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27 mars 2020 5 27 /03 /mars /2020 00:00

27 MARS

 

-IX.

S Ananias (Hanani), prophète qui blâma le roi et fut mis en prison (2Ch 16:7-10).

II.

Ss Philet, Lydie, Macédone, Théoprépide, parents et leurs enfants avec le chef de la milice Amphiloque et le greffier Chronidas, torturés en Illyrie, d’où leur titre de martyrs.

IV.

Ss Zanitas, Lazare, Marotas, Narsès, Elie, Habib, Sembeth, Marès et Sabas, martyrs en Perse.

V.

Ste Augusta de Ceneda, vierge martyre, décapitée sur ordre de son père.

VI.

Ss Dominique et Védulphe, évêques à Arras ; Védulphe transféra le siège à Cambrai.

VIII.

S Rupert, évêque à Worms, fondateur d’une église et d’un monastère qui furent l’origine de Salzburg.

IX.

S Paul, évêque à Corinthe, demeuré attaché à l’Eglise Romaine malgré le schisme.

XI.

S Matthieu, noble soldat croisé, prisonnier des Sarrasins, décapité ; il “rusa” pour être exécuté “le même jour que mon Seigneur Jésus”, dit-il.

XII.

S Gélase, évêque à Armagh.

XIII.

B Pellegrino de Falerone, ami du b. Rizziero, frère lai franciscain ; son corps resta sans corruption longtemps après sa mort, à trente-trois ans ; on l’invoque contre les maux de dents.

XIV.

Bse Panacea, vierge près de Novare, martyrisée à quinze ans par sa marâtre qui lui enfonça des fuseaux dans la tête parce qu’elle priait ; invoquée contre l’épilepsie.  

XIX.

B Jo Yong-sam Petrus, laïc coréen martyr, mort en prison, béatifié en 2014.

B Louis-Edouard Cestac, basque, fondateur des Servantes de Marie, béatifié en 2015.

B Francesco Faà di Bruno, prêtre italien, dédié à la promotion sociale et spirituelle de la femme, organisateur ingénieux et innovateur, béatifié en 1988.

XX.

B Henri Grialou (Eugène-Marie de l'Enfant-Jésus, 1894-1967), prêtre carme français, fondateur de l'institut Notre-Dame de Vie, béatifié en 2016.

Giuseppe Ambrosoli (1923-1987), médecin et prêtre italien, missionnaire combonien en Ouganda, béatifié en 2020.

Hanani

9e siècle avant Jésus-Christ

 

Le prophète Hanani (Ananias) intervint auprès d’Asa, roi de Juda (911-870).

Ce dernier avait fait disparaître l’idolâtrie de son royaume et, pour cela, avait reçu la bénédiction de Dieu : Il n’y eut point de guerre jusqu’à la trente-cinquième année du règne d’Asa (2Chr 15:19).

C’est alors que le roi d’Israël, Basha, marcha contre Asa. Ce dernier fit alors alliance avec son voisin de Syrie et ils repoussèrent Basha.

Ce fut l’occasion de l’intervention d’Hanani, qui vint dire au roi Asa : Parce que tu t’es appuyé sur le roi d’Aram et non sur Yahvé ton Dieu, … tu auras désormais la guerre (2Chr 16:7,9).

Cette menace déplut fort au roi, qui fit mettre le prophète aux ceps en prison (2Chr 16:10).

L’Ecriture reste discrète sur la suite des événements : on ne sait pas quelles guerres dut affronter le roi, ni si Hanani fut délivré.

On connaît encore moins les circonstances de sa mort.

Il reste que l’Eglise grecque fait mémoire de ce prophète au 27 mars, tandis qu’il n’est pas mentionné dans le Martyrologe Romain.

 

 

Rupert de Salzburg

650-718

 

Au latin Rupertus correspondent les variantes Ruprecht, Hrodperht, Hruodpert, Roudbertus, Robert, mais c’est sous la forme Rupert qu’on désigne habituellement le premier évêque de Salzburg, en allemand comme en français.

Il naquit vers 650 peut-être à Worms (Allemagne SO), et peut-être dans la lignée des rois mérovingiens, mais on en a fait aussi un Irlandais d’origine.

Une autre hypothèse mal vérifiée encore, lui donnerait comme frère Trudbert, ermite sur les bords du Rhin, et comme sœur ou nièce Erentrude, abbesse à Nonnberg (v. 30 juin).

