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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 00:00

14 FEVRIER

 

II.

S Eleukadios, grec converti à Ravenne, désigné par une colombe pour être évêque.

III.

S Valentinus, prêtre romain martyr.

S Valentinus, évêque à Terni, dont il est patron, et martyr à Rome ; on disait au Moyen-Age qu’en ce jour les oiseaux s’accouplaient, d’où l’origine du patronat de s. Valentin pour les fiancés.

? Ss Ephèbe et Apollone, martyrs (à Terni ?).

S Vitalis, martyr à Spolète, crucifié.

S Zénon, martyr romain.

Ss Cyrio (prêtre), Agatho (exorciste), Bassianus (lecteur), Moyses, Tonianus, Protus, Lucius, Dionysios et Ammonius, martyrs en Alexandrie.

IV.

S Lienne (Leonius), disciple, confident et compagnon de s. Hilaire à Poitiers jusque dans son exil.

S Modestin, martyr à Avellino, peut-être un évêque venu d’Orient.

? S Louans (Lupance), près de Tours.

V.

S Abraham, syrien, tiré du désert pour être évêque à Carrhes.

S Nostrianus, évêque à Naples : il fit construire des bains pour le clergé et les fidèles, pour éviter tout contact de ceux-ci avec les hérétiques.

S Auxentios, de père persan, solitaire sur le mont Oxia, puis sur le mont Skopa, thaumaturge.

? S Paulien, premier évêque en Velay ; son successeur établit le siège au Puy.

VI.

S Théodose, évêque à Vaison.

VII.

S Conran, écossais, moine, peut-être évêque dans les îles Orcades.

S Racho (Ragnobert), évêque à Autun, premier évêque d’origine franque.

IX.

S Antonino, bénédictin, abbé à Sorrente.

Ss Cyrille (Constantin) et Méthode, deux frères de Thessalonique, missionnaires en Moravie où ils mirent au point l’alphabet “cyrillique” et la liturgie en slavon ; dénoncés comme “irréguliers”, ils furent finalement approuvés par les papes, Méthode fut sacré évêque (Sirmium) et légat chez les Slaves, où il mourut un six avril ; Cyrille mourut à Rome ; il avait retrouvé en Crimée les reliques de s. Clément ; ils sont co-patrons de l’Europe. 

XVII.

S Juan Bautista García Lopez-Rico, trinitaire à Tolède, réformateur de son ordre (et enfermé dans un cachot par des récalcitrants).

XX.

B Vicente Vilar David (1889-1937), dernier de huit enfants, fidèle de l’adoration nocturne du Saint-Sacrement, marié, martyrisé pour sa foi près de Valencia, béatifié en 1995.

Eleukadios de Ravenne

† 112

 

La Tradition affirme qu’Eleukadios était d’origine grecque..

Elevé d’abord dans la philosophie de Platon, il connut l’Evangile du Christ grâce à s.Apollinaire (v. 21 juillet) qu’il rencontra soit en Grèce durant l’exil de ce dernier, soit à Ravenne même (Italie).

A Apollinaire succéda Aderitus. Quand il fallut élire le troisième évêque de Ravenne, on vit une colombe arriver et demeurer au-dessus de la tête d’Eleukadios.

Il mourut, croit-on, le 14 février 112.

Saint Eleukadios de Ravenne est commémoré le 14 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Valentinus de Rome

† 270

 

Prêtre à Rome, Valentinus fut arrêté sour l’empereur Claude le Goth, qui le fit charger de chaînes et mettre dans les entraves.

Deux jours après, il confessa sa Foi devant l’empereur lui-même.

Placé ensuite sous la garde d’un officier, il en guérit la fille, qui était aveugle ; du coup toute la famille se convertit au Christ.

Furieux, l’empereur fit battre, puis décapiter le glorieux Témoin.

Il mourut, croit-on, le 14 février vers 270.

Ce n’est pas ce Valentinus qu’on invoque en ce même jour pour les fiancés ; l’évêque du même nom avait son siège à Terni et fut martyrisé à Rome.

