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7 mars 2020 6 07 /03 /mars /2020 00:00

 

07 MARS

 

III.

Stes Perpétue et Félicité, très illustres martyres livrées aux bêtes à Carthage, dont les noms sont au Canon Romain ; avec elles souffrirent aussi Satyrus, Saturninus, Revocatus et Secundinus.

IV.

S Eubulius, venu de Batanée, martyr à Césarée de Palestine, mis en pièces par un lion.

Ss Basilios, Eugenios, Agathodoros, Elpidios, Ætherios, Kapiton, Ephraim, évêques martyrs en Chersonèse.

S Paul le Simple, devenu disciple de s. Antoine en Egypte après avoir été trompé par son épouse ; son obéissance le rendit capable de chasser les démons.

V.

S Gaudiosus, évêque à Brescia.

VII.

S Easterwin, abbé à Wearmuth.

IX.

S Ardon (Smaragde), disciple de s. Benoît à Aniane, qu’il remplaça en son absence.

S Paulos, évêque à Prusa, mort en exil à cause de l’iconoclasme.

XIII.

S Tommaso d’Aquin, illustre dominicain italien, professeur à la Sorbonne, fêté le 28 janvier, jour de sa translation à Toulouse.

XVI.

Bx John Larke, John Ireland, prêtres, et German Gardiner, martyrs anglais à Tyburn.

XVIII.

Ste Anna Maria Redi (Teresa-Margherita du Sacré Cœur de Jésus), carmélite à Florence.

XIX.

S Nam Chong-sam Ioannes Baptista, fonctionnaire coréen, décapité, canonisé en 1984 et fêté avec tous ses compagnons le 20 septembre. 

Ss Siméon Berneux, évêque, Just Ranfer de Bretenières, Louis Beaulieu et Pierre-Henri Dorie, prêtres des Missions Etrangères, martyrs en Corée, canonisés en 1984 et fêtés également le 20 septembre.

B José Olallo Valdés, orphelin cubain, des Hospitaliers ; il renonça au sacerdoce ; béatifié en 2008.

XX.

B Leonid Fëdorov (1879-1935), évêque ukrainien converti au catholicisme, deux fois arrêté, mort après douze années de détention, béatifié en 2001.

B Manuel Vilchez Montalvo (1889-1937), prêtre espagnol martyr, béatifié en 2020.

Bx Maisam Pho Inpèng (1934-1970) et Luc Sy (1938-1970), laïcs martyrs au Laos, béatifiés en 2016.

Perpetua et Felicitas

† 203

 

Le martyre de ces deux femmes à Carthage (Afrique du Nord) est très célèbre dans l’antiquité chrétienne.

Trois hommes furent martyrisés avec elles : Revocatus, Saturninus et Saturus.

Perpétue rédigea elle-même tous les préambules à son exécution. Elle obtint d’avoir avec elle son bébé, tandis que Félicité, enceinte de huit mois, se lamentait qu’à cause de l’attente de la naissance, elle tarderait à recevoir la couronne du martyre (car la loi romaine protégeait la Vie, et ne permettait pas de torturer une femme enceinte).

Félicité invoqua la Providence pour anticiper la naissance de son enfant : elle accoucha en effet d’une petite fille, qu’une chrétienne adopta.

Perpétue demanda au tribun d’avoir plus de considération pour les prisonniers : N’est-il pas de ton honneur que nous paraissions en bon état ? Le tribun rougit, ordonna de traiter plus humainement les prisonniers. Quant au geôlier, il se convertit.

Durant la prison, le père de Perpétue vint la supplier de renoncer à sa ténacité chrétienne, pour s’occuper de ses parents, de son bébé. On frappa même durement ce père, pour le chasser. Perpétue en fut très affligée.

Une fois condamnée avec les autres Martyrs, Perpétue remarqua avec soulagement que son bébé ne demandait plus le sein, de sorte qu’elle se sentit l’esprit entièrement libre.

Elle eut plusieurs visions : son petit frère Dinocrates, mort à sept ans d’un cancer au visage, fut bientôt libéré des souffrances du purgatoire grâce aux prières de Perpétue ; puis elle vit un esprit laid contre lequel elle lutta victorieusement : c’était le signe de son prochain martyre victorieux. Elle vit aussi une étrange échelle très haute, garnie de pointes et d’instruments de supplice, image des souffrances par lesquelles elle allait passer pour atteindre la gloire céleste.

La veille du combat, on offrait un dernier repas aux condamnés ; la salle était remplie de curieux. Un prisonnier leur dit : Vous paraissez touchés de notre destinée, demain vous battrez des mains à notre mort, vous applaudirez nos meurtriers. Plusieurs des païens restèrent interdits et se convertirent.

Saturninus et Revocatus furent attaqués et traînés par un léopard et un ours furieux ; Saturus fut seulement à peine tiré par un sanglier qui, juste avant, avait éventré le bourreau présent ; les femmes elles, furent attaquées par une vache furieuse. On dévêtit les femmes et on les mit dans un filet, mais le peuple lui-même protesta, voyant les mamelles de Félicité qui perdaient leur lait, et on leur remit leurs vêtements.

La vache souleva Perpétue avec ses cornes et la laissa retomber sur les reins ; elle attaqua aussi Félicité. Perpétue était constamment dans une sorte de ravissement et ne se rendait pas compte de la réalité. Elle demanda même quand enfin on l’exposerait à cette bête. Apercevant son frère et un catéchumène nommé Rusticus, elles les exhorta à rester fidèles.

Saturus, avant d’être blessé mortellement par un coup de dent de léopard, exhorta un soldat, nommé Pudens, à se convertir et, en signe d’amitié, lui remit l’anneau qu’il portait au doigt après l’avoir passé dans son sang.

Ensuite, les martyrs furent ramenés au centre du cirque et furent égorgés. Pour Perpétue, le gladiateur maladroit la manqua et elle guida elle-même sa main vers sa gorge.

 

Note. On pourra lire avec intérêt les lignes suivantes, extraites des Visions de la bienheureuse Anna Katharina Emmerick (voir au 9 février), qui n’ont de valeur que celle qu’on doit accorder à des révélations particulières, selon les avertissements de l’Eglise. Rappelons-nous qu’Anna Katharina, stigmatisée, était absolument ignorante. Elle parlait durant ses visions, ou les racontait une fois revenue à elle, selon ce dont elle se souvenait. On constatera la profonde concordance entre ces visions et le document résumé ci-dessus, qui fut écrit par Perpétue et un témoin oculaire.

Je vis (Perpétue et Félicité) avec dix autres jeunes filles jouer dans un jardin de forme ronde… Au milieu du jardin était un pavillon rond sur le toit duquel on pouvait se promener. Il y avait au-dessus une statue blanche de la hauteur d’un enfant qui avait une main levée, l’autre baissée, et tenait quelque chose entre les deux.

J’appris que (Perpétue et Félicité) s’étaient promis de ne jamais se séparer et que souvent, dans leurs jeux, elles faisaient comme si elles étaient des chrétiennes qu’on martyrisait et qui ne voulaient pas se quitter même dans la mort. Sainte Monique dont j’ai une relique, m’a dit que la ville s’appelle Carthage.

Je vis que la mère de Perpétue était chrétienne en secret et savait quelle était la croyance de ses enfants. Je vis que les parents de Félicité, qui était plus jeune que Perpétue, étaient de très pauvres gens… Je vis souvent Perpétue aller les voir. Et je vis Perpétue dès sa jeunesse faire le bien et propager la foi chrétienne avec une hardiesse vraiment héroïque. Je la vis aussi, à cause de cela, courir des dangers auxquels elle échappait toujours. Les parents de Félicité étaient chrétiens en secret. Celle-ci était gracieuse et délicate et, à proprement parler, plus belle que Perpétue qui avait des traits un peu plus forts et plus marqués et quelque chose de hardi et de viril dans ses allures.… Perpétue n’était pas belle de visage, elle avait le nez court et un peu écrasé, les pommettes des joues larges et les lèvres retroussées comme beaucoup de personnes dans ce pays. Elle avait de longs cheveux noirs tressés autour de la tête… Toutes deux avaient le teint assez brun, comme tous les gens de ce pays, et leurs cheveux étaient noirs.… Je vis aussi leurs futurs maris : ils étaient très pieux, doux de caractère et chrétiens en secret.

