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11 février 2020 2 11 /02 /février /2020 00:00

11 FEVRIER

 

III.

S Calogerus, grec converti à Ravenne et évêque, mort plus que centenaire.

IV.

Ste Soteris, vierge, martyre à Rome.

S Lucius, évêque à Andrinople, exilé et maltraité par les ariens, honoré comme martyr.

S Jonas, moine jardinier à Muchouse ; il ne goûtait à aucun des fruits ou légumes qu’il cultivait.

V.

Ste Euphrosine, vierge en Alexandrie, qui se réfugia comme eunuque dans un monastère d’hommes et fut directeur de son père pendant trente-huit ans ; elle se dévoila juste avant de mourir.

S Simplice, évêque à Vienne.

S Castrensis, évêque à Carthage, exilé par les Vandales, mort à Castel Volturno.

S Secundinus, évêque en Apulie ; il était peut-être venu de Carthage avec s.Castrensis.

VI.

S Séverin, abbé à Agaune, mort à Château-Landon, de retour d’avoir guéri Clovis.

S Etchen (Ecian), évêque à Clonfert.

VII.

S Désiré, évêque à Clermont (ou Bourges).

S Cedmon, domestique à Whitby, poète inspiré mystiquement malgré son ignorance.

VIII.

S Gaudin, évêque à Soissons et martyr.

S Grégoire II, pape (715-731) : il reconstruisit des monastères, envoya s. Boniface en mission, lutta contre l’iconoclasme naissant.

IX.

S Pascal Ier, pape (817-824) : une révélation lui fit retrouver le corps de ste Cécile. 

Ste Théodora, qui mit fin à l’iconoclasme : c’est le sens de la fête de l’Orthodoxie qui est célébrée le premier dimanche de carême par les Orthodoxes.

XI.

S Eoharn, ermite en Bretagne, “martyrisé” par des voleurs.

S Ardain, abbé à Tournus.

XII.

Bse Ombeline, sœur de s. Bernard, abbesse bénédictine à Jully-sur-Sarce, où elle s’était faite religieuse en accord avec son mari ; le 12 février au Martyrologe.

XIV.

Bx Pierre Paschal et Catallan, franciscains martyrs près de Chabeuil.

XIX.

Apparition de Notre Dame à Lourdes ; le 25 mars, elle révélera : “Je suis l’Immaculée Conception”.

XX.

S Pedro de Jesus Maldonado Lucero (1892-1937), prêtre mexicain martyr, dévôt du Saint Sacrement, canonisé en 2000, fêté avec ses compagnons le 21 mai.

B Francisco Borrás Romeu (Tobías, 1861-1937), de l'Ordre de s. Jean de Dieu, martyr à Valencia, béatifié en 1992.

Bse Gaudencia Benavides Herrero (1878-1937), des Filles de la Charité, martyre à Madrid, béatifiée en 2013.

Calogerus de Ravenne

† 3e siècle ?

 

Calogerus aurait été Grec d’origine.

Venu à Ravenne, il aurait été disciple de s.Apollinaire (v. 20 juillet). Apollinaire l’ordonna prêtre.

Quand Apollinaire fut envoyé en exil, Calogerus fut chargé de veiller sur la bonne marche du diocèse.

Après la mort des trois évêques Aderitus, Eleucadius et Marcianus, Calogerus fut à son tour choisi pour monter sur le siège de Classe, l’antique siège transféré à Ravenne au cinquième siècle.

Il eut le mérite de porter à son achèvement l’œuvre de la conversion des païens.

On dit qu’il mourut centenaire.

Autrefois commémoré le 11 février, saint Calogerus de Ravenne n’est pas mentionné dans le Martyrologe Romain.

 

 

Soteris de Rome

† 304

 

Soteris était une jeune fille de grande famille romaine, les Aurelii, et comptait donc dans sa parenté proche et lointaine des consuls et bien d’autres personnages en vue.

Elle sut faire passer cette noblesse bien après celle d’appartenir au Christ, et le montra non moins noblement.

Quand on lui commanda de sacrifier aux dieux, elle répondit par un refus.

