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22 février 2020 6 22 /02 /février /2020 00:00

22 FEVRIER

 

Chaire de s. Pierre, fête de l’autorité pontificale.

I.

S Aristion, un des soixante-douze disciples du Christ, mort à Salamine.

II.

S Papias, évêque à Hiérapolis, disciple de Jean l’Ancien et de s. Aristion, et compagnon de s. Polycarpe.

S Avile, évêque à Alexandrie, un des trois prêtres ordonnés là par s. Marc.

IV.

S Paschasius, évêque à Vienne.

V.

S Baradat (Varadat), ermite en Syrie ; il obéit humblement au patriarche et changea ses austérités. 

Ss Thalasse et Limnée, ermites près de Cyr ; Limnée, le disciple, se construisit une cabane aux murs élevés et sans toit, et y vécut trente-huit années, par tous les temps.

VI.

Maximianus, évêque à Ravenne, où il eut du mal de convaincre les habitants de le laisser entrer.

IX.

S Athanase, abbé près de Nicomédie, torturé et exilé à cause de l’iconoclasme.

XI.

S Piero Damiani, prieur à Fonte Avellana, cardinal acharné contre les désordres de l’Eglise (en particulier simonie et incontinence) ; il avait pris son deuxième prénom par reconnaissance envers son frère qui l’avait recueilli ; il est un des patrons de Faenza, où il mourut ; fêté le 21 février.                                                                                                                                                           

XIII.

Bse Isabelle de France, sœur de s. Louis, fondatrice à Longchamp du couvent de l’Humilité de Notre-Dame, où elle ne voulut pas prendre l’habit, de crainte d’être élue abbesse ; elle eut des extases.

Ste Margherita, pénitente à Cortone, après une vie très mondaine, mystique.

XVII.

Bx Diogo Carvalho, jésuite portugais, martyr au Japon avec d’autres ; une de leurs tortures était d’être assis, nus, dans vingt centimètres d’eau, près du fleuve.

XX.

B Miguel Facerías Garcés (1861-1937), convers clarétain espagnol, martyrisé près de Vich, béatifié en 2017.

B Richard Henkes (1900-1945), prêtre pallottin allemand décédé du typhus à Dachau, reconnu martyr, béatifié en 2019.

Aristion

1er siècle

 

Saint Aristion est présenté par saint Papias de Hiérapolis et saint Jérôme comme un des soixante-douze disciples du Seigneur. 

Du moins est-ce ce qui ressortirait d’Actes de Barnabé, qui en font un compagnon du diacre Timon en l’île de Chypre. 

Aristion serait mort à Salamine, en Chypre (ou martyr à Alexandrie…).

Ces détails, trop minces et trop peu attestés, ont fait que l’actuel Martyrologe Romain a retiré Aristion du 22 février, où il était précédemment commémoré.

 

 

Papias de Hiérapolis

2e siècle

 

Papias de Hiérapolis a posé quelques problèmes aux historiens, et en pose encore. 

Le Martyrologe Romain dit de lui qu’il fut évêque à Hiérapolis de Phrygie (Pamukkale, Denizli, ouest de la Turquie actuelle), qu’il fut disciple de Jean l’Ancien et ami (ou compagnon) de Polycarpe.

D’après l’historien Eusèbe, Papias serait né vers 70 en Phrygie et aurait connu l’apôtre Jean. Mais Papias lui-même écrit qu’il ne connaissait des apôtres que ce qu’on rapportait oralement d’eux, sans les avoir connus personnellement.

En outre, il semble que Papias, toujours cité par Eusèbe, fasse une distinction entre l’apôtre Jean et Jean l’Ancien, donnant à penser qu’il y eut peut-être deux personnages du même nom, auteurs l’un de l’évangile, l’autre des épîtres de «Jean».

L’œuvre de saint Papias est quasi perdue : on ne la connaît que par les citations et les témoignages des autres auteurs. Toutefois il est considéré comme un «Ancien», une référence, un Père de l’Eglise.