Le mari de Félicité était un bon chrétien très pauvre. Ils allaient la nuit dans un lieu éloigné et caché… Ils étaient là très tranquilles, ils voilaient toutes les ouvertures et allumaient des flambeaux. Il y avait bien là une trentaine de personnes. Je n’y ai pas vu célébrer le service divin, on donnait seulement des instructions.

…Je vis dans la maison de Perpétue les maris des deux saintes faire leurs adieux à leurs femmes et s’enfuir. Ils échappèrent à la persécution… Le matin, au point du jour, je vis une troupe de soldats assaillir la maison où se trouvaient Perpétue, Félicité et la belle-mère de celle-ci. Perpétue et Félicité allèrent à leur rencontre et partirent avec eux pleines de joie. La belle-mère garda l’enfant et personne ne s’enquit d’elle. (Elles) furent alors conduites, accablées de coups et de mauvais traitements, dans une méchante maison, en attendant qu’on les menât dans la prison… J’ai vu venir le père de Perpétue : il finit par la frapper au visage. Elle parla avec beaucoup de gravité et souffrit tout avec patience.

Ceci… est un ossement d’un jeune garçon qui souffrit fort courageusement le martyre avec deux sœurs, son père et sa mère : il était en prison avec sainte Perpétue : il fut brûlé vif…

J’ai vu les saints dans une prison souterraine de forme ronde, dans laquelle ils étaient séparés les uns des autres par des grilles, en sorte qu’ils pouvaient s’entretenir ensemble et même se donner la main. Il faisait très sombre dans cette prison, cependant je vis de la lumière briller autour d’eux. Au-dessus de la prison était une vieille bâtisse. Chacun était assis seul dans sa cage. La porte de cette prison était comme une porte de cave qu’on levait. Il y avait en outre dans le plafond environ quatre ouvertures grillées. Outre Perpétue et Félicité, je vis quatre hommes. 

Perpétue avait avec elle son enfant qu’elle allaitait ; Félicité, qui était enceinte, se trouvait dans le cachot voisin. Perpétue était grande et imposante dans tous ses mouvements, elle était forte et bien faite. Toutes ces personnes avaient des cheveux noirs. Félicité était beaucoup plus petite, plus délicate et plus gracieuse. Perpétue parlait à tous nettement et énergiquement, et elle relevait le courage de tous les captifs.

Le courageux petit martyr était assis près de son père dans un compartiment à part ; sa mère avec les deux jeunes filles était dans un autre, séparé du premier par un mur à travers lequel je voyais.

Je vis avec les soldats un officier compatissant ; il portait souvent à Perpétue du pain ou quelque autre chose qu’elle distribuait à ses compagnons. Perpétue avait près d’elle un écrit qu’elle cachait soigneusement.

…Je vis les martyrs conduits au supplice. On les fit sortir de la prison entre deux rangs de soldats qui les poussaient de côté et d’autre d’une manière qui faisait pitié… Je vis ensuite qu’on les fit marcher lentement entre deux rangs de bourreaux qui leur déchiraient les épaules à coups de fouet. Pendant le martyre, sous les coups de la vache, je vis Perpétue comme absorbée dans une vision et n’ayant pas conscience de son supplice. Elle fut misérablement traînée de côté et d’autre et enfin lancée en l’air d’une manière effrayante. En retombant, elle mit son vêtement en ordre et sembla pendant un instant avoir la connaissance de ce qui se passait. Lorsqu’ensuite elle fut emmenée par des chemins de traverse dans une autre cour, je la vis demander si elle subirait bientôt son supplice. Elle était toujours en contemplation, elle ne savait rien de ce qui se passait. Il y avait de petits sièges au milieu de la place, on y traîna quelques-uns des martyrs et on leur perça la gorge. Il était affreux de voir combien Perpétue avait de difficulté à mourir. Le bourreau la frappa dans les côtes, puis au cou au-desus de l’épaule droite : il fallut qu’elle conduisît sa main. Couchée par terre, elle étendit encore la main ; elle mourut la dernière et avec une difficulté incroyable. 

Ils furent tous jetés en tas. On avait amené les deux femmes dépouillées de leurs habits et enveloppées dans un filet : mais par suite des coups et de la flagellation qui leur avaient été infligés, elles avaient le corps tout couvert de sang. 

Je vis beaucoup de gens convertis par l’héroïsme de Perpétue.

 

Perpétue et Félicité furent en honneur dès le lendemain de leur martyre. Le Martyrologe les a constamment évoquées au 7 mars, et leurs noms furent inscrits au Canon romain de la Messe, dans la prière du Nobis quoque, peccatoribus.

 

 

Satyrus, Saturninus, Revocatus et Secundinus de Carthage

† 203

 

Au même lieu et à la même date où furent martyrisées Perpétue et Félicité, furent immolés aussi quatre jeunes catéchumènes : Satyrus, Saturninus, Revocatus et Secundinus.

Tout ce qu’on sait et qui va suivre, a été décrit par sainte Perpétue elle-même.

Saturninus, Revocatus et Secundinus furent arrêtés et mis en prison avec Perpétue et Félicité. Satyrus se joignit spontanément à eux tous, pour en partager le sort.

Dans la prison, Perpétue eut la vision d’une grande échelle qui montait au Ciel, où Satyrus monta le premier.

Arriva le jour où tous les prisonniers furent amenés sur la place du forum : ils furent condamnés aux bêtes.

Satyrus eut à son tour une vision, dans laquelle il voyait quatre anges qui conduisaient les Martyrs dans un magnifique jardin, où ils revirent d’autres Martyrs nommés Iocundus, Saturninus, Artaxes, Quintus. Ils se virent revêtus d’une belle robe blanche. Ils virent ensuite les vingt-quatre Vieillards (cf. Ap 4:10).

Secundinus mourut le premier, mais en prison.

La veille du martyre, on servit aux prisonniers un dernier repas, en présence de beaucoup de curieux. Satyrus les interpella : N’aurez-vous pas assez de demain pour nous observer ? Aujourd’hui, vous vous montrez touchés de notre sort, et demain vous applaudirez à notre mort. Remarquez bien nos visages, pour nous reconnaître au jour du jugement. Ces paroles fortes firent partir bien des gens, mais beaucoup restèrent pour recevoir les premiers éléments de la Foi.

Le jour venu, on les conduisit à l’amphithéâtre. On voulait revêtir les hommes du manteau des prêtres de Saturne, les femmes de la bandelette des prêtresses de Cérès, qu’ils refusèrent tous.

Revocatus, Saturninus et Satyrus furent introduits dans l’amphithéâtre ; ils menaçaient le peuple du geste et de la voix ; au procurateur Hilarianus, ils dirent : Tu nous as jugés en ce monde, mais Dieu te jugera à son tour. Pour cette audace, ils furent flagellés.

Saturninus et Revocatus furent alors attaqués par un léopard, puis traînés et déchirés par un ours.

Satyrus, de son côté, craignait beaucoup l’attaque d’un ours et préférait qu’un coup de dent du léopard le fît mourir sans tarder ; on lâcha contre lui d’abord un sanglier, qui se retourna contre le piqueur et lui ouvrit le ventre, sans rien faire à Satyrus ; un ours ne se dérangea même pas.

Satyrus se retira sous un portique, où ses paroles encouragèrent un certain Pudens à se convertir. Puis il retourna dans l’arène, où enfin, selon son désir, un léopard lui donna un violent coup de dent, qui le fit saigner abondamment.

Ensuite, à la demande du peuple surexcité par tout ce sang, on rappela les prisonniers tout ensanglantés. Satyrus était mourant.

Parvenus au centre de l’arène, ils furent égorgés tandis qu’ils s’embrassaient fraternellement, unis dans la foi, dans le combat et la mort, et dans la gloire du Ciel.

Saints Satyrus, Saturninus, Revocatus et Secundinus de Carthage sont commémorés le 7 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Basilios, Ephraim, Eugenios, Agathodoros, Elpidios, Ætherios et Kapiton

† 300

 

Sous Dioclétien, l’évêque Hermon de Jérusalem envoya en Chersonèse (auj. Crimée) sept missionnaires, tous évêques, chargés d’annoncer là-bas l’Evangile.

Les deux premiers furent Ephraim et Basilios, vers 300. 

Basilios fut d’abord expulsé, puis rappelé ; il ressuscita un mort et convertit toute une famille ; une sédition des Juifs aboutit à son martyre.

