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10 février 2020 1 10 /02 /février /2020 00:00

10 FEVRIER

 

?

Ss Zoticus, Irenæus, Hyacinthus et Amantius, martyrs romains.

III.

Ss Charalampus, prêtre, avec Porphyrius et Dauctus, ses bourreaux convertis, martyrs à Magnésie.

IV.

S Pérégrin, apôtre à Plaisance, d’où il extirpa le paganisme.

V.

S Zénon,  ex-soldat, solitaire près de Antioche.

S Silvanus, évêque à Terracina.

VI.

Ste Scholastica, sœur jumelle de s. Benoît, moniale au Monte Cassino, non loin de son frère.

S Troianus, évêque à Saintes ; ayant eu une vision de s. Martin, il interdit à son sous-diacre d’en parler “sous peine de mort” ; après le décès de s. Troianus, le sous-diacre révéla le prodige et annonça sa mort, qui arriva sur le champ.

VII.

S Prothadius, évêque à Besançon, zélé pour la discipline et auteur d’un rituel.

S Trumwin, écossais, évêque à Abercurnig, qu’il dut abandonner pour se réfugier près de Whitby.

VIII.

Ste Austreberte, abbesse à Pavilly, thaumaturge.

IX.

S Sigon, évêque à Clermont.

XI.

Ste Sura, assassinée par des voleurs qui la croyaient riche ; elle apparut au juge pour lui demander de leur faire grâce.

XII.

S Guglielmo, ex-militaire français, converti, ermite à Maleval, à l’origine des Guillemites.

B Hugues de Fosses, abbé à Prémontré, compagnon de s. Norbert.

XIII.

B Guillaume de Brabant, prêtre solitaire à Morlanwez, après une adolescence déréglée.

B Arnaud, abbé bénédictin à Padoue, mort emprisonné par le seigneur local.

XIV.

Bse Chiara Agolanti, veuve à Rimini, fondatrice d’un monastère, mystique.

XVIII.

Bx Pierre Fremond, Catherine et Marie-Louise de la Sorinière, Louise Bessay de la Voûte, Marie-Anne Hacher du Bois et Louise Poirier, martyrs fusillés à Avrillé, béatifiés en 1984.

XX.

B José Luis Sanchez del Rio (1913-1928), jeune mexicain martyr, béatifié en 2005, canonisé en 2016.

Bse Eusebia Palomino Yenes (1899-1935), religieuse espagnole des Filles de Marie Auxiliatrice, qui s’offrit pour l’Espagne au début de la guerre civile, béatifiée en 2004.

B Alojzije Stepinac (1898-1960), évêque à Zagreb, victime des communistes (qui finirent par l’empoisonner), cardinal, martyr, béatifié en 1998.

Zoticus et Amantius à Rome

?

 

Il s’agit là de Martyrs bien inconnus.

Ils seraient morts à Rome, mais on ne sait à quelle période, au deuxième ou au troisième siècle.

On leur a parfois adjoint deux Compagnons, nommés Irenæus et Hyacinthus.

Saints Zoticus et Amantius sont commémorés le 10 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Charalampus et Compagnons à Magnésie

† 202

 

Charalampus était un prêtre à Magnésie (auj. Manisa, Turquie W).

Sous Septime Sévère, le préfet Lucien le fit arrêter sous le prétexte qu’il méprisait les édits impériaux défendant de prêcher l’Evangile. Charalampus ne méprisait pas ces édits, mais il préférait obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes (cf. Ac 5:29).

Lucien le fit déchirer avec des ongles de fer, se joignant lui-même aux bourreaux pour jouir du plaisir de le torturer. Mais Dieu fit que ses mains se paralysèrent ; Charalampus cependant obtint de Dieu de le guérir ; sur quoi les bourreaux, nommés Porphyrius et Dauctus, ainsi que trois femmes présentes, se convertirent à Dieu, tandis que le malheureux préfet, persistant dans son erreur, ne trouva rien d’autre à faire que d’ordonner de décapiter et le prêtre, et les bourreaux convertis, et les femmes.

Ce devait être vers 202.

Saint Charalampus et ses Compagnons sont commémorés le 10 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Silvanus de Terracina

5e siècle

 

D’après le Martyrologe, Silvanus fut évêque à Terracina (Campanie, Italie C) au quatrième siècle.

Mais la liste épiscopale de ce siège ne comporte pas de Silvanus. Un Sabinus est signalé en 313.

Voici donc un grand mystère à élucider. Quelques observations cependant sont permises.

Dans la liste épiscopale de Terracina, Sabino est mentionné en 313, puis une longue période suit, marquée seulement d’un Anonyme, suivi d’un Martirio à la fin du cinquième siècle, en somme au moins un siècle et demi sans titulaire.

Ici, une «légende» va peut-être nous rendre service. Silvanus, fuyant la persécution des Vandales,  serait venu d’Afrique du Nord avec le prêtre Eleutherius.

En 443, mourut l’évêque Ioannes, et Silvanus lui succéda. Neuf mois plus tard déjà, il mourait et Eleutherius montait sur le siège.

Voici donc au moins trois noms qui peuvent remplacer l’Anonyme ci-dessus : Ioannes, Silvanus et Eleutherius, mais au cinquième siècle.

Saint Silvanus de Terracina est commémoré le 10 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Troianus de Saintes

† 532

 

Troianus fut le cinquième évêque de Saintes (Charente-Maritime), mais ses dates d’épiscopat sont incertaines. En effet, la date de 511 qu’on indique pour le début de son épiscopat, coïncide avec l’épiscopat de son successeur, Petrus. Et on lui donne parfois pour successeur Eusebius (qui accéda au siège en 553), mais on le fait mourir vers 532…

Il reste que Troianus est attesté comme un homme d’une grande sainteté, hautement respecté et vénéré de son vivant déjà, au point que son habit était tout tailladé par les fidèles qui voulaient recueillir quelque «relique» de leur saint pasteur. 

