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9 mars 2020 1 09 /03 /mars /2020 00:00

09 MARS

 

IV.

S Pacianus, veuf espagnol (son fils fut ami de s. Jérôme), évêque à Barcelone.

VIII.

S Bosa, évêque à York à la place de s. Wilfrid lors des deux bannissements de ce dernier.

Ste Melle, mère des ss. Kenneth et Tigernach, abbesse à Lough Melve.

X.

S Vitale de Castronovo, sicilien, ermite, et fondateur de monastères à Torri et Rapolla.

XI.

S Bruno (Boniface) de Querfurt, évêque, missionnaire en Prusse et en Russie, martyr avec dix-huit Compagnons.

B Félix, anglais, moine à Fleury-sur-Loire, abbé à Rhuys, qu’il fut chargé de reconstruire.

XV.

Ste Francesca Romana, pieuse veuve romaine qui vivait chez elle avec d’autres femmes sous la règle de s. Benoît, mystique.

Ste Caterina de' Vigri, clarisse à Ferrare, abbesse à Bologne, mystique ; on la dit patronne des peintres.

XIX.

S Domenico Savio, disciple de s. Giovanni Bosco, mort à quinze ans, patron de la jeunesse, des chœurs de petits chanteurs, des jeunes garçons et des délinquants juvéniles.

Ss Ch’oe Hyŏng Petrus et Chŏn Chang-un Ioannes Baptista, pères de famille coréens, martyrs, des cent-trois canonisés en 1984 et fêtés le 20 septembre.

Pacianus de Barcelone

310-391

 

Pacianus naquit en Espagne au début du quatrième siècle.

De son mariage, il eut un fils, nommé Flavius Lucius Dexter. 

Ce Dexter fut préfet du prétoire, et son honnêteté lui valut l’amitié de s.Jérôme (v. 30 septembre).

Quand Pacianus fut veuf, il entra dans l’état ecclésiastique et, à la mort de Pretextatus vers 347, fut sacré deuxième évêque du siège de Barcelone.

Il nous reste de lui quelques œuvres intéressantes.

Dans le Cervus, il démontre que les festivités du nouvel an comportent des manifestations païennes.

Dans son Exhortation à la Pénitence, il invite les fidèles à confesser leurs péchés graves.

Dans son sermon Sur le Baptême, il expose la doctrine du péché originel. Il y revendique aussi le droit de l’Eglise à pardonner les péchés, contre la doctrine hérétique de Novatien. 

A Pacianus remonte la phrase célèbre : Christianus mihi nomen est, catholicus vero cognomen, mon nom est Chrétien, mon surnom Catholique.

L’épiscopat de Pacianus dura plus de quarante années et se déroula dans une certaine tranquillité, que ne connurent pas bien d’autres diocèses, agités par l’arianisme.

S.Jérôme a vanté les qualités de Pacianus, la pureté de sa vie et son éloquence. Le style de ses écrits montre une justesse de pensée, des raisonnements solides, qu’il sait exposer avec vivacité et charme. 

Pacianus mourut vers 391, octogenaire.

Saint Pacianus de Barcelone est commémoré le 9 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Vitale de Castronovo

994

 

Il naquit vers 900 à Castronovo (Sicile), une bourgade qui, sous la domination islamique, s’appela Kars-nubu. Son père s’appelait Sergio, sa mère Crisonica ; c’étaient des gens aisés de haute lignée, originaires de Byzance.

Vitale reçut sa première formation auprès de Religieux de l’Ordre de Saint-Basile qui, malgré la présence arabe, pouvaient enseigner librement.

Vers 950, nouvel Abraham, il quitta son pays et rejoignit le monastère Saint-Philippe-d’Agira.

Au bout de cinq ans, il partit en pèlerinage à Rome. En chemin, vers Terracina, il fut piqué par un serpent, mais il fit un signe de croix sur la plaie, et n’eut aucun mal.

De retour de Rome, il s’arrêta deux ans à Santa Severina (Calabre), puis douze années dans un monastère basilien de Sicile, et de nouveau en Calabre, où il dut encore changer d’ermitage plusieurs fois. 

Vitale ne péchait pas par quelque instabilité, mais il recherchait plus de solitude, plus d’austérité aussi, peut-être aussi une école spirituelle plus parfaite auprès d’un ermite plus saint que lui. Il rencontra l’abbé de Locri, mais c’est finalement ce dernier qui reçut les leçons de Vitale. Près du cap Spulico, où sévissaient des bandes de voleurs, il rétablit la paix et la confiance. Sa prière arrêta une inondation. 

