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13 février 2020 4 13 /02 /février /2020 00:00

13 FEVRIER

 

III.

Stes Fusque, vierge de quinze ans martyre à Ravenne, avec sa nourrice Maure ; elles reçurent un baptême de sang.

IV.

S Benignus, prêtre martyr à Todi.

S Domnin, venu d’Afrique à Digne où il évangélisa.

S Castor, un des premiers solitaires occidentaux, dans le désert de Karden.

Ste Julienne, noble dame à Turin qui ensevelit des martyrs.

S Martinianus, ermite près de Césarée de Palestine ; pour sortir d’une tentation grave, il se mit les pieds dans le feu ; il mourut à Athènes.

VI.

S Stephanus, évêque à Lyon.

S Stephanus, abbé à Rieti, aux façons un peu rustres, mais modèle de patience et de générosité.

S Carterius, prêtre à Lugny. 

S Modomnoc, moine irlandais, abbé ou évêque à Tiprat-Fachna.

S Passif, évêque à Sées.

VII.

Ste Ermenilda, reine de Mercie, puis abbesse à Sheppey, enfin à Ely, après sa mère.

VIII.

Ss Haymon et Vérémond, seigneurs à Meda, fondateurs d’un monastère en accomplissement d’un vœu émis lors d’une chasse où deux sangliers les menacèrent.

IX.

S Gosbert, évêque à Osnabrück.

X.

S Gimer, évêque à Carcassonne.

XI.

S Fulcran, évêque à Lodève ; son corps resta intact jusqu’en 1572, année où il fut déchiqueté.

S Gilbert, évêque à Meaux ; ses reliques furent profanées en 1562 par les Huguenots.

XIII.

B Jordan de Saxe, dominicain allemand qui donna une grande expansion à l’ordre après s. Dominique ; il mourut d’un naufrage au retour des Lieux Saints et fut enterré à Ptolemaïs.

XIV.

B Giacomo Capoccio, augustin et évêque à Viterbe, surnommé le Docteur spéculatif.

XV.

Bse Agostina (Cristina) Camozzi, veuve puis pénitente et tertiaire augustine à Spolète.

Bse Lucrezia (Eustochium) Bellini, bénédictine à Padoue, fille d’une religieuse, mystique morte à vingt-six ans.

XIX.

S Baolu Liu Hanzuo, prêtre chinois, martyr, un des cent-vingt chinois canonisés en 2000 et fêtés le 9 juillet.

S Phaolô Lê Van Lôc, prêtre vietnamien martyr, canonisé en 1988 et fêté avec ses compagnons le 24 novembre.

XX.

B James Alfred Miller (Leo William, 1944-1982), américains des Frères des Ecoles Chrétiennes, martyrisé au Nicaragua, béatifié en 2019.

 

Benignus de Todi

† 303

 

Benignus naquit et vécut à Todi (Ombrie, Italie C).

Il fut ordonné prêtre en raison des vertus qui brillaient en  lui.

Quand la persécution éclata, les idolâtres se sentirent les mains libres et se saisirent du prêtre, certains laissent entendre que ce fut pendant qu’il prêchait.

Benignus supporta courageusement les multiples tortures qu’on lui imposa alors, et rendit à Dieu son âme pure et sacerdotale. 

Saint Benignus de Todi est commémoré le 13 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Castor  de Karden

† 400

 

Castor était peut-être d’origine aquitaine et fit des études dans cette région.

Il vint se retirer à Trèves, auprès de l’évêque Maximin (v. 29 mai).

Celui-ci l’ordonna prêtre, mais C. demanda à se retirer, solitaire, dans le désert de Karden qui borde la Moselle.

Sa sainte vie attira des disciples, pour lesquels C. construisit un monastère, puis une église.

Dieu lui accorda le don des miracles. En voici un.

Un bateau chargé de sel passait et Castor - ou un de ses disciples - demanda l’aumône d’un peu de sel, qui lui fut refusé. Une forte tempête éclata à ce moment-même et les bateliers, repentis, furent bien inspirés de demander de l’aide au Ciel : C. apaisa la tempête d’un signe de croix.

