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8 mars 2020 7 08 /03 /mars /2020 00:00

 

08 MARS

 

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S Quintillus (Quirillus), évêque à Nicomédie et martyr.

Ss Cyrille (évêque), deux Rogat, Félix, Béate, Hérénie, Félicité, Urbain, Silvain et Mamille, martyrs en Afrique. 

III.

S Pontius, diacre à Carthage, auteur de la vie de s. Cyprien.

Ste Cléopatronie, vierge en Asie, possédée pendant dix-huit ans, guérie par s. Vivence lors de son exil.

IV.

Ss Apollonius et Philemon, Arianus et Theoticus, martyrs à Antinoé ; Apollonius, solitaire en Thébaïde, convertit Philémon, un joueur de flûte, puis le juge Arianus et les gardes Theoticus et ses compagnons ; ils furent précipités en mer.

V.

S Provinus, évêque à Come, adversaire de l’arianisme.

VI.

S Senan, fondateur, abbé et premier évêque à Iniscathay.

VII.

S Félix, prêtre en Bourgogne, évêque à Dunwich, fondateur présumé de l’université de Cambridge. 

S Sauman (Psalmod), irlandais, ermite près de Eymoutiers ; son surnom lui vient de la pratique de la psalmodie.

IX.

S Theophylactos, évêque à Nicomédie, exilé par les iconoclastes.

S Humfroy, évêque à Thérouanne.

S Litifredo, évêque à Pavie.

X.

S Antoine de Froidemont, ermite près de Luxeuil.

XI.

S Duthac (Dubthac), évêque à Ross, empli de zèle pour le sacrement de Réconciliation.

S Veremundus, abbé à Irache, thaumaturge, grand dévôt de Notre-Dame. 

XII.

S Etienne d’Obazine, fondateur et abbé.

XIII.

B Wincenty Kadłubek, docteur de l’université et évêque à Cracovie, très dévôt de l’Eucharistie ; il renonça à sa charge et partit pieds nus chez les cisterciens à Jędrzejów. 

XVI.

S João Cidade de Dieu, portugais, thaumaturge, fondateur, sans l’avoir voulu, des Frères de Saint-Jean-de-Dieu, pour le soin des malades ; patron des hospitaliers et des malades, protecteur des infirmiers.

XVII.

B Joachim Kuroemon, laïc japonais martyr, béatifié en 2008.

XX.

B Manuel Faustino Miguéz González (1831-1925), prêtre espagnol des “Scolopi”, fondateur de la congrégation de la Divine Bergère, pour aider les jeunes filles voulant accéder aux études, béatifié en 1998, canonisé en 2017.

Pontius de Carthage

† 262

 

Dans sa Vita de s.Cyprien, Pontius donne à l’occasion quelques détails sur sa propre personne, mais très discrètement.

On ne connaît donc pas sa famille, sa naissance, les circonstances de sa conversion et de son baptême.

L’évêque s.Cyprien de Carthage (v. 14 septembre) l’ordonna diacre et se l’attacha. Ce fut là que Pontius devint le bras droit, le soutien, l’ami de l’évêque persécuté, exilé, souffrant.

Pontius avait une vie de prière et de mortification, et suivit désormais Cyprien partout où il devait aller. Il le consola dans ses peines, l’assista dans ses nécessités, se cacha avec lui au début de la persécution de Dèce, puis l’accompagna dans son exil à Curube et à son retour.

Dieu n’en fit pas le compagnon de martyre de l’évêque, lui permettant ainsi de rédiger la Vita dans son intégralité.

On ne sait d’ailleurs pas quelle fut sa fin qui eut lieu vers 262 ; d’aucuns l’ont rendu martyr, mais sans preuve suffisamment étayée.              

Saint Pontius de Carthage est commémoré le 8 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Apollonius et Philemon de Thébaïde

† 311

 

Nous sommes vers 311, où sévit encore la persécution de Dioclétien.

En Egypte, un solitaire de la Thébaïde nommé Apollonius, eut le zèle de visiter les chrétiens pour les encourager à persévérer dans la foi, même jusqu’au martyre. Il fut à son tour jeté en prison.

