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18 février 2020 2 18 /02 /février /2020 00:00

18 FEVRIER

 

III.

Ss Léon et Parégoire, martyrs à Patare.                                                                                                                                       

Ss Maxime, avec son frère Claude, son épouse Prépédigne et leurs enfants Alexandre et Cutias, martyrs à Ostie, apparentés à Dioclétien.

? Ss Lucius, Silvain, Rutule, Classique, Secondin, Fructule et Maxime, martyrs en Afrique.

IV.

Stes Constance, fille (ou nièce) de Constantin, et ses compagnes, Attique et Artémie, vierges à Rome. 

S Légonce, évêque à Metz.

S Sadoth (Schiadustes), évêque à Séleucie et Ctésiphon, martyr avec cent-vingt-huit membres de son clergé.

VII.

S Eladio, moine à Agali, évêque à Tolède.

S Colman, écossais, évêque à Lindisfarne, puis abbé à Inibofin, où les moines écossais et saxons ne s’entendaient pas, de sorte qu’il fonda un monastère pour saxons à Mayo.

IX.

S Tarasios, nommé encore laïque évêque à Constantinople ; il convoqua un concile pour condamner l’iconoclasme et resta en profonde union avec Rome. 

S Angilbert, grand seigneur et secrétaire de Charlemagne, abbé à Centule, surnommé Homère pour sa culture littéraire. 

XII.

S Teotónio, archiprêtre à Viseu, fondateur d'une congrégation de chanoines réguliers à Coimbra, premier Saint du Portugal.

XV.

B Guido di Pietro (Giovanni da Fiesole, Fra Angelico), dominicain à Florence, mystique, peintre, béatifié en 1982.

XVI.

B William Harrigton, prêtre anglais, martyr à Tyburn.

XVII.

B John Pibush, prêtre anglais, martyr à Southwark.

XIX.

S François-Régis Clet, de Grenoble, lazariste, martyr par la strangulation, un des premiers saints de Chine, canonisé en 2000 et fêté avec tous ses compagnons le 9 juillet.

Ss Jean-Pierre Néel, lyonnais, missionnaire en Chine, martyr avec deux catéchistes Mading Wu Xuesheng et Ruowang Zhang Tianshen, et un néophyte Ruowang Chen Xianheng, canonisés en 2000 et fêtés le 9 juillet.

XX.

Ste Caterina Comensoli (Maria Geltrude du Très Saint Sacrement, 1847-1903), fondatrice des Sacramentines de Bergame, pour l’adoration perpétuelle, béatifiée en 1989, canonisée en 2009.

B Jerzy Kaszyra (1904-1943), prêtre marianiste polonais, martyr en Biélorussie,  béatifié en 1999.

Shahdost de Séleucie

† 342

 

Sadoth (ou Sciadhustes, «ami du roi») était prêtre dans le diocèse de Séleucie-Ctésiphon (sud de Bagdad, Irak).

En 325, le onzième évêque de ce siège était Shimun Bar Sabba’e (v. 17 avril) qui, ne pouvant se rendre au concile de Nicée, y envoya son prêtre Shahdost (habituellement écrit chez nous Sadoth).

Au retour, celui-ci lui apportait la décision prise durant ce concile, de nommer Shimun métropolitain pour toute la Perse.

Shimun fut martyrisé en 341. On lui donna comme successeur Sadoth.

Au printemps de 342, Sadoth eut une vision dont il fit part à son clergé ; il le convoqua avec la discrétion nécessaire car la persécution sévissait encore, et leur dit ceci : 

La nuit dernière, j’ai vu en songe une échelle brillante dont le sommet atteignait le ciel. Tout en haut se tenait l’évêque Shimun, environné de gloire ; quant à moi, j’étais à terre tout en bas. ‘Sadoth, me dit-il d’un ton qui exprimait son bonheur et sa joie, monte jusqu’à moi, ne crains rien, je suis monté hier, à ton tour aujourd’hui !’ J’ai cru comprendre dès lors que j’étais appelé à confesser le Christ ; l’an passé, Shimun a subi le martyre, je dois le subir cette année et être livré à la mort.

Quand le roi Sapor arriva à Séleucie, il se fit amener Sadoth avec cent-vingt-huit membres de son clergé, prêtres, diacres, moines, vierges, qu’il fit charger de chaînes et jeter en prison, pendant cinq mois.

Pendant cette longue détention, les gardiens ne cessaient de les tourmenter, et de les inviter à adorer le soleil. 

A la fin, le roi prononça contre eux la sentence de mort, que tous les prisonniers reçurent avec l’expression de la plus grande joie.

Sur le chemin qui les conduisait au supplice, ils chantaient le verset du psaume : Juge-moi, Seigneur, sépare ma cause de la nation impie ; arrache-moi de l’homme inique et fourbe, car c’est toi qui es le Dieu de mon refuge (Ps 42:1-2). Sur le lieu du supplice, le chant continuait et ne s’acheva qu’avec la mort du dernier martyr.

Sadoth fut conduit en une autre localité, Beth Lapat (plus tard Gundishapur, proche de Shahabad et Dezfoul, province du Khouzistan en Iran SW), ce qui représente une distance d’environ cinq cents kilomètres, que l’évêque n’a certainement pas parcourus dans un carosse confortable. 