En Occident, C. semble avoir été le premier à mener cette vie de solitaire.

Il mourut le 13 février, vers 400 ou un peu avant.

Saint Castor  de Trèves est commémoré le 13 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Martinianus de Césarée de Palestine

† 400

 

Né vers le milieu du quatrième siècle à Césarée de Palestine (proche de l’act. Hadera, Haïfa, Israël), Martinianus se retira à dix-huit ans dans une solitude montagneuse des environs, où se trouvaient déjà des ermites.

Cette vie dura vingt-cinq ans, période durant laquelle Martinianus grandit beaucoup dans les voies de la sainteté, au point que Dieu lui permit d’accomplir des miracles.

Mais la sainteté ne consiste pas à faire des miracles. C’est un combat de tous les instants, où l’Esprit du mal s’acharne à nous faire perdre la paix. Voici un épisode concernant Martinianus.

Un soir, une femme en haillons vint le supplier de l’héberger pour la nuit. Martinianus ne sut la renvoyer et lui donna la meilleure place dans sa hutte, se retirant au fond, sur la terre nue. Il était seulement convenu que la femme devrait sortir dès le petit jour. Mais celle-ci montra alors sa perfidie : elle s’habilla d’habits luxueux et proposa à Martinianus un heureux mariage. Martinianus ne sut pas reconnaître tout de suite la tentation diabolique et se contenta de différer jusqu’au soir sa réponse. Dans la journée cependant, il comprit son erreur, en fut profondément bouleversé et repenti ; pour expier son «péché», il se mit les pieds dans l’âtre. 

Horriblement brûlé, il s’écria : Je peux à peine supporter ce feu, et que ferai-je du feu de l’enfer, pour m’être ainsi exposé à la tentation ? La femme comprit sa perfidie, en fut contrite et se convertit sur l’heure. Martinianus l’adressa au monastère Sainte-Paule de Bethléem, où elle se consumma en pénitences. Il mit sept mois à guérir ses brûlures.

Il quitta son ermitage et alla s’installer sur un îlot, où il resta six années, par tous les temps. Il cultivait quelques légumes et, trois fois par an, recevait la visite d’un marinier qui lui apportait un peu de vivres. Mais là aussi le Diable le rejoignit. Le résumé qui suit a peut-être été un peu manipulé. 

Un bateau fit naufrage, et une seule rescapée put venir demander du secours à Martinianus. Celui-ci réagit différemment : il laissa à la jeune fille le pain et l’eau qui lui restaient, lui annonça la «prochaine» visite du marinier dans deux mois, et rejoignit la côte à la nage ; on prétend - pourquoi pas ? - que deux dauphins vinrent le prendre sur leur dos. 

La rescapée se plut à sa nouvelle vie et la prolongea pendant plusieurs années. Martinianus, lui, visita plusieurs villes encore pendant deux années.

Il vint mourir en Athènes, vers 398 ou 402.

Il mourut le 13 février.

Saint Martinianus de Césarée de Palestine est commémoré le 13 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Stephanus de Lyon

† 514

 

De cet évêque, on peut seulement dire qu’il fut le vingt-troisième évêque de la ville de Lyon, élu vers 501.

A cette époque, la Gaule était encore partagée, à la suite de la crise arienne et des nombreux épisodes qui suivirent. Les divergences entre les évêques se répercutaient sur la vie politique.

A la suite d’une entrevue entre évêques catholiques et évêques ariens (499), le roi Gondebaud sembla convaincu, mais n’adhéra pas vraiment au catholicisme.

L’épiscopat de Stephanus ne fut donc pas sevré d’épines. 

On a conservé deux lettres qui lui furent adressées, l’une par s.Ennodius de Pavie, l’autre par s.Avitus de Vienne (v. 17 juillet et 5 février).

Il mourut vers 514.

