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23 février 2020 7 23 /02 /février /2020 00:00

23 FEVRIER

 

II.

S Polycarpe, disciple de s. Jean, évêque à Smyrne et martyr ; c’est le premier exemple où les chrétiens recueillirent des reliques pour les vénérer.

III.

Ste Marthe, vierge et martyre à Astorga.

S Polycarpe, prêtre à Rome, grand ami de s. Sébastien (?).

IV.

S Sirenus ou Sinerus, grec venu à Sirmium, jardinier contemplatif, martyr ; invoqué pour obtenir le beau temps.

Ste Romaine, vierge solitaire à Todi, baptisée par le pape s. Sylvestre (ou VI. ?).

S Priamien (Primien), grec martyr, vénéré à Ancône.

V.

S Florent, confesseur à Séville.

Ss Zebinas, Polychrone, Moïse et Damien, ermites à Cyr.

S Veterin (Veturin), disciple de s. Martin, en Anjou, patron de Gennes.

VI.

S Dosithée, jeune homme (orphelin ?) qui fut touché par la grâce de Dieu (peut-être sur révélation de la Sainte Vierge) à Jérusalem et se sanctifia au monastère de Gaza.

VII.

S Félix, évêque à Brescia pendant quarante ans ; il lutta contre l’arianisme et fit lever des troupes pour combattre Mahomet.

VIII.

Ste Milburth, petite-fille du roi de Mercie, fille de ste Ermenburge, sœur des saintes Mildgytha et Mildrith ; elle introduisit le monachisme dans les terres de son père, fut abbesse à Wenlock et thaumaturge.

IX.

S Méraut (Meraldus), abbé près de Blois.

XI.

S Willigis, archichancelier d’empire, archevêque à Mayence, primat de Germanie ; il couronna s. Henri et eut un rôle

considérable dans l’empire.

B Ordonio, bénédictin, prédicateur, évêque à Astorga.

S Milon, auvergnat, chanoine à Paris, évêque à Bénévent.

XII.

B Othon, prieur à Prémontré, frère du b. Godefroy de Cappenberg, marial.

S Giovanni Theristis, moine sicilien de l’ordre basilien ; son surnom (= moissonneur) lui vint d’un miracle qu’il obtint en faveur de paysans surpris par la pluie.

XVIII.

B Nicolas Tabouillot, curé dans la Meuse, martyr aux Pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XIX.

Bse Rafaela Ybarra de Arambarri de Villalonga, espagnole, mère de six enfants et mère adoptive des cinq orphe

lins de sa sœur et des six enfants de sa bru, toutes deux décédées ; elle fonda à Bilbao le Collège des Anges Gardiens, pour les petites filles abandonnées, béatifiée en 1984.

XX.

Bse Giuditta Vannini (Giuseppina, 1859-1911), fondatrice des Filles de Saint-Camille, pour les malades, béatifiée en 1994, canonisée en 2019.

B Juan Lucas Manzanares (Braulio Carlos, 1913-1937), des Frères des Ecoles Chrétiennes, martyr près de Madrid, béatifié en 2013.

B Stefan Wincenty Frelichowski (1913-1945), prêtre polonais mort d’épuisement à Dachau, béatifié en 1999.

Polycarpe de Smyrne

69-155

 

Polycarpe, comme son nom l’indique, porta «beaucoup de fruits» après avoir reçu la grâce du baptême.

Il aurait été originaire du Moyen-Orient et, tout jeune, amené à Smyrne (actuelle Izmir, à l’extrême Ouest de la Turquie, sur la Mer Egée) par des marchands qui le vendirent à Kallisto, une noble chrétienne qui lui confia ensuite l’administration de sa maison.

Héritier de ces biens, Polycarpe s’en servit pour grandir dans la connaissance de l’Ecriture et la pratique des vertus, s’instruisant et aidant les pauvres.

Il reçut le diaconat de Bucolus, l’évêque de Smyrne. Il rencontra également l’apôtre Jean, qui était à Ephèse. Ephèse et Smyrne sont deux villes très voisines.