Rupert se dévoua au service de Dieu dès sa jeunesse ; il se fit remarquer par sa simplicité, sa douceur, sa docilité d’esprit, sa profonde sagesse, son amour pour la justice ; humble, chaste, abstinent, plein de foi et de piété, charitable, ami de la Vérité…

Après un pèlerinage à Rome, de retour à Worms, il fut choisi comme évêque.

Le duc de Bavière eut alors recours à ses services pour développer la foi dans cette région. Rupert se rendit donc à Regensburg (Ratisbonne) et, de là, gagna par bateau l’ancienne cité de Lauriacum, qui devint Lorch. Plus loin encore, là où s’était élevée la cité de Iuvavum, il édifia un monastère en l’honneur de s.Pierre ainsi qu’une église. C’était là le fondement de Salzburg. Le monastère semble être le plus ancien de toute la Germanie.

Puis il fonda le monastère de Religieuses à Nonnberg, qui passe aujourd’hui pour le plus ancien cloître féminin de tout l’occident chrétien et qui n’a jamais suspendu ses activités.

On ne compte pas les monastères et les églises que Rupert fonda. Son activité fut véritablement extraordinaire.

En 714, Rupert passa dans sa région d’origine pour appeler à son service quelques moines et quelques Religieuses (parmi lesquelles Erentrud).

Rupert mourut le 27 mars 718, et probablement à Worms et son corps fut enseveli à Salzburg.

Saint Rupert est commémoré le 27 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Matthieu d’Agnetz

11e siècle

 

Ce jeune homme était d’Agnetz (Clermont, Beauvaisis), ami d’enfance de Guibert de Nogent, à qui nous devons ces renseignements.

Une fois chevalier, il resta un militaire pieux et de bonnes mœurs. Il partit en croisade. Voilà au moins un exemple de croisé qui se comporta en vrai chrétien durant sa présence en Orient.

Durant son séjour à Constantinople, Matthieu édifia l’empereur Alexis, par sa vie de prière et d’aumônes.

Matthieu fut fait prisonnier des Sarrasins, qui voulaient l’exécuter s’il ne reniait pas sa foi. Le noble chevalier demanda seulement un délai, qui lui fut accordé.

Or ce délai expirait le jour du Vendredi Saint. Matthieu expliqua alors aux Sarrasins que son intention n’était pas, lâchement, de retarder de quelques jours l’exécution, mais bien plutôt de pouvoir mourir le même jour que le Sauveur. Tuez-moi donc, dit-il, selon votre désir ; pourvu que je donne ma vie à Celui qui donna la sienne pour le salut du genre humain, peu m’importe le reste.

Il tendit alors son cou au bourreau.

Ce Martyr des Musulmans était inscrit dans l’ancien Martyrologe au 27 mars, mais n’a pas été repris dans le nouveau.

 

 

Pellegrino de Falerone

? - 1233

 

Pellegrino, de la noble famille des Paleroni, au diocèse de Fermo (Italie), étudiait la philosophie et le droit canon à l’université de Bologne lorsqu’en 1220, François d’Assise, revenant d’Orient, passa dans cette ville. A la suite des prédications faites par ce saint homme, sur la place publique, Pellegrino avec Rizziero (voir la veille, au 26 mars), vint se présenter pour être admis parmi les pauvres de Jésus-Christ : Pour toi, lui dit François en l’accueillant, tu serviras Dieu dans l’humble condition de frère lai, et tu t’appliqueras surtout à pratiquer l’humilité.

Pellegrino était déjà très avancé dans la connaissance des sciences sacrées et profanes ; mais sur la parole de François, il se voua à la modeste condition qui lui était assignée, assuré d’avance qu’il y trouverait la sanctification de son âme. Il fut bientôt récompensé de sa fidélité par des faveurs spirituelles, oraison sublime, cœur embrasé du divin amour.

Le désir du martyre lui fit tourner ses regards vers l’Orient : il obtint de faire le pèlerinage de la Terre sainte, visita Jérusalem et la Judée, le livre des Évangiles à la main ; chaque endroit sanctifié par la présence du divin Rédempteur fut arrosé de ses larmes. Les Musulmans eux-mêmes se sentaient émus au spectacle de sa foi vive et de son ardente charité ; au lieu des mauvais traitements et de la mort qu’il était venu chercher, il ne rencontrait que respect et vénération.