Saint Stephanus est commémoré le 13 février au Martyrologe Romain.

 

 

Stephanus de Rieti

† 6e siècle

 

Ce qu’on sait de cet abbé ne nous est parvenu que par les écrits du pape Gregorius le Grand (v. 12 mars).

Stephanus était abbé d’un monastère bénédictin à Rieti (Latium, Italie C).

Le saint homme ne possédait absolument rien des biens de ce monde. Une année qu’il avait pu amasser assez de grain pour lui et ses disciples, «quelqu’un» (un paysan ou un seigneur jaloux ? le Diable lui-même ?) mit le feu à ses greniers. L’Abbé n’eut pas un mot de regret pour cette perte ; il s’en remit à la Providence ; s’il eut une parole amère, ce fut sa tristesse pour «celui» qui avait ainsi alourdi sa conscience.

Plus loin, on lit que Stephanus était «rusticus» dans son langage : Le mot latin, a priori, n’a pas de résonnance péjorative ; il signifie «qui vient de la campagne» et peut évoquer, selon le contexte, des manières un peu gauches, peut-être un langage simple, mais pas forcément «vulgaire» ou «grossier», et n’exclut certainement pas, comme le souligne toujours Grégorius, un grand cœur épris de sainteté.

En particulier sa patience fut péniblement mise à l’épreuve par telle personne qui l’insultait, et envers laquelle il sut montrer la plus grande reconnaissance pour lui avoir procuré l’occasion de souffrir et de se sanctifier. Cette épreuve dépassa certainement les limites de l’imaginable, au point que Gregorius ajoute que, si Stephanus n’est pas mort du glaive du persécuteur, du moins mérita-t-il la couronne pour sa patience héroïque.

Au dernier moment de sa vie, on vit sa cellule se remplir d’anges. Ceux qui étaient présents préférèrent alors se retirer, dit toujours Gregorius, pour qu’aucun mortel ne fût présent à une scène si céleste. La mort du pieux abbé advint à une date inconnue du 6e siècle.

Saint Stephanus est commémoré le 13 février au Martyrologe Romain.

Il y eut à Rieti un autre Stefano, dominicain, du 13e siècle, illustre philosophe certes, mais absent du Martyrologe.

 

 

Gosbert d’Osnabrück

† 880

 

Diverses difficultés se sont élevées à propos de Gosbert, évêque d’Osnabrück.

Autrefois, on disait que tout un groupe de Comtes et d’Evêques chrétiens firent face à des Normands cruels et païens qui envahissaient la Germanie ; une «bataille» eut lieu à Ebekestorp (Lunebourg), où toute cette vaillante troupe fut abattue. On nommait :

  • Bruno, duc de Saxe, fils de Ludolf, frère d’Otto et oncle de Henri l’Oiseleur ;
  • Theodoric, évêque de Minden : il fut tellement mutilé, qu’on ne retrouva pas son corps ;
  • Markward, évêque de Hildesheim : il fut tellement défiguré, qu’on ne pouvaiti le reconnaître ;
  • Erluph, évêque de Verden, originaire d’Ecosse ou d’Irlande ;
  • Gosbert, évêque d’Osnabrück après avoir été missionnaire en Suède ;
  • Egalement trois autres évêques, mais le fait est douteux ;
  • Vingt-cinq autres Compagnons, comtes ou officiers royaux.

Ceci se serait passé le 2 février 880.

Des miracles se produisirent sur leurs tombeaux. En 1243, au jour anniversaire de leur mort, on vit couler de leurs ossements une huile abondante, source de nouveaux prodiges miraculeux.

D’après ce récit, on considérait ces victimes - dont Gosbert - comme des martyrs.

Comment expliquait-on la présence de ces sept évêques au milieu d’hommes d’armes, on ne le dit pas. Essaiera-t-on d’imaginer que, devant l’impétuosité de l’envahisseur et se sachant humainement perdus, les vaillants combattants, entourés de leurs évêques, s’exposèrent courageusement dans l’espérance d’arrêter la fougue des païens ? Si c’était le cas, pourquoi toute cette histoire aurait-elle été récemment occultée et effacée du Martyrologe ? Et pourquoi les inscrire au 13 février ?