Ordre fut donné de la souffleter, dans l’espérance qu’elle refuserait cette honte ; au contraire, elle offrit d’elle-même son visage, son front, ses joues, aux coups des bourreaux, qui furent fatigués avant qu’elle ne fût elle-même fatiguée de ces coups.

Elle conserva la tête haute, elle ne se plaignit ni ne versa une larme.

Son martyre s’acheva par la décapitation, le 11 février 304.

Sainte Soteris de Rome est commémorée le 11 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Castrensis de Castel Volturno

† 5e siècle 

 

Castrensis était évêque de Carthage (act. Tunisie).

Durant la persécution des Vandales, avec à leur tête Genséric († 477), Castrensis fut embarqué avec son clergé et des fidèles sur un esquif qui ne méritait pas même ce nom ; on espérait les voir se noyer tous dans la mer.

Dieu permit cependant qu’ils débarquassent sains et saufs sur une plage de Campanie (Italie CW).

Castrensis et les siens ne furent pas considérés comme des migrants embarrassants, mais furent intégrés à la population ; l’évêque eut son siège à Castel Volturno (ou à Sessa Aurunca, mais le Martyrologe a opté pour le premier) ; peut-être même précéda-t-il le premier évêque (connu) de ce siège, Pascasius.

Il guida son troupeau avec zèle et amour.

On lui attribue deux miracles : la libération et la guérison d’un possédé, et le sauvetage d’un navire rempli de passagers.

Il mourut sur la fin du cinquième siècle.

On le considéra comme martyr, victime de la persécution.

Saint Castrensis de Castel Volturno est mentionné le 11 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Secundinus en Apulie

† 5e siècle 

 

Que dire de saint Secundinus, évêque en Apulie ?

Difficile de répondre !

Il aurait été un des compagnons évêques de s.Castrensis (v. ce même jour), arrivés miraculeusement sur la côte de Campanie, et nommé évêque d’Aeca (plus tard Troia, Pouilles).

Une épitaphe découverte sur un sarcophage dans les ruines d’Aeca en 1018, nomme le saint et vénérable Secondinus (sic), sans parler de son caractère épiscopal.

On a émis d’autres hypothèses, avançant que Secundinus était un évêque africain du troisième siècle, dont le culte s’était largement développé en Campanie ; ou bien qu’il s’agissait de plusieurs personnages impossibles à identifier avec davantage de sûreté.

Saint Secundinus en Apulie est mentionné le 11 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Séverin d’Agaune

430-507

 

Severinus (Séverin, et parfois Servin) naquit vers 430, dans une Bourgogne encore infestée par l’hérésie arienne.

Elevé cependant dans la foi catholique, il comprit que, le mieux pour conserver cette foi en paix, il devait quitter le monde : il alla au monastère d’Agaune, dédié à Saint-Maurice (v. 22 septembre). Agaune se trouve aujourd’hui dans le Valais (Suisse).

Les moines suivaient la très ancienne Règle de Tarnat (6e siècle). Séverin s’y soumit dans la plus exemplaire humilité.

Il fut élu abbé.

Le roi Clovis, très malade, l’appela ; Séverin accourut, pria, étendit son manteau sur le corps de Clovis, qui guérit aussitôt.

En chemin, il guérit à Nevers l’évêque Eulalius, qui était devenu sourd et muet, puis un lépreux aux portes de Paris.

En quittant le monastère, Séverin avait eu un pressentiment, qui allait se réaliser sur le chemin de son retour. Parvenu en effet à Château-Landon (Seine-et-Marne), où il fut reçu par deux prêtres nommés Paschasius et Ursinus, il fut pris de fièvre et mourut.

C’était le 11 février 507.

Des miracles eurent lieu à l’endroit où fut enterré Séverin. Le fils de Clovis, Childebert, y fit construire une grande église ; une communauté de Chanoines de Saint-Augustin s’y développa ; vers 1165, s.Thomas de Cantorbury y fit la dédicace de la nouvelle église. Cette abbaye et la ville entière furent détruites par les Anglais en 1468, puis reconstruites.

Les reliques de saint Séverin, toutefois, furent épargnées, et reconnues en 1505.

L’église Saint-Séverin de Paris remonte au moins au 11e siècle, mais ce qu’on y admire est plus tardif.

Saint Séverin est commémoré le 11 février au Martyrologe Romain.