Des visiteurs venaient se moquer des prisonniers chrétiens ; en particulier un joueur de flûte et comédien, nommé Philemon, qui se divertissait à insulter Apollonius de tous les noms possibles : criminel, impie, séducteur. Patient, Apollonius se contentait de répondre aimablement : Que Dieu aie pitié de toi !  

Ces paroles douces touchèrent le cœur de notre comédien, qui alla personnellement déclarer sa foi au juge en l’interpellant : Quelle erreur de punir ces gens qui n’enseignent et ne font aucun mal.  

Le juge convoqua devant lui Apollonius et Philemon et ordonna de les faire brûler vif sur la place publique. Au dernier moment, une pluie éteignit le feu, provoquant la conversion et du juge, Arianus, et des badauds.

Le préfet d’Egypte aurait eu vent de l’événement et aurait fait précipiter en mer Apollonius, Philemon et leur juge converti, Arianus.         

Saints Apollonius et Philemon, mais non Arianus, sont commémorés le 8 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Provinus de Come

† 420

 

Provinus (ou Probinus), disait-on, était originaire de Pruvinum (act. Provins, Seine-et-Marne). Le jeu de mots est peut-être facile.

C’est s.Ambroise qui l’envoya auprès de s.Felix, le premier évêque de Come, pour aider celui-ci dans l’œuvre d’évangélisation.

D’après la liste officielle du diocèse de Come, Provinus en fut donc le deuxième évêque.  

Il fut élu en ou peu après 391.

Un de ses grands soucis fut de débarrasser son diocèse de l’erreur arianiste.    

Il fit en outre édifier une église dédiée aux saints Gervais et Protais (v. 19 juin). 

Il décéda en 420.

Saint Provinus de Come est commémoré le 8 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Senan d’Iniscathay

488-544

 

Senan naquit vers 488 à Magh Lacha (Kilrush, Clare, Irlande), de Erean et Corngella. Cette naissance leur avait été annoncée par s.Patrice (v. 17 mars).

Après une première période d’études et de vie érémitique auprès d’un saint homme nommé Cassidan, Senan fut envoyé à Naul, l’abbé de Kilmanagh.

Successivement, il fit un long pèlerinage qui le conduisit à Menevia puis à Rome ; au retour, il s’arrêta longtemps à Tours, puis en Grande-Bretagne.

Rentré en Irlande, il fonda plusieurs églises : Inniscarra, Inisluinghe, Deer Island, Inis Mór, Mutton Island.

Cette longue activité l’a fait placer au nombre des «douze apôtres d’Irlande», disciples de s.Finnian, (v.  12 décembre) : les deux Ciarán, les deux Brendan, les deux Colomba, Mobhi, Ruadhan, Ninnidh, Lasserian, Canice, qui ne sont pas tous mentionnés dans le Martyrologe.

Verzs 535 - et sur invitation d’un Ange - il fonda le monastère de Iniscathay sur l’embouchure du Shannon sur l’île Scattery, ainsi que deux autres monastères pour les femmes.

Sa sainteté et ses miracles attirèrent des disciples, et des amis qui vinrent le rencontrer, comme Ciarán et Brendan, nommés plus haut.

Après avoir exercé sa charge d’abbé, il fut, croit-on, appelé à la dignité épiscopale, mais on ne sait de quel siège il s’agit, peut-être Tempelshannon (en gaélique : Teampul Senain).

Avant de mourir, il tint à rendre visite à son premier maître, Cassidan, au couvent de Killeochaile. C’est là qu’il mourut, le 1er mars 544 (ou 560 ?).

Ses funérailles eurent lieu le 8 mars suivant, son dies natalis au Martyrologe Romain, qui ne mentionne pas son épiscopat.

 

 

Félix de Dunwich

† 647

 

Ce Félix n’était pas anglais, c’est pourquoi on l’écrit sous la forme française, avec l’accent.

Il aurait été déjà moine et prêtre dans quelque monastère de Bourgogne (peut-être Luxeuil) ; on pourrait aussi supposer qu’il ait été ce Félix évêque de Châlons-en-Champagne à cette époque.