Ephraim subit peut-être le martyre en même temps que Basile, à moins qu’il fût allé prêcher en Scythie (auj. Azerbaïdjan).

Vinrent l’année suivante, vers 301, Eugenios, Agathodoros et Elpidios, qui subirent à leur tour le martyre.

Après plusieurs années, Ætherios se heurta encore à l’obstination des habitants ; il obtint de Constantin de réprimer les assauts belliqueux des païens, qui furent donc expulsés de Chersonèse ; étant retourné à Constantinople pour remercier l’empereur, il fut martyrisé à son retour.

Enfin fut envoyé Kapiton, à la demande des Chrétiens de Chersonèse, qui désiraient un évêque. Kapiton put prêcher et obtenir d’autres conversions. Il mourut en paix un 22 décembre.

Saints Basilios, Ephraim, Eugenios, Agathodoros, Elpidios, Ætherios et Kapiton sont commémorés le 7 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eubulius de Batanée

† 308

 

Eubulius vivait, comme son ami Adrianus, à Batanée (auj. Al-Bathaniya, Syrie S). 

Ils étaient chrétiens ; entendant parler des martyrs qui étaient morts pour la foi à Césarée de Palestine, ils voulurent venir les vénérer et se présentèrent aux portes de la ville.

On les contrôla, on les questionna : ingénument, ils exposèrent le but de leur voyage et furent immédiatement présentés au gouverneur.

Celui-ci, Firmilien, les fit aussitôt torturer et exposer aux bêtes. 

Les fêtes célébrant la Fortune commençaient le 5 mars.

Adrianus subit son supplice dès le 5 mars ; mis en pièces par un lion, il fut égorgé. Son ami Eubulius eut le même sort, mais deux jours plus tard, le 7 mars, assez probablement en 308.

Saint Eubulius de Batanée est commémoré le 7 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Paul le Simple

† 340

 

Paul était un simple cultivateur qui vivait en Egypte.

Son épouse, fort belle, le trompait par une double vie, jusqu’à ce que Paul la trouva en compagnie d’un complice. Il quitta la maison et rejoignit l’ermite s.Antoine (v. 17 janvier). Il avait soixante ans.

Antoine fit la sourde oreille, chercha par tous les arguments et par tous les moyens à décourager Paul de vouloir se faire moine, Paul resta là.

Paul supporta un jeûne de quatre jours, sans pain et sans eau. Ce fut son premier «examen», après lequel Antoine l’admit dans sa cellule.

Il ordonna à Paul de tresser une corde avec des feuilles de palmier ; quand la corde mesura quatre-vingt-quinze brasses (environ 150 mètres), Antoine la lui fit défaire et recommencer, ce que Paul fit sans broncher. Antoine lui-même fut ému de tant d’humilité et d’obéissance.

Antoine invita Paul à manger ; il lui proposa des pains desséchés ; Paul mangea la même chose qu’Antoine ; le soir, Paul imita Antoine dans sa prière, sa veille, son lever nocturne pour chanter : à la fin, Antoine reconnut la vraie disponibilité de Paul et lui dit :  Voici que tu es devenu moine.

Antoine fit construire à Paul sa cellule, à quelques kilomètres de la sienne. Il lui donna alors comme mission la lutte contre le Démon ; d’abord pour soi-même, ensuite pour les autres. Au bout d’un an, Paul reçut la grâce de commander aux démons, de les chasser et de guérir les malades.

Un jour on amena à Antoine un horrible démoniaque. Antoine jugea que c’était Paul qui pouvait le délivrer ; Paul jugea que c’était au contraire à Antoine de le faire ; après une longue «lutte», Paul s’adossa au rocher, en plein soleil, pria intensément, affirmant qu’il ne partirait pas de là tant que le démon serait présent ; le démon hurla et déclara que la simplicité de Paul l’avait chassé.

Il y eut encore bien d’autres miracles accomplis par Paul. L’extrême humilité de son comportement l’a fait surnommer le Simple.

L’histoire ne nous dit pas si Paul réussit à convertir sa femme.

Il mourut, pense-t-on, vers 340.

Saint Paul le Simple est commémoré le 7 mars dans le Martyrologe Romain.

Gaudiosus de Brescia

† 340

 

Des vingt-huit premiers évêques de Brescia (Italie N), tous saints, Gaudiosus fut le treizième (qu’il ne faut pas confondre avec Gaudentius, neuvième de la liste, ni avec un autre Gaudiosus, le vingt-neuvième, du septième siècle).

Gaudiosus fut évêque de Brescia durant la première moitié du cinquième siècle.

Jusqu’à plus ample information, on ne pourra en dire davantage.

Saint Gaudiosus de Brescia est commémoré le 7 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ardon Smaragde 

† 843

 

Ardon naquit en «Septimanie», l’actuel Languedoc.

Quand il embrassa la vie monastique à Aniane, il prit le nom de Smaragde.

Le fondateur de ce monastère était Benoît d’Aniane (v. 12 février), qui l’eut en grande estime : Smaragde était un moine docile, doux, pieux, très studieux, et Benoît le prit volontiers comme compagnon dans ses déplacements. C’est ainsi que Smaragde fut présent au concile de Francfort (794).

Il fut ordonné prêtre et préposé à la tête des écoles.

Benoît ayant été mandé auprès de Louis le Débonnaire en 814 à Aix-la-Chapelle, il confia l’administration du monastère d’Aniane à Smaragde, ce qui montre la confiance et l’estime qu’il avait pour son disciple.

On ne sait pas ce qui arriva après la mort de Benoît en 821 : Smaragde fut-il alors régulièrement élu abbé ?

Ce qui est certain, c’est que Smaragde écrivit une Vita de son maître, précieuse pour les historiens.

Il mourut en 843 à Aniane (act. Hérault).

L’Ordre bénédictin a canonisé Smaragde, ainsi que le Martyrologe Romain, en date du 7 mars.

 

 

Paulos de Prusa

† 850

 

Paulos était évêque de Prusa en Bithynie (Asie Mineure, act. Turquie d’Asie NW).

C’était la période de déchaînement de l’erreur iconoclaste. Dans toutes les églises, les hérétiques remplaçaient les saintes icônes par des images de végétaux. L’évêque s’en affligea et prit la parole vigoureusement pour protester contre ces exactions.

Son courage déplut aux autorités, qui le firent exiler dans la région de l’Olympe (Grèce, frontière entre Thessalie et Macédoine). Son exil dura plusieurs années, au terme desquelles le courageux évêque rendit son âme à Dieu.

On l’a autrefois associé à un autre évêque victime de l’iconoclasme, Theophilos, qui mourut peu auparavant à Nicomédie, mais qui n’est plus inscrit dans l’actuel Martyrologe.

Saint Paulos de Prusias est commémoré le 7 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Tommaso d’Aquino

1225-1274

 

Celui que l’on appelle communément en français Thomas d’Aquin naquit - à une année près - en 1225 à Roccasecca (Frosinone, Latium, Italie centrale), benjamin des cinq enfants du comte Landolfo d’Aquino et de Teodora Rossi, également d’ascendance noble.

Il fut confié tout petit à l’abbaye bénédictine du Mont-Cassin et passa en 1239 à l’université de Naples. On remarqua vite que le garçon parlait peu et réfléchissait beaucoup. C’est à Naples qu’il connut les Dominicains. Il en prit l’habit en 1244.

Ce n’était pas dans les vues des parents ; sa mère tenta de faire intervenir l’empereur et le pape ; Thomas se réfugia à Rome et ses Supérieurs pensèrent l’envoyer secrètement à Paris : ses frères le rattrappèrent et l’enfermèrent ; pendant un an, on tenta de le persuader ; un de ses frères alla jusqu’à introduire dans sa chambre une créature féminine : Thomas se saisit d’un tison, traça une grande croix sur le mur et renouvela son vœur de chasteté ; la nuit suivante, deux anges lui apparurent en songe, le ceignant de la ceinture de la chasteté et lui promettant que Dieu lui accordait la grâce de la chasteté perpétuelle. Il persévérait absolument dans sa voie et fut finalement restitué au couvent de Naples en 1245.

Les bons pères eurent l’idée de le confier plutôt à Giovanni Teutonico, à Rome, qui l’emmena à Paris et, de là, à Cologne, pour recevoir l’enseignement d’Albert le Grand (voir au 15 novembre).

Albert estimait beaucoup Tommaso. Un jour que des Confrères traitaient Tommaso de bœuf muet, Albert rétorqua : Un bœuf muet ? Vous verrez qu’on l’écoutera du bout du monde !