C’est donc là qu’il fut décapité, en l’an 342.

Saint Sadoth de Séleucie est commémoré le 18 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eladio de Tolède

566-633

 

Eladio (ou Heladio) naquit vers 566 en Espagne, issu d’une famille princière.

Jeune, il recouvra des charges importantes à la cour des rois goths d’Espagne, comme de gouverneur de la province de Cartagena ; il fut membre de l’Aula Regia sous Sisebuto, ce roi qui fit construire l’église Sainte-Léocadie à Tolède.

Eladio aurait exprimé au roi sa préférence pour l’expulsion des Juifs du royaume : ceux-ci n’étaient pas nombreux alors, et pouvaient être montrés du doigt par des Chrétiens, tandis que, s’ils se rapprochaient d’autres coreligionnaires, ils pouvaient, pensait Eladio, se soutenir et s’entraider.

De temps en temps, Eladio s’arrêtait au monastère d’Agali et prenait part aux travaux des moines. Il finit par y rester : il prit l’habit et émit la profession ; c’était peut-être un monastère bénédictin. En 605, Eladio fut élu abbé.

En 615, il fut nommé archevêque de Tolède, à quarante-neuf ans. Pendant les dix-huit années de son épiscopat, il donna l’exemple de toutes les vertus, particulièrement de la générosité envers les pauvres.

Eladio mourut en 633.  Certains avancent qu’il démissionna peut-être quelques années plus tôt de sa charge épiscopale pour se retirer dans le silence du monastère.

Saint Eladio est commémoré le 18 février au Martyrologe Romain, qui ne parle pas de cette éventuelle démission.

 

 

Tarasios de Constantinople

730-806

 

Tarasios (devenu Taraise en français) naquit vers 730 à Constantinople, de famille patricienne. Son père Georgios était éparque, haut magistrat, connu pour son intégrité ; sa mère, Encratia, était un modèle de piété.

Le jeune homme grandit donc dans une ambiance favorable au développement de la vertu et de l’honnêteté. Il devint consul, puis secrétaire d’état sous l’impératrice Irini et son fils Constantinos.

Il faut rappeler ici que le patriarche de Constantinople, Paulos IV, avait eu la faiblesse de pencher du côté des iconoclastes ; mais en 784, une forte maladie le fit réfléchir et, plein de remords, il décida de se retirer dans le monastère de Florus. Il se jugeait digne d’être frappé d’anathème par les autres patriarches, et craignait le jugement de Dieu. Il désigna comme remplaçant Tarasios lui-même.

L’élu protestait : il n’était que laïque, n’avait aucune formation pour cette charge… Rien à faire, tous n’avaient d’yeux que pour lui. Il mit alors une condition : il faudrait réunir un concile général pour proclamer la foi catholique et consolider l’union des Eglises, déchirées par l’hérésie iconoclaste.

Tarasios fut donc sacré le jour de Noël 784 : à  cette date, l’Eglise n’était pas encore divisée par le déplorable schisme, et les fêtes étaient les mêmes en Orient et en Occident. On fêtait donc Noël le 25 décembre.

Il eut le souci de se mettre immédiatement en contact avec le pape Adrien Ier, lequel d’un côté déplora qu’on eût enfreint aux saints canons en élisant un laïque, d’autre part cependant reconnut là la volonté de Dieu.

Nouvel Ambroise (v. 7 décembre), Tarasios se mit entièrement à l’étude des Ecritures et des Pères pour être à même de bien exercer sa mission. Il se donna tout entier aux veilles, à la prière fervente ; il chercha à n’imiter que le Christ, dont il se sentait le serviteur : il ne souffrait pas de recevoir les services les plus ordinaires. Humble et généreux, il distribuait tout ce qu’il pouvait aux pauvres et pourvut des hôpitaux. Il fit construire à ses frais un monastère sur le Bosphore.

En 786, le concile si ardemment désiré s’ouvrit à Constantinople, mais à cause d’une faction d’iconoclastes qui vint perturber sérieusement l’ouverture de la première session, on se transporta à Nicée. L’hérésie condamnée, Tarasios se montra particulièrement prudent envers les responsables hérétiques : il les ré-admit dans la communion en les confirmant à leurs sièges respectifs. Le concile condamna à nouveau également la simonie.

Ces bons résultats ne suffisaient pas à Tarasios. Il rencontra aussi des difficultés. C’est ainsi qu’il refusa catégoriquement d’annuler le premier mariage de Constantinos, mais n’osa pas condamner le prince ; il condamna cependant le prêtre qui avait osé bénir le second mariage. Finalement, la mort de Constantinos effaça le scandale.

Les dernières années de Tarasios se passèrent dans le calme, mais la maladie l’attaqua. Il la supporta patiemment, comme une épreuve purificatrice. Il célébra la Messe jusqu’à la fin. Quelques jours avant sa mort, un témoin l’entendit, en extase, discuter avec les démons, qui fouillaient dans toute sa vie pour y trouver quelque manquement grave : mais Tarasios répondait calmement et retrouva finalement la paix.

Il s’endormit le 18 février 806 et fut enseveli dans le monastère qu’il avait fait construire.

Saint Tarasios est commémoré le 18 février au Martyrologe Romain.

