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25 mars 2020 3 25 /03 /mars /2020 00:00

25 MARS

 

-XX.

S Isaac, le fils de Abraham, figure du Christ qui se laisse immoler.

I.

L’annonciation faite à Marie.

S Dismas, le Bon Larron.

?

Ste Dula, vierge martyre à Nicomédie.

III.

S Quirinus, martyr romain.

IV.

Ste Matrona, servante à Thessalonique, victime de la rudesse de sa maîtresse juive.

S Pélage, choisi comme évêque, à Laodicée, parce qu’il vivait dans la continence parfaite avec son épouse.

S Monas, évêque à Milan.

VII.

S Cammin, fondateur et abbé à Inish-Kealtair.

B Humbert, moine (abbé ?) à Marolles, très uni par la charité et la prière à ste Aldegonde.

VIII.

S Hermeland, moine à Fontenelle, abbé à Indre.

S Cessateur, évêque à Limoges.

X.

S Nicodemo, ermite en Calabre.

? S Eynar

XI.

S Alfwold II, évêque à Sherborne ; il ne vivait que de pain et d’eau.

S Prokop, fondateur d’un monastère bénédictin à Sazava ; patron de la Bohême.

XI.

B Eberhard de Nellenburg, parent de s. Léon IX et de l’empereur Henri II, fondateur à Schaffhausen d’une abbaye bénédictine où il devint moine, d’un commun accord avec son épouse.

XIII.

Bse Ida (Blanche), abbesse cistercienne à Argensolles.

XIV.

B Tomasso, ermite camaldule à Sitria, pendant soixante-cinq ans, thaumaturge.

XVI.

Ste Margaret Clitherow, anglaise convertie au catholicisme, martyrisée à York étouffée par une énorme planche abattue sur elle et recouverte de pierres.

S James Bird, jeune Anglais de dix-neuf ans martyrisé peu après sa conversion.

XVIII.

Ste Lucia Filippini, co-fondatrice de l’institut des Maestre Pie, pour l’éducation des jeunes filles, à Montefiascone, à Rome et ailleurs.

XX.

Bse Margaretha Flesch (Maria Rosa, 1826-1906), fondatrice à Trèves des Franciscaines Missionnaires de sainte Marie des Anges, béatifiée en 2008.

Ste Soultaneh Mariam (Alphonsine) Danil Ghattas (1843-1927), israélienne fondatrice des Sœurs du Rosaire, béatifiée en 2009, canonisée en 2015.

B Omeljan Kovc (1884-1944), prêtre polonais, martyr en camp de déportation, béatifié en 2001.

B Pawel Januszewski (Hilary, 1909-1945), carme polonais martyr, déporté à Dachau où il mourut du typhus, béatifié en 1999.

Dysmas, le Bon Larron

1er siècle

 

 

Note préliminaire.

Le texte qui suit est entièrement repris des Visions de la Bienheureuse Anna Katharina Emmerick (1774-1924). Nous savons que cette révélation privée n’engage pas la responsabilité de la Sainte Eglise sur la vérité des visions dont la Bienheureuse a parlé à son secrétaire, M. Clemens Brentano.

Voici ce qu’écrivait le cardinal José Saraiva Martins, préfet de la Congrégation pour les Causes des Saints lors de la béatification d'Anne-Catherine Emmerich en octobre 2004 par le Pape Jean-Paul II. "La bienheureuse Anne-Catherine Emmerick, ne nous a laissé que trois lettres dont l’authenticité soit sûre. Les autres écrits, qui lui sont attribués par erreur, ont des origines diverses: les “visions” de la Passion du Christ ont été annotées, réélaborées très librement et sans contrôle par l’écrivain allemand Clemens Brentano et ont été publiées en 1833 sous le titre ''La douloureuse passion de Notre Seigneur Jésus-Christ''. […] Les œuvres en discussion ne peuvent donc pas être considérées comme des œuvres écrites ou dictées par Anne-Catherine Emmerick ni comme des transcriptions fidèles de ses déclarations et de ses récits, mais comme une œuvre littéraire de Brentano qui a procédé à de telles amplifications et manipulations qu’il est impossible d’établir quel est le véritable noyau attribuable à la bienheureuse"

On sait que le travail de M. Brentano a consisté à assembler entre eux différents textes pour les relier entre eux selon leur thème et au fur et à mesure que la Bienheureuse s’exprimait. Clemens Brentano n’a pas à proprement parler “inventé” de faits. Le texte qui suit présente des traits impressionnants et touchants, qui ne manqueront pas d’animer en l’âme des lecteurs des sentiments de compassion, de miséricorde, et de les unir à ceux qu’a pu ressentir notre Rédempteur Divin dans les derniers moments qu’Il vécut sur la Croix.                                

 

Nous sommes durant la fuite en Egypte de la Sainte Famille

 

Je vis, par une belle nuit, la Sainte Famille traverser un désert sablonneux, couvert de broussailles. Il me semblait marcher avec elle. Le passage était très dangereux, car une foule de serpents, d’abord cachés sous le feuillage, s’approchaient en sifflant, et dressaient la tête contre la Sainte Famille. Mais la lumière dont elle était entourée la préservait du péril. Il se trouvait aussi, dans ce lieu, d’autres animaux malfaisants qui avaient un long corps noirâtre, des pieds très courts et des ailes sans plumes, semblables à de grandes nageoires. Ils rasaient la terre dans leur course rapide, comme s’ils eussent volé : la forme de leur tête tenait du poisson. Je vis la Sainte Famille arriver au bord d’un ravin où il y avait des buissons, sous lesquels ils voulurent se reposer.

J’avais grand-peur pour eux. Joseph et Marie entrèrent ensuite dans un grand désert sauvage où, faute de chemins, ils ne savaient où tourner leurs pas. Après s’être quelque peu avancés, ils virent se dresser devant eux une sombre et effrayante chaîne de montagnes escarpées. Ils étaient très abattus, et se mirent à genoux pour implorer le secours de Dieu. Alors plusieurs animaux se rassemblèrent autour d’eux ; je crus à un grand danger ; cependant ces animaux n’étaient pas méchants. Au contraire, ils les regardèrent avec une sorte de douceur, comme le faisait le vieux chien de mon confesseur quand il venait à moi. Ces animaux étaient envoyés pour leur tracer la route à suivre . Ils regardaient du côté de la montagne, puis revenaient à eux, comme fait un chien qui veut conduire son maître. Je vis enfin la Sainte Famille les suivre, et arriver, à travers les montagnes, dans un pays désolé et sinistre.

