familiaux, de sorte qu’il put librement choisir la voie religieuse à laquelle il aspirait depuis longtemps.

A vingt-quatre ans donc, il entra chez les Franciscains de Taranto, dans la branche des réformés ou Alcantarini. Il prit d’abord le nom de Egidio (Gilles) de la Mère de Dieu, puis préféra Egidio Maria de Saint-Joseph, en référence à l’humble vie de la Sainte Famille de Nazareth.

Le noviciat eut lieu à Galatone. Puis il passa à Squinzano, puis à Naples en 1759, au couvent de saint Pasquale de Chiaia.

D’abord à la cuisine, il s’occupa ensuite du tissage de la laine, puis devint le portier du couvent, toujours aimable et délicat avec les visiteurs, quels qu’ils fussent. Il faut préciser ici que, selon la volonté du fondateur et réformateur Pedro di Alcantara, la charge de portier doit être confiée au meilleur des frères, car c’est de ce premier contact que les visiteurs conserveront un bon sentiment de tout le couvent.

De fait, la patience du frère Egidio, sa charité, sa douceur, furent les qualités dont parlèrent bien vite tous les malheureux de Naples, et ils étaient nombreux, qui venaient frapper à la porte. Constatant cette sainteté peu commune, les supérieurs nommèrent ensuite Egidio quêteur, charge qu’il devait exercer dans les rues et places publiques, et qu’il recouvra durant un demi-siècle.

Bien sûr, Egidio ne se contentait pas de demander de l’argent : il parlait, il visitait, il consolait, il transmettait la paix, il écoutait ceux qui lui confiaient des intentions de prières, il partageait les peines et les chagrins de tous. La journée finie, il repartait aux pieds de Notre-Dame du Puits, où il passait la nuit à prier, à pleurer, à implorer pour les malades, les familles pauvres, les égarés, les pécheurs. Il mérita bientôt le surnom de Consolateur de Naples.

Finalement, tous recouraient à lui, croyants ou sceptiques. On ne compte pas les effets miraculeux de sa prière, qu’il dissimulait en exhibant une relique de saint Pasquale Baylon qu’il conservait toujours. Les miracles qu’on lui attribua sont légion : guérisons, prédictions, multiplications de fruits ou légumes, résurrections même… 

On cite universellement ce miracle vraiment extraordinaire, concernant une génisse appartenant au couvent.

Celle-ci se promenait souvent par les rues de Naples, avec au cou le nom du couvent (San Pasquale), et rentrait fidèlement tous les soirs ; elle s’appelait Catarinella (Catherinette). Un jour, elle ne revint pas. Egidio va droit à la boutique d’un certain boucher et lui intime l’ordre d’aller à «telle» grotte, qui servait à l’époque de chambre froide : Catarinella avait déjà été mise en morceaux. Egidio se fait apporter la peau de la bête, y replace tous les morceaux, recoud la peau et, avec un grand signe de croix proclame : Au nom de Dieu et de saint Pasquale, Catarinella, lève-toi et… au couvent ! Et la bête s’en revint «chez elle».

Egidio souffrait déjà d’une douloureuse sciatique ; il prit en plus un asthme pénible, compliqué d’une «hydropisie» ou œdème de poitrine et finalement mourut le 7 février 1812.

Il fut béatifié en 1888 et canonisé en 1996.

 

 

Francesco Maria Lantrua

1760-1816

 

Francesco naquit le 15 mars 1760 à Molino (Triora, Ligurie, Italie), de Antonio Maria Lantrua et Maria Pasqua Ferraironi.

Après quelques études chez les Barnabites de Porto-Maurizio, il entra en 1777 chez les Frères Mineurs Conventuels de Rome, où il prit le nom de Giovanni (Jean), rendu en chinois par Liu Fangji ou Liu Fang-chi.

Ordonné prêtre en 1784, il enseigna d’abord la théologie à Tivoli, Tarquinia. Gardien (c’est-à-dire supérieur) à Tarquinia, Velletri et Montecelio, il fut ensuite envoyé comme missionnaire en Chine, où il arriva à Macao en 1800 : il commença par se vêtir à la chinoise, apprendre le chinois, et initia son activité de prédication.

Il exerça le ministère sacerdotal parmi sept-mille fidèles, résidant surtout à Wangijawan (Hanzhong).

A partir de 1812 il travailla dans le vicariat apostolique de Hu Guang.

Arrêté pour activité «subversive», il célébra la messe pour la dernière fois le 26 juillet 1815. Il fut arrêté avec d’autres fidèles, torturé et mis en prison.

Le 7 février 1816, il fut conduit au lieu du supplice : après avoir fait le signe de la croix, il s’inclina cinq fois, à la manière des Chinois chrétiens, en signe de reconnaissance à la Sainte Trinité : pour la création, pour la rédemption, pour la foi, pour la grâce des sacrements, pour toutes les grâces reçues.

Lié à une croix, il fut étranglé avec une corde qu’on lui serra autour de la gorge, à Changsha (Hunan).

Il fut béatifié en 1900, et canonisé en 2000.

 

Jeanne-Marie Rendu

1786-1856

 

Jeanne Marie Rendu naît le 9 septembre 1786 à Confort, au canton de Gex, dans le Jura. Elle est l'aînée de quatre filles. Les parents, petits propriétaires montagnards à la vie simple, jouissent d'une certaine aisance et d'une réelle estime dans tout le pays. Jeanne Marie est baptisée le jour même de sa naissance dans l'église paroissiale de Lancrans. Son parrain par procuration est Jacques Emery, ami de la famille et futur Supérieur Général des Sulpiciens à Paris.