Saint Valentinus de Rome est commémoré le 14 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Valentinus de Terni

176-273

 

Valentinus naquit en 176 à Interamna (act. Terni, Italie C) de famille aristocratique.

Bientôt converti et affermi dans la Foi, il fut choisi en 197 pour être le troisième évêque de ce siège.

Il est un peu étrange qu’on n’ait conservé aucun acte de cet épiscopat qui dura plus de soixante-treize années.

En 270, quand il était presque centenaire, l’évêque fut contacté par un certain philosophe romain nommé Crato pour venir guérir son fils, mais Valentinus «guérit» aussi toute la famille, qui se convertit au Christ.

Informé, l’empereur Claude le Goth le fit arrêter mais, sans doute impressionné par l’âge du vénérable évêque, se contenta de le mettre aux arrêts chez une famille païenne.

Sous l’empereur Aurélien, Valentinus fut de nouveau arrêté, cette fois-ci pour être martyrisé. Hors de Rome, il fut durement flagellé, puis décapité.

C’était, d’après la Tradition, le 14 février 273, quand Valentinus avait quatre-vingt dix-sept ans.

Valentinus n’a a priori rien à voir avec les fiancés, qui l’invoquent le 14 février. Valentinus aurait célébré le mariage d’un soldat païen avec une chrétienne : l’épisode est fort douteux. On prétend en revanche que les petits oiseaux commencent de s’accoupler justement en ce 14 février.

Saint Valentinus de Terni ne figure pas dans l’actuel Martyrologe Romain.

 

 

Vitalis de Spolète

? 4e siècle

 

Vitalis aurait été crucifié, mais on ne sait à quelle époque.

On aurait retrouvé la tombe du Martyr Vitalis à Spolète, vers la fin du quatrième siècle.

Saint Vitalis de Spolète est mentionné le 14 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Zeno de Rome

?

 

Zeno est un Martyr romain.

Aucun document ne le situe autrement dans le temps et l’on ne sait rien de lui.

Saint Zeno de Rome est mentionné le 14 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Alexandrie (Martyrs en)

?

 

Il y eut plusieurs persécutions en Alexandrie d’Egypte. On ne sait à laquelle il faut rattacher les Martyrs suivants : 

Trois furent brûlés vifs : 

  • Cyrion, prêtre
  • Agatho, exorciste
  • Moyses

Quatre furent jetés en mer :

  • Bassianus, lecteur (?)
  • Tonionus
  • Protus
  • Lucius

Deux furent décapités : 

  • Dionysios
  • Ammonius

Ces neuf Martyrs sont mentionnés le 14 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Agatho d’Alexandrie

?

 

Voir la notice Alexandrie (Martyrs en)

 

 

Ammonius d’Alexandrie

?

 

Voir la notice Alexandrie (Martyrs en)

 

 

Bassianus d’Alexandrie

?

 

Voir la notice Alexandrie (Martyrs en)

 

 

Cyrion d’Alexandrie

?

 

Voir la notice Alexandrie (Martyrs en)

 

 

Dionysios d’Alexandrie

?

 

Voir la notice Alexandrie (Martyrs en)

 

 

Lucius d’Alexandrie

?

 

Voir la notice Alexandrie (Martyrs en)

 

 

Moyses d’Alexandrie

?

 

Voir la notice Alexandrie (Martyrs en)

 

 

Protus d’Alexandrie

?

 

Voir la notice Alexandrie (Martyrs en)

 

 

Tonionus d’Alexandrie

?

 

Voir la notice Alexandrie (Martyrs en)

Nostrianus de Naples

† 455

 

Nostrianus fut le quinzième évêque de Naples, mais on n’a aucune date précise sur sa vie.

On sait qu’après la chute de Carthage aux mains des Vandales (439), beaucoup d’ecclésiastiques furent contraints de quitter l’Afrique, sur des embarcations de fortune, dont certaines arrivèrent sur le littoral italien. On le voit, l’Histoire se répète encore de nos jours…

Nostriano ouvrit largement les bras à ces héros de la foi, notamment aux deux évêques Gaudiosus et Quodvultdeus (v. 27 octobre et 19 février) avec lesquels il démasqua et combattit énergiquement le pélagianisme de l’évêque Florus (déjà condamné au concile d’Ephèse de 431). Nostrianus se vit obligé de faire arrêter l’hérétique par un prêtre et quelques clercs, pour le conduire en exil.