 

En revanche, on signale au 13 février un Gosbert, neveu de l’archevêque de Reims, Ebo.

On a écrit son nom de diverses façons : Gautbert ou Gaudbert, Gauzbert ou Gozbert, Gotebert.

On dit que Gosbert fut moine bénédictin.

Après la première mission de s.Oscar (v. 3 février) en Suède, Ebo aurait, en 832, sacré Gosbert évêque pour la Suède, tandis qu’Oscar restait au Danemark.

Gosbert appela alors à lui son neveu, Nithard (v. 3 février), qui était moine à l’abbaye bénédictine de Corvey. Reçu avec bienveillance par le roi, ils purent obtenir très vite beaucoup de conversions.

Cependant, une révolte ou une invasion des Vikings menaça cette belle espérance. En 845, la maison de Gosbert fut pillée, son église démolie ; Nithard fut massacré, premier martyr de Suède. Gosbert, chassé de son siège par les païens, fut alors transféré au siège d’Osnabrück et gouverna ce diocèse jusqu’en 860, date à laquelle commença l’épiscopat de son successeur, Egbert.

Gosbert ne put jamais revenir en Suède ; l’Eglise suédoise fut coupée de Rome pendant sept ans, au bout desquels Oscar put y rentrer, convertir le nouveau roi Olaf (v. 29 juillet), et ordonner prêtre (et évêque ?) le neveu de Gosbert, Erimbert.

Les historiens qui font mourir Gosbert le 2 février 874, ne nous disent pas ce que fit Gosbert durant les quatorze années qui vont de la fin de son épiscopat jusqu’à sa mort ; le Martyrologe affirme que le même Gosbert mourut à Osnabrück, mais le 13 février 874 ; d’autres spécialistes en ont déduit qu’il serait donc mort plutôt en 859. Chaque thèse résout un problème, mais en suscite d’autres, dont on ne va pas débattre ici.

En considération de ses durs labeurs en Suède, certains affirmaient que Gosbert méritait le titre de martyr.

Saint Gosbert est commémoré le 13 février dans le Martyrologe Romain, qui ne parle pas de martyre.

 

 

Gimer de Carcassonne

† 931

 

Une ancienne chronique établissait que Guimera avait succédé à s. Crescent, disciple de saint Paul, et qu’il serait mort en l’an 300 ; ce texte qui comprend, nous dit-on, des anachronismes évidents, voudrait alors faire supposer que Crescent comme Gimer auraient chacun occupé le siège de Carcassonne pendant plus d’un siècle.

Les historiens ayant démontré qu’il n’y eut pas d’évêché à Carcassonne avant le 6e siècle et que son premier évêque fut Hilarius († 550), il faut reconnaître que le saint évêque dont il est question ici, n’est autre que celui qui occupa ce siège au 10e siècle, de 902 à 931.

De l’enfance de Gimer (Guimera en latin), on raconte qu’il prenait le pain que cuisait sa mère pour le donner aux pauvres. La brave femme devait recommencer le travail pour la famille, mais voilà qu’un jour la pâte gonfla et la quantité de pain doubla.

Plus tard, Gimer vendit son héritage au profit des pauvres.

Elu évêque pour le siège de Carcassonne, il participa à plusieurs conciles : Barcelone en 906 et 907, Saint-Thibery (907), Maguelone (909), Fontcouverte (911).

Il transféra son église cathédrale de Sainte-Marie à Saint-Nazaire.

Saint Gimer, qui mourut en 931, est commémoré le 13 février au Martyrologe Romain.

Fulcran de Lodève

† 1006

 

La naissance et la famille de Fulcran demeurent enveloppées dans la brume. Sa mère portait le nom d’Eustorge ou de Biligarde, et descendait d’une famille noble. On a écrit aussi que Fulcran serait né à Mérifons, que sa famille serait issue des Roquefeuil du Rouergue.

