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20 février 2020 4 20 /02 /février /2020 00:00

20 FEVRIER

 

III.

S Serapion, martyr en Alexandrie ; il eut les membres disloqués et fut défenestré.

IV.

S Tyrannio, évêque à Tyr et martyr avec s. Zenobius, prêtre à Sidon, ainsi que les ss. Pélée et Nil, évêques égyptiens ; les bêtes féroces n’osaient pas les approcher et ils furent égorgés.

S Silvain, évêque près de Emèse, martyr.

? Ss Pothame et Némèse, martyrs en Chypre ou à Alexandrie. 

V.

S Eleuthère, évêque à Constantinople, maltraité par le parti eutychien.

S Bolcan (Olcan), évêque à Derkan ; sa mère mourut juste avant d’accoucher. 

VI.

S Falcon, évêque à Tongres-Maastricht.

S Eleuthère (Lehire), évêque à Tournai, sacré par s. Remi, mort des suites de blessures infligées par des hérétiques.

VIII.

S Eucher, moine à Jumièges, évêque à Orléans, exilé à Cologne puis à Liège suite à des calomnies et mort à Saint-Trond.

S Colga (Colchus), surnommé le Sage pour sa science, prêtre irlandais.

S Leone, prêtre à Ravenne, évêque à Catane, thaumaturge.

XII.

B Ulric (Wulricus, Ulfricus), prêtre anglais, anachorète près de Heselborough.

XIII.

Bse Amata, nièce de ste Claire, clarisse à Assise.

XVI.

B Thomas Pormort, prêtre anglais pendu à Londres, martyr béatifié en 1987. Le 21 février au Martyrologe.

XX.

Bse Jacinta Marto (1910-1920), la plus jeune des trois voyants de Fatima, béatifiée le 13 mai 2000, canonisée le 13 mai 2017.

B Ludwik Mzyk (1905-1942), de la Société du Verbe Divin, prêtre martyr en Pologne, béatifié en 1999 ; le 23 février au Martyrologe.

Bse Stanisława Rodzińska (Maria-Julia, 1899-1945), dominicaine polonaise martyre à Stutthof, béatifiée en 1999.

Serapio d’Alexandrie

† 250

 

Le nom de Serapio est un nom très répandu en Egypte et ailleurs.

Voilà ce qui est dit le 20 février de Serapio dans le Martyrologe : 

Il vivait en Alexandrie. Arrêté pour sa foi, il fut d’abord soumis à de très cruels supplices, au point que tous ses membres en furent disloqués. Puis on le hissa sur le toit de sa maison et on le précipita à terre.

Ainsi s’acheva le combat glorieux de ce Martyr.

C’était vers 250, durant la persécution de Dèce.

Saint Serapio d’Alexandrie est commémoré le 20 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Tyrannio de Tyr

† 310

 

De Tyrannio, on ne connaît que ce qu’en raconte Eusèbe de Césarée, témoin oculaire, au sujet de son  martyre.

C’était l’évêque de Tyr, en Phénicie (act. Sour, sud de Beyrouth, Liban).

Eusèbe raconte comment cet évêque, et d’autres avant ou avec lui, subirent d’abord d’interminables flagellations (on sait que les fouets étaient faits de lanières de cuir, très tranchantes, garnies de petits plombs très meurtriers), avant d’être exposés, nus, aux bêtes féroces du cirque.

Léopards, ours, sangliers, taureaux, qui pouvaient être excités par le sang de ces victimes, s’arrêtaient systématiquement devant elles, tandis qu’ils s’acharnaient sur d’autres athlètes non chrétiens.

Il y eut des combats à différentes dates. 

De Tyrannio, on dit que son martyre eut lieu en 310, mais à Antioche de Syrie.

Avec lui souffrit aussi un prêtre, nommé Zenobius, de Sidon.

Saint Tyrannio de Tyr et s.Zenobius sont commémorés le 20 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eleuthère de Tournai

456-531

 

Eleuthère naquit vers 456 à Tournai (Gaule Belgique) de parents chrétiens. Un de leurs ancêtres avait été converti par la prédication de s.Piat (v. 1er octobre). 

Un de ses compagnons de formation, un certain Médard (v. 8 juin) lui aurait prédit qu’il serait évêque de Tournai. 