Une nuit que Troianus se déplaçait avec son sous-diacre, ce dernier vit un vaste globe lumineux descendre du ciel et inonder de lumière l’évêque. Le sous-diacre entendit ce dialogue : Bénis-moi, je te prie, bienheureux pontife - Mais toi, Troianus, prêtre de Dieu, bénis-moi. Il y eut une accolade, les deux protagonistes prièrent et causèrent longtemps. Au terme de cette rencontre, Troianus expliqua au sous-diacre qu’il avait eu une vision de saint Martin (v. 11 novembre), et intima sévèrement le silence au sous-diacre, sous peine de mort. Le sous-diacre fut fidèle à l’ordre reçu et conserva son secret jusqu’à la mort du prélat.

Mais quand Troianus fut mort (532 ou 553), il raconta au clergé l’événement dont il avait été témoin, et en donna pour preuve qu’il allait mourir sur place, ce qui se passa effectivement aux yeux de toute l’assemblée présente.

Troianus, donc, mourut vers 532 ou vers 553. Des malades furent guéris à son tombeau.

Saint Troianus est commémoré le 10 février au Martyrologe Romain.

Le diocèse de Saintes fait maintenant partie de celui de La Rochelle.

 

 

Scolastica

480-543

 

Scolastica ou Scholastica, en français Scholastique, était la sœur jumelle de saint Benoît (v. 21 mars). Elle était donc née comme lui «vers» 480, cette date restant encore approximative.

Il y avait une profonde amitié entre eux.

Sans répéter ce qui fut écrit dans la notice de saint Benoît, on trouvera ci-après des éléments extraits des visions d’Anna Katharina Emmerick, cette stigmatisée allemande qui était complètement ignorante et ne disait que ce qu’elle «voyait» en vision.

Des oiseaux venaient sur la fenêtre et se montraient très familiers avec eux. Ces oiseaux portaient dans leur bec des fleurs et de petites branches et cherchaient les enfants du regard. Ceux-ci jouaient aussi avec des fleurs et des plantes…

Parfois venait une gardienne qui les surveillait. Les parents semblaient être riches et avoir beaucoup d’affaires : car il y avait dans la maison une vingtaine de personnes que je voyais aller de côté et d’autre…

J’ai remarqué que ceux qui étaient chargés d’eux ne les laissaient pas volontiers ni souvent seuls ensemble.

Scholastique apprenait près de sa surveillante à faire un travail d’un genre tout particulier. Il y avait dans une pièce voisine de la chambre où elle dormait une table sur laquelle elles travaillaient : sur cette table étaient plusieurs corbeilles pleines d’étoffes de toutes couleurs où elle découpait des figures, des oiseaux, des fleurs, des ornements variés qui étaient ensuite cousus sur une plus grande pièce d’étoffe…

Scholastique couchait derrière un rideau : sa couche était très basse. Je la voyais, le matin, quand sa gouvernante se dirigeait vers la porte pour sortir, sauter à bas de son lit, se prosterner et prier devant une croix attachée au mur : quand elle entendait les pas de la gouvernante, elle se glissait promptement derrière le rideau et elle était dans son lit avant que l’autre fût de retour. Je vis Benoît et Scholastique étudier avec le précepteur du premier, mais chacun de son côté…

Je vis (Scholastique), qui était toujours chez ses parents, rendre plusierus fois (à son frère) des visites qu’elle faisait à pied…

Je la vis, plus tard, sous la direction de Benoît, ériger un couvent (au Mont Cassin) sur une autre montagne, à une petite journée de marche : une très grande quantité de religieuses vinrent à elle. Je vis qu’elle leur apprenait le chant. Il n’y avait pas là d’orgues : les orgues ont été très nuisibles et ont fait du chant une chose tout à fait subordonnée…

Dans le monastère, je vis près d’elle des pigeons et des alouettes qui lui apportaient des fleurs blanches, jaunes, rouges et violettes. Je vis un jour une colombe lui apporter une rose avec une feuille…

Saint Grégoire le Grand raconte les derniers jours de sainte Scholastique. Elle avait rencontré son frère dans une maisonnette à mi-chemin entre l’un et l’autre monastère et ils avaient passé la journée en sainte conversation. Le soir, Scholastique pria Benoît de rester là toute la nuit, ce que Benoît ne voulait accepter, s’interdisant de passer une nuit hors du monastère. Scholastique alors se recueillit intensément et, sur sa prière, un terrible orage se déchaîna.

A Benoît, Scholastique dit alors : Tu n’as pas voulu m’accorder ce que je te demandais, je l’ai demandé à Dieu ! Va, maintenant, si tu peux ! Benoît était bien obligé de rester à l’abri. Ils s’entretinrent donc toute la nuit des choses de Dieu. Une fois rentré dans le monastère, Benoît vit trois jours après une colombe quitter le monastère de sa sœur, et il fut divinement averti que c’était l’âme de Scholastique qui s’envolait pour le ciel.

C’était le 10 février 543.

Benoît fit enterrer sa sœur dans le propre tombeau qu’il s’était déjà préparé.

Du Mont Cassin où ils étaient tous deux enterrés, les reliques de saint Benoît et de sainte Scholastique furent, vraisemblablement, reportées en France, au Mans, puis, selon les événements et les guerres, mises en sûreté à Javigny-les-Dames (Trèves), puis Imécourt, puis Juvigny ; il y aurait également des reliques à Rome et au diocèse de Séez.

 

 

Prothadius de Besançon

† 624

 

On a commémoré le 8 février s. Nicetius ou Nizier, évêque de Besançon.

Son successeur fut Prothade, vingt-et-unième nom de la liste des archevêques de Besançon (Doubs).

Il était fils (ou très proche parent) d’un autre Prothade, maire du palais à la cour de Bourgogne.

S’étant orienté très tôt vers le service de l’Eglise, il fut remarqué par s.Nicetius pour ses lumières et sa piété, et il fut appelé à lui succéder, en 613.

Son activité se concentra sur la lutte contre la simonie et les erreurs doctrinales. Il rédigea un Rituel, auquel on a parfois encore recours.

Le roi Clotaire II avait pour lui une grande vénération et n’entreprenait rien sans son avis.

Prothade fut protagoniste d’un événement peu commun :  des voleurs s’étaient emparés du magnifique reliquaire en or contenant les reliques de s. Etienne (v. 26 décembre). Un peu plus loin, ils conservèrent l’or et les pierres précieuses, jetant au Doubs la relique du Saint. Au matin, des pêcheurs aperçurent une lumière extraordinaire au-dessus d’un objet qu’ils rejoignirent en barque : ils constatèrent que l’os était entouré par l’eau comme d’un mur et prévinrent l’évêque Prothade. Ce dernier vint constater le prodige et remit la relique à sa place, où on la vénéra avec une solennité accrue.

