Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
16 février 2020 7 16 /02 /février /2020 00:00

16 FEVRIER

 

III.

S Honeste, de Nîmes, prêtre à Toulouse, apôtre en Navarre et Biscaye, martyr ?

IV.

Ste Iouliana, vierge à Nicomédie (ou en Campanie ?) et martyre.

Ss Elias, Ieremias, Isaias, Samuel et Daniel, égyptiens martyrs avec les ss. Pamphilus, Porphyrius et Seleucus, avec le diacre Valens, Paulus, Theodulus et Iulianus, à Césarée de Palestine ; Porphyrius, âgé de dix-huit ans, était le serviteur de Pamphilus et fut martyrisé après avoir demandé les corps des martyrs, Seleucus était le soldat qui alla annoncer la nouvelle à Pamphilus, lui-même grand ami (et professeur) de Eusèbe de Césarée et disciple admirateur d'Origène ; le vieillard Theodulus fut crucifié ; Iulianus arrivait de Cappadoce et voulut embrasser les corps des martyrs.

S Flavien, anachorète en Orient.

S Tigride, archidiacre à Clermont.

S Siméon, évêque à Metz.

Ss Macrobe, Lucille, Nundinarius et Cécilienne, martyrs en Afrique.

? S Julien, martyr en Egypte.

V.

S Marutha, évêque à Maiperqat, intermédiaire entre l’empereur romain et la Perse, où il organisa toute la chrétienté.

VI.

S Eulalius, évêque à Syracuse ; il reçut s.Fulgentius de Ruspe lors de son exil.

S Tétrade, évêque à Bourges.

IX.

S Tanton, irlandais, abbé à Amarbarie, évêque à Werden, frappé par un homme à qui il avait fait quelque reproche.

XIII.

Bse Filippa Mareri, abbesse clarisse près de Rieti.

B Nicola Paglia, dominicain italien, thaumaturge, une des premières conquêtes de s. Domingo.

XVII.

B Franciscus Tōyama Jintarō, laïc japonais martyr, béatifié en 2008.

XVIII.

B Mariano Arciero, prêtre italien, apôtre de la Calabre, thaumaturge, béatifié en 2012.

XX.

B Giuseppe Allamano (1851-1926), neveu de s. Giuseppe Cafasso, élève de s. Giovanni Bosco, prêtre fondateur de l’Institut des missions de la Consolata, béatifié en 1990.

Iuliana de Nicomédie

† 305

 

Iuliana naquit à Nicomédie (Bithynie, auj. Izmit, Turquie NW).

Bien que son père, Africanus, fût très attaché au culte des dieux romains, Iuliana put connaître très tôt le christianisme et fut même sans doute baptisée.

Africanus la promit en mariage à un certain Evilasius. Mais Iuliana ne voulait pas épouser un païen et, pour gagner du temps, fit savoir à Evilasius qu’elle l’épouserait… s’il devenait préfet de la ville. Dieu fit qu’il le devint effectivement, et Iuliana lui déclara alors formellement qu’elle ne voulait pas épouser un païen.

Africanus, puis Evilasius tentèrent par tous les artifices de la convaincre : des paroles d’amour tendre aux menaces et aux tortures, rien ne put ébranler la jeune fille.

On dit qu’Evilasius la fit fouetter, puis suspendre par les cheveux, lui fit verser sur la tête du plomb fondu, autant de supplices qui furent sans aucun effet sur elle.

Jetée en prison, Iuliana fut visitée par le Démon, déguisé en ange, qui lui suggérait d’accepter ce mariage pour rester en vie.

Evilasius tenta de la faire écarteler, mais un ange intervint et suspendit ce supplice, ce qui provoqua la conversion de beaucoup de gens.

Ce fut ensuite une immersion dans un bain de plomb fondu, qui sembla à Iuliana de l’eau tiède.

Toujours enfermé dans son opiniâtreté, Evilasius la fit décapiter. Il serait mort lui-même peu après, de noyade.

Ce martyre eut probablement lieu vers 305.

Sainte Iuliana fut très honorée en Orient, et même très tôt. Son culte se propagea en Occident à la suite de la translation de ses reliques, qui arrivèrent finalement à Naples en 1207.