Or le gouverneur de Tournai, pour qui le mot chrétien était synonyme de romain, expulsa les Chrétiens de Tournai, et la famille d’Eleuthère se replia à Blandin. L’évêque y étant mort, on acclama Eleuthère (486) : la prophétie de Médard s’accomplissait. 

Eleuthère fut sacré par s.Remi (v. 13 janvier). 

Son apostolat fut difficile, au milieu d’une population retombée dans le paganisme, et en face d’une hostilité arienne persistante. Mais Dieu favorisa Eleuthère du don des miracles, qui achevèrent de convaincre beaucoup de gens.

Eleuthère fit trois le voyage de Rome pour y demander des conseils ; il en rapporta des reliques importantes, entre autres de s.Etienne (v. 26 décembre).

Les ennemis de l’évêque s’acharnèrent contre lui : ils l’attendirent à la sortie d’une église et l’accablèrent de coups ; il en mourut peu après, en 531.

Malgré cette mort violente pour la foi, Eleuthère n’a pas reçu le titre de martyr, peut-être parce qu’il n’est pas mort sous les coups, mais des conséquences de ces coups.

C’est le même saint Médard qui lui succéda.

Saint Eleuthère est commémoré le 20 février au Martyrologe Romain.

 

 

Eucher d’Orléans

695-743

 

La naissance d’Eucherius (Eucher) advint vers 695 à Orléans (act. Loiret), annoncée par un ange qui informa la mère de la destinée particulière de son enfant. Un de ses oncles, Suavaric, était évêque d’Orléans.

C’est l’évêque d’Autun, Ansbert, qui fut son parrain et le confirma.

Eucher grandit dans l’amour de l’étude et particulièrement de la lecture des Ecritures, qui le conduisirent tout naturellement à vouloir vivre loin du monde : il entra à l’abbaye de Jumièges.

Or, à la mort de Suavaric, la population demanda unanimement à Charles Martel de nommer comme successeur sur le siège Eucher lui-même. Il fallut aller le chercher à Jumièges, et pour ainsi dire le forcer à revenir à Orléans, malgré sa préférence pour le silence de l’abbaye.

Moine, Eucher le demeura après son sacre, et montra un cœur empli de douceur envers tous ses diocésains, qui l’estimèrent, mais pas tous. 

Une cabale calomnieuse s’abattit en effet sur l’évêque, qui fut dénoncé auprès de Charles Martel, lequel prit des mesures sévères contre Eucher : en 733, il le fit exiler à Cologne avec toute sa famille, et comme on l’y recevait «trop» honorablement, il le fit déplacer à Hesbain (Liège) ; de là, Eucher demanda lui-même à se retirer à l’abbaye de Saint-Trond. L’exil d’Eucher dura dix années, au terme desquelles il rendit saintement son âme à Dieu, en 743.

Un manuscrit douteux ajoute qu’Eucher aurait eu révélation de la punition éternelle de Charles Martel. Si l’on peut en effet affirmer que le Prince commit de graves erreurs, les calomniateurs d’Eucher furent, eux, bien plus gravement coupables. Mais laissons à Dieu le soin de juger.

Saint Eucher est commémoré au 20 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Leone de Catane

720-789

 

Leone était né en 720 à Ravenne (Emilie-Romagna, Italie E) et y fut ordonné prêtre.

Il se peut cependant qu’il ait été d’abord moine bénédictin à Reggio Calabria.

On l’appela bientôt au siège épiscopal de Catane (Sicile). L’histoire raconte que, devant élire leur évêque, les habitants de Catane eurent la vision d’un ange qui leur annonçait qu’ils auraient trouvé un certain Leone à Reggio Calabria.

Evidemment, l’élu protesta de son indignité, de son incapacité, il fallut vaincre cette sainte humilité.

Les miracles se multipliaient à son passage, de sorte qu’on le surnomma Thaumaturge.

Ce fut au point que les empereurs de Bysance voulurent le connaître et le firent venir à Constantinople, où Leo accomplit aussi d’autres miracles sous leurs yeux.

On nous dit aussi que Leone s’opposa vivement à la loi de l’iconoclasme et que, pour cette audace, il fut obligé de se cacher dans la montagne pour échapper à l’ordre du gouverneur de Sicile de l’incarcérer.

Leone put revenir à Catane après plusieurs années et mourut un 20 février, sans doute en 789.

Saint Leone le Thaumaturge est commémoré le 20 février au Martyrologe Romain, qui ajoute qu’il eut un soin extrême des pauvres.

