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8 février 2020 6 08 /02 /février /2020 00:00

08 FEVRIER

 

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Ss Paul, Lucius et Cyriaque, martyrs romains.

Ss Denis, Emilien et Sébastien, martyrs en Petite Arménie. 

III.

Ste Coyntha, martyre à Alexandrie. 

IV.

S Eventius, évêque à Pavie.

VI.

S Jacut, frère des ss. Weithnoc (son jumeau) et Gwennolé, venus de Grande Bretagne ; il fonda à Landoac une abbaye qui sera Saint-Jacut.

S Honoratus, évêque à Milan.

VII.

S Nicetius, évêque à Besançon.

S Paulus, passé de la cour de Clotaire II à Tholey, puis évêque à Verdun ; il y restaura la vie de l’Eglise, notamment pour la sanctification du dimanche.

VIII.

Ste Elfleda, abbesse à Whitby.

IX.

S Cuthman, berger anglo-saxon retiré avec sa pauvre mère dans une cabane à Steninges.

S Mengold (Meingaud), seigneur mis à mort par ses ennemis près de Huy.

XI.

B Pietro Aldobrandini, de l’abbaye de Vallombreuse ; l’évêque ayant été accusé de simonie à Albano, Pietro accepta de se soumettre à l’épreuve du feu pour le “prouver” ; sorti indemne, il fut surnommé “Igneo” et créé cardinal, tandis que l’autre évêque était déposé.

XII.

S Etienne, auvergnat solitaire dans la forêt de Muret, à l’origine de l’ordre de Grandmont.

XIII.

Bse Jacopa de' Settesoli, veuve Frangipane (d’où le nom de la délicieuse galette), romaine dévouée aux franciscains ; s. François d’Assise, mourant, demanda de “laisser entrer frère Jacqueline”.

XV.

B Isaïe Boner, augustin à Cracovie.

XVI.

S Girolamo Miani (Jérôme Emilien), ex-militaire, fondateur à Somasca d’une congrégation de clercs (Somasques) pour les orphelins, les filles tombées, les malades ; il est le patron des orphelins et de la jeunesse abandonnée.

XX.

Bse Giuseppa Gabriella Bonino (1843-1906), fondatrice des Sœurs de la Sainte-Famille, pour la jeunesse et les malades, béatifiée en 1995.

Ste Giuseppina Bakhita (env.1869-1947), esclave soudanaise rachetée par le consul italien, des religieuses Canossiennes à Schio, première soudanaise béatifiée (1992) et canonisée (2000).

Bse María Josefa Alhama Valera (Esperanza de Jésus, 1893-1983), fondatrice espagnole des Servantes et des Fils de l’Amour Miséricordieux, morte à Collevalenza (Italie), mystique, béatifiée en 2014.

Coynta d’Alexandrie

† 249

 

Coynta était une femme chrétienne qui vivait en Alexandrie.

Les persécuteurs conduisirent Coynta (Quinta) vers le temple des idoles et la contraignirent d’adorer ; elle se détourna et manifesta son dégoût. Ils la lièrent alors par les pieds et la traînèrent par toute la ville sur le rude pavé ; ils la meurtrirent sur les pierres meulières, tout en l’accablant de coups de fouet, puis ils la conduisirent au même endroit que Métras (v. 31 janvier) et la lapidèrent.

Les Martyrs d’Alexandrie étaient autrefois commémorés ensemble, comme le groupe des Martyrs d’Alexandrie, sous l’empereur Dèce.

Sainte Coynta d’Alexandrie est commémorée le 8 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eventius de Pavie

† 397

 

Sur Eventius (ou Inventius, Iuventius dans le Martyrologe, sans doute à cause d’un problème de graphologie), il n’y a pas grand-chose à dire.

Il fut le troisième évêque de Pavie : il fut consacré certainement - mais on ne sait combien de temps  -avant 381, par s.Ambroise (v. 7 décembre).

Eventius fut un fervent partisan de la Foi catholique, contre l’erreur d’Arius. En 381, il participa au concile d’Aquilée, qui condamna les derniers évêques ariens.

En 390, il participa au concile de Milan, qui condamnait l’erreur de Iovinianus ; les pères de ce concile envoyèrent au pape une lettre, où Eventius est le premier signataire.

S.Ambroise raconte aussi comment Eventius prit ouvertement la défense d’une veuve qui réclamait les biens qu’on lui avait confisqués.

L’épiscopat d’Eventius dura une vingtaine d’années, et s’acheva le 8 février 397.

L’église des Saints-Nazaire-et-Celse où l’on déposa son corps, prit le nom de Saint-Eventius ; on oublia peu à peu cette sépulture, qu’on redécouvrit seulement en 1574. L’église fut abattue en 1789, mais les reliques furent conservées dans l’église du Gesù.

Saint Eventius de Pavie est commémoré le 8 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Jacut de Landoac

460-?

 

Jacut et son frère jumeau Guethenoc (ou Weithenoc) naquirent un peu avant 460 en Grande-Bretagne, de Fracan et Guen (ou Alba, Blanche), des parents nobles anglais. 

Fuyant l’invasion des Saxons, ils émigrèrent en Armorique, où naquit aussi Guennolé (v. 3 mars).