Ce culte se développa ensuite tellement, qu’on a fini par supposer que Iuliana avait été martyrisée en Campanie ; il en résulta un doute pour les historiens : Iuliana de Nicomédie est-elle bien la même qu’on vénère à Naples ? Pour le Martyrologe Romain, Iuliana est une vierge martyre en Campanie.

Sainte Iuliana (de Nicomédie ?) est commémorée le 16 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Martyrs de Césarée de Palestine

309

 

Le récit du martyre de tout ce groupe est dû à l’historien Eusèbe, évêque de Césarée (263-339). 

En 309 arrivèrent dans cette ville cinq Egyptiens, qui avaient conduit en Cilicie des Chrétiens condamnés aux mines, et s’en revenaient dans leur pays. Arrêtés à l’entrée de la ville, ils durent décliner leur identité : ils étaient chrétiens ! Aussitôt mis aux fers, ils furent mis à la torture par le magistrat.

Les cinq Egyptiens, au lieu de donner le nom païen reçu dans leur famille d’origine, se donnèrent chacun le nom d’un prophète : Elias, Ieremias, Isaias, Samuel, Daniel, montrant par là leur nouvelle appartenance spirituelle.

Sommés d’indiquer leur patrie, ils répondirent : Jérusalem, leur patrie céleste, située en Orient, du côté de la Lumière et du Soleil. Torturés, flagellés, inébranlables dans leur foi, les cinq Egyptiens furent condamnés à la décapitation.

 

Vint le tour de Pamphilus : ce Syrien était né à Berytus (act. Beyrouth, Liban), avait étudié en Alexandrie, d’où il était revenu passionné d’Origène ; ordonné prêtre, il s’établit à Césarée de Palestine où il devint directeur de l’école théologique fondée là aussi par Origène ; il en développa considérablement la bibliothèque. Il eut parmi ses élèves, précisément, Eusèbe, l’historien auquel nous devons tous ces détails.

Arrêté en 307, Pamphile avait été torturé de mille façons, et laissé en prison pendant deux années, durant lesquelles il écrivit une apologie d’Origène en cinq livres. 

Après le martyre des cinq Egyptiens, Pamphile est cité, en compagnie d’un vénérable diacre, Valens, et de Paulus, qui avaient eux aussi été torturés précédemment.

Valens, dit Eusèbe, était orné d’une blanche chevelure qui convenait à sa sainteté, et connaissait les divines Ecritures comme personne. Il était diacre de l’Eglise de Jérusalem.

Paulus, était un homme tout à fait ardent, en qui bouillonnait l’Esprit, originaire de Jamnia (act. Yavne, Israël).

Ces trois soldats du Christ furent à leur tour condamnés à mort.

 

Pamphile n’était pas encore exécuté, que Porphyrius, son jeune domestique qui n’avait pas encore dix-huit ans accomplis, se présenta pour demander avec insistance qu’après la mort de son maître, ce dernier eût l’honneur d’une digne sépulture, en terre. Rendu fou furieux par cette audace, et le croyant chrétien, le magistrat condamna le garçon à la mort lente sur un petit feu. En avançant vers l’endroit du supplice, Porphyre transmettait tranquillement à ses amis ses instructions pour disposer de ses biens.

 

Un des soldats présents, Seleucus, originaire de Cappadoce, chrétien, vint annoncer à Pamphile la nouvelle du glorieux martyre de Porphyre. Il était d’habitude en grande estime auprès de ses compagnons, qui admiraient sa force, son noble caractère. Mais ils dénoncèrent Seleucus, qui fut à son tour martyrisé.

 

Vint alors se présenter un vénérable vieillard, Theodulus, un fidèle serviteur du magistrat romain, d’habitude très estimé de son maître pour son dévouement et son grand âge. Theodulus s’avança pour donner un baiser à l’un des martyrs précédents. Le magistrat n’en pouvait croire ses yeux, et condamna sur place Theodulus au supplice de la croix, comme le divin Maître.

 

Eusèbe ajoute enfin qu’il manquait une victime pour compléter le nombre douze avec les martyrs nommés ci-dessus : ce fut Iulianus.

D’origine cappadocienne lui aussi, il revenait de voyage et s’approchait de Césarée. Apprenant les événements, il s’empressa de venir vénérer les saints corps étendus par terre, les embrassa les uns après les autres d’un baiser fraternel. Aussitôt saisi et conduit au magistrat, il fut condamné sur place à la mort lente sur le feu. Transporté de joie, Iulianus reçut à son tour la couronne du martyre.