Un premier séjour à Paris permit à Tommaso de rencontrer le franciscain italien Bonaventura (voir au 15 juillet), avec lequel il partagea une profonde amitié. Tommaso y reçut le sous-diaconat. Il commença à étudier Aristote, jusque là écarté des études officielles. De retour à Cologne, il fut ordonné diacre et prêtre en 1250. Cette année-là lui arriva la nouvelle de la mort de sa mère et de ses deux frères.

Quatre ans après, Albert était suffisamment convaincu du talent de Tommaso pour le proposer au baccalauréat et le charger de l’enseignement à Paris. Tommaso commença sa vie d’enseignant en 1252, à vingt-sept ans. De 1259 à 1268, il fut enseignant à Orvieto (Italie) puis à Rome. De ces années datent la Somme contre les Gentils, un Commentaire sur Job, et le début de la fameuse Somme Théologique. Il refusa obstinément toute distinction ecclésiastique et prêcha là où passait le pape : Rome, Viterbe, Bologne, Pérouse… Parmi ses auditeurs, se convertirent deux rabbins et quelques autres Juifs.

Il faut signaler ici qu’en 1263 eut lieu le très fameux miracle eucharistique de Bolsena (Orvieto), dont fut témoin un prêtre qui doutait de la Présence Réelle ; informé, le pape décida l’institution de la Fête-Dieu et en confia la rédaction de l’Office et de la Messe à Bonaventura et Tommaso : on choisirait le plus beau travail. Tommaso présenta le sien le premier ; l’entendant, Bonaventura déchira le sien, jugeant qu’on ne pouvait faire plus beau. Dans une vision, le Seigneur révéla à Tommaso combien il avait dignement écrit de Lui.

Revenu à Paris, en plus de son enseignement, il écrivit de très nombreux ouvrages sur les sujets les plus variés, théologiques, philosophiques, mais aussi scientifiques. Ses extases se multipliaient. En particulier, saint Paul l’aida à éclaircir divers passages des Epitres. Il confia lui-même que Dieu lui avait envoyé saint Pierre et saint Paul, dont il recevait des lumières.

Le roi saint Louis eut à cœur de le consulter.

En 1272, il quitta Paris, regagna Rome où le chapitre de l’Ordre lui confia l’érection d’un centre d’études ; ce devait être Naples.

Tommaso fut affecté d’un pénible excès pondéral qui lui rendait difficile tout mouvement. Un jour, des novices dirent à Tommaso qu’ils voyaient un bœuf voler ; Tommaso s’efforça de gagner la fenêtre pour voir cette chose si nouvelle ; ne voyant rien, et voyant les novices rire sous cape, il leur dit simplement : Je pensais plus possible de voir un bœuf voler qu’entendre des novices mentir.

En décembre 1273, il eut comme une vision durant la Messe et décida de ne plus rien écrire parce que Tout ce qu’(il) avait écrit lui semblait de la paille en face de ce qu’(il) avait vu.

Vers Noël, il passa chez sa sœur. Le pape lui enjoignit alors d’aller participer au concile de Lyon. Tommaso quitta Naples, le 28 janvier 1274, toujours à pied ; fiévreux, il s’arrêta à Maenza, gagna l’abbaye cistercienne de Fossa Nova, où il s’arrêta un mois, n’en pouvant plus. 

A la demande des religieux, il dicta de son lit un commentaire sur le Cantique des Cantiques.

Le 4 mars, il reçut les derniers sacrements, le 7 le Viatique, et mourut ce 7 mars 1274.

Au même moment, Albert, à Cologne, éclata en sanglots, comprenant que son cher Tommaso était mort.

Les miracles furent nombreux et retentissants. La canonisation fut prononcée en 1323. Saint Tommaso fut proclamé Docteur en 1567 ; il est le Docteur Angélique (ce qui explique que l’université romaine dominicaine s’appelle l’Angelicum). Successivement, saint Thomas fut proclamé en 1880 patron céleste des universités, académies, collèges et écoles catholiques.

Les reliques de saint Tommaso d’Aquino se trouvent dans le couvent dominicain de Toulouse, où cette translation fut chaque année commémorée le 28 janvier, date à laquelle Tommaso avait quitté Naples pour son ultime voyage.

Bien que Tommaso fût mort le 7 mars, sa fête liturgique est désormais fixée hors Carême, ce même 28 janvier.

 

 

John Ireland

? -1544

 

On ne connaît presque rien de lui.

Il fut chapelain attaché à l’église de S.Dunstan (Canterbury) en 1535-1536, vicaire à Eltham (Kent) puis nommé à la paroisse de gendre de Thomas More, William Roper de Well Hall.

Il fut traduit en justice en février 1543 ou 1544, avec le prêtre John Larke, et le laïc German Gardiner. Tous trois furent condamnés à mort et exécutés le 7 mars suivant. Un autre laïc renia sa foi et ne fut pas exécuté. Un autre prêtre, Robert (ou John) Singleton, fut exécuté le même jour, mais n’apparaît pas dans les causes de béatification.

John Larke et German Gardiner eurent leur culte confirmé en 1886, avec valeur de béatification, tandis que John Ireland fut béatifié en 1929.

 

 

John Larke

? -1544

 

On ne connaît presque rien de sa jeunesse. Il passe pour avoir été docteur de l’université, mais on ne sait pas laquelle.

Il fut curé à St.Ethelburga (Londres) de 1504 à 1542, momentanément curé à Woodford (Essex) en 1526-1527, puis transféré à l’église de Chelsea par le chancelier Thomas More, avec qui il était très ami (v. 6 juillet).

D’ailleurs, le martyre de Thomas More le fit profondément réfléchir : alors qu’il avait d’abord signé l’Acte de Suprématie, il le renia par la suite et suivit les traces de Thomas More.

Il fut traduit en justice en février 1543 ou 1544, avec le prêtre John Ireland, et le laïc German Gardiner. Tous trois furent condamnés à mort et exécutés le 7 mars suivant. Un autre laïc renia sa foi et ne fut pas exécuté. Un autre prêtre, Robert (ou John) Singleton, fut exécuté le même jour, mais n’apparaît pas dans les causes de béatification.

John Larke, John Ireland et German Gardiner eurent leur culte confirmé en 1886, avec valeur de béatification.

 

 

German Gardiner

 ? -1544

 

Laïc anglais, on suppose qu’il fut parent (et secrétaire) de Stephen Gardiner, l’évêque de Winchester.

Formé probablement au Trinity Hall de Cambridge, il ne craignit pas de s’exposer pour défendre la foi catholique.

Il publia ainsi un tract en 1534. Pendant la persécution de cette période, il fut pénétré de courage par l’héroïcité des Martyrs, en particulier de Thomas More (voir au 6 juillet). Il eut une occasion de donner un témoignage remarquable.

En 1543, il fut accusé d’avoir dressé une liste d’erreurs contre la foi. Cette année-là, le Despote royal changea de caprice, et préféra sacrifier les Catholiques au lieu des hérétiques, tandis qu’ensuite il se retourna plutôt contre les Protestants. 

L’acte d’accusation de German montre clairement qu’il fut accusé de vouloir priver le roi de sa dignité et de son titre de Chef suprême de l’Eglise d’Angleterre et du Pays de Galles.

Il fut exécuté pour sa foi le 7 mars 1543 ou 1544 à Tyburn, dernier des Martyrs catholiques sous le roi Henry VIII, en même temps que les prêtres John Larke et John Ireland.

Le culte de German et de ses Compagnons a été confirmé en 1886, ce qui équivaut à la béatification.

 

 

Anna Maria Redi

1747-1770

 

Anna Maria vit le jour le 15 juillet 1747 à Arezzo (Toscane, Italie), deuxième des treize enfants d’un père de famille noble, Ignazio.

Elle reçut le Baptême le 16 juillet.

Déjà durant l’enfance, elle posait souvent des questions comme : Qui est Dieu ?

Durant les récréations, chez les Bénédictines de Florence où elle étudiait, elle réfléchissait : Pendant que nous nous amusons, Jésus pense à nous.

Elle reçut la Première communion en 1757.

Son plus grand confident fut son propre père, avec lequel elle eut une correspondance importante, mais qu’ils brûlèrent chacun de leur côté, d’un commun accord.