Polycarpe fut le maître d’Irénée, futur évêque de Lyon, qui en parle en des termes montrant qu’il l’a connu de très près, et tenu en grande estime.

Il est possible que ce soit l’apôtre Jean qui l’ait établi évêque à Smyrne, et que ce soit de lui que parle l’auteur de l’Apocalypse, le désignant comme l’Ange de Smyrne (Ap 2:8-10).

Polycarpe put gouverner son diocèse relativement tranquillement, tandis qu’ailleurs la persécution sévissait : Ignace d’Antioche fut envoyé à Rome pour y être dévoré par les bêtes du cirque. En voyage, Ignace salua avec effusion Polycarpe, avec lequel ensuite il échangea encore des lettres.

Polycarpe vint à Rome rencontrer l’évêque de Rome, Anicet, en 154, et tous deux furent d’avis qu’il fallait laisser les Eglises d’Orient et d’Occident célébrer la Pâque selon leurs traditions respectives. La division sur ce sujet ne date donc pas d’hier !

Rentré à Smyrne, Polycarpe y fut rejoint par la persécution. Le saint évêque, avancé en âge, se protégeait pour défendre son troupeau, sans pour autant fuir le martyre, à l’heure qu’il plairait à Dieu. Un enfant cruellement battu révéla la cachette de l’évêque.

Retrouvé par les services de police, Polycarpe reçut les soldats avec civilité, leur fit servir à manger et leur demanda un peu de temps pour prier. 

En route vers l’amphithéâtre, Polycarpe fut à un moment jeté à terre du char qui le transportait, et quoique blessé à la jambe, termina le trajet à pied. Amené devant le proconsul qui l’invitait à renier le Christ, il répondit fièrement : Il y a quatre-vingt-six ans que je le sers, et il ne m’a jamais fait aucun mal ; comment pourrais-je blasphémer mon Sauveur et mon roi ?

Quand le proconsul menaça Polycarpe du feu, il répondit : Le feu dont tu menaces est un feu qui ne brûle qu’un moment ; au bout d’un instant, son ardeur s’amortit ; ce que tu sembles ignorer, c’est qu’il est un feu d’éternelle punition dont la flamme ne s’éteindra jamais pour le châtiment des impies.

Le visage de Polycarpe sembla alors resplendir d’une lumière céleste. La foule enragée prépara le bûcher. On voulait l’y attacher, mais il s’y opposa : Celui qui m’a donné la volonté de souffrir pour lui m’en donnera la force.

Quand le feu fut allumé, dit le témoin oculaire, les tourbillons de flammes se courbèrent en arc, s’étendant à droite et à gauche, et représentèrent une voile de navire enflée par le vent. Cette voûte de feu couvrit le corps du saint martyr, sans que la moindre étincelle osât pour ainsi dire en approcher ni toucher ses vêtements. Le corps avait la couleur d’un pain nouvellement cuit, ou d’un mélange d’or et d’argent en fusion. On respirait comme un agréable mélange d’encens, de myrrhe et de parfums précieux qui dissipait la mauvaise senteur du feu… On dit à (l’un des assistants) d’enfoncer son poignard dans le corps du martyr. Il le fit, et à l’heure même le sang éteignit le feu ; en même temps on vit une colombe sortir du milieu de ces flots et prendre son essor vers le ciel.

Les fidèles recueillirent les restes de Polycarpe, malgré les instances des Juifs présents pour les faire disparaître. C’est le premier exemple attesté d’un culte de saintes reliques.

Le dies natalis de saint Polycarpe est unanimement reconnu au 23 février, d’une année qui devrait être 155, bien que certains aient proposé 166.

 

 

Sirenus jardinier

† 307

 

Sirenus (ou Sinerus, peut-être Sineros) était d’origine grecque.

Ayant tout quitté pour servir Dieu dans la solitude, il vint à Sirmium (Pannonie, act. Sremska, Serbie), où il exerçait le métier de jardinier, priant, méditant, comme un véritable ermite.

Quand Dioclétien proclama la persécution, Sirenus commença par se cacher puis revint peu après dans son jardin.