Il faisait déjà nuit lorsque, s’avançant le long d’un bois, ils rencontrèrent, à quelque distance du chemin, une cabane de mauvaise apparence. Pour y attirer les voyageurs, des brigands avaient suspendu, tout auprès à un arbre, une lanterne qu’on apercevait de très loin. On y abordait par un mauvais chemin, coupé de plusieurs fossés, et tout le long de ses parties faciles, des fils cachés étaient tendus. Lorsque les voyageurs venaient à les toucher, ils faisaient tinter des sonnettes placées dans la cabane, et appelaient ainsi les brigands qui accouraient les dévaliser. Cette cabane ne restait pas toujours au même lieu ; elle était transportable, et les brigands l’établissaient ça et là, suivant les circonstances.

Dès que la Sainte Famille se fut approchée de la lanterne, elle fut aussitôt entourée par six brigands, y compris leur chef, tous animés d’abord d’intentions mauvaises. Mais à la vue de l’Enfant-Jésus, un rayon de lumière frappa soudain le cœur du chef qui ordonna à ses compagnons de ne faire aucun mal à de telles gens.

La nuit était venue. Cet homme conduisit alors la Sainte Famille dans sa cabane, où se trouvaient ses deux enfants et sa femme ; il leur raconta l’impression extraordinaire qu’il avait éprouvée à la vue de l’Enfant. Sa femme accueillit, avec une bonté mêlée de timidité, les saints voyageurs, qui s’assirent par terre, dans un coin, et se mirent à manger des provisions qu’ils avaient apportées. Leurs hôtes, d’abord timides et honteux, ce qui semblait assez contraire à leurs habitudes, peu à peu se rapprochèrent. Il en vint d’autres qui, pendant ce temps, avaient abrité l’âne de saint Joseph. Ces gens s’enhardirent et, s’étant assis tout autour de la Sainte Famille, ils engagèrent l’entretien. La femme du chef servit à Marie des petits pains, du miel et des fruits, lui donna à boire, sépara pour elle, par des tentures, une partie de la cabane, et lui apporta, sur sa demande, un vase plein d’eau pour baigner l’Enfant-Jésus. Enfin, elle lava les langes et les fit sécher devant le feu.

Pendant que Marie baignait l’enfant sous un linge, le chef des brigands était si ému qu’il dit à sa femme : “Cet enfant juif n’est pas un enfant ordinaire ; c’est un saint enfant. Prie la mère de permettre que nous plongions notre enfant lépreux dans l’eau où elle l’a baigné ; il en sera guéri, peut-être.” La femme s’approcha donc de Marie ; mais avant qu’elle eût parlé, la Sainte Vierge lui dit de laver son enfant lépreux dans cette eau. Alors la femme apporta un petit garçon d’environ trois ans, tout blanc de lèpre. L’eau du bain de Jésus paraissait plus claire qu’auparavant ; la femme y mit son enfant lépreux : à l’instant même les croûtes de la lèpre se détachèrent et tombèrent ; la guérison était complète (…)

La Sainte Famille partit à l’aube du jour, bien pourvue de vivres. Le chef et sa femme les accompagnèrent jusqu’au bon chemin. Ils prirent congé des saints voyageurs avec beaucoup d’émotion, et l’homme dit du fond du cœur : “Souvenez-vous de nous en quelque lieu que vous vous trouviez”. A ces paroles j’eus, tout à coup, une vision du crucifiement, et j’entendis le bon larron dire à Jésus : “Souviens-toi de moi, quand tu seras dans ton royaume.” Je reconnus que c’était l’enfant guéri de la lèpre. La femme du chef des brigands quitta plus tard sa vie coupable.

 

Le Martyrologe Romain mentionne le Bon Larron au 25 mars, probablement une des dates possibles du jour exact de la mort du Christ, suivant les calculs des historiens.

 

 

Quirinus de Rome

† 269

 

Ce qu’on ne pouvait pas encore dire le 19 janvier, concernant s.Maris et sa famille, va maintenant être exposé dans cette petite notice.

Ces pieux chrétiens trouvèrent Quirinus (Cyrinus) presque mourant, victime d’une première et sévère flagellation, qu’il avait endurée pour avoir manifesté courageusement sa foi au Christ.

Maris et Marthe le soulagèrent de leur mieux, conscients d’être en présence d’un authentique Martyr, et le quittèrent en se recommandant à ses prières.

Quand ils revinrent un peu plus tard, Quirinus n’était plus dans sa prison. Un prêtre nommé Pastor, leur révéla que la nuit précédente, on était venu égorger Quirinus et qu’on s’en était débarrassé dans le Tibre. Le courant avait rejeté le corps de Quirinus sur l’isle Saint-Barthélemy.

La petite famille alla le trouver pour l’ensevelir dignement dans le cimetière de Pontien.

Par recoupements, on donne à ce martyre la date du 25 mars 269.

Saint Quirinus de Rome est commémoré le 25 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Matrona de Thessalonique

† 304

 

Matrona était une des servantes de Plautilla, une riche dame de Thessalonique.

Celle-ci, noble Juive très attachée à sa religion, imposait à toute sa maison de pratiquer la religion juive. Matrona accompagnait Plautilla à la synagogue, s’esquivait pour rejoindre l’église chrétienne, et s’arrangeait pour être de retour à la maison quand sa patronne arrivait.

Mais à Pâques, qui tombait en mars cette année-là, la longue cérémonie fit arriver Matrona un peu en retard, et l’on s’empressa de le faire remarquer à la patronne.

Celle-ci entra dans une grande fureur, fit attacher Matrona à un banc et la fit frapper de verges.

Matrona demanda simplement à sa maîtresse en quoi elle avait manqué à son devoir, à quoi Plautilla répondit par une fureur accrue : elle fit enfermer Matrona pendant trois jours, pensant la trouver morte. Mais Matrona lui apparut saine, détachée de ses liens, et chantant les louanges de Dieu.

