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29 mars 2020 7 29 /03 /mars /2020 23:00

30 MARS

 

-X.

S Joad, prophète, cf. 1R 13,11-32.

II.

S Secundus, païen touché par les chrétiens persécutés, martyr à Asti, dont il est patron.

III.

S Rieul, évêque à Senlis après Arles ; il fit taire les grenouilles dont le coassement couvrait sa voix lors d’une prédication.

IV.

S Domninus, martyr à Thessalonique ; frappé de verges, il eut les membres brisés et fut laissé sans nourriture pendant sept jours hors de la ville.

S Jean du Puits, ermite à Kibistra, dès l’âge de treize ans.

?

S Victor, martyr.

S Pasteur, évêque à Orléans.

V.

S Mamertin, guéri d’une double infirmité par s. Germain d’Auxerre, moine puis abbé près de là.

VII.

S Jean Climaque, surnommé le Scholastique pour sa science, ou le Sinaïte pour son abbatiat au Sinaï, auteur de L’Echelle  (klimax) du paradis,  d’où son nom.

S Zosimo, abbé puis évêque à Syracuse, mort à quatre-vingt-dix ans, invoqué contre la peste.

VIII.

S Patton, moine écossais, abbé à Amorbach, évêque à Verden.

IX.

S Véron, dont on retrouva le corps à Lambecq-lez-Hal.

XI.

Ste Osburh, première abbesse à Coventry.

S Klinios, grec, moine au Mont-Cassin, abbé près d'Aquino.

XIII.

S Gioacchino da Fiore, d’abord abbé cistercien à Corazzo, fondateur de la congrégation de Fiore, censeur impitoyable du clergé, parfois même à la limite de la rupture, mort à Canale tout-à-fait soumis.

B Dodon, entré chez les prémontrés à Mariagarden ainsi que son épouse et sa mère, puis ermite à Asch, où il pratiqua des austérités effrayantes et mourut écrasé sous un mur de sa cellule.

B Morique, de l’ordre des Crucifères, mort à Orvieto.

XV.

S Pedro Regalati, franciscain à Valladolid à quatorze ans, supérieur à Aguilar, mystique et thaumaturge.

B Amédée IX, duc de Savoie, tout donné aux bonnes œuvres : monastères, hôpitaux, aumônes, et mort à Verceil un lundi de Pâques.

XIX.

Ss Antoine Daveluy, évêque, Pierre Aumaître, Martin-Luc Huin, prêtres, Chang Chu-gi Iosephus et Hwang Sŏk-tu Lucas, catéchistes, martyrs en Corée, canonisés en 1984, fêtés le 20 septembre.

S Arcangelo Palmentieri (Lodovico de Casoria), franciscain à Naples, fondateur des Congrégations des Frères de la Charité et des Sœurs Franciscaines de Sainte-Elisabeth, béatifié en 1993, canonisé en 2014.

S Leonardo Murialdo (1828-1900), prêtre de Turin, contemporain des ss. Giuseppe Cottolengo, Giuseppe Cafasso et Giovanni Bosco, fondateur de la congrégation de Saint Joseph, puis des Sœurs Murialdines, grand défenseur des intérêts de la condition ouvrière.

XX.

S Julio Álvarez Mendoza (1866-1927), prêtre mexicain martyr ; béatifié en 1992, canonisé en 2000 et fêté le 21 mai.

Bse Helena Kafka (Maria-Restituta, 1894-1943), franciscaine morave ; infirmière, elle laissait accrochés les crucifix dans les chambres des malades, contre l'interdiction des nazis ; morte décapitée, béatifiée en 1998).

 

 

Joad, prophète

10e siècle avant Jésus-Christ

 

Joad n’est à proprement parler qu’un prophète anonyme, car l’Ecriture ne donne pas son nom.

Dans 1R 13:11-32, il est question d’un homme de Dieu, qui vient reprocher à Jéroboam son attitude en Israël.

Jéroboam avait en effet établi un autel «schismatique» à Béthel. Quand l’homme de Dieu vint le lui reprocher, Jéroboam eut la main desséchée. Ayant prié le prophète de le guérir, il fut exaucé et voulut recevoir honorablement ce prophète chez lui.

Cependant l’ordre de Dieu était strict : il devait revenir chez lui par un autre chemin, sans rien manger ni boire en Israël.

Sur le chemin du retour, il fut cependant trompé par un faux prophète, qui l’invita chez lui. Ayant accepté cette invitation, il fut puni par Dieu : il fut tué par un lion.

Comme l’Ecriture, même après la faute du prophète, lui donne encore le titre d’homme de Dieu, saint Augustin et d’autres Pères l’ont considéré comme un saint homme.

Une tradition lui donne le nom de Joad. Les Grecs en font mémoire le 30 mars.

 

 

Secundus d’Asti

† 119

 

De Secundus, voici comment on le présente dans la tradition.

Il appartenait à la noblesse d’Asti (Italie N) ; on parle des Vettii ou des Pallidi.

Encore païen, appartenant à la milice romaine, il lui arrivait de fréquenter les prisons où il rencontrait des chrétiens. Il entendit parler du Christ et fut déjà touché par la grâce.

Un premier geste montra sa détermination : il intervint auprès du préfet Sapritius en faveur de son propre maître, Calocerus, chrétien arrêté.

Un deuxième épisode confirma le revirement de Secundus : accompagnant Sapritius à Tortona pour y arrêter un autre Chrétien nommé Marcianus, il demanda le baptême chrétien.

Durant un de ces déplacements, Secundus franchit le Po à pieds secs.

Dénoncé comme chrétien, accusé, il fut condamné à la torture et à la décapitation.

Son martyre eut lieu le 30 mars 119 à Asti.

Une récente analyse de ses reliques au Carbone 14 a confirmé l’époque du deuxième siècle.

Saint Secundus d’Asti est commémoré le 30 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Rieul de Senlis

1er ou 3e siècle

 

Rieul (Regulus) est l’objet d’une grande discussion entre spécialistes.

Pour les uns, il aurait été d’origine grecque, aurait rencontré l’apôtre s.Jean (v. 27 décembre) et embrassé le christianisme. Envoyé en Gaule, il devint le premier évêque en Arles puis, ayant rejoint Lutèce (Paris), y réconforta les Chrétiens et partit pour Senlis, où ses nombreux miracles amenèrent la conversion de beaucoup de païens.

Pour les autres, Rieul fut le (ou un) successeur de Trophime, le premier évêque d’Arles, mais au 3e siècle ; il accompagna les missionnaires envoyés alors pour évangéliser la Gaule, et devint le premier évêque de Senlis.

Son épiscopat aurait duré trente années.

