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22 mars 2020 7 22 /03 /mars /2020 00:00

22 MARS

 

I.

S Epaphrodite, disciple de s. Paul, cf. Ph 2.

III.

S Paulus, premier évêque à Narbonne ; on le donne parfois comme disciple de s. Paul (cf. Ac 13).

Ss Callinikos et Basilissi, martyrs en Galatie ; ils visitaient les martyrs en prison.

?

S Saturnin, martyr en Afrique.

IV.

S Basilios, prêtre à Ancyre et martyr, qui fit sortir de l’erreur beaucoup de gens : chaque jour on lui arracha quelques lambeaux de chair.

Ste Léa, veuve romaine, protectrice du cercle des saintes femmes formées par s. Jérôme.

V.

S Octavien, archidiacre à Carthage, martyr avec des milliers d’autres.

VII.

S Failbe Ier, abbé à Iona, frère de s. Finan. 

VIII.

Stes Herlinde et Relinde, deux sœurs, ensemble abbesses à Maaseyk.

XIII.

S Benvenuto Scotivoli, évêque à Osimo dont il est patron ; il tint à revêtir l’habit franciscain avant sa consécration épiscopale.

XVII.

S Nicholas Owen, auxiliaire jésuite anglais, martyrisé sur le chevalet.

XVIII.

B François Chartier, prêtre martyr à Angers, béatifié en 1984.

XX.

Bx Bronislaw Komorowski (*1889) et Marian Górecki (*1903), prêtres polonais, internés à Stutthof, fusillés le Vendredi saint 1940, béatifiés en 1999.

B Clemens August Graf von Galen (1878-1946), évêque à Münster, cardinal, tenace adversaire du nazisme, béatifié en 2005.

Epaphrodite

1er siècle

 

Le nom de ce saint personnage apparaît dans l’épître de saint Paul aux Philippiens.

Durant sa première captivité à Rome (60), Paul a reçu la visite d’Epaphrodite, délégué par les Chrétiens de Philippes pour assister l’indigence de Paul (Ph 2:25).

Paul les en remercie, il est comblé par ce parfum de bonne odeur (Ph 3:18).

Or, Epaphrodite est tombé gravement malade durant son séjour auprès de Paul, et les Philippiens l’ont appris avec inquiétude (Ph 2:26). Cette maladie l’a conduit bien près de la mort (Ph 2:27).

Paul a été le premier inquiet de cette maladie, car Epaphrodite lui est extrêmement précieux dans l’annonce de l’évangile : c’est un frère, un collaborateur, un compagnon d’armes (Ph 2:25).

Mais Paul ne veut pas garder sa joie pour lui seul ; il va envoyer Timothée auprès des Philippiens (Ph 2:19) pour prendre de leurs nouvelles, mais il va aussi se séparer d’Epaphrodite, lui-même impatient de se remontrer aux siens en bonne santé (Ph 2:26).

En bon père, Paul savoure d’avance la joie des Philippiens à la vue de leur Epaphrodite, auquel il confie la Lettre aux Philippiens. On a supposé qu’Epaphrodite était un diacre de Philippes, du moins un personnage important et de confiance.

Ensuite ? Nous n’avons que des conjectures.

Des sources d’autorité mais non concordantes ont prétendu que, durant son séjour en Italie, Epaphrodite fut consacré évêque par saint Pierre lui-même, pour Terracina. Mais on en a fait aussi un évêque ailleurs : Adria en Syrie, Philippes (Macédoine), à moins qu’on ait confondu plusieurs personnages du même nom. 

Il reste qu’actuellement, le Martyrologe mentionne brièvement saint Epaphrodite le 22 mars, sans autres détails.

 

 

Paulus de Narbonne

† 240

 

Une vieille tradition nous assurait que le premier évêque de Narbonne, Paulus, n’était autre que le Sergius Paulus qui se convertit sur la parole de l’apôtre s.Paul en Chypre (cf. Ac 13:7).