Papias aurait consigné dans ses écrits quelques témoignages des Anciens : la résurrection d’un mort par l’apôtre Philippe ; la mort de Judas, tellement enflé qu’il ne pouvait plus passer là où une charrette passait aisément et qui finit justement écrasé par cette charrette, en répandant ses boyaux dans la rue (voir d’ailleurs le discours de saint Pierre, Ac 1:18).

Papias aurait penché pour un millénarisme historique : Il y aura mille ans après la résurrection des morts et le règne du Christ aura lieu corporellement sur cette terre. Saint Irénée aussi, dans son chapitre final, fait allusion à un tel règne merveilleux, disant s’appuyer sur Papias. Mais on ne peut pas établir exactement la pensée de Papias, faute d’avoir sous les yeux son propre texte.

Enfin, on ne sait pas non plus comment mourut Papias. Peut-être martyr à Pergame en 163, date apparemment trop tardive…

Les opinions de Papias n’ont cependant pas empêché qu’il fût considéré comme un Saint. Son nom a été inscrit dans les martyrologes à partir du 9e siècle, et l’actuel Martyrologe Romain le mentionne comme Saint, qui a exposé les paroles du Seigneur (sermones Domini explanavit).

Il est commémoré le 22 février.

 

 

Paschasius de Vienne

† 313

 

Paschasius fut un homme de grande culture autant que de sainteté.

On est un peu incertain sur la date de son accession au siège épiscopal de Vienne (Gaule), où il fut le huitième titulaire.

Il semble qu’il soit mort en 313 : son successeur, Verus, assiste au concile d’Arles en 314, et le pape Silvestre, qui le mentionne dans une lettre, fut élu au début de 314.

Saint Paschasius de Vienne est commémoré le 22 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Maximianus de Ravenne

499-556

 

Maximianus était ce qu’on appellerait aujourd’hui un Croate : il naquit en 499 à Pula (Istrie), où il fut diacre.

Il devait être d’extraction modeste car, quand il fut choisi pour occuper le siège épiscopal de Ravenne en 546, les habitants le dédaignèrent pour son origine et lui préférèrent un autre candidat.

Pourtant, Maximianus avait été désigné par l’empereur Justinien, et consacré par le pape lui-même, Vigile, qui se trouvait alors à Patras (Grèce) : le pape Vigile venait d’être enlevé à Rome par une escouade de l’impératrice pour l’amener de force à Constantinople ; Maximianus réussit donc à le rencontrer pendant ce voyage, à une halte à Patras.

Il ne put s’installer sur son siège malgré sa consaération et fut contraint de vivre hors de Ravenne, patientant et priant, jusqu’à ce que les habitants comprirent qu’il était digne d’être leur évêque.

Ce fut un évêque constructeur et artiste : il fit achever la basilique Saint-Vital, construire celle de Saint-Apollinaire, fit réviser les livres liturgiques, enluminer des manuscrits, relire le texte de la Vulgate (le texte latin de la Bible établi par s. Jérôme, v. 30 septembre). On a remarqué que les sanctuaires de Ravenne ont été doté par lui de toiles, de portraits, de panneaux très précieux, éminents témoignages de l’art paléochrétien.

Il mourut le 22 février 556.

Saint Maximianus de Ravenne est commémoré le 22 février dans le Martyrologe Romain.

Piero Damiani

1007-1072

 

Piero (ou Pier) était le dernier d’une nombreuse fratrie, et fut mal accueilli : quand il naquit, en 1007 à Ravenne, sa mère refusa de l’allaiter. C’est une servante de la maison qui s’en occupa ; l’enfant put vivre. A la mort de ses parents, il fut pris en charge par un de ses aînés, qui lui fit garder les cochons.

Puis il fut recueilli par un autre frère, Damiano, qui se comporta cette fois en véritable père pour Pietro. Il l’envoya étudier à Ravenne, Faenza, Parme. Pietro eut toujours envers son aîné une profonde reconnaissance, et c’est pourquoi il signa toujours Pier de Damiano ou, en latin, Petrus Damiani.

Il fut très brillant et enseignait déjà à vingt-cinq ans à Parme et à Ravenne.