A Naples, l’évêque fit construire des termes spécialement pour le clergé et les fidèles : non qu’il n’en existât pas encore, mais le pontife voulut par là isoler les partisans de l’erreur pélagienne et empêcher leurs idées de gagner son troupeau.

Nostrianus gouverna sagement son diocèse pendant dix-sept ans et s’endormit à une date qu’on situe approximativement entre 452 et 465.

Saint Nostrianus est maintenant commémoré le 14 février au Martyrologe Romain.

 

 

Auxentios

420-470

 

Le père d’Auxentios, Abdas, avait fui la Perse à cause de la persécution de Sapor, et s’était installé en Syrie, où il se maria et eut un enfant : Auxentios.

La date de la naissance d’Auxentios semble controversée ; il a pu naître avant 400.

Après ses premières études, il vint à Constantinople et s’enrôla parmi les gardes de l’empereur Théodose. Ce dernier estima beaucoup le jeune homme pour sa piété, ses mœurs pures, son érudition. De plus, Auxentios eut aussi le don des miracles.

Auxentios avait des amis parmi les solitaires ; on cite ainsi un certain Ioannis, qui vivait non loin de l’Hebdomon (quartier proche de Constantinople) ; il allait le voir avec deux laïques, Marcianos (futur économe de l’Eglise) et Anthimos (futur prêtre). Avec ce dernier, il s’adonna au jeûne et à la prière, aux veilles nocturnes, dormant peu, et souvent sur la terre nue. Marcianos édifia une petite église sur le bord de la mer : ils s’y retrouvaient tous les trois.

Mais en 442, pour trouver plus de solitude, Auxentios se retira sur le mont Oxia (île de Naxos), complètement ignoré, nouveau Jean-Baptiste vêtu d’une rude peau de bête (cf. Mt 3:2), et abrité… de la voûte céleste.

Il se prit cependant à son propre piège, si l’on peut dire, car voyant de pauvres enfants qui cherchaient leurs troupeaux égarés, il ne résista pas à les leur faire découvrir miraculeusement. Les enfants parlèrent de lui aux parents, qui vinrent le remercier. Aussi Auxentios alla se construire une cabane au sommet de la montagne, et en mura la porte de l’intérieur ; une petite fenêtre était la seule ouverture, par laquelle il s’adressait laconiquement à ses visiteurs et touchait les malades qu’on lui présentait. 

Il les invitait d’abord à rendre gloire à Dieu, à prier avec lui, ou à écouter sa lecture. Parfois, «le» visiteur était le Malin, qui s’efforçait d’empêcher Auxentios de prier. Auxentios le chassait, comme il le chassa aussi de possédés, et fit encore bien d’autres miracles. Il rendit la vue à une aveugle en passant sa main sur ses yeux et lui disant : Que Jésus-Christ, la véritable lumière, te guérisse ! Une autre fois, un curieux vint le voir, le croyant simplement fou : mais à son retour à Constantinople, il trouva sa fille possédée ; repenti, il vint supplier Auxentios de la guérir ; Auxentios accomplit le miracle, imposant cependant à toute la famille une «pénitence» : passer une semaine dans la prière et le jeûne, tant il est vrai, dit le Christ aux Apôtres, que ce genre de démons ne se chasse que par la prière et le jeûne (Mt 17:20).

On voulut mettre à l’épreuve la foi du Solitaire. On l’obligea à sortir de sa cellule pour le conduire à Constantinople : il fallut le faire monter sur un chariot, tant il était amaigri et même meurtri par ses austérités ; en chemin, Auxentios n’arrêtait pas d’accomplir des miracles. Il fut d’abord enfermé, comme un bandit, au monastère de Philée, puis transféré près de Chalcédoine, à l’Hebdomon, où l’empereur l’accueillit avec toutes les marques possibles de respect. En réalité, Auxentios ignorait les canons votés lors du concile de Chalcédoine ; on les lui lut et il y adhéra explicitement. Après quoi, il fut ordonné prêtre.