Il arriva un jour qu’une femme d’officier s’introduisit dans le jardin de Sirenus avec ses deux servantes. Habitué à la solitude, et pensant éviter toute conversation inutile, Sirenus pria les dames de se retirer. La femme d’officier alors en informa immédiatement son époux par lettre - et le courrier fit diligence.

L’officier en référa à l’empereur, qui était alors Maximien, et en obtint sur le champ la permission de partir pour la Pannonie. Arrivé sur place, il alerta le gouverneur, qui convoqua sans attendre notre Sirenus.

La réponse de Sirenus fut très calme : Je n’ai jamais injurié une femme de qualité ; je sais seulement qu’une femme est entrée dans mon jardin à une heure peu convenable (pendant la sieste) et je lui en ai fait la remarque.

Le gouverneur fut surpris de cette réponse et aurait pu procéder à un non-lieu ; mais il soupçonna Sirenus d’être chrétien et l’interrogea sur sa foi. Sa sentence ne se fit pas attendre : Puisque tu nous as échappé jusqu’à ce jour et que tu as refusé de sacrifier aux dieux, j’ordonne que tu aies la tête tranchée.

Sirenus fut décapité sur place, le 23 février 307.

On l’invoque pour le beau temps, soit en raison de son travail, soit en raison de son nom, que certains écrivent parfois Serenus, ce qui au fond revient au même.

Saint Sirenus jardinier est commémoré le 23 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Milburth de Wenlock

† 715

 

Petite-fille du roi Penda de Mercie, Milburth (ou aussi Milburga, Milburgh) naquit dans cette région, aînée des trois filles de Merewalh et de Ermenburge (v. 19 novembre). Les deux sœurs de Milburth, Mildgytha et Mildrith, se trouvaient également au Martyrologe (v. 17 janvier et 13 juillet) ; on identifiait les trois sœurs aux trois vertus cardinales de Foi, Espérance et Charité.

Milburth dut affronter une pénible épreuve, lorsqu’un prince impie du voisinage prétendit être épris d’elle et tenta de la faire enlever. Milburth s’enfuit, passa miraculeusement à gué les eaux de la rivière Corf, et se retrouva saine et sauve sur l’autre rive, tandis que les vagues s’agitaient en empêchaient aux poursuivants de la rejoindre. C’est l’épisode de l’Exode (Ex 14) qui se répétait.

Elle fut la première à introduire la vie monastique sur les territoires de son père, en faisant construire vers 680 un monastère à Wenlock (auj. Much Wenlock), dont elle fut consacrée abbesse en 687 par Theodorus de Canterbury (v. 19 septembre).

Milburth fut aussi la protagoniste d’une autre événement qui devait encore se vérifier avec sainte Wereburge (v. 3 février) : elle «chassa» une troupe d’oies sauvages de son territoire, avec ordre de n’y plus paraître, ce à quoi obéirent les braves bêtes. Milburth pria et rendit la vie à l’enfant d’une pauvre veuve. 

Elle mourut le 23 février 715 et de nombreux miracles eurent lieu à son tombeau.

Les Danois détruisirent l’abbaye vers 874 ; plus tard (1078), lorsqu’on reconstruisit l’église, on retrouva le tombeau de sainte Milburth.

Sainte Milburth est commémorée le 23 février dans le Martyrologe Romain.

Willigis de Mayence

940-1011

 

Willigis (latin Willigisus) naquit vers 940 probablement à Schöningen (act. Basse Saxe, Allemagne C), de parents peu riches.

Il reçut cependant une excellente formation de l’évêque de Meißen, Volkold, grâce auquel il fut introduit à la cour d’Otto Ier vers 969 et, en 971, devint chancelier sous Otto Ier et son successeur, Otto II.

En 975, il fut appelé au siège épiscopal de Mayence et le pape l’institua aussi primat de Germanie.

Dès lors, Willigis fut de ces personnages-clefs de l’empire, participant aux affaires importantes, encourageant les études, les lettres, les arts.