Jeanne Marie Rendu a trois ans lorsqu'éclate en France la Révolution. Dès 1790, l'adhésion par serment à la Constitution civile du clergé est imposée. De nombreux prêtres refusent ce serment. La maison de la famille Rendu devient un refuge pour ces prêtres réfractaires. L'évêque d'Annecy y trouve asile sous le nom de Pierre. Jeanne Marie est intriguée par ce domestique qui est mieux traité que les autres. Une nuit, elle découvre qu'il célèbre la messe. Elle s'offusque de ce qu'on ne lui ait pas dit la vérité. Quelque temps plus tard, dans une discussion avec sa mère, elle lui lance sous forme de menace : Prenez garde, je dirai que Pierre n'est pas Pierre. Madame Rendu pour éviter toute indiscrétion de la part de sa fille, la met au courant de la situation.

C'est dans cette atmosphère de foi solide, sans cesse exposée au danger de dénonciation, que Jeanne Marie est éduquée. Elle fera sa première communion une nuit, dans la cave de sa maison, à la lueur d'une bougie. Ce climat exceptionnel forge son caractère.

La mort du père, le 12 mai 1796, et celle de la dernière petite sœur âgée de quatre mois, le 19 juillet de la même année, bouleversent toute la famille. Jeanne Marie, consciente de sa responsabilité d'aînée, aide sa mère, spécialement dans la garde de ses petites sœurs.

Au lendemain de la Terreur, madame Rendu, soucieuse de l'éducation de sa fille aînée, l'envoie chez les Sœurs Ursulines à Gex, Jeanne Marie demeure deux ans dans ce pensionnat. Au cours de ses promenades dans la ville, elle découvre l'hôpital où les Filles de la Charité assurent les soins aux malades. Elle n'a plus qu'un désir, aller les rejoindre. Sa mère consent à ce que Jeanne Marie, malgré son jeune âge, fasse un stage dans ce lieu de souffrance. L'appel de Dieu, qu'elle pressentait depuis plusieurs années, se précise: elle sera Fille de la Charité.

En 1802, Amande Jacquinot du village de Lancrans confie à son amie qu'elle se prépare à partir à Paris pour entrer dans la Compagnie des Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul. Jeanne Marie saute sur l'occasion et elle supplie sa mère de la laisser partir. Ayant questionné Monsieur de Varicourt, curé-doyen à Gex, Madame Rendu, heureuse mais très émue de la vocation de sa fille, acquiesce à sa demande.

Le 25 mai 1802, Jeanne Marie arrive à la Maison Mère des Filles de la Charité, rue du Vieux Colombier à Paris. Elle va avoir 16 ans ! La réouverture du Séminaire (noviciat supprimé par les Révolutionnaires) a eu lieu en décembre 1800. À leur arrivée, les voyageuses sont accueillies par cinquante jeunes en formation. Jeanne Marie est très soucieuse de bien correspondre aux exigences de sa nouvelle vie. Sa santé est ébranlée tant par la tension de son esprit, que par le manque d'exercice physique. Sur le conseil du médecin et de son parrain, Monsieur Emery, Jeanne Marie est envoyée à la maison des Filles de la Charité du quartier Mouffetard pour être au service des pauvres. Elle y restera 54 ans !

La soif d'action, de dévouement, de service qui brûlait Jeanne Marie ne pouvait trouver un terrain plus propice à son apaisement que ce quartier parisien. C'est, à l'époque, le quartier le plus misérable de la capitale en pleine expansion. Jeanne Marie, qui a reçu le nom de Sœur Rosalie, y fait “son apprentissage”, accompagnant les Sœurs dans la visite des malades et des pauvres. Entre temps, elle enseigne le catéchisme et la lecture aux petites filles accueillies à l'école gratuite. En 1807, Sœur Rosalie s'engage par vœux au service de Dieu et des pauvres.

En 1815, Sœur Rosalie devient la Supérieure de la communauté de la rue des Francs Bourgeois qui sera transférée, deux ans plus tard, rue de l'Épée de Bois pour des raisons de place et de commodité. Toutes ses qualités de dévouement, d'autorité naturelle, d'humilité, de compassion, ses capacités d'organisation vont pouvoir se révéler. “Ses pauvres”, comme elle les appelle, sont de plus en plus nombreux en cette époque troublée. Les ravages d'un libéralisme économique triomphant accentuent la misère des laissés-pour-compte. Elle envoie ses Sœurs dans tous les recoins de la Paroisse Saint-Médard pour apporter des vivres, des vêtements, des soins, une parole réconfortante.

Pour venir en aide à tous ceux qui souffrent, Sœur Rosalie ouvre un dispensaire, une pharmacie, une école, un orphelinat, une crèche, un patronage pour les jeunes ouvrières, une maison pour les vieillards sans ressources... Bientôt tout un réseau d'œuvres charitables va s'établir pour contrer la pauvreté.

Elle répétait souvent : Une fille de la Charité est comme une borne sur laquelle tous ceux qui sont fatigués ont le droit de déposer leur fardeau. Sa foi, ferme comme un roc et limpide comme une source, lui révèle Jésus-Christ en toute circonstance : elle expérimente au quotidien cette conviction de saint Vincent de Paul : Dix fois par jour, vous irez voir le pauvre, dix fois par jour vous y trouverez Dieu... vous allez en de pauvres maisons, mais vous y trouvez Dieu. Comme l'affirme une sœur, elle vivait continuellement en la présence de Dieu : avait-elle une mission difficile à remplir, nous étions assurées de la voir monter à la chapelle ou de la trouver à genoux dans son bureau.