Ces événements glorieux se passèrent en 309.

Tous ces martyrs sont mentionnés au Martyrologe romain le 16 février.

 

 

Daniel

† 309

 

Voir la notice : Martyrs de Césarée de Palestine

 

 

Elias

† 309

 

Voir la notice : Martyrs de Césarée de Palestine

 

 

Ieremias

† 309

 

Voir la notice : Martyrs de Césarée de Palestine

 

 

Isaias

† 309

 

Voir la notice : Martyrs de Césarée de Palestine

 

 

Iulianus

† 309

 

Voir la notice : Martyrs de Césarée de Palestine

 

 

Pamphilus

† 309

 

Voir la notice : Martyrs de Césarée de Palestine

 

 

Paulus

† 309

 

Voir la notice : Martyrs de Césarée de Palestine

 

 

Porphyrius

† 309

 

Voir la notice : Martyrs de Césarée de Palestine

 

 

Samuel

† 309

 

Voir la notice : Martyrs de Césarée de Palestine

 

 

Seleucus

† 309

 

Voir la notice : Martyrs de Césarée de Palestine

 

 

Theodulus

† 309

 

Voir la notice : Martyrs de Césarée de Palestine

 

 

Valens

† 309

 

Voir la notice : Martyrs de Césarée de Palestine

 

Marutha

(fin IV.-début V.)

 

On ne connaît pas beaucoup de détails personnels sur ce grand évêque oriental, qui joua pourtant un grand rôle dans les rapports entre Constantinople et les Eglises perses. Quand l’on voit la difficile situation des chrétiens du Moyen-Orient, on prendra intérêt à ce saint évêque et à la situation florissante de ces chrétientés dans les premiers siècles.

Le nom de Marutha est araméen. L’orthographe du nom de cet évêque a pu différer : Maruta, Marutha, Maruthâ, Maroutha. Le Martyrologe Romain écrit Maruthas. 

Peut-être vit-il le jour dans une zone d’influence perse, donc à l’extrême orient de l’Empire romain. Il étudia la théologie et la médecine.

On le trouve au synode de Side (382-383), organisé par Flavien archevêque d’Antioche contre les messaliens ou euchites, des vagabonds qui priaient et ne travaillaient point. Marutha y porte le titre d’évêque de Sophene, région au sud-ouest de l’Arménie. Il est difficile de déterminer le nombre et les dates de ses missions en Perse.

Les empereurs romains, une fois chrétiens, avaient accoutumé d’orner d’un prélat leurs ambassades à la cour sassanide. On choisissait de préférence un évêque de Mésopotamie, bien au courant des affaires persanes à cause des relations fréquentes de voisinage. Il pouvait prendre langue avec ses coreligionnaires araméens vivant au-delà de la frontière ; il les sondait sur les menées et les projets du prince sassanide. 

C’est comme “évêque de Mésopotamie” qu’il vint au synode du Chêne, près de Chalcédoine (été 403). On ne sait au juste pourquoi il s’y prêta, en apparence, sinon de cœur, aux menées de Théophile d’Alexandrie et de saint Epiphane contre saint Jean Chrysostome. Il pensait sans doute, dans un premier temps, obtenir la protection des chrétiens dans cette immense empire sassanide, et dans un second temps faire rapidement cesser l’exil du Chrysostome. Cette attitude lui valut en tout cas les bonnes grâces du gouvernement et une mission en Perse. 

De son côté, saint Jean Chrysostome exilé écrivait à sa fidèle Olympias, vers la fin de 404 : N’abandonnez pas l’évêque Marutha, veillez sur lui autant que vous le pouvez pour le tirer de l’abîme. J’ai très grand besoin de lui dans les affaires de Perse. Tâchez d’apprendre de lui, si possible, ce qui s’est fait là-bas grâce à lui, pourquoi il est revenu et indiquez-nous si vous lui avez transmis les deux lettres que je lui ai envoyées… On voit ici avec quelle charité saint Jean Chrysostome considérait Marutha, le rejoignant en quelque sorte dans le souci commun du bien des fidèles.

