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24 mars 2020 2 24 /03 /mars /2020 00:00

24 MARS

 

I.

S Artémon, établi évêque à Séleucie par s. Paul, cf. Ac 13. 

II.

Ss Marc et Timothée, martyrs à Rome.

S Latin, évêque à Brescia.

IV.

S Epigmène, prêtre romain martyr.

Ss Timolaus, Romulus (sous-diacre), Pausidius, Agapius, deux Dionysius et deux Alexander, jeunes gens martyrs à Césarée de Palestine.

S Pigmène, prêtre romain précipité dans le Tibre.

?

S Agapit, évêque à Synnade.

S Séleuque, en Syrie.

Ss Romulus et Secundulus, deux frères martyrs en Maurétanie.

VI.

S Maccarthen, évêque à Clogher, disciple de s. Patrice.

VIII.

Ste Hildelite, princesse anglaise, abbesse à Barking.

S Severo, évêque à Catane, martyrisé par les Sarrasins.

XI.

B Aldemar, abbé à Capoue, puis Bocchianico.

XII.

B William, enfant de douze ans sacrifié par des Juifs à Norwich.

XIII.

B Giovanni au Bâton, disciple de s. Silvestre, fondateur des Silvestrins.

XIV.

Ste Catherine, fille de ste Brigitte de Suède qu’elle assista partout, supérieure de religieuses à Valdstena.

B Lazare, abbé en Russie.

XV.

S Simone, enfant de deux ans martyrisé par des Juifs à Trente.

XIX.

B José Francisco Lopez-Caamaño (Diego), entré chez les capucins à seize ans, “apôtre de l’Andalousie”.

XX.

Bse Clotilde Micheli (Maria Serafina du Sacré-Cœur, 1849-1911), italienne, fondatrice des Sœurs des Anges, béatifiée en 2011.

Bse Maria Karlowska (1865-1935), polonaise, fondatrice des Sœurs du Bon-Pasteur de la Divine-Providence, pour l’apostolat auprès des prostituées, béatifiée en 1997.

B Óscar Romero y Galdámez (1917-1980), archevêque à San Salvador, martyr, béatifié en 2015, canonisé en 2018.

 

Artémon

1er siècle

 

Ce qui est dit ici d’un saint Artémon, repose sur des données traditionnelles, qui ont la valeur que peuvent avoir des traditions orales tenaces.

Artémon serait né dans une famille noble de Séleucie (Pisidie, actuelle Turquie d’Asie).

Il s'attacha fortement à saint Paul, lors du passage de ce dernier (cf. Act 13,4). Quand Paul s'embarqua pour Chypre, il l'accompagna.

Quand Paul fut mis en prison et enchaîné, Artémon le fut avec lui.

Bientôt Paul le désigna comme évêque pour Séleucie, et Artémon fut un pasteur modèle.

Il avait convaincu ses fidèles que les fêtes elles-mêmes sont sans joie pour ceux qui ne se soucient pas de leur âme, mais pour les amis de la vertu, il est normal que chaque jour devienne une fête et comme un dimanche ininterrompu.

Il est dit qu'Artémon mourut à un âge avancé.

Saint Artémon était au 24 mars dans l’ancien Martyrologe, mais la récente édition ne l’a pas retenu, faute d’attestations plus précises.

Dans l'épître à Tite (3:12), saint Paul mentionne un Artemius, qui n’est pas le nôtre, peut-être évêque à Lystres et vénéré le 30 octobre par certaines Eglises, mais qui ne se trouve pas au Martyrologe.

Un autre Artemius était vénéré aussi le 24 mars, comme évêque de Thessalonique.

Enfin, aucun de ceux-ci n’a affaire avec un autre Artémon, hérétique vivant à Rome au 3e siècle, qui n'adhérait pas au dogme de la Trinité.

 

 

Martyrs de Césarée (Huit)

† 305

 

Tandis qu’un certain Urbanus était gouverneur de Palestine au moment de la persécution de Dioclétien, six jeunes gens préférèrent devancer leur jugement inévitable, plutôt que de l’attendre trop longtemps.

