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3 mars 2020 2 03 /03 /mars /2020 00:00

03 MARS

 

III.

Ss Marin et Asterius, l’un militaire à Césarée de Palestine, l’autre sénateur qui en recueillit le corps après son martyre.

Ss Emetherius et Cheledonius, militaires en Espagne et martyrs. 

?

Ss Félix, Luciole, Fortunat, Marcia, martyrs.

IV.

Ss Cleonicus, Eutropius et Basiliscus, proches de s.Théodore (cf. 17 février), martyrs à Héraclée, les deux premiers crucifiés, l’autre décapité.

Ste Piamun, vierge en Egypte ; par sa prière, elle amena la paix entre plusieurs villages.

V.

Ste Camille, vierge venue de Civitavecchia au diocèse d’Auxerre où était s. Germain.

VI.

S Titianus, évêque à Brescia, d’origine germanique.

S Guennolé, fondateur et abbé à Lann Tévennec (Landévenec).

Ste Arthellaïs, vierge à Constantinople, morte chez son oncle à Bénévent à seize ans.

S Calupan, prêtre reclus près de Méallat.

VII.

S Lamalisse, ermite en l’île de Arran.

S Sacer (Mosacer), fondateur et abbé à Tegh sacra.

IX.

S Anselmo, parent du roi Astolfo et duc du Frioul, puis fondateur et abbé à Nonantola.

XI.

Ste Cunégonde, épouse de l’empereur s. Henri, avec qui elle vécut dans la chasteté parfaite.

S Gerwin, abbé à Saint-Riquier ; il souffrait de la lèpre, dont on ne trouva plus trace avant sa sépulture. 

XII.

B Friedrich, prêtre, fondateur et abbé prémontré à Mariengaard.

XV.

B Pietro Geremia, dominicain à Palerme, excellent prédicateur.

XVI.

B Giacobino de’ Canepacci, frère lai carme à Verceil, qui apparut à s. Charles Borromée.

XVIII.

Bx Johannes Laurentius (Libaratus) Weiß, Antonio Francesco (Samuele) Marzorati et Michele-Pio Fasoli, franciscains (l’un de Bavière, les autres d’Italie), martyrs lapidés en Ethiopie, béatifiés en 1988.

B Pierre-René Rogue, prêtre martyr de la Révolution, guillotiné à Vannes, invoqué contre la fièvre (“saint Rogue”).

XIX.

Ste Ignazia (Teresa Eustochio) Verzeri, fondatrice des Filles du Sacré-Cœur de Bergame, pour l’école des enfants pauvres et l’assistance aux femmes et jeunes filles, canonisée en 2001.

B Giovanni (Innocenzo) Scalvinoni de Berzo, capucin à Bergame.

XX.

Bse María Concepción Cabrera de Armida (1862-1937), mystique mexicaine, mère de neuf enfants, béatifiée en 2019.

Ste Catherine Marie (Katharine) Drexel (1858-1955), fondatrice aux Etats-Unis des Sœurs du Saint-Sacrement, pour l’apostolat auprès des Indiens et des gens de couleurs, béatifiée en 1988, canonisée en 2000.

Marinus et Asterius à Césarée de Palestine

† 262

 

Marinus était un dignitaire de l’armée, de haute naissance et authentique artistocrate à Césarée de Palestine (act. sud de Dor, Israël).

Alors que la paix régnait, on annonça dans la légion une promotion pour la remise du cep de vigne, l’insigne des centurions, et Marinus était un des premiers candidats.

Mais quelqu’un vint insinuer que Marinus, étant chrétien et ne sacrifiant pas aux empereurs, ne pouvait être décoré, en vertu d’une loi ancienne. On donna trois heures à Marinus pour réfléchir.

Comme il sortait du prétoire, l’évêque du lieu vint à sa rencontre et l’emmena à l’église. Il lui demanda de choisir : ou son épée, ou le livre des Evangiles. Marinus étendit sans hésiter la main vers l’évangéliaire. Le geste rappelle un peu l’appel des novices au moment de leur profession : on les amène devant leur costume civil et devant la tunique monacale, et l’abbé leur demande de choisir.

L’évêque promit à Marinus la grâce de Dieu.

Le délai étant écoulé, Marinus répéta dignement sa profession de foi au tribunal.

Il fut décapité sur place.

Etait présent un sénateur romain, Asterius, bien en vue auprès des empereurs. Il vint recueillir le corps du Martyr et l’emporta sur ses épaules pour l’ensevelir dignement. A son tour, il fut décapité.

Ceci se passait vers 262.

Saints Marinus et Asterius sont commémorés le 3 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Emetherius et Cheledonius à Calahorra

† 298

 

Emetherius et Cheledonius étaient deux anciens légionnaires, en stationnement en Espagne.

On ne sait pas exactement quelle circonstance les amena à se déclarer chrétiens, mais leur attitude franchement affichée fut la cause de leur martyre.

Celui-ci eut lieu, d’après une antique tradition, à Calahorra (Rioja, Espagne N).

Nombreux furent les miracles qui se produisirent à leur tombeau.

Saints Emetherius et Cheledonius sont commémorés le 3 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Cleonicus, Eutropius et Basiliscus d’Héraclée

† 308

 

Ces trois martyrs se rattachent directement au martyre de s.Theodoros (v. 17 février). Leurs noms d’origine devraient sans doute s’écrire à la grecque : Cleonikos, etc.

Après l’immolation de Theodoros, son bourreau demanda où étaient passés les autres soldats qui accompagnaient le Martyr. On lui amena trois soldats qui, fortement unis par l’amitié, se considéraient comme frères : ils étaient chrétiens.

Interrogés, ils se déclarèrent tels, et refusèrent d’offrir de l’encens à des statues de dieux en bois ou en argent.

Cleonicus et Eutropius furent crucifiés ; Basiliscus, décapité, mais pas le même jour.

Ceci pouvait avoir lieu vers 308, nous dit-on. Il faudrait alors rectifier la date de la mort de Theodoros, ou celle de nos Martyrs d’aujourd’hui.