Marutha sut se gagner l’estime du monarque perse : il l’aurait délivré de maux de tête opiniâtres, ou bien il aurait libéré son fils d’un démon. Ce qui est sûr, c’est qu’il inclina le sassanide, Iazdgerd, à une politique favorable aux chrétiens et put ainsi réorganiser l’Eglise de Perse au moyen du concile de Séleucie (410). Les mages, jaloux du crédit de Marutha, firent entendre une voix au moment où le roi venait adorer le feu, disant qu’il fallait chasser ce prince ami d’un pontife chrétien. Marutha conseilla au roi de faire creuser à l’endroit où la voix s’élevait. Le roi s’aperçut ainsi que ce n’était pas le feu qui parlait, mais un homme caché en un caveau. Il décima les mages et permit à Marutha de bâtir toutes les églises qu’il voudrait. 

Iazgerd était un politique avisé qui jugea prudent de se concilier les nombreux chrétiens qui habitaient son vaste royaume. Il concéda à Marutha une sorte de concordat. Malheureusement, à la fin de sa vie, il n’hésita point à persécuter ces chrétiens quand ils lui parurent gênants.

Au concile de Séleucie, Marutha se présenta nanti de trois lettres des “Pères occidentaux”. On adopta les canons de Nicée. Deux officiers du Roi des Rois demandèrent qu’Isaac fût primat et mirent le bras séculier au service d’Isaac et de Marutha pour faire respecter les décisions du concile. On se sépara en remerciant le Roi des Rois et en décrétant des prières publiques. 

Marutha pouvait être heureux du changement qu’il avait obtenu en si peu de temps. L’Eglise, hier persécutée et divisée, était maintenant protégée par la Porte Royale. Une hiérarchie organisée allait appliquer les règles canonisées dans le monde romain. La foi de Nicée unissait toutes les chrétientés syriennes. Plus de liturgies privées à domicile ; une église par paroisse, un évêque par diocèse (environ trente), un métropolitain par province (cinq), et un chef, le catholicos des villes royales, Séleucie-Ctésiphon.

Notre Evêque embellit sa ville épiscopale, Maïperqat, très probablement l’ancienne Tigranocerte, que l’on devait appeler Martyropolis à cause des nombreuses reliques de martyrs perses qu’il y apporta. Il la dota d’églises, l’entoura de murailles. La cité fut séparée du diocèse de Sophene.

Marutha fut donc un négociateur persuasif, éminent agent de liaison entre Constantinople et Séleucie. 

En Orient, on le fête le 16 ou 17 février ; en Occident, on l’avait commémoré curieusement le 4 décembre, mais les récents contacts entre les Eglises catholique et orthodoxe ont fait adopter une date unique, ce qui fait que Marutha est mentionné maintenant au 16 février.

 

 

Filippa Mareri

1190-1236

 

Filippa naquit à Mareri (Borgo San Pietro, Rieti (Latium, Italie C), dans une famille noble et riche. Elle eut deux frères, Gentile et Tommaso.

La petite fille avait une intelligence vive : elle étudia le latin avec facilité et plaisir, et pouvait lire l’Ecriture dans le texte, heureuse ensuite de s’exercer à appliquer ce qu’elle y avait appris.

Elle y fut vivement encouragée encore par Francesco d’Assise (v. 4 octobre), qui fut reçu par ses parents ; désormais sa décision était prise et, lorsque les parents lui parlèrent d’un heureux parti, elle répondit qu’elle n’avait d’autre époux que Jésus-Christ.

Les tentatives de la faire désister, en particulier par son frère Tommaso, ne firent que confirmer sa volonté : elle se coupa les cheveux, s’habilla pauvrement et s’en alla avec quelques autres personnes sur la proche montagne de Mareri, pour y mener la vie érémitique, en attendant de connaître mieux la volonté de Dieu. De 1225 à 1228, elles vécurent dans ce qu’on appelle encore aujourd’hui la Grotte de sainte Filippa.

Or, Tommaso regretta son attitude et vint spontanément demander pardon à sa sœur. Il lui proposa une église dont il avait le bénéfice et s’engagea à faire remettre en état un monastère abandonné. Filippa y vit le doigt de la Providence.

Elle songea immédiatement à la règle franciscaine et le couvent se développa assez rapidement. Elle en devint la première abbesse. Leur aumônier fut le bienheureux Ruggero de Todi (v. 5 janvier), par volonté du Francesco d’Assise lui-même.

Les Clarisses s’occupaient à louer le Créateur, à étudier l’Ecriture, et à confectionner des remèdes pour les malades.