Saint Prothade, qui est mort vers 624, a son dies natalis au 10 février dans le Martyrologe Romain.

Le reliquaire de ses reliques se trouve à l’église Saint-Pierre de Besançon.

 

 

Austreberte de Pavilly

630-704

 

Austreberte (ou Anstreberge), qui naquit vers 630 au pays de Thérouanne, fut la fille de Badefroy, comte de Hesdin au service de Dagobert Ier, et de Framechilde, d’une noble famille issue de peuple alaman. Elle eut un frère, qu’on a par erreur identifié avec s.Ansbert (v. 9 février).

Dès avant sa naissance, la maman avait reçu du ciel l’annonce que sa fille aurait vécu dans une grande sainteté angélique. 

Très tôt, la petite fille décida en effet de garder la chasteté toute sa vie. Un jour, elle eut l’impression de recevoir sur sa tête un voile que lui imposait l’Esprit-Saint, en signe de noces mystiques. A dix ans, elle déclara ouvertement à ses parents sa volonté bien arrêtée.

Mais le papa songeait plutôt à un heureux mariage avec un prince. Austreberte, avec son frère, quitta alors la maison familiale pour aller trouver l’évêque.

En chemin, ils devaient passer la Canche, qui débordait : prenant son frère par la main, elle la traversa en marchant sur les eaux.

Arrivée devant l’évêque s.Omer (v. 1er novembre), elle lui déclara sa ferme résolution ; Omer en fut tellement frappé, qu’il lui donna sans tarder le voile des vierges. Mais les parents ? Omer les rencontra, les rassura. Les parents proposèrent à leur fille de venir habiter avec eux avec toute liberté pour ses activités pieuses. Mais Austreberte voulait le détachement total : elle entra au monastère de Port, sous l’abbesse Burgoflède.

Austreberte se montra une novice déjà accomplie dans les vertus de la sainteté ; humble parmi les autres religieuses, elle était heureuse d’obéir et de vivre dans la pauvreté. Des miracles prouvèrent déjà sa sainteté ; un jour qu’elle n’avait pas de balai pour balayer son four à pain, elle y entra elle-même, se servit de ses manches en guise de balai, et en ressortit sans la moindre brûlure.

Elle fut nommée prieure et, après quelques années, abbesse du nouveau monastère de Pauliacum, Pavilly ; certains prétendent qu’il y eut d’abord une autre fondation, dont on ignore la localité, et que c’est à la suite de l’échec de cette fondation, qu’Austreberte fonda Pavilly (662). C’est saint Omer qui en fit la dédicace.

Pavilly n’est pas très distante de Jumièges ; les moniales de Pavilly s’occupaient de laver les linges des moines de Jumièges ; d’après la tradition, saint Philibert de Jumièges (v. 20 août) ne voulait célébrer la Messe qu’avec des linges lavés par Austreberte !

Austreberte donna le meilleur d’elle-même et conduisit sa communauté dans les voies de la sainteté. L’ennemi de la paix entrava manifestement cette entreprise, mais Dieu protégea l’abbesse de ses grâces.

Un jour, ou plutôt une nuit, une des religieuses fut réveillée et avertie d’aller prévenir l’abbesse : il fallait absolument se lever et aller chanter l’office à l’église, bien plus tôt que prévu. A peine la communauté commençait la liturgie, que le dortoir s’effondrait ; Austreberte donna l’ordre d’achever d’abord l’office avant d’aller constater les dégâts. Deux jeunes novices, qui n’étaient pas encore astreintes à l’office, furent retrouvées saines et sauves ; mais une religieuse, qui avait désobéi et était allée sur les lieux de l’accident, fut frappée par une pierre et semblait morte. Austreberte vint faire le signe de la croix sur son front avec l’huile de la lampe du sanctuaire et la religieuse revint à elle.  

Dans une autre occasion, Austreberte montra à quel point pouvait arriver son humilité. Une nuit qu’elle passait dans le dortoir pour veiller à ce que toutes les religieuses fussent en paix, la prieure, entendant le bruit de ses pas, mais sans la reconnaître, l’envoya à la croix, ce qui signifiait d’aller se coller contre un grand crucifix, les bras en croix, en récitant des psaumes «jusqu’à nouvel avis de la Supérieure». Austreberte resta là jusqu’au moment où la communauté gagnait l’église, à la première lueur du jour ; la pauvre prieure en fut bien confuse ! Austreberte n’eut pas un mot de rancœur contre cette maladresse.

Le 2 février 704, Austreberte apprit d’un Ange qu’elle quitterait cette terre une semaine plus tard. Elle l’annonça aux religieuses. Dès le lendemain, la fièvre commença et elle reçut les derniers Sacrements. Le 10 février, tandis que les prêtres récitaient les prières des agonisants et invoquaient les Saints, Austreberte les interrompit : Faites silence, regardez cette procession qui entre dans la chambre ! C’étaient tous les Saints qu’on avait invoqués l’instant d’avant et qui venaient la prendre et la conduire au Ciel.

Austreberte s’exclama alors : Me voici, Seigneur, toi que j’ai tant aimé. 

Elle s’endormit ainsi le 10 février 704.

Quand les Normands mirent le feu à l’abbaye (fin 9e siècle), les reliques de sainte Austreberte furent mises en sûreté ; elles auraient échappé à la fureur révolutionnaire, et se trouveraient maintenant à Montreuil-sur-Mer, en la chapelle Sainte-Austreberte, seul vestige de l’ancienne abbaye éponyme.

Guglielmo de Maleval

† - 1157

 

Même les Religieux guillemites n’ont pas conservé de souvenirs exacts de leur Fondateur, affirmant qu’il était ce Guillaume IX d’Aquitaine, converti par saint Bernard (v. 20 août). Les spécialistes avancent plutôt qu’il aurait été un gentilhomme français, passé du métier des armes à celui de la milice divine, et pour cela s’appellerait Guillaume.

Voulant expier ses fautes de jeunesse, Guglielmo se présenta au pape, qui lui imposa comme pénitence le pèlerinage de Jérusalem (1145).