Il est probable que les deux jumeaux furent confiés à un saint Budoc (? 9 décembre), de l’abbaye de l’île Lavrec, où ils grandirent dans l’esprit monastique de prière, de travail, de méditation.

Plus grands, ils allèrent se construire un autre ermitage, plus solitaire encore, à Landoac (Landouar). Là, ils travaillèrent à la conversion de la population, aidant les habitants à cultiver mieux leurs terres.

Des disciples se joignirent à eux, de même aussi que des recrues anglaises, venant de Grande-Bretagne.

Puis les deux frères jumeaux se séparèrent, et Jacut continua sa vie pleine de mérites.

On dit qu’il mourut un 8 février dans la première moitié du sixième siècle.

Le monastère Notre-Dame prit le nom de Saint-Jacut ; il a complètement disparu aujourd’hui.

Saint Jacut de Landoac est commémoré le 8 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Honoratus de Milan

† 572

 

Honoratus était milanais, peut-être descendant de la famille des Castiglioni.

Les deux évêques Vitalis et Ausanus étant morts de la peste qui sévissait à Milan, Honoratus fut élu trente-et-unième archevêque de ce siège, en 567.

Deux ans plus tard, en 569, quand les Lombards envahirent la région, Honoratus put s’enfuir avec le clergé et un grand nombre de familles à Gênes. Désormais, pendant quatre-vingts ans, l’archevêque «milanais» dirigerait son diocèse depuis la capitale ligure ; les cent-cinquante kilomètres qui séparent les deux villes ne facilitèrent pas la vie diocésaine.

Malgré cette absence, Honoratus resta préoccupé de la situation des pauvres de Milan ; après comme avant son départ, il s’en soucia paternellement. 

Honoratus mourut à Gênes après cinq ans d’épiscopat, le 8 février 572.

Saint Honoratus de Milan est commémoré le 8 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Nicetius de Besançon

† 613

 

Nicetius (Nicet ou Nizier) fut le vingtième archevêque de Besançon.

Il dut reconstruire matériellement et moralement son diocèse, après le passage des Huns durant le 5e siècle. Durant et après cette invasion, le siège de Besançon avait été transféré à Nyon (sur le lac Léman). Nicetius le rétablit à Besançon.

Entre lui et le pape Grégoire le Grand (v. 12 avril), il y eut une correspondance amicale et une convergence de vues ; Nicetius se montra un adversaire de l’hérésie.

Il y eut aussi une forte amitié entre lui et s. Colombanus de Luxeuil (v. 23 novembre). C’est lui qui alla consacrer les autels des églises établies par Colomban à Annegray, Luxeuil et Fontaine. Lorsque le roi de Bourgogne, sur l’instigation de la reine Brunehaut, envoya Colomban en exil (610), Nicetius le reçut avec toute la bienveillance possible.

Nicetius mourut en 613.

Saint Nicet est commémoré le 8 février au Martyrologe Romain. Il n’est pas exact d’affirmer qu’il est fêté localement le 31 janvier : il n’est tout simplement pas fêté, nominalement. Les saints évêques de Besançon sont commémorés tous ensemble le 17 juin.

 

 

Paulus de Verdun

576-648

 

Paulus naquit vers 576 en Gaule, de parents chrétiens et distingués. Il aurait même été le frère de saint Germain  de Paris (v. 28 mai).

Après l’enfance, il vécut à la cour du roi Clotaire II, où il fut le collègue des saints Arnoul, Eloi, Ouen, Didier, qui allaient être les évêques respectivement de Metz, Noyon, Rouen, Cahors (v. 18 juillet, 1er décembre, 24 août, 15 novembre).

La grâce agissant en lui, et voyant l’heureux témoignage de ces bons collègues, Paulus voulut se retirer du monde pour servir Dieu.

Il trouva un asile près de Trèves, où ses vertus lui attirèrent quelques disciples. Il s’en alla, mais la montagne conserva son souvenir, et s’appela par la suite Paulusberg.

C’est dans les Vosges (act. dans la Sarre) qu’il s’arrêta un soir, demandant l’hospitalité à l’abbaye de Tholey. Au bout de quelques jours, l’abbé le pressa de demeurer dans la communauté. Paulus suivit le conseil ; en même temps qu’il grandissait dans les vertus, il était formé aux belles-lettres, qu’il finit même par enseigner, procurant à l’abbaye de Tholey une belle renommée.

L’humilité et l’obéissance de Paulus furent récompensées par des miracles. Un jour qu’il devait cuire le pain et qu’il n’avait pas le temps d’être à l’heure pour le repas, il mit la pâte directement à la place des braises, et les pains non seulement furent cuits à temps, mais encore un malade qui en mangea fut guéri.

L’exemple de Paulus fut suivit par d’autres jeunes gens qui demandèrent à être admis à la même abbaye.

Il se peut qu’il ait été le second abbé de Tholey, de 626 à 645 environ.

Dagobert avait entre temps succédé à son père Clotaire II ; or un parent de Dagobert était moine à Tholey, et conseilla au roi de choisir Paulus pour le siège vacant de Verdun. Il fallut d’abord convaincre l’humble moine, et le conduire sur place.