On suppose qu’il fut ordonné prêtre vers 1035.

Il entra alors dans le «désert» (couvent) camaldule de Fonte Avellana, et en devint bientôt cellérier (économe), maître des novices et prieur. Il y rétablit la pieuse coutume d’ajouter le petit Office de la Sainte Vierge. Il y développa la bibliothèque et fonda ou restaura un grand nombre d’autres monastères. Il y rétablit aussi l’esprit de mortification et les austérités traditionnelles (flagellations, pénitences, jeûnes, travail manuel).

Il y eut un intervalle, durant lequel Piero fut envoyé à Pomposa Guido (1040-1042) puis à San Vincenzo al Furio (Urbino). Piero était apparemment «sévère», mais parce qu’il voulait retrouver l’austérité initiale de son Ordre. Et c’est pour cela qu’il fut apprécié.

A cette époque, l’Eglise était rongée par deux plaies profondes : la simonie et l’incontinence des clercs. Il ne se gêna pas pour écrire aux Papes de solennelles invitations à plus de rigueur. Ce n’est qu’en 1058 que le pape Etienne IX agréa ses conseils et même le créa cardinal et évêque d’Ostie.

En 1059, le nouveau pape, Nicolas II chargea Piero d’une mission «purificatrice» à Milan, qui rétablit un ordre précaire quelques années seulement, tant le mal était grand.

Il fut chargé d’autres légations, à Cluny, Florence, Mantoue, Ravenne, Mont Cassin.

A Cluny, il y eut un gentil accrochage entre lui et l’abbé Hugues. Pier lui suggérait d’intensifier les mortifications physiques des moines, à quoi le saint abbé répondit : Fort bien, tu veux augmenter notre couronne en augmentant nos jeûnes. Mais, porte toi-même notre fardeau pendant huit jours, et tu jugeras alors ce qu’il convient d’y ajouter ; car, enfin, tu ne peux dire ce qui manque de sel à un mets avant d’y avoir goûté ; de même tu ne peux apprécier le poids que portent nos frères si tu n’y mets pas au moins le petit doigt. Pier Damiani essaya, et fut bien convaincu de ne pas insister !

Il rendit aussi visite à l’évêque Hugues de Besançon, qui le reçut fort bien.

Il insista beaucoup auprès du Pape pour renoncer à se charge épiscopale et regagner son couvent. Le fameux conseiller papal, Iildebrando, futur Grégoire VII, le menaçait d’une «pénitence de cent ans»… que Damiani accepta : il put se démettre et regagner Fonte Avellana, où il reprit ses habitudes monacales, ses mortifications sévères, ses jeûnes, etc.

Il fut encore envoyé en Allemagne pour s’opposer au divorce de l’empereur Henri IV.

En 1071, il alla rétablir la paix dans Ravenne, où l’évêque avait pris parti pour l’antipape. Au retour, la fatigue et la maladie l’arrêtèrent à Faenza, au monastère de Sainte Marie Hors les Murs : c’est là qu’il mourut, le 22 février 1072.

Il avait lui-même rédigé son épitaphe : Ce que tu es, je le fus ; ce que je suis, tu le seras (…) De grâce souviens-toi de moi. Regarde avec pitié ces cendres de Piero. Prie, pleure et dis : Seigneur, épargne-le.

Depuis 1512, il fut le patron de Faenza, qui fut délivrée du pillage par son intercession.

Pier Damiani fut canonisé par la voix populaire ; en 1821, son culte a été étendu à l’Eglise universelle, en même temps qu’il était proclamé Docteur de l’Eglise.

Sa fête liturgique est actuellement au 21 février.

 

 

Isabelle de France

1225-1270

 

Le roi de France Louis VIII, surnommé Le Lion, et son épouse Blanche de Castille, eurent onze ou douze enfants, dont les deux (ou trois) premiers moururent en bas âge, puis vinrent : Philippe (mort à neuf ans), Louis (qui fut Louis IX, v. 25 août), Robert, Jean (mort à treize ans), Alphonse, Philippe (mort à neuf ans), Isabelle, Etienne (mort à deux ans) et Charles. Il fut couronné roi en 1223 et mourut en 1226.