Sévère pour elle, compatissante pour les autres, Filippa considéra toujours comme une faveur du ciel les douleurs dont elle fut accablée. Dieu accorda à ses prières le retour de plus d’un pécheur.

Avertie du jour de son rendez-vous avec l’Eternité, elle l’annonça trois jours avant aux Clarisses et expira doucement, le 16 février 1236, son dies natalis.

Le culte envers Filippa commença immédiatement. Filippa fut ainsi la première Clarisse honorée d’un culte public, étant morte une vingtaine d’années avant Chiara d’Assise (v. 11 août). En 1247, le pape nommait déjà sainte Filippa, de même que récemment Benoît XVI en 2007, tandis que le Martyrologe la considère bienheureuse.

 

 

Nicola Paglia

1197-1256

 

Nicola était né en 1197 à Giovinazzo (Bari, Italie S) de Biagio et Caterina, des parents nobles et bons chrétiens, quoique cette appartenance ait été parfois contestée. Il eut deux sœurs : Colletta et Angelica.

Disons tout de suite que le vrai prénom de Nicola était sans doute Nicolò.

Il était encore petit quand un ange vint lui enjoindre de ne jamais manger de viande pour s’habituer à l’abstinence perpétuelle qu’on observait dans l’Ordre où il serait entré plus tard.

Venu à Bologne (ou à Padoue) pour ses études, il y entendit prêcher Domingo de Guzmán (v. 6 août). Sans attendre, il se présenta au saint Fondateur au pied de la chaire et lui demanda l’habit. Domingo eut l’inspiration d’accepter immédiatement ce nouveau fils, en qui il vit les excellentes dispositions. C’était vers 1220.

Nicola fit le noviciat à Canusia. Durant cette période se produisit un des (premiers) miracles de Nicola : il se promenait avec des confrères et rencontra une brave femme dont un bras était paralysé. Nicola lui adressa la parole gentiment (et en fut blâmé par les confrères, car «un novice n’a pas le droit de parler à une personne laïque», mais Nicola répliqua qu’il le faisait par charité) ; il dit à la femme : Confiance, Dieu peut te guérir ! et la femme : Oui, je le crois, qu’Il peut me guérir. Et Nicola : Ta foi te vaudra la guérison, au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. La femme s’en alla, guérie sur le champ.

Après son noviciat, Nicola fut choisi comme compagnon de ses missions par Domingo. Il apprit donc de Domingo lui-même l’art de prêcher et de toucher le cœur des fidèles. Domingo appréciait particulièrement la candeur d’âme de Nicola. 

Il prêcha en beaucoup de villes d’Italie, attirant les pécheurs à la conversion, suscitant beaucoup de vocations, et complétant ce travail apostolique par des miracles éclatants, par exemple la résurrection d’un bébé tombé dans un puits.

En 1224, il fonda le couvent de Trani.

Nommé en 1229 provincial pour tout le sud de l’Italie, il fonda d’autres couvents encore. On lui attribua, mais pas toujours avec documentation précise, ceux de Brindes, Matera et Lucera, Arezzo, Orvieto.

Il existe une correspondance entre Nicola et le successeur immédiat de s.Domingo, Jordan de Saxe (v. 13 février).

En 1231, le pape le chargea, avec deux autres Frères, de visiter et réformer une abbaye à Sienne tant en la personne de son chef que de ses membres. Il qualifiait ces trois Dominicains dignes d’estime pour leur vie honnête, leur science et leur prudence.

En 1233, Nicola fonda le couvent de Pérouse, avec un de ses jeunes convertis, Cristiano de Pérouse, sur mandat de Jordan de Saxe.

Cette même année, Nicola participa à la translation du corps de s.Domingo à Rieti en vue de sa canonisation, en 1234.

Toujours en 1234, le pape Grégoire IX le chargea de prêcher la croisade.

Nicola insistait auprès des Religieux sur la nécessité de la charité fraternelle et leur raconta que, peu de temps auparavant, lui était apparu l’un d’eux, qui était mort récemment ; il lui demandait pardon de l’avoir offensé ; Nicola, humblement, lui répondit qu’il fallait demander pardon à Dieu, pas à lui, mais il lui répondit que le Seigneur exigeait cette réparation pour obtenir miséricorde et ajoutait : Tu vois, frère Nicoló, comme c’est grave et dangereux d’offenser son prochain, et encore plus de ne pas le consoler après l’avoir offensé.