Paulus demeura abbé, tout en acceptant de conduire le diocèse sur les voies de la sainteté. Mais le diocèse était ruiné, et Paulus mit à contribution ses relations avec la cour pour lui fournir des terres, des immunités, des privilèges.

Le nouvel évêque fut à la hauteur de sa mission, qui était rude et délicate, car le diocèse était dans un état peu brillant. Paulus en fut vraiment le restaurateur. Une de ses victoires fut de ramener les diocésains à la sanctification du dimanche. C’est pour ceux qui allaient «se promener» hors de la ville ce jour-là, qu’il fit construire l’église Saint-Saturnin.

Lorsqu’il mourut, un 8 février, peut-être en 648, il fut enseveli dans cette église, qui prit ensuite le nom de Saint-Paul.

En souvenir du miracle des pains, saint Paul a été choisi comme patron par les boulangers et pâtissiers de Verdun. Le 8 fébrier, on y distribue le «pain de saint Paul».

Au 10e siècle, par crainte des invasions normandes, des moines de Tholey crurent bon de s’approprier les restes du saint évêque, mais une force mystérieuse les bloqua en route, à un endroit où s’élève maintenant la Paul-Croix. Par la suite, un nouveau monastère fut construit à Verdun, dédié à saint Paul et qui reçut ses restes. Mais ce monastère fut détruit en 1552. Les reliques se trouveraient actuellement dans le trésor de la cathédrale de Verdun : si elles s’y trouvent toujours, elles ne doivent guère être vénérées.

Pietro Igneo

1000-1088

 

Des divergences et des incertitudes entourent ce personnage singulier.

Pietro naquit vers l’an 1000 à Florence, soit dans la famille Aldobrandini, soit dans la famille Aldobrandeschi ; son père aurait été le conte Desiderio de Soana.

Il fit profession dans l’abbaye de Vallombreuse, sous l’égide de s.Giovanni Gualberto (v. 12 juillet) et, bien qu’il fît de grands progrès en toutes les vertus, ce fut surtout dans l’humilité qu’il brilla.

Il passa en plusieurs monastères et c’est alors qu’il se trouvait dans celui de Settimo qu’advint l’événement qui le rendit si célèbre. A ce moment-là vivait à Pavie un évêque simoniaque, que les moines accusaient et voulaient faire déposer, tandis que les habitants exigeaient une «preuve» de ces accusations. On recourut à l’épreuve du feu, courante à l’époque, consistant à faire passer l’accusateur entre deux rampes de feu, longues de quelques mètres et rapprochées entre elles : s’il en sortait sain et sauf, on croyait à son témoignage.

Après avoir prié, les moines choisirent Pietro pour subir l’épreuve. Celui-ci célébra la Messe, prit la croix et s’avança entre les deux bûchers, tranquillement ; à l’extrémité, il voulut repartir en arrière pour ramasser son mouchoir qui était tombé, mais le peuple l’acclama ; on vint lui baiser les pieds, lui taillader l’habit pour garder des «reliques», et ainsi fut déposé l’évêque impie.

C’est à cet épisode que remonte le surnom de Igneo (de feu), que porta désormais Pietro.

Par la suite, il fut élu prieur, puis abbé de plusieurs monastères ;  en 1079, il fut créé cardinal et évêque d’Albano.

Il fut envoyé comme légat papal en Italie, en France et en Allemagne.

Pietro mourut à Vallombreuse (ou à Fucecchio) le 8 février 1088, certains avancent même la date de 1094.

Il n’est pas sûr que Pietro Igneo ait été canonisé. Au 8 février, le Martyrologe Romain parle du bienheureux Pietro, de la même façon qu’on parle souvent des bienheureux Apôtres.

 

 

Etienne de Muret

1046-1124

 

Etienne vit le jour en 1046 à Thiers (Puy-de-Dôme), fils du seigneur local, Etienne II, et de Candida.

En 1060, on le confia au doyen du Chapitre de Paris, Milon, qui devint plus tard archevêque de Benevento (Italie), ce qui explique comment Etienne se forma successivement à Paris et à Benevento. Certains ont dit que Milon l’ordonna diacre ; on verra par la suite qu’Etienne sera fidèle à la prière du Bréviaire ; en outre, on a conservé sa dalmatique, l’ornement liturgique particulier des diacres.

Etienne y entendit parler des ermites de Calabre (parmi lesquels les Chartreux de saint Bruno, v. 6 octobre) ; il se peut aussi qu’il les ait visités.

Vers 1074, il séjourna quelque temps à Rome et revint dans le Massif Central. Il y renonça à son héritage (sauf un simple anneau, dont on va parler plus bas), dit adieu à sa famille, et se retira dans la solitude.

Il se fixa finalement dans la forêt de Muret. Quelle règle suivit-il ? une vie toute de contemplation et de prière. Voici le texte de sa consécration personnelle : 

Moi, Etienne, je renonce au démon et à toutes ses pompes ; je m’offre et me donne à Dieu, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, seul Dieu vrai et vivant en trois Personnes. O Dieu tout-puissant  ! qui vivez éternellement et régnez seul en trois Personnes, je promets de vous servir en cet ermitage, en la foi catholique. En signe de quoi je pose cette écriture sur ma tête et mets cet anneau à mon doigt, afin qu’à l’heure de ma mort cette promesse solennelle me serve de défense contre mes ennemis.