On le voit : Isabelle ne connut pas vraiment son père, car elle n’avait pas deux ans quand il mourut. Sa pieuse mère, Blanche, s’appliqua à instruire elle-même son unique fille, à laquelle elle donna ensuite comme gouvernante Madame de Buisemont, dont elle connaissait bien la sagesse et la vertu.

Isabelle se cultiva dans tous les domaines des sciences et des arts, pour lesquels elle montrait plus d’intérêt que pour les fêtes et les belles parures.

Blanche et son aîné, Louis, eurent l’idée que le mariage d’Isabelle avec le fils de l’empereur de Germanie, aurait été profitable à l’Etat. De son côté, le pape y voyait aussi un facteur de paix pour l’Italie et l’écrivit à Isabelle. La jeune fille était déjà tellement déterminée à se consacrer à Dieu, qu’elle répondit avec une humble sincérité au Pontife que son choix était déjà fait, à quoi le pape répondit à son tour qu’il la félicitait pour cette volonté de se consacrer au Seigneur.

Dès lors, Isabelle fut une moniale dans le palais royal. Les meilleurs plats étaient portés de sa part à l’hôpital ou à un couvent pauvre ; elle se confessait presque chaque jour et s’imposait une rude discipline après avoir reçu l’absolution ; elle veillait, priait l’Office et méditait.

Les douceurs de l’union à Dieu et de la famille royale n’empêchèrent pas la Princesse de souffrir beaucoup de longues et douloureuses maladies, qu’elle supportait avec la joie d’unir quelques souffrances à celles du Rédempteur. Il y eut des deuils : celui de son frère Robert, victime de sa précipitation indisciplinée lors de la croisade (1250), celui de sa mère Blanche (1252). Elle fut attristée des mauvais résultats de la croisade en Terre Sainte et de la captivité de son frère Louis.

Avec l’assentiment de ce dernier, une fois revenu à Paris, elle se retira complètement de la cour et fonda à Longchamp un couvent de Clarisses, qu’elle mit sous le vocable de l’Humilité de Notre-Dame et qu’elle voulut appeler Sœurs Mineures. La règle était celle de sainte Claire (v. 11 août), un peu adoucie ; le pape intervint à son tout pour modifier quelques articles. La fondation eut lieu en 1255, et le monastère était prêt en 1259.

Isabelle ne fit pas partie de la communauté, mais vécut en étroite communion avec les Religieuses. C’est qu’elle craignait qu’à cause de son sang royal, on l’élût abbesse, mais aussi elle savait qu’à cause de ses indispositions, elle aurait dû demander de trop fréquentes dispenses, ce qui aurait été d’un mauvais exemple pour les Religieuses. Elle s’établit donc dans un endroit retiré, cousant ou réparant les vêtements des pauvres et les siens, et à l’occasion apportait un soutien nécessaire à la communauté, par ses propres ressources.

Saint Bonaventure (v. 15 juillet) lui dédia un traité de vie spirituelle De Perfectione vitæ et vint plusieurs fois y prêcher.

Cette vie retirée dura dix années. Les six dernières, Isabelle souffrit de maux constants. Elle fut favorisée d’extases et sut à l’avance le jour de son décès, qu’elle annonça au pape : elle lui demandait sa bénédiction, et la faveur de permettre à sa famille d’assister à ses funérailles dans le monastère.

Parvenue à sa dernière heure, elle se fit mettre sur la paille, comme l’avait fait sa mère Blanche vingt ans plus tôt ; elle fit ses adieux aux Religieuses, reçut les Sacrements et s’éteignit le 22 (ou 23) février 1270.

En mai de la même année, Louis IX partait pour la huitième croisade et allait mourir de la peste le 25 août suivant.

Isabelle fut béatifiée en 1521 et inscrite au Martyrologe au 22 février.