 

 

Angilbert de Saint-Riquier

740-814

 

Angilbert (ou Angilberk) était né vers 740 ; son père était bien en vue à la cour, et sa mère, Richarde, était la petite-fille de Charles Martel.

Angilbert fut élevé au palais royal, élève et ami d’Alcuin ; il devint si érudit, qu’on le surnomma l’Homère de la cour. Il reçut aussi les ordres mineurs, car il était destiné à l’état ecclésiastique. Charlemagne en fit l’un de ses secrétaires.

En suite de quoi, Charlemagne l’envoya en 782 comme ministre (intendant) du jeune Pépin, nouveau roi des Lombards, avec qui Angilbert se lia d’une grande amitié et qu’il conseilla dans le gouvernement de l’Italie.

Revenu en France en 791, il fut nommé gouverneur du Ponthieu, et c’est à ce moment qu’il s’établit à Centula, près de l’abbaye fondée par saint Riquier (v. 26 avril). 

En 792 toutefois, Charlemagne l’envoya comme ambassadeur à Rome pour accompagner Felix d’Urgell qui devait abjurer son erreur devant le pape. A nouveau, en 795, Charlemagne le chargea de porter au pape un mémoire au sujet du récent deuxième concile de Nicée (787) et du culte des saintes images. Une troisième fois, en 799, Angilbert partira à Rome, accompagnant Charlemagne pour son sacre.

Mais Angilbert n’avait pas encore ressenti d’attrait particulier pour l’état ecclésiastique. Il «épousa» (le mot reste plus ou moins contesté) la fille de Charlemagne, Berthe, dont il eut deux enfants, Hartnid et Nithard. Gravement frappé par une maladie qu’il considéra comme une punition, il fit vœu d’entrer à l’abbaye s’il guérissait ; avant d’accomplir son vœu, il dut défendre ses terres contre les envahisseurs Vikings puis, reconnaissant à saint Riquier de lui avoir donné et la guérison et la victoire, se retira dans l’abbaye. Berthe, de son côté, fut bannie de la cour en 814 et se retira à son tour dans une abbaye.

Les moines remarquèrent la réelle humilité d’Angilbert et ses pénitences austères : la conversion était réelle. En 794, ils le nommèrent abbé, mais Angilbert restait «laïc» : il devait seulement «diriger» l’abbaye. De fait, Angilbert disposa de sa fortune personelle pour reconstruire toute l’abbaye, y fit venir d’autres vocations, développa abondamment la bibliothèque, mais aussi rétablit l’observance de la Règle primitive, rehaussa la solennité des célébrations, et pourvut l’abbaye d’un grand nombre de reliques. Charlemagne visita cette abbaye en 800.

Curieusement, c’est vers cette date de 800 que les historiens situent la naissance des deux fils d’Angilbert Il semble que cette datation ne coïncide pas avec les autres éléments de la biographie.

On a retrouvé d’Angilbert des poèmes, une épopée, où l’on discerne sa grande culture des auteurs latins. Il fut membre de l’Académie Palatine.

En 811, il signa le testament de Charlemagne, dont il devait être l’exécuteur testamentaire, mais il mourut peu après Charlemagne lui-même, le 18 février 814, avec de profonds sentiments d’humilité et de componction.

Selon sa volonté, il fut enterré près de la porte de l’abbaye, où de nombreux miracles se produisirent. Son fils Nithard, devenu historien et à son tour abbé laïc de Saint-Riquier, affirma que le corps d’Angilbert fut retrouvé intact quelques années après son enterrement.

Angilbert n’a pas été formellement canonisé, mais est mentionné par le Martyrologe au 18 février.

Teotónio de Coimbra

1082-1162

 

Teotónio vit le jour vers 1082 à Ganfei (Valença, Portugal) de Oveco et Eugenia, des parents pieux et aisés.

Cette famille comptait déjà deux prêtres, oncles de Teotónio.

L’un de ceux-ci était abbé du proche monastère bénédictin de Tuy, auquel fut confiée l’éducation de Teotónio. Quand il fut nommé évêque de Coimbra (1092), il prit avec lui Teotónio et le confia à son séminariste, Tello.

En 1098, Teotónio alla à Viseu, où son autre oncle était doyen du chapitre cathédral. Teotónio fut ordonné prêtre, peu avant 1109, et fit partie du chapitre de Viseu.

Il fut bientôt nommé archiprêtre de cette ville. Il suspendit son activité pour faire le pèlerinage de Jérusalem. Au retour, il reprit ses activités dans la prédication et le soin des pauvres. Chaque vendredi il célébrait la Messe pour les âmes du Purgatoire, puis organisait une procession au cimetière.

Une deuxième fois, il partit pour la Terre Sainte, avec des paroissiens cette fois-ci. La traversée fut longue et périlleuse, mais on accosta enfin à Joppé ; on alla sur la tombe de s. Georges (v. 23 avril) à Lydda, puis à Nazareth, au Mont Thabor, à la tombe de s. Jean-Baptiste (v. 24 juin), à Jérusalem et au Mont des Oliviers, Béthanie et Bethléem, enfin Capharnaum et le Lac de Galilée, où s’acheva le pèlerinage.