Plautilla ordonna de reprendre les mêmes tortures, en les renforçant, et par trois fois ; à chaque fois la jeune domestique apparaissait guérie.

Les coups de bâtons répétés et redoublés eurent raison de Matrona ; elle expira, en priant encore : Seigneur Jésus, Sauveur immaculé pour qui j’endure tous ces tourments, je remets mon âme entre tes mains, daigne me recevoir dans la société de tes martyrs.

Sainte Matrona de Thessalonique est commémorée le 25 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Dula de Nicomédie

† 308 ?

 

De Dula, on sait ceci : qu’elle mourut le 25 mars à Nicomédie.

Elle aurait été la servante d’un soldat, ce qui fit dire que, voulant conserver sa virginité, elle résista aux avances de l’homme, qui la tua.

On en vint à dire que le soldat avait agi en haine de la foi, faisant ainsi de Dula une martyre. A-t-on pour autant le droit de la situer durant la persécution de Dioclétien ? Les probabilités sont égales d’un côté comme de l’autre.

Sainte Dula de Nicomédie est commémorée le 25 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Monas de Milan

† 312

 

Monas a parfois été rattaché à la noble famille des Borri, qui le revendiquèrent comme un de leurs ancêtres et l’appelaient Simone. Mais le nom lui-même de Monas pourrait faire penser plutôt à un personnage d’origine grecque.

On a dit qu’une lumière céleste l’environna au moment où l’on cherchait qui serait le successeur de s.Calimerus (v. 31 juillet). C’est ainsi que Monas devint le sixième évêque de Milan, si l’on accepte que le premier fut l’apôtre s.Barnabé (v. 11 juin).

Monas aurait subdivisé le territoire de Milan en paroisses ; si ce n’est lui qui le fit pratiquement, il en eut peut-être au moins le projet.

Son successeur ayant été présent aux deux synodes de 313 et 314, on peut en déduire qu’il mourut vers 312.

Une chronologie un peu excentrique a voulu attribuer à Monas (et à ses prédécesseurs) un épiscopat de plus de cent ans. Il semblerait plus raisonnable de supposer qu’on ne connaît plus les noms de certains évêques des premiers siècles, ou qu’il y eut des périodes de vacance, dues par exemple aux persécutions.

Saint Monas de Milan est commémoré le 25 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Hermeland d’Indre

640-720

 

Il naquit en 640 à Noyon (auj. dans l’Oise), d’une noble famille.

Son nom subit plusieurs orthographes : Herblain, Erblon…

Ses parents l’envoyèrent à la cour de Clotaire III, où il fut grand échanson.

On se préoccupa aussi de lui trouver une fiancée, mais sa volonté était bien ailleurs : se retirer à l’abbaye de Fontenelle ; il eut bien du mal à persuader le roi de le laisser aller.

Après sa profession, et malgré sa profonde humilité, il fut ordonné prêtre.

Sur ces entrefaites, l’évêque de Nantes fit appel aux moines de Fontenelle pour obtenir quelques-uns d’entre eux dans le but de fonder une abbaye sur l’île d’Antrum (plus tard Indre) : il songeait avec raison que la prière des moines aurait consolidé son action pastorale et obtiendrait beaucoup de grâces pour le diocèse. Douze moines furent ainsi détachés de Fontenelle, avec Hermeland à leur tête.

Sur l’île, entre 670 et 678, fut donc construite cette abbaye, avec deux églises, dédiées aux saints Pierre et Paul. En 680, elle fut rattachée à l’Ordre bénédictin. Cette abbaye fut une des plus florissantes du royaume, en sainteté et en nombre.

Quant à Hermeland, il fit chaque année et jusqu’à une extrême vieillesse une retraite solitaire sur l’île voisine d’Antricium (Aindrette, ou plutôt Indret), pour chercher à se sanctifier davantage.

Hermeland eut le don des miracles et de la prophétie

Il mourut en 720, et les miracles continuèrent.

Saint Hermeland est commémoré le 25 mars dans le Martyrologe Romain, jour de l’Annonciation. 

L’aménagement de l’estuaire de la Loire aux 18 et 19es siècles a considérablement modifié l’environnement des «îles» de Basse-Indre, Haute-Indre et Indret. Quant à l’abbaye, détruite en 843 par les Normands, elle fut remplacée par un simple prieuré.

Nicodemo de Mammola

900-990

 

Il naquit vers 900, dans la région de Crotona (Calabre, Italie S), à Cirò ou Sikron (act. Sicri), selon les interprétations.

Très jeune, il voulut embrasser la vie monacale, mais l’abbé le refusa plusieurs fois, en raison de sa santé apparemment trop faible et inadaptée à la rigueur de ce style de vie. Mais Nicodemo, enfin admis, prouva que la prière et les austérités peuvent dépasser les limites de la santé apparente.

Quand les moines furent chassés à cause des hordes sarrazines, Nicodemo vint s’installer sur le mont Kellerana, près de l’actuelle Mammola. La sainteté de sa vie lui attira des sympathisants, des vocations, et une abbaye fut construite, sous la Règle basilienne.

On raconte quelques prodiges opérés par Nicodemo : anticipant la douce autorité de Francesco d’Assise (v. 4 octobre), il prit la défense d’un loup qu’on voulait tuer, prouvant que la bête était en fait très docile ; il sauva une vipère créée par Dieu pour être sur la terre ; un sanglier devint son fidèle compagnon…

Nicodemo mourut vers 990.

Saint Nicodemo est désormais commémoré le 25 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Prokop de Sázava

985-1053

 

Prokop naquit vers 985 à Chotouň (Bohême, auj. Rép. tchèque).

Voyant sa piété et son intelligence, ses parents l’envoyèrent faire ses études à Prague ; c’est peut-être là, au contact d’autres personnalités slaves qu’il connut les liturgies orientales et qu’il apprit le grec.

Les chanoines le remarquèrent et lui offrirent un canonicat. Un biographe précisa : Il ne recherchait pas sa propre commodité comme les autres chanoines, mais il ne s’éloignait de l’église ni de jour ni de nuit.