Selon certains, c’est le roi Sigeberht qui l’appela pour amener à la conversion toute la population de l’Est Anglie ; selon d’autres, c’est l’archevêque Honorius de Canterbury qui, après l’avoir sacré évêque, l’envoya à ce même roi.

Et selon d’autres encore, Félix et Sigeberht firent ensemble le voyage de retour de France, où le roi avait été exilé.

Quoi qu’il en soit, Félix arriva dans son «diocèse» en 630 par la rivière Babingley et établit une première église à «Dommoc», qu’on a indentifié avec Dunwich, mais qui a maintenant complètement disparu sous l’effet de l’érosion.

Félix commença par construire un école où les enfants pourraient étudier les lettres, pour fournir ensuite de bons professeurs au roi Sigeberht ; cette école pourrait avoir été à Soham ou à l’origine de l’université de Cambridge ; on attribue à Félix l’érection de l’abbaye de Soham, d’une église à Reedham. S.Bede (v. 25 mai) affirme que Félix débarrassa l’Est Anglie «de toute injustice et de tout malheur» (from long-standing unrighteousness and unhappiness), très favorablement aidé en cela par le roi Sigeberht.

Félix mourut à Dunwich le 8 mars 647 ou 648, après un épiscopat de dix-sept ans. Ses reliques, portées à Soham, furent profanées par les Vikings, qui détruisirent l’église, et ce qui en resta fut porté à l’abbaye de Ramsey.

Saint Félix de Dunwich (ou de Bourgogne) est commémoré le 8 mars dans le Martyrologe Romain.

Theophylaktos de Nicomédie

† 845

 

Théophylacte était né en Asie, bien probablement en Asie Mineure (act. Turquie). Il est parfois nommé aussi Théophile.

Il fut élevé à Constantinople, dont le patriarche était l’illustre Tarasios (v. 18 février) ; il en devint le disciple et, plus tard, l’ami fidèle.

Il prit l’habit des moines basiliens.

En 816, il fut nommé évêque de Nicomédie (act. İzmit, grande banlieue d’Istanbul, Turquie NO).

Appelé alors par le nouveau patriarche de Constantinople pour s’exprimer en face des iconoclastes et de l’empereur Léon l’Arménien, Théophylacte fut alors relégué en exil à quelque six-cents kilomètres de sa ville, en Caria (auj. Turquie SO). Il allait y rester jusqu’à la mort, donc pendant trente ans.

De cet évêque, on a écrit qu’il fit construire des églises, des hospices ; qu’il soignait lui-même les lépreux.

C’est en exil que l’évêque mourut, le 8 mars 845.

Saint Théophylacte est maintenant commémoré le 8 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Humfroy de Thérouanne

† 871 

 

Humfroy (en latin Humfridus ou Huntfridus) naquit, dit-on, sur les bords de la Meuse.

Tout jeune, il entra au monastère de Prüm (Trèves). Ses grandes vertus et sa sagesse l’indiquèrent, en 856, pour succéder à s.Folcuin, l’évêque défunt de Thérouanne (v. 14 décembre). C’était le quinzième évêque de ce siège.

Il se sentait indigne de cette mission, mais s’en acquitta avec générosité, se méritant les éloges unanimes.

Les invasions normandes apportèrent la désolation dans le pays, et la destruction de Thérouanne en 866. Retiré un moment dans la solitude, Humfroy sollicita du pape d’être relevé de sa charge, mais le pape au contraire l’y confirma.

A cette mission s’ajouta la sollicitude pour l’abbaye de Sithiu, à la mort de l’abbé.

Humfroy, qui était très marial, fit solenniser la fête de l’Assomption.

Il mourut le 8 mars 871, après quinze années d’épiscopat.

Des reliques d’Humfroy, portées à Ypres en 1553, furent brûlées lors de la révolte des Gueux en 1563.

Saint Humfroy est commémoré le 8 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Litifredo de Pavie

† 874

 

Il fut le trente-et-unième évêque de Pavie (Italie NC), entre Liutardo et Giovanni. On sait seulement que ce dernier commença son épiscopat en 874.