A la suite de ce long périple en Palestine, la dévotion de Teotónio envers la Passion s’accrut et le poussa à fonder un Ordre religieux qui aurait suivi la règle de saint Augustin (v. 28 août). Le premier monastère s’établit à Coimbra, où Tello, le jeune séminariste devenu archidiacre, acheta le terrain. Le monastère fut béni en 1132, et déjà soixante-douze moines y vivaient, sous la direction de Teotónio.

Le roi Afonso Henriques avait une grande confiance en Teotónio, aux prières duquel il attribuait sa victoire à Ourique. Mais le prêtre restait impartial et sut adresser ses reproches à la reine et son amant.

Plusieurs fois, il fut préconisé pour l’épiscopat à Viseu ou Coimbra, mais il refusa. Un jour que la reine lui objectait que la Messe était trop longue, il répondit poliment que la Messe était offerte à un Souverain plus grand qu’elle et qu’elle était bien libre d’y être ou de s’en aller.

En 1152, Teotónio renonça à toutes ses charges et se retira dans le silence de son monastère, uniquement préoccupé de sa propre sanctification. Saint Bernard de Clairvaux (v. 20 août), informé de ses saints mérites, lui envoya une crosse pastorale.

Teotónio mourut le 18 février 1162. Le roi Afonso I dit alors : Son âme sera plus vite au Ciel que son corps porté en terre.

Il aurait été canonisé dès 1163, premier Saint du Portugal.

En 2000, une Confraternité de Saint Teotónio fut fondée sous l’égide de Miguel de Bragança, duc de Viseu et Infant du Portugal, pour des hommes désireux de défendre les valeurs chrétiennes.

 

 

Guido di Pietro

1395-1455

 

Guido naquit vers 1395 à Vicchio (Mugello, Toscane, Italie centrale) de Pietro, son père (d’où son nom). Son petit frère, Benedetto, fut aussi religieux.

Après avoir reçu une formation artistique à Florence, il fut vite connu comme peintre, miniaturiste, habile utilisateur du bleu lapislazzuli et de l’or en feuille : ces pigments rares et coûteux étaient soumis à des contrôles rigoureux quant à la quantité utilisée.

En 1418 ou peu après, Guido entra dans l’Ordre dominicain à Fiesole, où il émit les vœux et porta désormais le nom de Giovanni de Fiesole.

Il fut ordonné prêtre vers 1427-1429.

On a retrouvé des documents d’archives où il figure parmi les membres du chapitre dominicain, une fois aussi comme vicaire du prieur absent ; une autre fois comme expert pour décider du salaire à attribuer à un autre artiste.

Ses œuvres le firent vite connaître et on lui commanda divers travaux.

En 1438, les Dominicains se déplacèrent de Fiesole à San Marco de Florence. Frère Giovanni fut appelé alors à Cortona par le grand mécène Cosimo de’ Medici, puis habita au couvent de Florence jusqu’en 1445.

Cette année-là, il fut même proposé comme archevêque de Florence, mais il refusa, indiquant au pape un autre candidat, ce qui montre que Frère Giovanni avait à la fois l’instruction et les capacités d’un archevêque, et l’autorité qui lui consentait de suggérer au pape une telle nomination.

Il fut tout de même appelé à Rome par le pape, et vécut au couvent romain de Santa Maria sopra Minerva. Il décora la chapelle vaticane du pape Nicola V, qui l’envoya ensuite décorer la cathédrale d’Orvieto (1447).

En 1450, Giovanni revint à Florence, où il fut élu prieur, pour deux années. On sait qu’ensuite il fut appelé à décorer la cathédrale de Prato, mais il semble qu’il n’en ait pas eu le temps, absorbé par d’autres commandes.

En 1454, il fut appelé à Perugia, puis de nouveau à Rome.

Le surnom de Fra Angelico (Frère Angélique) a très tôt été donné à Giovanni da Fiesole, pour la finesse avec laquelle il représentait les créatures angéliques. On a dit parfois que Giovanni peignait ce qu’il voyait dans les visions dont il était favorisé. Cette inspiration divine pourrait démontrer aussi un autre fait extraordinaire : on prétend souvent que, techniquement parlant, un seul homme ne pourrait pas réaliser aussi rapidement tant de fresques qu’on a attribuées à Giovanni-Fra Angelico et donc que, probablement, plusieurs autres artistes auraient collaboré à ses œuvres. Mais les Anges que Giovanni contemplait, n’auraient-ils pas aussi assisté son travail, guidant ses mains et accélérant miraculeusement l’exécution de si belles réalisations ?

Fra Angelico mourut à Rome le 18 février 1455, et fut enseveli justement dans la basilique de Santa Maria sopra Minerva (près du Panthéon), tout près du maître autel.

Celui qu’on a constamment appelé Beato Angelico, fut effectivement reconnu comme Bienheureux en 1984 et, depuis lors, inséré au Martyrologe Romain.

Il a été proclamé patron céleste des Artistes.

 

 

William Harrington

1566-1594

 

William était né en 1566 à Felixkirk (Yorkshire nord, Angleterre), dans une famille qui, autrefois, avait reçu Edmund Campion (v. 1er décembre), mais qui, depuis, avait abandonné la Foi catholique.