 

 

Grégoire II

715-731

 

Romain, Grégoire était le fils de Marcellus et Honesta.

Elevé au palais du Latran, il acquit une profonde connaissance des sciences ecclésiastiques. Le pape Serge 1er le fit sous-diacre, puis trésorier, puis gardien de la bibliothèque. Le pape Constantin le créa cardinal, et il succéda à ce dernier, comme quatre-vingt-neuvième pape, en mai 715.

Il s’employa à relever les murs de Rome, reconstruisit les basiliques de Saint-Paul-hors-les-Murs et de Saint-Laurent-hors-les-Murs, répara celle de Sainte-Croix-en-Jérusalem.

Il restaura l’abbaye de Saint-Paul-hors-les-Murs, ainsi que celle du Mont Cassin, en ruines depuis plus d’un siècle. Après la mort de sa mère, il en donna la maison pour y fonder un couvent en l’honneur de sainte Agathe.

Parmi ses hôtes de marque, il y eut l’abbé Céolfrid, le roi Ina et son épouse Ethelburge ; Céolfrid, abbé de Wearmouth et Jarrow, remettait au pape le fameux Codex Amiatinus (le plus célèbre manuscrit de la Bbible en latin) ; Ina fondait à Rome la Schola Anglorum. Il y eut aussi le moine anglais Winfrid, apôtre de la Germanie, qui, venu solliciter la bénédiction du pape pour ses travaux apostoliques, repartait de Rome comme évêque de Germanie, avec le nom de Boniface (voir au 5 juin).

En Orient, le nouvel empereur Léon l’Isaurien décréta l’iconoclasme (726) : on devait placer les images très haut dans les églises de façon à ne pas attirer l’attention des fidèles. Successivement, il fit détruire les statues, peintures et autres objets de piété représentant le Christ et les Saints, fit brûler la fameuse bibliothèque de l’Octogone avec les professeurs qui l’habitaient, fit exiler le patriarche Germain, qui contestait ces mesures. Grégoire II écrivit à Léon l’Isaurien et à Germain des lettres où il défendait la vénération (et non l’adoration) des images saintes, selon la doctrine traditionnelle chrétienne.

L’empereur ayant cherché à gagner à ses idées l’exarque de Ravenne, il s’ensuivit une grande agitation en Italie. Le roi des Lombards, Liutprand, qui était toujours tenté d’envahir les états de la péninsule, chercha à en profiter. Quand il menaça Rome, Grégoire II alla le trouver dans son camp : touché, Liutprand s’en vint alors déposer devant la Confession de Saint-Pierre sa couronne, son épée et son manteau (728).

Grégoire II s’était beaucoup fatigué à résister à tant de contradictions. Détruit physiquement, il expira le 11 février 731, après un pontificat de seize ans, et fut inhumé dans la basilique vaticane.

Saint Grégoire II est commémoré le 11 février.

Son successeur fut Grégoire III.

 

 

Pascal 1er

817-824

 

Romain, fils de Bonosur, Pascal était abbé du monastère Saint-Etienne au Vatican. 

A la mort du pape Etienne IV, il fut dès le lendemain élu pour lui succéder, comme quatre-vingt dix-huitième pape.

Voici le texte du Liber Pontificalis : 

Pascal, né à Rome, était fils de Bonosur. Dès ses premières années, il fut consacré au service du Seigneur et éduqué à l’école patriarcale du Latran dans les lettres divines et humaines. Il apprit tout le psautier et fit une exégèse complète de l’Ancien et du Nouveau Testament. A la noblesse et à l’élégance des manières, il joignait une vertu consommée et une bonté pleine de charme. Successivement sous-diacre, diacre et prêtre, il réalisait le type d’homme saint, chaste, pieux, innocent, magnanime. On remarquait son assiduité à la prédication, son innocence, et la charité inépuisable avec laquelle il donnait aux pauvres tout ce qu’il possédait.

En 823, il couronna Lothaire, fils de Louis le Pieux.

C’est lui qui fit construire l’église de Sainte-Praxède, ainsi que celles de Sainte-Marie-in-Domnica ; à Sainte-Praxède, il fit transporter une quantité de corps retrouvés dans les cimetières. Favorisé d’une révélation de sainte Cécile, il en retrouva le corps et le fit placer dans la nouvelle église Sainte-Cécile.