Ensuite, Sergius Paulus aurait accompagné l’Apôtre à Rome (pour sa première captivité, sans toutefois partager celle-ci), puis lors de son voyage vers l’Espagne.

S.Paul l’aurait alors laissé évangéliser Béziers ; Sergius Paulus consacra évêque de Béziers un certain Aphrodisius, puis installa sa demeure à Narbonne, dont il fut ainsi le premier évêque.

Si son apostolat fut fécond, il rencontra aussi des difficultés. Deux diacres se permirent de le calomnier. Paulus eut recours aux évêques de la région, et Dieu permit que ce furent les diacres eux-mêmes qui avouèrent leur crime.

Cette chronologie cependant n’est pas absolument convaincante. 

En effet, si le premier évêque de Narbonne, si bien accueilli, vivait au 1er siècle, on s’étonne qu’il n’eût pas de successeur avant Stephanus, du 3e siècle. Inversement, si Stephanus a bien succédé à Paul, c’est que la tradition ne repose pas sur une certitude historique.

En outre, on peut se demander quels évêques Paulus convoqua pour son «procès», puisque, du vivant de s.Paul (35-63, après la Résurrection du Christ), on ne pouvait pas avoir déjà tant d’évêques en Gaule.

On sait que vers 200 le pape envoya en Gaule sept missionnaires, qui furent alors les premiers évêques de grandes villes : Denys de Paris, Gatien de Tours, Trophime d’Arles, Saturnin de Toulouse, Austremoine de Clermont, Martial de Limoges, et notre Paul à Narbonne.

Le Martyrologe le qualifie d’évêque et martyr, avec cette mystérieuse phrase : à Narbonne, à la frontière de la Gaule, via Domitia hors de la Ville (la majuscule désigne habituellement Rome), déposition de s.Paul.

Que Paulus soit mort le 22 mars, ne pose pas de problème, mais vers 240, semblerait plus raisonnable.

Saint Paul de Narbonne est commémoré le 22 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Callinikos et Basilissa en Galatie

3e siècle

 

Callinikos pouvait être le domestique de Basilisssa ; ils habitaient en Galatie (act. Turquie C).

Ils visitaient les martyrs en prison, et furent à leur tour arrêtés, puis décapités.

Il est difficile d’avancer une date pour ce martyre : sous Trajan au 2e siècle ? sous Dèce vers 250 ? 

Saints Callinikos et Basilissa sont commémorés le 22 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Basilios d’Ancyre

† 362

 

Ce prêtre Basile, qui vivait à Ancyre (act. Ankara, Turquie), était rempli de zèle pour propager la doctrine juste de l’Eglise. Le concile de Nicée (325) s’était achevé sur une condamnation de l’arianisme, et Basilios se donna entièrement à la prédication.

En outre, la sainteté de sa vie ajoutait de la force à sa parole, et nombreux étaient ceux qui se ralliaient ainsi à la Vérité.

C’était un combat de tous les jours ; les opposants de Basilios ne manquaient pas et cherchèrent à le déférer à l’empereur Constance ; or ce dernier, qui n’était pas un théologien, prit parti pour l’arianisme, et ensuite Julien fut l’apostat que l’on sait.

Basilios intensifia son apostolat à Ancyre, où les hérétiques le prirent en profonde aversion et finirent par l’accuser devant le proconsul.

Saturninus le fit étendre sur le chevalet et déchirer avec les ongles de fer. Basilios proclamait toujours sa foi contre les idoles païennes. On le présenta à Julien, qui passait par cette ville.

Basilios saisit l’occasion pour rappeler à Julien le christianisme de sa jeunesse : lecteur, il avait proclamé la Parole de Dieu aux croyants, et maintenant il la combattait. Basilios annonça aussi à Julien qu’il mourrait bientôt, et douloureusement (Julien allait être blessé mortellement lors d’une bataille, trois ans plus tard).