Dans les deux traditions, on relève cette difficulté : un évêque ne peut quitter son diocèse pour aller en gérer un autre, sauf sur indication expresse de Rome ou d’un concile important. Evêque en Arles, Rieul n’avait pas de raisons suffisantes (sauf une révélation céleste ou un ordre de Rome) pour aller à Senlis.

On pourrait croire qu’il s’agirait donc de deux personnages.

La liste épiscopale d’Arles le nomme avec une certaine caution, comme quatrième successeur de Trophime, au 3e siècle, pendant plusieurs années, avant de devenir évêque de Senlis.

La liste de Senlis le situe plutôt au 4e siècle.

Devant ces diverses affirmations, on ne peut rien déduire de certain. L’unique élément sûr est qu’il fut le premier évêque de Senlis.

Un des miracles attribué à Rieul fut qu’un jour où il s’adressait en plein air à une nombreuse foule, le coassement des grenouilles d’une mare voisine couvrait sa voix ; il leur intima l’ordre de se taire, et reprit tranquillement sa prédication.

Le culte de s.Rieul fut très ancien. Clovis, après son baptême (496 environ), aurait demandé à faire ouvrir la tombe de Rieul pour en extraire une relique (une dent). Un incident fit qu’il la remit en place et, plutôt, s’engagea à faire reconstruire la basilique.

Saint Rieul de Senlis est commémoré le 30 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Domninus de Thessalonique

† 304

 

De Domninus il est dit qu’il subit le martyre à Thessalonique.

D’abord battu, il eut les bras et les jambes brisés, et fut abandonné sans nourriture hors de la ville, pendant sept jours, au terme desquels il rendit son âme à Dieu.

Il aurait eu des Compagnons de martyre, qui ne sont pas nommés.

Ce pouvait être vers 304.

Saint Domninus de Thessalonique est commémoré le 30 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Jean Climaque

VIIe siècle

 

Jean, que l’on surnomma le Scholastique, à cause de sa science éminente, ou le Sinaïte à cause de son séjour sur le Sinaï, est plus communément connu sous le surnom de Climaque, en raison de son traité qui a pour titre L’échelle du paradis (en grec : klimax, échelle) ou Echelle sainte.

On ignore l’époque et le lieu de sa naissance, tant il est vrai que ces grands Saints, tels de nouveaux Melchisédech, n’appartiennent pas à l’histoire ni à la terre. Ce qu’on sait de lui est dû à un autre moine, Daniel, du monastère de Raïthou, proche de celui où vécut Jean. 

Les quelques écrits de Jean Climaque donnent à penser qu’il reçut une éducation soignée. 

A seize ans, il vint se présenter au monastère Sainte-Catherine sur le Mont Sinaï, ce monastère bâti à l’emplacement très probable du Buisson ardent ; il semble que des moines s’y étaient déjà fixés aux 3e-4e siècles. 

Sous la direction d’un saint vieillard nommé Martyrios, Jean se fit initier à la vie solitaire. Il employa quatre années à s’instruire et à s’éprouver avant de se consacrer à Dieu par la profession monastique. 

Martyrios, satisfait des progrès de son disciple, le présenta un jour au solitaire Anastase, le futur patriarche d’Antioche : celui-ci, comme éclairé d’une lumière prophétique, dit au maître : Qui croirait, Père, que tu eusses consacré à Dieu un futur abbé du Mont-Sinaï ? (voir au 20 avril). 

Pendant dix-neuf ans, Jean s’exerça avec une simplicité admirable dans la pratique fidèle de l’obéissance. A la mort de Martyrios, il se proposa d’embrasser la vie des anachorètes (ermites solitaires ou hésichastes) : il ne voulut pas cependant s’y décider par lui-même et consulta à ce sujet un autre vieillard qui donna son assentiment à ce projet. Jean descendit alors au bas de la montagne du Sinaï, à Tholas, et se retira dans une solitude à quelque distance de l’église où il se rendait les samedis et les dimanches, pour assister à l’office et communier avec les autres solitaires suivant la coutume des moines d’Orient. Il consacrait les autres jours de la semaine successivement à la prière, au travail des mains, à la méditation ; il mangeait peu, se contentant des aliments que sa profession lui consentait. Dieu lui accorda le don d’oraison et celui des larmes. 

Durant les vingt années de cette vie anachorète, Jean ne refusait pas les visites, considérant que c’était Dieu qui les lui envoyait. Mais alors que des envieux calomniaient ses propos, il décida un jour de ne plus parler et resta un an dans le silence.

Bientôt, de disciple, il devint maître en matière d’ascétisme : un solitaire, nommé Moïse, lui fit demander s’il l’accepterait comme disciple. Jean crut devoir accepter ; puis, déjà âgé, il fut sollicité par les moines du monastère Sainte-Catherine pour être leur abbé (higoumène) : là, il dut se faire violence pour céder à leurs désirs et leur apporter ses propres enseignements. C’est alors qu’un autre Jean, abbé de Raïthou, lui demanda de mettre par écrit ce que l’Esprit de Dieu lui suggérerait sur la pratique des vertus. Certains affirment que ce serait le pape Grégoire Ier lui-même qui lui aurait présenté cette requête (voir au 12 mars), ce qui montre par la même occasion quelle renommée était alors celle de Jean. 

Par esprit d’obéissance, pensant devoir accéder à une volonté céleste, Jean répondit avec une profonde humilité : Mauvais disciple d’un excellent peintre, j’ai seulement ébauché et marqué avec du noir les ombres de choses qui sont d’elles-mêmes très vives et très éclatantes ; je t’ai réservé comme au premier maître et au plus éminent parmi les docteurs le soin de mettre la dernière main à cet ouvrage, d’y ajouter des embellissements, d’éclaircir ce qu’il y a d’obscur, de suppléer à tout ce qui manque dans les préceptes de cette loi spirituelle par les lumières que tu as acquises en l’accomplissant si parfaitement. Ce n’est donc pas à toi que j’adrese ce petit ouvrage, mais à ceux que Dieu a appelés à son service.

Comme nous sommes loin des “droits d’auteur” de notre époque contemporaine !

Jean abdiqua l’abbatiat après quelques années : il établit pour le remplacer un certain Georgios, qui avait passé soixante-dix ans dans la solitude de la même montagne, et retourna à sa vie solitaire. 

Parvenu à sa dernière heure, il reçut la visite de Georgios tout en larmes, et le consola : Ne t’afflige pas ! Si j’ai quelque pouvoir auprès de Dieu, il ne se passera pas un an sans que je t’attire auprès de moi ; Georgios mourut en effet dix mois après.

Reprenant la tradition orientale, le Martyrologe Romain commémore Jean Climaque au 30 mars, qui serait le jour anniversaire de sa mort.

 

Saint Jean Climaque est beaucoup plus connu en Orient qu’en Occident. Ses écrits ont été traduits tardivement, pas avant le XVe siècle.