Il reçut avec bonté dans Rome les Grecs chassés d’Orient par la persécution iconoclaste, qui durait désormais depuis un siècle. Il leur offrit le monastère de Sainte-Praxède et leur assura de riches revenus. En même temps, il consolait par ses lettres ceux qui, restés à Constantinople, souffraient de la persécution.

Ce fut sous son pontificat que le titre de cardinal commença à être donné aux principaux clercs de Rome.

Après un pontificat de sept ans et dix-sept jours, il mourut le 11 février 824.

Saint Pascal 1er est commémoré le 11 février. 

Son successeur fut Eugène II.

Ardain de Tournus

† 1056

 

Ardain (ou Ardaing, en latin Ardanus ou Ardagnus) fut le treizième abbé de Tournus (Saône-et-Loire), de 1028 à 1056.

Son abbatiat fut caractérisé par son zèle à améliorer la situation matérielle du monastère, mais aussi par ticuliièrement par sa charité envers les victimes d’une terrible famine qui sévit entre 1030 et 1033 ; la population était tellement éprouvée qu’on en vint à des actes atroces de véritable cannibalisme, racontés par des témoins oculaires ; on en vint à condamner au bûcher certains de ces assassins, quand on établit la preuve de leurs crimes.

On vit alors l’abbé de Cluny vendre les vases sacrés et les meubles du monastère au profit de la population. De l’abbé Ardain, qui ne resta pas inactif, il fut écrit qu’il fit merveilleux secours aux pauvres et racheta infinies personnes de la faim. 

Dans l’abbaye, Ardain fit construire l’avant-nef (narthex) de l’église, à l’ouest, ainsi que la chapelle supérieure dédiée à Saint Michel.

Il mourut en 1056.

A la suite des miracles qui illustrèrent son tombeau, il fut en grande vénération. C’est, de tous les abbés de Tournus, le seul qui soit canonisé.

Au 16e siècle, les Protestants livrèrent aux flammes les reliques du saint Abbé (et emportèrent les six cloches). 

Saint Ardain est commémoré le 11 février au Martyrologe Romain.

 

 

Ombeline

1092-1141

 

On connaît des détails de la famille de Ombeline, grâce à son illustre frère, qui fut saint Bernard.

Les parents s’appelaient Técelin et Aleth : ils habitaient au château de Fontaines (Dijon) et eurent sept enfants, six garçons et leur unique sœur Ombeline, qui naquit en 1092. 

On orthographie différemment le nom de cette sainte personne : Humbelina en latin, Hombeline en français, et aussi Ombeline, plus courant.

De toute cette belle fratrie, cinq garçons suivirent Bernard au monastère.

En vain Ombeline suppliait son frère d’arrêter de ravir ainsi toute la famille : elle se voyait en effet bien seule pour soutenir son vieux père et son jeune frère qui restaient au château. 

Elle épousa finalement un parent de la duchesse de Lorraine, et mena une vie très mondaine.

Un jour qu’elle voulut rendre visite à son frère à Clairvaux, celui-ci refusa de la recevoir, à cause de tout l’appareil dans lequel elle se présentait : riches vêtements, suite nombreuse, et les autres frères en firent autant. Seul André, l’un de ses frères, ouvrit la bouche pour lui reprocher en face tout ce faste. La pauvre Ombeline, toute en larmes, implora de son frère de l’aider à sauver son âme. Bernard alors la reçut, la rapprocha de Dieu et lui donna de salutaires conseils.

Ombeline s’en revint chez elle transformée, fuyant les vanités du monde, vêtue tout simplement, parlant peu, affairée dans les bonnes œuvres. 

Au bout de deux années de cette sobre pénitence, son mari lui donna pleine liberté pour se consacrer entièrement à Dieu.

Elle se retira au monastère de Billette (devenu plus tard Jully-les-Nonnains, actuellement Jully-sur-Sarce, Aube), où elle passa le reste de ses jours.

Elle priait beaucoup la nuit, dormant très peu ; elle était la première aux exercices, recherchant toujours les travaux les plus humbles. Elle fut appelée à être l’abbesse du monastère.