A son retour en 1153, Guglielmo s’arrêta en Toscane ; sur l’île de Lupocavio (Pise) comme dans la forêt du mont Pruno, il s’attira des disciples qui, après avoir voulu écouter ses conseils, le méprisèrent et le chassèrent. Il vint alors près de Sienne et s’établit dans l’Etable de Rhodes, un endroit si affreux et peu accueillant qu’on l’appela par la suite Maleval (Vallée du Mal ou Mauvaise Vallée). C’était en 1155.

Il eut d’abord seulement un trou dans la terre. Le seigneur de l’endroit lui fit construire une cabane. Guglielmo vécut alors d’herbes et de racines.

En 1156, un certain Alberto se joignit à lui et ne le quitta jamais plus. Guglielmo lui affirmait n’être qu’un criminel, méritant les derniers tourments ; de fait, il s’imposait des austérités surprenantes, couchant par terre, jeûnant tous les jours ou presque, et ne prenant à l’occasion qu’un peu de nourriture et à peine de vin dans son verre d’eau. Il portait continuellement un cilice, vivait du travail de ses mains et, tout en travaillant, devisait avec Alberto sur les voies de la perfection.

Ce dernier fut témoin d’une des prophéties de Guglielmo. Il voyait en effet Guglielmo vieillir et désirait bien avoir un compagnon de vie. Guglielmo lui annonça la prochaine venue de quelqu’un. Arriva en effet un certain Rinaldo, médecin de son état, qui voulait se retirer avec eux. Guglielmo lui conseilla d’aller mettre en ordre ses affaires et de vite revenir.

Pendant son absence, Guglielmo sentit arriver sa dernière heure. Il se fit apporter les Sacrements de l’Eglise et expira bientôt dans les bras d’Alberto, assisté par le brave Rinaldo qui arriva à temps.

Guglielmo mourut le 10 février 1157, son dies natalis au Martyrologe Romain, et fut, croit-on, canonisé en 1202.

Les ermites de Saint-Guillaume ou Guillemites se répandirent dans toute l’Europe ; ils adoptèrent la règle bénédictine et le couvent de Maleval fut ensuite remis aux Ermites de Saint-Augustin.

 

 

Hugues de Fosses

1093-1164

 

Il naquit vers 1093 à Fosses (Brabant, auj. Belgique), de parents pieux et aisés, qui le laissèrent tôt orphelin.

Formé à l’école capitulaire, il fut attaché à la maison épiscopale, et l’évêque le présenta à s.Norbert (v. 6 juin).

En 1119, conquis par la sainteté de vie du saint Fondateur, Hugues le suivit à Prémontré.

Prémontré avait été indiqué (montré) par Notre-Dame elle-même ; puis Notre-Seigneur apparut à Hugues pour ratifier ce choix.

Hugues dut chasser les démons qui infestaient l’endroit, mais aussi les diablotins qui tentaient les premiers disciples intérieurement…

Quand s.Norbert fut nommé archevêque de Magdeburg (1126), Hugues fut choisi comme abbé de Prémontré et supérieur de tout l’Ordre.

En 1134, Norbert mourut et apparut bientôt à Hugues pour l’assurer qu’il était dans la béatitude éternelle. Hugues alors s’empressa de recueillir les éléments d’une Vita, en vue de la canonisation (qui n’advint toutefois qu’en 1582).

Hugues travailla beaucoup à la rédaction des statuts de l’Ordre, s’entendit fraternellement avec les moines de Cluny, ainsi qu’avec les Cisterciens pour prévoir le développement de chaque Ordre sans préjudice des autres. Sous son gouvernement, plus de cent monastè!res d’hommes et de femmes furent fondés.

Les dernières années de sa vie furent assombries par un différent avec l’évêque, qui fut heureusement résolu par un compromis apprécié de tous.

Hugues s’éteignit chargé d’ans et de mérites, le 10 février 1164, son dies natalis  au Martyrologe Romain. Il a de tout temps été invoqué comme Bienheureux, mais le culte fut officiellement confirmé seulement en 1927.

Le corps d’Hugues fut retrouvé sous les ruines après la Grande Guerre.

 

 

Chiara de Rimini

1280-1326

 

Chiara était de la famille florentine des Agolanti. Elle naquit vers 1280 à Rimini et eut (au moins) un frère.

Petite, elle perdit sa mère, Gaudiana ; son père, Onosdeo, épousa alors une veuve qui avait un fils ; ce dernier devint le mari de Chiara. 

Chiara continuait sa vie mondaine, dissipée, débauchée même et scandaleuse. Et voilà que tous deux, le père et l’époux passèrent à l’échafaud, ce qui rendit Chiara héritière d’un immense patrimoine.

Chiara épousa alors un jeune noble d’une des premières familles de Rimini. La vie semblait continuer, mais…

Chiara entra un jour dans une église et entendit une voix qui l’invitait à prier dévotement l’Oraison dominicale. Au fur et à mesure qu’elle avançait, elle se sentait de plus en plus envahie d’une grande joie. Sortie de là, elle refusa peu à peu toutes les réunions où elle s’amusait follement précédemment, préférant se retirer dans la solitude. Elle eut ensuite une apparition de Notre-Dame, qui la convainquit alors dans son désir de se sanctifier.

Elle demanda à son époux de la laisser se consacrer totalement à Dieu ; l’homme consentit ; il mourut deux ans plus tard, très chrétiennement, grâce aux bons conseils de son épouse.

Chiara, alors, revêtit une pauvre bure, s’entoura le corps de cercles de fer, coucha sur des planches, et vécut au pain et à l’eau. Cette austérité dura une trentaine d’années.

Son frère, chassé de Rimini, se réfugia à Urbino ; elle l’y rejoignit et le soigna.

Ensuite, elle se retira en recluse dans une petite tour proche de la cathédrale ; elle n’en sortait que pour aller voir son frère, ou des prisonniers, ou des indigents. Elle quêtait pour eux.

Quand le calme revint à Rimini, elle y retourna et continua sa vie austère. Tous ses biens passèrent aux indigents. Elle alla quêter au profit des Clarisses, récemment installées dans la ville, elle se dépensa pour secourir les misères, mettre la paix, convertir les pécheurs, fournir une dot aux jeunes filles pauvres.