C’est actuellement tout ce que nous savons de lui.

Saint Litiphridus est commémoré le 8 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Veremundus d’Irache

1020-1092

 

Veremundus vit le jour en 1020 à Arellano (Navarre, Espagne N).

A dix ans, il fut confié à la direction de son oncle, Munius, abbé du monastère bénédictin d’Irache.

Après sa profession, il fut chargé de distribuer l’aumône à la porte du monastère, ce qu’il fit généreusement, et avec la bénédiction divine : les aumônes semblaient se multiplier dans ses mains. En période de famine, on le vit nourrir jusqu’à trois-mille hommes en un jour, … un peu moins que Notre-Seigneur, qui en nourrit cinq-mille (cf. Mc 6:44).

Un jour que Veremundus dissimulait des morceaux de pain sous sa tunique, pour aller les donner discrètement, son abbé soupçonna quelque fraude et lui demanda ce qu’il portait : Des copeaux de bois à brûler, répondit Veremundus qui montra son «larcin» : les morceaux de pain étaient effectivement devenus des copeaux de bois.

Veremundus, déjà paré de sa réputation de saint et de thaumaturge, fut élu abbé vers 1052. 

Il fut chargé par le pape de réformer l’Eglise d’Espagne et s’appuya sur les usages de son abbaye pour restaurer et développer le rite mozarabe. Il développa beaucoup la dévotion mariale.

En 1080, des bergers virent tomber près de l’abbaye une pluie d’étoiles. On fit des fouilles et l’on découvrit une ancienne statue de la Vierge Marie (qu’on prétend être maintenant celle vénérée au Puy). Le roi Sancho Ramírez, ami de Veremundus, y fit alors construire une ville nouvelle, qu’il plaça sous la protection de Notre-Dame, en lui donnant le nom de Estella, étoile (les Basques ont traduit : Lizarra), actuellement jumelée avec St-Jean-Pied-de-Port (Pyrénées Atlantiques).

Veremundus s’éteignit le 8 mars 1092.

Saint Veremundus est commémoré le 8 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Etienne de Viel-Jo (Obazine)

1085-1159

 

Il faut d’abord expliquer ici que l’actuelle localité d’Aubazines (Corrèze) devrait s’écrire Aubazine, l’s étant une erreur typographique récente. Autrefois, elle s’écrivait Obazine, du latin Opacina.

Etienne naquit vers 1085 à Viel-Jo (act. Vielzot), d’Etienne et Gauberte, de braves gens pas riches.

Ils confièrent leur fils à des clercs de Pleaux, où Etienne fit de rapides progrès dans la science de l’Ecriture. Il fut ordonné prêtre.

Sur l’avis d’un autre Etienne, de Mercœur, il choisit la vie solitaire. Après avoir donné aux pauvres le peu qu’il avait, et salué ses parents et amis, il s’installa vers 1125 dans un endroit très reculé, Obazine. Il n’était pas seul : un certain Pierre l’accompagnait, poussé par le même désir de vie erémitique. Un autre encore, Bernard, se joignit à eux.

Leur vie était très rude, très mortifiée, ils avaient à peine de quoi manger.

Ils demandèrent conseil à l’évêque de Limoges, qui leur donna la permission de construire un véritable monastère, en suivant les traditions des anciens moines. Il reconnut la fondation en 1127.

Des terres furent acquises au vicomte d’Archambault ; un canal fut construit pour amener l’eau ; on l’appelle le canal des moines.

Quelques disciples se joignirent à eux. Le monastère s’éleva. Qui serait le supérieur ? Etienne préférait Pierre, Pierre s’inclinait devant Etienne. L’évêque de Chartres, légat du Saint-Siège passant par là, imposa sa décision impartiale : Etienne serait à la tête du monastère.

Pour assumer sa fonction et obtenir la grâce de Dieu, Etienne jeûna chaque jour. Sa règle était sévère ; elle s’inspirait de celle pratiquée chez les Cisterciens de Dalon ; étant allé consulter Guigues, prieur de la Grande Chartreuse, il décida d’affilier le monastère d’Obazine à Cîteaux.