L’écrit le plus important, L’Echelle sainte, longue de trente chapitres (ou « échelons », représentant les trente années de vie cachée de Jésus-Christ), a pour but de résumer l'expérience monastique. Il vise à  faire atteindre aux moines la perfection, en trente degrés :

  • degrés 1–4 :         renoncement au monde et obéissance à un père spirituel ;
  • degrés 5–7 :      pénitence et affliction (penqos/penthos) comme voies de la véritable joie ;
  • degrés 8–17 :     lutte contre les vices et acquisition des vertus ;
  • degrés 18–26 :     fuite des pièges de l'ascèse (paresse, orgueil, pusillanimité) ;
  • degrés 27–29 :     atteinte de l’hésychia (paix de l'âme) et de l’apatheia (impassibilité).
  • degré 30 :         épectase, la tension de l'âme vers Dieu et la perfection.

 

Le texte est rédigé en apophtegmes, en sentences brèves, sans construction apparente, sans lien logique de l’une à l’autre, fruit de la simple expérience personnelle du saint abbé. 

On pourra méditer beaucoup sur ces deux seules phrases reprises au texte : 

Ne cherche pas à beaucoup parler quand tu pries, de peur que ton esprit ne se distraie à chercher les mots.

Hésiter dans ses jugements et demeurer longtemps dans le doute sans aucune certitude est le signe que l’âme n’est pas illuminée et qu’elle aime la gloire.

L’autre ouvrage de Jean Climaque est beaucoup plus bref. C’est un court traité intitulé Lettre au pasteur, à l’intention des maîtres spirituels et des chefs de communauté.

 

 

Zosimo de Syracuse

572-662

 

Zosimo nacquit vers 572 en Sicile, de pieux parents.

Ceux-ci le confièrent à sept ans au monastère de Sainte-Lucie à Syracuse. L’abbé, considérant la gentillesse et la facile soumission du petit garçon, lui confia la garde du tombeau de sainte Lucie (v. 13 décembre).

Quelque temps passa, et le garçon se relâcha de sa première ferveur : sans avertir personne, il partit chez ses parents. Ces derniers, surpris et irrités de le voir arriver chez eux, le reconduisirent sans attendre au monastère.

L’abbé comprit à quelle tentation avait cédé le garçon ; il lui pardonna sur place cette dissipation innocente de l’adolescence et le réadmit.

Quelqu’un d’autre se chargea de gronder Zosimo : sainte Lucie en personne, qui lui apparut en songe, lui reprocha son infidélité et lui inspira une grande crainte. Dès lors, Zosimo montra des sentiments de profonde humilité, de zèle pour sa sanctification et pour donner le bon exemple aux pèlerins. Passèrent ainsi trente années, durant lesquelles Zosimo converti fut in modèle de régularité et d’obéissance.

Quand l’abbé vint à mourir, les moines allèrent comme de coutume se présenter à l’évêque pour qu’il leur choisît un supérieur. Alors se renouvela la situation que nous lisons dans l’Ecriture à propos de l’élection divine de David (1S 16:6-13) : l’évêque, saintement inspiré demanda si tous les moines étaient là présents et les moines lui répondirent que seul était resté à l’abbaye le gardien du tombeau, qui n’était bon à rien. L’évêque envoya chercher Zosimo, lui conféra immédiatement le sacerdoce et le mit à la tête du monastère.

Par sa sagesse et sa modération, le nouvel Abbé se montra à la hauteur de sa charge. Avec une douce sévérité, il gouverna prudemment le monastère, pendant quarante ans.

En 647, à l’âge où les évêques d’aujourd’hui ont contume de remettre leur démission, Zosimo fut appelé à recevoir l’onction épiscopale et à gouverner le diocèse de Syracuse. Quelques membres du clergé auraient préféré un certain Venerio, et l’affaire fut portée devant le pape, lequel désigna Zosimo et le sacra lui-même.

Zosimo fut un pasteur vigilant, actif et zélé, pratiquant la pénitence, la charité envers tous, dans la fidélité à la sainte doctrine.

Il mourut le 30 mars 662, très tôt entouré d’un culte et invoqué particulièrement contre la peste. 

Saint Zosimo est commémoré le 30 mars dans le Martyrologe Romain.

Osburh de Coventry

† 1018

 

Osburh (qu’on a occidentalisée en Osburga) passe pour être la première abbesse du monastère de Coventry (Angleterre C).

C’est du moins l’unique information qu’on trouve sur elle.

Ce monastère de Bénédictines, fut construit par le comte Leofric de Mercie et son épouse, Lady Godiva. Près de ce monastère Sainte-Marie fut édifiée la première cathédrale de Coventry, dont la tour de  quatre-vingt-dix mètres est la troisième d’Angleterre pour la hauteur.

Le magnifique monument fut bombardé en 1940 et n’est plus maintenant qu’une ruine, à côté de laquelle fut construite la nouvelle cathédrale de Coventry. Sur le mur qui demeure derrière l’autel de la cathédrale bombardée, on a écrit les paroles du Christ en croix : Père, pardonne (Father, forgive) (Lc 23:34).

Sainte Osburh est commémorée le 30 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Klinios d’Aquino

11e siècle

 

Grec d’origine, Klinios vint au Mont-Cassin pour vivre la Règle bénédictine.

De là, il fut appelé à être abbé du monastère Saint-Pierre-de-la-Forêt dans le diocèse d’Aquino.

Il mourut d’ailleurs peu après, et chargé de mérites, avant 1030.

Saint Klinios est commémoré le 30 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Pedro Regalati

1390-1456

 

Pedro était né en 1390 à Valladolid (Espagne) de Pedro et María de Costanilla.

Très tôt orphelin de père, il demanda à sa mère à dix ans de pouvoir entrer chez les Franciscains. Sa mère le fit attendre trois ans, pour mettre à l’épreuve cette jeune vocation.

A treize ans donc, Pedro reçut l’habit chez les Franciscains de Valladolid et prononça les vœux un an après. Il ne faut pas s’étonner de cette précocité : l’Eglise n’avait pas encore statué sur l’âge minimum requis de seize ans pour admettre un candidat à la vie religieuse.

Dans le cas de notre Pedro, les Supérieurs n’eurent qu’à se féliciter de leur jeune Frère.

La maman de Pedro, si heureuse des progrès spirituels de son garçon, venait souvent le voir, au point que Pedro demanda au Ciel d’être nommé ailleurs, pour couper ces liens naturels trop forts. On l’envoya bientôt, effectivement, à Aguilar de Campos, où l’Ordre voulait fonder un nouveau couvent de l’Observance. Pedro y reçut le sacerdoce. 

Rempli de zèle pour la réforme de l’Ordre, il fut bientôt nommé Gardien de ce couvent, et même d’un autre à Tribulos.