Il s’arrêta à Rapparo, Sant’Angelo d’Asprono, au Mont Saint-Julien, et finalement dans une grotte près d’Armenta.

Avec l’aide de son neveu Elia, il fonda deux monastères, à Torri et à Rapolla, sous la règle basilienne, comme c’était l’habitude pour les moines vivant en Sicile et dans le sud de l’Italie.

Vitale s’éteignit à ce monde profane en 994.

Les reliques de s.Vitale ont suivi son exemple : elles ont été déplacées plusieurs fois et se trouvent finalement à Armenta.

Saint Vitale de Castronovo est commémoré le 9 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Bruno de Querfurt

974-1009

 

Il naquit vers 974 à Querfurt (Saxe, Allemagne N), de parents de haute lignée.

C’est à Magdeburg qu’il étudia, à l’école cathédrale, sous la direction de s.Adalbert (Vojtěch de Prague, v. 23 avril). 

Ces deux précédents, familial et ecclésiastique, firent que Bruno fut bientôt chanoine de la cathédrale de Magdeburg.

Il fut donc invité à la cour impériale et devint le chapelain d’Otto III ; entre eux se serra un profonde amitié.

L’année du martyre de s.Adalbert (997), Bruno avait vingt-trois ans et il accompagna à Rome l’empereur qui voulait y faire un pèlerinage et bâtir là une église sur l’île Tiberina, en l’honneur du Martyr.

Bruno resta à Rome jusqu’en 1001 et y prit l’habit bénédictin à l’abbaye Saint-Boniface (où avait été moine s.Adalbert), puis rendit visite à s.Romuald (v. 19 juin) dans son ermitage proche de Ravenne.

Il se porta alors volontaire pour l’évangélisation de la Prusse, alors territoire de Pologne, sur la demande du roi Boleslas et, dans ce but, alla recevoir du pape sa mission : il fut nommé archevêque des Gentils, mais pas encore consacré. C’est peut-être alors qu’il prit le nom de Bonifatius, en souvenir de l’apôtre de la Germanie, s.Boniface (v. 5 juin).

L’Allemagne étant alors entrée en guerre avec la Pologne, il chercha à passer en Hongrie (1003-1004), sans grand succès, puis alla recevoir la consécration épiscopale à Magdeburg en 1004.

En 1007, Bruno repassa en Hongrie, puis en Russie du Sud, où il fit beaucoup de conversions. A partir de 1008, il gagna la Pologne. Il fit tous ses efforts pour apaiser la tension entre le nouvel empereur d’Allemagne, Henri II, et Boleslas, leur montrant combien il était pernicieux de s’affronter au moment où justement un missionnaire allemand cherchait à convertir cette région de Prusse. Les vues d’Henri II n’étaient que politiques, visant à unifier et pacifier toutes ces régions instables, mais sans penser qu’il pouvait atteindre le même but pacifique en s’unissant à Boleslas dans l’effort de celui-ci de convertir sa nation. Malgré cette erreur, Henri II fut canonisé (v. 13 juillet), et Boleslas sortit vainqueur de la situation, affermissant ainsi le royaume chrétien de Pologne.

Si ses interventions n’aboutirent pas, Bruno eut tout de même la joie de commencer l’évangélisation des Prussiens. C’est cette année-là qu’il écrivit une Passio sancti Alberti, ainsi qu’une autre Passio de cinq Martyrs tombés quelques années plus tôt, également en Pologne.

Bruno n’eut que le temps de semer le bon grain : sur l’ordre d’un prince païen de Ruthénie, on le fit mourir avec dix-huit Compagnons, le 9 mars 1009. 

On ne connaît pas le nom de ces Compagnons.

Saint Bruno de Querfurt est commémoré le 9 mars dans le Martyrologe Romain.

Francesca Romana

1384-1440

 

Francesca naquit à Rome, d'une famille très ancienne et non moins illustre. Son père était Paolo de Bussi, et sa mère Giacobella de Roffredeschi. Mais on ne connaît Francesca que par son surnom de Romana, romaine.

Son enfance, passée dans le recueillement et dans l'union avec Dieu, l'avait disposée à se consacrer à Jésus-Christ ; elle aimait déjà se mortifier, affectionnant les légumes cuits à l’eau. Elle aimait parcourir les rues de Rome pour visiter les églises. 