On n’a pas de documentation sur les vingt années 1235-1255, concernant Nicola. En 1255, il fut à nouveau élu provincial, mais il n’acheva pas ce mandat. C’est probablement durant ces quelques mois qu’il organisa dans ses couvents l’étude de l’Ecriture Sainte et l’établissement d’une Concordance biblique, mettant en parallèle les passages de l’Ecriture concernant un même sujet.

Après plus de quarante années de cette intense activité apostolique, Nicola se retira dans le couvent de Pérouse. Il eut encore une apparition, d’un ancien ami dominicain nommé Raone Romano, qui lui annonça de la part de Notre-Dame, sa mort prochaine. 

Il mourut un jour de février 1256, le 16 d’après le Martyrologe Romain (le 11 février 1265, d’après une ancienne chronique). 

Parmi les miracles qu’on lui attribua ensuite, fut celui d’une petite fille tombée d’une hauteur de plusieurs mètres sur des pierres et des bûches de bois ; le papa la confia sur le champ à Nicola : l’enfant se réveilla et se mit à jouer du clavecin. Il y eut aussi le cas d’un enfant mort-né qui, consacré à Nicola, reprit vie et vécut longtemps.

Le culte de Nicola fut confirmé en 1828.

 

 

Franciscus Tōyama Jintarō

1600-1624

 

Franciscus était né vers 1600 à Yamanashi (Japon).

C'était un laïc du diocèse de Funai.

Il fut martyrisé à Hiroshima le 16 février 1624, approximativement à vingt-quatre ans, l’âge d'autres grands Saints comme Louis de Gonzague, Thérèse de Lisieux, Gabriel de l'Addolarata...

Franciscus Tōyama Jintarō fait partie des cent quatre-vingt-huit Japonais martyrs, béatifiés ensemble en 2008.

 

Mariano Arciero

1707-1788

 

Mariano Arciero naquit à Contursi (Salerno, Italie du sud), des pieux parents Mattia et Autilia Marmora, de modestes cultivateurs.

Dès l’âge de huit ans, Mariano (qui portait bien son nom marial) se fit remarquer pour sa profonde dévotion envers la Mère de Dieu, qu’il appelait «jolie Maman», ainsi que pour ses qualités intellectuelles vives et son tempérament docile.

Il dut bientôt laisser ses moutons et sa maison pour accompagner à Naples son précepteur, Emanuele Parisi, qui devint son guide pour ses études et sa formation, tant morale que spirituelle. L’influence fut tellement bonne qu’une fois prêtre, don Emanuele put conduire son élève au séminaire et au sacerdoce, que Mariano recevra en 1731.

Le clergé napolitain remarqua bien vite cette «bibliothèque de Dieu», comme on appela Mariano, tant étaient grands non seulement son savoir théologique, sa connaissance des Ecritures, et ses connaissances dans les sciences humaines, mais aussi son zèle à répandre l’Evangile.

Don Mariano fut bientôt appelé en Calabre pour y prêcher. Il y restera vingt années comme missionnaire et pèlerin de l’Evangile, ramenant le clergé à la sainte discipline, faisant édifier des églises où il travaillait comme un ouvrier parmi les autres.

Le jeune prêtre passait jusqu’à six heures par jour à la catéchèse des petits et des adultes. Il écrivit pour eux un petit livre, qui sera édité cinq fois : «Pratique de la Doctrine chrétienne, en douze instructions et dialogues». On l’appela l’apôtre de la Calabre.

Revenu dans le diocèse de Naples, il fut chargé par l’archevêque de la prédication et de la catéchèse, en même temps que de la direction spirituelle du Séminaire et de la Congrégation de l’Assomption.

Là comme précédemment, don Mariano se montra fervent de l’Eucharistie et de la très sainte Vierge Marie.

Les souffrances ne l’épargnèrent pas et même, plutôt, l’accompagnèrent pendant plus de cinquante ans. Il vivait très pauvrement, s’habillait modestement, et donnait aux autres les aumônes qu’il recevait pour lui-même ; il mangeait peu, dormait peu.

Comme il l’avait annoncé plusieurs fois, il mourut à ce monde terrestre le 16 février 1788. A ce moment-là était présente une sainte religieuse, qui est maintenant sainte Maria Francesca des Cinq Plaies (voir au 6 octobre) ; celle-ci témoigna : «J’ai vu l’âme de don Mariano transportée aux cieux. Elle était entourée de deux anges, qui portaient deux couronnes : Jésus et la très Sainte Marie, qui le bénirent».