Willigis fut ainsi considéré comme le Père de l’Empereur et de l’Empire. En 983, il participa à la diète de l’empire sous Otto II, qui lui concéda d’immenses territoires. A la mort d’Otto II, l’impératrice exerça la régence  jusqu’à sa mort en 991, date à laquelle Willigis la remplaça jusqu’à la majorité d’Otto III en 994. En 996, il accompagna Otto III à Rome et contribua à l’élection de Grégoire V, qui était parent d’Otto. En 1002, il fit reconnaître Heinrich II comme successeur d’Otto III et le couronna à Mayence.

Ce couronnement et les suivants eurent lieu dans la cathédrale de Mayence, qui fut construite sous Willigis, conçue assez spatieuse pour pouvoir éventuellement recevoir l’ensemble de la population de la ville : achevée une première fois en 1009, elle fut détruite par un incendie la veille-même de sa consécration et le pauvre évêque eut la patience de la faire reconstruire immédiatement ; il fonda aussi l’église Saint-Etienne (990) et celle de Saint-Victor (994) ; il fit en outre construire un pont de pierre sur la rivière Nahe.

Il n’y eut pas que ces heureuses entreprises. Willigis eut un démêlé avec l’évêché voisin de Hildesheim au sujet de la juridiction sur le monastère des Bénédictines de Gandersheim. Un concile local et une décision romaine décidèrent pour Hildesheim, et Willigis, après avoir reçu un blâme du Pape, mit plusieurs années à se soumettre. 

Mais le prestige du grand évêque ne s’obscurcit pas. Quand il mourut, le 23 février 1011, il fut pleuré de tous.

Saint Willigis est commémoré le 23 février au Martyrologe Romain. 

Le diocèse de Meißen est maintenant centré sur Dresden.

 

 

Giovanni Theristis

995-1054

 

On situe la naissance de Giovanni vers 995. Son père, Arconte de Cursano, périt durant une incursion des Sarrazins en Calabre (Italie S). Sa mère, enceinte, fut enlevée à Palerme (Sicile), où naquit l’enfant.

Il grandit dans cette ambiance musulmane, mais sa mère lui enseigna la foi chrétienne et, quand il eut quatorze ans, l’encouragea à s’enfuir de là et de gagner son pays d’origine, en Calabre. 

On dit qu’il traversa le détroit de Messine sur une embarcation sans rame ni voile, équipé seulement de son petit crucifix. Ailleurs, on dit qu’à un moment il fut repéré par une galère des Sarrazins, mais qu’il échappa à leur vue. Il accosta à Monasterace.

Les habitants, voyant ce garçon vêtu à la mauresque, le dénoncèrent à l’évêque, qui l’interrogea. Le garçon affirma qu’il voulait être baptisé. Après bien des questions et des mises à l’épreuve, l’évêque le baptisa et lui donna son nom, Giovanni. Nous ne savons donc pas comment s’appelait Giovanni jusque là.

Voulant imiter s. Jean-Baptiste, Giovanni voulut se retirer au désert. Or, il eut connaissance d’un monastère basilien proche de Stilo et y connut deux moines, Ambrogio et Nicola, grâce auxquels il fut très attiré par la vie d’ascète : il fut enfin accueilli et édifia toute la communauté.

Avec la permission du supérieur, il allait dans une grotte voisine où se trouvait une source d’eau fraîche, glaciale en hiver. Il s’y plongeait pour prier, loin du monde et des hommes, seul avec Dieu.

Un jour d’été, il sortit rendre visite au seigneur qui aidait le monastère par ses largesses. Giovanni avait pris avec lui un quignon de pain et une gourde de vin ; en arrivant sur les terres du seigneur, il offrit aux moissonneurs qui y travaillaient, son pain et son vin, qui ne diminuaient pas tandis qu’ils mangeaient et buvaient tous. Puis Giovanni les laissa. Un gros orage se déchaîna alors et les ouvriers se mirent à l’abri, bien inquiets pour leur récolte ; passsé l’orage, ils virent que toute la récolte était faite, et ramassée en sûreté. Mais où était passé le «moine» ? Giovanni était rentré au monastère. Le seigneur comprit de qui il pouvait s’agir et fit cadeau de toute sa récolte aux moines. C’est depuis ce moment-là qu’on surnomma Giovanni Theristis, c’est-à-dire moissonneur, d’après le grec.