Auxentios demanda ensuite à être conduit au mont Skopa, un endroit encore plus escarpé et plus froid que le mont Oxia, ce qui n’empêcha pas la population de venir encore l’écouter et lui demander sa prière d’intercession. Auxentios prêcha, enseigna la doctrine orthodoxe, faisait prier et chanter, parfois toute la nuit du samedi au dimanche. Il recommandait aussi de ne pas travailler le vendredi, en l’honneur de la Passion du Christ, et de consacrer ce jour au jeûne et à la prière.

Les miracles continuèrent. Mais aussi les vocations se présentèrent ; des hommes reçurent de lui l’habit monastique et vécurent dans la solitude, d’autres se fixèrent autour de sa cellule. Un de ces derniers, qui s’appelait Basilios, fut un jour tellement malmené par le Diable, qu’on le crut mort : Auxentios le ramena à la vie et lui donna pouvoir d’éloigner totalement le Démon. Auxentios bâtit aussi un monastère pour les femmes, le Trychinaire.

Frappé par la maladie, Auxentios mourut le 14 février 470, son dies natalis au Martyrologe Romain.

 

 

Racho (Ragnobert)

† 659

 

Saint Racho (ou saint Ragnobert) occupa le siège épiscopal d’Autun entre saint Ferréol et saint Léger, entre 650 et 659. Son vrai nom serait en latin Rognabertus, ou Rachonis.

Ce fut le premier évêque d’origine franque, et c’est bien certainement l’élément le plus important qu’on puisse mentionner à son sujet. Après la longue occupation romaine, les Vandales et les Wisigoths avaient envahi la Gaule ; les Huns furent repoussés ; les Francs, venus des régions de la Baltique sous la conduite de Clovis, s’installèrent dans la plus grande partie de la Gaule aux Ve-VIe siècles. Le baptême de Clovis (498) fut suivi d’une conversion progressive des Francs, pour aboutir enfin au sacre du premier évêque issu de cette race, saint Racho.

Son nom figure au bas de deux privilèges d’Emmon de Sens, pour l’abbaye de Sainte-Colombe et pour celle de Saint-Pierre-le-Vif, en 658.

Parfait modèle de la vie religieuse, Racho engagea le clergé de sa cathédrale à mener une vie régulière. C’est qu’à cette lointaine époque, beaucoup de clercs étaient rattachés à un même sanctuaire, mais le cadre de leur vie n’était pas forcément bien défini, donnant lieu à des écarts regrettables. Saint Augustin à Hippone avait donné une règle à son clergé, suivi en cela par bien d’autres évêques. Racho fut de ceux-là.

Après sa mort, il fut enseveli dans une petite église dédiée aux apôtres Simon et Jude, et qui porta dès lors son nom. A la fin du XIIIe siècle, les reliques furent transférées dans la cathédrale d’Autun. Elles furent redécouvertes le 23 février 1669 et remirent le Saint au goût du jour. Dans l'ancienne cathédrale de Saint-Nazaire et Saint-Celse, derrière le maître autel, il y en avait un plus petit dont la table était en marbre. Il tomba ce jour là de grosses pierres de la voûte qui brisèrent la table de marbre. Un chanoine découvrit alors une boîte d'étain qui renfermait un parchemin, attestant que cet autel avait été consacré le 2 avril 1530, par l’évêque Jacques Hurault, lequel y avait placé le corps de Saint-Racho, que l'on découvrit enveloppé soigneusement dans un linge. On transféra alors les reliques en la cathédrale, désormais consacrée à Saint-Lazare. Cette translation solennelle eut lieu un 26 février. 

A la Révolution, on parvint à sauver le chef et la plus grande partie des ossements, qui furent reconnus en 1803.

Actuellement une petite paroisse du diocèse porte son nom. L’église Saint-Racho, aux portes d’Autun, fut ensuite le siège d’un important prieuré, dont il ne reste rien aujourd’hui.