Le latin Fulcranus ne semble pas justifier l’orthographe Fulcrand, qu’on trouve parfois.

Fulcran, donc, écrivit lui-même qu’il avait deux frères : Pons et Aranfred, et peut-être deux sœurs.

Il grandit sous la tutelle vigilante et sage de l’évêque Thierry. Il avait un instinctif amour pour la chasteté, qu’il préserva jalousement par la prière et l’étude, les veilles et les jeûnes.

Thierry l’ordonna prêtre et en fit son archidiacre ; à sa mort, tous s’accordèrent pour appeler Fulcran à lui succéder… sauf l’intéressé, qui alla se cacher. Vite découvert, il dut s’incliner et recevoir la consécration épiscopale, en 949. C’était le treizième (ou quatorzième) évêque de ce diocèse.

Sa préoccupation majeure était de donner l’exemple des vertus, mais aussi de confirmer le peuple dans la juste doctrine. Il entreprit la visite intégrale du diocèse, condamnant les vices et accueillant les pécheurs, se ruinant pour soulager la pauvreté, consolant les malades, qu’il allait trouver chez eux.

Il fonda le monastère de Saint-Sauveur et rétablit la discipline dans les maisons religieuses.

On lui doit la cathédrale de Lodève, qui porte aujourd’hui son nom.

Un fait important va montrer sa délicatesse de conscience. Il apprit qu’un évêque était passé au judaïsme et, dans sa tristesse pour cette malheureuse apostasie, se laissa dire que le fautif méritait le feu. Or il apprit qu’on l’avait effectivement brûlé vif ; il s’en sentit responsable et alla expier jusqu’à Rome son «péché», faisant publiquement pénitence, à l’édification de tous.

Un autre événement illustrera sa lutte contre le péché. Il reprocha vivement au comte de Toulouse d’être tombé dans l’adultère, sous le prétexte que son épouse était stérile. Or, cette femme fit un pèlerinage et mit au monde deux garçons. C’est depuis lors que les femmes de la région implorent saint Fulcran pour obtenir la grâce de la maternité.

Après plus d’un demi-siècle d’épiscopat, Fulcran s’éteignit en 1006 et fut enterré dans sa cathédrale. On retrouva son corps intact vingt ans plus tard. En 1572, les Huguenots tentèrent de le brûler mais, n’y réussissant pas, le déchiquetèrent ; on ne put récupérer que quelques fragments, précieusement conservés à Lodève.

Saint Fulcran est commémoré le 13 février au Martyrologe Romain. 

Après la Révolution et le Concordat, le diocèse de Lodève a été rattaché à celui de Montpellier.

 

 

Gilbert de Meaux

† 1009

 

Gilbert serait né à Ham (Somme) de Fulchard et Geila, nobles et pieux parents du Vermandois.

L’enfant fut confié aux chanoines de Saint-Quentin, où ses qualités et ses vertus lui acquirent la bienveillance unanime ; il fut à son tour doté d’un canonicat, puis l’évêque de Meaux en fit son archidiacre.

En 995, et malgré ses humbles protestations, Gilbert fut appelé à succéder à l’évêque défunt. 

Il avait été auparavant miséricordieux pour les pauvres, sévère pour les méchants, zélé pour l’Eglise ; il le fut davantage dans l’exercice de sa charge, sans rien changer à sa vie personnelle, qui était toute de prière et de mortifications.

En 1004, il apporta une profonde modification dans l’administration des ressources du diocèse. Auparavant, l’évêque était le seul administrateur des biens de son Eglise et les répartissait entre les membres du clergé, selon ce qu’il jugeait utile pour le culte, les pauvres et ses propres dépenses. Gilbert divisa ces biens en deux part, l’une pour l’évêque, l’autre pour le chapitre. A chacun ensuite de les répartir selon les nécessités. Léon IX (v. 19 avril) approuva cette prudente disposition.