Saints Cleonicus, Eutropius, mais pas Basiliscus, sont commémorés le 3 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Titianus de Brescia

5e siècle

 

Ce seizième évêque de Brescia, qui vécut au 5e siècle, était peut-être originaire de Germanie.

Venu à Brescia, Titianus y appartenait au clergé et fut ordonné diacre.

A la mort de s.Vigilius (qui était fêté le 26 septembre), c’est sur Titianus que s’orienta le choix des électeurs ; le diacre reçut le sacerdoce et la consécration épiscopale.

On a retenu de lui sa charité envers les pauvres, son souci d’embellir les édifices du culte. Dieu lui permit d’y ajouter des miracles, durant sa vie et après sa mort.

La date de sa mort reste inconnue, se situant vers la fin du siècle.

Saint Titianus (Tiziano) est commémoré le 3 mars dans le Martyrologe Romain. 

Les vingt-huit premiers évêques de l’’Eglise de Brescia ont tous été canonisés, mais ne sont pas tous mentionnés dans le Martyrologe.

 

 

Guennolé de Landévenec

461-530

 

Winwalæus - c’est la traduction latine de Guennolé, car il est bien possible que le nom breton ait existé avant le latin - naquit vers 461 en Armorique, de Fracan et Guen (ou Alba, Blanche). Ces parents appartenaient à deux familles nobles de Grande-Bretagne et eurent d’abord deux jumeaux, Guethenoc et Jacut, vers 460, avant leur émigration en Armorique.

Guennolé vit le jour sur les bords de la rivière Gouet, non loin de la mer, en Basse-Bretagne, dans le diocèse de Saint-Brieuc ; il reçut de ses parents l’habitude de louer Dieu, dès qu’il put parler.

Les parents voulurent confier leur dernier fils à un vénérable moine nommé Budoc, renommé pour sa sainteté et surnommé docteur très élevé, qui avait fondé un monastère sur l’île de Bréhat (act. Côtes-d’Armor) ; le monastère avait reçu le nom d’Ile lavée (auj. Lavrec). Pendant la traversée, ils furent assaillis par une violente tempête, et c’est le petit Guennolé qui rassura ses parents avec des mots pleins de foi et de confiance. Budoc reçut Guennolé avec grande bienveillance et prédit aux parents quelques traits de la destinée de leur fils.

Guennolé grandit très rapidement dans la sainteté - et Dieu le prouva en lui donnant bientôt le don des miracles. Un jour qu’un de ses condisciples s’était cassé une jambe, Guennolé fit un signe de croix sur la fracture et ordonna : Lève-toi, au nom du Seigneur Jésus !, ce que fit le malade. Une autre fois, se renouvela la situation du paralytique de l’Evangile (Mt 9:5) ; en effet, un frère reprochait à Guennolé de s’en tenir à des mots stériles : humblement, Guennolé ne répondit rien, mais l’aveugle qui était devant lui recouvra la vue instantanément.

Quelques années passèrent, et quand Guennolé eut vingt-et-un ans (482), il se passionna pour le travail évangélique de s.Patricius (v. 17 mars) et voulut partir à son tour en Irlande. Il allait s’embarquer, mais la nuit précédent le départ, il vit en songe Patricius qui lui déconseillait de quitter le continent, car il avait à y fonder un monastère.

Budoc accepta un peu à contre-cœur la mission de son jeune fils, qu’il aimait tant. Mais il laissa la volonté divine se faire : il donna sa bénédiction à Guennolé, qui partit avec onze moines. Leur premier essai fut l’île Topaja (auj. Tibidy, rade de Brest, Finistère), où ils construisirent quelques bâtiments et cultivèrent un jardin. Mais après trois ans, ils comprirent qu’il leur fallait s’installer mieux et vinrent vers l’embouchure du Faou, non loin de la mer ; ce fut l’origine de Lann Tévennec, ou Landévenec.

La région était parfaitement vierge, inhabitée, inculte, et le travail des moines la rendit fertile, tandis que les nombreux miracles de Guennolé le rendirent très célèbre. Le roi Gradlon le protégea. La présence de Guennolé et de ses moines aida beaucoup de païens à se rapprocher de Dieu.

Vers 530, la nuit du 2 au 3 mars, une voix avertit Guennolé de sa prochaine mort. Le matin venu, il l’annonça à son tour aux moines, ajoutant : Quand j’aurai chanté la messe, Dieu m’appellera à Lui. A l’heure voulue, tous se rendirent à l’office, Guennolé célébra la messe puis, debout devant l’autel, chanta un psaume d’action de grâces ; tandis que les moines continuaient de chanter, Guennolé rendit son âme à Dieu.

Saint Guennolé est commémoré le 3 mars dans le Martyrologe Romain. 

L’abbaye de Landévenec fut maintes fois pillée, puis vendue à la Révolution, rachetée, reconstruite ; elle abrite actuellement des moines bénédictins.

 

 

Arthellaïs de Bénévent

544-560

 

Arthellaïs naquit vers 544 à Constantinople, de Lucius, procureur, et Aithuesa.

L’enfant, grandissant, eut la grâce d’une extrême beauté, qui tenta l’empereur Justinien. Aussi les parents veillèrent particulièrement sur leur fille, qu’ils savaient vouée à la vie religieuse.

Arthellaïs demanda bientôt, elle-même, à être conduite auprès de son oncle Narsès, qui était gouverneur en Italie à Bénévent.

Le récit de cette belle histoire ne nous explique pas, ici, comment des parents aussi prudents et pieux, laissèrent ainsi partir leur fille, adolescente, sans l’accompagner eux-mêmes.

Le voyage se fit avec trois fidèles servantes qui devaient la protéger durant ce long périple. Mais en chemin dans le sud de l’Italie, des brigands les assaillirent et voulurent s’en prendre particulièrement à la belle jeune fille Arthellaïs. Les trois servantes prirent courage, réussirent à s’évader et à aller confier leur situation dans une église proche, dédiée à sainte Eulalie. En chemin, elles firent une aumône à un mendiant qui leur répondit : Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi-même que vous l’avez fait. Elles comprirent que Notre-Seigneur lui-même avait daigné par là leur montrer qu’il avait entendu leur prière. Au même moment en effet, les voleurs furent frappés de mort subite, et Arthellaïs délivrée miraculeusement.