Des demoiselles voulurent se mettre à son école. Chiara reçut de Dieu l’invitation à construire un monastère, dédié à l’Annonciation ; une autre version des faits affirme qu’elle entra au couvent des Clarisses.

Les épreuves ne tardèrent pas : Chiara fut accusée d’hérésie, on l’accabla d’injures. Les démons se déchaînèrent aussi contre elle. Elle remporta la victoire par sa patience, sa douceur, son humilité, des armes contre lesquelles le démon ne peut rien. Chiara fut aussi consolée par des extases célestes.

Une de ces extases, à la fin de sa vie, dura pratiquement six mois ; elle ne voyait plus rien.

En février 1326, elle appela ses compagnes et leur parlait très calmement, sans laisser paraître le moins du monde qu’elle était proche de la séparation. Elle s’endormit dans le Seigneur, le 10 février 1326 : sa figure devint resplendissante, un parfum très agréable exhala de son corps.

De nombreux miracles ont attesté la sainteté de Chiara.

Son culte fut approuvé en 1784.

Les 84 Martyrs d’Avrillé

† 1794

 

Il y eut un Martyr le 12 janvier, quatre le 18 janvier, quarante-sept le 1er février, six le 10 février (ci-après), vingt-six le 16 avril. Le décret de béatification embrasse quinze autres Martyrs de la même époque, mais pas de la même localité.

 

On lira avec quelque utilité la notice générale Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Louise Bessay de la Voute

1721-1794

 

Cette laïque était née le 22 août 1721 à Saint-Mars-des-Prés (Vendée).

C’est la plus âgée des victimes d’Avrillé : elle avait soixante-douze ans.

 

Voir la notice : Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Louise Poirier Barré

1754-1794

 

Cette laïque, épouse Barré, était née le 22 février 1754 à Le Longeron (Maine-et-Loire).

 

Voir la notice : Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Pierre Frémond

1754-1794

 

Ce laïc était née le 16 septembre 1754 à Chaudefonds (Maine-et-Loire).

 

Voir la notice : Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Catherine du Verdier de la Sorinière

1758-1794

 

Cette laïque était née le 29 juin 1758 à Saint-Pierre-de-Chemillé (Maine-et-Loire).

C’était une des deux filles de Marie de la Dive, veuve du Verdier de la Sorinière, guillotinée le 26 janvier précédent.

 

Voir la notice : Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Marie-Anne Hacher du Bois

1765-1794

 

Cette laïque était née le 3 avril 1765 à Jallais (Maine-et-Loire).

 

Voir la notice : Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Marie-Louise du Verdier de la Sorinière

1765-1794

 

Cette laïque était née le 27 juin 1765 à Saint-Pierre-de-Chemillé (Maine-et-Loire).

C’était une des deux filles de Marie de la Dive, veuve du Verdier de la Sorinière, guillotinée le 26 janvier précédent, et la jeune sœur de Catherine, guillotinée le même jour qu’elle.

 

Voir la notice : Avrillé (Martyrs d’)

José Luis Sánchez del Río

1913-1928

 

Fils de Macario Sánchez Sánchez et de María del Río, José Luis était né le 28 mars 1913 à Sahuayo (Michoacán, Mexique), après Macario et Miguel, et avant María Luisa. Cette famille était connue comme une des principales familles du pays, très catholique et de haute lignée.

Depuis plusieurs années, la famille Sánchez était venue d'Espagne, et la famille del Río venait à son tour de Jiquilpan. Le papa avait acquis une grande propriété au sud de Jiquilpan, qu'il avait appelée “Le Moral” (El Morale). La maman, travailleuse et généreuse, était appelée Doña Mariquita, par la population. 

José reçut le baptême le 3 avril suivant, puis la confirmation en 1917, à quatre ans, selon la coutume de l'époque. Il fréquenta l'école, et jouait comme tous ses camarades. Chaque dimanche, il allait à la messe et au catéchisme avec ses parents.

La famille déménagea à Guadalajara, où José fit la Première communion, vers neuf ans. Sa dévotion envers la sainte Vierge grandissait et on le voyait souvent dire le chapelet.

Nombreux furent les adeptes enthousiastes des Cristeros qui s’opposaient à la politique laïque du gouvernement, et les deux frères aînés de José, Macario et Miguel, s'engagèrent dans les troupes guidées par le général Ignacio Sánchez Ramirez pour défendre la liberté religieuse. José, qui n'avait que treize ans, sollicitait de toutes ses forces son admission dans leurs rangs.

Quand les troupes des Cristeros arrivèrent à Sahuayo, dans toutes les familles, il y avait au moins quelqu'un qui portait une arme, ou bien qui s'occupait de transmettre des instructions écrites aux Cristeros : chacun s'ingéniait à les aider d'une façon ou d'une autre. Les prêtres allaient de maison en maison, au péril de leur vie, pour aider spirituellement tous ces “volontaires” du Christ.

Il y eut un grand mouvement d'indignation lors de l'assassinat de Anacleto González Flores, leader de la ACJM (Association Catholique des Jeunes Mexicains) et chef de l'Union Populaire, (voir au 1er avril). Toute la population se déversa dans les rues pour accompagner son cercueil. Ces événements firent naître dans le cœur de José un grand désir de mourir pour le Christ, et lui-même alla demander cette grâce du martyre sur la tombe de Anacleto.

Sa mère avait beau lui dire qu'il était bien jeune encore, il répondait : Maman, il n'a jamais été aussi facile que maintenant, de gagner le ciel ! Plus on lui demandait d'attendre, plus vif était son désir d'être dans les rangs des Cristeros et de donner sa vie pour le Christ.

Finalement il obtint la bénédiction de son père. Avec un autre garçon de même tempérament que lui, J. Trinidad Flores Espinosa, il rejoignit le camp du général Prudencio Mendoza. A chaque contrôle, on lui répétait qu'il était trop jeune, et le général Mendoza lui répéta que son jeune âge ne lui permettrait pas de suivre le rythme de vie difficile des troupes. 

Mais José rétorqua que, s'il n'avait pas la force de porter une arme lourde, il pouvait aider les soldats en entretenant leurs armes, en leur préparant la popote (car il savait faire la cuisine), en soignant les chevaux…

Alors le général fut conquis par cet esprit de décision, et confia José à Rubén Guízar Morfín, chef des troupes basées à Cotija. A partir de ce moment, José montra une disponibilité admirable à rendre service aux uns et aux autres. Il se gagna l'estime de tous. On remarquait sa ferveur, son courage ; en plus, pour éviter d'attirer des ennuis sur sa famille, il se fit appeler José Luis, nom avec lequel désormais tous le connurent.