Sur le passage d’Urbain, ils se firent lier les mains et coururent au-devant du gouverneur en criant : Nous sommes Chrétiens ! Certes, ils montraient par là qu’ils étaient conscients de ce qui allait leur arriver, mais aussi, ils manifestaient leur ferme opposition à utiliser ces mains pour offrir de l’encens aux divinités païennes. 

Ils étaient six, dont voici les noms en latin : Timolaus, Dionysius, Romulus, Pausidius, et deux Alexander.

Qui étaient-ils ? Eusèbe de Césarée, de qui nous tenons le récit, ne précise que ce qu’il sait. Timolaus venait du Pont ; Dionysius, de Phénicie ; Romulus était sous-diacre de Diospolis ; Pausidius et Alexander étaient Egyptiens, l’autre Alexander était de Gaza. Supposons par exemple qu’ils étaient catéchumènes et écoutaient les enseignement du sous-diacre ; ou bien s’étaient-ils simplement rencontrés dans cette région, pèlerins de Jérusalem…

Stupeur d’Urbain - qui les fit quand même jeter en prison.

Quelques jours plus tard, deux autres jeunes gens les rejoignirent, un Agapius, qui avait déjà passablement souffert pour sa foi, et un nouveau Dionysius, qui avait eu le courage d’aller soigner les plaies des Chrétiens en prison.

Tous les huit furent décapités le 24 mars 305 à Césarée de Palestine.

Ces huit saints Martyrs de Césarée sont commémorés le 24 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Secundulus de Maurétanie

† ?

 

Secundulus, auquel on associait autrefois son frère Romulus, devait être natif de Maurétanie.

On ne connaît ni l’époque ni le lieu ni les circonstances de son martyre.

Saint Secundulus de Maurétanie est commémoré le 24 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

 

 

Maccarthen de Clogher

† 505

 

Maccarthen était irlandais ; en gaélique, son nom est Aedh Mac Carthin. On le dit issu de la noble famille des Arad.

Il fut un de tout premiers disciples de s.Patrice (v. 17 mars). Quand ce dernier fut chargé d’années et d’infirmités, Maccarthen le porta sur son dos. Ils portèrent ensemble l’Evangile en Tyrone et Fermanagh. 

Maccarthen est l’un des premiers Saints irlandais dont on ait rapporté qu’il était thaumaturge. Mais on n’a pas de récits de sa vie.

On rapporte cependant qu’il se plaignit un jour de ce que Patrice avait confié une église à trois de ses disciples, mais pas à lui.  On voit par là que les meilleurs peuvent toujours être repris par quelque sentiment de jalousie. Patrice, sans s’arrêter à cette petite misère humaine, répondit à Maccarthen : Je te laisserai dans une église qui ne sera pas très proche, pour n’être pas méprisable, mais elle ne sera pas très loin, pour que nous puissions nous visiter toujours.

De fait, Clogher se trouve à une quarantaine de kilomètres de la ville de s.Patrice, Arnagh. Si le siège de Maccarthen s’était trouvé à proximité de celui de Patrice, la renommée de ce dernier aurait certainement eclipsé celle de Maccarthen.

Il fut donc consacré en 454. A cette occasion, s.Patrice remit à Maccarthen le plus vieil exemplaire qu’on ait du saint Evangile en irlandais, ainsi qu’un reliquaire précieux qu’on appela Domnach-airgidh, parce qu’il lui était parvenu du Ciel, et qui contenait des reliques de la Vraie Croix.

Il faut rappeler ici que Clother tire son nom de Cloch-Oir (ou «pierre en or») : cette pierre sacrée provenait d’un druide qui se convertit après avoir beaucoup éprouvé la patience de Maccarthen. Le fils de ce druide fut ensuite le successeur de Maccarthen.

Maccarthen mourut vers 505.