S’étant retrouvées, pleines de joie et de reconnaissance, elles allèrent remercier saint Michel au Mont Gargan. En même temps, Narsès fut divinement averti de l’approche de sa nièce et partit à sa rencontre.

Parvenue à Bénévent, Arthellaïs se rendit pieds nus à l’église Sainte-Marie, où elle reçut l’Eucharistie.

Peu après, elle fut prise de fièvre et mourut, dans sa dix-septième année, en 560.

Elle fut ensevelie dans l’église Saint-Luc, puis transférée plus tard dans la cathédrale de Bénévent.

Sainte Arthellaïs est commémorée le 3 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Anselmo de Nonantola

723-803

 

Anselmo, parent du roi lombard Astolfo, naquit en 723 à Cividale del Friuli.

En 749, il devint duc de la province du Frioul et accompagna Astolfo dans ses campagnes. Astolfo épousa sa sœur, Gisaltruda.

Vint le jour où Dieu lui fit comprendre la vanité du monde et mit dans son cœur le désir de Le servir.

Sur un terrain concédé par Astolfo à Fanano (Modène), Anselmo bâtit en 751 un monastère et une hôtellerie pour les voyageurs et les pèlerins.

Deux années plus tard, vers 752-753, il fonda aussi l’abbaye de Nonantola, dont l’église fut dédiée à Notre-Dame et à s.Benoît (v. 11 juillet).

Anselmo fut lui-même établi abbé de ce monastère, par le pape Stephanus II. Le nouvel abbé ne se considérait pas «supérieur», mais s’employait aux plus viles tâches quotidiennes.

Au roi Astolfo succéda en 756 Desiderio, qui voulut réorganiser la vie monastique de la région de façon à s’en gagner l’appui. Anselmo protesta : les moines ne s’occupent pas de la vie politique ; Desiderio le fit s’exiler au Mont-Cassin jusqu’en 774, date à laquelle Charlemagne déposa Desiderio et rappela Anselmo dans son abbaye.

Anselmo vécut alors en paix et mourut en 803.

Saint Anselmo est commémoré le 3 mars dans le Martyrologe Romain.

Cunégonde de Luxembourg

975-1033

 

Cunégonde était le sixième enfant de Sigefroid de Luxembourg et Hedwige. Elle naquit vers 975 à Wettenberg (Hesse, Allemagne C). 

La sainte éducation qu’elle reçut de ses parents lui inspira de se consacrer à la Vierge Marie dès l’enfance et à lui promettre de conserver intacte sa virginité.

Quand ses parents, selon une coutume de l’époque, la promirent en mariage au duc de Bavière, Henri (qui devait devenir l’empereur Henri II le Saint ou le Boîteux, v. 13 juillet), Cunégonde leur obéit, mais fit part à son fiancé de son vœu de jeunesse, à quoi le duc répondit par une semblable décision.

Henri et Cunégonde furent sacrés en 1002, et couronnés à Rome en 1014.

On a parfois avancé que cette sainte chasteté cachait une stérilité ; c’est une hypothèse propre à l’époque contemporaine, mais qui n’a pas été envisagée ni affirmée pendant les mille ans précédents. En revanche, les anecdotes suivantes confirment la réalité.

Le diable en effet, toujours prêt à diviser et à brouiller, fit suggérer à Henri par quelque mauvais sujet, que l’impératrice aurait été infidèle. Cunégonde alors alla marcher pieds-nus sur des barres de fer rougies au feu, dont elle ne subit aucune brûlure. En outre, à sa mort, Henri s’adressa à ses parents et aux grands du royaume, leur disant de Cunégonde : Vous me l’avez donnée vierge, vierge je vous la rends. 

Cunégonde fonda un monastère de Bénédictins près de Bamberg, et un de Bénédictines à Kaufungen. Elle avait fait le vœu de faire construire ce dernier si elle guérissait d’une grave maladie.

En 1025, un an après la mort d’Henri, on procéda à la dédicace du monastère de Kaufungen, en présence de Cunégonde, des grands et de nombreux prélats. Après la proclamation de l’évangile, Cunégonde quitta son habit solennel d’impératrice et revêtit une simple tunique brune qu’elle s’était cousue et se fit couper les cheveux. Elle allait alors terminer ses jours dans ce monastère, humble parmi les moniales, qu’elle servait avec amour.

Cunégonde accomplit des miracles dans sa vie ; l’un d’eux se produisit à Kaufungen. Cunégonde était couchée sur sa paillasse recouverte d’un cilice, qui lui servait de couche. Une religieuse lui lisait l’Ecriture (qu’elle devait lui traduire, car elle ne savait pas le latin), mais s’assoupit et laissa tomber la chandelle ; le feu prit et aurait pu asphyxier l’impératrice qui, d’un signe de croix, éteignit l’incendie.

Elle perdit peu à peu toutes ses forces et comprit qu’on lui préparait des funérailles à hauteur de son rang politique. Elle protesta que ce n’était pas digne d’une épouse du Christ.

Cunégonde mourut à Kaufungen le 3 mars 1033 (ou 1039) ; d’autres miracles se vérifièrent après sa mort et elle fut canonisée en 1200.

Le Luxembourg l’a prise comme co-patronne, avec Notre-Dame et s. Willibrord (v. 7 novembre).

Le Martyrologe commémore sainte Cunégonde au 3 mars.

 

 

Friedrich de Mariengaarde

1100-1175

 

Né vers 1100 à Hallum (Frise, Allemagne N), Friedrich fut très tôt orphelin de père et fut confié par sa pieuse mère, d’abord au curé de Hallum, qui lui enseigna le latin, puis à l’école de Münster.

Ordonné prêtre, il devint - sur leur demande - vicaire, puis curé de ses concitoyens de Hallum.

Un appel intérieur vers la vie cénobitique le travaillait. Il alla se soumettre à la règle de Prémontré à Marienweerd (Utrecht), puis revint à Hallum et fonda en 1163 dans les environs un nouveau monastère prémontré, qui prit le nom de Mariengaarde (Jardin de Marie), et dont il devint le premier abbé.