On enrôla J. Trinidad, qui avait accompagné José, et celui-ci resta son estafette : il devait être le clairon de la troupe et le porte-drapeau du Christ-Roi. On le surnomma aussi Tarcisio, du nom de ce martyr qui protégea l’Eucharistie de la profanation (voir au 15 août).

Lors d’un affrontement, le 6 février 1928, on réussit à tuer le cheval du général Guízar Morfín, qui faillit être fait prisonnier, mais José Luis sauta de son cheval et l'offrit au général en disant : Mon général, vous êtes plus nécessaire que moi à la cause ; sauvez-vous. Mais c'est José Luis qui fut arrêté, avec un autre, qui s'appelait Lorenzo (ou Lázaro, ci-après L.). Ils les emmenèrent à Cotija, au milieu des coups et des insultes.

A Cotija, le général Guerrero reprocha sévèrement à José Luis de combattre contre le gouvernement. Avant de le consigner au peloton d'exécution, il lui proposa de faire partie de ses soldats à lui. José Luis lui répondit : Plutôt la mort ! Je suis votre ennemi, fusillez-moi ! Le général le fit enfermer dans la prison.

Là, José Luis pensa à sa mère, qui devait être bien inquiète. Il demanda de quoi écrire. La lettre arriva ; la voici : 

Cotija, 6 février 1928. Ma chère maman, j'ai été fait prisonnier au combat aujourd'hui. Je crois que maintenant je vais mourir, mais peu importe, maman. Abandonne-toi à la volonté de Dieu, je meurs très content, parce que je meurs dans les rangs aux côtés de Notre Seigneur. Ne sois pas affligée de ma mort, car ça me ferait de la peine ; plutôt, dis à mes grands frères qu'ils suivent l'exemple de leur petit frère, et toi, fais la volonté de Dieu. Tiens bon et envoie-moi ta bénédiction, avec celle de papa. Salue tout le monde de ma part pour la dernière fois et toi, pour finir, reçois le cœur de ton fils, qui t'aime tellement et qui désirait tant te revoir avant de mourir. José Sánchez del Río.

Le jour suivant, 7 février, les deux prisonniers furent transférés à Sahuayo, à la disposition du député fédéral, Ráfael Picazo Sánchez. Leur prison fut l'église paroissiale de Saint-Jacques Apôtre.

Picazo commença par leur proposer diverses possibilités de s'échapper. D'abord de l'argent pour fuir à l'étranger ; ou bien fréquenter l'Ecole militaire et faire carrière. José Luis refusa.

En raison de son jeune âge et de la situation de son père, les autorités pensèrent demander à ce dernier une forte somme d'argent en échange de la liberté du garçon. Picazo aurait bien aimé cette solution, car il connaissait personnellement la famille de José Luis. Ils se fréquentaient même beaucoup, et Picazo n'appréciait pas du tout que les trois garçons se fussent enrôlés contre le gouvernement, qu'il représentait sur place. En plus de cela, cet homme était double, car s'il combattait énergiquement les Cristeros, de l'autre côté il soutenait tout un couvent de religieuses, dont firent partie ses deux sœurs.

Donc, on annonça à Monsieur Macario la détention de son fils et on lui proposait de payer une rançon de mille pesos-or pour le libérer. Le pauvre père s'en fut à Guadalajara pour faire tout son possible en vue de la libération de son fils, y compris réunir cette énorme somme d'argent. On le fit savoir à José Luis, qui supplia de ne rien faire, car il avait déjà offert sa vie à Dieu.

En attendant, le garçon voyait avec profonde tristesse l'état lamentable de l'église paroissiale et du presbytère, où s'étaient installés le général avec ses hommes et leurs chevaux. Picazo avait là toute sa basse-cour de coqs de combat.  Quand il fit nuit, José Luis réussit à défaire les liens de ses bras, à tuer tous les coqs, et d'un coup habile à aveugler le cheval. A la fin de son travail, il se mit dans un coin pour dormir.

Le jour suivant, mercredi 8 février, le général Picazo entra en colère en voyant tous ses coqs tués et demanda à José Luis s'il se rendait compte de ce qu'il avait fait. Et José Luis, crânement, répondit : La maison de Dieu est pour qu'on y vienne prier, pas pour y mettre des bêtes. Picazo le ligota et José Luis lui dit : Je suis prêt à tout. Fusille-moi pour que je sois bien vite devant Notre Seigneur et lui demande qu'il te confonde. Alors un des assistants de Picazo lui envoya un gros coup de poing sur la bouche, qui lui cassa les dents. 

Il était désormais certain qu'on voulait la mort de L. et de José Luis. Quand la tante María leur envoya un casse-croûte, L. ne voulait pas manger, mais José Luis lui rendit courage : Mangeons bien, ils nous donnent le temps de tout faire, après seulement ils nous fusilleront. Nos peines ne dureront pas plus qu’un clin d’œil.

A cinq heures et demie de l'après midi, ils conduisirent les deux prisonniers à la place centrale ; ils attachèrent L. à un cèdre qu'ils utilisaient pour les pendaisons, et José Luis fut obligé de rester près de l'arbre pour assister à son exécution. On pensait le terroriser et le faire apostasier, mais lui, s’adressant à son camarade, lui dit : Tu vas être au Ciel avant moi. Prépare-moi une place. Dis au Christ Roi que je serai bientôt avec Lui. Il se tourna vers les bourreaux et leur dit : Allons-y, tuez-moi ! 

Quand ils crurent mort L., ils le tirèrent vers le cimetière, mais le gardien, voyant qu'il vivait encore, leur dit qu'il allait s'occuper de l'ensevelir, simplement pour les faire partir. Puis de nuit, il fit sortir L. du cimetière et lui dit de bien vite s'enfuir, mais dès le lendemain L. rejoignait les troupes des Cristeros.

Quant à José Luis, ils voulurent seulement lui faire peur et le remirent dans l'église. Ils l’enfermèrent dans la baptistère, d'où il pouvait voir les gens passer dans la rue ; parfois ils échangeaient quelques mots ; José Luis leur apparaissait très tranquille ; il passait son temps à prier le chapelet ou à chanter des cantiques.