La fête de saint Racho a eu plusieurs dates : le vrai dies natalis retenu était le 28 janvier ; les diverses translations eurent lieu un 5 décembre et un 26 février, et c’est finalement le 14 février qui fut retenu comme fête principale.

Des suppositions ou des erreurs d’interprétation de quelques textes anciens ont voulu faire de saint Racho l’évêque à la fois d’Autun et de Bâle, alors qu’en réalité on ne connaît de lui que ce qu’on a dit plus haut. Les martyrologes les plus connus et les plus anciens ne mentionnent pas notre Saint, au point que le Martyrologe Romain n’en fait pas mention non plus.

 

 

Antonino Cacciottolo de Sorrente

† 830

 

Antonino Cacciottolo naquit au 8e siècle, à une date imprécise. On lui trouve même les dates 550-625, qui le situeraient donc deux siècles plus tôt.

Après avoir séjourné chez les Bénédictins du Mont-Cassin, il dut s’enfuir à cause de l’invasion des Lombards, se réfugia auprès de l’évêque de Stable, qui en fit son vicaire général.

Tous deux, l’évêque et Antonino se retirèrent ensuite dans la solitude et se construisirent une chapelle en l’honneur de saint Michel (v. 29 septembre), mais des habitants conçurent des soupçons contre l’évêque et le menèrent à Rome pour y être mis en prison et jugé. Antonino alors gagna Sorrente. 

A Sorrente se trouvait le monastère Saint-Agrippino, dont l’abbé, Bonifazio, reçut Antonino avec bienveillance. A la mort de Bonifazio, A. fut élu abbé.

Il combattit l’oisiveté avec une vigueur toute paternelle - et fit aussi une quantité de miracles. 

Un de ces miracles fut, après la mort d’Antonino, la guérison d’un évêque qui était tombé de sa mule et s’était blessé à la jambe lors de sa visite pastorale ; on enduit sa jambe avec de l’huile bénie dans l’église qui abrite les reliques de s.Antonino.

Quand il mourut, il fut, selon sa volonté, enseveli dans une niche pratiquée dans le mur d’enceinte de Sorrento. Cette mort advint selon certains en 625, selon le Martyrologe en 830.

L’émigration italienne a colporté la dévotion à saint Antonino jusqu’en Argentine et en Australie.

Saint Antonino est commémoré le 14 février au Martyrologe Romain.

 

 

Cyrille et Méthode

9e siècle

 

Thessalonique est une ville du nord de la Grèce, évangélisée par saint Paul, qui envoya ensuite deux épîtres aux Chrétiens de cette ville. Cette région se trouvait naturellement dans la zone d’influence de Constantinople. 

Léon et Maria étaient les parents de sept enfants, dont Méthode et Constantin, le benjamin. C’est sans doute de leur mère que ceux-ci apprirent le slavon.

Le père était un fonctionnaire et mourut quant Constantin avait quatorze ans.

 

Méthode, né vers 815, était un homme d’action, de commandement, mais pas attiré du tout par la gloire du monde : il désirait même entrer dans la vie monastique. Pour ce faire, il aurait eu à combattre un caractère peu facile, versatile, coléreux à l’occasion, mais tenace. Un jour qu’il était tout en nage d’avoir discuté avec d’autres théologiens germaniques, il rappela l’épisode d’un ancien philosophe qui, en pareil cas, expliquait qu’il avait eu à discuter avec des idiots.

Il obtint le gouvernement d’une colonie slave en Macédoine, auquel il renonça bientôt pour se retirer dans un monastère de l’Olympe de Bithynie (856).

 

Constantin - il ne s’appellera Cyrille qu’à ses derniers moments - était plus jeune, né vers 827, mais plus brillant que Méthode, plus doué aussi ; peut-être plus intérieur. Il fit de brillantes études à Constantinople, où on le connaissait comme Constantin le Philosophe ; il fut professeur de philosophie, reçut les saints ordres et fut chargé de mission diplomatique auprès du calife de Bagdad. Mais il se retira à son tour auprès de son frère.