Elle était attentive à assurer à ses compagnes le temps pour l'oraison, mais “Fallait-il quitter Dieu pour Dieu” comme saint Vincent l'avait enseigné à ses filles et l'accompagner dans une visite charitable, elle disait à la sœur qui l'accompagnait : Ma Sœur, commençons notre oraison !. Elle en indiquait le plan, la division en peu de mots simples et clairs, et entrait dans un saint recueillement. Comme la moniale dans le cloître, Sœur Rosalie marchait avec son Dieu : elle lui parlait de cette famille en détresse parce que le père n'a plus de travail, de ce vieillard qui risque de mourir seul dans une mansarde : Jamais je ne fais si bien l'oraison que dans la rue, disait-elle.

Les pauvres eux-mêmes avaient remarqué sa manière de prier et d'agir, rapporte une de ses compagnes. 

Humble dans son autorité, Sœur Rosalie nous reprenait avec une grande délicatesse et avait le don de consoler. Ses conseils étaient dictés par la justice et donnés avec toute l'effusion d'un cœur qui pénétrait les besoins des âmes.

Elle était sévère sur la manière dont nous recevions les pauvres: ils sont nos Seigneurs et nos Maîtres !

Les pauvres vous diront des injures, plus ils sont grossiers, plus vous devez être dignes — disait-elle — Rappelez-vous ces haillons qui vous cachent notre Seigneur.

Les Supérieurs lui confièrent les postulantes et les jeunes sœurs pour les former. Elle eut dans sa maison des sœurs passantes, mauvaises têtes ou fragiles. Un jour, elle donna, à une de ses sœurs en difficulté ce conseil qui était le secret de sa vie : Si vous voulez que quelqu'un vous aime, aimez d'abord en premier ; et si vous n'avez rien à donner, donnez-vous vous-même. En raison du nombre croissant de sœurs le Bureau de Bienfaisance devint une maison de charité avec un dispensaire et une école. Elle y voyait la Providence de Dieu.

Sa notoriété gagne vite tous les quartiers de la capitale, et au-delà , les villes de province. Les dons affluent vite. Même les souverains qui se sont succédé à la tête du pays ne l'ont pas oubliée dans leurs libéralités. Dans le parloir de la communauté on voyait souvent des évêques, des prêtres, l'Ambassadeur d'Espagne, Donoso Cortés, Charles X, le Général Cavaignac, des écrivains et des hommes politiques, même l'Empereur Napoléon III et sa femme, des jeunes gens appartenant à toutes les écoles et aspirant à toutes les carrières: étudiants en droit et en médecine, élèves de l'École Normale et de l'École Polytechnique, chacun venant chercher chez Sœur Rosalie, des conseils, des renseignements, une “bonne œuvre” à accomplir. Parmi eux, le Bienheureux Frédéric Ozanam cofondateur de la Conférence de Saint Vincent de Paul et le Vénérable Jean Léon Le Prévost, futur fondateur des Religieux de Saint Vincent de Paul. Elle était au centre du mouvement de charité qui caractérisa Paris et la France dans la première moitié du XIXe siècle.

Elle entre aussi en relation avec la Supérieure du Bon Sauveur de Caen et lui demande d'accueillir de nombreuses personnes. Elle est particulièrement attentive aux prêtres et religieuses atteintes de troubles psychiatriques. Sa correspondance est brève, mais émouvante de délicatesse, de patience et de respect pour ces malades.

Les épreuves ne manquent pas dans ce quartier Mouffetard. Les épidémies de choléra se succèdent. Le manque d'hygiène, la misère favorisent leur virulence. Spécialement en 1832 et 1846, le dévouement, les risques pris par Sœur Rosalie et ses Filles ont frappé l'imagination. On l'a vu ramasser elle-même les corps abandonnés dans les rues!

Durant les journées d'émeutes de juillet 1830 et de février 1848, barricades et luttes sanglantes opposent le pouvoir à une classe ouvrière déchaînée. Monseigneur Affre, archevêque de Paris, est tué en voulant s'interposer entre les belligérants. Sœur Rosalie souffre : elle aussi monte sur les barricades pour secourir les combattants blessés de quelque camp qu'ils soient. Sans crainte aucune, elle risque sa vie dans les affrontements. Son courage et son esprit de liberté forcent l'admiration.

Lorsque l'ordre est rétabli, elle essaie de sauver nombre de ces hommes qu'elle connaît et qui sont victimes d'une répression féroce. Elle est beaucoup aidée par le maire de l'arrondissement, le docteur Ulysse Trélat, pur républicain, lui aussi très populaire.

En 1852, Napoléon III décide de lui remettre la Croix de la Légion d'honneur: elle est prête à refuser cet honneur personnel, mais Monsieur Etienne, supérieur des Prêtres de la Mission et des Filles de la Charité l'oblige à l'accepter.

De santé fragile, Sœur Rosalie n'a jamais pris aucun instant de repos, finissant toujours par surmonter fatigues et fièvres. L'âge, une grande sensibilité nerveuse, l'accumulation des tâches finissent par venir à bout de sa grande résistance et de sa forte volonté. Durant les deux dernières années de sa vie, elle devient progressivement aveugle. 

Elle meurt le 7 février 1856, après une courte maladie.

De nombreux articles de presse viennent témoigner de l'admiration, de la vénération même que Sœur Rosalie avait suscitées. Des journaux de toute tendance se font l'écho des sentiments du peuple.

L'Univers, principal journal catholique de l'époque, dirigé par Louis Veuillot, écrit dès le 8 février : Nos lecteurs comprendront l'importance du malheur qui vient de frapper la classe pauvre de Paris: ils joindront leurs suffrages aux larmes et aux prières des malheureux.