Pedro ne s’enfla pas de cette double tâche. Il prêcha d’exemple à tous les Religieux, surtout par son amour de la pauvreté, du jeûne, de la prière.

La prière de Pedro obtint de nombreux miracles, mais surtout on le vit souvent verser des larmes abondantes pendant l’oraison et la célébration de la Messe, ou aussi élevé de terre et immobile pendant des heures, dans un nuage de feu (au point que les habitants des environs crurent à un incendie dans le couvent).

Sur sa prière, un jour d’hiver où la neige avait été abondante, le couvent n’avait plus de pain. Pedro invita les Confrères à venir manger comme d’habitude ; à l’heure du repas, on sonna à la porte : pas de traces de pas, mais une mule chargée de pain attendait là ; le temps de porter le pain au réfectoire, la mule avait aussi disparu, sans laisser de traces dans la neige.

Durant l’office nocturne, il fut un jour transporté miraculeusement de l’église du couvent de Tribulos à celle d’Aguilar, distante d’une vingtaine de kilomètres, suscitant une bien compréhensible surprise parmi les Religieux.

Sachant sa mort approcher, il fit un long voyage pour aller voir un grand ami, à une soixantaine de kilomètres, le père Lopez de Salazar, puis revint à Tribulos et enfin à Aguilar. En mars 1456, il tomba malade. On lui proposa les derniers sacrements, mais il proposa qu’on attendît la venue de l’évêque. Inquiets de devoir attendre «trop longtemps», les Religieux entendirent alors arriver l’évêque, de passage par là. Le pontife donna à Pedro l’Onction des malades et pria alors Pedro de guérir son neveu, qui l’accompagnait, et qui était malformé de naissance. Pedro fit faire au jeune homme une bonne confession, lui fit donner l’Eucharistie, et obéit à l’évêque : il pria pour la guérison du jeune homme, que Dieu accorda sur place.

La vie de Pedro Regalati fut en réalité une suite de miracles. 

Pedro mourut le 30 mars 1456. Il fit encore un miracle peu après sa mort, lorsqu’un pauvre, déçu d’être arrivé trop tard pour recevoir l’aumône habituelle, alla prier sur sa tombe : Pedro apparut vivant, lui remit un pain, et disparut dans la tombe.

D’innombrables miracles advinrent encore. Quand on exhuma son corps en 1782, il n’était pas corrompu.

Pedro fut béatifié en 1684 et canonisé en 1746.

 

 

Amédée IX de Savoie

1435-1472

 

 Fils du duc Louis et d’Anne de Lusignan, Amédée IX fut le troisième duc de Savoie, en même temps que prince de Piémont, comte d’Aoste et de Maurienne. Né à Thonon-les-Bains, il fut dès sa naissance, promis à Yolande, fille de Charles VII roi de France. Il fut élevé dans la piété par sa vertueuse mère et répondit à ses soins : on vit en lui un grand attrait pour les saintes pratiques de la religion. Il était malheureusement épileptique, et laissa volontiers la direction des affaires à son épouse.

A dix-sept ans eut lieu le mariage projeté. Yolande partagea les goûts de son époux pour la vertu, et la cour offrit alors le spectacle le plus édifiant. Cette sainte union donna naissance à dix enfants, dont sept vécurent. A la mort de son père, en 1465, Amédée prit possession du duché, reçut de ses sujets le serment de fidélité, convoqua les États des provinces pour délibérer sur le parti à prendre dans la guerre contre Louis XI. On vit alors se manifester l’influence prépondérante de Yolande, à laquelle Amédée laissa volontiers la gestion des affaires publiques. Attentif avant tout à ce que Dieu fût bien servi, le duc faisait chaque matin sa prière et une pieuse lecture, assistait à la messe avec un tel recueillement qu’il suffisait de le voir pour avoir de la dévotion. Au conseil auquel il assistait, la cause des pauvres, des veuves, des orphelins primait toutes les autres. Sa charité ne connaissait point de bornes ; chaque jour il nourrissait dans son palais un grand nombre d’indigents et les servait de ses propres mains.

Il construisit des monastères et des hôpitaux dont il visitait lui-même les malades. Il fit aussi de riches présents à diverses églises ; dans un pèlerinage au tombeau des Saints-Apôtres, il se montra généreux pour la basilique de Saint-Pierre. Il accomplit plusieurs fois à pied le voyage de Turin à Chambéry pour vénérer la relique du saint Suaire. Après la perte de Constantinople, dans une diète tenue à Mantoue pour délibérer sur la guerre contre les Turcs, il parla avec une grande générosité, se déclara prêt à offrir pour la sainte expédition sa vie, sa puissance, tous ses États : mais la sainte Ligue entre les princes ne put se former.

Cependant la santé du duc se trouva gravement atteinte, et il dut quitter la Savoie pour aller chercher à Verceil un  climat plus doux. En face de la triste mort que faisait présager sa maladie, il se montra vraiment courageux : “Pourquoi, disait-il, nous affliger de ce qui nous humilie, puisque par là nous est ouvert l’étroit passage de l’éternité ?” Sentant approcher sa fin, il appela auprès de lui ses enfants et voulut recevoir les derniers sacrements en leur présence. Et comme ceux qui l’entouraient manifestaient une profonde affliction, il leur dit : “Mes amis, faites bonne justice, aimez les pauvres, protégez les veuves et les orphelins, faites fleurir la religion, Dieu accordera la paix à nos frontières.” A Yolande, il dit : “Je vous laisse ces orphelins.” Il expira le lundi de Pâques, 30 mars 1472.

Deux de ses fils lui succédèrent, Philibert puis Charles.

Suivant son désir, Amédée IX fut inhumé dans l’église de Saint-Eusèbe de Verceil, sur les marches du maître-autel. Des miracles attestèrent sa sainteté, la piété populaire le vénéra. En moins de dix ans, son culte se répandit à Chambéry, à Seyssel, à Annecy. En 1518 l’archevêque de Turin fit exhumer son corps et préparer le procès de canonisation. Ce n’est qu’en 1677 que le pape autorisa le culte du bienheureux Amédée de Savoie. 

Le Martyrologe Romain le commémore au 30 mars.

Chang Chu-gi Iosephus

(Jang Ju-gi Yosep)

1802-1866

 

Né en 1802 (1803 ?) à Suwŏn dans une riche famille, Iosephus apprit la littérature chinoise de sa belle-sœur.

Tombé malade à Hangji à vingt-six ans, il fut baptisé par un prêtre chinois, Yu Pang-je Pacificus, le deuxième prêtre à entrer en Corée. Puis il fit baptiser son épouse et ses enfants.

Le père Pierre Maubant (v. 21 septembre) remarqua la foi profonde de Iosephus et lui confia la mission de la catéchèse, qu’il remplit avec fidélité jusqu’à la mort.