Sainte Marie, Mère de Dieu, je recommande à votre Fils et à vous-même mon âme, mon corps et mes sens.

Après ces «fiançailles» spirituelles, Etienne s’enferma dans une étroite cellule, exposée à toutes les variations météorologiques, étouffante en été et glaciale en hiver ; il n’eut pour chemise qu’une cotte de mailles, dormait un peu sur un lit qui était plutôt un sépulcre de mort. Il priait le bréviaire, y ajoutait des psaumes tout au long de la journée, des louanges en l’honneur de la Sainte Trinité, de la Très Sainte Vierge, des prières pour les Défunts, toujours à genoux, tête découverte.

On a attribué à Etienne des miracles de son vivant. Il aurait ainsi guéri de sa paralysie un chevalier limousin.

Ceux qui vinrent le visiter, le trouvèrent toujours joyeux et aimable. Parmi ces visiteurs, furent deux cardinaux, dont l’un devait devenir le pape Innocent II, l’autre l’antipape Anaclet II ; Etienne leur expliqua ainsi son genre de vie : La grâce de Jésus-Christ nous a amenés dans ce désert pour y mener une vie de pauvreté et d’obéissance ; notre faiblesse ne nous permet pas d’atteindre à la perfection des ermites, nous tâchons d’imiter en quelque façon les frères, qui servent Dieu dans la Calabre, et nous attendrons la miséricorde de Jésus-Christ au jour de son jugement. On imagine l’heureux étonnement des deux prélats.

On aura noté le nous utilisé par Etienne ; ce n’était pas un nous de majesté, mais un nous collectif, car Etienne avait alors déjà quelques compagnons. Ceux-ci augmentèrent et formèrent l’Ordre de Grandmont. 

Le pieux Fondateur tomba malade. Il rappela à ses compagnons : Si, aimant la pauvreté, vous vous attachez constamment à Dieu, sans jamais vous écarter du chemin de la vérité, sa providence aura soin de vous et vous donnera tout ce qu’elle jugera vous être avantageux.

Après cinq jours de maladie, Etienne entendit la Messe, reçut l’Onction des Malades et l’Eucharistie, et expira,  le 8 février 1124, son dies natalis au Martyrologe.

Il est heureux et étonnant de savoir que parmi les autorités qui demandèrent la canonisation d’Eienne, se trouvait le roi d’Angleterre ; cela s’explique par le mariage de Mathilde avec Geoffroy Plantagenêt, parents du futur Henri II, roi d’Angleterre. C’est grâce à ce dernier que la communauté put construire un prieuré et une église au lieu-dit Grandmont. L’Ordre connut jusqu’à cent-soixante maisons à la fin du 13e siècle. Les bâtiments de Grandmont furent démolis à la Révolution.

Etienne fut canonisé en 1189.

 

 

Jacopa de’ Settesoli

1192-1239

 

Cette dame romaine, Jacopa de’ Normanni, serait née plutôt en 1190, à Rome ou un peu plus au sud ; elle avait épousé très jeune encore le seigneur Graziano Frangipane de’ Settesoli, qui mourut bientôt (1217), lui laissant deux petits enfants, Giovanni et Giacomo, et d’immenses propriétés.

Le prénom de cette dame est recensé de diverses manières, Jacopa ou Giacoma, ou encore Giacomina, qui serait en français Jacqueline.

Le nom de Frangipane est bien connu des gourmands, et remonterait justement à Giacomina, veuve Frangipane, qui confectionnait admirablement bien ces excellentes pâtisseries, quoiqu’il y ait à ce sujet bien d’autres versions.

Mais sans être gourmand (c'est-à-dire sans excéder dans le boire ou le manger, car la gourmandise est justement ce vice de l'excès), un certain Francesco, originaire d'Assise, appréciait à sa juste valeur cette pâtisserie que lui servait Dame Giacomina quand il passait dans la demeure romaine de celle-ci : saint François d’Assise ne refusait pas par principe de manger de bonnes choses, simplement il n’en abusait pas.

Giacomina resta extrêmement dévouée à Francesco et à ses Confrères. Elle aurait suggéré à Francesco la fondation du Tiers-ordre franciscain, permettant aux laïcs de vivre selon l’idéal franciscain tout en restant dans le monde. C’est elle aussi qui obtint l’hôpital de San-Biagio pour en faire la première maison franciscaine à Rome : Saint François a Ripa (sur la rive du Tibre)

Quand Francesco fut cloué au lit par sa dernière maladie, il exprima le désir de revoir Giacomina. Or celle-ci, ayant pressenti la dernière heure de Francesco, s’était déjà mise en route pour Assise, avec son plus jeune fils. Elle se présenta bientôt au monastère. 

Or, la règle qu’avait écrite Francesco était stricte : une femme n’entre pas dans le monastère des hommes ; même Chiara (Claire) d’Assise, n’y avait pas posé le pied.

Quand on rapporta cependant à Francesco que Giacomina était restée à la porte du monastère, François, qui connaissait bien cette “soeur” spirituelle, leur répondit : Laissez donc entrer “frère” Giacomina. Ainsi cette sainte femme put encore entrevoir une dernière fois le Saint stigmatisé d'Assise avant son départ pour les prairies éternelles.