La communauté s’élargit. Elle se doubla d’une importante communauté de femmes qui voulaient suivre la même règle. Celles-ci s’installèrent à Coyroux.

En 1146 probablement, Etienne rencontra à Reims le pape Eugène III (ancien cistercien), qui y présidait un concile, et demanda au Pontife d’affilier son œuvre à Cîteaux. Le pape accéda à sa demande et lui fit envoyer quelques moines de Cîteaux. L’affiliation fut prononcée en 1147.

La première pierre de l’église abbatiale fut posée en 1156.

Obazine essaima et fonda des abbayes-filles à La Valette, Bonnaigue.

Etienne mourut à Bonnaigue, le 8 mars 1159.

Son culte fut confirmé localement par l’évêque de Tulle en 1885.

Le Martyrologe Romain mentionne le bienheureux Etienne au 8 mars.

 

 

Wincenty Kadłubek

1150-1223

 

Wincenty Kadłubek naquit vers 1150 près de Sandomierz (Pologne), dans une riche famille de Karwów (Opatów).

Entre 1167 et 1185, il étudia à Paris et à Bologne, et reçut le doctorat en théologie. A son retour, il fut ordonné prêtre et nommé prévôt du chapitre de la cathédrale de Sandomierz, ainsi que chroniqueur, chapelain et chancelier du duc Casimir II.

Ainsi naquit la Chronica Polonorum, en latin, écrite entre 1205 et 1207.

A cette date en effet, il fut nommé évêque de Cracovie, élection confirmée par le pape en 1208.

Le nouvel évêque combattit la corruption des mœurs, remit en honneur la piété et travailla à annoncer la Bonne Nouvelle aux peuplades du Nord.

Il utilisait tous ses revenus pour venir en aide aux pauvres, ou embellir les églises. Il établit une fondation pour l’entretien d’une lampe perpétuelle qui brûlerait devant le Saint-Sacrement de la cathédrale.

En 1218, en présence de tout le chapitre, il se dépouilla de ses insignes épiscopaux et, pieds-nus, rejoignit le monastère cistercien de Jędrzejów, comme simple moine au milieu des moines.

Wincenty mourut dans ce monastère le 8 mars 1223.

Il fut béatifié en 1764.

 

 

João Cidade (Jean de Dieu)

1495-1550

 

Il naît en 1495 à Montemor-o-Novo au Portugal, au sein d’une famille pauvre : André et Teresa sont de simples artisans, très chrétiens. Quand il n’a pas encore dix ans, il décide de quitter la maison pour rejoindre un prêtre espagnol qui s’était arrêté chez ses parents. Sa mère en meurt de tristesse, non sans avoir révélé à son mari qu’elle avait été divinement informée que l’Ange Gardien veillait sur leur fils. Le père alors se fait religieux à Lisbonne.

L’enfant rejoint le prêtre. Arrivés à Oropesa (province de Tolède), l’enfant n’en pouvant plus, le prêtre le confie à un berger, où il passera toute sa jeunesse. Désormais, notre João portugais sera pour tous Juan.

Les bergers donnent à Juan une excellente formation chrétienne et intellectuelle, il devient l’intendant de la ferme et fait prospérer l’affaire, au point que le patron lui propose sa fille en mariage. Préférant se consacrer, Juan refuse et pour éviter d’autres instances, part secrètement. Il s’engage dans l’armée.

Là, il perd peu à peu toutes ses bonnes habitudes, mais lors d’un grave accident de cheval, il invoque Marie, qui le ramène sain et sauf au camp ; puis, accusé d’un vol, il est condamné à être pendu, mais grâcié à condition de quitter la garnison. Il retourne chez ses bergers, où de nouveau les affaires sont florissantes ; mais il est frappé de constater comment les bêtes sont si bien soignées, alors que les pauvres sont laissés pour compte.