Il revint donc en Italie, évita tout rapport avec le monde en demeurant dans les couvents les plus pauvres et les plus retirés. Il était à même de voir souvent ses parents, mais il n’en voulut point profiter : il se contentait de rares visites durant lesquelles il ne parlait aux siens que de Dieu et du salut de leurs âmes. Par cette vie humble et cachée, Pellegrino s’éleva à une très haute perfection. Au témoignage du bienheureux Bernardo de Quintavalle, l’un des plus éminents disciples de François d’Assise, Pellegrino fut un des plus parfaits religieux. Il vivait comme un voyageur et un étranger sur la terre : ses pensées, ses entretiens, ses affections étaient au ciel.

Pendant sa vie, Pellegrino se rendit célèbre par le don des miracles. Après sa mort qui eut lieu au couvent de San Severino (Septempeda) dans les Marches, de nouveaux miracles attirèrent les foules à son tombeau. Longtemps après sa mort, son corps fut retrouvé sans corruption : il fut conservé avec honneur dans l’église des conventuels. A la dernière suppression des ordres religieux, on le transféra dans la chapelle de Notre-Dame-des-Lumières, en la ville de San Severino.

Pellegrino est principalement invoqué pour guérir les maux de dents.

Son culte fut approuvé en 1821, et le Martyrologe Romain le mentionne au 27 mars.

 

 

Panacea De’ Muzzi

1368-1383

 

Née en 1368 à Quarona (Piémont, Italie) de Lorenzo Muzio et Maria Gambino, Panacea perdit tôt sa mère.

Lorenzo se remaria avec Margherita, une veuve avec une petite fille. L’intention du papa était de ne pas laisser sa fille sans une présence maternelle, mais la belle-mère et sa fille devinrent vite très et trop exigeantes envers Panacea, qui fut bientôt chargée de toutes les corvées, outre qu’elle fut objet de dérision pour sa piété et ses œuvres charitables.

Un soir de printemps de l’année 1383, la jeune Panacea ne revenait pas avec les brebis. Aussitôt sa belle-mère partit à sa rencontre, et la trouva en train de prier près de l’église. Furieuse, elle gronda violemment la jeune fille et la frappa à la tête avec un bâton (ou un fuseau). Panacea s’écroula, morte.

La malheureuse femme, désespérée, se jeta dans un ravin.

Or les cloches du pays se mirent à sonner spontanément. Papa Lorenzo et le curé, avec les habitants, accoururent, mais ne réussirent pas à soulever le corps de la petite jeune fille.

Appelé, l’évêque vint ordonner au corps de se laisser transporter : on put le soulever, mais les bœufs n’arrivaient pas à tirer le charriot. Deux génisses, en revanche, conduisirent alors, sans guide, le corps de la jeune martyre sur un champ appartenant à la famille ; le propriétaire ayant refusé de recevoir le corps de Panacea, les génisses reprirent leur trajet, toujours suivies par l’évêque, le clergé et la population. On traversa plusieurs localités avant d’arriver à Ghemme, là où était enterrée la maman de Panacea. L’arrivée de Panacea fut à nouveau saluée par le son spontané des cloches.

Le martyre de la jeune Panacea eut lieu, dit-on, le 27 mars, le dies natalis retenu dans le Martyrologe.

Les funérailles ayant eu lieu le 1er mai, la fête locale de la Bienheureuse se célèbre soit au 5 mai, soit au premier vendredi de mai.

Le culte de la bienheureuse Panacea se répandit largement dès le 14e siècle, et fut confirmé par l’Eglise en 1867.

 

 

Jo Yong-sam Petrus

? -1801

 

Jo Yong-sam Petrus est un laïc coréen né à Yanggeon (Gyeonggi-do, Corée S).

Il mourut en prison à Cheongju (Chungcheong-do) le 27 mars 1801 et fut béatifié en 2014.

 

 

Louis-Edouard Cestac

1801-1868

 

Né le jour de l’Epiphanie, 6 janvier 1801, il fut le royal cadeau de Dieu à ses pieux parents, Dominique et Jeanne Amitessarobe. Dominique était chirurgien de la ville et des prisons, Jeanne était d’ascendance basque espagnole.

Louis-Edouard eut deux sœurs, dont le plus jeune, Elise, sera sa collaboratrice.

Après ses études au Petit séminaire d’Aire-sur-Adour, il étudia au Grand séminaire de Saint-Sulpice à Paris. Professeur au Petit séminaire de Larressore, il fut ordonné diacre et prêtre en 1825.