On a retrouvé un hymne en l’honneur de Maccarthen, composé au 16e siècle, dans lequel il est dit qu’il fut parfaitement chaste, qu’il eut le désir du martyre, qu’il fut digne des Apôtres par sa prédication ; en outre, que personne ne soit reparti sans avoir obtenu la grâce qu’il demandait pour la santé de l’âme et du corps.

Saint Maccarthen est commémoré le 24 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Severo de Catane

† 814

 

Severo fut le dix-neuvième archevêque de Catane et y fut nommé en 802.

L’unique fait important - et combien - qu’on rapporte de lui, est qu’il fut victime des Sarrasins qui le martyrisèrent en 814.

Saint Severo est commémoré le 24 mars dans le Martyrologe Romain.

William de Norwich

1132-1144

 

L’histoire qui suit, qui se réfère à un récit quasi contemporain, semble présenter toutes les garanties de la vérité authentique. Mais son contenu est tellement horrible, qu’il a aussi suscité bien des réserves. Et on les comprend sans difficulté.

Si donc le récit rapporte des faits véridiques, le petit William naquit le 2 février 1132, de Wenstan et Elvina ; on ne donne pas leur nom de famille ni le lieu exact de la naissance ou du baptême de l’enfant. Les parents étaient des fermiers aisés. Ils avaient de la parenté à Norwich.

En 1140, le petit garçon fut apprenti chez un corroyeur de Norwich (Angleterre), logeant chez un parent nommé Ulward. Est-ce possible qu’un enfant de huit ans soit placé comme apprenti loin de ses parents, alors que ceux-ci avaient les moyens de l’envoyer à l’école ? 

Le patron de William était en fréquentes relations avec les Juifs de l’endroit, pour des raisons commerciales ; lui et l’oncle mirent l’enfant en garde contre ceux-ci, et l’enfant les évitait, mais eux le remarquèrent.

Ils soudoyèrent un soi-disant cuisinier de l’archidiacre de Norwich, pour qu’il se proposât d’accompagner William chez sa mère, le Lundi Saint, 20 mars 1244. Le «cuisinier» remit une somme d’argent à la maman et lui extorqua la permission de laisser partir William avec lui et le placer chez l’archidiacre.

De retour à Norwich, l’individu alla chez le parent où habitait William, y trouva sa tante Livina, et lui raconta l’accord passé la veille. Livina, étonnée et soucieuse, les fit suivre de loin par sa fille. Celle-ci les vit entrer chez un Juif ; la porte se referma et l’on ne vit plus William.

Ici, le biographe affirma tenir les détails qu’il racontait, d’une femme chrétienne qui habitait la même maison. 

Il écrivit que, durant la journée du Mardi saint 21 mars, l’enfant fut traité avec gentillesse, mangea et dormit. Le Mercredi saint 22 mars, après leur office, les Juifs s’approchèrent de William, le baillonèrent, lui rasèrent la tête et lui imposèrent une couronne d’épines ; puis ils le condamnèrent à être crucifié : dans un chambre voisine où se trouvaient déjà dressés des poteaux, ils attachèrent la main droite et le pied droit avec une corde, clouèrent la main gauche et le pied gauche, et percèrent le cœur ; la femme fut invitée à chauffer de l’eau, avec laquelle on devait laver les blessures et arrêter le sang : quand elle l’apporta, elle aperçut par la porte entrebâillée la petite victime crucifiée ; le soir elle dut nettoyer la chambre, où elle trouva le couteau et la boîte à aiguilles de l’enfant, attachés à sa ceinture.

Le Jeudi saint 23 mars, les «Juifs» (ou les assassins) délibérèrent sur ce qu’ils feraient du petit corps. Le Vendredi saint 24 mars 1144, ils le mirent dans un sac et voulaient l’abandonner dans le bois proche ; ils y virent un certain Aelward Ded, qui comprit qu’il s’agissait d’un corps humain. Se voyant découverts, les bourreaux soudoyèrent l’homme en achetant son silence et s’enfuirent, abandonnant le sac à une branche.