 

Thomas Pormort

1559-1592

 

Thomas était, pense-t-on, de la famille des Pormort de Great Grimsby et Saltfletby (Lincolnshire).

Il naquit vers 1559 à Hull (Yorkshire).

Après ses études à Cambridge, il vint à Reims en 1581 et passa à Rome, où il reçut le sacerdoce en 1587. Il fut alors attaché à Owen Lewis ou Audoeno Ludovico Cambrone, l’évêque (gallois) de Cassano all’Ionio, un diocèse au sud de l’Italie, mais où cet évêque ne résida jamais, étant envoyé par le pape en différentes missions.

En 1590, Thomas fut nommé préfet des études au collège suisse de Milan, d’où il repartit en septembre de la même année, désireux de passer en Angleterre, sans même attendre de recevoir les pouvoirs ministériels. Son voyage le conduisit à Bruxelles, où il fut domestique d’une certaine Madame Geoffrey Pole ; il y prit le nom de l’archevêque protestant Whitgift, son parrain.

Avec cette dame, il gagna Anvers, pour rejoindre la ville côtière de Flushing (Pays-Bas), et de là l’Angleterre.

On ne sait à quelle date précise il accosta dans son pays, mais on sait qu’il fut arrêté une première fois le 25 juillet 1591 à Londres ; il réussit à s’échapper. Repris à l’automne, il fut conduit à Bridewell, puis chez Topcliffe, où il fut durement torturé sur le chevalet jusqu’à la provocation d’une hernie.

Le 8 février 1592, il fut accusé de haute trahison pour avoir osé être prêtre et avoir réintroduit dans l’Eglise John Barwys (ou Burrows),  un artisan chemisier protestant. Thomas plaida, exposant qu’il n’avait pas les pouvoirs, mais il fut tout de même déclaré coupable.

Au même procès, Thomas accusa Topcliffe de s’être vanté devant lui de certaines familiarités indécentes qu’il avait eues avec la Reine. Topcliffe fut alors chargé d’annoncer au shériff de procéder à l’exécution de Thomas, malgré l’intervention de l’archevêque Whitgift, qui voulait amener Thomas à quitter le Catholicisme. Thomas aurait même accepté de discuter avec des ministres protestants. On érigea le gibet devant la boutique du chemisier, et, pendant deux heures encore, Topcliffe s’évertua, mais en vain, de convaincre Portmort de retirer son accusation.

Thomas dut supporter de rester debout là deux heures durant, avec sa hernie, avant d’être pendu, le 20 février 1592 ; il avait à peu près trente-trois ans.

Thomas Pormort fut béatifié en 1987.

 

 

Jacinta Marto

1910-1920

 

Petite sœur de Francisco, elle naquit à Aljustrel (Fátima) le 11 mars 1910, de Manuel et Olímpia Marto.

Ses proches la disaient affectueuse et très gentille, elle gardait avec son frère et sa cousine les brebis de ses parents.

Elle ne fréquenta l’école qu’après qu’eurent lieu les apparitions de l’Ange et Notre-Dame, qui lui recommandèrent d’apprendre à lire et à écrire.

La première fois que Notre-Dame apparut aux trois enfants, elle leur demanda de bien vouloir prier pour les pécheurs. Après avoir eu une vision de l’enfer, Jacinta en resta extrêmement bouleversée et s’imposa beaucoup de pénitences et de sacrifices pour leur conversion.

Après les apparitions à Fatima, Jacinta vit encore la Sainte Vierge quatre fois : à la maison, à l’église paroissiale, à l’orphelinat de Lisbonne et à l’hôpital. A Poço do Ameiro elle eut aussi une vision du pape, sans la comprendre, et une autre à Cabeço.

Après la première Guerre mondiale, Jacinta contacta la grippe espagnole qui ravagea l’Europe en 1918. Elle fut atteinte de pleurésie, mais ne pouvait être opérée en raison du mauvais état de son cœur. Lors de sa dernière hospitalisation à Lisbonne, elle mourut dans une grande solitude, le 20 février 1920.

Sa prière préférée et habituelle, qu’elle avait reçue de Marie, était : 

Ô Jésus, c’est pour votre Amour, pour la conversion des pécheurs, pour le Saint-Père, et en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie.

Elle a été béatifiée, en même temps que son frère Francisco, le 13 mai 2000, anniversaire de la première apparition de la Vierge à Fatima (et de l’attentat au pape en 1981), en présence de l’aînée des voyants, Lucia.