Au début, vivaient là des hommes et des femmes, puis les femmes formèrent leur communauté dans un autre monastère, Betlehem, l’actuel Bartlehiem

Le saint Abbé fut célèbre par ses miracles, et les deux monastères par la sainteté de leurs membres.

Pendant près d’un demi-siècle, Friedrich demeura curé de Hallum, où il avait célébré sa première Messe et où il célébra la dernière. Malade, il se retira dans le monastère, et y mourut le 3 mars 1175.

Ses nombreux miracles engendrèrent un pèlerinage fameux à l’église de Hallum, jusqu’en 1580, lorsque  la Réforme fit disparaître le monastère. 

Les reliques de Friedrich passèrent en Belgique et sont à Leffe depuis 1938.

Le bienheureux Friedrich, dont le culte fut approuvé en 1728, est mentionné au Martyrologe Romain le 3 mars.

 

 

Pietro Geremia de Palerme

1399-1452

 

Pietro Geremia était d’une famille aristocratique de Bologne, et naquit à Palerme (Sicile) le 10 août 1399.

Son père, juge à la Cour royale, exigea qu’il étudiât d’abord au couvent Saint-Dominique puis, à dix-huit ans, à Bologne.

Pietro Geremia passa brillamment ses examens, mais un événement lui fit renoncer au doctorat. En 1422, il eut la vision d’un parent défunt qui l’avertit sur la vanité des choses de ce monde. C’était en quelque sorte la situation du Mauvais riche et Lazare (Lc 16:31) qui se répétait.

Contre la volonté paternelle, Pietro Geremia décida alors d’entrer au couvent dominicain de Bologne, fit le noviciat à Fiesole et, en 1424, fut ordonné prêtre.

Sa prédication fut hautement encouragée par s. Vicente Ferrer (v. 5 avril).

En 1433, il fut envoyé en Sicile pour y soutenir le mouvement de l’observance ; il fut prieur à Palerme.

En 1439, il fut appelé à participer au concile de Florence, où devait être proclamée l’Union entre l’Orient et l’Occident ; Pietro Geremia y prit la parole pour expliquer aux Grecs l’erreur de leur position.

Puis il fut nommé visiteur pour tous les couvents de Sicile.

Les miracles se multipliaient aussi : un jour qu’il avait la voix très affaiblie, on l’entendit de très loin ; en 1444, sa prière arrêta l’avancée de la lave de l’Etna, qui menaçait Catane.

On lui attribue la fondation de plusieurs couvents, et l’Université de Catane, qu’il inaugura en 1445.

Toute sa vie, il souffrit de douleurs variées, surtout aux jambes, sans qu’on entendît jamais la moindre plainte sortir de sa bouche. Au contraire, s’il éprouvait quelque soulagement, il pensait que Dieu l’abandonnait.

Après avoir reçu les Sacrements de l’Eglise, il pria le psaume 120 (Levábo oculos meos in montes), qu’il acheva juste au dernier verset (Dóminus custódiet intróitum tuum et éxitum tuum : litt. Le Seigneur te gardera à l’entrée et à la sortie), quand il rendit son âme à Dieu, le 3 mars 1452.

Au moment de l’ensevelir, on remarqua qu’il portait une ceinture de fer aux reins, qu’on ne put lui retirer tant elle était serrée.

Le culte du bienheureux Pietro Geremia a été approuvé en 1784.

 

 

Giacobino Canepacio

1438-1508

 

Giacobino (ou Giacomino, Petit Jacques) était de Ailoche (Crevacuore, Biella, Piémont, Italie NW).

On le nomme aussi, comme dans le Martyrologe, de’ Canepacci.

Entré au couvent des Carmes de Verceil, il y fut frère convers, humble et caché, et y mena une vie tout édifiante, chargé de l’accueil ou de la quête dans les rues. Quand il lui restait un peu de temps, il visitait aussi les prisonniers.

Il eut le don des miracles.

Durant une épidémie de peste, il mourut, toujours à Verceil, le 3 mars 1508.

Il serait souvent apparu à Carlo Borromeo (v. 3 novembre) qui, en retour, aurait bien aimé en recevoir le saint corps pour le vénérer dans son diocèse, mais, lui dit-on, on ne retrouva pas cette précieuse relique.

Toutefois, sur les murs de l’ancienne chapelle des Carmes de Verceil, se lisait cette inscription : Hic jacet B. fr. Iacobinius de Crepatorio, où la lettre B laisse entendre que l’humble Frère était déjà vénéré comme Bienheureux.

Le culte du bienheureux Giacobino fut approuvé en 1845, et le Martyrologe le mentionne au 3 mars.

 

 

Antonio Francesco Marzorati

1670-1716

 

Antonio Francesco naquit le 10 septembre 1670 à Biumo Inferiore (Varese, Italie).

Il entra dans l’Ordre franciscain à Lugano, prit le nom de Samuele et fut ordonné prêtre.

Il fut envoyé à Rome pour étudier la médecine et la chirurgie, puis il gagna l’Egypte en 1705.

Il tenta de pénétrer en Ethiopie, mais arriva sur l’île de Socotra, en mars 1706.

Après cinq années de travail (apparemment) peu fructueux, il revint en Egypte, en 1711.

Avec les deux Confrères Liberatus Weiß et Michele Pio Fasoli, autres franciscains, ils parvinrent à Gondor (Ethiopie) en juillet 1712.

L’accueil de la part de l’empereur Iyasu fut cordial ; il avait lui-même fait demander au pape d’envoyer une délégation en Ethiopie. Mais aux missionnaires, il ne leur accorda pas la permission de prêcher.

Les trois missionnaires apprirent la langue, et conquirent un prêtre de l’Eglise éthiopienne. Ils purent construire un petit hôpital, où Samuele pouvait mettre à profit ses connaissances médicales. Deux ans après, se joignit à eux Giacomo d’Olgeggio.