“Frère” Giacomina mourut à son tour quelque temps plus tard à Assise, le 8 février 1239 ; on a dit aussi 1274, ce qui semble vraiment tardif.

Elle est considérée comme bienheureuse, mais n’est pas mentionnée au Martyrologe.

 

Une représentation de Jacopa, signée Simone Martini, est reconnaissable à l’auréole chargée de sept soleils, du nom de famille de la Bienheureuse : Settesoli.

 

 

Girolamo Miani (Emiliani)

1481-1537

 

Girolamo naquit à Venise en 1481, dernier des quatre enfants de Angelo et de Dionora (ou Leonora) Morosini.

Certaines sources donnent 1486, mais la plus sûre indiquant que Girolamo mourut à cinquante-six ans, on corrige l’année de naissance à 1481.

Le nom de famille de son père était très probablement Emiliani, une famille romaine ; mais quand cette famille s’établit à Venise, les gens lui donnèrent le nom de Miani, et c’est apparemment sous ce nom que naquit et fut connu notre Girolamo (Jérôme). Ses frères s’appelaient Carlo, Luca et Marco.

Girolamo reçut une éducation chrétienne ; il avait beaucoup d’amis ; on le disait robuste et, quelquefois, emporté. A dix ans, il perdit son père.

Il entra dans le Grand Conseil de Venise, et devint gouverneur de la place de Quero.

Il s’enrôla dans la cavalerie de Venise, et connut ce que la vie militaire peut offrir de moments glorieux, mais aussi, malheureusement, de chutes morales. En août 1511, il fut fait prisonnier. Girolamo affirma toujours qu’il fut libéré un mois plus tard, sur intervention de Notre-Dame.

Peu après la guerre, mourut son frère Luca, dont il soutint alors la veuve et les enfants, ainsi que le commerce des étoffes.

En 1527, il renonça à toutes ses responsabilités civiles, se retira dans la méditation et se mit à aider les pauvres, visiter les églises, écouter les sermons, assister à la messe. Regrettant ses écarts de la vie militaire, il priait et implorait Dieu de lui pardonner. Il se mit sous la conduite d’un saint prêtre de Venise.

Jeûnes, veilles, lectures, prières, travail : ce fut sa vie ; modestement vêtu, il parlait le moins possible ; il se montrait toujours heureux ; chaque jour, il combattait particulièrement un défaut en multipliant des actes de la vertu opposée.

Voici un fait qui eut des témoins et qui montre son degré de conversion. Un homme l’injuria gravement et injustement, et lui saisit la barbe qu’il voulait, disait-il, lui arracher poil par poil ; à quoi Girolamo répondit calmement : Si le Seigneur le veut ainsi, vas-y ! Or, si la scène s’était produite avant l’époque de sa conversion, il est sûr et certain que Girolamo se serait défendu énergiquement et aurait déchiré son adversaire avec les dents !

Il y eut en 1528 une grave famine dans toute l’Italie et en Europe, et beaucoup en moururent. Les familles laissèrent les campagnes et vinrent s’accumuler dans les villes, où l’on vivait «mieux». Girolamo vit ces pauvres gens gémir dans les rues et vendit tout ce qu’il avait encore chez lui pour leur venir en aide. Il en introduisait chez lui, il les exhortait à penser à Dieu, à mourir dans l’espérance du Ciel. Puis il se chargeait de porter au cimetière les cadavres des malheureux, de nuit pour rester discrètement inaperçu.

Une épidémie de peste se développa ; au contact de ces gens, Girolamo prit la contagion et pensa qu’il était proche de la mort. Mais de façon inattendue, il guérit bientôt et reprit ses activités charitables. Il remit définitivement le commerce de la laine à son neveu, et prit un habit tout simple. Il loua une petite maison dans le quartier Saint-Roch et commença à faire l’école à de petits orphelins. Il appela des artisans pour enseigner aux enfants à fabriquer des clous, il travaillait avec eux et leur enseignait à vivre de leur travail plutôt qu’à mendier. Ce petit «commerce» lui permit bientôt d’aller aider d’autres pauvres dans les quartiers éloignés Les dirigeants de l’hôpital des Incurables lui confièrent alors leurs deux écoles pour enfants.  

Il fut ensuite convié à Bergame, à Crémone, à Milan. Il y alla avec ses meilleurs «disciples», mais ils tombèrent malades à Milan. Un ami le reconnut et lui proposa de l’héberger, mais ne pouvant héberger tous les enfants, il les recommanda au duc Alfonso Sforza, qui les fit admettre à l’hôpital. 

Girolamo réunit bientôt dans toute la région plus de trois-cents personnes qui l’imitaient dans l’assistance aux pauvres ; il s’employa à les organiser et leur donna le nom de «Serviteurs des Pauvres», puis il revint à Venise, où il rendit visite à ses plus proches amis, parmi lesquels Gaetano de Thiene (voir au 7 août) et l’évêque Gian Pietro Carafa, futur pape Paul IV.

Puis il visita encore Vicenza, Vérone, Brescia, Bergame, Pavie. On l’invita à organiser à Rome les mêmes œuvres que dans le nord. Ce fut un pèlerin de la charité. 