Il vivait à Paeron (Chech’ŏn), où la persécution le laissa tranquille pendant douze ans. Quand on voulut ouvrir à Paeron un Petit séminaire, Iosephus proposa avec joie sa propre maison dont il resta le concierge. Il rendit constamment service au séminaire et à la communauté catholique pendant onze ans. Il travaillait beaucoup et ne demandait rien en échange.

A l’irruption de la police le 1er mars 1866, il n’alla pas se cacher. Il fut arrêté avec les missionnaires, qui tentèrent de soudoyer les soldats pour délivrer Iosephus, mais lui ne voulait pas se séparer des prêtres.

Quand il fut question de les emmener à Seoul, les prêtres insistèrent pour faire relâcher Iosephus, qui dut repartir à Paeron en pleurant.

Mais cinq jours après, tandis qu’il achetait du riz à Norukol, la police l’arrêta et l’envoya au gouverneur de Chech’ŏn, devant lequel Iosephus reconnut être le propriétaire du séminaire de Paeron.

Le gouverneur voulait lui épargner la vie et tenta de lui faire renier sa foi, mais Iosephus ne céda pas à la tentation. Finalement il fut envoyé à Seoul, où il fut torturé et condamné à mort le 24 mars 1866.

Il fut exécuté en même temps que Mgr Daveluy et les pères Huin et Aumaître, le 30 mars 1866, Vendredi Saint cette année-là.

Le séminaire de Paeron ferma alors, après onze ans d’activités.

A soixante-quatre ans, Chang Chu-gi Iosephus rejoignit la glorieuse troupe des saints Martyrs de Corée, qui sont fêtés ensemble le 20 septembre, après avoir été béatifiés les uns en 1925, les autres en 1968 (dont Iosephus), et tous canonisés en 1984.

 

 

Hwang Sŏk-tu Lucas

(Hwang Seok-du Luka)

1811-1866

 

Né en 1811 à Yŏnp’ung (Ch’ungch’ŏng, Corée N), Lucas était le fils unique d’une noble famille aisée.

Son père lui fit faire les études officielles en vue du diplôme, pour l’honneur de la famille.

A vingt ans, Lucas partit faire son examen à Seoul. En chemin, il rencontra dans une auberge un Catholique qui lui parla de sa merveilleuse religion ; Lucas en fut profondément remué et il se procura quelques livres catholiques.

Trois jours après, il s’en retourna chez lui, disant à son père stupéfait qu’il avait déjà passé son examen, entendant par là l’examen du Ciel. Lucas fut convenablement rossé par son père, mais il continua d’approfondir sa foi catholique.

Il amena son épouse à la foi. Son père le menaça de mort. Pour toute réponse, Lucas prétendit être désormais muet, et le resta pendant plus de deux ans. Toute la famille essaya de le faire sortir de son mutisme, rien n’y fit. Non seulement le père et le reste de la famille s’avouèrent vaincus, mais finalement, tous furent persuadés d’étudier le catéchisme et d’embrasser la foi catholique.

Tout le monde admirait la personnalité, la piété et la foi de Lucas, même les non-croyants. Quand Mgr Ferréol arriva en Corée, Lucas s’offrit pour servir l’Eglise toute sa vie. Il reçut la permission de l’évêque de vivre séparément de son épouse, et l’évêque l’aurait bien préparé à recevoir le sacerdoce, mais le Saint-Siège s’y opposa pour une raison pratique : l’épouse de Lucas ne disposait pas de quelque maison religieuse pour être hébergée.

Son père mourut bientôt. Lucas fut alors dépossédé de tous ses biens, par ses proches parents. Le père Féron en fit un professeur de littérature chinoise et un catéchiste. Lucas remplit de façon admirable sa fonction de catéchiste. Finalement, il devint le secrétaire du Mgr Berneux et de son successeur, Mgr Daveluy. Il écrivit un bon nombre d’ouvrages avec Mgr Berneux (v. 7 mars).

Au moment de son arrestation, Mgr Daveluy demanda à ses ravisseurs d’épargner Lucas, mais ce dernier insista pour ne pas être séparé de son évêque. Ils partirent donc ensemble pour Seoul.

Dans la prison de Seoul, Lucas prêcha la religion catholique à ses persécuteurs, qui purent admirer sa science et son éloquence.

Condamné à mort, il fut martyrisé à Kalmaemot, la base navale de le province de Ch’ungch’ŏng, après Mgr Daveluy et les deux autres missionnaires, Luc Huin et Pierre Aumaître.

C’était le 30 mars 1866, leur dies natalis commun.

Martyrisés ensemble, ils furent béatifiés ensemble en 1968, canonisés ensemble en 1984, et ensemble sont fêtés le 20 septembre.

 

 

Marie-Nicolas-Antoine Daveluy

1818-1866

 

La famille Daveluy était bien connue en Amiens ; le père dirigeait une usine ; les parents, Isidore et Thérèse Laroche, très chrétiens, eurent trois prêtres et trois religieuses parmi leurs quatorze enfants.

Antoine naquit le 16 mars 1818. C’est l’aîné des quatorze enfants (sept garçons et sept filles), mais quand il partira pour les Missions, il donnera son droit d’aînesse à son frère Xavier.

Antoine commença l’étude du latin à sept ans et fréquenta dès 1827 l’école des Jésuites, qui dut bientôt fermer par décret royal. Sa vocation germa durant ses études secondaires et il entra au séminaire de Saint-Sulpice en 1834. Malgré sa mauvaise santé, il voulait être prêtre chez les Jésuites.

En 1841, il est ordonné prêtre. On rapporte qu’à la fin de sa première messe, une brave femme, pleine de foi, demanda humblement à pouvoir être la première à demander l’imposition des mains du jeune prêtre, et de lui présenter son enfant de trois ans qui ne marchait pas encore ; l’abbé Daveluy bénit la maman et le petit garçon, qui aussitôt se mit à marcher.

Dès le séminaire, Antoine fut un membre fervent de l’Archiconfrérie de Notre-Dame des Victoires, et il propagea cette dévotion partout où il passa, à Roye comme en Corée.

Après environ deux années de présence à Roye comme vicaire, Antoine intègre en 1843 la société des Missions Etrangères de Paris.

En 1844 il part pour Macao. Là il rencontre Mgr Ferréol qui cherchait à entrer en Corée et lui proposa de l’accompagner. C’est alors que, de Corée, arriva une barque en bois avec, à son bord, des Coréens qui accompagnaient le diacre Andreas Kim : celui-ci traversait les six-cents kilomètres de la Mer Jaune pour recevoir l’ordination sacerdotale des mains de l’évêque.

L’évêque ordonna prêtre Andreas, et tous reprirent la barque pour entrer clandestinement en Corée.