On le voit : ici il n’y a pas de place pour situer un éventuel mariage et la naissance d’un fils dont, par idéal monastique, il se serait séparé pour suivre sa vocation à l’érémitisme. Le Martyrologe se fait l’écho de cette circonstance, mais les historiens n’en ont pas trouvé de preuves.

Prokop fut ordonné prêtre. Ses Confrères prêtres ne voyaient pas en lui un chanoine, mais un moine, tant il était dépouillé de toute vanité, de tout orgueil.

Ayant connu un moine bénédictin, il en reçut l’habit, séjourna peut-être quelque temps au monastère de Brzewnow et retourna dans sa Bohême natale pour y mener une vie érémitique (1033).

Il s’établit le long de la rivière Sázava ; à son arrivée, dit-on, les mauvais esprits s’enfuirent de cette grotte ; ils revinrent attaquer Prokop, qui eut une telle autorité sur eux, qu’il les obligea à exécuter les corvées, comme de défricher la forêt ou de passer la charrue ; ses vertus, et ses miracles, attirèrent des disciples et un monastère se constitua, sous la règle de saint Benoît (v. 21 mars). Certains moines vivaient en ermites, d’autres en cénobites.

Le duc de Bohême, Ulrich (ou Uldarik) passait un jour par là, poursuivant quelque gibier. Mourant de soif, il s’arrêta auprès de Prokop, qui lui offrit de l’eau fraîche de la source voisine : le duc fut bien heureux de boire alors un excellent vin, en reconnaissance de quoi, il finança la construction des bâtiments.

A la mort d’Ulrich (1034), son fils Bretislav voulut émanciper son pays de l’influence germanique (et latine), en introduisant le rite slave dans le diocèse de Prague ; l’évêque accepta de conférer la dignité abbatiale à Prokop. 

Dès lors, le monastère de Sázava adopta le rite et la langue slaves.

Les vicissitudes politiques imposèrent une alternance de rites slave et latin au monastère. Mais jusqu’à la mort de Prokop, le 25 mars 1053, le rite slave fut maintenu dans le monastère de Sázava.

Prokop fut vénéré comme un Saint national et fut canonisé en 1204.

 

 

Eberhard de Nellenburg

1015-1078

 

Il naquit vers 1015 dans le canton suisse de Schaffhausen, de Eppo et Hedwig, nièce de l’empereur Heinrich II. La famille était également parente avec le pape Léon IX (v. 19 avril). 

Cette famille noble inculqua à l’enfant tout ce qui pouvait s’apprendre dans ce milieu, mais la mère d’Eberhardt ne manqua pas de semer en plus en son âme l’amour du Christ.

C’est ainsi qu’une des plus belles vertus du garçon devint l’obéissance.

Le père était moins doux ; un jour qu’il trouva un livre de prières dans les mains de son fils, il le lui arracha et l’envoya dans l’âtre ; étonné de constater que le livre restait intact, Ebbon eut l’humilité de se calmer et, désormais, de ne plus opposer d’obstacle à la spiritualité de son fils.

Bientôt, Eberhard épousa une princesse de Germanie, nommée Ita, que l’on apparente avec les Comtes de Kirchberg, et avec laquelle il vécut dans le plus bel idéal chrétien, faisant l’aumône et soulageant la misère. Ils eurent six fils et deux filles.

La mère d’Eberhard avait fondé en 1030 un monastère de religieuses près de Mayence (où elle se retira et mourut) ; à son tour, Eberhard en fonda un dans ses terres, dans le canton suisse de Schaffhausen, dont l’église fut dédiée à Tous les Saints, et les moines suivirent la Règle bénédictine.

Il sera bon de préciser ici une erreur souvent reproduite. Schaffhausen, que d’aucuns traduisirent par Probatopolis, ne signifie pas maison des brebis, sorte d’allusion aux moines obéissant à leur abbé, mais bien plutôt maison des bâteliers, originellement Schiffhausen, car à cet endroit, à cause de la chute du Rhin, les bâteliers devaient s’arrêter et transborder le chargement de leurs bateaux.

Eberhard fit deux fois le pèlerinage à Rome. Il y obtint la confirmation papale de son abbaye et, au retour, guérit un aveugle le long du chemin. Il guérit aussi, par ses prières, son propre fils gravement malade. Ils firent aussi le pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle.

Vers 1072, Eberhard et Ita convinrent de se consacrer désormais totalement à Dieu, Ita à Sainte-Agnès, Eberhard à Tous-les-Saints.

Après six années d’une vie monacale édifiante, Eberhard s’éteignit vers 1078 ou 1079, un 7 avril ou un 25 mars.

Saint Eberhard est commémoré le 25 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Richard de Pontoise

† 1179

 

Il s’agit ici encore une fois d’un «crime rituel» comme il y en eut beaucoup en divers points de l’Europe, par exemple William à Norwich et Simone à Trento (v. 24 mars), Dominguito à Saragosse (v. 31 août) ou Hugues à Lincoln (v. 27 juillet).

Il semble qu’à chaque fois ces récits aient été le motif d’exactions et expoliations à l’encontre des Juifs et de leur expulsion. C’est en tout cas ce qui arriva en France en 1182, après les «faits» de Pontoise.

L’enfant aurait été cruellement torturé avant d’être crucifié, le 25 mars 1179.

Curieusement, on ne connaît ni le nom de ses parents, ni sa date de naissance, ni les circonstances de cette «immolation», ni le ou les témoins qui les auraient révélées.

Le petit corps martyrisé fut bien transporté à l’église des Saints-Innocents de Paris, et il s’y produisit aussi des miracles.

Tous les noms de ces «martyrs» ont été retiré de la récente édition du Martyrologe.

Ceux qui ont inventé ces fables sont gravement coupables. Si des êtres humains ont vraiment été capables d’exécuter de tels crimes et d’immoler des victimes innocentes, notre rôle est de prier pour eux. Ne jugez pas pour ne pas être jugés (Mt 7:1).

Qu’on nous pardonne ces lignes. Invoquons la miséricorde infinie de Dieu sur tous les pécheurs.