Elle s’imprégna du message que le Sacré-Cœur révéla à sainte Marguerite-Marie Alacoque (voir au 16 octobre).

En 1764, elle entra au Carmel de Florence et prit le nom de Teresa Margherita du Sacré-Cœur de Jésus. Ce jour-là elle s’engagea à suspendre toute correspondance, même avec son cher papa. Tous deux se promirent en revanche de se retrouver chaque soir dans le cœur du Christ.

Elle grandit dans l’amour du Christ de façon extraordinaire, tout en restant dans une humble discrétion. Son amour et le don de soi étaient tels, que Pie XI la nomma la neige ardente. 

Chargée de l’infirmerie, elle s’acquitta de sa mission avec empressement et jusqu’au dernier jour, en particulier avec une Consœur qui était devenue violente.

Le 6 mars 1770, elle ressentit brusquement des douleurs inhabituelles : on ne comprit pas tout de suite que c’était une gangrène. Malgré les souffrances, elle continua d’assister les malades. Le 7 mars 1770, elle mourut d’une gangrène généralisée.

Le corps de la Religieuse était déjà très déformé, mais quand on commença de le déplacer, tout l’aspect du visage et du corps changea : la couleur violacée disparut, le visage devint délicatement pâle, le corps désenfla, s’assouplit et exhalait même un parfum agréable. Ce phénomène fit retarder de quinze jours les obsèques.

Depuis, le corps de Teresa est resté non corrompu.

Teresa Margherita a été béatifiée en 1929 et canonisée en 1934.

Siméon-François Berneux

1814-1866

 

Né le 14 mai 1814 à Château-du-Loir (Sarthe), de Siméon Berneux et Hélène Fossé, Siméon-François fait ses études sur place puis au Mans.

A dix ans, il révèle à sa pieuse mère qu’il désire être prêtre, mais le papa n’est pas très chaud : pauvre, il a besoin de son garçon. Grâce au curé de la paroisse, le jeune Siméon pourra faire d’excellentes études. 

Il rejoint le Petit séminaire de Précigné et le Grand séminaire du Mans (1831). 

Tombé malade l’année suivante, il est précepteur chez Ange Carron puis chez les de la Bouillerie. Revenu au séminaire en 1833, il est ordonné diacre en 1836, et prêtre en 1837.

Dans un premier temps, il enseigne la philosophie au séminaire, où il est aussi directeur spirituel.

En 1839, il entre au séminaire des Missions Etrangères de Paris, et s’embarque au Havre début 1840.

A Manille, il rencontre Mgr Retord. Après un séjour à Macao, il arrive au Tonkin occidental en janvier 1841, mais est arrêté en avril, incarcéré à Hué et condamné à mort avec sursis avec d’autres missionnaires. Sur intervention de l’amiral Favin-Lévêque, ils sont libérés en 1843 et ramenés à l’Ile Bourbon.

Il repart pour Singapour et Macao, et rejoint la mission de Mandchourie (1844), où il apprend la langue. Il est plusieurs fois malade. Suite à une persécution, il se réfugie à Shanghaï quelques semaines.

En 1853 il est nommé vicaire apostolique de Corée, pour succéder au défunt Mgr Ferréol. Il est consacré évêque en décembre 1854. Mgr Berneux est heureux d’aller en Corée, un magnifique pays de martyrs. Il part en 1855, passe par Shanghaï, arrive à Séoul en mars 1856. Il prend le nom de Chang Gyeong-il, apprend le coréen, mais reste discret, car la conversion au catholicisme est punie de mort.

Il sera arrêté une première fois et battu, en septembre 1863.

Son activité portera ses premiers fruits, d’autant plus que le nouveau roi se montre plus tolérant : en dix ans, des milliers de personnes passent au catholicisme, un séminaire est ouvert à Paeron (1855), des livres sont publiés en coréen.

En 1866, alors que la chrétienté coréenne atteint les vingt-trois mille, Mgr Berneux propose les bons offices de la France entre la Corée et la Russie qui se fait menaçante. Mais la Russie se retire, et le roi, influencé par son entourage qui n’apprécie pas l’entrée des étrangers français dans le palais du gouvernement, reprend la persécution.

Mgr Berneux est arrêté le 23 février, interrogé, torturé : bastonnade sur les jambes, poncture des bâtons. La sentence tombe : L’accusé Chang, refusant d’obéir au roi, et ne voulant ni apostasier, ni donner les renseignements qu’on lui demande, ni retourner dans son pays, aura la tête tranchée après avoir subi différents supplices.

Il est décapité à Saenamt’ŏ, le 7 mars 1866.

On dit qu’un mystérieux sourire passa sur son visage au moment de sa mort.

Mgr Berneux a été béatifié en 1968, canonisé en 1984.

Si son dies natalis est au 7 mars, il est fêté liturgiquement le 20 septembre en même temps que tous les Martyrs de Corée.

 

 

Nam Chong-sam Ioannes Baptista

(Nam Jong-sam Yohan)

1817-1866

 

Ioannes Baptista était né à Ch’ungju (Chungcheong-do, Corée S) en 1816 ou 1817. C’était le neveu et fils adoptif de Nam Sang-gyo Augustinus.

Ce dernier, une fois chrétien, refusa de travailler dans le gouvernement, où il avait un haut rang. En revanche, son fils adoptif désirait ardemment y parvenir et, à vingt-six ans, passa avec succès l’examen de Hongmungwan Kyori, devenant ensuite, à vingt-neuf ans, gouverneur de la région qui faisait face au Japon.

Sa position était difficile, car s’il était chrétien, il ne pouvait éviter de participer à des cérémonies officielles et païennes ; il s’efforçait de venir en aide aux pauvres, mais était en même temps sollicité par les siens. Quelques années après, il renonça à sa carrière et s’en vint enseigner le coréen aux missionnaires.

En 1863, pour des raisons financières, il vint à Seoul et devint professeur de littérature chinoise pour les enfants des ministres du gouvernement.

Lorsqu’en 1866 la Russie menaçait d’envahir la Corée, lui qui était chrétien, intervint pour proposer au roi les bons offices de la France, par l’intermédiaire de l’évêque Mgr Berneux.

Tout était prêt pour une rencontre, mais le temps que Mgr Berneux revînt de Pyŏngyang, la Russie s’était déjà retirée, le danger avait disparu, et l’entourage du roi l’avait déjà plutôt persuadé de reprendre la persécution contre les Chrétiens, jaloux de voir s’introduire dans le palais des étrangers chrétiens.

C’est ainsi que furent arrêtés et martyrisés presque tous les missionnaires.

Nam Chong-sam Ioannes Baptista fut déposé de sa charge et arrêté le 1er mars. Mis en prison, torturé, il resta fidèle. Il se confessa et reçut l’Eucharistie.

Condamné à mort, il fut décapité à la Petite Porte Occidentale de Seoul, le 7 mars 1866.

En mourant, il prononça les noms de Jésus et Marie.

Béatifié en 1968, canonisé en 1984, il est fêté avec l’ensemble des Martyrs coréens le 20 septembre.

 

 

Just Ranfer de Bretenières

1838-1866

 

Just naquit à Chalon-sur-Saône le 28 février 1838, aîné des deux garçons du juge de Bretenières et de son épouse Anne, croyants et bons chrétiens.

Tout petit, Just - qui reçut au baptême les noms de Simon Marie Antoine Just - exprima son désir d’être missionnaire en Chine. Il l’aurait dit à trois ans déjà ; plus tard il dira à son frère et au curé de la paroisse qu’il désirait être martyr.

Just et son frère Christian reçoivent leur formation d’un précepteur, l’abbé Gautrelet.

Pour s’ «entraîner» au martyre, Just s’efforce de dominer sa nature sensible : il supporte la fatigue, la chaleur, la soif, il s’habitue à porter des fardeaux.

En 1856, après son baccalauréat, il s’inscrit en faculté de lettres à Lyon.

Toujours attiré par les missions, il suit les conseils de son confesseur et de ses parents et entre au Séminaire Saint-Sulpice, où il est organiste et infirmier (1859).

Dans le cas de Just, on remarquera que ses parents l’ont généreusement soutenu dans sa vocation, ce qui n’a pas toujours été facile à faire pour d’autres parents de missionnaires.

Après deux ans, Just est reçu aux Missions Etrangères de Paris (1861). Un Confrère disait que Just n’avait pas besoin d’être martyr pour être un saint.

Just reçoit le sacerdoce en 1864.