Le père Daveluy commença à exercer le ministère en coréen en 1846 : en deux mois, il donna les sacrements à plus de sept-cents Catholiques ; dans les deux années qui suivirent, il baptisa quelque mille sept-cents catéchumènes et enfants. 

Le climat ne lui convenait pas beaucoup : il tomba malade. Durant sa maladie, il enseigna le latin aux jeunes séminaristes, il rédigea un dictionnaire coréen-français, qui fut malheureusement perdu lors de la persécution de 1866.

Le successeur de Mgr Ferréol, Mgr Berneux, fut nommer le père Daveluy vicaire apostolique auxiliaire et le consacra évêque dans une maison privée, le 25 mars 1857, jour de l’Annonciation.

Le nouvel évêque se montra disponible pour aller s’occuper des régions les plus éloignées. Il publia aussi des livres catholiques : encore maintenant, la plupart des livres d’histoire catholique disponibles en Corée, sont de lui. 

Mgr Berneux fut arrêté fin février 1866 et martyrisé le 7 mars suivant. Mgr Daveluy lui succéda comme cinquième Vicaire apostolique de Corée : il devait tenir ce poste pour vingt-trois jours seulement.

En effet, il fut arrêté le 11 mars, en même temps que son secrétaire Lucas Hwang Sŏk-tu. Quand la police arriva dans le village, Mgr Daveluy appela lui-même les soldats dans sa maison. Ils l’arrêtèrent, ainsi que le père Aumaître et le père Huin, et les conduisirent à la prison de Seoul.

Ils furent soumis à la torture et aux interrogatoires. Mgr Daveluy, qui parlait coréen correctement, fut maltraité un peu plus durement et parla avec éloquence de la foi catholique.

Mgr Daveluy et les autres furent condamnés à mort. Mais comme le roi allait se marier à Seoul, il ne voulait pas répandre le sang des Martyrs à Séoul, aussi les Prisonniers furent conduits à une centaine de kilomoètres de là, à Kalmaemot, une base navale de la province de Ch’ungch’ŏng.

Mgr Daveluy demanda à être exécuté le 30 mars 1866, jour du Vendredi Saint. Avec lui furent martyrisés les pères Huin et Aumaître, et les laïcs Chang Chu-gi Iosephus et Hwang Sŏk-tu Lucas (pour chacun desquels on trouvera aussi une petite notice).

La devise de Mgr Daveluy était : Qui a Jésus, a tout.

Mgr Daveluy et ses Compagnons font partie des cent-trois Coréens martyrs, béatifiés en 1968, canonisés en 1984 et fêtés ensemble le 20 septembre.

 

Le père de Mgr Daveluy, un très saint homme, reçut la nouvelle du martyre de son fils avec grande émotion, mais aussi avec grande reconnaissance à Dieu pour cette grâce insigne d’avoir un fils évêque et martyr. Il demanda à Dieu de mourir le même jour que son fils : il s’éteignit en effet le 29 mars 1870, à 20 heures, correspondant à cinq heures du matin du 30 mars en Corée.

 

 

Luc Huin

1836-1866

 

Né le 20 octobre 1836 à Guyonville (Haute-Marne), benjamin de neuf enfants, Luc reçut au baptême les noms de Martin-Luc.

Ses bons parents étaient vignerons. Le père était à juste titre fier de ses ancêtres, qui avaient eu un prêtre à chaque génération.

Le curé du village s’intéressa à la vocation de Luc et entreprit de lui enseigner le latin bien avant son entrée au séminaire.

Les études de Luc furent excellentes, et son comportement très bien noté. Il n’avait qu’un «défaut» : une très grande sensibilité.

Dès qu’il reçut les ordres sacrés, il conçut un vif désir d’être un jour missionnaire ; pendant un temps, toutefois, ce désir retomba lorsque la ferme de ses parents fut détruite par le feu. Mais un mystérieux appel demeurait dans son cœur.

Après son ordination sacerdotale (1861), il fut vicaire de paroisse, et écrivit une lettre à son évêque, lui demandant de pouvoir rejoindre les Missions Etrangères de Paris. L’évêque lui demanda seulement de patienter un peu, le temps qu’un autre prêtre pût le remplacer à la paroisse. 

En 1863, Luc partit pour Paris. Les adieux furent difficiles à la maison, à cause de cette sensibilité qui liait encore Luc aux siens. Sa mère lui demanda sa bénédiction et l’absolution.

En juillet 1864, ils étaient neuf à partir pour la Corée : Luc, avec entre autres les pères Just de Bretenières, Louis Beaulieu, Pierre-Henri Dorie qui, eux, devaient être martyrisés le 7 mars, trois semaines avant Luc (voir leur notice à ce jour, de même pour ceux dont il sera question plus bas).

Luc fut d’abord avec Mgr Daveluy à Naep’o, puis vint à Sekŏri (Haptŏk). Il était prêt à n’importe quel sacrifice pour être pleinement «coréen». Il apprit la langue en un temps record : début 1866, il pouvait enseigner le catéchisme et confesser en coréen. Il entendit près de cinq cents confessions, fit l’Onction des Malades sur quelque vingt personnes et unit en Mariage plusieurs couples.

Le père Luc fut arrêté le 12 mars, et envoyé le 19 à la prison de Séoul avec Mgr Daveluy et le père Aumaître. Là, il fut durement interrogé et torturé. Puis tous trois furent transférés à la base navale de Kalmaemot (Ch’ung-ch’ŏng).

Au moment d’être immolé, père Luc s’exprima ainsi : 

Si je regrette de mourir, ce n’est pas parce que je suis encore jeune, ni parce que je vais mourir si misérablement, mais parce que je meurs sans avoir encore rien fait pour le salut de mon cher peuple coréen.

Avec Mgr Daveluy et le père Aumaître, le père Luc fut décapité le 30 mars 1866. Il avait trente ans.

Tous trois furent béatifiés en 1968, et canonisés parmi les cent-trois Martyrs coréens en 1984, dont la fête commune est le 20 septembre.

A l’annonce du martyre de Luc, sa mère fut remplie de joie et chanta le Te Deum avec toute la famille.

 

 

Pierre Aumaître

1837-1866

 

Né à Aizecq (Charente), le 8 avril 1837, Pierre était l’aîné des cinq enfants d’un humble paysan, cordonnier à ses heures.

Il y a des Saints dont on dit qu’ils étaient très ouverts, très intelligents, dès l’enfance : ce ne fut pas le cas de Pierre, dont la mémoire ne lui rendait vraiment pas de grands services, mais c’était un très gentil garçon.

Il dit à son curé son désir d’être prêtre, mais ce dernier lui répondit qu’il n’y arriverait pas ; le nouveau curé refusa carrément de lui enseigner le latin ; en désespoir de cause, Pierre alla à quatre kilomètres de là, chez un bon laïque, pour prendre des leçons de latin.