De nouveau sollicité en mariage, de nouveau engagé dans l’armée, de nouveau licencié, il part retrouver ses parents au Portugal, qu’il ne trouve évidemment pas, car on l’informe qu’ils sont morts. Il part au secours des chrétiens prisonniers des Maures en Afrique.

En chemin, il essaie de reprendre son métier de berger, sans attrait. A Gibraltar, il s’embarque avec le comte Sylva, expulsé d’Espagne, et arrive à Ceuta. Là, il se fait l’infirmier du comte et de toute la famille, tombés malades. Juan, pour survivre, vend ses vêtements, travaille de ses mains comme tailleur de pierre.

Il aurait bien voulu apostoliser les chrétiens apostats, mais un saint religieux de l’endroit a la bonne inspiration de l’en dissuader à cause du trop grand danger, et lui conseille de retourner promptement en Espagne pour trouver à quoi Dieu le destinait.

A Gibraltar, il prie, se confesse et se fait vendeur d’images pieuses, pensant par là opérer des conversions. Un jour il rencontre un petit garçon pieds-nus, qu’il prend sur ses épaules : c’était l’Enfant-Jésus, qui lui annonçe : “Jean de Dieu, Grenade sera ta croix !”

A Grenade, il rencontre Juan de Ávila, l’apôtre de l’Andalousie (voir au 10 mai), dont un sermon provoque en lui un profond revirement de pensée. Il se met à courir en tous sens, criant partout “Miséricorde, Seigneur”, au point qu’on croit bon de l’enfermer. C’est le même Juan de Ávila qui intervient pour le persuader de changer d’attitude et de se donner à quelque bonne œuvre. Nous sommes en 1537. 

Il va en pèlerinage à Notre-Dame de Guadalupe, où la Vierge lui apparaît, et lui remet l’Enfant-Jésus avec des langes pour le couvrir. Juan comprend qu’il devra vêtir et assister les pauvres de Jésus-Christ.

Il va retrouver Juan de Ávila, qui lui donne une première règle de conduite et l’engage à retourner à Grenade. A force d’aumônes, il réussit à louer une petite maison qu’il transforme en hôpital ; nous sommes en 1538, et Juan a quarante-trois ans.

La maison est vite remplie. Juan assiste les malades, et demande le concours des prêtres pour soigner aussi leurs âmes. 

Quand il part demander l’aumône, car il n’a rien, il crie : Qui veut se faire du bien à soi-même ? Pour l’amour de Dieu, mes frères, faites-vous du bien à vous-mêmes ! Sa persévérance est amplement récompensée. Il revient avec des provisions, mais aussi avec quelque nouvel infirme.

Un jour, cet infirme se révéla être Jésus-Christ en personne : Juan voit ses pieds saigner et émettre des rayons lumineux, puis toute la maison est illuminée. Jésus dit à Juan : Je te visite pour te témoigner ma satisfaction du soin que tu prends de mes pauvres. Tout le bien que tu leur fais en mon nom, c’est à moi que tu le fais.

Il est un jour reçu par l’évêque de Tuy, qui le convainc de porter le nom que lui avait donné l’Enfant-Jésus à Gibraltar : Jean de Dieu, Juan de Dios, en portugais João de Deus, et lui remet un habit religieux, pour qu’on le reconnaisse bien comme consacré à Dieu.

Ses deux premiers compagnons sont deux ennemis acharnés, qu’il réconcilie. Puis se présentent beaucoup de postulants, qu’on appelle d’abord les Frères de la Charité, aujourd’hui Ordre hospitalier de Saint Jean de Dieu. Un nouvel hôpital est ouvert dans un ancien monastère de Grenade, puis un autre à Valladolid. Maintenant Juan est bien connu : on l’aide. Il a bien parfois des dettes, mais des bienfaiteurs interviennent au bon moment. 

Proche de la mort, il a encore la volonté et la force miraculeuse de se lever et d’aller persuader un malheureux tisserand, désespéré et ruiné, de ne pas se pendre.

Il meurt le 8 mars 1550, le jour de ses cinquante-cinq ans. Il est béatifié en 1630, canonisé en 1690.