Sa mère la confia à un bon prêtre, qui la dirigea pendant trente-cinq années. Francesca se confessait chaque mercredi, et obéissait pleinement et joyeusement aux conseils qu’elle recevait. A onze ans, sa décision était prise d’entrer au cloître, mais Dieu permit que ses parents l'engageassent, malgré ses goûts et son jeune âge, dans le mariage, pour donner aux personnes mariées un admirable modèle à imiter.

Son père lui avait destiné un certain Lorenzo Ponziani, de noble famille. Francesca fit tout son possible, mais en vain, pour faire revenir de sa décision son père : elle obéit.

Elle accepta le train de vie que lui imposait sa position d’épouse de noble famille, mais portait sous ses riches vêtements un cilice ; elle savait trouver le temps de se confesser chaque mercredi comme avant ; elle écoutait la prédication du samedi. Son mari l’adorait, tandis que les connaissances la critiquaient à l’envi et suggéraient à Lorenzo de lui faire cesser ces «extravagances».

Francesca tomba malade gravement ; on la crut à la mort. Saint Alexius lui apparut et la guérit en lui imposant son manteau (voir au 17 juillet ; il est biein probable que Francesca ne mettait pas en doute l’existence et l’histoire de saint Alexius). 

Sa maison fut l'école de toutes les vertus chrétiennes. Aimable pour tous, on ne sait laquelle fut la plus parfaite, de l'épouse, de la mère, de la maîtresse ; époux, enfants, domestiques la vénéraient et l'aimaient. Les obligations de son état n'étaient jamais sacrifiées au bonheur de prier Dieu, et elle en reçut la récompense ; car, un jour qu'elle avait été obligée de s'interrompre quatre fois pendant la récitation du même verset de son office, elle retrouva le verset écrit en lettres d'or.

Avec Vanozza, sa belle-sœur, elle conçut le désir de renoncer aux divertissements trop mondains, et de se consacrer davantage à la prière et à toutes sortes d’occupations au profit des bisogneux. Le confesseur de Francesca leur suggéra de ne rien modifier à leur habillement, mais leur permit de se mortifier par le jeûne, l’abstinence, la discipline (la flagellation). D’autres dames vinrent se joindre à elles.

Le diable l’éprouva visiblement : de passage le long du Tibre, elle fut précipitée par un bras invisible dans l’eau, avec sa belle-sœur, et elles n’en sortirent miraculeusement qu’en invoquant la puissance de Dieu.

Parmi toutes les choses étonnantes de sa vie, on peut signaler surtout la présence ordinaire et visible de son ange gardien, et les luttes terribles qu'elle eut à soutenir contre le démon. Outre son ange gardien, Dieu lui avait donné un ange chargé de la punir ; cet ange était sévère ; car, à la moindre faute, il la frappait, même en public. L'ange restait invisible, mais les coups étaient entendus de tous. Ainsi, quelques personnes tenant un jour devant elle une conversation frivole, Dieu inspira à la Sainte de les interrompre, et comme elle hésitait, elle reçut sur la joue un rude soufflet. Souvent, alors qu'elle était à genoux devant une statue de la Sainte Vierge, son ange s'approchait et continuait avec elle la prière.

On représente généralement sainte Francesca avec un ange à côté d'elle. Plus d'une fois l'ange dévoué eut à chasser les démons, qui ne cessaient de harceler la Servante de Dieu. Une nuit, pendant qu'elle priait, le diable la prit par les cheveux, et, la portant sur la terrasse de la maison, la suspendit au-dessus de la rue ; mais Dieu la remit en sûreté dans sa cellule. En reconnaissance, elle coupa ses beaux cheveux.

D'autres fois, elle était traînée violemment ; l'ennemi du salut prenait toutes les formes pour la tromper ou l'épouvanter ; le calme de Francesca excitait son dépit et le mettait en fuite.

 

Un jour, par fausse humilité, Francesca pensa cacher une partie de ces faveurs extraordinaires à son confesseur ; aussitôt, elle fut renversée à terre, et n’eut plus qu’à reconnaître devant le prêtre son erreur et à promettre, désormais, de lui exposer toutes les grâces mystiques qu’elles recevait de Dieu.