Quatre kilomètres chaque matin, quatre le soir pour revenir : cette persévérance, cette ténacité, eurent raison du curé, qui recommanda à son évêque le jeune Pierre, pour l’admettre au Petit séminaire de Richemont (1852). Malgré sa petite mémoire, Pierre s’acharna sur l’étude et devint même un des meilleurs élèves.

Il entra au Grand séminaire d’Angoulême en 1857. Ses supérieurs purent admirer son style de vie : son obéissance était parfaite.

Dès qu’il commença les études de philosophie, il parla à son directeur spirituel de son attrait pour les missions, et gagna le Séminaire des Missions Etrangères de Paris en 1859. 

Ordonné prêtre en 1862 - il a vingt-cinq ans - il est envoyé en Corée un an plus tard.

Pierre fut d’abord à Saemkol (Ch’ŏnkokni) pour apprendre le coréen, puis avec Mgr Daveluy à Naep’o, où tout le monde l’apprécia pour sa bonté et son esprit enfantin. Mgr Daveluy écrivit de lui : Ce petit prêtre est en train d’accomplir de petits miracles ; il enseigne aux gens de façon excellente la dévotion à l’Eucharistie et à Marie.

Quand la persécution éclata, le père Aumaître dit à ses ouailles que c’était le moment de témoigner de leur foi en face des non-croyants. Lui-même alla se constituer à la police.

Avec Mgr Daveluy et le père Huin, le père Aumaître fut envoyé à Hongju, puis à la prison de Séoul, où ils subirent tous trois de pénibles interrogatoires et des tortures.

Pierre Aumaître fut décapité juste après Mgr Daveluy, à Kalmaemot, le 30 mars 1866, quelques jours avant son vingt-neuvième anniversaire.

Juste avant son martyre, il exhortait les autres chrétiens présents à rester fidèles.

On a dit que les corps des trois Martyrs restèrent sans corruption jusqu’au moment de leur enterrement, et que leur visage portait un doux sourire.

Pierre Aumaître fut béatifié en 1968, avec Mgr Daveluy et Luc Huin ; tous trois furent canonisés parmi les cent-trois Martyrs coréens en 1984, et sont fêtés ensemble le 20 septembre.

 

Arcangelo Palmentieri

1814-1885

 

Il naquit le 11 mars 1814 a Casoria (Naples, Italie).

En 1832, il entra chez les Frères Mineurs Alcantarins (les Franciscains qui conservaient la première Règle dans toute sa rigueur), à San Giovanni del Palco (Lauro, Nola).

Arcangelo prit le nom de Lodovico.

Il fut ordonné prêtre en 1837.

En 1847-1848, il eut une formidable intuition de se donner totalement aux plus pauvres et déshérités.

Avec la permission des Supérieurs, il ouvrit d’abord une infirmerie dans un couvent de Naples, pour les Confrères infirmes de la région, avec une pharmacie, et se mit à quémander charbon, médicaments et autres choses pour subvenir aux malades.

Il ouvrit d’autres centres hospitaliers et, pour y travailler, il fonda une nouvelle branche du Tiers-ordre franciscain : les Frères de la Charité, ainsi que les Sœurs Franciscaines de Sainte-Elisabeth, toujours présents dans plusieurs villes d’Italie, aux Etats-Unis, en Inde. Il avait coutume de dire qu’un village sans hôpital est un village mort.

Et encore : Dites à un pauvre malade de se confesser, il ne vous comprend pas ! Lui, il souffre et n’entend rien d’autre. Mais si vous le soulevez de sa paille et l’installez dans un bon lit avec des draps propres, si vous lui changez sa chemise toute souillée, si vous lui donnez un bon potage bien chaud et un morceau de viande, il revient à la vie. Après, vous lui parlez de Dieu, de Jésus-Christ, et vous lui proposez : Tu veux te confesser ? Le voilà qui se met à pleurer, il se confesse, et rend grâce à Dieu.

Le père Lodovico construisit ensuite sur la colline du Scudillo un couvent plus grand, toujours avec une infirmerie pour les frères et les pauvres malades de Naples et des environs. Il eut là sa chambrette, de 1852 à 1870, du moins quand il dormait un peu, car toute la journée passait au service des malades et des pauvres.

En 1854, il accueillit deux jeunes Africains, rachetés sur les marchés. Il convainquit son personnel de bien les accueillir ; il en recueillit ainsi jusqu’à une soixantaine, suscitant même l’intérêt du roi qui envoya le père Lodovico au Moyen-Orient pour aller en racheter d’autres. L’idée du père Lodovico était d’évangéliser ces Noirs, et d’en faire des apôtres de l’Afrique : convertir l’Afrique par les Africains.

A partir de 1862, s’ouvrit à Naples l’œuvre des Accantoncelli (petits abandonnés), qui recueillit un millier de ces enfants laissés à la rue.

Il y eut aussi l’institut pour les sourds-muets, fondé auparavant par don Aiello et repris par le père Lodovico à la mort de ce dernier ; un autre institut aussi pour les aveugles et sourds-muets d’Assise ; un orphelinat à Florence, avec imprimerie et école de musique.

Après les douloureux événements politiques de 1870, quand les maisons religieuses étaient absolument interdites, le père Lodovico réussit à intéresser des familles de la noblesse romaine, qui l’aidèrent à ouvrir une maison sur l’Esquilin : elle continua pendant un siècle.

En 1874, s’ouvrit encore à Posillipo une œuvre pour les pêcheurs âgés et les enfants atteints de scrofule.

Des maisons s’ouvrirent encore, et ailleurs. Même le père Lodovico ne savait pas dire combien il y en avait ; on en a recensé plus de deux-cents.

Arcangelo-Lodovico mourut à Naples le 30 mars 1885 et fut béatifié en 1993.

Un autre miracle fut examiné en 2012, qui ouvrira peut-être la voie à la canonisation.

 

 

Leonardo Murialdo

1828-1900

 

Né le 26 octobre 1828 à Turin (Italie), huitième enfant d’un père agent de change qui mourut en 1833, Leonardo (qu’on surnommait Nadino) grandit au collège des Piaristes de Savona.

D’après son propre testament spirituel, il semble qu’il ait eu une jeunesse un peu troublée, mais il retourna bientôt à Turin où il entreprit des études au séminaire (ainsi qu’au séminaire Saint-Sulpice à Paris) et fut ordonné prêtre an 1851.

Ses premières activités furent les oratorios de jeunes, en collaboration avec saint Giovanni Bosco (voir au 31 janvier), avec lequel il s’occupa des jeunes abandonnés à eux-mêmes dans les faubourgs de Turin, ou même en prison.

Il ouvrit pour eux une maison-famille pour héberger les plus pauvres.

En 1866, il fut nommé recteur du Collège des Jeunes Artisans à Turin, sa principale activité jusqu’à la mort.