Ils ont été canonisés le 13 mai 2017.

Le miracle reconnu pour cette célébration a été la guérison totale d’un bébé atteint de diabète 1.

 

 

Ludwik Mzyk

1905-1940

 

Ludwik naquit le 22 avril 1905 à Chorzów, cinquième des neuf enfants de Ludwik, un mineur polonais, et de Franciszka Hadasz. La famille était très croyante.

Il fut très tôt enfant de chœur et s’intéressa à l’Eglise. Une retraite prêchée par un prêtre de la Société du Verbe Divin, suscita en lui la vocation missionnaire.

Il alla au Petit séminaire de Nysa en 1918 ; pendant les vacances, il travaillait à la mine, pour aider la famille, car le papa était mort ; il fut membre de la Confrérie Kwikborn, qui militait contre le tabac et l’alcoolisme : jamais il ne fuma une cigarette ni ne but un verre de vin, si ce n’est ce qu’il fallait pour célébrer la Messe. Il termina ses études secondaires par la consécration à la Vierge Marie selon le vœu de saint Louis-Marie Grignion de Montfort (voir au 28 avril) : on en possède encore le document qu’il signa de son propre sang.

Après son baccalauréat en 1926, il entra chez les Pères Verbites à Sankt Augustin (Bonn) et fit ses vœux en 1928.

Très doué pour les études philosophiques, il fut envoyé à Rome pour ses études théologiques. Il fut ordonné prêtre en 1932, en la fête du Christ-Roi, qui se fêtait alors au dernier dimanche d’octobre, de sorte qu’il célébra sa première messe le jour de la Toussaint.

Il passa le doctorat en théologie à l’Université Grégorienne en 1935, et fut nommé maître des novices à Chludowo près de Poznan (Pologne). De lui les novices dirent qu’il était un tantinet sévère, mais qu’il l’était davantage encore pour lui-même.

Ceux qui frappaient à son bureau étaient accueillis par un Ave latin, en souvenir de la salutation de l’Ange à Marie. Il s’imposa si bien qu’en 1939, il fut nommé recteur de la maison de Chludowo. A la nouvelle des possibles arrestations, le père Ludwik fit des démarches pour évacuer les novices en des lieux plus sûrs. Mais les voyages étaient déjà devenus impossibles et surtout, le pauvre Ludwik Mzyk, dans sa naïveté et sa candeur, commit l’erreur de dire à un officier de la Gestapo (sans savoir qu’il appartenait à la Gestapo) qu’il préférait négocier avec un officier de l’armée qu’avec un officier de la Gestapo. Ce fut le prétexte à son arrestation.

Le 24 janvier, il tenta en vain de négocier l’envoi des novices dans leurs familles.

Le 25 janvier 1940, la Gestapo vient l’arrêter. Tous les occupants de la maison furent réunis dans le réfectoire. Alors le père Mzyk, très pâle mais calme, entra et dit : Je dois aller avec ces gens-là. Ils m’ont dit que j’allais revenir. Pendant ce temps, le père Chodzidło sera votre supérieur… Il n’eut pas le temps d’ajouter autre chose et fut brutalement bousculé et emmené. Un prêtre qui revint plus tard raconta aux novices comment on avait brutalisé le père Mzyk en le «chargeant» dans le camion :  Votre Maître est vraiment un ange. 

Les jours suivants, personne ne put obtenir le moindre renseignement sur le sort du père Mzyk. Les Nazis répondaient toujours qu’il allait revenir après clarification de certains points. Son frère Wilhelm écrivit qu’aucune intervention n’aboutit ; qu’en revanche on leur fit parvenir par deux fois un sous-vêtement maculé de sang, avec un petit papier caché dedans : Je suis toujours en vie. Aidez-moi si vous pouvez. 

On sut tout de même qu’une fois parvenu à la caserne de la Gestapo, on lui arracha sa soutane et qu’on lui administra une rigoureuse bastonnade. Puis, en ce mois de janvier hivernal, on lui laissa seulement sa chemise déchirée et son pantalon. Puis on l’envoya au Fort VII de Poznan : en arrivant dans la cellule, un prisonnier lui mit sur le dos un pardessus laissé là par un autre prisonnier qu’on avait emmené pour l’exécuter.

On ne sut rien de la mort du père Mzyk, jusqu’à ce que des survivants purent raconter ce qu’ils virent.