Le Constitutionnel, journal de la gauche anticléricale, n'hésite pas à annoncer la mort de cette Fille de la Charité : Les malheureux du 12e arrondissement viennent de faire une perte bien regrettable : la Sœur Rosalie, Supérieure de la communauté de la rue de l'Épée de Bois, est décédée hier à la suite d'une longue maladie. Depuis de longues années, cette respectable religieuse était la providence des classes nécessiteuses et nombreuses dans ce quartier.

Le journal officiel de l'Empire, le Moniteur, loue l'action bienfaisante de cette Sœur : Les honneurs funèbres ont été rendus à la Sœur Rosalie avec un éclat inaccoutumé. La sainte femme était depuis cinquante-deux ans hospitalière dans un quartier où il y a beaucoup de malheureux à soulager et tous les malheureux reconnaissants l'ont accompagnée à l'église et au cimetière. Un piquet d'honneur faisait partie du cortège.

Des visiteurs affluent nombreux au cimetière Montparnasse. Ils viennent se recueillir sur la tombe de celle qui fut leur Providence. Mais comme il est difficile de trouver l'enclos réservé aux Filles de la Charité, le corps est alors transporté dans un lieu beaucoup plus accessible, plus près de l'entrée du cimetière. 

Sur la tombe toute simple, surmontée d'une grande Croix, sont gravés ces mots : À la bonne mère Rosalie, ses amis reconnaissants, les riches et les pauvres. Des mains anonymes ont fleuri et continuent de fleurir cette sépulture : hommage discret mais durable rendu à cette humble Fille de Saint Vincent de Paul.

Il y a à Paris une Avenue Sœur Rosalie, dans le 13e arrondissement.

Sœur Rosalie a été béatifiée en 2003, et inscrite au Martyrologe le 7 février.

 

 

Eugénie Smet

1825-1871

 

Eugénie Marie-Joseph Smet est née le jour de l’Annonciation, le 25 mars 1825, à Lille en France, dans une famille aux traditions chrétiennes solides. 

Très tôt l'action de la grâce se fait sentir dans son âme, et deux choses la fascinent surtout: le Purgatoire et la Divine Providence. Mon Dieu, prie-t-elle à l'âge de 12 ans, vous êtes ma Providence : ah ! si je pouvais un jour être la vôtre ! Alors qu'elle cherchait le moyen d'«être la providence de Celui qui la comblait de biens», elle se fit cette réponse: Ah ! voici comment je serai la providence du bon Dieu: Il aime tant les âmes du Purgatoire et il ne peut les délivrer à cause de sa justice ! eh bien ! moi, je lui donnerai ces âmes qu'Il aime et je demanderai à tout le monde de Lui en donner par des prières et par de petits sacrifices.

Bien que décidée à secourir les âmes du Purgatoire, Eugénie ne sait pas encore à quel genre de vie Dieu l'appelle. Le jour de la Toussaint 1853, pendant la Sainte Messe, l'inspiration d'établir une association de prières et de bonnes œuvres pour les âmes des défunts lui est donnée. Le lendemain, jour de la Commémoraison des fidèles trépassés, cette pensée lui vient : Il y a des communautés qui répondent à tous les besoins de l'Église militante, mais il n'y en a aucune qui soit entièrement consacrée à l'Église souffrante par la pratique des œuvres de zèle et de charité. Ce sera là l'idée maîtresse de l'Association, et de l'Institut religieux qui en sortira. 

Eugénie, qui deviendra Mère Marie de la Providence, avait toujours eu l'intuition que les œuvres de miséricorde, surtout celles qui sont faites en faveur des pauvres de ce monde, sont le moyen le plus efficace pour secourir les pauvres de l'au-delà. En se faisant les servantes des pauvres, des malades, des prisonniers, des vieillards, en un mot de tous les nécessiteux, les Auxiliatrices des âmes du Purgatoire réaliseront l'idéal de leur fondatrice : Prier, souffrir et agir pour les âmes du Purgatoire.

La fondation d'un ordre religieux passe toujours par le creuset de l'épreuve. Mille angoisses vont assaillir le cœur de la Mère Marie de la Providence: désolations intérieures profondes, dénuement matériel complet. Mais la Providence ne lui manque jamais. Un jour, alors que son âme est éprouvée par de profondes amertumes, elle confie ses perplexités au saint curé d'Ars. Celui-ci lui fait répondre: M. le Curé sourit au récit de toutes vos épreuves, et il me charge de vous dire que ces croix sont des fleurs qui bientôt donneront leurs fruits... Si Dieu est pour vous, qui sera contre vous? Dans une autre lettre, il conclut ainsi: Une maison qui s'élève sur la croix ne craindra plus l'orage ni la pluie: c'est le sceau divin.

Pendant que son Institut étend ses ramifications en France et à l'étranger, Mère Marie de la Providence gravit son calvaire, rongée par un mal qui ne lui laisse aucun répit. Accablée par la souffrance, elle garde extérieurement sa tranquille assurance, sa ferveur et sa gaieté communicatives. Personne mieux qu'elle ne sait consoler toutes les peines, répandre la confiance et la paix. Toute ma force, répète-t-elle souvent, est dans la vue de mon crucifix. Son ardente charité la consume entièrement pour Dieu et les âmes. 

En 1870, au plus fort de la guerre franco-allemande, les pensées de la Mère l'emportent davantage encore au Purgatoire : Mon Dieu, s'écrie-t-elle, que d'âmes paraissent devant vous ! Mon Jésus, miséricorde ! Je ne puis plus penser à autre chose qu'aux âmes qui entrent dans leur éternité. Ceci au moins est une vérité ! et quelle vérité ! 