Mais au soir du même Vendredi, on aperçut une lumière à l’endroit où était accroché le corps de William. Le Samedi saint, on découvrit l’enfant, bâillonné et portant les traces des blessures. Bien sûr, le bruit courut, on reconnut William, qui fut enterré le Lundi de Pâques. Un mois plus tard, quand l’oncle, prévenu, voulut reconnaître le corps, celui-ci était sans corruption, et exhalait une agréable odeur.

Des miracles se produisirent, on canonisa l’enfant martyr. Le Martyrologe le mentionnait autrefois au 24 mars, anniversaire du Vendredi saint de 1144 ; c’était inexact : la mort de l’enfant avait dû déjà se produire le Mercredi saint, 22 mars.

Un des bourreaux confessa tous les détails du meurtre cinq ans plus tard.

Toute cette histoire pourrait très bien être une fable calquée sur la Passion de Notre-Seigneur.

Trois siècles plus tard, à Trento (Italie) aurait été accompli un crime semblable ; on en recensa d’autres encore. Compte tenu des réserves qui s’imposent aujourd’hui, le Martyrologe ne mentionne plus ce récit de «meurtre rituel». Si on l’a maintenu ici, c’est uniquement pour une allusion historique, sans parti pris et sans condamnation de quiconque, juif ou chrétien.

 

 

Giovanni Bottegoni au Bâton

1200-1290

 

Giovanni naquit vers 1200 dans le petit village de Paterno (Fabriano, Marches, Italie CE), bien différent de la ville du même nom en Basilicate.

Les Bottegoni étaient des paysans aisés ; Bonello et Supercla eurent cinq enfants : Giunta, Nicola, Benvenuto, Buonora, et le benjamin, Giovanni.

Ce dernier était né le 24 mars, jour qui devait aussi être son dies natalis, environ quatre-vingt dix ans plus tard.

Dès l’enfance il manifesta un attrait particulier pour les choses du Bon Dieu et pour l’étude, de sorte que les parents eurent l’intelligence de l’envoyer étudier à Bologne.

Un douloureux abcès à une jambe l’empêcha d’achever ces études et le contraignit d’une part à revenir à la maison paternelle et d’autre part à se servir constamment d’une canne. La canne se dit en italien bastone, surnom qui resta à Giovanni toute sa vie ainsi que dans les archives : Giovanni dal Bastone.

Profitant cependant de ce qu’il avait pu apprendre, Giovanni ouvrit à Fabriano une école et acquit ainsi une certaine indépendance financière.

Vers 1230, répondant à l’appel de Dieu, il décida d’embrasser la vie érémitique à la suite de s. Silvestro Gozzolini (v. 26 novembre). Une règle âpre, austère, mais qui attira beaucoup de vocations.

Silvestro présenta Giovanni à l’évêque comme candidat au sacerdoce. Prêtre, Giovanni demeura effacé, dans la prière, la pénitence, tout occupé à monter les degrés des vertus. Quelque soixante années d’une vie toute donnée à Dieu.

Au moment de ses quatre-vingt dix ans, Giovanni fut repris de violentes douleurs à cette jambe déjà bien déformée et, après avoir reçu les sacrements, il s’éteignit, le 24 mars 1290.

Autant il avait vécu dans le plus total retrait du monde, autant les gens affluèrent de toutes parts pour vénérer l’ermite défunt. De nombreux miracles firent envisager une rapide glorification. La voix populaire le canonisa sans tarder, tandis que l’Eglise, plus prudente, le béatifia officiellement en 1772.

Giovanni au Bâton ou à la Canne est commémoré au Martyrologe le 24 mars.

 

 

José Francisco López-Caamaño y García Pérez

1743-1801

 

Pour une fois, l’enfant ne montra pas de signes évidents de piété. Diego José ne désirait pas du tout être religieux, et encore moins capucin, deux réalités qui lui répugnaient, d’après ses propres dires.

Il naquit le 30 mars 1743 à Cadix (Espagne), de nobles parents ; orphelin de mère à neuf ans il fut recueilli par une brave femme plutôt acariâtre. Son père l’envoya étudier à Grazalema, puis chez les Dominicains de Ronda (Málaga).