En 1831, il fut nommé vicaire à la cathédrale de Bayonne. C’est alors qu’il prit conscience du problème des jeunes filles abandonnées à la prostitution, dans ces petites ruelles proches du port. Il leur ouvrit un premier foyer d’accueil en 1836, le Grand Paradis, puis achètera en 1838 un grand domaine dans la ville proche d’Anglet, auquel il donnera le nom de Notre-Dame du Refuge. C’est le début de cette œuvre magnifique de récupération des malheureuses jeunes filles.

En 1842, les premières Religieuses firent leurs vœux. Elles avaient pour règle celle que leur avait écrite Louis-Edouard pendant une retraite à la Trappe et chez son cher ami, Mixel Garikoïtz (voir au 14 mai). Ce fut l’embryon des Servantes de Marie. Elise Cestac prendra pour nom de religion sœur Marie-Madeleine.

En 1851, naîtra la branche contemplative des Solitaires de Saint-Bernard, qu’on appelle communément les Bernardines, qui accueillirent certaines des pénitentes désireuses de mener désormais une vie retirée, dans la prière, la contemplation et le travail manuel.

En 1852, la congrégation fut reconnue. Les Religieuses ne firent pas que recevoir des filles tombées ; elles ouvrirent jusqu’à cent-vingt écoles dans le diocèse et les départements voisins. Louis-Edouard mit au point une nouvelle méthode de lecture ; lui-même passionné d’agriculture, il promut des méthodes meilleures pour une production saine et compétitive. L’établissement des Servantes de Marie devint un point de référence pour les autorités : Louis-Edouard fut élu président du comice agricole de Bayonne en 1857, il reçut la Légion d’Honneur en 1865 ; il eut la visite du couple impérial et c’est à la prière de l’Impératrice dans la petite chapelle, que naquit en 1856 le Prince impérial (il devait mourir héroïquement en Afrique du Sud en 1879).

Quant aux Religieuses, elles se répandirent aussi en Espagne, en France, en Amérique latine, en Inde, en Afrique.

Louis-Edouard mourut à Notre-Dame du Refuge le 27 mars 1868.

Il devait être béatifié en 2015.

 

Le 13 janvier 1864, Louis-Edouard eut la grâce de voir Notre-Dame, qui lui suggéra et lui dicta la prière suivante :

 

Auguste Reine des Cieux, souveraine Maîtresse des Anges, toi qui, dès le commencement, as reçu de Dieu le pouvoir et la mission d’écraser la tête de Satan, nous te le demandons humblement, envoie tes Légions céleste pour que, sous tes ordres, et par ta puissance, elles poursuivent les démons, les combattent partout, répriment leur audace et les refoulent dans l’abîme. Qui est comme Dieu ? O bonne et tendre Mère, tu seras toujours notre amour et notre espérance. O divine Mère, envoie les saints Anges pour me défendre et repousser loin de moi le cruel ennemi. Sains Anges et Archanges, défendez-nous, gardez-nous.

 

 

Francesco Faà di Bruno

1825-1888

 

Francesco Virginio Secondo Maria (tels furent ses prénoms de baptême) était le douzième et dernier fils de Luigi Faà, marquis de Bruno, comte de Carentino, et de Carolina Sappa de’ Milanesi. Des sept filles et cinq garçons de cette belle famille noble, deux seront religieuses et trois prêtres.

Francesco naquit à Alexandrie le 29 mars 1825. On remarquera qu’il est contemporain de saint Giovanni Bosco (voir au 31 janvier).

La maman mourut en 1834, après avoir soigné chez elle sept ou huit malades, de la famille ou de ses domestiques ; après vingt-six années de vie commune où ils n’eurent “qu’un seul cœur et une seule âme” (cf. Ac 4:32), le papa lui promit de ne pas se remarier.

Francesco étudie au collège des Pères Somasques, puis est admis à l’Académie Militaire de Turin. En 1846, il est lieutenant et commence une spécialisation en imprimerie ; il étudie les langues étrangères.

Il participe en 1848 à la guerre d'indépendance, comme aide de camp de Vittorio Emanuele. Il dresse une carte exacte des terrains de guerre, alors que les généraux n’en possédaient pas encore ! Grâce à cette carte, les troupes remportèrent les uniques victoires de cette campagne désastreuse. En 1849, il est capitaine d’Etat-major et, blessé à la jambe, reçoit une décoration de guerre.