Leurs rapports avec l’Eglise furent cependant assez positifs, puisqu’ils entrevirent la possibilité de réunir l’Eglise éthiopienne à Rome, mais le peuple n’était pas préparé au changement et se souleva.

Tandis que Giacomo, voyant la situation, revenait à Rome demander du «renfort», les trois autres songeaient à repartir. 

Là-dessus l’empereur tomba malade et son fils prit le pouvoir ; dans l’agitation du moment, on soupçonna les trois missionnaires. 

Ils furent arrêtés, et lapidés à Abbo le 3 mars 1716.

Ils ont été béatifiés en 1989.

 

 

Johannes Laurentius Weiß

1675-1716

 

Johannes Laurentius Weiß naquit le 4 janvier à Konnersreuth (Bavière, Allemagne).

Après ses études à Waldsassen, il entra à Graz dans l’Ordre franciscain en 1693, prenant le nom de Liberatus. Il fut ordonné prêtre en 1698.

Après quelques années d’activité pastorale, il vint à Rome en 1703 pour se préparer à partir en mission en Ethiopie, une région où l’Eglise locale est majoritairement monophysite (ne reconnaissant pas les deux natures, divine et humaine, de Jésus-Christ).

En 1704, une petite troupe de missionnaires traversa l’Egypte et parvint à Soudan : là, ils furent arrêtés à Khartoum et dévalisés ; huit des dix compagnons moururent.

Liberatus retourna à Jérusalem en attendant une prochaine occasion de repartir pour l’Ethiopie.

Avec son Confrère Michele-Pio Fasoli il essaya une première fois de pénétrer en Ethiopie, en vain ; une seconde fois, accompagnés de Samuele Marzorati, autre franciscain, ils parvinrent à Gondor (Ethiopie) en juillet 1712.

L’accueil de la part de l’empereur Iyasu fut cordial ; il avait lui-même fait demander au pape d’envoyer une délégation en Ethiopie. Mais aux missionnaires, il ne leur accorda pas la permission de prêcher.

Les trois missionnaires apprirent la langue, et conquirent un prêtre de l’Eglise éthiopienne. Ils purent construire un petit hôpital, où Samuele pouvait mettre à profit ses connaissances médicales. Deux ans après, se joignit à eux Giacomo d’Olgeggio.

Leurs rapports avec l’Eglise furent cependant assez positifs, puisqu’ils entrevirent la possibilité de réunir l’Eglise éthiopienne à Rome, mais le peuple n’était pas préparé au changement et se souleva.

Tandis que Giacomo, voyant la situation, revenait à Rome demander du «renfort», les trois autres songeaient à repartir.

Là-dessus l’empereur tomba malade et son fils prit le pouvoir ; dans l’agitation du moment, on soupçonna les trois missionnaires. 

Ils furent arrêtés, et lapidés à Abbo le 3 mars 1716.

Ils ont été béatifiés en 1988.

 

 

Michele Pio Fasoli

1676-1716

 

Michele Pio naquit le 3 mai 1676 à Zerbo (Pavie, Italie).

Il entra dans l’Ordre franciscain en 1693 et fut ordonné prêtre en 1698.

Avec son Confrère Liberatus Weiß il essaya une première fois de pénétrer en Ethiopie, en vain ; une seconde fois, accompagnés de Samuele Marzorati, autre franciscain, ils parvinrent à Gondor (Ethiopie) en juillet 1712.

L’accueil de la part de l’empereur Iyasu fut cordial ; il avait lui-même fait demander au pape d’envoyer une délégation en Ethiopie. Mais aux missionnaires, il ne leur accorda pas la permission de prêcher.

Les trois missionnaires apprirent la langue, et conquirent un prêtre de l’Eglise éthiopienne. Ils purent construire un petit hôpital, où Samuele pouvait mettre à profit ses connaissances médicales. Deux ans après, se joignit à eux Giacomo d’Olgeggio.

Leurs rapports avec l’Eglise furent cependant assez positifs, puisqu’ils entrevirent la possibilité de réunir l’Eglise éthiopienne à Rome, mais le peuple n’était pas préparé au changement et se souleva.

Tandis que Giacomo, voyant la situation, revenait à Rome demander du «renfort», les trois autres songeaient à repartir.

Là-dessus l’empereur tomba malade et son fils prit le pouvoir ; dans l’agitation du moment, on soupçonna les trois missionnaires. 

Ils furent arrêtés, et lapidés à Abbo le 3 mars 1716.

Ils ont été béatifiés en 1988.

Pierre-René Rogue

1758-1796

 

Pierre-René naquit le 11 juin 1758 à Vannes (Morbihan), déjà orphelin de père, ce dernier étant décédé dans un accident peu avant la naissance du petit garçon.

Après ses études, Pierre-René entra en 1776 au séminaire des Lazaristes ou Religieux de Saint-Vincent-de-Paul et fut ordonné prêtre en 1782.

Il fut nommé aumônier d’un couvent de religieuses, puis il fut admis dans cette même congrégation des Lazaristes, en 1786.

Il fut ensuite nommé professeur de théologie au séminaire de Vannes, en 1787, en même temps qu’il exerçait le saint ministère en paroisse.

Lors de la Révolution, ainsi que de nombreux prêtres et religieux, il refusa de prêter le serment à la constitution civile du clergé. L’évêque suivit son exemple ; l’abbé Rogue convainquit aussi tous ses collègues du diocèse de suivre les directives du pape et non de l’état. C’est le département du Morbihan qui, en France, a eu le moins de prêtres assermentés. Aussi l’évêque fut convoqué à Paris, et dut quitter la France : un évêque constitutionnel le remplaça, le séminaire fut fermé.

La paroisse de l’abbé Rogue fut supprimée en 1791 : le prêtre se réfugia chez sa mère, puis vécut dans la clandestinité, changeant de domicile sans cesse, déguisé, et organisant avec quelques confrères la vie sacramentelle des fidèles. 

En 1792, il refusa toujours de prêter le serment Egalité Liberté. Durant la période de la Terreur, il réussit à passer inaperçu et, quand la situation semblait se décanter, il réapparut au jour : mais l’accalmie cessait déjà en 1795.