L’école ne l’emballait pas vraiment et il se contentait tranquillement d’avoir la moyenne, comme on dit.

L’adolescent recevra cependant quelques secousses divines, comme il l’écrivit. Ainsi à treize ans, pour se remettre d’une mauvaise interrogation à l’école, il entra dans l’église des Capucins, qui étaient en train de chanter l’office divin ; impressionné, il demanda à lire quelque chose de bien : on lui donna les vies de saint Fidel de Sigmaringen et de saint Giuseppe de Leonessa (voir aux 24 avril et 4 février).

La grâce de Dieu fit le reste : l’année suivante, il entra au noviciat des pères Capucins à Séville, prit le nom de Diego José et fit la profession en 1759. Ses débuts de vie religieuse cependant ne suscitèrent pas encore en lui un élan plein d’amour pour la théologie ; il préférait la poésie. 

Une nouvelle secousse le réveilla pour de bon et cette fois-ci il fut pris d’un ardent zèle pour la conversion des âmes.

En 1766, il reçut l’ordination sacerdotale à Carmona et devint alors un des fervents apôtres de la dévotion à la Sainte Trinité et à Marie, Divine Bergère (ou Mère du Bon Pasteur).

On l’envoya se préparer à la prédication à Ubrique. Puis il parcourut l’Espagne entière, du sud au nord, de l’est à l’ouest et jusqu’au Portugal et au Maroc. Il n’apprit aucun dialecte, mais on l’écoutait.

Sa célébrité était reconnue ; il fut consulteur et théologien dans plusieurs diocèses, chanoine honoraire de plusieurs cathédrales, membre dans les universités : celle de Grenade lui décerna le diplôme de Maître ès Arts, Docteur en Théologie et Droit (1779).

Il encouragea la croisade contre les révolutionnaires français et publia Le Soldat Catholique en Guerre de Religion. Dans ses prédications enflammées, il réveilla les consciences contre la mauvaise presse, contre les corridas, les bals, les pièces de théâtre licencieuses…

Sa ville natale, Cadix, lui a toujours accordé sa reconnaissance pour sa prédication.

Il ne fut pas toujours bien accueilli : des ministres l’empêchèrent d’approcher la famille royale ; le Conseil de Castille l’envoya de Séville à Casares (Málaga), mais il fut ensuite «absout» ; si une ville le renvoyait, il partait pour une autre destination ; il s’exprima franchement contre certaines positions ecclésiastiques, et soutint le célibat sacerdotal ; on l’enferma quelque temps dans un couvent, il n’en sortit que plus décidé, quoique peu à peu affaibli dans sa santé.

Des miracles se produisirent dès son vivant ; il eut aussi des intuitions étonnantes.

On a conservé de lui quelque trois mille sermons.

Il s’éteignit à Ronda (Málaga) le 24 mars 1801, victime du douloureux vomito negro, et fut béatifié en 1894.

 

 

Clotilde Micheli

1849-1911

 

Née le 11 septembre 1849 à Imer (Trento, Italie de nord) de parents très chrétiens, Clotilde reçut la Confirmation à trois ans et la Première communion à dix ans.

Elle avait une sœur qui reçut la première un avertissement céleste sur la destinée de Clotilde.

Le 2 août 1867, Clotilde eut à son tour une vision de la Sainte Vierge, qui lui proposait de fonder une nouvelle famille religieuse avec vocation d'adorer spécialement la Sainte Trinité, avec une particulière dévotion à Marie Mère de Dieu et aux Anges.

Ce fut le départ d'une longue pérégrination spirituelle et matérielle, car Clotilde hésitait à se lancer dans une telle entreprise.

Elle alla chercher des conseils à Venise, à Padoue, à Castellavazzo (Belluno). Une fois, elle déchira les papiers qu'elle venait d'écrire, convaincue qu'elle n'arriverait jamais au but.

En 1878, elle comprit qu'on lui organisait un mariage derrière son dos, et elle s'enfuit en Allemagne rejoindre ses parents qui s'étaient installés depuis peu à Epfendorf.