L’un affirma qu’il vit le père Mzyk dans la cellule 60 le 1er février, avec vingt-huit autres, presque tous étudiants. Ils mouraient de faim. Les gardiens entraient dans la cellule jour et nuit, pour les battre sans raison. Le père Mzyk exécutait tous les ordres scrupuleusement, avertissant chacun de ne rien faire de défendu. Il était toujours en prière.

«Le 7 février 1940, jour du Mercredi des Cendres, tous les prêtres furent rassemblés dans la cellule 69, où ils furent encore plus maltraités et battus, pour n’importe quel motif. Les gardiens considéraient le père Mzyk comme particulièrement dangereux. Un jour, le commandant vint avec un autre officier pour inspecter la cellule. Il demanda à chaque prisonnier l’un après l’autre son nom et son «crime». Arrivés au tour de Ludwik Mzyk, le commandant s’arrêta et dit : Le voilà, notre ennemi. Une fois qu’ils furent sortis, Ludwik raconta à ses compagnons comment il avait répondu «franchement» aux interrogatoires. Un autre jour, un gardien l’appela dans le corridor, où il le rossa encore sans merci.

«Le 20 février, l’après-midi, un sous-officier entra dans la cellule avec un chauffeur. Ils étaient ivres et entrèrent brutalement dans la cellule. Ils se mirent à battre le père Mzyk, le chauffeur, aux ordres du sous-officier, était particulièrement brutal. 

«Le soir à 22 heures, il y eut du bruit et de l’agitation dans la cellule des Ukrainiens : on entendit tomber par-terre les assiettes et les cuillers, ils chantaient «Plus près de toi, Seigneur» (sans doute qu’on le leur ordonnait) ; on battait les prisonniers à coups de bâtons et à coups de pieds. Puis on entendit un des gardiens crier : Et maintenant, chez les curés ! 

«Ils ouvrirent la porte, sans entrer, et firent sortir tout le monde, sauf le père Olejniczak (qui était aveugle). Nous étions là tout habillés (car nous dormions toujours habillés), dans le grand corridor en face de notre cellule. On ordonna aux pères Galka, Mzyk et moi-même de rester dehors, et tout le monde fut renvoyé dans la cellule. 

«Ils nous ordonnèrent de courir le long du corridor. Quand nous fûmes l’un à côté de l’autre, le père Mzyk me demanda l’absolution. Arrivés au bout du corridor, Galka et moi nous arrêtâmes au pied de l’escalier, mais Myzk se mit à monter. Nous entendîmes les gardiens éclater de rire derrière nous. Ils nous ordonnèrent de rester en bas. Ils attrappèrent Mzyk dans l’escalier et se mirent à le rosser sous prétexte qu’il «avait essayé de s’échapper». Il y eut un moment de grande confusion ; j’entendis Galka et Myzk pousser de hauts gémissements… Un regard vers Galka me le fit voir tout en sang, couvert de contusions, sa chemise et son pantalon en pièces. On continua de les rosser pendant longtemps, mais c’est difficile de dire si ça dura quinze minutes ou une demi-heure. 

«Entre temps, je me suis retrouvé dans le grand corridor en face de notre cellule, et c’est là qu’on conduisit Mzyk. Ils me dirent de me tourner contre le mur, de sorte que je n’ai pas pu voir comment il était. L’officier ordonna à Mzyk de s’arrêter à la porte, et prit des balles à un sous-officier qui était près de moi. Alors il s’approcha de Mzyk et lui tira derrière la tête. Quand Ludwik tomba à terre, il lui tira une seconde balle. Alors ils permirent à Galka et à moi de réintégrer la cellule. Une demi-heure après, on entendit le bruit du corps de Mzyk qu’on traînait par-terre pour l’emmener.

«Il y eut ensuite quelques jours de tranquillité. L’un des prisonniers, qui travaillait comme balayeur dans le bureau du commandant, nous dit qu’il avait aperçu sur la table du commandant un document officiel du Ministère de la Justice, interdisant de battre les membres du clergé.»

Le père Olejniczak était aveugle, mais entendait tout ce qui se passait. Il donna cet autre témoignage : 

Quand l’officier avait choisi une victime, il le frappait au visage et à coups de pied sans merci. Un jour, ce fut le tour du père Ludwik. Quand les gardiens le laissèrent, je m’approchai de lui pour le consoler. Il me répondit : Le disciple n’est pas au-dessus de son Maître (cf. Jn 15:20). Alors je lui demandai sa bénédiction, qu’il me donna aimablement.