Or, fin 1536, une nouvelle épidémie ravagea la ville de Somasque. Un des siens fut à l’agonie et l’on attendait sa dernière heure. Or le moribond se réveilla et dit à l’entourage qu’il venait de voir un siège tout lumineux, qui devait être celui de Girolamo.

Discrètement ce dernier prit congé de tous, annonçant que bientôt ni eux ni personne ne le verrait plus, parlant de sa mort prochaine. En effet, il contracta à son tour la maladie et mourut le dimanche 8 février 1537.

En 1540, le pape Pie IV érigea la famille en Ordre religieux, sous l’appellation de Clercs Réguliers de Somasque (du nom de la ville de leur maison principale).

Girolamo Miani sera béatifié en 1747, canonisé en 1767 ; en 1928, il sera proclamé Patron céleste des orphelins et de la jeunesse abandonnée.

Saint Girolamo est fêté le 8 février.

Giuseppina Gabriella Bonino

1843-1906

 

Giuseppina naquit à Savigliano (Cuneo, Turin, Italie) le 5 septembre 1843, de Domenico Bonino, médecin, et Giuseppa Ricci. Baptisée dès le lendemain de sa naissance, elle reçoit les noms de Anna Maria Maddalena Giuseppina.

Elle est la fille unique de ce couple très chrétien, qui a les moyens de la faire éduquer à la maison.

Intelligente, Giuseppina sera vite orientée par ses parents vers l'Institut des Rosine, ouvert pas la Mère Rosa Gavone à Savigliano en 1757. 

Giuseppina comprend vite, “au vol”, ce qui lui est expliqué. Elle peut faire la Première Communion à sept ans et recevoir la Confirmation l'année suivante, ce qui est très exceptionnel pour cette époque. Giuseppina montre aussi une grande dévotion à Marie, mère de Dieu.

En 1855, la famille déménage à Turin, où Giuseppina continue ses études chez les Sœurs de Saint-Joseph. Un saint prêtre l'assiste spirituellement, et l'autorise à faire un premier vœu de chasteté, à dix-huit ans.

A partir de 1869, la famille revient à Savigliano, mais le papa est malade, et Giuseppina l'assistera jusqu'à la mort, qui survient en 1874.

Giuseppina se donne alors beaucoup plus aux œuvres paroissiales. Elle préside la Pieuse Union des Enfants de Marie ; en 1875, elle prend l'habit du Tiers-ordre du Carmel et change son nom en Sœur Gabrielle de Jésus, Marie, Joseph et fait sa consécration totale en 1877. Elle s'agrège aussi au Tiers-ordre de la Pénitence de saint François.

En 1876, une tumeur à la colonne vertébrale l'oblige à subir une intervention chirurgicale, mais l'anesthésie est trop faible pour l'intervention. Le chirurgien l'opère pratiquement à vif, tandis qu'elle serre dans ses mains son crucifix. La guérison est estimée miraculeuse, grâce au recours à Notre Dame de Lourdes. Elle se rend à Lourdes en remerciement, avec sa mère, en septembre 1877. Là, elle a l'inspiration de se consacrer entièrement aux pauvres. Deux mois plus tard, la maman meurt des suite d'une broncho-pneumonie très violente.

La Sœur Gabriella ouvre à Savigliano une maison pour accueillir les petites filles orphelines dont personne ne voulait. Elle appelle cette maison La Sainte Famille ; dans les milieux bourgeois où on la connaissait, on la traite de fanatique, mais elle persévère dans son choix.

En 1880, elle fait deux séjours chez les Carmélites de Moncalieri et les Visitandines de Pinerolo, pour se préparer à sa Fondation : son directeur spirituel lui déconseille la vie cloîtrée et l'oriente décidément vers la fondation d'un nouvel Institut religieux pour les orphelines, les pauvres et les vieillards, à l'exemple de la Sainte Famille de Nazareth : humble, travailleuse, modeste, charitable, animée du zèle pour la gloire de Dieu et le salut des âmes.

Sœur Gabriella devient donc, à trente-huit ans, supérieure des Sœurs de la Sainte Famille (1881). L'institut reçoit l'approbation le 8 septembre 1887, fête de la nativité de Marie, et les douze premières Sœurs, Gabriella en premier, firent leur consécration, reçurent l'habit et leur nom : Sœur Gabriella se serait désormais appelée Sœur Giuseppina Gabriella de Jésus.

Les onze autres sont : Cecilia, Cristina, Luigia, Domenica, Maria, Geltrude, Teresa, Raffaella, Chiara, Pietrina, Agnese. Chiara fut la première à voler au ciel, peu de temps après cette vêture.

Giuseppina s'appliqua à dispenser aux Sœurs une formation solide ; la maison-mère et la chapelle furent construites à Savigliano. La première maison s'ouvrit à Loreto (Lorette), où elle séjourna très souvent, priant et méditant longuement dans la “Sainte Maison” de la Sainte Famille. Suivirent quatre autres maisons, où la Fondatrice exigeait une authentique vie religieuse, un esprit de sacrifice, un don total au service des bisogneux.

Comme elle l'avait annoncé, elle s'éteignit à Savona, frappée de pneumonie, le 8 février 1906. Ses dernières paroles furent : Mon Dieu, que ta volonté soit faite en moi ; et aux Sœurs : Priez pour moi.