 

 

Tomasso Grasselli de Costacciaro

1262-1337

 

Tomasso (d’habitude, les Italiens disent Tommaso) vit le jour en 1262 à Costa San Savino (Perugia, Ombrie, Italie C).

Ce personnage se consacra tout petit déjà à Dieu et vécut dans l’ambiance des proches Camaldules de Sitria. Il y fut novice dès 1268, particulièrement intéressé par la lecture et l’étude de l’Ecriture et, bien sûr, grimpa ardiment l’échelle de le perfection dans toutes les vertus, au point qu’il n’eut aucune difficulté à obtenir de se retirer dans une cellule isolée pour mener la vie érémitique.

Vers 1272, donc vers sa dixième année, il rejoignit une grotte, un somptueux château qui n’avait guère plus de six mètres carrés de surface, encore visible sur le Monte le Gronde. Là Tomasso s’isola dans la complète contemplation des mystères divins ; il ne s’isolait de son «palais» que pour aller prier au proche oratoire Saint-Jérôme ou pour aller cueillir quelques baies ou couper quelques racines qui lui servaient de «festin».

Jusques là, personne ne connaissait l’ermite, tant il s’effaçait dans l’humilité. On croyait généralement que ce jeune homme était parti. Mais il croisa un jour quelques bergers qui en eurent presque peur, croyant d’abord voir un énergumène ou un fantôme, tant l’ermite Tomasso était amaigri et ses vêtements usés et en mauvais état. Le bruit se répandit, on vint visiter l’ermite, on s’y intéressa, on lui apporta des vêtements et de la nourriture (mais la nourriture passa rapidement dans l’écuelle des pauvres, qui venaient aussi).

Beaucoup de jeunes gens furent attirés par son genre de vie et vinrent s’instruire auprès de lui, formant comme une petite famille, dont il refusait absolument d’être le supérieur, mais un parmi les autres.

Il arriva ce qui devait arriver : on vint lui demander des prières et sa bénédiction, et un simple signe de croix provoquait un miracle, une guérison, une délivrance. Un jour que des prêtres du monastère voulurent célébrer la Messe dans la chapelle Saint-Jérôme et qu’ils n’avaient pas de vin, Tomasso puisa un peu d’eau de sa citerne, la bénit et l’eau se transforma en vin délicieux.

Parvenu à l’âge de soixante-quinze ans, dont soixante-cinq (si les dates sont justes) dans cette âpre et bienheureuse solitude, Tomasso annonça sa mort imminente, qui advint le 25 mars 1337.

Un saint Religieux de Gubbio en eut aussitôt l’information par inspiration divine ; la nouvelle s’en répandit immédiatement et rapidement ; on vint vénérer le corps de l’Ascète, qui resta exposé jusqu’au huit avril sans aucun signe de décomposition.

Les funérailles solennelles se firent à Costacciaro, où eurent lieu de nombreux miracles.

Son culte fut reconnu en 1778, et le Martyrologe mentionne le Bienheureux au 25 mars.

 

 

Margaret Clitherow

1556-1586

 

En anglais, son prénom est Margaret, et son nom de famille peut également s'écrire Clitheroe.

Margaret Middleton naquit à York en 1556 dans une famille protestante de rite anglican. 

Elle épousa en 1571 John Clitherow, boucher à York, dont la famille était catholique. Elle-même se convertit au catholicisme trois ans après son mariage, tandis que son mari, qui cependant la soutint toujours dans sa sainte résistance, assumait la religion officielle anglicane.

Régnait alors Élisabeth Ière, persécutrice des catholiques qui ne pouvaient accepter sa rupture avec Rome. En 1576, Margaret fut jetée en prison pour avoir refusé de remplir ses devoirs envers Dieu et la Reine, en n'assistant pas aux services anglicans.

Elle fut libérée puis de nouveau arrêtée. Elle apprit à lire toute seule en prison, pour pouvoir enseigner le catéchisme à ses enfants. Elle priait chez elle avec ses trois enfants, toujours soutenue par son mari anglican, et abritait souvent des prêtres de passage qui venaient dire la messe en cachette chez elle. Elle organisait aussi des leçons de catéchisme pour ses enfants et ceux de ses voisins.

Le 10 mars 1586 alors que son fils Henry était parti étudier à Douai dans l'intention de devenir prêtre, sa maison fut perquisitionnée sur trahison d’un domestique. On découvrit les ornements liturgiques et les livres d'un prêtre qui venait justement de s'échapper. Elle fut emprisonnée à la forteresse d'York et soumise à un interrogatoire. Elle refusa de plaider sa cause, pour éviter que ses amis, ses domestiques et ses propres enfants ne soient éventuellement contraints à témoigner contre elle. Cela lui valut la condamnation à être écrasée par des poids accumulés sur une planche de bois, jusqu’à ce que mort s’en suive.

Margaret passa la nuit en prière pour la conversion de la reine et pour soutenir dans la foi le clergé catholique persécuté. Alors qu'elle était enceinte de son quatrième enfant, le bourreau ordonna de la dévêtir avant de l’écraser avec cette planche ; la pauvre femme demanda, à genoux, qu’on lui épargnât cette infâmie, pour l’honneur de la féminité, ce qui lui fut refusé ; elle pria les quatre femmes qui devaient la dévêtir, de se détourner la face ; celles-ci lui retirèrent ses habits, l’étendirent à terre et la couvrirent d’un linge de lin. Puis on lui écarta les bras pour les attacher à deux piquets, de même pour les jambes. 

Ce n’était pas encore assez pour ces bourreaux, qui placèrent sous son dos une pierre pointue ; elle fut alors écrasée sous cette grosse porte de chêne, sur laquelle on accumula sept ou huit poids de cinquante kilogrammes, soit trois-cent cinquante à quatre-cents kilogrammes. Les côtes de la Martyre furent broyées, et crevèrent la peau. Margaret mit quinze minutes à mourir. Ensuite son corps fut jeté dans une fosse remplie d’eau.

C’était le 25 mars 1586.

Son mari fut condamné à l’exil ; ses deux jeunes garçons, qui pleuraient près de leur mère, furent interrogés sur ce qu’elle leur avait enseigné, et durement fouettés ; le plus âgé des deux, qui n’avait toujours que douze ans, fut mis en prison.