Le roi Vittorio Emanuele le désire comme précepteur de mathématiques pour ses fils, et l’envoie prendre sa licence de sciences à la Sorbonne de Paris.

Francesco publiera en particulier en 1855 son résultat le plus célèbre, la “formule de Faà di Bruno”, une formule très complexe, réservée aux spécialistes ; il rencontre Urbain Le Verrier à l’Observatoire National et en 1856, sous l’égide de Augustin Cauchy, sera reçu docteur en mathématique et astronomie.

Dans la capitale française, il fréquente Frédéric Ozanam (voir au 8 septembre).

Il est l’ennemi déclaré de la Maçonnerie, qui lui barrera de toutes façons tout accès dans la hiérarchie, tant militaire qu’universitaire.

En 1853 il renonce à la carrière militaire, après avoir refusé une provocation à se battre en duel.

Musicien, excellent pianiste et organiste, il compose des chants qui recevront même les applaudissements de Franz Liszt.

Il s’intéresse à la promotion sociale et spirituelle de la femme ; c’est d’abord l’Ecole de chant dominicale, où il tient l’orgue tout en dirigeant.

A partir de 1858, il ouvre à Turin des Fours économiques pour travailleurs, comme il en avait vus à Paris, et fonde en 1859 l’Œuvre de sainte Zita (patronne des domestiques, voir au 27 avril) ; c’est une véritable « ville de la femme », équipée d'écoles, d'ateliers, d'infirmeries et de pensionnats.

Avec l’aide de saint Giovanni Bosco il fonde l’Œuvre pour la sanctification des fêtes, pour défendre les travailleurs contre le travail du dimanche.

Puis il fonde une branche interne à l’Œuvre de sainte Zita, la “Classe des Clarines” (par référence à sainte Claire, voir au 11 août), où seront assistées à vie des femmes diminuées physiquement, mais qui travailleront au service de l’Œuvre. Elles assureront entre autres la blanchisserie ultramoderne dont bénéficieront l’Académie Militaire, la Mairie, les Chemins de fer…

C’est ensuite le tour de l’Infirmerie Saint Joseph, pour femmes pauvres malades et convalescentes. En 1862, c’est le Pensionnat-hospice pour femmes âgées et invalides, puis un Pensionnat pour les prêtres âgés et malades. En 1863, il crée une Bibliothèque tournante, pour diffuser de bons livres, y compris en langues étrangères. En 1864, il fonde la Classe des Jeunes Ouvrières, pour la formation des jeunes filles pauvres ; en 1866, celle des “Élèves Maîtresses et Institutrices” pour former des maîtresses d’école primaire.

En 1868, commence l’édification de l’église “Notre Dame du Suffrage”, pour soutenir son Œuvre et faire prier pour les âmes du purgatoire, trop oubliées. Étonnante construction qui repose sur un socle de cinq mètres seulement, et s’élève à quatre-vingt mètres de hauteur, l’équivalent d’un immeuble de vingt-cinq étages. L’ensemble est surmonté d’une magnifique statue de saint Michel Archange de cinq mètres de haut en bronze. Prouesse technique qui reste encore maintenant en parfait état. Selon Francesco cette église devait donc alimenter la vie spirituelle de toute son œuvre, rappeler à tous l’annonce du jugement final, mais aussi indiquer l’heure à tout le quartier pauvre de l’endroit, outre que montrer la possibilité pour un croyant de se servir du progrès technique à des fins chrétiennes.

Enfin, couronnement de tout ce travail ingénieux, c’est la fondation d’une Congrégation de religieuses qui devront “prier, agir, souffrir”, avec cinq heures de prière quotidienne. La première supérieure en sera Giovanna Gonella, qui travaillera avec lui en parfait unisson, et saura le remplacer efficacement,  particulièrement lorsqu’il devra s’absenter à Rome.

En 1871, on le nomme “professeur titulaire” d’analyse mathématique et de géométrie, mais il ne sera jamais professeur “ordinaire” ; tout juste sera-t-il professeur “extraordinaire” en 1876, avec le salaire le plus bas de l’échelle.

En 1872, il publie un petit Essai sur l’Eucharistie, où il essaie de rendre accessible le Mystère eucharistique à la mentalité rationaliste du temps.