Les nombreux miracles et prodiges que Francesca accomplit sont diversement rapportés, suivant les sources ; il est vrai que sa sainte vie et ses prières obtenaient des prodiges : multiplication du grain dans le grenier, du vin dans le tonneau, guérisons, conversions…

Un jour qu’un prêtre jugeait qu’elle ne pouvait avoir les dispositions nécessaires pour communier aussi souvent (trois fois par semaine, chose rare à l’époque), lui remit une hostie non consacrée ; elle en fut intérieurement informée, le révéla à son confesseur qui, à son tour, alla prévenir le prêtre fautif : celui-ci demanda humblement pardon, et comprit la gravité du jugement téméraire.

Elle eut son premier enfant en 1400 (Giambattista) et son second en 1404 (Evangelista), puis une fille en 1407 (Agnès). Evangelista fut un enfant «spécial» : à trois ans, il prophétisait que son père serait sérieusement blessé (ce qui arriva en 1409) et mourut en 1410 ; un an après il apparaissait à sa mère pour lui montrer la gloire dont il jouissait au ciel, mais aussi pour lui annoncer la prochaine mort d’Agnès.

On vient de parler de la blessure du mari de Francesca. En effet, Lorenzo fut violemment poignardé par un ennemi de l’Eglise, qui s’en prenait à tous ceux qui protégeaient la papauté. Puis l’ennemi prit en otage Giambattista et menaça de l’emmener ou de mettre à mort son oncle. Mais quand il voulut partir, son cheval resta immobile : épouvanté, il dut céder et rendre l’enfant à sa mère.

En 1410, nouvelle invasion de Rome. Lorenzo dut fuir. Francesca dut aller ramasser des fagots pour en distribuer aux pauvres. Ce n’est que vers 1414 que la mort de l’envahisseur mit fin aux épreuves de Lorenzo et Francesca.

C’est aussi vers cette époque qu’elle écrivit ses terribles visions de l’Enfer. On les trouve dans diverses éditions : lecture salutaire !

Francesca obtint que Lorenzo se réconciliât avec son ennemi. Ils retrouvèrent alors leurs biens et vécurent dans une vie de profonde piété. Francesca obtint aussi la conversion de l’épouse de Giambattista.

Elle obtint de son mari, au bout de quelques années de mariage, de vivre en sa maison comme une véritable religieuse. Ce fut le début des Oblates de Saint-Benoît. Dans une vision elle s’entendit dire : Ton sentier est semé d’épines, plusieurs obstacles se rencontrent avant que ton petit troupeau puisse être réuni. Mais souviens-toi que la grêle ne suit pas toujours le tonnerre et que le plus brillant soleil resplendit souvent à travers les plus sombres nuages.

La nouvelle famille s’installa à Tor di Specchi, dans Rome. Francesca en rédigea toutes les constitutions dans les moindres détails, illuminée en cela par des visions de la Sainte Vierge, de saint Jean-Baptiste, de saint Paul apôtre. Les Oblates s’installèrent le 25 mars 1433.

Francesca n’habitait pas avec elles, obligée d’assister son cher mari malade. Quand il mourut, elle se présenta à Tor di Specchi comme une humble novice, mais la supérieure lui remit sa charge, qu’elle dut accepter sur l’ordre de leur directeur spirituel.

Au début de 1440, elle vint assister son fils Giambattista qui était très malade. Très faible elle-même, elle ne put revenir à Tor di Specchi. Elle eut encore une vision qui lui annonça sa prochaine mort. 

Le matin de sa mort, elle fut à son tour visitée par son fils. Elle lui lança un regard scrutateur et lui reprocha ses erreurs : il venait de se quereller avec de pauvres bergers et de surcroît, avait osé consulter une sorcière sur la possible guérison de sa mère. Le garçon avoua ses deux péchés.

Elle remuait encore les lèvres, pour réciter «les vêpres de la Sainte Vierge». Puis elle dit à son confesseur ce qu’elle voyait : Le ciel s’ouvre, les anges descendent, l’archange a fini sa tâche, il est debout devant moi et me fait signe de le suivre.

Francesca Romana mourut le 9 mars 1440. Elle a été canonisée en 1608 ; les miracles ne manquaient pas pour cette célébration. 

 

Caterina de’ Vigri

1413-1463

 

Caterina de’ Vigri vint au monde à Bologne (Italie) en la fête de la Nativité de Marie, le 8 septembre 1413,  de Giovanni de’ Vigri et Benvenuta Mamellini.