Le 29 août 2008, une plaque commémorative a été inaugurée à York sur le lieu de son martyre.

Elle a été béatifiée en 1929 par Pie XI et canonisée en 1970 par Paul VI, avec d'autres Martyrs anglais et gallois, formant ainsi un groupe souvent appelé les Quarante Martyrs d'Angleterre et du Pays de Galles. 

Elle est inscrite le 25 mars au Martyrologe Romain.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

 

 

James Bird

1574-1593

 

Ce jeune homme martyrisé à dix-neuf ans est aussi connu comme James Byrd ou Beard. Ces homonymies anglaises pouvaient l’aider à passer inaperçu.

Né à Winchester, élevé dans le Protestantisme, James embrassa le Catholicisme à dix-neuf ans.

Il vint au Collège de Douai, puis de Reims, et retourna en Angleterre, où il fut bientôt arrêté sous l'accusation d'avoir rejoint les rangs de l'Eglise Catholique et proclamé que le Pape était le chef de l'Eglise sur terre.

Il fut condamné à mort pour trahison..

Il refusa d'adhérer au Serment de Fidélité. Il pouvait retrouver la liberté et sauver sa vie, s'il acceptait d'aller seulement une fois à un office protestant.

Quand son père l'invita à céder, il répondit avec douceur qu'il lui avait toujours obéi, mais que cette fois-ci il ne pourrait pas lui obéir sans offenser le Bon Dieu.

Après un long emprisonnement, il fut “pendu, éviscéré et écartelé” à Winchester, le 25 mars 1593, jour de la fête de l'Annonciation.

Il accepta ces souffrances avec constance et bonne humeur.

Sa tête fut exposée sur une pique aux portes de la ville. Un jour que son père passait par là, voyant la tête renversée comme pour le saluer, il s'écria : Oh, Jemmy, mon fils, toujours obéissant durant ta vie, même mort tu montres ton respect envers ton père. Comme il était loin de mon coeur de céder à toute trahison ou autre méchanceté !

James fut béatifié en 1929.

Lucia Filippini

1672-1732

 

Née le 13 janvier 1672 à Corneto (Tarquinia, Viterbo, Latium, Italie centre-ouest), Lucia fut orpheline à six ans et confiée par un oncle aux Bénédictines.

Adolescente, elle fut appelée par son curé pour la catéchèse des enfants. De là, l’évêque l’orienta vers les Clarisses de Montefiascone : pas même consacrée, elle fut remarquée pour ses dons de formatrice et on lui confia les novices. Puis l’évêque la mit à la tête des Maîtresses Pies, un institut qu’il avait fondé pour les écoles, avec Rosa Venerini (voir au 7 mai).

Ces excellentes Maîtresses ouvrirent en peu de temps cinquante-deux écoles.

Nommée supérieure générale en 1704, Lucia connut la douloureuse épreuve de la calomnie : on la dénonça au Saint-Office comme appartenant à une secte.

Cette épreuve s’ajoutait à sa maladie de cancer qui la minait. Le 19 mars 1732, elle annonça que l’archange Gabriel allait la chercher le 25 mars suivant, fête de l’Annonciation.

C’est ce qui arriva : Lucia mourut paisiblement le 25 mars 1732 à Montefiascone.

Elle fut béatifiée en 1926 et canonisée en 1930.

 

 

Margaretha Flesch

1826-1906

 

Née le 24 février 1826 à Schönstatt (Vallendar, Allemagne), de Johann Georg Flesch, Margaretha perdit sa maman en 1832 ; elle avait deux petits frère et sœur et aura ensuite trois autres frère et sœurs de leur belle-mère, après le remariage de son père.

Le père avait un moulin à huile au monastère de Schönstatt, puis dut se déplacer à Fockenbach, près de Niederbreitbach (où le moulin s'appela ensuite “Moulin-Flesch”), mais comme il y avait plusieurs meuniers sur place, les Flesch restèrent dans de difficiles conditions de vie et ne purent payer la taxe pour obtenir le droit de cité, mais firent tout leur possible pour envoyer leurs enfants à l’école.

En 1842, à la mort du papa, Margaretha se retrouvait à seize ans dans le devoir de nourrir la grande famille. Elle commença à récolter des herbes dans la nature et à préparer des tisanes qu'elle revendait à la pharmacie locale. Elle avait appris seule l'usage de ces herbes médicinales.

A partir de 1851, elle et sa sœur Maria Anna se retirèrent dans un ermitage entre Waldbreitbach et Hausen, où il faisait particulièrement froid, surtout en hiver. Elles vécurent là de “petits boulots” dans les écoles, vaquant à des travaux de couture et de raccommodage, s'occupant d'orphelins et de malades dans les environs.

On ne sait pas exactement quand Margaretha commença à être liée au curé de l'endroit ou aux Franciscains ; sans être encore du Tiers-Ordre, elle était depuis longtemps proche de l'esprit de saint François d'Assise.

Or, à l'imitation d'un ami d'école, elle voulut fonder une maison pour malades et orphelins, aidée en cela par son frère Ägidius. En 1860 elle quitta son ermitage avec sa sœur malade et s’installa dans cette nouvelle demeure : elle accueillit des malades, quelques compagnes vinrent l’aider.

En 1863, Margaretha prononça des vœux simples, en tant que Tertiaire franciscaine, et adopta le nom de Maria Rosa, en l’honneur de la Vierge Marie et de sainte Rosa de Viterbe.

Margaretha-Maria Rosa sera la supérieure de ce nouvel Institut jusqu’en 1878.

Et tandis que l’institut prospère, et qu’une centaine de Sœurs vivent dans vingt-et-une maisons, des intrigues intérieures menées par le nouvel aumônier écartent la Fondatrice de toute fonction, avec interdiction de parler d’elle, et excluent carrément les Sœurs anciennes. Les jeunes Sœurs ignorent totalement qui est cette Mère âgée qui ne parle pas.

On détruisit aussi de propos délibéré tous les documents écrits de la main de la Fondatrice elle-même, pour effacer toute mémoire de celle-ci.

La Fondatrice priait et s’occupait uniquement à la confection de vêtements liturgiques. 