Le 7 février 1871, la sainte fondatrice rend doucement son âme à Dieu. Elle avait vécu sur la croix, la croix lui ouvrait le Paradis. Attachons-nous à la croix, avait-elle dit peu de temps auparavant: elle est notre unique espérance... La vie est si courte...! et l'éternité ne finira jamais. Soyons déjà de l'éternité.

Elle a été béatifiée en 1957 et se trouve inscrite au Martyrologe le 7 février.

Pie IX

1846-1878

 

Giovanni Maria était le fils du comte Girolamo Mastai Ferretti et de Caterina Solazzi, une famille installée dans les Marches d’Ancône depuis plusieurs siècles. Ce comte était le maire de Senigallia, où naquit Giovanni Maria, le dimanche 13 mai 1792, aîné de neuf enfants.

Après ses études chez les Clercs réguliers de Ecoles pies (Piaristes) de Volterra (Toscane), il étudie la philosophie et la théologie à Rome et sera ordonné prêtre en 1819.

Son entrée aux Gardes Nobles lui a été refusée, car il était sujet à l’épilepsie. 

Prêtre, il est nommé directeur spirituel d’un grand orphelinat romain puis, en 1823, est envoyé à la nonciature du Chili.

A son retour en 1825, il est nommé chanoine de Sainte-Marie in Via Lata et directeur de l’établissement Saint-Michel, où quelque deux mille élèves reçoivent une formation professionnelle (c’est la première école européenne de cette envergure).

En 1827, il est nommé évêque de Spolète, transféré à Imola en 1832, et créé cardinal en 1840.

Il est élu deux-cent cinquante-cinquième pape en 1846, pour succéder à Grégoire XVI. Le conclave n’avait pas duré vingt-quatre heures. L’élu prit le nom de Pie IX, en hommage à Pie VII.

Après comme avant son élection, Pie IX conserva un régime frugal et un horaire soutenu, consacrant chaque jour cinq heures à la prière, et treize au travail.

A cette époque, les Etats Pontificaux couvraient de larges provinces en Italie, et le pape en était le souverain. Pie IX voulut y apporter des réformes innovatrices (liberté de presse), créer un gouvernement composé majoritairement de laïcs, apporter des modernisations (chemin de fer, télégraphe, éclairage public).

Le pape est toutefois écartelé entre sa volonté d’ouverture et la pression des libéraux qui pensent s’appuyer sur lui pour «libérer» l’Italie et créer l’unité italienne autour du roi du Piémont. Une émeute à Rome oblige le pape à rester retranché dans son palais du Quirinal, pendant huit jours, au terme desquels l’ambassadeur de France réussit à le faire sortir sous un déguisement. Le pape se réfugie à Gaète (1848).

En 1849, une «assemblée nationale» s’établit à Rome et procède à une première persécution religieuse : expulsion des congrégations, confiscation de leurs biens, pillage des églises ; des bandes sillonnent les Etats Pontificaux et se livrent aux pillages, massacres, incendies.

La France envoie des troupes, conduites par le général Oudinot, pour évacuer de Rome les révolutionnaires. Le pape peut rentrer dans Rome triomphalement en avril 1850.

Toujours en 1850, le pape crée quatorze cardinaux et, jusqu’en 1860 procédera à cinquante-six béatifications. Il appuiera les congrégations bénédictines de Subiaco et du Mont-Cassin, ainsi que le retour en France des Dominicains et des Franciscains, précédemment chassés par la Révolution.

En France, de nombreuses nouvelles congrégations vont être fondées, entre autres les Missionnaires du Sacré-Cœur d’Issoudun, les Religieux de Notre-Dame de Sion (par les frères Ratisbonne), les Sacramentins (par s.Pierre-Julien Eymard), le Prado (par le père Antoine Chevrier)… En Italie aussi de très nombreux Instituts virent le jour, particulièrement les Salésiens de saint Giovanni Bosco.

 

En 1854, le pape proclame le dogme de l’Immaculée Conception par la bulle Ineffabilis, confirmée par les apparitions de Lourdes en 1858. En 1856, la fête du Sacré-Cœur est étendue à toute l’Eglise.

L’agitation en Italie n’était pas calmée ; des mesures anti-cléricales frappaient l’Eglise. En 1855 Pie IX dut fulminer l’excommunication contre tous les violateurs des libertés de l’Eglise.

Pendant ce temps, Napoléon III, après avoir soutenu Victor-Emmanuel contre les Autrichiens, devait maintenant aussi soutenir le pape ; deux Italiens voulurent alors attenter à la vie du couple impérial : l’attentat à l’Opéra de Paris, où trois bombes provoquèrent huit morts et cent quarante-huit blessés, laissa cependant l’empereur indemne ; et leurs auteurs (Orsini et Pieri) furent condamnés à mort. Ensuite Napoléon III promit à Cavour de l’aider à expulser les Autrichiens d’Italie (batailles de Montebello, Palestro, Magenta, Solferino). 

Les révolutionnaires italiens continuèrent leurs machinations ; le gouvernement français lâcha alors la papauté. Pie IX appela le général de Lamoricière pour constituer un corps spécial, les zouaves pontificaux.

Victor-Emmanuel s’étant proclamé roi d’Italie, avec Rome comme capitale, Napoléon décida de se retirer de Rome. Garibaldi s’en prit aux détachements pontificaux, fut battu par le colonel de Charette à Nerola puis par le général Kanzler à Mentana (1867).