On sait peut-être que l’abbaye de Longchamp fut détruite par la révolutionnaires déchaînés et profanateurs, et que le site en est régulièrement piétiné par les courses hippiques.

 

 

Margherita de Cortone

1247-1297

 

Cette Margherita naquit en 1247 à Laviano (Pérouse, Italie centrale), de parents simples dont on n’a pas conservé les noms et prénoms ; certains avancent le prénom de Tancredi pour le père, qui aurait même été de la famille di Bartolomeo, on ne sait ;  mais ces parents la firent baptiser régulièrement à Pozzuolo Umbro.

Bientôt orpheline de mère, elle fut traitée durement par sa belle-mère et, peu à peu, se laissa aller à une vie très désordonnée. 

A seize ou dix-huit ans, elle quitta la maison paternelle pour suivre un gentilhomme riche de Montepulciano, Arsenio (qu’on aurait identifié comme étant Raniero del Pecora), dont elle eut un fils, Jacopo.

Deux versions s’affrontent en réalité ; l’une, où Margherita ne se serait jamais mariée, mettant en relief sa conversion exemplaire ; l’autre où elle aurait fini par épouser ledit Arsenio, et menant avec lui une vie de château aisée et mondaine.

Des années passèrent dans le luxe et le plaisir. Margherita n’était pas complètement séparée de Dieu et nourrissait des remords pour cette vie qui scandalisait tout le pays. Mais elle ne se décidait pas à faire ce mouvement de conversion qui l’aurait conduite à la libération de sa conscience. La Providence l’aida.

Son concubin vint à être assassiné par des brigands (ou des citadins jaloux, on ne le sut jamais). Margherita n’arrivait pas à retrouver son pauvre amant, mais y fut conduite par le chien de celui-ci. Voyant le mort à terre, elle prit enfin la décision qu’elle remettait depuis longtemps.

Elle vint demander pardon à son père, lui demandant l’hospitalité pour elle et son fils, mais la belle-mère la fit partir promptement. La famille du mort la mit aussi à la porte. Elle alla à la messe de la paroisse et demanda pardon à tous les paroissiens pour le scandale qu’elle leur avait donné.

Cette conversion ne se fit pas si facilement, cependant ; le diable suscita les moqueries des uns, la méchanceté et l’incrédulité des autres, et Margherita fut tentée de retomber dans le péché, mais elle persévéra dans l’humilité et le repentir.

Elle alla trouver les pères franciscains de Cortone, leur confia l’état de son âme et leur demanda l’habit du Tiers-Ordre. Les Pères lui imposèrent trois années de mise à l’épreuve. Durant ce temps, elle confia son fils aux Frères mineurs d’Arezzo, et s’adonna à des pénitences continues, dans la prière et la contemplation du Christ souffrant. Elle se fit traîner par une corde au cou à travers les rues, pour proclamer partout où elle pouvait combien elle regrettait sa vie antérieure. Ses confesseurs durent mitiger les pénitences qu’elle voulait s’imposer.

La conversion de Margherita fut très agréable à Dieu, qui la favorisa en retour de grandes grâces : elle vit son ange gardien, elle eut des révélations et des visions extraordinaires, où Notre-Seigneur lui parlait avec la plus grande familiarité.

Elle commença à se faire sage-femme, puis elle suscita une confraternité de tertiaires, les Poverelle ou Petites Pauvres, une autre dite de Marie de la Miséricorde pour des dames qui voulaient assister les pauvres et les malades, et fonda en 1278 le premier hôpital de Cortone. Elle était partout, à la cuisine, dans la rue faisant la quête, soignant les malades, apaisant les factions qui s’agitent dans Cortone.

Son exemple amena beaucoup de personnes à se convertir à leur tour, mais aussi les Ames du purgatoire elles-mêmes sollicitèrent ses prières pour être libérées des tourments qu’elles avaient à souffrir.

Après vingt-trois années de cette vie pénitente, Margherita connut par une lumière céleste que sa dernière heure allait sonner, et qu’elle serait assistée en ce moment suprême par toutes les âmes que ses prières avaient contribué à délivrer du Purgatoire.