Il apprend avec joie sa destination pour la Corée, terre des martyrs.

De Marseille, il s’embarque avec neuf autres pour la Corée, avec des escales à Alexandrie, Suez, Ceylan, Singapour, Hong-Kong. L’attente à Hong-Kong se prolongeant, il y étudie le chinois.

Enfin entré en Corée clandestinement (mai 1865), il habite à Seoul, près de l’évêque, Mgr Berneux. Il se cache chez des chrétiens, il ne sort que la nuit (et encore, avec l’habit de deuil, noir, qui enveloppe de la tête aux pieds).

Avec le nom coréen de Païk Chen Fou (Le père blanc comme neige), il apprend le coréen avec un jeune catéchiste nommé Chŏng Ŭi-bae et, au bout de six mois, peut prêcher et confesser dans la langue.

En février 1866, il confesse plusieurs dizaines de fidèles et baptise une quarantaine d’adultes. Il reçoit une délégation de l’évêque pour administrer aussi la Confirmation. Il assiste des malades et donne l’Onction des Malades.

Une trahison est à l’origine de la découverte de la cachette de Mgr Berneux, et de celle du père Just. Des soldats font irruption au moment où il s’apprête à célébrer la Messe. On l’emmène, lié avec une corde rouge, signe des grands criminels.

En prison, il retrouve Mgr Berneux, ainsi que les pères Beaulieu et Dorie. Ensemble, ils s’encouragent. Ils subissent les tortures, le supplice du shien-noum, où le patient est ligoté sur une chaise et reçoit des coups de bâton de section triangulaire sur les tibias et les pieds. Séances et interrogatoires pendant quatre jours. Après chaque interrogatoire, leur corps est labouré avec un pieu pointu, de la grosseur du bras.

La sentence de mort est prononcée le 6 mars. Les condamnés sont portés chacun sur une chaise jusqu’au lieu de l’exécution, dans le quartier de Saenamt’ŏ (Seoul), où la foule est surveillée par quatre cents soldats armés.

Après l’exécution de Mgr Berneux, le père Just est posé à terre, dépouillé de ses vêtements ; chacune des oreilles est repliée sur elle-même et percée d’une flèche. On lui passe un bâton sous les bras liés derrière le dos et le porte ainsi pour bien le faire voir à la population. Puis il est déposé à genoux, la tête en avant ; six bourreaux exécutent une danse autour de lui en criant A mort ! A mort ! Les coups de sabre tombent, la tête est tranchée au quatrième coup.

Le père Just de Bretenières meurt Martyr, le 7 mars 1866, dies natalis commun à Mgr Berneux, aux pères Beaulieu et Dorie.

Ils seront béatifiés ensemble en 1968, et canonisés en 1984.

Une fête liturgique unique célèbre les cent-trois Martyrs coréens, le 20 septembre.

 

 

Pierre-Henri Dorie

1839-1866

 

Né le 23 septembre 1839 à Port-de-la-Guittière (Saint-Hilaire de Talmont - depuis 1974 Talmont-Saint-Hilaire -, Vendée), de Pierre Dorie et Geneviève Bignonneau, Henri a sept frères et sœurs.

A dix ans, il va au Petit séminaire de la Bauduère (Olonne), puis passe au Grand séminaire de Luçon (1860), d’où il rejoint celui des Missions Etrangères de Paris (1862). 

Au moment de son départ, un confrère compose et lui chante ces mots prophétiques : 

 

Au nom de Jésus-Christ, 

ta tête sera tranchée,        

et deux fois dans l’année 

viendra la saint Henri.

 

Il est ordonné prêtre en 1864. Il part pour la Corée avec son meilleur ami, le père Ranfer de Bretenières.

Ils arrivent en Mandchourie en octobre 1864, rejoignent la province de Leao Tong en janvier 1865, puis débarquent clandestinement en Corée, vêtus de l’habit noir de deuil, qui couvre le visage, de sorte qu’on ne peut reconnaître qu’ils sont Européens. Pierre-Henri prend le nom de Kim (père spirituel).

Arrivé à Seoul, il continue sa vie clandestine, il se met au coréen et exerce son ministère à Sonkokni (Yong-in, Kyŏnggi), à quelques kilomètres de Seoul. S’il vit caché, au moins il est certain de ne pas retourner en Chine.

Dans les mêmes circonstances où fut arrêté Mgr Berneux et le père Ranfer de Bretenières, suite à une dénonciation, Henri est arrêté à son tour le 27 février et emprisonné.

L’évêque et les prêtres sont torturés à coups de rotin sur les jambes et les pieds, on les conduit dans la banlieue de Séoul, où ils sont décapités devant une foule immense, le 7 mars 1866.

Un témoin oculaire dit que le père Dorie avait vraiment une expression angélique. Il avait vingt-six ans, et pas même deux années de sacerdoce.

Lui et les autres Martyrs de ce 7 mars font partie des cent-trois Coréens béatifiés en 1968 et canonisés en 1984. Leur fête commune est au 20 septembre.

 

 

Louis Beaulieu

1840-1866

 

Né le 8 octobre 1840 à Langon (Gironde), Bernard-Louis ne connaîtra pas son père, décédé avant sa naissance. 

Sa toute jeune maman de dix-neuf ans élèvera courageusement son fils de santé délicate, tout en vivant de son petit commerce de fournitures pour routiers. Elle se remarie avec un veuf, père d’une petite fille, pour mieux aider Louis.

Il entre au Petit séminaire de Bordeaux (1849), où il rencontre un missionnaire qui a longtemps séjourné en Chine. Son attrait pour les missions commence là.

Louis entre au Grand séminaire en 1857. Il est très intéressé par les récits qu’il lit des missionnaires. il demandera par quatre fois à son évêque l’autorisation de rejoindre les Missions Etrangères de Paris.

Durant son séjour au séminaire, meurt son meilleur ami, Amélien Virac. Fin 1858, c’est sa mère qui meurt à son tour. Il est accueilli par ses oncle et tante de Langon, Monsieur et Madame Blaize. Ces épreuves le confirment dans sa résolution.

En attendant l’heure de son ordination (car il est encore trop jeune), il enseigne au Petit séminaire. 

En 1863, une pneumonie semble lui faire perdre tout espoir d’être missionnaire, mais l’autorisation épiscopale étant enfin arrivée, il guérit promptement et rejoint Paris au mois d’août ; il est ordonné prêtre en mai 1864.

Dès juillet il s’embarque à Marseille pour l’Extrême-Orient, avec trois autres missionnaires. Mgr Berneux qui les accueille les disperse dans des villages de montagne pour éviter le danger, car la présence d’étrangers en Corée est pour le moment sévèrement interdite et punie de mort.

Louis n’est pas loin du père Dorie ; ils se rencontrent, se confessent, s’encouragent. Ils se déplacent toujours de nuit, et avec leur costume «de deuil». qui couvre leur visage.

Le père Beaulieu apprend vite le coréen, de sorte que l’évêque lui assigne le village de Kwangju, au sud-est de Seoul, mais il n’a pas le temps d’y arriver. Il est arrêté à son tour le 27 février, tandis que l’évêque était déjà arrêté quelques jours avant.

Louis reçoit les mêmes traitements que l’évêque et que les autres Confrères : coups de rotin sur les tibias et les pieds, lacération sur tout le corps avec un pieu pointu.

Ils sont condamnés à mort et exécutés près de Seoul (à Saenamt’ŏ) le 7 mars 1866 : Louis avait à peine plus de vingt-cinq ans, et pas encore deux années de sacerdoce.

Le père Louis Beaulieu fut béatifié parmi les cent-trois Martyrs coréens en 1968 et canonisé en 1984. Leur fête liturgique commune est au 20 septembre.

 

José Olallo Valdés

1820-1889

 

José était, comme on dit aujourd’hui, “né sous X”. On connaît sa date de naissance : 12 février 1820, et il fut confié à la maison Cuna San José (Maison Saint Joseph) à La Havane un mois après, le 15 mars, jour où il reçut le baptême.

Il vécut dans cette maison jusqu’à sept ans, puis dans celle de la Beneficencia (Bienfaisance), où il se révéla un garçon sérieux et responsable.

A treize-quatorze ans, il entra dans l’Ordre Hospitalier de Saint Jean de Dieu, dans la communauté de l’hôpital des Saints Felipe et Santiago (Philippe et Jacques), de La Havane.