Elle avait un rêve : ouvrir une branche sacerdotale dans l'Institut, que les actuelles Religieuses espèrent concrétiser dans l'avenir.

Sœur Giuseppina Gabriella a été béatifiée en 1995, et son dies natalis est le 8 février.

 

 

Giuseppina Bakhita

1867-1947

 

Giuseppina Bakhita naquit au Soudan en 1867 ou 1869. 

Bakhita n'est pas le prénom qu'elle reçut de ses parents à sa naissance. L'effroi éprouvé le jour où elle fut enlevée, provoqua quelques trous de mémoire. La terrible expérience lui avait fait également oublier son prénom.

Bakhita, qui signifie «fortunée», est le prénom que lui ont donné ses ravisseurs.

Vendue et revendue plusieurs fois sur les marchés de El Obeid et de Khartoum, elle connut les humiliations, les souffrances physiques et morales de l'esclavage.

Dans la capitale du Soudan, Bakhita fut rachetée par un Consul italien, Callisto Legnani. Pour la première fois, depuis le jour de son enlèvement, elle se rendit compte, avec une agréable surprise, que personne en lui donnant des ordres, n'utilisait plus le fouet, et qu'on la traitait même de façon affable et cordiale. Dans la maison du Consul, Bakhita connut la sérénité, l'affection et des moments de joie, peut-être même encore voilés par la nostalgie de sa famille, perdue pour toujours.

Quand le Consul dut repartir pour l'Italie. Bakhita demanda de partir avec lui et avec un de ses amis, Augusto Michieli.

Arrivé à Gênes, Monsieur Legnani, sur la demande de l'épouse d'Augusto Michieli, accepta que Bakhita restât avec eux. Elle suivit donc sa nouvelle «famille» dans leur domicile de Zianigo (dans la banlieue de Mirano Veneto) et, quand naquit leur fille Mimmina, Bakhita en devint l'éducatrice et l'amie.

L'acquisition puis la gestion d'un grand hôtel à Suakin, sur la Mer Rouge, contraignirent Madame Michieli à déménager dans cette localité pour aider son mari. Entre-temps, d'après un conseil de leur administrateur, Illuminato Checchini, Mimmina et Bakhita furent confiées aux Sœurs Canossiennes de l'Institut des catéchumènes de Venise. Et c'est là que Bakhita demanda et obtint de connaître ce Dieu que depuis son enfance elle sentait dans son cœur sans savoir qui Il était.

Voyant le soleil, la lune et les étoiles, je me disais en moi-même: Qui est donc le Maître de ces belles choses? Et j'éprouvais une grande envie de le voir, de le connaître et de lui rendre mes hommages.

Après quelques mois de catéchuménat, Bakhita reçut le Sacrement de l'Initiation chrétienne et donc le nouveau nom de Giuseppina. C'était le 9 janvier 1890. Ce jour-là, elle ne savait pas comment exprimer sa joie. Ses grands yeux expressifs étincelaient, révélant une émotion intense. Ensuite on la vit souvent baiser les fonts baptismaux et dire: C’est ici que je suis devenue fille de Dieu !.

Chaque nouvelle journée la rendait toujours plus consciente de la façon dont ce Dieu, qui maintenant la connaissait et l'aimait, l'avait conduite à lui par des chemins mystérieux, la tenant par la main.

Quand Madame Michieli revint d'Afrique pour reprendre sa fille et Bakhita, celle-ci, avec un esprit de décision et un courage insolites, manifesta sa volonté de rester avec les Mères Canossiennes et de servir ce Dieu qui lui avait donné tant de preuves de son amour.

La jeune africaine, désormais majeure, jouissait de la liberté d'action que la loi italienne lui assurait.

Bakhita demeura dans le catéchuménat, où se fit plus clair pour elle l'appel à se faire religieuse, à se donner entièrement au Seigneur dans l'Institut de Sainte Maddalena de Canossa (voir au 10 avril).

Le 8 décembre 1896, Giuseppina Bakhita se consacra pour toujours à son Dieu qu'elle appelait, usant une douce expression : Mon Maître !

Durant plus de cinquante ans, cette humble Fille de la Charité, vrai témoin de l'amour de Dieu, vécut en s'adonnant à diverses occupations dans la maison de Schio (Vicenza, Vénétie) : elle fut, en effet, cuisinière, lingère, brodeuse, concierge.

Lorsqu'elle se dédia à cette dernière tâche, ses mains se posaient avec douceur sur la tête des enfants qui fréquentaient chaque jour l'école de l'Institut. Sa voix aimable, qui rappelait les berceuses et les chants de sa terre natale, se faisait agréable pour les petits, réconfortante pour les pauvres et les souffrants, encourageante pour tous ceux qui frappaient à la porte de l'Institut.

Son humilité, sa simplicité et son sourire constant conquirent le cœur de tous les habitants de Schio. Les Sœurs l'estimaient pour sa douceur inaltérable, sa bonté exquise et son profond désir de faire connaître le Seigneur. Soyez bons, disait-elle, aimez le Seigneur, priez pour ceux qui ne le connaissent pas. Considérez cette grande grâce de connaître Dieu ! 