En 1008, Gilbert était l’un des treize évêques présents au concile de Chelles, le 17 mai, dans le palais du roi Robert. Il y fut question d’une charte en faveur de l’abbaye de Saint-Denis. L’abbé, Vivien, y avait reporté la Règle à sa première vigueur et obtint alors de nouveaux privilèges.

Sentant approcher l’heure de la mort, Gilbert appela à son chevet deux grands amis, l’évêque de Sens (Léotheric) et celui de Chartres (Fulbert, v. 10 avril), dont la présence le combla de joie et qu’il accueillit en les qualifiant de Lumières de l’Eglise des Gaules.

Il s’endormit le 13 février 1009.

En 1562, Les Huguenots profanèrent ses reliques, dont on put préserver quelques-unes.

Saint Gilbert est commémoré le 13 février au Martyrologe Romain.

 

 

Jordan de Saxe

1190-1237

 

Jordan (Iordanus, Gordanus ou Giordanus, Jourdain) naquit vers 1190 en Saxe (Allemagne), dans la noble famille des comtes d’Eberstein.

A vingt ans, il vint étudier à Paris, où sa vie se partageait entre l’étude et la prière : toutes les nuits il se trouvait à l’office nocturne des chanoines.

Il s’était fait une loi de donner chaque jour une pièce au premier pauvre qu’il rencontrait. Un soir qu’il se dépêchait pour arriver à l’heure, un pauvre l’accosta ; n’ayant rien sur lui, il donna au pauvre sa ceinture et courut à l’église… où il eut la vision du Crucifix entouré de cette ceinture.

En 1219, on le sait sous-diacre et bachelier en théologie ; il rencontra cette année-là Domingo de Guzmán (v. 6 août), qui l’encouragea. Peu après Jordan reçut le diaconat.

En 1220, Jordan fut reçu au couvent Saint-Jacques des Dominicains de Paris, avec ses deux amis : Henri de Cologne et Léon. La même année, Jordan participa au chapitre de Bologne.

De retour à Paris, il y enseigna l’Ecriture Sainte avec un commentaire très apprécié de l’évangile de Luc. C’est peut-être cette année-là qu’il fut ordonné prêtre.

En 1221, Domingo le nomma provincial pour la Lombardie. Or Domingo mourut cette année-là, le 6 août, et le chapitre élut Jordan pour lui succéder.

Jordan avait toutes les qualités pour cette mission si imprévue : intégrité angélique, oubli total de soi, douceur dans la parole et les actions, discours convainquant.

Sous Jordan, furent ouverts deux-cent quarante couvents.

Jordan eut l’audace d’aller trouver personnellement l’empereur Friedrich pour le supplier de changer de conduite vis-à-vis de l’Eglise.

Il entretint une correspondance importante avec la bienheureuse Diada d’Andalò (v. 10 juin) et surtout eut l’immense joie de voir la canonisation de saint Domingo (1234). 

En 1236, Jordan s’embarqua pour la Terre Sainte, car il devait y visiter des couvents déjà établis là-bas. Il vénéra les Lieux Saints et reprit le bateau. Sa santé était déjà assez ébranlée. Le navire fut pris dans une grosse tempête et sombra en face de Ptolémaïs (Syrie) ; la plupart des passagers furent engloutis, Jordan fut du nombre, le 13 février 1237.

Les flots ramenèrent les corps sur le rivage : tant qu’ils y restèrent, une lumière merveilleuse les illumina, d’après le témoignage de deux Religieux de Ptolémaïs. Puis Jordan fut inhumé à Acre.

Le titre de Bienheureux fut très tôt attribué à Jordan, et fut confirmé en 1825.

 

 

Cristina Camozzi

1435-1458

 

Des incertitudes sur cette personnalité ont donné lieu à deux traditions (ou même trois).

La plus consistante semble être celle qui fait naître Cristina le 4 août 1435 à Calvisano (Brescia), de Giovanni et Margherita.