La répression en Vendée fut terriblement horrible : les prêtres réfractaires étaient particulièrement traqués. L’abbé Rogue fut arrêté le 24 décembre 1795, alors qu’il portait le viatique à un mourant.

Mis en prison à Vannes, il y restera jusqu’au début de mars 1796, soutenant le moral des co-détenus, dont certains étaient prêtres aussi.

Le 2 mars 1796, un tribunal révolutionnaire s’installa dans cette église même où il avait été ordonné prêtre (Notre-Dame du Mené) ; il fut condamné à mort.

L’exécution eut lieu le lendemain, 3 mars 1796, sur la place du Marché (actuelle place Marchais). Sur le chemin, l’abbé Rogue chantait un cantique de sa composition écrit dans la prison.

De nombreux miracles eurent lieu sur sa tombe.

L’abbé Pierre-René Rogue fut béatifié en 1934.

 

 

Ignazia Verzeri

1801-1852

 

Ignazia Verzeri naquit le 31 juillet 1801 à Bergame, première des sept enfant de Antonio Verzeri et de la Comtesse Elena Pedrocca-Grumelli. Son frère, Jérôme, sera évêque de Brescia.

Toute petite, elle apprit de sa mère, profondément chrétienne, à connaître et aimer Dieu de façon ardente. Le Chanoine Giuseppe Benaglio, vicaire général du diocèse de Bergame, qui était déjà le directeur spirituel de la famille, devint particulièrement celui de la petite Ignazia.

Celle-ci reçut sa formation scolaire à la maison. Intelligente, l'esprit ouvert, attentive, droite : elle apprit le discernement, toujours à la recherche de valeurs éternelles et fidèle à l'intervention de la grâce divine. Son chemin spirituel était tout dans le dépouillement de soi-même, la pureté de l'intention, la droiture et la simplicité. Elle recherchait “Dieu seul”.

En son for interne, Ignazia ressentit l'expérience mystique de l' “absence de Dieu”, un peu ce qu'éprouve l'homme de notre époque : le poids de la solitude humaine devant l'impression inquiétante de l'éloignement de Dieu. Mais Ignazia vit cet éloignement dans une foi inaltérable, sans perdre un instant la confiance et l'abandon dans le Dieu vivant, Père miséricordieux et Providence, à qui elle offrait sa vie dans un acte total d'obéissance, comme Jésus qui s'est offert totalement par amour. 

Voulant plaire à Dieu et ne faire que Sa volonté, elle réfléchit sur sa vocation et s'orienta d'abord vers les Bénédictines de Santa Grata, qu'elle quitta pour fonder à Bergame les Filles du Sacré-Cœur de Jésus, aidée en cela par le Chanoine Benaglio. La fondation est du 8 février 1831. Ignazia s'appellera désormais Teresa Eustochio.

Il faut rappeler ici que, durant cette première moitié du XIXe siècle, l'Italie passait par de grandes transformations ; à Bergame en particulier Teresa vit les changements politiques, les révoltes et les révolutions, et même les persécutions qui n'épargnaient pas l'Eglise, sans parler du Jansénisme et de la crise des valeurs, héritée de la Révolution Française.

Au moment où la dévotion au Sacré-Cœur trouvait encore bien des résistances, elle laissa aux premières Filles du Sacré-Cœur cet écrit qui aura valeur de testament spirituel : A vous et à votre Institut, Jésus Christ a fait le don précieux de son Cœur, pour que vous appreniez de Lui et de personne d'autre, la sainteté, car c'est Lui la source inépuisable de la vraie sainteté.

Teresa se rendait bien compte des urgences de son temps. Avec une parfaite disponibilité devant toute situation où l'appellait la charité, affrontant même les dangers de toute sorte, elle s'adonna avec ses premières compagnes à diverses occupations apostoliques. Dans sa mission se révélèrent ses dons particuliers de maîtresse spirituelle, d'apôtre et de pédagogue. L'éducation de la jeunesse doit s'appuyer sur la liberté et l'esprit de persuasion, dans le respect de l'individualité, c'est pourquoi elle recommandait de laisser aux jeunes une sainte liberté qui les laissât faire volontiers ce qu'elles feraient, au contraire, de mauvaise grâce si on le leur imposait de façon autoritaire. Ailleurs elle fit observer que le choix des moyens pour convaincre cette jeunesse, doit tenir compte du tempérament, du caractère, des inclinations, de l'entourage de chacune d'elles, et que la façon de la traiter doit s'appuyer sur la connaissance profonde qu'on doit avoir de chacune (cf. Libro dei Doveri – Livre des Devoirs, vol.1, pp. 447 et 349).

Après une vie de donation intense d'elle-même, Teresa mourut à 51 ans, à Brescia, le 3 mars 1852, laissant à l'Institut et à l'Eglise un patrimoine spirituel fondé sur la spiritualité du Cœur de Jésus. 

La Congrégation fut approuvée par les autorités civiles et par l'Eglise ; on dispose d’une immense documentation, dont les Constitutions contenues dans le Livre des Devoirs et plusieurs milliers de lettres, qui nous font découvrir toute la richesse de l'expérience spirituelle et humaine de Teresa.

Teresa Verzeri repose dans la chapelle de la Congrégation des Filles du Sacré Cœur de Jésus, à Bergame. Elle a été béatifiée le 27 octobre 1946, et canonisée le 10 juin 2001. Elle est inscrite au Martyrologe Romain le 3 mars.

Actuellement, les Filles du Sacré Cœur de Jésus sont présentes en Italie et en Albanie, en Amérique du Sud (Brésil, Argentine, Bolivie), en Afrique (République Centrafricaine, Cameroun), en Asie (Inde).

 

 

Giovanni Scalvinoni

1844-1890

 

Giovanni était le fils d'un paysan, et naquit à Niardo près de Valcamonica en province de Brescia en Italie, le 19 mars 1844, jour de la fête de saint Joseph. Bientôt orphelin, il fut élevé par des Pères Capucins.

De 1856 à 1861, il étudia au collège municipal de Lovere (province de Bergame), puis entra au séminaire de Brescia, et fut ordonné prêtre le 2 juin 1867. 