Giovanni rechercha aussi le lieu d’origine de sa famille et de son père. A Cursano, il retrouva un coffre avec beaucoup d’argent, qu’il distribua aux pauvres.

Après la mort de Giovanni, le 23 février 1054, il y eut d’innombrables guérisons de malades au simple contact de la tunique du saint moine. Le roi Ruggero fut ainsi guéri d’une douloureuse plaie incurable au visage.

Il n’est pas indifférent de remarquer que c’est en cette même année 1054 que se produisit la regrettable fracture entre l’Eglise d’Orient et l’Eglise d’Occident. Pendant longtemps, tant les Grecs que les Latins ont commémoré Giovanni Theristis le 24 juin, le même jour que s. Jean-Baptiste. Le Martyrologe a reporté cette fête au 23 février.

 

 

Nicolas Tabouillot

1745-1795

 

Nicolas naquit le 16 février 1745 à Bar-le-Duc (Meuse).

Curé de Méligny-le-Grand (Meuse), il refusa, comme beaucoup d’autres prêtres, de prêter le serment à la Constitution et fut déporté à Rochefort.

Plus de huit cents prêtres et religieux furent envoyés à Rochefort, pour être successivement déportés en Guyane, mais les déportations durent cesser grâce aux navires anglais le long des côtes françaises. Les prêtres furent alors enfermés dans des navires, où la plupart moururent de maladie, de mauvais traitements, de noyades ou de fusillades. Ceux qui étaient réduits à l’état d’agonisants furent déchargés sur l’Ile Madame.

L’abbé Nicolas Tribouillot, qui était à bord du Whashington, mourut le 23 février 1795, sur l’Ile Madame (Charente Maritime). Il avait cinquante ans depuis une semaine.

Deux siècles après, il est béatifié dans un groupe de soixante-quatre Martyrs de la Révolution française, en 1995.

 

 

Rafaela Ybarra de Arámbarri de Villalonga

1843-1900

 

Rafaela María de la Luz Estefanía naquit le 16 janvier 1843 à Bilbao (Pays Basque, Espagne), de Gabriel María de Ybarra y Gutiérrez de Caviedes et María Rosario de Arámbarri y Mancebo, un foyer aisé qui procura à leur fille une éducation soignée et chrétienne.

En 1861 elle épousa José de Villalonga y Gipuló, un ingénieur, et mit au monde sept enfants, dont deux moururent en bas âge.

Plus tard, à la mort de sa sœur, Rafaela et José recueillirent chez eux les cinq neveux orphelins ; puis s’y ajoutèrent les six enfants de leur bru, eux aussi orphelins.

Aidée par son mari, Rafaela commença à recueillir des enfants pauvres des quartiers de Bilbao, pour leur procurer une formation, une éducation.

Elle soutint l’ouverture d’une maternité à Bilbao, celle de la maison des Sœurs de Marie Immaculée (pour aider les jeunes filles), ainsi que des Sœurs Adoratrices ; puis l’Université de Deusto,  puis une Association en faveur des jeunes filles. Elle visitait les prisons et les hôpitaux.

Elle ouvrit aussi des centres de protection pour accueillir les femmes.

Le 8 décembre 1894, avec trois autres jeunes femmes enthousiastes de cet idéal, elle donna naissance à cette famille qui s’appellerait Congrégation des Anges Gardiens.

En 1897, on posa la première pierre du Collège des Anges Gardiens à Bilbao, qui fut inauguré en 1899.

Mère Rafaela, épuisée et malade, mourut le 23 février 1900, et fut béatifiée en 1984.

La fondation comprend actuellement quelques dizaines de maisons en Espagne et en Amérique.

Giuditta Vannini

1859-1911

 

Giuditta naquit le 7 août 1859 à Rome, de Angelo Vannini et Annunziata Papi.

La famille comptait trois enfants, Giulia, Giuditta et Augusto, mais cette famille fut durement éprouvée par la mort prématurée du papa (1863), qui travaillait à Ariccia au service d’un noble propriétaire, et de la maman (1865), qui s’était remariée.