Bien des obstacles pouvaient s’opposer à sa vie religieuse. Etant orphelin, on pouvait émettre des réserves sur sa filiation et ses origines, et lui barrer la route, mais il persévéra humblement, se montra constant dans sa volonté de se consacrer à Dieu. Il fit la profession de religieux hospitalier.

En 1835, on l’envoie dans la communauté de Puerto Príncipe (aujourd’hui Camagüey), à l’hôpital de Saint-Jean-de-Dieu. Là, jusqu’à la fin de sa vie, il se consacre au soin des malades. En cinquante quatre années, il ne s’absenta qu’une nuit de cet hôpital, et encore pour raisons extérieures à sa volonté.

A vingt-cinq ans, il passe d’aide-infirmier à Infirmier-Chef de l’hôpital, et même devient Supérieur de la communauté en 1856. Il a trente-six ans.

Il dut affronter bien des difficultés et faire bien des sacrifices, mais il resta toujours droit et courageux. Quand les biens ecclésiastiques furent confisqués par les gouverneurs espagnols libéraux, il poursuivit sa mission consacrée au soin des malades. 

En 1876, mourait le dernier de ses frères de communauté et il restait seul avec lui-même. Malgré tout, il continua jusqu’à la mort de se donner aux autres, fidèle à Dieu, à sa conscience, à sa vocation, à son charisme, humble, obéissant, noble de cœur, respectueux, serviteur, plein d’amour pour les déshérités, pour ses ennemis et ceux qui le jalousaient, sans jamais abandonner ses chers vœux de religion.

Pendant la guerre de Dix ans (1868-1878), il dut céder aux instances des autorités militaires et convertir le centre hospitalier en hôpital pour les soldats, mais il continua énergiquement à accueillir les civils, donnant la préséance aux pauvres et aux faibles, sans aucune distinction de classe sociale ou de race ou d’idéologie ou de religion. Il savait opposer une “douce fermeté” pour venir au secours des blessés de la guerre, quels qu’ils fussent, sans se laisser intimider par les menaces ou les interdictions. Il sut même s’imposer aux autorités militaires en intercédant pour la population de Camagüey qui était en grand danger d’être massacrée.

Il accomplit ainsi jusqu’au bout le quatrième vœu de l’hospitalité, propre aux religieux de Saint-Jean-de-Dieu, assistant les malades et les agonisants, jusqu’au dernier souffle. Son zèle le fit appeler “apôtre de la charité” et “père des pauvres”.

Humblement, il renonça au sacerdoce, même quand l’archevêque le lui proposa, et donna toute sa vie à son ministère de miséricorde. Son zèle le poussa même à devenir à l’occasion médecin et chirurgien, parfaitement autodidacte, sans jamais se départir de son modeste effacement. Tous ceux qui l’ont côtoyé ont pu attester de sa vie parfaitement religieuse, pauvre, chaste et obéissante.

Sa mort, le 7 mars 1889, fut un véritable triomphe de la part de tous ceux qui le connaissaient, et qui l’appelaient tout simplement “Père Olallo”. Sa sainteté fut partout attestée et beaucoup de grâces furent obtenues par son intercession.

L’héroïcité des vertus fut reconnue en 2006, et un miracle étonnant fut retenu, concernant la guérison d’une petite fille de trois ans, Daniela Cabrera Ramos, en 2008.

José Olallo Valdés a été béatifié en 2008 à Camagüey même. Depuis, il est commémoré au Martyrologe le jour même de sa mort, le 7 mars.

 

 

Leonid Fedorov

1879-1935

 

Né à Saint-Petersbourg le 4 novembre 1879, Leonid Ivanovitch grandit dans la foi orthodoxe.

Orphelin de son père (Ivan), il reçut de sa mère (Lyuba) une excellente éducation chrétienne. Cette femme tenait courageusement le restaurant de son mari.

Leonid était un garçon studieux et de tempérament idéaliste ; il lisait les auteurs français, italiens, allemands. La philosophie hindoue ne l’impressionna que brièvement. Un prêtre aussi vertueux qu’excellent professeur l’aida à se pacifier et, après ses brillantes études secondaires, à entrer à l’Académie Ecclésiastique.

Dans le restaurant de Madame Fedorov, se rencontraient des intellectuels, parmi lesquels le célèbre philosophe Vladimir Soloviev, qui était partisan d’un réel retour de la Chrétienté à l’unité, de la réconciliation de la Russie avec la papauté. Leonid est conquis : la lecture des Pères de l’Eglise l’amène à la conviction de la vérité de l’Eglise universelle (d’après ses propres mots), mais la loi civile russe ne permettait pas à un orthodoxe de devenir catholique.

L’Eglise russe avait pris une telle importance dans la vie quotidienne, que s’en séparer signifiait en même temps renier la Patrie. Les Catholiques de Russie étaient d’origine étrangère, souvent polonaise, et le rite latin était considéré comme purement «romain», tandis que le rite byzantin faisait partie de l’héritage russe.

Leonid voulait avancer : il partit pour l’Italie, avec le pseudonyme de Leonidas Pierre, pour tromper la police tsariste. Il s’arrêta à Lviv (Ukraine), où il obtint du Métropolite catholique de rite oriental une recommandation pour le pape Léon XIII. A Rome, il fit sa profession de foi catholique dans l’église du Gesù, tenue par les Jésuites, il fut reçu par le Pape qui lui donna sa bénédiction, et rejoignit la maison des Jésuites à Anagni, au sud de Rome.

La vie est nouvelle pour lui ; il apprend un style de vie austère, un horaire régulier, il se heurte aussi un peu à l’exubérance italienne. Mais en retour, il leur révèle la Russie, qu’ils ne connaissent pas. 

Persuadé de l’autorité de l’Eglise romaine, il reste passionné par le rite oriental qu’il ne veut pas abandonner. 

En 1905, le Tsar accorde plus de libertés. Mais à Saint-Petersbourg, on refuse l’ouverture d’une chapelle catholique de rite oriental : on pouvait ouvrir des mosquées musulmanes, des pagodes bouddhistes, des temples protestants, toutes les loges maçonniques qu’on voulait et même des églises catholiques de rite latin, mais surtout pas une église catholique de rite oriental !

En 1907, le pape reconnut le rite catholique byzantin-russe. La même année, Leonid s’entend dire que, s’il ne quitte pas immédiatement la maison des Jésuites, il ne pourra jamais rentrer en Russie. Il quitte Anagni et s’installe au Collège de la Propagande à Rome.

Toujours en 1907, il participe au congrès de Velehrad (Moravie), où les participants, spécialistes en questions orientales, voulaient ouvrir la voie de la paix et de l’harmonie entre Ouest et Est, faire la lumière sur les questions controversées, corriger les idées préconçues, rapprocher les plus hostiles, et rétablir une pleine amitié.

On lui confia une mission spéciale auprès des Catholiques grecs-orientaux émigrés aux Etats-Unis, ces fidèles incompris qui passaient souvent à l’Orthodoxie. Leonid plaida pour eux au Saint-Siège et leur obtint une reconnaissance légale.

Sur une nouvelle instance du gouvernement russe, Leonid dut quitter Rome en 1908. Il alla incognito terminer ses études à Fribourg en Suisse, et retourna en 1909 à Saint-Pétersbourg, où sa chère mère était passée au Catholicisme. C’est à cette époque que le métropolitain obtint du pape la juridiction sur les Catholiques russes de rite grec, qui ne pouvaient plus rester sous l’autorité des évêques latins polonais.

C’est finalement à Constantinople que Leonid fut ordonné prêtre en 1911, par l’évêque gréco-catholique de Bulgarie. 

Il participa au deuxième congrès de Velehrad. L’absence de prélats orthodoxes le peina beaucoup. Il écrivit à leur intention que ce congrès était destiné à des hommes d’études, motivés par des pensées religieuses et convaincus que toute dissension est l’œuvre du démon, qu’il faut absolument éliminer.

En 1912, il entre dans un monastère de Bosnie, puis d’Ukraine, prenant le nom de Leontiy, et participe à la célébration de l’Office divin dans le rite byzantin. Sa bonne santé l’aide à s’accommoder à l’austérité ; il s’isole dans la prière et oublie la situation politique. Il en devient même un peu rude envers ses confrères, mais il apprend à se combattre. Un confrère dit qu’il avait une grande douceur dans son langage.