En 1874, il acquiert le périodique “Le Cœur de Marie”, qu’il dirige et pour lequel il rédige des articles religieux. Il ouvre une imprimerie moderne, où ne travaillent que des femmes. Nouveauté “scandaleuse” pour l’époque !

C’est en 1875, à cinquante ans, qu’il se décide à embrasser le sacerdoce. Il se forme à Rome, où il est ordonné prêtre. L’église du Suffrage est consacrée le 1er novembre, mais l’abbé Francesco, qui l’a fait construire sur ses propres deniers, n’assiste pas à la cérémonie : c’est qu’un différend est apparu entre lui et l’évêque de Turin, qui ne s’aplanira que quelques mois plus tard. Nouvelle expérience d’humilité, sereinement acceptée par l’intéressé.

L’abbé Francesco n’a pas fini de montrer son zèle apostolique en faveur des femmes : il ouvre une “Maison de Préservation” pour les filles-mères en 1877, acquiert en 1881 un petit château dans une zone parmi les plus pauvres du Piémont, pour y former de futures maîtresses d’école et y ouvrir une école.

Le 27 mars 1888, deux jours avant d’accomplir ses soixante-trois ans, il s’éteint, victime d’une infection intestinale. Il avait prédit que son ministère n’aurait duré “guère plus de dix ans”. Magnanime durant sa vie, il le fut aussi après sa mort, en faisant donation à l’ingrate Université de Turin de sa bibliothèque personnelle, une des plus riches d’Italie.

Francesco Faà di Bruno sera béatifié en 1988, et inscrit au Martyrologe le 27 mars.

 

 

Henri Grialou

1894-1967

 

Henri Grialou naquit le 2 décembre 1894 à Aubin (Aveyron), d’Auguste et Marie Miral, qui eurent deux garçons et trois filles. Le papa, un mineur, mourra à quarante-quatre ans, en 1904.

Après ses études à Suse (Italie), Henri fréquenta le Petit séminaire de Graves, le Grand séminaire de Rodez.

En 1913, il devança l’appel au service militaire, et se trouvait encore sous les drapeaux quand éclata la Guerre mondiale. Lieutenant dans le 122e régiment d’infanterie, Henri combattit à Argonne, à Verdun ; il fut sur le Chemin des Dames. Il reçut plusieurs décorations, la Légion d’honneur et la Croix de guerre.

Démobilisé en 1919, il pouvait se préparer à recevoir les Ordres majeurs. Curieusement, un livre de s.Jean de la Croix (v. 14 décembre) à la fois lui parut insipide et l’attira à l’idéal du Carmel. C’est cette même année qu’il eut l’occasion de connaître trois jeunes femmes qui avaient ouvert à Marseille un cours d’abord réservé aux filles. Ces dames voulaient vivre intensément leur idéal de prière tout en maintenant leur activité professionnelle. Cette rencontre allait se montrer providentielle.

En 1922, après son ordination sacerdotale, Henri entra au Carmel de Fontainebleau, où il prit le nom de Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus. Il fut ensuite à celui de Lille, puis supérieur à Tarascon (1927). Il fit largement connaître le message de sainte Thérèse de Lisieux, canonisée en 1925 (v. 1er octobre), et de s.Jean de la Croix, proclamé Docteur de l’Eglise en 1926.

En 1932, les Dames enseignantes de Marseille se constituèrent en une Fraternité du Tiers-Ordre carmélitain : c’était l’origine du futur Institut Notre-Dame de Vie.

L’activité du père Marie-Eugène fut intense : prieur à Agen puis à Monaco, définiteur général de l’Ordre à Rome de 1937 à 1955.

De 1939 à 1946, il sera mobilisé dans l’armée. Au lendemain de la Guerre, il fut en même temps visiteur apostolique des carmels de France.

Au terme de sa présence à Rome, il fut prieur à Tarascon puis provincial pour toute le région Avignon-Aquitaine (1957-1960), tout en résidant de façon permanente à Notre-Dame de Vie (Venasque).

Cet institut fut reconnu de droit pontifical en 1962. En 1963, furent admis les membres masculins, qui constitueront la nouvelle branche sacerdotale et la branche laïque masculine.

En 1963, il fut à nouveau élu provincial, et devait le rester jusqu’à sa mort, qui advint le lundi de Pâques, 27 mars 1967.

De tous les articles et conférences du père Eugène-Marie, le plus célèbre est son livre Je veux voir Dieu, qui développe de façon très abordable la spiritualité de sainte Thérèse d’Avila (v. 15 octobre).