Les deux petites sœurs furent alors placées dans deux instituts différents, tandis qu’Augusto fut accueilli par son oncle maternel.

Giuditta se trouvait donc chez les Filles de la Charité de saint Vincent de Paul, originaires de France, dans leur maison Torlonia de Rome, où on apprenait l’italien, le français, le chant, l’économie domestique, la broderie, outre toutes les matières de l’école primaire. En été, on partait dans la maison Torlonia de Castelgandolfo.

Giuditta reçut la Confirmation et la Première communion en 1873. A partir de ce moment, son idée fixe fut de se consacrer à Dieu, même si son frère Augusto pensait gentiment la faire venir dans la famille pour la sortir de la solitude.

En 1883, Giuditta entra chez les Filles de la Charité à Sienne comme postulante, et reçut l’habit. Mais sa mauvaise santé motiva sa sortie de l’Institut ; en plus, elle était mal «notée» : Elle  n’a rien d’une sainte, elle a mauvais esprit et n’est pas sincère du tout. Mais on lui reconnaît tout de même des qualités : Une piété solide, appuyée sur une forte volonté.

Elle fut recueillie chez les Sœurs Sacramentines à Rome, où son comportement fut exemplaire, sans jamais un mot de plainte ; une nouvelle expérience chez les Filles de la Charité, à Portici, fut à son tour négative. Cette situation fit grandir en Giuditta la vocation à comprendre et servir ceux qui souffrent.

De retour à Rome, la rencontre avec le père Luigi Tezza, des Camiliens, l’aida à concrétiser son idéal. Le bon Père comprit que, ne trouvant aucune congrégation à son goût, Giuditta n’avait plus qu’à en fonder une. Il lui proposa de fonder une communauté féminine dans l’orbite des Pères Camiliens, pour s’occuper spécifiquement des malades.

Giuditta sentit en elle une grande paix à cette idée des Filles de Saint Camille. Avec deux autres compagnes, elles furent les trois premières postulantes en janvier 1892, vêtirent l’habit des tertiaires camiliennes avec la croix rouge et Giuditta prit le nom de Maria Giuseppina.

La nouvelle famille comptait déjà une quinzaine de religieuses dans l’année.

En 1893, Giuditta-Giuseppina fit sa profession religieuse, avec le vœu camilien de service aux malades même au péril de la vie, et fut nommée supérieure. Une maison s’ouvrait aussi à Cremona tandis qu’on imprimait les Règles et les Constitutions.

En 1894, l’Œuvre prend le nom officiel de Pio Conservatorio.

Sans y avoir jamais pensé et sans l’avoir voulu, Giuseppina se retrouvait supérieure, et fut confirmée dans cette position en 1908.

En 1909, le Pio Conservatorio, déjà bien connu et florissant, devenait une congrégation de droit diocésain, comptant cent-vingt-quatre membres dans seize maisons en Italie, en France, en Belgique, en Argentine.

En août 1910, Giuseppina devait s’embarquer à Gênes pour aller visiter les maisons d’Amérique, quand elle ressentit une profonde fatigue qui l’obligea à retourner à Rome. Le repos s’imposait, mais le mal mystérieux empirait.

Giuditta-Giuseppina mourut le 23 février 1911.

Son corps repose dans l’église des Filles de Saint Camille à Grottaferrata.

Giuditta-Maria Giuseppina Vannini a été béatifiée en 1994, canonisée en 2019.

 

 

 

Juan Lucas Manzanares

1913-1937

 

Juan était né le 10 décembre 1913 à Cortiji-Lorca (Murcia, Espagne centre). 

Ils étaient deux frères, que leurs pieux parents eurent l’heureuse idée d’inscrire à l’école des Frères des Ecoles Chrétiennes de Lorca.

A la fin des premières études, en 1928, Juan demandait à être aspirant à Griñón dans cette même Congrégation et, en 1930, devenait le Frère Braulio Carlos.

Il reçut avec fruit toute sa formation, et en fit profiter tout de suite les petits enfants qu’on lui confia d’abord.