Mais William était resté très impressionné par l’exemple du futur Martyr et traversa la Manche pour venir au séminaire de Reims, puis au noviciat des Jésuites à Tournai (1582-1584). Il aurait eu le temps de recevoir les Ordres, s’il n’avait pas été obligé de garder la chambre pendant cinq ou six ans.

Ce n’est qu’en février 1591 qu’il put venir à Reims et recevoir l’ordination sacerdotale puis, en août 1592, repasser en Angleterre.

En mai 1593, il fut arrêté. Il passa neuf mois en prison, montrant une remarquable constance et une grande noblesse d’âme autant durant l’incarcération que devant le tribunal et au moment de l’exécution.

D’après un texte apparu après la mort de William, ce dernier aurait eu un enfant avant son ordination ; mais il ressort que l’auteur, après avoir renié sa foi, aurait eu une vie orageuse, rendant ainsi très suspecte son assertion, qu’un autre auteur pu aisément réfuter. 

William Harrington mourut en martyr à Tyburn (Londres), le 18 février 1594.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

John Pibush

?-1601

 

John naquit à Thirsk (Yorkshire nord, Angleterre), de Thomas Pibush et Jane.

En 1580, il vint au Collège anglais de Reims où il fut ordonné prêtre en 1587.

On connaît peu de détails sur ses activités, mais c’est sa captivité qui fut particulièrement mouvementée.

Retourné en Angleterre en janvier 1588, il fut arrêté en 1593 à Morton-in-Marsh (Gloucestershire) et conduit à Londres. De là, on l’envoya à la prison de Westminster, pendant un an. Un premier jugement le chargea du crime d’être prêtre, mais ne le condamna pas tout de suite.

Remis en prison à Gloucester, il s’échappa en février 1594, mais fut repris vingt-quatre heures après à Matson et ramené à Gloucester, d’où on l’expédia à Marshalsea (Londres).

A nouveau jugé à Westminster en juillet 1595, on le condamna pour haute trahison. Il dut cependant rester en prison à Marshalsea ; en fin d’année, il se trouvait à la Queen’s Bench Prison, où il demeura encore plus de cinq années.

John Pibush mourut en martyr à Southwork (Londres) ou à Camberwell, le 18 février 1601.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

François-Régis Clet

1748-1820

 

François-Régis naquit le 19 août 1749 à Grenoble (Isère), treizième des quinze enfants de Césaire Clet et de Claire (Bourquy). La famille est apparentée à Stendhal.

Le papa est marchand de toiles à Grenoble ; une des sœurs de François-Régis sera carmélite, un frère sera chartreux.

François-Régis étudie au collège de Grenoble, puis rejoint les Lazaristes à Lyon, en 1769.

Il fait la profession religieuse en 1771, est ordonné prêtre en 1773, et va enseigner la théologie morale au séminaire d’Annecy pendant quinze ans, où il reçoit le gentil surnom de bibliothèque ambulante.

En 1788, lors d’un chapitre général, il est nommé responsable du grand séminaire et de la maison-mère des Lazaristes à Paris.

En 1791 il part pour la Chine. Après quelques mois à Macao, il rejoint le Kiang-si (Jiangxi) sous un déguisement ; il est le premier missionnaire européen, mais il n’arrive pas à apprendre la langue locale, malgré un travail qu’il qualifie d’ indécrottable.

Une lettre à son frère chartreux révèle son humilité et sa persévérance : Il est à peu près de la première évidence que je ne suis bon à rien : toutefois la rareté des missionnaires dans ce vaste Empire ne permet pas, en conscience, de retourner en Europe, car, comme dit le proverbe, il vaut mieux que la terre soit labourée par des ânes que si elle demeurait absolument sans culture.

En 1793, il part pour le Hou-kouang où il devient supérieur de la mission. Pendant près de trente années, son zèle le fait évangéliser trois provinces : Jiangxi, Hubei, Hunan.

Il traverse les persécutions de 1805, 1811, 1818, mais est finalement arrêté en juin 1819 près de Nan-Yang-Fou, suite à une dénonciation. 

Emprisonné, torturé, chargé de la cangue, des fers aux pieds, aux mains et au cou, il devra faire à pied un trajet de vingt jours pour rejoindre la ville où il doit être jugé. Pénible épreuve, qui comporte une consolation : en prison, il retrouve un prêtre chinois et dix autres chrétiens, avec lesquels il peut prier.

Il est condamné à mort. En attendant la confirmation de la sentence par l’empereur, François-Régis écrit encore : Je me prépare à la mort en répétant souvent avec Saint Paul : ‘si je vis, c’est pour Jésus-Christ et la mort sera pour moi un gain.’

Il est exécuté par strangulation, dans la nuit du 17 au 18 février 1820 à Ou-Tchang-Fou. 

Ce même 18 février, en 1862, sera martyrisé Jean-Pierre Néel avec ses Compagnons.

Signalons aussi que Jean-Gabriel Perboyre, un autre lazariste et grand admirateur de saint François-Régis Clet, mourra à son tour martyr en 1840 (voir au 11 septembre).

Béatifié en 1900, François-Régis Clet sera canonisé en 2000 parmi les cent-vingt Martyrs de Chine.