Arriva la vieillesse, puis la maladie longue et douloureuse, mais Mère Bakhita continua à donner un témoignage de foi, de bonté et d'espérance chrétiennes. À qui lui rendait visite et lui demandait comment elle se portait, elle répondait souriante : Comme veut le Maître !

Dans l'agonie, elle revécut les jours terribles de son esclavage, et, à maintes reprises, elle supplia l'infirmière qui l'assistait : Lâchez un peu les chaînes... elles me font mal !

Ce fut la très Sainte Vierge Marie qui la libéra de toute souffrance. Ses dernières paroles furent: Notre Dame ! Notre Dame !, tandis que son ultime sourire témoignait de sa rencontre avec la Mère du Seigneur.

Mère Bakhita s'est éteinte le 8 février 1947 dans la maison de Schio, entourée de la communauté en pleurs et en prières. Une foule accourut rapidement à la maison de l'Institut pour voir une dernière fois leur petite Mère noire et lui demander la protection du ciel. Sa réputation de sainteté s'est désormais répandue sur tous les continents.

Nombreuses sont les grâces obtenues par son intercession. 

Giuseppina Bakhita fut canonisée en 2000.

 

 

María Josefa Alhama Valera

1893-1983

 

María Josefa Alhama Valera naquit le 30 (29) septembre 1893 à Vereda del Molino (Santomera, Murcia, Espagne), de José Antonio et María Carmen, des parents aussi croyants que pauvres cultivateurs, qui eurent neuf enfants.

Très tôt, elle fut placée chez un commerçant, dont les enfants eurent la bonté de lui enseigner à lire et à écrire (une autre source affirme que ce fut chez le curé, qui était assisté de deux bonnes Religieuses).

Elle avait vingt-deux ans lorsqu’elle entra chez les Filles du Calvaire, qui allaient bientôt fusionner avec les Religieuses Clarétines ou Filles Enseignantes de Marie Immaculée. María Josefa prit alors le nom de Madre Speranza de Jesús.

On l’envoya au couvent de Vélez Rubio, pour y enseigner aux petits enfants ; un an après, on l’envoya à Madrid chez les Clarétains.

Déjà on observait des choses surnaturelles dans la vie et le comportement de Madre Speranza et l’on voulait s’assurer qu’elles fussent réellement d’origine divine et non des fantaisies. Très vite le Saint-Office romain dut s’incliner devant l’évidence des faits. 

Madre Speranza était, entre autres, favorisée d'extases et ses collaborateurs assistèrent plus d'une fois à ses dialogues avec Dieu. Elle demandait pourtant à tous de ne pas la regarder dans ces moments là. Elle portait dans son corps les stigmates de la Passion du Christ. Elle avait le don de bilocation : elle aurait ainsi rendu visite au pape Pie XII au Vatican, mais pour le moment, le récit de cet événement n'a pas été publié par l'Eglise.

En 1930, M    adre Speranza fonda la Congrégation des Esclaves de l’Amour Miséricordieux, à Madrid, dont la mission devait être de s’occuper des pauvres et des enfants. Il y eut très vite d’autres maisons en différents points de l’Espagne.

En 1936, elle rejoignit l’Italie, où elle ouvrit d’autres maisons encore.

En 1951, à Collevalenza (Todi, Pérouse, Italie), elle donna naissance à la branche masculine de sa congrégation. Et c’est auprès de ces Fils de l’Amour Miséricordieux que vécut désormais Madre Speranza.

Bientôt s’élèvera là aussi le sanctuaire de l’Amour Miséricordieux, où affluèrent tant de pèlerins, venus recevoir de Madre Speranza conseils et consolations.

La prière de Madre Speranza aurait obtenu des centaines de miracles de son vivant. Tant de fois, surtout dans les restrictions de l'après-guerre, dans le quartier défavorisé de la Casilina, à Rome, elle a nourri les pauvres : les marmites ne se vidaient pas, le pain ne s'épuisait pas, l'huile ne manquait pas.

Sa vocation, c'était d'être un paratonnerre de l'humanité, une médiatrice de miséricorde.

Peu après l’attentat qui faillit lui coûter la vie, le pape Jean-Paul II s'est rendu à Collevalenza, le 22 novembre 1981, donc du vivant de Madre Speranza, et il a dit cette prière à l’Amour Miséricordieux :

"Amour Miséricordieux, ne nous fais pas défaut, nous t'en prions !

Amour Miséricordieux, ne te lasse jamais !

Sois constamment plus grand que tout le mal qui se trouve dans l'homme et dans le monde !

Sois plus grand que ce mal qui a grandi dans notre siècle et dans notre génération !

Sois le plus puissant, par la force du Roi Crucifié !

« Béni soit son Royaume qui vient ! »." 

Maintes fois, Madre Speranza tomba malade et inquiéta les médecins… qui furent les premiers ébahis de la voir guérir à chaque fois. Une seule maladie ne guérit pas : celle qui lui provoqua la cécité peu avant ses quatre-vingt-dix ans, et dont elle mourut, le 8 février 1983, en odeur de sainteté.

Les miracles continuèrent après sa mort, et aboutirent à sa béatification en 2014. 

Le miracle retenu fut la guérison rapide, complète et durable d’un enfant d’un an, atteint d’une intolérance multiple aux protéines.

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