A quatorze ans, elle aurait émis les vœux comme tertiaire agostinienne à Saint-Barnabé de Brescia (d’où son surnom de Agostina) puis, de retour à Calvisano s’adonna au soin des pauvres. Après la mort des parents, elle serait allée à Rome, Assise, enfin Spolète, où elle continua de s’occuper des pauvres et des malades, et y serait morte le 14 février 1458.

L’autre tradition la fait naître à Porlezza (Côme, Lugano, Italie) en 1435, fille d’un docteur Camozzi, et nommée Agostina. 

Une première fois veuve d’un artisan de l’endroit, puis à nouveau veuve d’un hypothétique chevalier milanais (et mère d’un petit bébé qui mourut très vite), et encore une fois veuve, elle aurait finalement embrassé une vie de pénitence, entrant chez les Augustiniennes de Vérone avec le nom de Cristina, mais, ne pouvant supporter les austérités du couvent, se dirigea à Come, Milan, Rome, Assise, et Spolète, changeant de lieu fréquemment pour rester dans l’ombre. 

Elle aurait voulu rejoindre les saints lieux de Terre Sainte, mais s’arrêta à Spolète (Ombrie), où elle s’adonna au soin des malades de l’hôpital.

La troisième tradition la rend parente des Visconti de Milan.

Finalement, les trois traditions concourent à la même conclusion : cette sainte femme, Agostina ou Cristina, s’éteignit bientôt à Spolète, le 13 février 1458. La ville la fit enterrer dans le couvent de Saint-Nicolas, où alors beaucoup de miracles eurent lieu par son intercession.

Elle fut béatifiée en 1834.

Sous le nom de Cristina (Agostina) Camozzi, le Martyrologe romain la commémore le 13 février.

 

 

Lucrezia Bellini

1444-1469

 

Dives in misericordia (Riche en miséricorde), Dieu tire toujours un bien du mal. Comme le fils adultérin de David devint le grand roi Salomon, ainsi la fille d’une religieuse infidèle de Padoue devint une grande sainte.

Lucrezia Bellini grandit ainsi à Saint Prosdocime, le couvent de sa mère à Padoue, travaillant humblement aux charges domestiques pour aider les Religieuses dans leur vie quotidienne.

Quand elle exprima son désir d’être elle-même Religieuse, on avança quelques réserves, un peu compréhensibles.

Mais l’évêque autorisa Lucrezia à commencer son noviciat chez les Bénédictines, en 1461, où elle prit le nom de Eustochium

Bientôt de mystérieuses manifestations, violentes et de caractère hystérique, la firent prendre pour une possédée. Aussi on lui réserva le sort d’une possédée, l’isolant, et lui donnant seulement pain et eau, on l’exorcisa plusieurs fois. Quand l’abbesse tomba malade, on accusa même Eustochium de l’avoir empoisonnée. On dut même résister à un mouvement populaire de la population, qui voulait faire brûler cette «sorcière».

Mais Eustochium restait douce, pieuse, patiente, considérant toutes ces souffrances comme une vie de pénitence. 

Finalement elle put émettre les vœux de religion, peu avant de mourir, en 1465. Après sa mort, on vit marqué sur sa poitrine le nom de Jésus.

Le dies natalis de la bienheureuse Eustochium est le 13 février.

 

 

Baolu Liu Hanzuo

1778-1818

 

Baolu (Paul) était né vers 1778 à Lezhi (Sichuan, Chine).

Il fut prêtre dans ce même vicariat apostolique.

Des soldats vinrent l’arrêter le 15 août 1817, pendant qu’il célébrait la messe. Il leur dit : Laissez-moi achever le saint sacrifice. 

Ils attendirent et, après la célébration, ils emmenèrent le prêtre à Tchen-tou (Chengdu). 

Le père Liu Hanzuo fut étranglé à Chengdu (Sichuan).

C’était le 13 février 1818.

Il a été canonisé en 2000, parmi les cent-vingt Martyrs chinois, fêtés ensemble le 9 juillet.