Au bout de dix-sept ans de cette humble vie, malade et affaiblie, Ombeline arriva à ses derniers instants : elle eut Bernard près d’elle pour parler des choses divines et de l’infinie miséricorde de Dieu, et s’éteignit, le 11 février 1141 (le 12 au Martyrologe), dans sa cinquantième année.

(Certaines sources indiquent qu’au contraire, c’est elle qui assista son frère Bernard à ses derniers moments ; mais saint Bernard mourut en 1153).

 

L’Ordre cistercien regarde Ombeline comme bienheureuse, mais Ombeline n’est pas au Martyrologe Romain.

Pedro de Jesús Maldonado Lucero

1892-1937

 

Pedro naquit le 15 juin 1892 à Chihuahua, un des huit garçons de Apolinar Maldonado et Micaela Lucero. Il reçut le baptême le 29 juin suivant, fête de saint Pierre, dont il porta le nom.

Il fit ses études chez les pères pauliniens, puis entra au séminaire diocésain à dix-sept ans et fut un élève ordonné, sans être des meilleurs. Lui et ses confrères de séminaire eurent souvent à souffrir de la faim, à cause des difficiles conditions de vie, et Pedro en restera toujours souffrant.

En 1914, le séminaire doit fermer. Pedro retourne chez lui, mais étudie toujours. Il apprend la musique, le piano, l’orgue, le violon. Puis il est admis dans le séminaire de El Paso.

C’est l’évêque de El Paso (Texas) qui l’ordonnera prêtre, le 25 janvier 1918. Le 11 février suivant, fête de Notre-Dame de Lourdes, il célébrait sa première messe.

Il fut d’abord à Saint-Nicolas de Carretas, puis Cusihuiachi, et Jiménez.

Nommé curé de Sainte-Isabelle en 1924, au milieu des Tarahumaras, il lutta contre l’alcoolisme. Il s’occupait des pauvres en leur donnant des vivres et des vêtements ; il s’occupa personnellement d’un pauvre orphelin. Les paysans recoururent souvent à ses prières (qui furent efficaces) pour éloigner les criquets dévastateurs de leurs récoltes. Il illustrait sa catéchèse au moyen de photographies dont il disposait déjà à cette époque. Il organisa avec grand soin l’adoration perpétuelle du Saint Sacrement, ainsi que l’association des Filles de Marie. Il s’occupait des jeunes, organisant des scènes de théâtre. 

En 1929, un faux accord permit de nouveau le culte religieux, mais les lois anti-catholiques restèrent en vigueur. L’abbé Pedro fut littéralement pris en chasse comme une bête par la police, y compris jusque dans l’église. Les autorités remplacèrent le nom du pays (Sainte Isabelle) par celui du Général Trías.

En 1932, l’abbé Pedro fut arrêté et envoyé de force à El Paso ; on lui dit : Prends soin de toi ; va à Mexico ; tu sais ce qui t’attend.

Il espérait pouvoir revenir à Sainte-Isabelle dès que possible et eut la permission de revenir dans un village tout proche, mais il fut de nouveau arrêté en 1934, avec des menaces de mort. Il repartit un temps à El Paso, où il édifia les confrères prêtres par son humilité et son esprit d’oraison.

De nouveau il revint dans un quartier proche de Sainte-Isabelle, où il célébrait chez une famille qui avait transformé la maison en sanctuaire. Le Vendredi Saint 1936, après avoir confessé, il fut vivement attaqué en chemin, mais resta sauf.

Le Mercredi des Cendres de 1937, des hommes armés vinrent chercher l’abbé Pedro ; les gens le cachèrent, mais comme on menaçait de mettre le feu à la maison, il se livra spontanément aux hommes. Il s’empara du ciboire avec les hosties et suivit ses persécuteurs. 

On l’emmena pieds nus au poste à trois kilomètres de là, tandis qu’il priait le chapelet, accompagné par les fidèles qui priaient avec lui. On l’insulta, on le frappa ; au second étage, l’employé municipal le tira par les cheveux et lui envoya un formidable coup de crosse de fusil sur la figure ; il eut une fracture du crâne, l’œil gauche crevé, les dents cassées. Puis on le traîna dans l’escalier jusqu’au premier étage ; il eut les mains éraflées, une jambe cassée. Il tomba presque inconscient, et le ciboire s’ouvrit : par dérision un des bourreaux lui dit : Mangez ça. Au moins ce bourreau l’aida à recevoir le Viatique avant de mourir. 