Sur une photographie de 1905, on la voit humblement assise dans son fauteuil roulant, à côté de la Supérieure générale.

Mère Margaretha-Maria Rosa Flesch meurt à la maison-mère - dans sa maison - le 25 mars 1906.

Le «silence» persista jusqu’en 1915, quand mourut l’aumônier dont il a été question. Peu à peu la lumière se fit, on retrouva des documents, et la Fondatrice sortit de l’oubli pour s’acheminer vers le procès de béatification.

Margaretha-Maria Rosa Flesch a été béatifiée en 2008.

Son Institut, les Franciscaines de la Bienheureuse Vierge Marie des Anges, ou plus simplement les Franciscaines de Waldbreitbach, compte une cinquantaine de maisons en Allemagne, aux Etats-Unis et au Brésil : hôpitaux, maisons de retraite, foyers pour l’enfance, hospices, écoles.

 

 

Soultaneh Mariam Danil Ghattas

1843-1927

 

Mère Marie-Alphonsine Danil Ghattas est née à Jérusalem le 4 octobre 1843 et elle est décédée le 25 mars 1927, en la fête de l'Annonciation, à l'heure qu'elle avait prédite.

Entrée à 14 ans chez les Sœurs de Saint-Joseph de l'Apparition, elle dut à des révélations privées de la Vierge Marie la fondation d'une congrégation palestinienne qui porterait le nom de Sœurs du Rosaire. En 1880, sept jeunes filles, préparées par le P. Joseph Tannous, reçurent l'habit religieux de la nouvelle fondation des mains du patriarche, Mgr Bracco.

Sœur Alphonsine quitta la communauté des Sœurs de Saint-Joseph avec la permission de Rome, et entra dans la nouvelle congrégation.

Elle reçut l'habit des mains de Mgr Pascal Appodia, évêque auxiliaire du patriarche, le jour de la fête de Notre-Dame du Rosaire, le 7 octobre 1883.

En 1885, elle rejoignit la maison de Jaffa de Galilée, près de Nazareth, fonda l'année suivante l'école des filles de Beit Sahour, avant d'être envoyée à Salt, en Transjordanie, avec trois compagnes, puis à Naplouse. Elle dut rentrer à Jérusalem à cause de sa santé. puis, rétablie, partit pour la maison de Zababdeh.

Elle assista, à Nazareth, dans ses derniers instants, le P. Joseph Tannous, qui avait aussi été son directeur spirituel.

Elle revint ensuite à Bethléem ouvrir un atelier de couture, puis à Jérusalem en 1909, et à Ain Karem pour ouvrir un orphelinat.

L’institut des Sœurs du Rosaire est actuellement l’unique congrégation fondée dans le patriarchat latin de Jérusalem. Il est établi dans huit pays du Proche-Orient et compte environ trois-cents religieuses. 

Marie Alphonsine Dani Ghattas a été béatifiée en 2009, en la fête du Christ Roi.

Or, deux jours avant cette béatification, un jeune ouvrier fut électrocuté durant son travail à Nazareth et resta deux jours dans le coma. Il se réveilla le jour-même de la béatification d’une façon tout-à-fait inattendue, au point que la commission est parvenue à la certitude d’un réel miracle. C’est ce miracle qui fut retenu pour la prochaine canonisation de Marie Alphonsine, en 2015.

 

 

Omeljan Kovc

1884-1944

 

Né le 20 août 1884 à Kosmach (Kosiv, Ukraine occidentale), Omeljan était fils d’un prêtre gréco-catholique : dans cette Eglise de rite oriental en effet, les futurs diacres peuvent choisir entre le mariage et le célibat. Omeljan se mariera à son tour et aura six enfants.

Il fit des études de théologie, à Lviv puis à l’Université Urbaniana de Rome, où il résidait au Collège Ukrainien (collège des Saints Serge et Bacchus).

Ordonné prêtre en 1911, il exerça le ministère sacerdotal dans des paroisses de Galicie, puis se porta volontaire pour la Yougoslavie (actuelle Bosnie), auprès des Ukrainiens émigrés.

En 1919, il est aumônier des soldats ukrainiens au cours de la lutte contre les troupes bolcheviques.

En 1922, il est curé à Peremyschlyany (Lviv), une paroisse majoritairement habitée par des Juifs. Omeljan y organisa des congrès eucharistiques, des pèlerinages, des activités avec les jeunes (scouts en particulier), accueillant chez lui les enfants pauvres et les orphelins. Sa maison fut appelée la maison où les anges volent sur le toit.

Arrêté par les communistes en 1941, il fut d’abord libéré par l’armée allemande.

Mais quand les nazis envahirent le pays et commencèrent à persécuter les Juifs, le père Omeljan entreprit, au péril de sa vie, de baptiser beaucoup de Juifs, pour les faire échapper aux rafles.

Il fut arrêté en décembre 1942 et jeté en prison à Lviv. Malgré les efforts du métropolite (évêque), le père Omeljan fut ensuite déporté en août 1943 dans le camp de concentration de Majdanek (Pologne).

Même là, le père Omeljan continua à célébrer et à confesser. Voici un extrait d’une lettre qu’il envoya à ses enfants : 

Le ciel mis à part, c’est ici le seul endroit où je veuille me trouver. Ici, nous sommes tous égaux, Polonais, Juifs, Ukrainiens, Russes, Lettons, Estoniens. J’y suis le seul prêtre. Lorsque je célèbre la Liturgie, ils prient tous. Chacun dans sa langue. Mais est-ce que Dieu ne comprend pas toutes les langues ? Ici, je vois Dieu, ce Dieu qui est le même pour tous, malgré les différences de religions qu’il y a entre nous.

Ayant su qu’on cherchait à obtenir sa libération, il écrivait encore : 

Hier, cinquante prisonniers ont été exécutés. Si je n’étais pas ici, qui les aiderait à passer ce moment-là ? Que pourrais-je demander de plus au Seigneur ? Ne vous inquiétez pas pour moi. Réjouissez-vous ensemble, avec moi.

Rempli de charité sacerdotale, il écrivait encore : 

Priez pour ceux qui ont construit ce camp et ce système. Eux, ils n’ont besoin que de prières… Seigneur, pitié pour eux.