Les prodiges qui s’étaient déjà manifestés durant la vie sur terre de don Mariano, continuèrent après la mort. L’examen de sa cause s’ouvrit au siècle suivant. Pie IX en disait qu’il était un très fidèle outil de Dieu pour le bien de l’Eglise.

Un nouveau miracle survenu en 1954 aboutit à la béatification de don Mariano, qui eut lieu en 2012.

 

 

Giuseppe Allamano

1851-1926

 

Giuseppe naquit le 21 janvier 1851 à Castelnuovo d'Asti (Piémont, Italie), dans une famille profondément chrétienne d'agriculteurs.

Il est orphelin de père à trois ans.

Sa mère est la sœur de saint Giuseppe Cafasso (voir au 23 juin). Le petit Giuseppe va étudier à Valdocco, à l'oratoire de saint Giovanni Bosco (voir au 31 janvier), qui est son confesseur.

Après ses études au séminaire, il est ordonné prêtre pour le diocèse de Turin, en 1873.

Il est d'abord nommé co-directeur du séminaire et directeur spirituel des séminaristes, puis en 1880 recteur du sanctuaire de la Consolata : ce sanctuaire abrite une très ancienne icône de la Vierge à l'Enfant, de style byzantinisant, retrouvée sur révélation céleste par un aveugle de Briançon au 11e siècle dans les décombres d'une ancienne chapelle en ruines. L'aveugle guérit de sa cécité et le peuple turinois eut désormais une grande dévotion à cette Vierge de la Consolation. 

La Sainte Vierge sera ainsi le “moteur” de toute l'œuvre missionnaire de Giuseppe Allamano.

Il rouvre et anime le Convitto Ecclesiastico, qu'avait fondé son oncle Cafasso pour compléter la formation des jeunes prêtres, et publie le premier bulletin du Sanctuaire en 1898, un travail d'avant-garde pour l'époque.

En 1901, il fonde l'Institut des Missions de la Consolata, dont les premiers missionnaires partiront dès 1902 pour le Kenya. Puis il demande à son ami Giuseppe Cottolengo (voir au 30 avril) de faire assister ces missionnaires par les Sœurs Vincentiennes fondées par ce dernier. Finalement, sur l'invitation du pape, il fonde en 1910 la branche féminine du même Institut.

Ce qu'il demande à ses missionnaires, c'est la sainteté !

Un de ses apophtegmes est celui-ci : 

Le bien fait peu de bruit ; beaucoup de bruit ne fait pas de bien ; le bien, il faut le faire bien et sans bruit.

Dès 1912, avec d'autres prêtres, il signale au pape le peu de connaissances que les fidèles et même le clergé ont des missions, et demande une journée de sensibilisation. Cette journée sera instituée en 1926 : c'est le dernier dimanche du mois d'octobre.

Les missionnaires de l'Institut de la Consolata sont environ deux mille, répartis dans vingt-cinq pays du monde entier.

Giuseppe Allamano meurt à Turin le 16 février 1926 et sera béatifié en 1990.

Partager cet article

Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de samuelephrem
  • : Plus de 9000 notices de Bienheureux et Saints. Ont été successivement illustrés : - Les personnages bibliques de l'ancien et du nouveau Testaments. - Tous les Saints et Bienheureux reconnus, depuis les débuts de l'Eglise jusqu'aux derniers récemment proclamés. En outre, des commentaires pour tous les dimanches et grandes fêtes (certains devant être très améliorés). Sur demande, nous pourrons vous faire parvenir en plusieurs fichiers pdf l'intégralité du Bréviaire romain latin, "LITURGIA HORARUM", qui vous permettront d'éviter beaucoup de renvois fastidieux, notamment pour les périodes de Noël et Pâques. Les textes sont maintenant mis à jour selon le nouveau texte de la Nova Vulgata (ed. 2005). Nous avons aussi le Lectionnaire latin pour toutes les fêtes du Sanctoral, sans renvois, également mis à jour selon le texte de la Nova Vulgata. Bienvenue à nos Lecteurs, à nos abonnés, avec lesquels nous entamerons volontiers des échanges. Bonne visite !
  • Contact

Recherche

Pages

Liens