Le vendredi 10, vers six heures du soir, ils l'emmenèrent en face de l'église, au Refuge, qu'ils avaient converti en quartier général et lui annoncèrent sa mort prochaine. Il demanda encore de quoi écrire, à sa tante María, cette fois-ci : 

Sahuayo, 10 février 1928. A Madame Sanchez de Olmedo. Très chère tante : je suis condamné à mort. A huit heures et demie ce sera le moment que j'ai tant et tant désiré. Je te remercie pour toutes les faveurs que tu m'as faites, toi et Madeleine. Je ne me sens pas capable d'écrire à ma chère petite maman ; fais-moi le plaisir de lui écrire de ma part ainsi qu'à María S. Dis à Madeleine qu'elle vienne demander à l'officier qu'il me permette de la voir une dernière fois. Je crois qu'il ne me le refusera pas. Salue pour moi tout le monde, et toi, comme toujours et une dernière fois, reçois le cœur de ton neveu qui t'aime beaucoup et désire tant te revoir. Le Christ vit, le Christ règne, le Christ commande ! Vive le Christ Roi et Notre Dame de Guadalupe ! José Sanchez del Rio, qui mourut en défense de sa foi. N'oubliez pas de venir. Adieu.

A onze heures du soir, ils lui écorchèrent la plante des pieds au couteau, le sortirent du Refuge et l'obligèrent à marcher pieds-nus en le frappant, sur la route qui allait alors tout droit au cimetière. Les bourreaux essayaient de lui faire renier sa foi à force de cruauté, mais n'y arrivaient pas. Ses lèvres ne s'ouvraient que pour crier Vive le Christ Roi et Notre-Dame de Guadalupe.

José Luis pleurait et gémissait de douleur, mais ne cédait pas. De temps en temps, ils lui disaient : Si tu cries “Mort au Christ”, on te laissera en vie. Mais lui répondait : Vive le Christ Roi !  Au cimetière, le chef ordonna aux soldats de frapper le corps du garçon, pour éviter que les gens entendissent des coups de feu, mais à chaque coup, José Luis criait fortement : Vive le Christ Roi !

Pour retourner encore un peu le couteau dans la plaie, le chef demanda à José Luis s’il voulait envoyer un message à son père, à quoi le garçon répondit d’un ton inflexible : On va se revoir au ciel. Vive le Christ Roi ! Vive Notre-Dame de Guadalupe ! Sur place, pour arrêter ces cris que le mettaient hors de lui, le chef sortit son revolver et lui tira dans la tête.

José s’écroula dans son sang. C’étaient les onze heures et demie du soir, du vendredi 10 février 1928. On mit en terre le jeune Martyr directement, sans cercueil.

Plus tard, on l’exhuma pour l’ensevelir près du baptistère, où il avait été prisonnier avant d’être martyrisé.

On raconte aussi l’épisode suivant : 

Un enfant de neuf ans aperçut José Luis parmi les Cristeros, en train de remonter le moral à un compagnon découragé ; le petit enfant s’approche de José Luis, lui disant qu'il voulait bien le suivre, pour porter le drapeau du Christ lui aussi. José, qui a quatorze ans, se permet de lui répondre : Tu es bien petit, pour le moment. Pour l'instant, prie pour moi et pour nous tous.  Dieu va peut-être vouloir que tu sois prêtre. Et si tu le deviens un jour, tu feras des choses que ni moi ni mes amis ne pourront faire.

Ce garçon de neuf ans était Enrique Amezcua Medina, qui plus tard devait fonder la Confraternité des Ouvriers du Règne du Christ (Confraternitad Operarios del Reino de Cristo).

Les jeunes de l’ECYD (Education Culture Youth Development, un mouvement international de jeunes chrétiens) ont pris José Luis pour leur patron.

José Luis a été béatifié en 2005 et canonisé en 2016. Son dies natalis est le 10 février.

 

 

Eusebia Palomino Yenes

1899-1935

 

Dans une famille très pauvre de Cantalpino (Salamanque, Espagne), naît le 15 décembre 1899 Eusebia, qui reçoit avec ses trois grandes sœurs une éducation très chrétienne de leurs bons parents : Agustin Palomino, un travailleur saisonnier, et Juana Yenes.

L’hiver, Agustin va quémander un peu de nourriture dans les villages alentour, avec sa petite Eusebia.

Elle peut faire la Première communion à huit ans. Elle se sent appelée à lui appartenir pour toujours et complètement. 

Très tôt, elle doit arrêter l’école et travailler comme bonne à tout faire : à la campagne, d’abord, puis chez les Salésiennes. Elle travaille à la cuisine, ramasse le bois, balaye l’école, rends mille services humbles et cachés, mais surtout donne tout son temps à la catéchèse des petites filles qui sont captivées par sa simplicité, son humilité, sa foi ; c’est au point qu’elles trouvent toujours des «excuses» pour se retrouver avec elle.

Elle n’ose pas exprimer son désir d’être elle-même religieuse, à cause de sa pauvreté et son manque d’instruction. Mais lors de la visite d’une Supérieure, celle-ci l’accepte au nom de la Mère Générale.

En 1922, elle entre au noviciat des mêmes Sœurs Salésiennes (ou Filles de Marie Auxiliatrice), et fait sa profession deux ans plus tard. Elle est envoyée à Valverde del Camino (Huelva), à l’extrême sud-ouest de l’Espagne. Son arrivée provoque déception parmi les plus jeunes : elles voient en effet arriver une sœur petite, pale, laide, avec de grosses mains de paysanne… et puis ce prénom… 

Eusebia ne fait pas attention. Elle se met au travail comme d’habitude : cuisine, laverie, porte, jardin… Elle raconte de belles histoires aux enfants, qui finalement sont vite conquis par le talent qu’elle a à raconter toutes les anectodes des vies de Saints, dont elle se souvient très bien. Finalement non seulement les enfants, mais à travers eux les parents, les séminaristes, les prêtres, désirent rencontrer Sœur Eusebia, lui demander un conseil. Elle qui n’avait aucune formation théologique, elle a un cœur empli de la sagesse de Dieu.