 

Il est probable qu’ils songèrent déjà à ce moment-là à élaborer un nouvel alphabet et une liturgie en langue slave. C’est cet alphabet glagolitique qui aboutira à l’alphabet cyrillique.

Après 860, le basileus de Constantinople confia à Constantin une mission chez les Khazars, un peuple turc judaïsant campé au nord de la Crimée et de la mer Noire. Constantin y apprit l’hébreu pour discuter avec les rabbins. Il eut la joie de découvrir près de Cherson les reliques de saint Clément (v. 23 novembre).

En 862, Rastislav de Moravie demandait à Constantinople des missionnaires capables de leur enseigner la foi dans la langue du pays, excédé par le latin incompréhensible des missionnaires envoyés par les Germains.

Le patriarche Photius - celui du schisme d’Orient - envoya volontiers nos deux frères, déjà bien habitués aux milieux slaves. Méthode et Constantin traduisirent, transcrivirent les textes sacrés en slavon, et célébrèrent dans cette langue, pour la plus grande satisfaction des populations… mais aussi suscitant la jalousie des milieux germains : on commença de les accuser d’hérésie. Il fallait s’expliquer auprès du Pape.

De passage à Venise, les deux frères eurent une vive discussion avec les partisans des «trois langues sacrées», selon lesquels seuls l’hébreu, le grec et le latin pouvaient servir dans la liturgie, sous le prétexte que c’étaient les langues utilisées pour l’inscription sur la Croix du Christ (cf. Jn 19:20). C’est ce même argument, plutôt étrange, qu’utilisent auourd’hui, les partisans du latin dans la liturgie, à l’exclusion de toute traduction.

A Rome, le pape Adrien II reçut avec grand honneur nos deux missionnaires, d’autant mieux prévenu en leur faveur qu’ils lui apportaient les reliques de saint Clément. Le pape eut la sagesse d’éviter le sujet fâcheux : l’attitude de Photius. L’important, à ce moment, était la parfaite orthodoxie de Méthode et Constantin, ainsi que leur attachement inconditionnel à l’Eglise de Rome. En plus le prince des Bulgares demandait à Rome la nomination d’un patriarche. Adrien II n’eut qu’un souci : encourager ce grand mouvement apostolique. Il ordonna prêtres les disciples des deux apôtres et approuva leur liturgie en slavon en les autorisant à célébrer, dans cette langue, à Rome même.

C’est à ce moment que Constantin fut malade et pressentit sa mort prochaine : il prit le nom de Cyrille et mourut à Rome le 14 février 869, âgé de quarante-deux ans. Adrien II ordonna de lui faire des obsèques aussi solennelles que pour un pape, et il fut enterré, précisément, en la basilique de Saint-Clément.

 

Méthode repartait seul, mais cette fois-ci comme archevêque de Sirmium, légat du Pape.

Sur ces entrefaites, la Moravie était dans l’agitation : Svatopulk avait fait livrer son oncle Svastislav aux Germains, et Méthode fut à son tour interné en Bavière, dans un réduit glacial. Nous sommes en 870, et ce n’est qu’en 873, sur l’intervention du nouveau pape, Jean VIII, que Méthode fut libéré.

Mais Jean VIII, peut-être pour tenter une ligne médiane entre les Germains et les Slaves, voulut limiter l’usage du slavon à la seule prédication, et pas pour la liturgie. Méthode revint à Rome, où le pape fut alors convaincu : non seulement Jean VIII approuvait la liturgie ainsi que la traduction de la Bible en slavon, mais il nommait Méthode archevêque pour la Moravie, tandis que Wiching, comme évêque de Nitra et Passau, était son suffragant. 

Wiching manœuvra contre Méthode, mais dut se soumettre à la décision papale, qui confirma Méthode une nouvelle fois.

En 881, l’empereur Basile et le patriarche Photius reçurent Méthode avec honneur. Basile songeait s’inspirer de l’expérience et du succès de Méthode pour des missions en Russie, en Bulgarie, en Croatie.