Ce Giovanni de’ Vigri, docteur en droit, enseignait à l’université de Bologne et apprit d’une apparition mariale que sa fille serait une grande lumière pour le monde. Devenu agent à Venise du marquis de Ferrare, il y plaça Caterina comme demoiselle de cour auprès de la princesse Margherita d’Este : elle manifesta dès lors une rare prudence, une modestie singulière, un esprit constamment occupé des choses du ciel. Elle continua l’étude du latin, commencée à Bologne, et se rendit capable de l’écrire avec élégance ; elle s’intéressa aussi à la musique (on conserve l’alto qu’elle jouait), au chant, à la peinture, à la littérature.

Dès 1426 cependant, elle s’affilia à une confrérie de Ferrare et ce fut durant ces années que, luttant victorieusement contre les tentations diaboliques, elle écrivit sur l’ordre de Notre Seigneur son Traité des Sept Armes Spirituelles.

La confrérie à laquelle elle appartenait, se décida à adopter la règle franciscaine des Clarisses, et à vivre en communauté : un monastère fut construit, et en 1432, les Religieuses reçurent l’habit et la règle de sainte Claire.

Caterina était favorisée de visions, eut le don des miracles et de prophétie.

Elle eut successivement la charge du four à pain, des novices, de la porterie, où elle montra toujours une humilité remarquable.

Comme portière, elle accepta l’épreuve de devoir sans cesse interrompre sa prière pour aller ouvrir. Elle accueillit ainsi un jour un beau Vieillard, qui lui remit une belle coupe transparente, disant que c’était le vase dont se servait Marie pour donner à boire à Jésus. Caterina apprit par révélation que ce Vieillard était saint Joseph en personne.

Après avoir réussi à détourner le choix des Religieuses pour élire une autre abbesse, elle fut choisie comme abbesse pour le monastère du Corpus Christi de Bologne. En arrivant dans sa ville natale (1456), elle fut accueillie avec une telle allégresse que toutes les factions de la ville se réconcilièrent.

Elle se montra une abbesse particulièrement maternelle pour toutes les Religieuses, particulièrement pour les malades. Elle tenait à être sollicitée même en pleine nuit, si c’était nécessaire. Elle leur recommandait de ne jamais murmurer contre qui que ce soit, surtout contre les supérieurs.

Outre le Traité qu’on a signalé plus haut, elle écrivit aussi d’autres ouvrages, dont celui de ses Révélations, celui des Douze Jardins, le Rosarium, des Sermons.

Réélue abbesse trois fois, elle annonça au début de l’année 1463 à ses filles sa mort prochaine. Fin février, elle tomba malade et de violentes souffrances ne la quittèrent plus.

Le 9 mars 1463, elle reçut les derniers sacrements ; son visage s’illumina et elle expira doucement.

Les jours suivants, des miracles s’opérèrent déjà à son tombeau, d’où sortait un céleste parfum. Quand on le rouvrit deux semaines après la sépulture, le corps ne portait aucune trace de corruption. On l’exposa alors dans le chœur de l’église, et on le vit par trois fois saluer la communauté avec un doux sourire. On disait que le corps transpirait un liquide suave, que les ongles et les cheveux continuaient de pousser et qu’il fallait les tailler… Une certaine Eleonora Poggi, qui venait prier avec sa maman, s’entendit dire : Eleonora, tiens-toi prête, je veux que tu deviennes religieuse dans cette communauté, que tu sois ma fille, et qu’on te confie en temps opportun la garde de mon corps. Ceci s’avéra peu après.

En 1475, on décida de relever le corps de l’abbesse et de l’asseoir, revêtu de l’habit des Clarisses ; elle avait les yeux ouverts.

Il va sans dire que le peuple bolognais la proclama sainte sans tarder. Officiellement elle fut canonisée en 1712.

Le saint corps est toujours visible, dans sa position assise, mais le corps ne transpire plus et ne manifeste plus les signes de vivacité comme il y a six siècles.

 

 

Domenico Savio

1842-1857

 

Domenico Savio naquit à Riva di Chieri, près de Turin, le 2 avril 1842, deuxième d'une famille de dix enfants. Doué d'une tendre piété et d'une intelligence précoce, dès l'âge de quatre ans Domenico récite l'Angelus trois fois par jour ; le récit de la Passion du Christ le bouleverse. A cinq ans, il assiste à la sainte messe qu'il est admis à servir avant d'avoir atteint ses six ans. Il s'acquittera toujours de cette pieuse fonction avec un grand recueillement.