Entre temps le Pape continuait de s’occuper de l’Eglise malgré ces événements politiques. Il canonisa les Martyrs japonais (5 février), saint Josaphat Kuncewicz (12 novembre), les Martyrs de Gorcum (9 juillet), saint Paul de la Croix (18 octobre), saint Leonardo de Porto-Maurizio (26 novembre), sainte Germaine Cousin (de Pibrac, 15 juin)…

L’encyclique Nullis certe vobis (1860) condamne la politique de Napoléon III ; Quanta cura et le Syllabus (1864), condamnent le rationalisme et le naturalisme ; Etsi multa (1873) condamnera le césarisme. 

Pie IX convoque le concile de Vatican I qui s’ouvre le 8 décembre 1869. A la totale unanimité, les pères du concile approuvèrent une Constitution dogmatique sur la foi catholique ; puis à l’unanimité moins deux voix, le dogme de l’Infaillibilité pontificale. 

Il était temps d’achever ce Concile : après la défaite de Sedan et la chute de l’empereur Napoléon III, le général Cadorna s’empara de Rome et Pie IX dut capituler définitivement (1870). Rome fut entièrement saccagée, tous les bâtiments officiels réquisitionnés par le pouvoir civil (y compris le palais du Quirinal), toutes les subventions aux hôpitaux et autres œuvres de bienfaisance furent supprimées. Le Pape restait enfermé dans le Vatican.

Pie IX s’éteignit le 7 février 1878. Son pontificat, le plus long de l’histoire après saint Pierre, avait duré trente-deux ans. Son successeur fut Léon XIII.

Pie IX a été béatifié en 2000.

 

 

Anna Maria Adorni

1805-1893

 

Anna Maria naquit à Fivizzano (Massa Carrara, Toscane, Italie) le 19 juin 1805, et perdit son père à quinze ans. Elle se retira avec sa mère à Parme, où elle épousa en 1826 Domenico Botti, un employé de la maison ducale de Parme. 

De leurs six enfants, l’unique qui resta en vie, devint moine bénédictin.

Après la mort de son mari (1844), cette veuve bien éprouvée par tant de deuils se mit à visiter les prisonnières et à accueillir les filles de la rue. D’autres pieuses personnes se joignirent à elle et formèrent une Pieuse Union de dames qui visitaient les prisons, approuvée par la duchesse de Parme.

De là se forma l’institut du Bon Pasteur pour accueillir les ex-prisonnières et les réinsérer dans la société, ainsi que pour venir en aide aux jeunes filles et fillettes abandonnées.

Anna Maria (qu’on appelait désormais Carolina Botti) donna naissance, avec huit compagnes, à la congrégation des Servantes de l’Immaculée (Ancelle dell’Immacolata), qui fut approuvée en 1893.

L’évêque qui guidait le diocèse de Parme à l’époque d’Anna Maria, était Guido Maria Conforti (voir au 5 novembre) : il écrivit que la charité de cette femme était sans limites. En effet, Anna Maria était près de toutes celles qui étaient en difficulté, qui souffraient physiquement ou moralement.

Anna Maria était aussi appelée le Rosaire vivant, tant elle passait de temps à prier, spécialement durant le mois du Rosaire (octobre).

Elle mourut le 7 février 1893, et fut béatifiée en 2010.

 

Le miracle obtenu par son intercession et qui servit à la béatification, fut la guérison totale et inexplicable d’un homme frappé d’encéphalite léthargique, père d’une des Religieuses de cette congrégation.

 

 

Ludwika Szczęsna

1863-1916

 

Elle naquit le 18 juillet 1863 à Cieszki (Lubowidz, Żuromin, Pologne), sixième des sept enfants de Anton et Franciszki Skorupska, qui la firent baptiser le 24 juillet suivant. 

Les parents n’étaient pas fortunés et durent plusieurs fois déménager, à la recherche d’un meilleur emploi. Ludwika ne put aller à l’école. Elle reçut son éducation à la maison jusqu’à douze ans, quand mourut la maman. Le papa se remaria avec Antonina Wieckowska, qui n’avait que cinq ans de plus que Ludwika.

A dix-sept ans, elle déclara franchement à son père, qui voulait la marier, qu’elle préférait se consacrer à Dieu. Elle quitta la maison et partit à Mława, où elle travailla comme couturière.

En 1864, l’autorité russe voulut supprimer tous les monastères de Pologne. Pour pallier à ce vide, un prêtre fonda beaucoup d’Associations pieuses, dont les membres laïcs vivaient dans le monde comme consacrés. Ce prêtre était le b. Honorat Koźmiński (v. 16 décembre).

En 1885, Ludwika en devint la fille spirituelle et fréquenta les Servantes de Jésus, une des fondations du père Honorat. C’était apparemment une boutique de tailleur, qui cachait un véritable noviciat.

Elle ouvrit alors un refuge pour femmes à Lublin. Découverte, elle dut se replier à Varsovie, puis à Cracovie.

En 1893, elle rencontra s. Józef Sebastian Pelczar (v. 28 mars), avec lequel elle fonda les Servantes du Sacré-Cœur de Jésus (1894), dont le but était de propager le Royaume de l’Amour du Sacré-Cœur. C’est alors qu’elle prit le nom de Klara en souvenir de sainte Chiara d’Assise (v. 11 août).

En 1903, on diagnostiqua à Klara un cancer, qui ne fut opéré qu’en 1910. Dans l’intervalle, elle visita la nouvelle maison ouverte en Alsace et fit le pèlerinage à Lourdes.