Méthode, de retour en Moravie, traduisit encore d’autres textes fondamentaux en slavon. Quand il mourut, le 6 avril 885, l’office fut célébré en latin, en grec et en slavon.

 

Wiching en profita pour réaffirmer ses prétentions, mais la liturgie slave ne disparut jamais de la Moravie et de la Bohême.

Les apôtres de la Moravie furent fêtés ensemble, à différentes dates, mais désormais au 14 février, dies natalis de Constantin-Cyrille.

En 1976, le corps de ce dernier fut rapatrié à Salonique, en signe de la volonté de communion entre les Eglises latine et orientale.

Plus récemment encore, Cyrille et Méthode ont été proclamés co-patrons de l’Europe (1985), avec les italiens Benoît et Catherine de Sienne, la suédoise Brigitte de Suède, et l’allemande Edith Stein, dont on pourra lire les notices correspondantes, respectivement aux 11 juillet, 29 avril, 23 juillet et 9 août.

Le bienheureux Jean-Paul II a consacré une encyclique particulière aux saints Cyrille et Méthode : Slavorum apostoli (1985).

Ainsi, ces deux frères, fidèles au pape autant qu’au patriarche de Constantinople, furent deux témoins de l’Eglise unique dans la pluralité de ses rites et des langues.

Juan Bautista García Lopez-Rico

1561-1613

 

Fils de propriétaires aisés, Juan Bautista naquit à Almodóvar del Campo (Ciudad Real, Espagne), le 10 juillet 1561. Sainte Thérèse d’Avila annonça à ses parents que leur enfant serait un grand Saint.

Petit, il montra un zèle particulier à vouloir imiter les Pères du désert, par son silence et aussi quelques mortifications, qui finirent même par altérer sa santé.

Il étudia chez les Carmes Déchaux d’Almodóvar, puis la théologie à Baeza et Tolède, où il prit l’habit chez les pères Trinitaires, en 1580. Il fait la profession en 1581.

La philosophie, il l’étudia sous la direction de saint Simón de Rojas (voir au 28 septembre), puis il alla étudier la théologie à Alcalá de Henares et Séville.

Dans son couvent, il donna à son tour des leçons aux plus jeunes frères, se plaisant aussi à remplir les fonctions les plus humbles, comme de balayer les chambres, de faire les lits, de distribuer la soupe aux pauvres. 

Au cours d’une maladie opiniâtre que Dieu lui envoya pour le préparer aux souffrances, il supporta avec patience des opérations douloureuses, puis Dieu lui rendit miraculeusement la santé.

Ordonné prêtre, il obtint de grands succès dans son apostolat en Andalousie. Au cours de la peste de 1590, il se dépensa au service des malades.

Après dix-sept années de cette fructueuse activité, sur révélation particulière, il sortit de Ecija pour gagner un monastère de la réforme ; il rejoignit Valdepeñas, et prit le nom marial de la Concepción, puis vint à Rome pour obtenir l’approbation du pape. Il l’obtint au bout de deux années d’attente (1599).

De retour à Valdepeñas, certains religieux, récalcitrants à la réforme, ne trouvèrent rien de mieux que… d’enfermer leur supérieur dans un cachot. Fort heureusement, ces rebelles s’enfuirent et Juan Bautista put mettre en place cette réforme avec ceux qui restaient.

Il fonda divers couvents à Alcalá, Madrid, Salamanque, Baeza, Cordoue, Séville, Pampelune, Tolède. Il fut élu provincial en 1605, mais y renonça en 1609. 

Il écrivit beaucoup d’ouvrages de morale, de théologie, d’ascétique, un récit autobiographique et d’autres œuvres de théologie mystique.

Il tomba malade à Cordoue en janvier 1613, manifestant une grande joie à l’annonce de sa prochaine mort. Il reçut le Viatique à genoux, et demeura en action de grâces prosterné face contre terre. Il se fit lire le récit de la Passion et annonça qu’il allait mourir à trois heures de l’après-midi. Quand les religieux étaient en train de chanter le Credo, Juan Bautista rendit l’esprit aux mots Et incarnatus est…, le 14 février 1613.