Il fonda la Confraternité laïque de Saint-Joseph, qui aurait pour mission de perpétuer cette assistance auprès des jeunes, ainsi que l’Union des Ouvriers Catholiques, l’Association de la Bonne Presse, et promut le journal La Voix de l’Ouvrier. Il voyagea beaucoup en Italie du Sud, en France, en Angleterre, pour s’intéresser à la condition des jeunes ouvriers et à leur assistance.

Leonardo semble n’avoir fait que son devoir, humblement, discrètement, et toute sa sainteté fut dans cette persévérante attention pour les jeunes. 

Frappé de pneumonie, Leonardo Murialdo mourut le 30 mars 1900.

Il fut béatifié en 1963, et canonisé en 1970.

 

 

Julio Álvarez Mendoza

1866-1927

 

Né le 20 décembre 1866 à Guadalajara (Jalisco, Mexique), le fils de Anastasio Álvarez et de Dolores Mendoza fut baptisé le lendemain et reçut le prénom de Julio. 

Il apprit l’art du tailleur. Son sérieux au travail poussa les patrons de ses parents à l’aider à entrer au collège, puis au séminaire de Guadalajara.

Son bon comportement, son application à l’étude, le firent vite accepter dans la Congrégation Mariale du séminaire.

Ordonné diacre en 1890, prêtre seulement en 1894 (peut-être à cause d’une maladie), il fut curé de Mechoacanejo pendant toute sa vie.

Son arrivée dans cette paroisse fut saluée par les Indiens avec des manifestations de joie et des démonstrations de respect, avec des chants, des danses, de la musique.

Ami de tous les enfants et des pauvres, il s’appliqua à éradiquer les mauvaises habitudes et les superstitions ; Il leur enseigna à faire des vêtements, mais en fit aussi lui-même pour aider les plus nécessiteux.

Il avait bien sûr une grande dévotion à Notre-Dame de Guadalupe, comme tous les Mexicains. Il sentait arriver les temps difficiles et faisait prier les fidèles pour demander à Dieu la force nécessaire à supporter les épreuves.

Sa vieille maman vivait près de l’église. A l’approche de la persécution, l’évêque laissa ses prêtres choisir entre se rapprocher de Guadalajara, ou rester parmi leurs fidèles. Julio préféra rester sur place. Il célébra la messe et les sacrements en cachette, dans les maisons de campagne.

Quand la persécution contre l’Eglise se déchaîna, il fut reconnu comme prêtre par l’armée dans un de ses déplacements de pastorale, le 26 mars 1927. Il était accompagné de deux jeunes, Gregorio et Gil. Un des soldats s’approcha du père Julio et lui baisa la main, disant aux autres qu’il était son parrain.

Interrogé sur son état sacerdotal, Julio ne nia pas.

On l’attacha sur une selle de cheval, on l’emmena à Villa Hidalgo, Aguascalientes, León, San Julián, au milieu de mille épreuves, humiliations et tortures, les mains liées, sans lui donner à manger. Il n’avait pas le droit de s’asseoir : il devait ou rester debout ou se mettre à genoux. A la fin, exténué, il ne pouvait même plus ouvrir les yeux. Aucune plainte ne sortait de sa bouche. On le condamna à mort.

Finalement, on le mit sur un tas d’ordures pour être fusillé. Il demanda simplement au capitaine :  Vous allez vraiment me tuer ? - C’est les ordres, répondit l’autre. - Je vais mourir innocent. Je n’ai rien fait de mal. Le délit que j’ai fait, est d’être ministre de Dieu. Je vous pardonne. Je vous demande seulement de ne pas tuer les garçons qui m’accompagnaient, parce qu’ils sont innocents.

Il mit les bras en croix en attendant le coup fatal.

L’abbé Julio Álvarez Mendoza reçut trois balles dans le corps, avant le coup de grâce dans la tête. 

Il avait été curé à Mechoacanejo pendant trente-trois ans.

C’était le 30 mars 1927. A ce moment-là, s’éleva une tempête qui empêcha toute visibilité à Mechoacanejo. Le cadavre du Martyr fut laissé là, dans les ordures, près de l’église, jusqu’à ce que les villageois, ayant appris ce qui s’était passé, vinrent le prendre pour l’ensevelir.

Julio Álvarez Mendoza fut béatifié en 1992 et canonisé en 2000 parmi vingt-cinq Martyrs mexicains, dont la fête commune est au 21 mai.

Saint Julio Álvarez Mendoza a été proclamé Patron céleste du clergé de son diocèse  (Aguascalientes).

 

 

Helena Kafka

1894-1943

 

Née le 1er mai 1894 à Husovice (Autriche, actuelle Brno en Tchécoslovaquie), Helena était la sixième fille d’un humble cordonnier ; on a pu orthographier son nom Kafka ou Kafková.

En 1896, la famille s’installa à Vienne, se rapprochant d’une minorité tchèque.

Adolescente, Helena travailla comme aide-infirmière à l’hôpital Lainz. A dix-neuf ans, elle entra chez les Sœurs Franciscaines de la Charité Chrétienne ou Sœurs Hartmann, prenant le nom de Maria Restituta, par référence à cette Martyre du 4e siècle (voir au 17 mai).

Après la Première guerre mondiale, elle travailla comme infirmière à l’hôpital Mödling, et même comme première infirmière au bloc opératoire, de 1919 à 1938. C’est dans cet hôpital que son courage va marquer le cours de sa vie.

Après l’Anschluß qui annexait de force l’Autriche à l’Allemagne, la Sœur Restituta refusa énergiquement de supprimer les crucifix des chambres de l’hôpital, qu’elle avait elle-même accrochés dans une nouvelle aile de l’établissement. A ce «grief» s’ajouta celui d’avoir écrit deux lettres où elle critiquait le régime nazi.

Ce fut un docteur de l’hôpital, partisan du nazisme, qui la dénonça. On l’arrêta le jour du Mercredi des Cendres, 18 février 1942, au moment où elle sortait de la salle d’opération.

Le 29 octobre 1942, elle fut condamnée à être guillotinée par une Cour de Justice Populaire, pour entente avec l’ennemi et instigation à haute trahison.

En attendant le jour fatal, elle resta en prison, où elle s’occupa des autres prisonniers, parmi lesquels même les communistes parlèrent d’elle en bien. On lui proposa la liberté, si elle acceptait de quitter sa communauté religieuse, ce qu’elle refusa évidemment.

Une pétition fut présentée à Martin Bohrmann, qui la refusa, pour l’exemple.

Au moment de l’exécution, Maria Restituta demanda au prêtre présent de lui faire sur le front le signe de la croix.

L’exécution eut lieu à Vienne le 30 mars 1943. Sœur Restituta avait quarante-huit ans.

Elle a été béatifiée en 1998.

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