En 1907, elle fut élue Supérieure générale et ouvrit plus de trente maisons, au service des femmes et des malades ; les Religieuses assistèrent les jeunes mamans dans les crêches, les jeunes filles en leur enseignant la couture, les enfants au catéchisme ; l’œuvre intensifia beaucoup son activité au moment de la Première Guerre Mondiale.

C’est durant cette période que Klara mourut, le 7 février 1916, à Cracovie.

Elle fut béatifiée en 2015.

 

 

Felipe Ripoll Morata

1878-1939

 

Felipe naquit le 14 septembre 1878 (fête de la Sainte Croix) à Teruel, dans une famille pauvre, mais riche de foi.

Ordonné prêtre en 1901, il fut professeur, puis directeur spirituel, enfin recteur du séminaire et vicaire général de Mgr Anselmo Polanco Fontecha, avec qui il partagea le martyre, le 7 février 1939.

Son dies natalis est donc le 7 février.

Ils sont les deux derniers Martyrs de la persécution espagnole, et furent béatifiés ensemble en 1995.

 

 

Anselmo Polanco Fontecha

1881-1939

 

Anselmo naquit à Buenavista de Valdavia (Palencia, Espagne) le 16 avril 1881, de pauvres paysans Basilio et Ángela, qui le firent baptiser cinq jours plus tard.

Ses premières études se font à Barriosuso, où il apprend le latin et fait ses humanités. A quinze ans, il entre au noviciat des pères Augustiniens de Valladolid (dont le supérieur est un de ses oncles), reçoit l’habit en 1896 et fait la profession l’année suivante. Une vilaine tuberculose pulmonaire l’oblige à retourner chez lui pendant un certain temps ; sa conduite est édifiante et fait dire aux paysans que Etre frère, c’est pareil que d’être un saint ! Sa petite sœur de quatre ans meurt à ce moment-là.

Guéri, il passe au monastère de Santa María de La Vid (Notre Dame de la Vie, Burgos), où il fait la profession solennelle en 1900 et est ordonné prêtre en 1904. Il célèbre sa première messe le jour de Noël.

On l’envoie en Allemagne pour compléter ses études et dès 1907, il est professeur. En 1922 il est recteur du Collège de Valladolid ; à cette occasion, sa mère lui dit : Tu as été un bon fils pour tes parents, maintenant sois un bon père pour tes enfants. 

En 1929 il est élu conseiller pour les Philippines, et provincial en 1932, ce qui l’oblige à voyager pour visiter les autres monastères de cette même congrégation : aux Philippines, en Chine, au Japon, aux Etats-Unis, en Argentine, au Pérou et en Colombie, en Italie.

En 1935, il est nommé évêque de Teruel, au moment où se déclencha le soulèvement militaire contre la République. Sa devise épiscopale est Je dépenserai très volontiers et me dépenserai moi-même tout entier pour vos âmes (2Co 12:15). Son père était retenu par la maladie, mais sa mère était présente à la consécration, et baisa son anneau avec une profonde émotion.

Son horaire était strict : levé à cinq heures, il célébrait la messe et rendait grâces avec profond recueillement ; il était toujours vêtu de son habit religieux ; jamais de café, ni de liqueur, ni de tabac. Il assistait à genoux aux cérémonies eucharistiques ; recevait ses prêtres sans les faire attendre. 

Il ne mit pas de bornes à son zèle, allant visiter les blessés de tous les bords. Sa mère mourut durant cette période : il alla célébrer les obsèques dans son pays natal. Après, on lui conseillait de demeurer quelque temps éloigné de Téruel, en attendant la fin de la bourrasque républicaine, mais il répondit : Le pasteur doit rester là où se trouvent ses brebis. Il n’eut jamais un mot dur contre ceux qui attaquaient sa ville ; délicatement, il parlait de frères dans l’erreur.

Particulièrement, il refusa catégoriquement de retirer sa signature de la lettre collective de l’Episcopat espagnol condamnant les persécutions.

Le séminaire de Téruel fut détruit, ainsi que le palais épiscopal ; toute une aile de la cathédrale fut bombardée (la ville reçut trois-cent-douze bombardements…), de sorte que Mgr Polanco se réfugia au monastère Sainte-Claire. On vint l’y arrêter le 8 janvier 1938, le lendemain du jour où se rendirent les forces nationales commandées par le colonel Rey d’Harcourt. Le ministre de la guerre républicain voulait faire escorter l’évêque jusqu’à la frontière française et le laisser libre, mais le gouvernement s’y opposa, de sorte que l’évêque, avec son vicaire général ainsi que le colonel, furent mis en prison.

Avec d’autres prisonniers, Mgr Polanco fut transféré par le train à la prison de Valencia (l’ancien couvent cistercien), puis à celle de Barcelone, le «Dépôt pour prisonniers et évadés du 19 juillet», installé dans le couvent des Servantes de Marie. Avant la chute de Barcelone aux mains des franquistes, les prisonniers furent transférés le 23 janvier 1939, successivement en train à Perpetua de Mogoda, Campdevánol, Puigcerdá, Ripoll, puis à pied à San Juan de las Abadesas, en camion à Figueras, enfin Can de Boach, à Pont de Molins.

Le 7 février au matin, trente soldats envoyés par le chef communiste chargèrent en camion quatorze de ces prisonniers, parmi lesquels l’évêque, son vicaire général et le colonel Rey d’Harcourt. Ils prirent la route des Escaules, s’arrêtèrent à un kilomètre et demi, tout près de Can Tretze, et obligèrent les prisonniers à remonter le lit desséché du Muga, où ils les fusillèrent. Puis ils répétèrent l’opération pour vingt-six autres prisonniers.

Dix jours plus tard un paysan les découvrit, roulés dans le fossé.