Elle mourut à Cortone le 22 février 1297.

La population se chargea de la béatifier spontanément après sa mort, laissant seulement au pape le soin d’en confirmer le culte en 1653. Margherita de Cortone, cette nouvelle Magdeleine, fut canonisée en 1728.

Son corps est resté sans corruption depuis sept siècles.

Aujourd’hui, la prudence que nous recommande l’Eglise, nous conduirait à considérer que Margherita a certainement excédé les justes mesures de la discrétion dans la pratique des humiliations, et l’on ne doit pas suivre sa conduite ; l’important est de constater sa repentance et de la rechercher aussi pour nous-mêmes.

 

 

Diogo Carvalho

1578-1624

 

Ce prêtre était né vers 1578 à Coimbra (Portugal), de Álvaro Fernandes et Margarida Luís.

Il entra chez les Jésuites dès 1594 et fut bientôt envoyé aux missions d’Extrême-Orient.

C’est là-bas, à Macao, qu’il étudia la philosophie et la théologie et fut ordonné prêtre.

En 1609, il entra au Japon, heureux de marcher sur les pas de saint François Xavier (voir au 3 décembre), mais à cause de la persécution, il passa en Cochinchine et fonda une première communauté chrétienne.

On sait seulement qu’il se retrouva à Macao en 1614. Mais comment rentrer au Japon ? Il se déguisa en simple ouvrier et rejoignit ainsi les jeunes communautés, où il put confesser.

Il ne faudrait pas croire que tout ceci arrivait simplement ; c’était une lutte de tous les jours. Et le père Diogo eut la malice de faire passer à ses Supérieurs beaucoup de lettres, où il racontait ses périples, ses soucis, ses conquêtes pour le Christ. Il y raconte comment il priait le bréviaire sous sa couverture, quand tout le monde dormait.

Il fut découvert avec une dizaine de Chrétiens, qui furent conduits au tribunal de Xendai. On les menaça de périr par le feu, mais comme ils restaient intrépides, on les envoya dans des réservoirs d’eau glacée, où ils moururent lentement.

Le père Diogo mourut ainsi vers minuit, le 22 février 1624.

Il fut béatifié parmi deux-cent cinq Compagnons, en 1867.

 

Voir la notice Japonais Martyrs 1603-1639

Miguel Facerías Garcés

1861-1937

 

Né le 22 février 1861 à Perarrúa (Huesca), Miguel était le fils d’un tailleur, prénommé aussi Miguel, et de María, d’humbles chrétiens qui firent baptiser leur enfant huit jours après la naissance.

A son tour, Miguel apprit et exerça le métier de tailleur.

En 1881, il entra dans la congrégation des Clarétains comme frère convers. La maladie l’obligea à revenir dans sa famille le temps de soigner de pénibles vomissements de sang : il versait déjà son sang… Rétabli, il reprit le noviciat et fit la profession en 1883.

On peut dire qu’il continua à exercer son métier de tailleur, mais pour la gloire de Dieu : toutes les tuniques que devaient porter les Religieux, les réparations qu’il fallait y porter aussi, passaient par ses mains. Le Frère était tout attentif à rendre service.

Il fut dans la communauté d’Alagón, puis en celle de Cervera (1889). C’est alors qu’il publia un opuscule sur l’art du tailleur, assez bien accueilli et qui fut réédité tant à Cervera qu’à Barcelone en 1910.

En 1904, il dut aller à Olesa de Montserrat, où il fut soigné à nouveau pendant deux années.

En 1906, on put l’envoyer à Vich, où il demeura jusqu’à la mort, toujours occupé à couper et à coudre des vêtements.

En juillet 1936, son «métier» fut interrompu car il fut contraint d’abandonner le collège et de se réfugier chez un ami de l’endroit. Désormais, il allait occuper son temps dans la prière, l’abandon à Dieu et la préparation à l’ultime rencontre.

Avec un autre Confrère, malade comme lui, ils se présentèrent au Comité pour demander l’autorisation d’être hébergés dans un autre établissement, un ancien couvent de Religieuses devenu hospice municipal pour les vieillards.