Sa ferveur exceptionnelle lui valut la grâce de recevoir la Sainte Eucharistie dès l'âge de sept ans, contrairement aux habitudes de l'époque. Le jour de sa première communion, il écrivit une série de résolutions qu'il voulait garder toute sa vie : 

  • Je sanctifierai tous les jours de fête ; 
  • je me confesserai souvent et je communierai aussi souvent que mon confesseur me le permettra ; 
  • Jésus et Marie seront mes amis. 
  • Je préfère mourir plutôt que de pécher.

Dans l'espoir de devenir prêtre plus tard, le petit Domenico franchit, pieds nus, seize kilomètres par jour pour aller s'instruire. La grande pauvreté de sa famille incite le curé de sa paroisse à le conduire chez Don Bosco qui prendra un soin tout paternel de cette âme d'élite. 

C'est en octobre 1854, à l'âge de douze ans et demi que Domenico fut présenté au saint prêtre de Turin. L'adolescent lui ouvrit son âme toute grande, surtout par la confession hebdomadaire. Le 8 décembre 1854, alors que l'univers chrétien tout entier acclamait la Sainte Vierge, proclamée Immaculée, Domenico lui dédiait toute sa vie et lui consacrait particulièrement sa pureté d'adolescent. L'amour de la pureté poussait notre jeune Saint à bannir de l'institut de Don Bosco tout ce qui pouvait nuire à la belle vertu.

Au printemps 1855, l'appel à la sainteté retentit dans l'âme angélique de Domenico : Dieu me veut saint ! répétait-il à Don Bosco. Cherchant à ressembler à Jésus en son mystère de souffrance, envahi de plus en plus par l'amour de Jésus rédempteur, il s'ingénie au sacrifice et fonce dans la voie des pénitences extraordinaires. Non, objecte Don Bosco ; ton devoir d'étudiant, la joie permanente au service des autres, voilà ta sainteté. Domenico obéit de bon cœur à cette formule d'ascèse toute salésienne.

Chaque jour, il rencontre Jésus dans l'Eucharistie. On se rend vite compte que ses actions de grâces sont de purs ravissements. 

Lorsqu'il propose la fondation de la Compagnie de l'Immaculée, ses compagnons lui demandent ce qu'ils auront à faire : D'abord, explique-t-il, nous aimerons la Sainte Vierge de tout notre cœur. Nous Lui demanderons aussi de nous protéger pendant la vie et surtout à l'heure de la mort. Enfin, chaque fois qu'il y aura une de ses fêtes, on fera tout son possible pour la rendre belle et on communiera.

Les durs hivers de Turin achevèrent de détériorer sa santé qui n'avait jamais été brillante ; elle chancela grièvement au début de l'année 1857. Malgré le courage et la joie héroïque de Dominique, il dut interrompre sa classe de seconde et rentrer dans sa famille à Mondonio pour tenter d'y refaire ses forces. Hélas ! Huit jours après son arrivée à la maison, il expirait dans les bras de son père. 

C’était le 9 mars 1857 : Domenico n’avait pas accompli quinze ans.

Domenico Savio fut béatifié en 1950, et canonisé en 1954.

Il est le céleste Patron de la jeunesse et des petits chanteurs (Pueri Cantores).

 

Chŏn Chang-un Ioannes Baptista

(Jeon Jang-un Yohan)

1811-1866

 

Ioannes Baptista était né à Seoul en 1811.

C’est sa mère qui lui conféra le baptême. Son père mourut peu après sa naissance. Très jeune, il dut travailler pour soutenir les siens, en fabriquant des paniers en cuir.

En 1839, il fut arrêté une première fois comme chrétien. Mais les racines de sa foi ne s’étaient pas encore suffisamment affermies, de sorte que les tortures et les diverses mesures de persuasion l’amenèrent à renier sa foi et qu’il put ainsi quitter la prison.

Il regretta son apostasie, mais il n’y avait pas encore de prêtre en Corée, car le christianisme s’était implanté en Corée uniquement par des laïcs. Ioannes Baptista gardait espoir de recevoir un jour le pardon.

En 1845, seize années après, il rencontra Kim Tae-gŏn Andreas (v. 16 septembre), le premier prêtre coréen, qui revenait en Corée après avoir été ordonné prêtre à Shanghaï. Le père Kim Andrea lui donna l’absolution et Joannes Baptista vécut désormais en chrétien exemplaire, suscitant partout le respect et l’admiration de ses amis catholiques.