Quelquefois, l’obéissance lui coûtait - qui peut dire qu’il soit facile d’obéir ? mais il acceptait sans se plaindre.

En 1931, commencèrent les tristes événements qui mirent l’Espagne en feu. La maison de Griñón fut évacuée et les deux frères revinrent pour un temps dans leur famille. Ils pensaient se réunir à la maison de Lorca, où ils avaient rencontré les premiers Lasalliens, mais ce ne fut pas possible, car ils durent aider aux travaux des champs, en remplacement des ouvriers trop exigeants que les parents ne pouvaient plus payer.

En 1933, Juan et son frère revinrent à Griñón. En novembre, Juan fut envoyé à Puente de Vallecas (Madrid), où il se montra pédagogue extrêmement vigilant envers ses élèves. Il savait mettre près de lui les plus agités, pour mieux les aider, patiemment et doucement.

Sur sa table de professeur, il tenait toujours le livre des Douze vertus du bon Maître, qu’il avait lu maintes fois : même fermé, ce livre lui servait à se rappeler tous les enseignements qu’il avait lui-même acquis et qu’il cherchait à mettre en pratique.

En juillet 1936, il se réfugia dans l’Asile du Sacré-Cœur, bientôt transformé en hôpital. Pendant sept mois, il s’y montra si serviable et si joyeux, qu’on ne remarqua pas qu’il était Religieux. Mais on le dénonça, parce qu’il fréquentait beaucoup les anciens Religieux de la maison.

Le 13 février 1937, deux policiers vinrent l’arrêter.

Le 23 février suivant, on l’emmena à la «tcheka», où il fut fusillé. 

C’est son frère qui retrouva son cadavre, en 1940, dans le souterrain, avec d’autres victimes.

Frère Braulio Carlos avait vingt quatre ans. Son dies natalis est au 23 février.

Il a été béatifié en 2013, l’année où il aurait eu cent ans.

 

 

Stefan Wincenty Frelichowski

1913-1945

 

Né le 22 janvier 1913 à Chełmża (Pologne), Stefan fut le troisième des six enfants de Ludwik Frelichowski et Marta Olszewska : trois garçons (Czeslaw, Leonard, Stefan Wincenty) et trois filles (Eleonora, Stefania, Marta). Les parents tiennent une boutique de boulangerie-pâtisserie.

Stefan fut dès l’âge de neuf ans un fidèle servant de messe dans sa paroisse.

En 1927, il entre chez les Scouts, qui seront un peu sa seconde famille : bientôt chef de troupe, il continuera à participer aux randonnées des Scouts durant ses années de grand Séminaire. Il était encore aumônier des Scouts après son ordination sacerdotale, et responsable des Scouts pour toute la Poméranie à partir de 1938.

Membre actif de la congrégation mariale de Chełmża, il entra au séminaire de Pelpin en 1931 et fut ordonné prêtre en 1937. 

Il travailla énergiquement dans le Mouvement de tempérance, qui militait contre l’alcoolisme.

Il fut d’abord secrétaire personnel de l’évêque de Pelpin, puis exerça le ministère sacerdotal à Toruń, tout en continuant des études à l’université de Lwów (l’actuelle Lviv en Ukraine). Il s’occupait activement des enfants et des jeunes, tout en organisant la presse paroissiale et en visitant les malades.

Il fut activement recherché par la Gestapo, car ses activités lui donnaient une grande influence sur la jeunesse.

Arrêté par la Gestapo une première fois le 11 septembre 1939 puis libéré, de nouveau arrêté le 18 octobre avec plusieurs centaines de personnes, il fut successivement interné dans les camps de concentration de Stutthof, Grenzdorf, Sachsenhausen et Dachau : là, il se dépensa à organiser en secret la prière et la célébration de la messe, confessant et donnant la communion aux prisonniers.

C’est dans ce dernier camp qu’il mourut du typhus, le 23 février 1945, peu de temps avant la fin de la guerre, dans sa trente-troisième année.

Les autorités du camp firent brûler son corps.

Stefan Wincenty Frelichowski est le céleste Patron des Scouts de Pologne.

Il a été béatifié en 1999.

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