Julien se montra terriblement vexé de cette audace et ordonna que l’on prélevât chaque jour sept aiguillettes de chair du corps de Basilios.

Peu de jours après, Basilios reparut devant Julien et lui lança une de ces aiguillettes, qui pendait encore à son bras. Julien ordonna de faire des incisions encore plus profondes, jusqu’à atteindre les organes internes de sa victime.

Julien une fois parti d’Ancyre, le bourreau se mêla d’intensifier les tourments de Basilios : il le fit percer de pointes de fer brûlantes.

Basilios finit par expirer, le 28 juin 362.

De concert avec les Grecs, les Latins fêtent Basilios au 22 mars, jour d’une probable translation de ses reliques.

Saint Basilios d’Ancyre est commémoré le 22 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Lea de Rome

† 384

 

Romaine, Lea était une maîtresse de maison : riche, somptueusement vêtue, elle avait ses nombreux domestiques pour exécuter ses ordres. Mais elle avait la foi.

Elle fut de ces pieuses Dames romaines qui se réunissaient autour de s.Jérôme (v. 30 septembre), pour en écouter les leçons sur l’Ecriture.

A la mort de son mari, elle oublia toute cette pompe et se confia entièrement à Dieu. Sa vie fut alors tous le contraire de ce qu’elle avait été jusque là.

Elle se retira dans un monastère de Rome, où on voulut lui donner la responsabilité de supérieure ; mais elle ne s’imposa que par son exemple silencieux, aidant les unes et les autres dans les occupations les plus basses. Coiffée on ne peut plus simplement, elle portait un habit tout modeste, qui couvrait d’ailleurs un dur cilice ; elle mangeait très simplement ; elle priait et passait des nuits en veille ; elle se choisit une cellule étroite, comme on l’aurait fait pour un prisonnier, elle qui était habituée aux grandes demeures.

Ainsi sanctifiée et pleine de mérites, elle rendit son âme à Dieu vers 384.

Sainte Lea de Rome est commémorée le 22 mars dans le Martyrologe Romain.

Benvenuto Scotivoli

† 1282

 

Benvenuto (Bienvenu) vit le jour à Ancône (Italie CE) quelque part au début du 13e siècle.

Il étudia le droit à Bologne et revint recevoir les Ordres à Ancône.

Ayant reçu la dignité d’aumônier pontifical, il fut en 1262 nommé archidiacre d’Ancône.

A cette époque, le diocèse d’Osimo s’était rallié au parti de l’empereur Friedrich Barbarossa et, pour ce motif, fut rattaché à celui d’Umana par une décision du pape Grégoire IX ; le même pape le mit alors sous l’administration apostolique de Benvenuto.

Ce dernier tenta d’apporter au diocèse un peu de la douceur du Pasteur éternel : il leva beaucoup de sentences d’excommunication, prêcha l’amour fraternel, et ramena le troupeau à l’obéissance au Chef de l’Eglise.

Benvenuto était un homme de paix, doux et humble. Avant d’être consacré évêque, il tint à revêtir l’habit franciscain et à être compté parmi les Frères mineurs. Pour lui, le meilleur moyen d’attirer les bénédictions du Ciel, était de rechercher l’humilité, la pauvreté, l’obéissance, et de prier sans cesse pour tous les péchés.

En 1264, il fut donc évêque effectif d’Ancône et, en 1267, fut chargé par le pape de gouverner aussi toute la région.

C’est à Benvenuto que revint l’heureuse mission d’ordonner prêtre Nicola de Tolentino (v. 10 septembre). Il s’employa à sauvegarder les biens ecclésiastiques, interdisant de les aliéner par plusieurs mesures. En 1274, il procéda à une réforme du Chapitre cathédral.

A l’heure de mourir, il demanda à être déposé à terre, dans la plus complète pauvreté.