Il se maria et eut trois enfants. Mgr Berneux put se rendre compte par lui-même du sérieux de ce père de famille, et lui conféra le pouvoir de baptiser, comme pour un diacre. Il le mit en rapport avec un autre Chrétien, Ch’oe Hyŏng Petrus, pour éditer des livres en coréen.

Quand la persécution reprit, le propriétaire de l’imprimerie disparut, mais Ioannes Baptista resta. On lui disait de s’enfuir, mais lui voulait protéger les précieux blocs d’imprimerie en bois : Il faut que je fasse la volonté de Dieu. J’ai le devoir de conserver ces blocs d’imprimerie en bois.

Le 1er mars, la police fit irruption dans la petite imprimerie, s’emparèrent de Ioannes Baptista, et confisquèrent les fameux blocs d’imprimerie.

Ioannes Baptista fut douloureusement torturé, mais il supporta toutes ces souffrances, proférant seulement les noms de Jésus et Marie.

Après trois jours de tortures, il fut condamné à mort, le 8 mars.

Le jour suivant, 9 mars 1866, il fut conduit à la Petite Porte Occidentale pour être décapité. Parvenu à l’endroit, il vit que le bourreau qui allait l’exécuter était une vieille connaissance, mais qui avait apostasié. Il hésitait à tuer son ami. Ioannes Baptista alors lui dit : Toi, tu obéis au roi, moi, j’obéis à Dieu. Pourquoi hésites-tu ?

Ioannes Baptista avait cinquante-cinq ans. Il fut enseveli trois jours après. Son dies natalis est le 9 mars.

Il fait partie des cent-trois Martyrs Coréens béatifiés ensemble en 1968, canonisés ensemble en 1984, et fêtés ensemble le 20 septembre.

 

 

Ch’oe Hyŏng Petrus

(Choe Hyeong Peteuro)

1814-1866

 

Petrus était né à Kongju (Chungcheong-do, Corée S) en 1814.

Son père avait été baptisé à l’âge de vingt ans et avait trois fils. Toute la famille s’était consacrée à Dieu.

Petrus, qui avait étudié la littérature chinoise depuis l’enfance, dut soutenir sa pauvre famille par le travail des champs et l’élevage.

Il fut un fidèle assistant du père Maubant (v. 21 septembre), depuis son arrivée dans la région en 1836 jusqu’à son martyre en 1839.

Petrus et son père furent arrêtés, en 1840, mais soudoyèrent leurs gardiens et furent relâchés.

Petrus fut un de ces Catholiques qui traversèrent la Mer Jaune dans une barque en bois pour accompagner Kim Tae-gŏn Andreas, alors diacre, à son ordination sacerdotale à Shanghai. Ils revinrent de la même façon. Cette traversée représente au bas mot six-cents kilomètres. Le retour se fit avec en plus l’évêque Ferréol et le père Daveluy.

En Corée, Petrus aida le père Kim Andreas dans son travail apostolique. Il se maria à trente-six ans et vécut dans un faubourg au sud de Seoul, traduisant des livres religieux et fabriquant des chapelets. Il était si bon que beaucoup, même parmi les non-catholiques, venaient lui demander des conseils.

Il n’était pas catéchiste, mais reçut de Mgr Berneux le pouvoir de conférer le baptême, à l’instar d’un diacre. Le même évêque lui confia la même petite imprimerie où travaillait Chŏn Chang-un Ioannes Baptista. Pendant quatre ans, beaucoup de livres furent ainsi imprimés.

Quand Mgr Berneux fut arrêté, on voulut arrêter aussi Petrus, mais il s’était caché, avec sa fille et son gendre. On l’arrêta plus tard, et on lui infligea de pénibles tortures. Il confessa courageusement sa foi et fut battu tellement violemment, qu’on voyait les os de ses jambes..

Le 9 mars 1866, il fut conduit à la Petite Porte Occidentale pour être décapité, en même temps que son ami Chŏn Chang-un Ioannes Baptista. Ils furent tous deux décapités.

Il faut ajouter que Petrus fut encore plus torturé que les autres. Il avait cinquante-trois ans lors de son martyre.

Comme Ioannes Baptista, son dies natalis est le 9 mars.

Il fait partie des cent-trois Martyrs Coréens béatifiés ensemble en 1968, canonisés ensemble en 1984, et fêtés ensemble le 20 septembre.

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