D’après les documents du camp, le père Omeljan mourut gazé dans ce camp, le 25 mars 1944.

Il a été béatifié en 2001, parmi vingt-sept Martyrs Ukrainiens victimes de la persécution nazie et dont la fête locale commune est au 27 juin.

Le bienheureux Omeljan a été désigné comme Juste par le Conseil juif d’Ukraine.

Son dies natalis est au 25 mars.

 

 

Pawel Januszewski

1907-1945

    

Pawel (Paul) Januszewski naquit le 11 juin 1907 à Krajenki en Pologne, de Marian et Marianna. 

Il fut éduqué au collège de Greblin puis à Suchar, puis au lycée Michalitow à Pawlikowicach, enfin à Cracovie. 

Dans une lettre qu'il écrit en 1927, il exprime son irrésistible désir qu'il a depuis l'enfance de devenir prêtre, et sa détermination à se consacrer pour ne vivre que pour Dieu. 

Il entre chez les Carmes à Lwow, et prendra le nom d'Hilary (Hilaire) lorsqu'il fera sa profession en 1928. Il étudie la philosophie à Cracovie, puis au collège international Saint-Albert à Rome. Il est ordonné prêtre le 15 juillet 1934.

Un confrère, qui serait plus tard prieur général de l'Ordre, affirme que Pawel Hilary avait une personnalité tranquille, silencieuse et même solitaire, absorbé dans la méditation. Il était fidèle aux pratiques quotidiennes de piété.

Quand il soutient sa thèse de doctorat, il est compté parmi les meilleurs élèves de l'unversité. De retour en Pologne, il est responsable des séminaristes et professeur de théologie dogmatique et d'histoire de l'Eglise. Puis en 1939 il est nommé prieur de sa communauté à Cracovie, deux mois après l'occupation de son pays par les Allemands (à l'Ouest) et les Soviétiques (à l'Est).

Hilary était pour lui-même très exigeant et très strict, et en même temps d'une extrême patience envers ses disciples. A Cracovie, on le connaissait comme un homme indomptable et d'une constante tranquillité d'esprit. Il était particulièrement attentif aux nécessiteux, aux malades. Voici encore quelques souvenirs écrits par quelqu'un qui l'a bien connu : 

C'était un prêtre plein de bonté qui n'a jamais refusé d'aller prêter ses services dans un orphelinat. Nous étions toujours heureux d'assister à sa messe. Quand il confessait, il y avait une foule d'orphelins qui attendaient leur tour. Je le vois encore quand il vint à Zwierzyniec pour passer des heures avec les plus nécessiteux. Pendant l'occupation, un groupe de déportés arriva de Poznan : il voulut les accueillir en disant « Ne fermez pas la porte à la souffrance humaine ». C'est ainsi qu'il leur fournit un abri, un lieu de culte, un soutien matériel mais surtout un profond réconfort moral et spirituel.

Le 18 septembre 1940 quatre frères du couvent furent déportés par les Allemands (les frères Urbanski, Majcher, Wszelaki, Nowakowski) parce qu'ils avaient prêché en polonais dont l'usage public était interdit. La Gestapo revint le 4 décembre pour en arrêter d'autres. Cette fois-ci il prit la place d'un frère âgé et malade, objectant qu'il en était le père et le responsable. Ainsi commença son calvaire qui allait durer plus de quatre ans. Emprisonné à la prison de Montelupich à Cracovie, il fut déporté à Sachsenhausen, puis en avril 1941 à Dachau, où il portait le numéro 27648.

Il encourageait ses compagnons par la prière, les entourant de gentillesse et de dévouement. Il les soutenait dans l'espérance d'un avenir meilleur. Il conservait envers et contre tout le ferme espoir de retourner dans son couvent de Cracovie. Il rencontra ainsi beaucoup d'autres religieux carmes, y compris étrangers, entre autre Titus Brandsma, hollandais (voir au 26 juillet).  

Le 16 juillet 1942 les prêtres carmes et les autres religieux enfermés dans la même baraque purent célébrer dans cet atroce environnement la fête de Notre Dame du Mont Carmel avant la journée de travail. Pendant l'hiver 1945 la vie au camp devint encore plus insupportable; l'encadrement nazi commençait à montrer des signes de panique alors que la guerre semblait perdue pour eux. Les kapos (prisonniers qui surveillaient les autres déportés) multipliaient les sévices pendant que la région subissait les bombardements alliés.

Dans le baraquement 25 des Russes, le typhus vint à se propager et Hilary demanda à y être admis avec d'autres prêtres pour assister les malades. Il mourait chaque jour environ quarante à soixante-dix détenus, parmi lesquels se trouvait Vincentius Frelichowski (voir au 23 février). L'apostolat du père Hilary allait durer 21 jours... 

Lui et ses collègues prêtres savaient bien d'une part que la libération était proche, mais plus encore ils étaient soucieux d'apporter leur soutien sacerdotal auprès des mourants, malgré le très fort risque de contagion. Ils savaient que les autorités sanitaires s'interdisaient tout rapport avec les malades pour éviter cette contagion mortelle, mais Hilary préféra se donner librement pour ses frères. Lorsque la maladie le gagna, il resta plusieurs jours dans un état comateux avec une fièvre de 40° et s'éteignit le 25 mars 1945, fête de l'Annonciation. 

Un mois plus tard les Américains libéraient le camp, le 29 avril. 

Le corps du père Hilary fut brûlé dans un four crématoire.

Le Père Urbanski, qui survécut, rendit témoignage du sacrifice de son prieur. De nombreux Carmes polonais moururent aussi dans les camps de concentration dont les Pères Kozan, Buszta, Makowski, etc...

Comme un autre Maximilian Kolbe, le père Hilary alla jusqu'au bout dans le don total de sa personne pour ceux qu'il aime (Jn 15:13).

Il fut du nombre des Bienheureux proclamés par Jean-Paul II le 13 juin 1999 à Varsovie, parmi lesquels trois évêques, cinquante-deux prêtres, vingt-six religieux, trois séminaristes, huit religieuses et neuf laïcs.

Inscrit dans le Martyrologe au 25 mars, il est fêté localement avec les autres martyrs du Nazisme le 12 juin.

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