Il mourut ainsi le 22 mars 1282. Sur son tombeau se produisirent beaucoup de miracles, suscitant un culte à Osimo dès le début du siècle suivant.

Benvenuto n’a jamais été canonisé «officiellement», mais saint Benvenuto est commémoré au Martyrologe le 22 mars.

 

 

Nicholas Owen

1550-1606

 

Né vers 1550 en Oxfordshire (Angleterre), ce laïc discret et immensément actif ne nous a rien laissé sur sa parenté, sa jeunesse.

Au regard de son activité au service des prêtres persécutés, on peut légitimement supposer qu’il était menuisier ou charpentier de métier.

On ne sait au juste quand, mais ce fut avant 1580, il entra dans la Compagnie de Jésus comme laïc ; on a même affirmé qu’il fut le premier Frère laïc anglais jésuite.

Il fut une première fois mis en prison en 1581, à la mort d’Edmund Campion (voir au 1er décembre), pour avoir ouvertement affirmé l’innocence de ce prêtre.

Libéré, il servit de tout son cœur les pères Garnett et Gerard pendant dix-huit ans. Il fut arrêté avec ce dernier, s’échappa de la Tour et, dit-on, aurait aidé l’autre à s’enfuir aussi. On l’arrêta fiinalement à Hindlip Hall (Worcestershire), alors qu’il se faisait passer pour le père Garnett.

On n’a pas pu compter le nombre de cachettes que Nicholas put arranger avec tant d’adresse pour protéger des prêtres dans toute l’Angleterre. S’il les avait révélées… 

Conduit au Marshalsea, puis de nouveau à la Tour, il fut soumis aux terribles interrogatoires (et tortures) de Topcliffe, suspendu par les bras à des anneaux de fer, puis avec d’énormes poids accrochés aux jambes, sans parler des autres tortures et mauvais traitements.

On raconta qu’il s’était suicidé dans sa prison, mais le père Garnett réfuta la calomnie : il mourut en prison des tortures qu’il y souffrit. Toute la vie de Nicholas fut marquée par une extraordinaire innocence, ainsi qu’une profonde prudence, qui lui permit de sauver la vie de beaucoup de prêtres.

D’après le récit du père Garnett, Nicholas était encore en vie le 3 mars 1606, et certains récits repoussent sa mort jusqu’au 12 novembre 1606.

Le Martyrologe le mentionne au 22 mars.

Il a été béatifié en 1929 et canonisé en 1970.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

 

 

François Chartier

1752-1794

 

François-Louis était né le 6 juin 1752 à Marigné (Maine-et-Loire).

Prêtre du diocèse d’Angers, il fut curé de Soeurdre, proche de Marigné.

Lors de la Révolution, il refusa de prêter le serment de la Constitution civile du clergé.

Une première fois arrêté, il fit appel de cette condamnation et entra dans la clandestinité, célébrant les Saints Mystères et administrant les Sacrements aux fidèles dans la plus grande discrétion, mais aussi en s’exposant à tous les dangers.

Repris en mars 1794, il fut guillotiné à Angers, le 22 mars 1794.

Il a été béatifié en 1984.

 

 

Bronisław Komorowski

1889-1940

 

Né près de Skorcz (près Dantzig en allemand, Gdansk en polonais), Bronisław fut tôt orphelin de père. Sa mère épousa en secondes noces Jan Fankidejski, qui lui enseigna l’histoire de la Pologne.

Le garçon étudia au Collegium Marianum à Pelpin. 

Il fit partie de la société secrète des Philarètes, cercles où l’on étudiait différentes matières avec ce sentiment unanime patriote pour la Pologne. 

Après avoir étudié la physique et les mathématiques, la médecine, les lettres et le droit, il poursuivit sa formation à Chelmno (Culm en allemand), moitié catholique et moitié protestante.

Il ressent alors la vocation au sacerdoce, en réponse au Kulturkampf laïc de la politique prussienne de Bismarck.