Une pierre fut posée à cet endroit : Passant, ici la furie rouge laissa quarante martyrs comme empreinte de son passage (…) Pense à eux avec une prière.

Le corps de l’évêque, à moitié brûlé, ne subit pas la putréfaction. Les autorités de Teruel le firent reporter dans la capitale de son diocèse.

Mgr Anselmo Polanco Fontecha fut béatifié en 1995, avec son vicaire général, Felipe Ripoll Morata ; leur dies natalis commun est au 7 février.

Wojciech Nierychlewski

1903-1942

 

Wojciech (Adalbert) naquit à Dąbrowice (Łódzkie, Pologne) le 20 avril 1903.

Il entra dans la récente congrégation de Saint-Michel, fondée par un salésien, Bronislas Markiewicz. Le père Wojciech fut un prêtre et un éducateur aux multiples talents

Après les habituelles études de philosophie et de théologie, qu’il fit à l’université Jagellon de Cracovie, Wojciech fut ordonné prêtre en 1932.

Il disait qu’il aurait volontiers accepté d’être martyr de Jésus crucifié.

Il supervisait l’édition d’un petit journal catholique, qui s’appelait Modération et Travail. Lors d’une descente de la Gestapo, en octobre 1941, il s’offrit à la place d’un technicien père de famille qui allait être arrêté.

Emprisonné à Cracovie, il fut déporté à Oświęcim (Auschwitz) en janvier 1942. Là, on le tortura en le plongeant successivement dans de l’eau glacée puis dans une cuve d’eau bouillante (d’aucuns dirent qu’il avait été noyé). Il en mourut, le 7 (ou le 9 ?) février 1942. 

Il a été béatifié parmi cent-huit Martyrs polonais en 1999.

 

 

Alfredo Cremonesi

1902-1953

 

Alfredo naquit le 15 mai 1902 à Ripalta Guerina (Cremona, Italie), aîné des sept enfants de Enrico et Maria Rosa Scartabellati, des parents très chrétiens. On connaît les prénoms et les dates de cette belle famille : Alfredo, Tarcisio, Ernesto, Giovanni, Giuseppe, Rodolfo, Teresina, six garçons et une petite sœur, qui porta le nom de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, patronne des missions.

Alfredo fut baptisé dès le 16 mai 1902, confirmé en 1908, et reçut la Première communion en 1909.

Entré au séminaire de Crema, Alfredo souffrit d’une grave maladie du sang, qui allait compromettre sa vocation sacerdotale, mais dont il guérit miraculeusement par l’intercession de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. Il désirait entrer dans un institut missionnaire, mais son père s’y opposait fermement, malgré son appartenance à l’Action Catholique. Finalement, le père céda aux instances de son épouse et de son fils, et Alfredo entra en 1922 à l’Institut Pontifical pour les Missions Etrangères (PIME).

En 1924, Alfredo reçut l’ordination sacerdotale, et fut envoyé en Birmanie l’année suivante.

En novembre 1925, il débarqua dans cette Birmanie inconnue, dont il apprit vite la langue et les coutumes.

On lui confia la gestion économique de la maison des missionnaires.

L’évêque l’envoya alors dans le district de Donokù, perdu dans les montagnes, où vivait la population des karens. Alfredo s’y rendit avec tout son enthousiasme et son expérience encore trop fraîche, mais il ne se découragea pas par les difficultés qu’il rencontrait. Il conquit les habitants, qui le surnommèrent le sourire de la mission.

Arriva cette Deuxième Guerre mondiale, durant laquelle les Japonais tentèrent d’imposer leur joug dans toute l’Asie extrême-orientale. Alfredo tomba entre leurs mains et fut interné à Moso (Inde), où il souffrit beaucoup. En 1947, il fut enfin libéré, mais pour retrouver tout son œuvre saccagé, détruit, anéanti… On pouvait être découragé, mais Alfredo se remit courageusement au travail.

Ce n’était pas fini. La Birmanie acquit bientôt son indépendance, la guerre civile mit aux mains différents groupes ethniques, les catholiques furent à nouveau menacés. Alfredo dut se retirer et se réfugier à Taungû, puis à Donokù (1952). Comme dans toutes les guerres civiles, les factions se déchirent sans trop savoir encore pour qui et pour quoi on se bat ; les habitants étaient accusés là de soutenir les rebelles karens contre la gouvernement : Alfredo prit vaillamment leur défense.

La réponse des gouvernementaux fut disproportionnée et injuste : les soldats firent irruption à Donokù le 7 février 1953, détruisant, incendiant tout sur leur passage ; puis ils abattirent le prêtre d’un coup de fusil.

Alfredo Cremonesi a été reconnu martyr et béatifié en 2019.

 

 

Petro Verhun

1890-1957

 

Ce prêtre de l’archiéparchie de Lviv (Ukraine) était né le 18 novembre 1890 à Horodok (Lvov), où il étudia la philosophie.

Il fut ordonné prêtre le 30 octobre 1927, selon le rite grec-catholique (uniate).

Il fut d’abord responsable des catholiques ruthènes d’origine ukrainienne sub-carpathique et d’autres pays limitrophes de l’ancien empire austro-hongrois, en même temps que des grecs-catholiques ukrainiens résidants à Berlin, et dont il deviendra visiteur apostolique en 1940.

En 1945, les services secrets soviétiques l’arrêtèrent à Berlin et le condamnèrent à huit ans de travaux forcés.

Libéré en 1952, gravement malade, il mourut à Angarsk (Krasnoyarsk, Sibérie) le 7 février 1957.

Il a été béatifié en 2001 parmi vingt-cinq Martyrs ukrainiens.

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