 

 

Phaolô Lê Vǎn Lộc

1830-1859

 

Phaolô (Paul) était né à An Nhợn (Gia Định, Vietnam) dans une famille croyante.

Orphelin à dix ans, il fut adopté et put étudier au petit séminaire Le Nhum, pendant deux ans. Puis il étudia la théologie à Penang.

Prêtre, il appartenait au vicariat apostolique de la Cochinchine occidentale. Son évêque voyait pour lui un avenir très prometteur. Revenu dans son diocèse, il s’occupa de la catéchèse et de la formation des séminaristes.

D’après les registres de baptême, on voit qu’il a amené à l’Eglise plus de deux-cents néophytes en une année.

Après que le séminaire fut fermé et abandonné, le père Paul continua à tout faire pour fournir aux séminaristes ce qui leur fallait. C’est dans un de ses déplacements qu’il fut reconnu par une femme païenne et dénoncé.

Arrêté le 13 décembre, il subit un jugement hâtif et fut condamné à mort.

Le 13 février 1859 il fut décapité.

Béatifié en 1909, canonisé en 1988, il est fêté avec tous les Martyrs du Vietnam le 24 novembre.

 

 

 

James Alfred Miller

1944-1982

 

James Alfred naquit le 21 septembre 1944 à Stevens Point (Wisconsin, USA), dans une famille d’agriculteurs. Prématuré, il ne pesait guère que quatre livres à la naissance, mais il grandit très bien : adulte, il mesurait près d’un mètre quatre-vingt-dix et pesait quasi cent kilos. Ses deux frères s’appelaient Bill et Ralph.

Après ses études secondaires, il entra à la Pacelli High School, tenue par les Frères des Ecoles Chrétiennes, pour passer à l’Université Sainte-Marie de Winona, où il obtint son diplôme en espagnol.

En 1959, il entra dans la congrégation des Frères des Ecoles Chrétiennes, prenant le nom religieux de Leo William.

Au terme de son noviciat, il enseigna l’espagnol, l’anglais et le catéchisme dans la Cretin High School et, en août 1969, émit la profession solennelle.

Cette même année, il fut envoyé en mission à Bluefields (Nicaragua), comme instituteur. En 1974, il fut envoyé à Puerto Cabezas, comme directeur d’une école qui passa de trois-cents à huit-cents élèves.

Promoteur de multiples actions culturelles pour les jeunes et de multiples écoles rurales, il chercha l’appui gouvernemental, raison pour laquelle il fut dans le colimateur des milices durant la révolution sandiniste : on l’accusait de connivence avec le gouvernement ; aussi ses supérieurs le rappelèrent aux Etats-Unis en 1979 ; il reprit l’enseignement à la Cretin High School, où on le surnomma Santiago pour son enseignement de l’espagnol. Le Frère Leo William regretta beaucoup de ne jamais pouvoir retourner au Nicaragua.

En 1980, il fut à New Mexico où ses élèves, lui donnèrent aussi le gentil surnom de Brother Fix-it, car ils le voyaient fréquemment un outil en main pour arranger ou fixer quelque chose dans tous les coins de l’école ; c’est lui aussi qui dépannait ceux qui oubliaient la combinaison de leur casier.

Mais le Frère s’ennuyait et voulait repartir en Amérique centrale. En 1981, il fut envoyé en mission au Guatemala, dans une région où vivait la minorité maya : le Frère s’occupa de leur instruction, de leur formation professionnelle et religieuse et défendit courageusement leurs droits.

Là encore il devint la cible privilégiée des guerilleros marxistes ; conscient du danger, il demeura sur place, confiant «(sa) vie à la Providence», écrivit-il encore un mois avant sa mort.

Le 13 février 1982, il fut abattu par un «escadron de la mort» à Huehuetenango, quelques mois après l’assassinat de Stanley Francis Rother (v. 28 juillet).

James Alfred Miller fut reconnu martyr en 2018 et béatifié en 2019.

Il sera commémoré le 13 février dans le Martyrologe Romain.

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