Le dies natalis de Ludwik Mzyk est au 20 février, tandis que le Martyrologe le mentionne au 23 février.

Le père Ludwik Mzyk fut béatifié avec le groupe des cent-huit Martyrs de Pologne, en 1999.

 

 

Stanisława Rodzińska

1899-1945

 

Deuxième des cinq enfants de Michał Rodziński, Stanisława naquit le 16 mars 1899 à Nawojowa (Małopolskie, Pologne).

Le papa, qui était aussi organiste à la paroisse, était très proche des religieuses du Tiers-Ordre dominicain de Wielowski, dont la mère Stanisława Leniart avait fondé le couvent du village ; et c’est d’elle qu’il donna son nom à sa fille.

Ces religieuses faisaient l’école aux enfants du secteur, y ajoutant une formation musicale de qualité.

A six ans, Stanisława devint orpheline de sa mère, et à dix ans, de son père ; elle fut recueillie avec sa petite sœur Janine dans le couvent. A dix-sept ans, Stanisława demanda à être postulante, prit le nom de Maria Julia, puis continua des études pédagogiques à Poznan.

Après la réunification de la Pologne, il y eut un conflit avec les Soviétiques et les Lituaniens, et les Sœurs fondèrent des orphelinats à Wilno et à Rava Ruska (Lviv). Stanisława-Julia enseigna à Wilno.

En 1924 Stanisława prononce ses vœux définitifs et fut nommée dans différentes écoles de la Congrégation. C’était la mère des orphelins. Armée de son chapelet, qu’elle avait en grand honneur, elle se dépensait sans mesure auprès des orphelins, des pauvres, mettant à profit ses excellentes qualités d’administratrice.

En 1927, son expérience la fait désigner comme déléguée au chapitre capitulaire général. En 1934, elle est supérieure à Wilno. 

La ville (désormais Vilnius) est occupée par les Soviétiques en 1939, puis devient lituanienne, repasse à l’Union soviétique en 1940, est occupée par les Allemands en 1941. Les Sœurs sont dépossédées et dispersées, mais continuent leurs activités dans la clandestinité, portant de la nourriture aux prêtres emprisonnés, probablement aussi aux Juifs persécutés.

Mais elle est arrêtée en août 1943 pour activités nationalistes. Elle est torturée et emprisonnée à Lukiszki, de sinistre mémoire, et soumise pendant une année au strict régime d’isolement : dans son petit bloc, elle ne pouvait pas bouger.

Quand le front biélorusse se rapprocha de Vilnius (1944), elle fut déportée avec d’autres Sœurs en wagon à bestiaux à Stutthof (Dantzig, actuelle Gdansk), où elles furent violées. Stanisława-Julia fut placée dans le secteur juif avec le numéro 40992. Elle organisa la prière dans le baraquement.

Chaque jour, les femmes les plus fragiles étaient sélectionnées pour mourir gazées. Au milieu d’une atmosphère emplie de terreur, de faim, de torture, de labeur, de sadisme, Stanisława-Julia sut montrer son courage, son espérance et sa générosité. Elle partageait le peu qu’elle avait ; on lui demandait d’arbitrer les petits conflits entre prisonnières.

Une survivante témoigna : Elle était noble, désireuse d’aider, bonne. Dans le camp, où toute pitié était totalement oubliée, elle servait avec miséricorde.

Autre témoignage : le mari d’une prisonnière, présent lui aussi dans une autre section du camp, voulait se suicider. Stanisława-Julia lui fit passer plusieurs lettres pour lui redonner espoir : il survécut au camp et à la guerre.

A l’automne 1944, se propagea une épidémie de typhus. Elle demanda à être placée avec les personnes contaminées. Elle réussit à tirer d’un amas de corps destinés à la crémation une femme encore en vie, qui survécut et put rendre témoignage. Elle contracta la maladie. En hiver, les nazis évacuèrent le camp, y abandonnant les mourants, dont six-mille neuf-cent vingt-deux femmes agonisantes.

Stanisława fit alors le sacrifice de sa vie, et mourut le 20 février 1945, peu de semaines avant la fin de la guerre.

Elle a été béatifiée en 1999 parmi cent-huit Martyrs polonais, qui sont localement fêtés ensemble le 12 juin.

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