 

 

Ruowang Zhang Tianshen

1805-1862

 

Ruowang (Ioannes) était né vers 1805 à Jiashanlong (Kaiyang, Guizhou, Chine).

Laïc, il était catéchiste.

Il fut martyrisé à Kaiyang (Guizhou) en même temps que Jean-Pierre Néel (voir la notice de ce dernier).

 

 

Ruowang Chen Xianheng

1820-1862

 

Ruowang (Ioannes) était né vers 1820 à Chengdu (Sichuan, Chine).

Laïc, il était catéchiste.

Il fut martyrisé à Kaiyang (Guizhou) en même temps que Jean-Pierre Néel (voir la notice de ce dernier).

 

 

Mading Wu Xuesheng

1817-1862

 

Mading (Martinus) était né vers 1817 à Chuchangbo (Qingzhen, Guizhou, Chine).

Laïc, il était catéchiste.

Il fut martyrisé à Kaiyang (Guizhou) en même temps que Jean-Pierre Néel (voir la notice de ce dernier).

 

 

Jean-Pierre Néel

1832-1862

et ses Compagnons Ruowang, Mading, Ruowang

 

Jean-Pierre naquit à Soleymieux (Sainte-Catherine-sur-Riverie, Lyon), le 18 octobre 1832. Sa maison natale jouxte la petite chapelle du hameau, et particulièrement sa chambre natale est presque à côté de la porte de cette chapelle.

Des frères Neel (sans accent, ou peut-être même O’Neil), irlandais, s’étaient installés dans la région de Lyon deux siècles auparavant.

Jean-Pierre est le troisième des dix enfants de Jean et Antoinette.

Chaque dimanche, ce papa chrétien lit à la famille réunie la vie des Saints ainsi que les Annales de la Propagation de la Foi. Cette petite «semence» hebdomadaire ne pouvait pas rester sans fruits en tombant sur le sol pur de l’âme de Jean-Pierre.

Vers quatorze ans, Jean-Pierre est initié au latin par un curé voisin, puis il étudie aux séminaires de Montbrison (1850) et de l’Argentière (1853).

Après un bref passage au grand séminaire de Lyon, il entre en 1855 dans la Société des Missions Etrangères de Paris, où il est ordonné prêtre en 1858. Par une lettre écrite à sa famille, on sait qu’il préféra partir sans les prévenir, pour éviter des adieux trop déchirants. Jean-Pierre sait que les siens sont inconsolables, mais sa vocation reste forte : Si je vous quitte c’est pour obéir aux paroles de Jésus Christ : celui qui veut me suivre qu’il abandonne son père, sa mère, ses frères et sœurs et qu’il porte sa Croix.

Ils sont douze compagnons qui partent en août 1858 à destination de la Chine.

Arrivée à Hong-Kong en 1859. Parvenu à Chao-tcheou, il est repoussé par des rebelles chinois ; une deuxième tentative, plus fructueuse, lui permet de rejoindre sa destination, le Kay-Tchéou, et il se met à l’étude du chinois. Il habite à Kouy-yang. Il s’appelle désormais Père Ouen.

Au bout d’un an, il est capable d’évangéliser et travaille dans une vingtaine de communautés.

En décembre 1861, l’évêque, Mgr Faurie, le prie de rendre visite à une famille de Jiashanlong (Kia-cha-loung), dans la sous-préfecture de Kai, où il arrive le 5 janvier 1862. Il y attire aussi quatre nouvelles familles, et envoie chercher la catéchiste Lucia Y pour venir expliquer la religion chrétienne à tout un groupe de femmes.

Après avoir gagné au Christ une cinquantaine de néophytes, il s’apprête à repartir. Mais à ce moment-là, un groupe de rebelles aux ordres du général Tien, grand ennemi des chrétiens, vient arrêter des chrétiens. L’abbé Jean-Pierre écrit alors à l’évêque : Je reste au poste pour soutenir mes néophytes, dont le plus ancien, Jean Tchang, mon hôte, a été baptisé ce matin.

La troupe de la milice arrive sur place le 18 février au matin. Le missionnaire cache précipitamment les vases sacrés et les ornements sous un lit. La porte vole en éclat, on lui lie les mains, on arrête aussi :

  • Joannes Zhang Tianshen (le Jean Tchang dont parle Jean-Pierre dans sa lettre), né vers 1805 à Jiashanlong (Kaiyang, Guizhou), catéchiste ;
  • Martinus Wu Xuesheng, né vers 1817 à Chuchangbo (Qingzhen, Guizhou), catéchiste ; 
  • Joannes Chên Xianheng, né vers 1820 à Chengdu (Sichuan), catéchiste.

On va aussi arrêter Lucia Y.

Le prêtre et les trois catéchistes sont emmenés à Kay-Tchéou pour y être jugés par le sous-préfet Tai Lou-tché. Jean-Pierre, particulièrement, est attaché par les cheveux à la queue d’un cheval, et doit courir derrière la bête au gré du cavalier, au milieu des moqueries de la troupe. 

Après un interrogatoire aussi brutal que bref, les quatre sont condamnés à mort. Le mandarin écrit : J’ai découvert une conspiration avant qu’elle éclatât et j’en ai puni de mort les auteurs. On les dépouille de leurs vêtements et on les conduit en-dehors de la ville pour les exécuter, sous les yeux de Lucia.