Elle répand ses dévotions favorites, aux Saintes Plaies de Notre-Seigneur, et à l’Amour miséricordieux, selon les révélations à sainte Faustyna Kowalska (voir au 5 octobre), dans le but d’obtenir miséricorde pour les pécheurs ; également la dévotion mariale de saint Louis-Marie Grignion de Montfort (voir au 28 avril) : elle en envoie des feuillets dans sa correspondance : aux petites filles, aux jeunes, aux mères de famille, aux séminaristes, aux prêtres. Durant le procès de béatification, il est dit que «peut-être il n’y a pas de curé dans toute l’Espagne, qui n’ait pas reçu un courrier de Sœur Eusebia sur le saint esclavage prôné par saint Louis-Marie.»

A partir de 1930, elle est favorisée de visions dans lesquelles elle entrevoit la prochaine guerre civile qui va ensanglanter l’Espagne.

En 1932, elle s’offre tout entière pour l’Espagne et contracte une mystérieuse maladie : les médecins n’arrivent pas à diagnostiquer pourquoi ses membres se recroquevillent, et la transforment en une sorte de pelote. Son asthme, auparavant toujours discret, devient insupportable.

Le 4 octobre 1934, lors d’une prière avec d’autres Consœurs, elle pâlit et dit : «Priez beaucoup pour la Catalogne» : c’était le début de l’insurrection des Asturies et de Barcelone (4-15 octobre 1934). Autre vision : sa chère supérieure Carmen Moreno Benítez, qui sera fusillée le 6 septembre 1936 avec sœur Amparo Carbonell Muñoz (béatifiées en 2001). 

Malgré ces grandes souffrances, elle reste paisible et douce, respectueuse de chacun et reconnaissante pour son entourage. Elle meurt le 10 février 1935.

Elle a été béatifiée en 2004.

 

 

Alojzije Stepinac

1898-1960

 

Cinquième des huit enfants d’un gros propriétaire foncier de la région de Zagreb, Alojzije (Louis) est né le 8 mai 1898 à Brezarić kraj Krašića (Zagreb, Croatie).

En 1909 il va au lycée de Zagreb où il passe son baccalauréat en 1916.

Juste avant son dix-huitième anniversaire, il est conscrit dans l’armée austro-hongroise et se retrouve sur le front italien pendant la Première guerre mondiale. Blessé à la jambe en 1918, il est fait prisonnier des Italiens pendant cinq mois.

Après la formation du Royaume des Serbes, Croates et Slovènes en novembre 1918, il n’est plus considéré comme soldat ennemi. Libéré, il est volontaire dans la légion yougoslave envoyée à Salonique. Démobilisé, il revient chez lui en 1919. 

Ayant servi dans les armées alliées, il reçoit la médaille décernée pour actes d’héroïsme, l’Etoile de Karađorđe.

Après cette guerre, il fréquente pendant six mois seulement la faculté d’agronomie de Zagreb, et rejoint son père dans l’exploitation familiale.

En 1924, il part à Rome pour ses études ecclésiastiques. Il réside au Collegium Germanicum et fréquente l’université Grégorienne.

Ordonné prêtre en 1930, il est curé à Zagreb, puis évêque coadjuteur de Zagreb en 1934, et archevêque de Zagreb en 1937 : c’est un des plus jeunes archevêques de l’histoire de l’Eglise. Sa devise épiscopale est In te, Domine, speravi (C’est en toi, Seigneur, que j’ai espéré).

Lors de l’établissement de l’état indépendant de Croatie, il se montre pleinement favorable à cette séparation entre Croatie et Serbie : Les Croates et les Serbes sont de deux mondes différents… Le schisme d’Orient est la plus grande malédiction en Europe…

Il se prononce énergiquement contre les luttes raciales et intervient auprès des autorités pour faire cesser les persécutions contre les Juifs, contre les Gitans, contre les Noirs. Le grand rabbin de Zagreb de cette époque affirma que Mgr Stepinac avait fait de son mieux en faveur des Juifs.

Il protesta avec véhémence contre la conversion forcée des Serbes par le régime Oustachi. Un évêque écrivait à Mgr Stepinac : Les hommes sont égorgés, assassinés, jetés vivants du haut des falaises… Ils ont été attachés par centaines, emmenés dans des wagons et tués comme des bêtes.

Après la Seconde guerre mondiale, le nouveau gouvernement yougoslave arrêta Mgr Stepinac en 1945, du 17 mai au 3 juin. Le 4 juin, Mgr Stepinac rencontrait Tito, et refusa les propositions de créer une Eglise serbo-croate indépendante de Rome. En octobre, il publia une lettre qui dénonçait déjà l’assassinat ou l’emprisonnement de centaines de membres du clergé.

Mgr Stepinac fut alors ouvertement accusé par le gouvernement. Le 4 novembre 1945, des partisans lui jetèrent des pierres. En 1946, on demanda au Vatican de le déplacer. On l’accusa de collaboration avec les Nazis, avec les Oustachis, de défiance au gouvernement yougoslave, et il fut arrêté le 18 septembre 1946.

Le 11 octobre suivant, Mgr Stepinac était condamné à seize ans d’emprisonnement et de travaux forcés.

Il resta cinq ans dans la prison de Lepoglava, puis sa peine fut commuée en assignation à domicile, à Krašić, sur forte pression du Vatican. En décembre 1951, il fut transféré à son domicile. On voulait s’en débarrasser et l’envoyer à Rome, mais il refusa de quitter son pays.

En 1952, Pie XII le créa cardinal, ce qui poussa Tito à rompre les relations diplomatiques avec Rome.

En 1953, le cardinal Stepinac fut atteint de polycythémie, une maladie rare du sang. Il mourut d’une thrombose le 10 février 1960.

Le Cardinal Stepinac n’a pas été à proprement dire assassiné par les ennemis de l’Eglise, mais il fut clairement affirmé qu’il a enduré dans son corps et dans son esprit les atrocités du système communiste et qu’on peut maintenant le contempler avec l’étiquette rayonnante du martyre.

Alojzije Stepinac a été béatifié en 1998.

Le gouvernement croate a symboliquement condamné le procès du Cardinal en 1992. Les Serbes ont contesté la béatification, mais pas les Juifs croates, dont certains ont même proposé son inscription sur la liste des Justes parmi les nations.

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