Les bourreaux continuèrent de le frapper avec la crosse de leurs armes et le laissèrent là agonisant ; de pieuses femmes vinrent pour le porter à l’hôpital public. Il mourut le lendemain, 11 février 1937, anniversaire de sa première messe.

Sa mort fut reconnue comme un authentique martyre, mais aussi servit la cause de l’Eglise :  un mois après, le gouverneur de Chihuahua autorisait la reprise du culte et le 1er mai les cloches de la cathédrale sonnaient de nouveau pour inviter les fidèles à la messe.

Pedro de Jesús Maldonado Lucero fut béatifié en 1992 et canonisé en 2000.

Si son dies natalis reste au 11 février, il est fêté avec ses autres Compagnons martyrs mexicains le 21 mai.

 

 

Francisco Borrás Romeu

1861-1937

 

Francisco naquit le 14 avril 1861 à San Jorge (Castellón, Valencia, Espagne). On trouve parfois son nom de famille sous la forme Román, probablement erronée.

Il se maria vers vingt-trois ans, mais fut veuf très vite, car son épouse mourut du choléra durant l’épidémie qui désola l’Espagne dans les années 85-86.

Francisco se destina alors à l’Ordre Hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu, et prit le nom de Tobías (ce personnage biblique qui s’occupait d’ensevelir les morts, voir Tb).

Après plusieurs postes à Campozuelos, Saragosse, Carabanchel Alto et Grenade, il fut orienté vers l’hôpital des malades mentaux à Ciempozuelos (Madrid).

Le 7 août 1936, il fut arrêté une première fois avec ses Confrères et enfermé à San Antón (Madrid), mais fut relâché, à cause de son grand âge, croit-on (il avait effectivement déjà soixante-quinze ans, avec des ennuis de santé). De fait, il ne fut pas exécuté avec les autres à Paracuellos, en novembre 1936 (bien que parfois on trouve la date de son dies natalis au 24 novembre, y compris dans un document de l’Ordre).

Libre, donc, il se dirigea vers une autre maison de l’Ordre, à Malvarrosa (Valencia). Mais là aussi, d’autres Confrères avaient été arrêtés et assassinés. Il en éprouvait une joyeuse admiration : Quel bonheur ont eu les Martyrs ! Ils souffrirent peu de temps et ensuite il jouissent de Dieu pour l’éternité !

Cette fois-ci, il fut arrêté, interrogé. On lui tendit un piège, lui lisant un soi-disant courrier de Valencia, où ses Supérieurs lui demandaient de les y rejoindre. Content, il se mit en marche, mais fut rejoint sur la route. Il fut assassiné non loin de Vinarós (Castellón), le 11 février 1937 (et très certainement pas le 11 février 1936). 

Il fut béatifié, cette fois-ci avec ses Confrères, en 1992.

 

 

Gaudencia Benavides Herrero

1878-1937

 

Gaudencia naquit le 12 février 1878 à Valdemorillo (León, Espagne).

Elle entra en 1899 chez les Filles de la Charité et fut à Albacete.

En 1911, elle fut envoyée à Santurce (Porto Rico).

En 1933, avec une santé bien fragile, elle revint en Espagne et fut à Valladolid, puis Madrid.

Lors de la persécution de 1936, elle fut faite prisonnière et transportée de prison en prison, sous le seul et unique grief qu’elle était religieuse. Cardiaque, elle souffrit beaucoup de ces déplacements et des mauvaises conditions de vie dans ces prisons. 

En dernier lieu, on la fit transporter d’urgence à l’hôpital, pour n’avoir pas à reconnaître qu’elle était morte en prison.

Elle avait le corps recouvert d’ulcères et les articulations tout ankilosées.

Elle mourut, le 11 février, en la fête de Notre-Dame de Lourdes, veille de son cinquante-neuvième anniversaire, manifestant son pardon pour ceux qui l’avaient tant fait souffrir.

Elle a été béatifiée en 2013.

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