Agenouillé au lieu du supplice, Jean-Pierre est décapité d’un coup de sabre, ainsi que les trois autres hommes ; c’était au soir du 18 février 1862.

Mgr Faurie rapporta qu’au moment où la tête de M. Néel roulait sur le sol, une nuée lumineuse descendit rapidement du ciel, resta immobile quelques instants au-dessus de son corps, puis s’évanouit. La foule des païens en fut effrayée et le bourreau plus que les autres. Du reste, ce prodige n’étonnera aucun de ceux qui ont connu M. Néel : c’était un saint.

Les corps resteront abandonnés sur place et en partie dévorés par les loups. Les têtes des Martyrs seront exposées sur les murs de Kai-Tchéou puis, quelques jours plus tard, enlevées par des chrétiens qui les rapporteront à l’évêque.

Peu avant de mourir, Jean-Pierre disait à ses amis : Ne craignez point ; suivez-moi jusqu'à la mort. Encore un peu de temps et nous entrerons dans le royaume des Cieux. 

Lucia sera décapitée le lendemain.

Jean-Pierre Néel et ses Compagnons seront béatifiés en 1909 et canonisés en 2000, parmi cent-vingt Martyrs de Chine fêtés ensemble le 9 juillet, tandis que saint Jean-Pierre Néel est mentionné au Martyrologe avec ses trois Compagnons, le 18 février. Localement, ils sont fêtés le 19 février, car le 18 est la fête de la Chaire de saint Pierre.

Actuellement, la Salle des Martyrs du Séminaire des Missions Etrangères de Paris, possède quelques reliques de saint Jean-Pierre Néel : quelques cheveux, une vertèbre du cou et quelques objets lui ayant appartenu.

Caterina Comensoli

1847-1903

 

Caterina Comensoli naquit à Val Camonica (Bienno, Brescia, Italie de nord) le 18 janvier 1847, cinquième des dix enfants de Carlo et Anna Maria Milesi, qui la font baptiser le jour même.

Dans son enfance, on lui remarque cette disposition à la méditation, ou à la “rêverie” ; et quand on lui demandait ce qu'elle faisait, elle répondait souvent : Je suis en train de penser. 

En réalité elle était intimement attirée par l'Eucharistie. A sept ans, n'en pouvant plus, un jour elle s'enveloppe d'un grand châle de sa mère et va très tôt, très tôt, à l'église, devant la balustrade du chœur ; là, devant le Saint Sacrement, elle fit mystiquement sa “Première Communion” ; elle promit aussi à Jésus de vivre dans la chasteté. Depuis, elle devint encore plus méditative, plus sérieuse, plus unie au divin Maître présent dans l'Eucharistie, et trop souvent seul. Elle aurait presque voulu prendre le Saint Sacrement et le porter au-dessus d'une haute montagne pour le faire voir à tout le monde et le faire adorer par tous.

Elle recruta parmi ses amies celles qui voulaient organiser avec elle une Garde d'Honneur pour adorer à tour de rôle la Divine Présence Eucharistique.

En 1862, elle entre chez les Sœurs de la Charité à Lovere (Brescia). Mais une grave maladie l'en fait sortir. En 1867, elle fait une autre tentative chez les Ursulines de Brescia.

Quand son père tombe malade, pour aider la famille elle se met au service d'un prêtre de Chiari (qui deviendra l'évêque de Lodi), puis de la comtesse Fé-Vitali, où elle devient véritablement dame de compagnie, accompagnant la famille dans ses déplacements.

En juin 1878, elle fait le vœu perpétuel de chasteté, qu'elle avait déjà fait lors de sa “première communion”. Elle entreprend aussi la formation des enfants d'un quartier de Bergame.

Après la mort de ses parents, elle rencontre chez la comtesse Fé-Vitali l'évêque de Bergame, qui l'encourage dans sa voie : elle voudrait établir une famille où principalement l'on adorerait l'Eucharistie. A ce projet, le pape Léon XIII y ajoute celui de s'occuper des jeunes travailleuses.

En 1882, avec deux autres compagnes, Caterina inaugure cette Congrégation des Sœurs Sacramentines, avec leur première heure d'adoration. Outre l'adoration de l'Eucharistie, elles s'engagent à subvenir aux besoins des pauvres, selon les dispositions de la Providence.

En 1884 Caterina prend le nom de Sœur Geltrude du Saint-Sacrement. Plusieurs maisons s'ouvrent dans la région.

Mais comme cela arrive souvent dans les premiers moments d'une nouvelle famille religieuse, cette famille des Sœurs Sacramentines doit passer par bien des adversités et des contradictions. Tout particulièrement un grave problème financier s'abat sur la fondation, la maison-mère est mise sous scellés, les religieuses doivent quitter le diocèse de Bergame pour celui de Lodi ; heureusement, l'évêque les reçut avec bienveillance en leur donnant une maison à Lavagna di Comazzo ; cet évêque, on s'en souvient, était ce prêtre chez qui elle avait travaillé précédemment à Chiari.