1914 : la guerre commence. Leonid retourne dès que possible à Saint-Pétersbourg, devenue Petrograd. Le gouvernement lui impose l’exil à Tobolsk (Sibérie), parce qu’il a des liens avec les ennemis de la Russie (à cause de ses voyages à l’étranger). Leonid loue une chambre et trouve un petit emploi dans le gouvernement local. Il est atteint d’une violente fièvre rhumatismale. Le métropolitain est aussi exilé.

1917 : Le Tsar abdique et le gouvernement provisoire annule les dispositions précédentes : le métropolite et Leonid sont à nouveau libres ; il faut réorganiser l’Eglise. Leonid est nommé exarque du métropolite, tout en refusant la consécration épiscopale (mais le bruit courut qu’il fut consacré évêque clandestinement, et qu’on a même retrouvé une photographie de lui en habits épiscopaux).

Mais alors les Bolcheviks décident la révolution. Ce seront cinq années de terribles persécutions. 

En 1918, meurt Madame Fedorov. Leonid rencontre alors un professeur d’université, Mademoiselle Danzas, récemment passée au catholicisme, qui l’aidera de toutes ses forces.

Début 1919, Leonid écrit : C’est un miracle de la bonté divine que je suis encore en vie… La population fuit de toutes parts pour éviter le froid et la faim. Il exerce son ministère à Petrograd, à Moscou, à Saratov. S’il gagne des âmes, il estime que deux mille âmes de son troupeau ont quitté la Russie, ou sont mortes. Ce qui attire à lui, c’est sa manière de célébrer, de confesser.

En 1921, outre les événements politiques, une famine fit quelque cinq millions de morts. Le Saint-Siège organisa des secours qui sauvèrent des milliers de Russes. Leonid se lia d’amitié avec le père jésuite chargé de cette œuvre, le père Walsh.

Des suppliques venant des autorités catholiques et orthodoxes furent présentées au gouvernement, les deux confessions se soutinrent d’une façon jamais vue dans l’histoire de la Russie. Le père Leonid rédigea une prière que pouvaient utiliser aussi bien les Catholiques que les Orthodoxes.

Mais la persécution s’intensifiait. L’athéisme s’enseignait dans les écoles ; les prêtres ne pouvaient plus enseigner. On confisquait tous les biens de l’Eglise, sous prétexte d’acheter des vivres. Toutes les églises catholiques furent fermées.

Début 1923, Leonid fut convoqué avec d’autres membres du clergé à Petrograd, pour comparaître devant la Haute Cour Révolutionnaire. Il fut accusé de s’opposer au décret de main-mise sur les objets précieux des églises, d’avoir des relations criminelles avec les pays étrangers, d’enseigner la religion à des mineurs et d’avoir encouragé la propagande contre-révolutionnaire. Le procès fut violent. Le procureur déclara qu’il fallait punir le père Leonid non seulement pour ce qu’il avait fait, mais pour ce qu’il pourrait faire encore, et demanda la peine de mort.

Finalement il reçut dix années de prison. Il eut cependant le loisir d’y écrire deux catéchismes en russe, de maintenir une correspondance active avec ses fidèles. Dans la prison, il y avait deux évêques et une vingtaine de prêtres orthodoxes, avec lesquels il avait d’excellentes relations.

Mais en 1923, il fut mis dans une prison plus sévère, dans un régime de complet isolement. En 1926, une généreuse Dame de la Croix-Rouge obtint sa libération, mais il fut arrêté de nouveau et envoyé pour trois années d’internement sur les iles Solovki, tout au nord de la Russie européenne.

Le monastère qui s’y trouvait depuis le 15e siècle, avait été transformé en une vaste prison, où arriva Leonid en octobre 1926. Le climat y est très humide et froid. Chaque matin, les prisonniers sont envoyés dans les forêts comme bûcherons. 

Les Catholiques eurent la permission d’utiliser une vieille chapelle, à trente minutes de la prison où, à partir de l’été 1927, ils purent célébrer la messe les dimanches, alternant les rites latin et byzantin.

Dès que Leonid avait un moment, on se réunissait spontanément autour de lui, pour entendre sa parole douce et simple. Si un prisonnier était en détresse, il accourait pour lui remonter le moral ; s’il recevait quelque chose, il le partageait avec les autres.

En novembre 1928, la chapelle fut fermée. Leonid déclara qu’il fallait à tout prix célébrer le Saint Sacrifice quotidiennement, parce que c’était probablement, disait-il, les uniques liturgies qui se célébraient en Russie par les prêtres catholiques. 

A partir du printemps 1929, sa santé déclina beaucoup. Il fut admis à l’hôpital du camp. Sa peine expirait à la fin de l’été, mais il dut rester exilé. Il demeura dans le Grand Nord, à Pinega, au milieu des mineurs, où il enseignait le catéchisme aux jeunes, puis à Poltava (Ukraine). En 1934, il gagna Viatka, chez un employé de chemin de fer.

En février 1935, une violente et constante toux l’épuisa. Il rendit son âme à Dieu à cinquante-six ans, le 7 mars.

Ce martyr de l’unité de l’Eglise et de l’infaillibilité pontificale a été béatifié en 2001.

 

 

Manuel Vilchez Montalvo

1889-1937

 

Manuel Vilchez Montalvo naquit le 5 juin (juillet ?) 1889 à Moreda (Grenade, Espagne).

Il fréquenta le séminaire de Saint-Torquat à Guadix.

En 1914, il fut ordonné prêtre et exerça son apostolat à Baza, Castril, Guadix (comme maître de cérémonies) et enfin comme curé à Iznalloz en 1924, pendant treize années.

Son église fut assiégée et attaquée bien avant l’éclatement de la guerre civile, dès le 29 avril 1936. Aussi vint-il se réfugier chez son frère à Moreda.

A peine eut-il quitté sa famille, le 7 mars 1937, qu’il fut abattu au lieu-dit Sierra Nevada.

Manuel Vilchez Montalvo devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 7 mars.

 

 

Maisam Pho Inpèng

1934-1970

 

Ce martyr fait partie des 17 Martyrs du Laos, pour lesquels des notices sont en préparation.

Maisam Pho Inpèng naquit en 1934 à Sam Neua (Houaphan, Laos).

Marié, il reçut le baptême dans le vicariat apostolique de Vientiane.

Le 7 mars 1970, il reçut la palme du martyre à Den Din (Vientiane, Laos).

Il a été béatifié le 11 décembre 2016.

Son dies natalis sera le 7 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Luc Sy

1938-1970

 

Luc Sy naquit en 1938 à Ban Pha Hôk (Xieng Khouang, Laos), un village de la minorité kmhmu’.

Lors de son baptême (1951), il reçut les noms de Luc et Marie.

De 1953 à 1957, il fut élève au Petit Séminaire de Paksane, où sa timidité ne put dissimuler qu’il était très travailleur.

En 1958, il fut contraint de rejoindre une école d’Etat, tout en restant en contact avec le père Jean Wauthier (v. 16 décembre).

En 1961, il fut enrôlé dans l’armée et deviendra caporal. Il sera démobilisé en 1967, à la suite de ses blessures.

Catéchiste dans la mission de Paksé, à Nong Sim, il épousa une jeune veuve qui avait déjà deux enfants ; ils eurent ensuite une fille.

En 1969, il rejoignit le Centre pastoral de Hong Kha à Vientiane et fut catéchiste pour ce vicariat apostolique, se donnant entièrement à la minorité kmhmu’, désormais privée de prêtre. Cette même année, il devint un membre très actif du récent Institut séculier Voluntas Dei. Chaque mois, il envoyait un rapport sur son activité : prières, visites et soins aux malades, baptêmes des enfants, parcourant en tous sens les montagnes, risquant sa vie à tout moment, s’occupant indifféremment des Chrétiens et des non-Chrétiens. Tout le monde l’aimait.

En janvier 1970, il fut envoyé par l’évêque dans la région de Vang Vieng, où se trouvaient de nombreux réfugiés. Le 4 mars 1970, il assista le diacre (et futur évêque) Louis-Marie Ling dans une retraite, et ils repartirent le lendemain.

Le samedi 7 mars 1970, dénoncés, ils tombèrent dans une embuscade où Luc reçut la palme du martyre, à Den Din (Vientiane, Laos). C’était la veille du dimanche de Laetare.

Il a été béatifié le 11 décembre 2016.

Son dies natalis sera le 7 mars dans le Martyrologe Romain.

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