Ordonné prêtre en 1914, il est vicaire à Praust (actuelle Pruszcz, faubourg de Dantzig), une agglomération où se développait une intense industrialisation.

Nommé à Saint-Nicolas de Dantzig, rattachée de force à la Prusse mais polonaise, Bronisław enseigne l’histoire de la Pologne.

Au lendemain de la guerre, le traité de Versailles proclame Dantzig ville libre, mais cette ville est encore majoritairement allemande. C’était localement l’expression même du germe de la prochaine guerre.

En 1924, Bronisław change de faubourg et se retrouve à Langfuhr (aujourd’hui Wrzeszcz), où il fait construire une église nouvelle. Il y a là une école technique fréquentée majoritairement par des polonais (qui durent évacuer en 1939).

En 1933-1934, il est élu au parlement de Dantzig. La ville se reprend de l’après-guerre, et les habitants allemands voudraient se réunir à l’Allemagne, tandis que les Polonais s’y attachent où commencent d’émigrer vers le sud, d’autant plus que sévissent des lois anti-catholiques.

L’évêque confie la pastorale des Polonais à l’abbé Bronisław, avant de se retirer à Rome sur la pression nazie. Bronisław réunit les Polonais dans des cercles et des clubs culturels, religieux et sportifs.

Lors de l’invasion nazie le 1er septembre 1939, toute cette élite polonaise fut ratissée, quinze cents personnes arrêtées, et tandis que commençait la Deuxième Guerre mondiale, la ville de Dantzig «votait» son rattachement à l’Allemagne. 

L’abbé Bronisław fut arrêté, mis en prison à la Viktoriaschule, déporté à Stutthof, en même temps que l’abbé Marian Górecki. 

Ils y travaillèrent eux-mêmes, nuit et jour, à l’abattage des arbres, la construction des bâtiments du camp et la pose des vitres. S’ils chantaient en travaillant, ils étaient «punis». 

Le 22 mars 1940, ils furent tous deux fusillés le jour-même du Vendredi Saint, pour avoir célébré la messe la veille, le Jeudi Saint avec d’autres prisonniers. 

Rappelons que la ville de Dantzig fut rasée à 90%, faisant cent-mille morts ; les survivants, allemands, furent à leur tour expulsés par l’Armée rouge, et la ville fut de nouveau polonaise en 1945.

Ces deux prêtres ont été reconnus Martyrs de l’époque nazie, et béatifiés parmi les cent-huit Polonais en 1999.

A un ami qui lui demandait quels étaient ses sentiments dans les moments de grande humiliation (on songe aux mauvais traitements qu’il dut subir entre septembre et mars…), il répondit : Je me sens comme en chaire et je pense à faire une bonne prédication.

 

 

Marian Górecki

1903-1940

 

Né en 1903 à Poznan de Tomasz et de Petronela Szekiełdów, Marian reçut la Confirmation au terme de l’école primaire, et prit à l’occasion le deuxième prénom de Walent (Valentin). 

A dix-sept ans, il termina les études secondaires et partit à l’armée, volontaire dans la guerre entre Pologne et Russie.

Au retour de la guerre, il entra au séminaire archiépiscopal de Poznan. Il y était cérémoniaire.

Ordonné prêtre en 1928, il fut vicaire à Leszno, puis directeur de séminaire à Koźmin et Wolsztyn. Comme aumônier des scouts, l’abbé Marian était tout particulièrement attentif à la formation chrétienne des jeunes.

Il montra le même zèle dans le diocèse de Gdansk, qu’il rejoint en 1933. Il y est directeur de l’école polonaise Alma Mater, recteur de la chapelle Notre-Dame de Częstochowa, et aumônier au dépôt militaire de Westerplatte

Quand l’armée nazie envahit la Pologne le 1er septembre 1939, il fut arrêté dès le premier jour dans le ratissage des Polonais, en même temps d’ailleurs que son confrère, l’abbé Bronisław Komorowski (voir notice ci-dessus). 