Juan Bautista fut béatifié en 1819, canonisé en 1975.

Ses œuvres, longtemps conservées en manuscrits à la Bibliothèque vaticane, ont été éditées récemment en quatre gros volumes. Saint Juan Bautista de la Concepción est certainement le plus important auteur espagnol ascétique et mystique.

 

 

Vicente Vilar David

1889-1937

 

Vicente naquit le 28 juin 1889 à Manises (Valencia, Espagne), benjamin des huit enfants d’une famille très chrétienne. 

Les parents, Justo Vilar Arenes et Carmen David Gimeno, le firent baptiser dès le lendemain (le prêtre était le frère de la maman) ; il reçut la confirmation en 1898 et la Première communion en 1900. 

Il fréquenta le collège des Ecoles Pies à Valencia, et l’Ecole supérieure de Barcelone pour se diplômer en Ingénierie industrielle ; il se distingua par ses excellentes dispositions en physique, chimie et mathématiques.

Bien confirmé dans sa foi, Vicente montra en grandissant son souci de mettre sa vie en conformité avec sa foi, par des œuvres de charité concrètes. Il eut l’occasion, durant un voyage en Italie, d’avoir une audience auprès du pape Pie XI.

En 1922, il épousa Isabela Rodes Reig, qui l’appuya fidèlement dans toutes ses démarches, avec le même idéal.

A la mort prématurée de ses parents, il reprit avec ses trois frères l’usine de céramique familiale, Hijos de Justo Vilar (Les Enfants de Justo Vilar), puis ses frères lui en confièrent la direction, charge qu’il assuma avec un souci d’être toujours en harmonie avec son idéal chrétien, à l’écoute des besoins de tous ses ouvriers. Dans cette fabrique, les relations étaient guidées par un esprit de justice et de solidarité, qui permettait de surmonter tout conflit et toute division. Les employés étaient traités comme de vrais amis, qu’on allait même visiter, quand c’était possible, s’ils étaient malades.

Il instaura l’assurance-vieillesse et l’assurance-maladie, au grand dam des gérants de l’usine, qui le firent suspendre son travail.

Il fonda une école de céramique, pensant au futur, pionnier d’une entreprise qui devait acquérir une dimension internationale. Il collabora à la construction de l’aéroport de Valencia, à la direction technique de l’entreprise de céramique Eloy Domínguez ; il fut adjoint au maire de Manises.

Dans la paroisse, il coopéra à la catéchèse des enfants, il était membre de la confraternité eucharistique, bras droit inconditionnel du curé. Dans les premières années trente, il vint en aide efficacement aux prêtres par la création d’un Patronat d’Action Sociale.

Quand la révolution éclata en 1936, Vicente était un personnage bien en vue et qui ne pouvait pas passer inaperçu. Il était trop courageux ! Les autorités lui retirèrent sa fonction de secrétaire et professeur à l’école de céramique, parce qu’il était catholique. Ses propres ouvriers prirent sa défense.

Il devint le protecteur de son pasteur, pour l’aider et le défendre jusqu’à ce qu’il fût assassiné ; sa maison reçut des prêtres et des religieux qui cherchaient à se cacher, malgré les avertissements plus ou moins clairs qu’on lui fit. 

Un tel Chrétien gênait ; on l’arrêta. Devant la cour, où il pouvait en paroles renier sa foi pour sauver sa peau, il expliqua avec bonheur et tranquillité tout ce qu’il avait fait, précisant encore une fois que son plus haut titre était celui d’être catholique. 

Condamné à mort au soir du 14 février 1937, il pardonna encore à ses bourreaux, juste avant d’être fusillé, le soir même.

Ses ouvriers fermèrent la fabrique pendant trois jours en signe de deuil, malgré les pressions des autorités qui voulaient la faire rouvrir immédiatement ; les ouvriers répliquèrent que Vicente n’était pas seulement leur patron, mais aussi le père de chacun d’eux.

Vicente Vilar David fut martyrisé le 14 février 1937, et béatifié en 1995.

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Published by samuelephrem - dans 02-février
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