De 1867 à 1869, il fut vicaire coadjuteur à Cevo près Valsaviore, puis vice-recteur du séminaire diocésain de Brescia, pendant une année seulement. En 1870, il devint vicaire de paroisse à Berzo (près de Valcamonica).

En avril 1874, il commença le noviciat chez les Pères Capucins au couvent de l'Annonciation à Cogno (près Valcamonica) et prit le nom de Innocenzo. Le 29 avril 1875 il fit sa première profession et on l'envoya à Albino. Rentré à Cogno en 1876, il fit sa profession solennelle le 2 mai 1878 et devint assistant du Maître des novices. 

L'année suivante, le noviciat fut transféré à Lovere, mais Giovanni Innocenzo resta à Cogno. En 1880, il fut envoyé à la rédaction du périodique des Capucins, les Annales Franscicaines, à Milan, puis on l'envoya prêter son concours à Sabiani (province de Crema) avant son retour à Cogno en 1881. En octobre 1889, on le chargea de la prédication des Exercices spirituels à Milan, Brescia, Bergame, Albino. 

C'est là qu'il tomba gravement malade. Il fut hospitalisé dans l'infirmerie de Bergame, où il mourut le 3 mars 1890.

Malgré ses talents, Innocenzo était souvent maladroit ou distrait, et reçut plus d'une réprimande, en particulier lorsqu'il n'achevait pas la célébration de la Messe en temps voulu. L'Eucharistie, la Croix et le Chemin de Croix, la prière et le soin des pauvres l'occupaient tout particulièrement.

Pour pouvoir rester plus longtemps dans l'église, il se remettait plusieurs fois à dépoussiérer les bancs. Dans la bibliothèque du couvent, il avait déniché une ouverture qui lui permettait d'avoir une vue directe sur le Tabernacle, et pour déjouer l'attention de ses confrères, il avait toujours sous la main un livre à lire : en réalité, il était en « conversation » avec le Seigneur présent dans le Tabernacle.

Responsable des salles appartenant au couvent, il aimait partager avec les pauvres ses propres repas.

Voici quelques mots repris de son Journal quotidien : 

Mon plus grand désir est d'être soumis à tout le monde. On me traite beaucoup trop bien. Je mériterais bien autre chose. Devant Dieu, je ne suis qu'un grand pécheur !

Il a été béatifié en 1961.

Mort le 3 mars 1890, il est mentionné au Martyrologe le même jour. Mais comme cette date tombe presque toujours en période de Carême, sa fête locale a été établie au 28 septembre.

 

 

María Concepción Cabrera de Armida

1862-1937

 

María Concepción Cabrera de Armida, qu’on a appelée courammenet Conchita, naquit le 8 décembre 1862 - fête de l’Immaculée Conception - à San Luis Potosi (Mexique), d’Octaviano Cabrera et Clara Arias, des parents très chrétiens appartenant à la petite bourgeoisie.

Dans cette bonne famille, María Concepción combattait ses caprices. Elle écrira : Je désobéissais à mes parents, je battais mes frères, je chippais du gâteau, des bonbons.

En 1884, elle épousa Francisco Armida ; ils auront neuf enfants.

María Concepción fut active dans la paroisse, assistait chaque matin à la Messe, visitait les pauvres, les malades. Elle eut aussi une vie mystique intense, jouissant de visions du Christ, de la Sainte Trinité ; dans ses écrits, qui comportent soixante-mille pages manuscrites, elle parle de ces expériences, des messages du Sacré-Cœur, de l’Eucharistie ; des théologiens ont pu comparer ces écrits à ceux de sainte Thérèse d’Ávila (v. 15 octobre).

En 1895, elle créa l’Œuvre de la Croix, pour ceux qui désiraient sanctifier leur quotidien en s’identifiant au Christ sur la Croix. Ce n’est pas une congrégation ; c’est une pieuse union, dont les membres, de quelque situation qu’ils soient, offrent leurs actions, leurs petits sacrifices quotidiens, pour le rachat des péchés du monde, comme le Christ le fit par sa Croix.

En 1897, María Concepción fonda la congrégation des Sœurs du Sacré-Cœur de Jésus : religieuses contemplatives qui observent l’adoration eucharistique et prient pour la sanctification des prêtres.

En 1901, grosse épreuve pour cette femme si active : Francisco mourut prématurément, et María Concepción dut assumer seule l’éducation et la formation de tous ses enfants ; l’aîné avait dix-sept ans, le plus jeune en avait deux. Certains entreront en religion.

En 1903, María Concepción rencontra un prêtre, Félix Rougier, que Notre-Seigneur lui avait précédemment annoncé : ce sera le point de départ d’une collaboration très importante et salutaire pour le Mexique.

En 1909, elle fondera l’Alliance de l’Amour avec le Sacré-Cœur de Jésus, une autre pieuse union, dont les membres consacreront dans leur journée des heures de prière et de service pour le ministère sacerdotal.

En 1912, ce sera la Fraternité du Christ Prêtre, une association de fidèles et de religieux pour la sanctification du ministère sacerdotal.

Désormais, les enfants avaient grandi et María Concepción pouvait donner libre cours à ses pénitences et ses austérités. En 1913, elle obtint du pape Pie X l’autorisation de se consacrer par les vœux de religion tout en restant dans le monde - c’était exceptionnel à l’époque.

En 1914 naquit sous son impulsion et celle du père Rougier, la congrégation sacerdotale des Missionnaires de l’Esprit-Saint, qui se développera au Mexique, aux Etats-Unis, au Costa Rica, au Chili et en Colombie, en Espagne et en Italie. De cette congrégation naîtra aussi une branche spiritaine, le Cercle de l’Esprit-Saint et de la Croix, sur l’initiative d’un père spiritain, Luis Manuel Guzmán Guerrero.

En 1924, l’action de María Concepción aboutira à la consécration du Mexique à l’Esprit-Saint. On comprend plus facilement comment le peuple et les prêtres furent ainsi préparés à résister aux persécutions du gouvernement laïc mexicain dans les années 20.