Ils furent tous deux conduits à Stutthof, où ils travaillèrent eux-mêmes, nuit et jour, à l’abattage des arbres, la construction des bâtiments du camp et la pose des vitres. S’ils chantaient en travaillant, ils étaient «punis».

Le Jeudi-Saint 21 mars 1940, ils furent surpris à célébrer la Messe avec soixante-six autres prisonniers. On les fusilla le lendemain, Vendredi Saint 22 mars 1940, leur commun dies natalis.

Ils furent tous deux reconnus Martyrs et comme tels béatifiés dans le groupe des cent-huit Polonais martyrs de la période nazie, en 1999.

 

 

Clemens August Graf von Galen

1878-1946

 

Le comte (Graf) Clemens August avait pour père Ferdinand Heribert, député du parti centriste, et pour mère Elisabeth, née von Spree. Il naît au château de Dinklage (Land de Münster) le 16 mars 1878, onzième des treize enfants de ce noble couple.

Il fréquente le lycée des Jésuites à Feldkirch, fait des études de théologie à Innsbruck (1898-1903), revient au séminaire de Münster et devient prêtre en 1904. Il est nommé vicaire à Münster, où réside son oncle, Maximilian Gereon, évêque auxiliaire de Münster.

En 1906, il a charge d’âmes à Berlin. Pendant son séjour dans la capitale, il montre souvent son scepticisme devant l’ordre social moderne ; il critique la démocratie parlementaire de la République de Weimar. Il a une certaine activité politique dans l’aile conservatrice du Centre.

En 1919, Clemens August est nommé curé de Saint-Matthias à Schöneberg (qui est réunit à Berlin à partir de 1920).

En 1929, il assume la paroisse de Saint-Lambert à Münster. 

En 1933 Clemens August Graf von Galen est nommé évêque à Münster. Il a l’occasion de condamner ouvertement la politique antireligieuse du Parti Ouvrier Allemand National-Socialiste (Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei, NSDAP), et demande à l’épiscopat allemand une ferme prise de position contre le régime national-socialiste.

En 1936, il salue l’entrée des troupes allemandes dans la région du Rhin démilitarisée depuis le traité de Versailles.

Dès 1937 il appuie fermement la diffusion de l’Encyclique Mit Brennender Sorge de Pie XI, qui condamne sans appel le régime national-socialiste et la politique raciale.

En 1941 il tient trois homélies où il dénonce la confiscation des biens de l’Eglise, ainsi que les mesures d’euthanasie que les nazis avaient organisées à l’encontre des personnes handicapées dans le cadre de l’«action T4». Ces homélies sont largement diffusées en Allemagne, puis polycopiées par les Forces Alliées. Son attitude nettement opposée à la politique nazie le fait appeler, en Allemagne comme à l’étranger, le lion de Münster.

Durant la guerre, il critique continuellement la politique raciale et dénonce les efforts du régime nazi pour instaurer des fêtes et des rites païens. Les autorités voulaient l’arrêter et le mettre à mort, mais y renoncèrent pour ne pas porter atteinte à la loyauté des catholiques et des populations de la région de Münster pendant le conflit. A sa place, ils arrêtèrent vingt-quatre membres du clergé et dix-huit religieux, dont dix périrent.

Au lendemain de la guerre, Mgr Graf von Galen en appelle aux puissances victorieuses pour que soient traitées humainement les populations allemandes ainsi que les prisonniers politiques, ce qui lui vaut l’opposition des autorités militaires britanniques.

Clemens August Graf von Galen est élevé au cardinalat par Pie XII en février 1946. De retour de Rome, le 16 mars, il tient son dernier discours, devant les ruines de sa cathédrale. Le lendemain, il tombe malade et meurt à Münster, le 22 mars 1946.

Ce grand prélat sera béatifié en 2005.

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