Là elle resta sept années comme infirmière, jusqu'à la mort de ses chers parents, puis s'en retourna à Imer. Elle n'avait toujours pas mis en acte l'invitation de la Sainte Vierge ! 

En 1887, elle décide de faire un long pèlerinage à Rome avec des étapes dans des sanctuaires mariaux, pour comprendre mieux la volonté de Dieu, et surtout comment l'exécuter.

A Rome, elle fut reçue chez les Sœurs de la Charité et Filles de l'Immaculée (Immacolatine), dont la fondatrice (Maria Fabiano) la convainquit d'y prendre le voile, quitte à sortir de l'Institut si elle voulait fonder cette nouvelle famille religieuse dont elle lui avait parlé.

Ainsi Clotilde devint pour quatre ans Sœur Annunziata ; elle sera même nommée supérieure de la maison de Sgurgola (Anagni) entre 1889 et 1891.

Cette année-là elle rejoignit Alife (Caserta), où on lui proposa encore une autre fondation ; mais ce n'était pas sa mission. Elle passa alors à Casolla (Caserta), et avec quelques jeunes filles fit enfin le pas décisif : en juin 1891 naissait le nouvel institut sous le nom de Sœurs des Anges, Adoratrices de la Très Sainte Trinité.

La Fondatrice de quarante-deux ans prend alors le nom religieux de Sœur Maria Serafina du Sacré-Cœur.

Un an plus tard, on lui confie déjà un orphelinat à Santa Maria Capua Vetere (Caserta).

Mère Maria Serafina avait peut-être terminé son “périple”, mais elle fut rejointe par la maladie dès 1895, et dut subir une délicate intervention chirurgicale. 

En 1899 s'ouvrit la maison de Faicchio (Benevento), où elle finit par rester immobilisée à cause de ses douleurs croissantes.

Après d'autres épreuves morales et des incompréhensions, et ce, même à l'intérieur de l'Institut, Mère Maria Serafina s'endormit dans le Seigneur, le 24 mars 1911, veille de l'Annonciation, dont elle avait porté le nom lors de sa première consécration.

Mère Maria Serafina fut béatifiée en 2011, un siècle après sa mort.

 

 

Maria Karlowska

1865-1935

 

Née le 4 septembre 1865 à Slupowka (actuelle Karlowo, Pologne), Maria était la onzième enfant d'une famille chrétienne. 

A dix-sept ans elle est orpheline de père et mère, et doit travailler. Elle fait le vœu de chasteté. Elle est d'abord couturière à Berlin, puis auprès de sa sœur à Poznan.

Elle aimait visiter les pauvres malades de sa ville, mais un jour elle fit la rencontre d'une malheureuse prostituée : elle conçut alors ce qui sera sa vraie vocation, celle d'aider ces pauvres filles tombées à se redresser, certaines aussi à guérir de maladies contractées, et à se réinsérer dans la société.

C'est ainsi qu'en 1896 elle donne naissance à une famille religieuse, les sœurs du Divin Pasteur de la Divine Providence. Les religieuses ajouteront aux trois vœux habituels, un quatrième vœu pour se dédier entièrement aux personnes tombées dans l'immoralité. La Congrégation est très présente en Pologne. 

Pour aider ces malheureuses à reprendre un travail honnête, Maria crée une fabrique de biscuits, une ferme modèle, une école d'agriculture. En 1928, le gouvernement de Pologne leur remettra la Croix du Mérite pour les grands services qu'elles auront rendus à la société.

Sa grande dévotion au Sacré-Coeur de Jésus lui faisait dire à ses soeurs : Nous devons rendre le Christ plus visible que nous-mêmes. 

Elle meurt à Pniewita le 24 mars 1935. Inscrite au Martyroge Romain en ce jour, elle est fêtée localement le 6 juin.

Elle est béatifiée en 1997.

 

 

Óscar Romero y Galdámez

1917-1980

 

Óscar Arnulfo naquit en la fête de l’Assomption, le 15 août 1917, à Ciudad Barrios (Salvador), deuxième des sept enfants (cinq garçons et deux filles) de Santos Romero et Guadalupe de Jésus Galdámez. Santos travaillait à la poste.