Au Comité, on leur demanda qui ils étaient. Il répondit qu’ils étaient Frères du Cœur de Marie (les Clarétains en effet se disent Fils du Cœur Immaculé de Marie). On leur répondit : Vous méritez de recevoir quatre balles. Oh, répondit le Frère Miguel, comme nous sommes des petits vieux, deux suffiront.

Le 13 août, ils obtinrent l’autorisation. Mais Miguel ne craignait pas de sortir pour aller voir les Confrères là où ils s’étaient réfugiés. On lui fit remarquer qu’il s’exposait beaucoup. Il répondait : Je m’en fiche, s’ils me tuent.

Le 17 décembre, l’hospice fut supprimé. Miguel, son Confrère et deux autres encore, trouvèrent refuge dans une ferme voisine à Santa Cecilia de Voltregá ; là encore, Miguel rendit ses services de tailleur, enseignant aussi le catéchisme aux enfants de la famille.

On dénonça les Frères au maire du pays. Ce dernier affirmait qu’il devait nettoyer le pays de la cochonnerie cléricale. Le 22 février 1937, donc, jour du soixante-seizième anniversaire du Frère Miguel, se présentèrent à quinze heures quatre miliciens, le maire, le président du Comité et deux autres. Miguel priait dans le bois voisin ; il s’apprêtait à rentrer, quand on lui fit des gestes de rester dehors et de se cacher, mais il ne comprenait pas et s’avançait tranquillement.

Les  hommes lui dirent qu’ils l’arrêtaient. Sa réponse fut :  Si c’est la volonté du Seigneur, je suis préparé pour le martyre.

- Qui êtes-vous ?

- Le tailleur des Missionnaires.

- Vous connaissez quelqu’un à Vich ?

- Oui, le Maire.

- Suivez-nous !

- Vous me permettez de me changer ? (et à la maîtresse de maison) Le plus certain, c’est qu’ils vont me tuer. Tenez, prenez ces chapelets, ils vont les profaner…

Comme tout le monde pleurait, le maire s’échauffa : Les larmes ne me touchent pas, même ma femme n’y arrive pas !

Et la maîtresse de maison : Si vous voulez le tuer parce qu’il a dit la messe, sachez qu’il ne l’a jamais célébrée !

Au Comité, on se moqua du Frère. Même le chauffeur s’en prit au président : Espèce de sale bête, où veux-tu en finir avec ce petit vieux ? Tu n’as pas honte de zigouiller un vieillard pareil ?  Et l’autre : C’est un frère ou un chanoine. C’est notre devoir d’en finir avec cette race.

Puis ils partirent à Vich. D’après certains témoins, c’est au matin du 23 février qu’on emmena le frère Miguel au lieu-dit Pont del Llop, où ils le fusillèrent. Malgré ce détail, on a retenu le 22 février comme le jour «officiel» de sa mort.

Frère Miguel fut béatifié en 2017.

Le nom du bienheureux Miguel Facerías Garcés sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 22 février.

 

 

Richard Henkes

1900-1945

 

Richard naquit le 26 mai 1900 à Ruppach-Goldhausen (Westerwald, Rhénanie-Palatinat, Allemagne W), un des huit enfants de parents très chrétiens.

Le papa était tailleur de pierres ; la maman, elle, s’occupa très attentivement de l’éducation religieuse de ses enfants ; chaque soir, elle traçait la croix sur leur front avec de l’eau bénite.

Richard fréquenta l’école primaire à Ruppach, où l’instituteur lui décerna un bon éloge.

A Ruppach venaient célébrer les Pères Pallottins, dont certains revenaient du Cameroun, provoquant l’enthousiasme de Richard ; il entra dans leur lycée de Vallendar pour ses études secondaires (1912-1919). La pension était coûteuse, mais les parents Henkes payaient les Pères en produits de leur terre.

Déjà Richard tendait vers la Vérité et la Liberté. En 1918, Richard devait rejoindre l’armée à Griesheim et Darmstadt, mais il fit d’abord une année de préparation à Montabaur, au terme de laquelle il pouvait prétendre un grade d’officier.