En 1886, Il a été proclamé par Léon XIII patron des malades, des hôpitaux et des ordres hospitaliers et, en 1930, par Pie XI, patron des infirmiers, infirmières ainsi que des imprimeurs, relieurs et libraires. Les personnes alcooliques sollicitent son aide pour guérir leur dépendance.

Ioachim Kurōemon

1559-1624

 

Ioachim était né vers 1559 à Aki, dans le golfe de Shikoku.

La communauté catholique japonaise était florissante en ce 16e siècle. Elle pouvait compter plus de deux-cent mille fidèles.

C’est un missionnaire Jésuite qui baptisa Ioachim en 1608.

Devenu catéchiste dans le diocèse de Hiroshima, il fut martyrisé pour sa foi le 8 mars 1624, par la crucifixion, à Hiroshima.

Il fait partie des cent-quatre-vingt-huit Martyrs japonais béatifiés en 2008.

 

 

Manuel Faustino Míguez González

1831-1925

 

Né le 24 mars 1831 à Xamirás, un quartier de Acedebo del Rio (Ourense, Celanova, Espagne nord-ouest), Manuel était le quatrième enfant d’une famille de travailleurs chrétiens et fut baptisé le lendemain, jour de l’Annonciation, avec le nom de Manuel, car c’est en ce 25 mars qu’on fête l’Incarnation de l’Emmanuel, Dieu parmi nous.

Matins et soirs, la famille se réunissait autour du feu pour prier.

Après ses études latines à Ourense, il entra en 1850 chez les Piaristes de Saint-Fernand à Madrid, avec le nom de Faustino de l’Incarnation.

Dans les années de son sacerdoce, le gouvernement chercha à abattre le christianisme, par la fermeture des séminaires, par mille vexations sur les enseignants, mais Faustino restait toujours fidèle à son engagement, coûte que coûte. 

Il fut ordonné prêtre en 1856 et sa première destination fut Guanabacoa (Cuba). C’est là-bas qu’il remarqua comment les habitants utilisaient les vertus médicinales des plantes et s’y intéressa beaucoup.

Puis, durant sa longue vie presque séculaire, il dédia environ cinquante années à l’éducation des jeunes : à San Fernando, Getafe, Monforte de Lemos, Celanova, El Escorial, Sanlucar de Barameda.

Il n’enseigna rien d’autre que : Latin, Histoire, Algèbre, Géométrie, Rhétorique, Agriculture, Physique, Chimie, Histoire naturelle, Hygiène, Français.

Son cœur était «empli de Dieu». Il travailla au milieu des enfants et des jeunes, des pauvres, des malades, en un mot : de tous ceux qui venaient bénéficier de la douceur de son âme.

Non seulement il enseignait, il confessait et savait donner de bons conseils, mais il fit à son tour des recherches sur les vertus médicinales des plantes et s’occupa beaucoup des malades. Il y a à Getafe un Laboratoire Miguez.

Il se trouvait à Sanlucar de Barrameda, lorsqu’il prit conscience de la marginalisation des femmes. En 1885 il fonda l’Institut calasanctien des Filles de la Divine Pasteure, cette «pasteure» étant la Vierge Marie, tandis que l’adjectif «calasanctien» s’inspire de José de Calasanz (voir au 25 août). La nouvelle congrégation devait travailler l’éducation intégrale de la femme, considérée comme l’âme de la famille et de la société. Il voulait donner Marie comme modèle total à ces jeunes filles, dans l’humilité, la simplicité, et le désir de conduire les âmes à Dieu, comme Marie à Jésus.

Il considérait qu’il avait reçu le don de la vie pour la donner généreusement à son tour.

Il répétait toujours : Laissez faire Dieu, il sait ce dont nous avons besoin.

Il passa les vingt-cinq dernières années de sa longue vie à Getafe, éloigné de sa fondation. Mais celle-ci continua de prospérer et s’étendit d’abord dans les provinces d’Andalousie, de Castille et de Galice, puis au Chili et en Argentine.

Il mourut le 8 mars 1925, chargé d’années et de mérites, et fut béatifié en 1998. Il fut canonisé en 2017.

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