María Concepción écrivit qu’elle avait reçu la grâce de la maternité des âmes : en s’offrant, corps et âme, pour le salut des âmes, elle se fera victime pour chacune d’elles, spécialement pour les pécheurs, et pour les prêtres.

Cette grande âme mystique s’éteignit à Mexico, entourée de ses enfants, le 3 mars 1937.

Béatifiée en 2019, elle fut inscrite au Martyrologe le 3 mars.

 

 

Catherine Marie Drexel

1858-1955

 

Née le 26 novembre 1858 à Philadelphia (Pennsylvanie, Etats-Unis), Catherine était la deuxième fille des très riches époux Francis Anthony Drexel et Hannah Lanstroth, des banquiers. L’oncle, Anthony Joseph Drexel avait fondé l’Université Drexel à Philadelphia.

Catherine, donc, reçut le nom de sainte Catherine, qu’on fête le 25 novembre.

Sa mère mourut un mois après la naissance de la petite fille, de sorte que Catherine et sa sœur aînée Elizabeth, furent confiées à leurs oncle et tante, Anthony et Ellen Drexel.

Francis se remaria avec Emma Bouvier en 1860, pouvant ainsi reprendre chez lui ses deux filles, auxquelles s’ajouta bientôt Louise. Elles reçurent leur formation à la maison avec des précepteurs.

Les fréquents voyages de la famille firent connaître les Etats-Unis et l’Europe aux jeunes filles. A la maison, les Drexel faisaient deux fois par semaine une distribution de vivres et de vêtements aux pauvres.

Catherine assista particulièrement sa belle-mère, atteinte d’un cancer qui la mena à la mort au bout de trois années de maladie. Elle comprit alors que l’argent ne pouvait pas soulager la souffrance et la mort, et sa vie commença à changer. Elle sentit un appel particulier à aller aider les Indiens, en particulier lors d’un voyage à l’Ouest.

Après la mort de son père en 1885, elle et sa sœur mirent leurs biens au service des œuvres. L’héritage financier était énorme.

Catherine - Kate - pensa entrer dans un ordre contemplatif, mais l’évêque lui suggéra d’attendre et de prier.

En 1887, elle fut reçue en audience par le pape Léon XIII ; elle lui demanda d’envoyer des missionnaires auprès des Indiens, mais le pape lui répliqua qu’elle pouvait être elle-même une missionnaire.

De retour, elle se donna entièrement à Dieu, mettant sa fortune au service des Indiens et des Afro-américains. En 1889, elle entrait chez les Sœurs de la Miséricorde à Pittsburgh : toute Philadelphie en était retournée !

En 1891, Catherine fit sa première profession avec le nom «américanisé» de Mère Katharine, et se mettait au service des Indiens et des Afro-américains. Rejointe par treize autres Dames, elle fonda les Sœurs du Très Saint Sacrement, avec la maison-mère à Bensalem, bénite par l’archevêque. Mère Cabrini (voir au 22 décembre) l’aida à recevoir l’approbation pontificale.

Mère Katharine eut une énorme influence sur l’opinion générale concernant les Indiens et les Afro-américains, qui n’avaient pas accès aux écoles, étaient mal payés et très mal considérés. Encore en 1913, une loi de Géorgie tentait d’interdire aux Blancs d’enseigner aux Noirs.

Mère Katharine reçut des requêtes d’un peu partout. Elle ouvrit une première école à Santa Fe. Dès 1942, elle avait organisé des écoles pour Noirs catholiques dans treize états, avec quarante missions et vingt-trois écoles rurales. Pour les Indiens, elle ouvrit cinquante missions dans seize états, la plus célèbre est peut-être l’Université Saint-Xavier à New Orleans, la première université pour les Noirs en Amérique.

Il y eut des attaques de la part de ségrégationnistes : en Pennsylvania, on incendia une école ; à New Orleans on brisa toutes les fenêtres d’un bâtiment abandonné que Mère Katharine avait acquis pour en faire une école préparatoire. En 1922, à Beaumont (Texas), des adeptes d’une société locale (Klan) menacèrent les Religieuses si elles ne partaient pas dans la semaine : une violente tempête s’abattit sur l’édifice des Klan et le détruisit complètement.

Pendant les soixante années de son activité, Mère Katharine dépensa environ vingt millions de dollars pour construire des écoles et des églises, pour payer les professeurs des écoles rurales pour Indiens et Noirs. En 1897, elle avait demandé aux Religieux de Saint-Jean-Baptiste de Cincinnati (Ohio) de prendre en charge une mission chez les Navajos en Arizona et Nouveau-Mexique, sur un terrain qu’elle avait acheté. Elle finança la publication d’un catéchisme en langue navaho-anglaise. Les Sœurs du Très Saint Sacrement travaillèrent en pleine entente avec ces Religieux au Nouveau-Mexique.

Les sœurs Drexel surent administrer sagement leur patrimoine, ne se marièrent pas et établirent par testament de faire distribuer leur héritage aux maisons religieuses : Jésuites, Frères des Ecoles Chrétiennes, Religieuses du Sacré-Cœur, un hôpital tenu par des Evangélistes, etc.

En 1935, une attaque frappa Mère Katharine et dès 1937 elle laissa sa place de supérieure générale. L’infirmité se développa et cette Fondatrice admirable se concentra majoritairement sur l’adoration eucharistique, son aspiration centrale.

Elle mourut le 3 mars 1955, presque centenaire, à Cornwell Heights (Pennsylvanie).

Mère Katharine fut béatifiée en 1988, canonisée en 2000. L’Eglise a ainsi sanctionné l’amour  et le travail de la Sainte en faveur des victimes du racisme. Actuellement, de nombreuses églises,  paroisses, écoles, portent son nom. 

Le premier miracle retenu, pour la béatification, fut la guérison totale d’un sourd, en 1974, après avoir demandé l’intercession de Mère Drexel. Pour la canonisation, ce fut aussi la guérison, en 1994, d’une surdité totale, due à une maladie nerveuse des deux oreilles.

Mère Katharine est commémorée le 3 mars.

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