Fin 1918, la guerre s’achevait ; Richard put désormais retourner à Vallendar, passer son baccalauréat en 1919 et intégrer le noviciat des Pallottins à Limburg.

En 1921, il fit la première profession et, en 1925, il fut ordonné prêtre ; il se signala tout de suite comme un vaillant prédicateur et formateur. Il travailla énergiquement une année à Schönstatt, tant et si bien qu’on dut bientôt l’envoyer se reposer à la maison de Maria-Hilf, mais le p.Richard ne savait pas écouter les conseils qu’on lui donnait pour se remonter ; même le supérieur disait que c’était autant interdire à un chien d’aboyer. Le Père Richard n’était pas désobéissant : il ne se rendait pas compte de son état réel ; quand il comprit qu’il était gravement malade de tuberculose, il se soumit entièrement aux soins qu’on lui imposait, en Forêt Noire, avec un bonne nourriture et un grand repos.

Les Supérieurs l’auraient bien envoyés, une fois rétabli, en Afrique du Sud, mais le médecin s’y opposa. Richard fut alors envoyé dans une école des Alpes, puis de nouveau à Schönstatt.

A partir de 1931, il exerça en Allemagne Orientale, à Katscher, Frankenstein et Branitz.

En 1937, il osa élever la voix contre les abus du régime nazi, ce qui lui valut un premier avertissement. La même année, il critiqua ouvertement le chancelier Adolf Hitler et aurait pu passer en jugement à Breslau, mais il y échappa grâce à l’amnistie qui fut proclamée lors de l’Anschluß de l’Autriche à l’Allemagne.

En 1939 mourut son cher papa. Il fut aux obsèques et, à cette occasion, parla du sort des Tchèques et de leur pays. A cette occasion, il s’ouvrit clairement sur sa désapprobation totale de l’annexion de la Tchécoslovaquie par le pouvoir nazi ; il avait exercé son apostolat près de la frontière tchèque et connaissait ce peuple ; il l’aimait et le montra bien au futur cardinal Beran, lorsqu’il le rencontra à Dachau. D’autres prisonniers purent aussi témoigner que Richard avait appris la langue tchèque pour se rapprocher de ce peuple. Un jour qu’en classe un élève avait utilisé un mot tchèque, et que toute la classe avait ri, le père Richard donna une punition collective à toute la classe. De leur côté, les prêtres Tchèques ont conservé un souvenir vivant de ce prêtre allemand qui les aimait tant.

En 1943, une prédication du p.Richard à Branitz entraîna son arrestation à Ratibor et son internement à Dachau, le 10 juillet.

Dans la baraque 17 de ce camp, il s’occupa tranquillement et courageusement des malades, surtout ceux atteints de typhus, qu’il contracta à son tour et dont il mourut le 22 février 1945.

Reconnu martyr, Richard Henkes a été béatifié en 2019.

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  • : Plus de 9000 notices de Bienheureux et Saints. Ont été successivement illustrés : - Les personnages bibliques de l'ancien et du nouveau Testaments. - Tous les Saints et Bienheureux reconnus, depuis les débuts de l'Eglise jusqu'aux derniers récemment proclamés. En outre, des commentaires pour tous les dimanches et grandes fêtes (certains devant être très améliorés). Sur demande, nous pourrons vous faire parvenir en plusieurs fichiers pdf l'intégralité du Bréviaire romain latin, "LITURGIA HORARUM", qui vous permettront d'éviter beaucoup de renvois fastidieux, notamment pour les périodes de Noël et Pâques. Les textes sont maintenant mis à jour selon le nouveau texte de la Nova Vulgata (ed. 2005). Nous avons aussi le Lectionnaire latin pour toutes les fêtes du Sanctoral, sans renvois, également mis à jour selon le texte de la Nova Vulgata. Bienvenue à nos Lecteurs, à nos abonnés, avec lesquels nous entamerons volontiers des échanges. Bonne visite !
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