Le père Eugène-Marie de l’Enfant-Jésus  fut béatifié en 2016.

Le miracle qui fut examiné pour cette béatification concernait un petit enfant né avec de gros kystes ; on l’opéra à onze jours, puis encore à deux semaines ; le cas était désespéré ; à un mois, l’enfant ne pesait qu’à peine plus de trois kilogrammes. La grand-tante de l’enfant commença une prière par l’intercession du père Eugène-Marie : subitement, s’arrêta ce dangereux écoulement  de la plaie au canal thoracique, l’enfant prit du poids et, en trois jours, pouvait regagner la maison en parfaite santé.

Francesco Maria Greco sera commémoré le 27 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Giuseppe Ambrosoli

1923-1987

 

Giuseppe Ambrosoli naquit le 25 juillet 1923 à Ronago (Côme, Italie N) dans une famille aisée, propriétaire d’une fabrique de miel. Il était le septième fils de Giovanni Battista Ambrosoli et de Palmira Valli.

Giuseppe étudia à Côme, puis chez les Piaristes de Gênes et passa le baccalauréat en 1942.

Déjà il occupait son temps libre au Cénacle, un groupe d’Action Catholique. Il commença les études de médecine à Milan, interrompues par la guerre.

Lors de la création de la République de Salò (septembre 1943), il aida des Juifs à passer en Suisse, jusqu’au moment où il se crut lui-même obligé de se réfugier en Suisse ; mais sur l’appel de ses parents qui étaient menacés de représailles, il revint en Italie, où il fut immédiatement réquisitionné et envoyé au camp de Heuberg-Stetten. Là-bas, il s’efforça de soutenir ses compagnons, durement éprouvés par les mauvais traitements, le travail et la faim. Un de ceux-là affirma : Son attitude vers le prochain m’a confirmé que les saints existent encore de nos jours.

En décembre 1944, Giuseppe revint en Italie et fut envoyé à Collecchio, puis à Berceto. Déjà mûrissait sa vocation missionnaire.

La guerre terminée, il reprit les études de médecine, qu’il acheva en 1949, et compléta à l’Ecole d’Hygiène et de Médecine Tropicale de Londres.

En 1951 - il a vingt-huit ans - il entra dans la congrégation des Missionnaires Comboniens du Sacré-Cœur ; novice à Gozzano, il étudia la théologie à Venegono et fut ordonné prêtre en 1955 : l’évêque qui l’ordonna était Mgr Giovanni Battista Montini, devenu le pape Paul VI en 1963 (v. 6 août).

En 1956, Giuseppe partit pour l’Ouganda. A part quelques brefs séjours en Italie, il y restera jusqu’à sa mort.

Envoyé au dispensaire de Kalongo, il le transforma peu à peu en un grand hôpital de trois-cent quarante-cinq lits, où il pratiqua particulièrement la chirurgie et l’obstétrique.

En même temps il fréquentait le séminaire de Lacor pour y achever ses études de théologie ; en outre, il apprit correctement la langue locale, l’acioli.

En 1959, il fonda une école d’obstétrique et d’infirmières ; ensuite il réunit à son hôpital ceux des lépreux d’Alito et de Morulem, pour que ces pauvres malades ne fussent plus abandonnés dans des léproseries malsaines.

Le père Giuseppe voulait véritablement soulager les souffrances de Jésus-Christ en la personne de tous ses malades. Il se disait le serviteur des gens malades. Quand c’était nécessaire, il donnait lui-même son sang pour un malade qui en avait besoin.

Il reçut en Italie des distinctions, qu’il accepta à contre-cœur, affirmant qu’il ne les méritait pas.

En Ouganda, l’instabilité politique dégénéra en guerre civile et l’hôpital de Kalongo dut, dans un premier temps, être évacué, avant que les troupes gouvernementales n’y mettent le feu, détruisant tout le travail du père Ambrosoli (février 1987).

Le pauvre Père ne survécut pas à cet anéantissement : déjà malade d’insuffisance rénale, il célébra sa dernière messe le 22 mars et s’éteignit le 27 mars 1987 à Lira (Ouganda), où il avait pu transférer les patients.

En 2009, une jeune Ougandaise frappée de septicémie en phase terminale, guérit soudainement et totalement, après que l’aumônier eut placé une image du père Ambrosoli et l’eut invoqué.

Giuseppe Ambrosoli devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 27 mars.

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