L’enfant fut baptisé en 1919.

Le pays de Salvador était alors l’objet de luttes intestines ; 40% du pays était sous le contrôle de treize familles ; l’Eglise était persécutée ; fréquents les assassinats. La vie d’Óscar fut sans cesse marquée par les incidents politiques.

En 1929, Óscar devint apprenti menuisier et, deux plus tard, entra au séminaire des pères Clarétains, contre l’avis de son père. En 1937, il entra au séminaire national de San Salvador, dirigé par les Jésuites, qui l’envoyèrent les achever à l’Université Grégorienne de Rome. Il sera ordonné prêtre en 1942.

Il était en train de préparer le doctorat en théologie lorsqu’en 1943 son évêque le fit quitter l’Italie fasciste pour rentrer au Salvador. Le voyage passait par l’Espagne et par Cuba : à Cuba, il fut arrêté parce que sa provenance d’Italie le rendait suspect. C’est son état de santé qui lui valut la libération, le passage à Mexico et l’arrivée au Salvador.

Pendant vingt années, il fut très actif comme curé à Abamoros, comme aumônier de groupes d’Action Catholique (entre autres les Alcooliques Anonymes) ; il diffusera la dévotion à la Vierge de la Paix, participera à la construction de la cathédrale, et finira comme recteur du séminaire de San Salvador.

En 1966, il fut nommé secrétaire de la toute jeune conférence épiscopale salvadorienne et deviendra directeur du journal Orientación, qu’on disait de ligne conservatrice et traditionaliste.

En 1970, il fut nommé évêque auxiliaire de San Salvador, en 1974 évêque de Santiago de María, et en 1977 archevêque de San Salvador.

L’archevêque jouissait d’une réputation de «conservateur», ayant condamné la théologie de la libération et soutenant le fondateur de l’Opus Dei, Josemaría Escrivá de Balaguer (v. 26 juin). Mais en 1977, un escadron de la mort assassina le père jésuite Rutilio Grande (v. 12 mars), ami de l’archevêque ; celui-ci demanda en vain une enquête officielle et sérieuse, qui n’arriva jamais.

Désormais, il dénonça ouvertement le climat de persécution de son pays, les assassinats et les actes de tortures ; il en avertit le pape, le président des Etats-Unis. Mgr Romero devenait ainsi l’ennemi privilégié du gouvernement révolutionnaire et de l’oligarchie salvadorienne, en même temps qu’il devenait célèbre à l’étranger : il fut nommé docteur honoraire de l’université de Louvain.

Le 23 mars 1980, durant l’homélie dans la cathédrale, il osa proclamer : Un soldat n’est pas obligé d’obéir à un ordre qui va contre la loi de Dieu. Une loi immorale, personne ne doit la respecter… Au nom de Dieu, au nom de ce peuple souffrant… je vous prie, je vous supplie, je vous l’ordonne, au nom de Dieu : Arrêtez la répression !

Le lendemain, pendant qu’il célébrait la messe à l’hôpital, une balle atteignit l’Archevêque, qui mourut quelques instants après, le 24 mars 1980, veille de l’Annonciation.

Lors des funérailles, une bombe éclata, il y eut des coups de feu, provoquant une panique terrible : on releva une soixantaine de morts.

L’enquête officielle n’aboutit jamais, mais le gouvernement salvadorien a reconnu que le meurtre de Mgr Romero avait été planifié avec la protection de personnalités de l’Etat.

L’Eglise anglicane a fait représenter Mgr Romero parmi les Dix Martyrs du 20e siècle à l’abbaye de Westminster (Londres), dont les plus connus sont Maximilien Kolbe (v. 14 août), Elisabeth de Hesse-Darmstadt (Grande Duchesse de Russie), Martin Luther King, Dietrich Bonhœffer.

Mgr Romero, officiellement reconnu martyr par l’Eglise, a été béatifié en 2015 et canonisé en 2018.

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