Grâce à la ténacité de Geltrude et des Sœurs qui lui sont restées fidèles, l'institut reprend souffle. En 1891, l'évêque concéda le décret de reconnaissance canonique. En 1892, Mère Geltrude put revenir dans sa maison de Bergame. Elle donnait une impulsion forte et décisive à son institut, fondé sur l'esprit de prière, de sacrifice, de mortification, d'obéissance, d'humilité et de charité, particulièrement envers les pauvres. 

Déjà seize maisons étaient ouvertes, quand l'heure de la fin de cette vie sonna pour Caterina-Geltrude le 18 février 1903.

Beaucoup de miracles s'étant produits par son intercession, elle fut béatifiée en 1989 et canonisée en 2009.

Les Sœurs Sacramentines se sont installées au Brésil (1946), au Malawi (1976), en Equateur (1987), au Kenya (1991), en Bolivie (2005), en Croatie (2006). L'Ethiopie et la Chine les ont en revanche expulsées après de pénibles mauvais traitements, suite aux agitations politiques qui ont secoué ces pays.

 

 

Youri Kachira

1904-1943

 

Youri (Georges, Jerzy en polonais) naquit le 4 avril 1904 à Alexandrovo (Dzisna, Vilnius, actuelle Lituanie), de parents biélorusses qui, précédemment uniates étaient passés à l'orthodoxie quand l'Eglise uniate fut interdite. En 1905, le tsar lève cette interdiction et la mère de Youri retrouve sa religion d'enfance.

A Vilnius, où Youri grandit, la population est majoritairement catholique, de rite latin, tandis qu'une minorité, d'origine ruthène, est gréco-catholique (uniate). D'autres minorités existent aussi : orthodoxe pour les habitants d'origine biélorusse, protestante pour ceux d'origine germanique. Cette situation assez complexe ne s'arrange pas avec les guerres et les annexions successives : Pologne et Lituanie se jalouseront, puis s'uniront contre la Russie bolchevique. La région où vit Youri est occupée par les Allemands en 1915, devient soviétique en 1918, polonaise entre 1919 et 1921, avant de repasser sous la domination soviétique, jusqu'à sa récente reprise d'indépendance en 1990.

Tôt orphelin, Youri devient catholique en 1922 - il a dix-huit ans – au terme de ses études au collège secondaire tenu par les pères marianistes de l'Immaculée Conception. Il entre dans leur noviciat à Drouïa, une ville à la frontière avec la Biélorussie.

Il prononce ses vœux en 1929, et va faire ses études de philosophie et de théologie à l'université de l'Angelicum de Rome. Il est ordonné prêtre à son retour, en 1936.

Il est alors chargé du juvénat des marianistes, en même temps qu'il enseigne dans le lycée. Mais le gouvernement de Pologne impose des lois laïcistes et le père Youri doit partir à Rasna en Polésie (petite région limitrophe entre Biélorussie, Ukraine et Pologne).

Pire encore, en septembre 1939, quand l'Allemagne envahit la Pologne par l'ouest, et la Russie par l'est. Les marianistes sont expulsés, et le père Youri finit pas regagner Drouïa après s'être caché de maison en maison à travers la Lituanie. 

C'est à partir de ce moment que Youri va partager le sort du père Antoni Leszczewicz. 

En juin 1941, le père Antoni passe de l'autre côté de la frontière : là où les Soviétiques avaient fermé les paroisses depuis une vingtaine d'années, l'armée allemande s'était installée et le père Antoni voulait rouvrir ces paroisses et organiser un ministère paroissial. Il s'installe discrètement à Rossitsa, avec des Sœurs de la congrégation des Servantes de Jésus dans l'Eucharistie, ainsi que le père Jerzy. Les autorités allemandes qui ferment les yeux au début, se mettent à suspecter ces activités, craignant une reprise du nationalisme biélorusse, d'inspiration soviétique et donc anti-germanique.

En février 1943, les Allemands lancent une opération de ratissage, l’opération Winterzauber, c’est-à-dire “Nettoyage d'hiver”, ou encore “Tragédie d'Osveïa”, du nom d’une des localités d’où les autorités nazies voulaient évacuer toute la population, supprimant les hommes et envoyant femmes et enfants «capables» en camp de concentration, les autres étant éliminés sur place, et ce, avec la complicité de miliciens ukrainiens et lettons, dressés contre les soviétiques. Un millier d'otages des environs sont enfermés dans l'église de la Sainte-Trinité, dans la journée du 17 février 1943. Le père Antoni, prévenu, ne pense pas un instant à s'enfuir, de même que le père Youri ; ensemble ils font le sacrifice de leur vie, et restent avec les otages pour les confesser et les assister au moment de la mort. Même chose quand un officier allemand leur propose la liberté.

Les otages sont extraits de l'église par petits groupes d'une dizaine, enfermés dans des granges ou écuries avoisinantes, que les miliciens font sauter à coup de grenades. Ceux qui ne sont pas brûlés, sont fusillés.

Le père Antoni brûle avec une douzaine d'otages dans une écurie, dans la nuit du 17 au 18 février 1943. Quelques heures après lui, le père Jerzy partage le même sort, au matin du 18 février.

Le père Antoni Leszczewicz et le père Youri Kachira font partie des cent-huit Martyrs de Pologne, béatifiés ensemble en 1999, et fêtés localement ensemble le 13 juin. 

Le dies natalis du père Youri est au 18 février.

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