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2 mars 2020 1 02 /03 /mars /2020 08:08

02 MARS

 

III.

S Troadius, martyr à Néocésarée.

Ss Jovin et Basilée, martyrs à Rome.

S Quintus le Thaumaturge (Cointus), en Eolide : il guérit son persécuteur qui, à son tour, le remit en liberté. 

?

Ss Lucius, Absalon et Lorge, martyrs.

Ss Paul, Héracléas, Secondille et Janvière.

VI.

S Joévin, disciple de s. Pol de Léon, auquel il succéda.

VII.

S Fergna, abbé à Iona (évêque ?).

S Chad (Ceadda), un des saints les plus populaires en Angleterre, frère de s.Cedd, abbé à Lastingay, évêque à Lichfield, mort de la peste ; il visitait toujours son diocèse à pied.

VIII.

S Willeic, disciple et collaborateur de s. Suitbert, à Kaiserwerth.

IX.

S Luca Casali de Nicosie, abbé à Agira, aveugle à la fin de sa vie.

XII.

B Charles le Bon, comte de Flandre, fils de s. Knut, victime d’une conspiration et considéré comme martyr ; il avait proclamé la trêve de Dieu, et menacé ses sujets de perdre un membre s’ils juraient par le nom de Dieu.

XIII.

Ste Agnès de Prague, princesse de Bohême, clarisse et abbesse dans le couvent qu’elle avait fondé à Prague ; elle reçut quatre lettre de ste Claire d’Assise ; canonisée en 1989. 

XX.

 Ste Ángela de la Croix Guerrero González (1846-1932), espagnole, fondatrice des Sœurs de la Compagnie de la Croix, pour soigner les marginaux, béatifiée en 1982 et canonisée en 2003.

Troadius de Néocésarée

† 251

 

L’événement concernant Troadius est bref, mais éblouissant.

C’était durant la persécution de Dèce (251), à Néocésarée (Pont, act. Niksar, Turquie NC)

S.Grégoire le Thaumaturge (v. 17 novembre), du fond de sa cachette, annonça à ses amis qu’un jeune homme noble, nommé Troadius, venait d’être amené par les licteurs au gouverneur et qu’il avait remporté la couronne du martyre.

Tous furent surpris de cette nouvelle, un diacre se rendit à la ville et en eut confirmation.

Saint Troadius de Néocésarée est commémoré le 2 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Quintus (Cointus)

 † 283

 

Quintus naquit en Phrygie (Asie Mineure, actuelle Turquie occidentale). 

Plus tard venu en Eolide (autre région d’Asie Mineure), il y montra une tendre compassion pour les indigents. 

Au temps de l’empereur Aurélien, le préfet Rufus voulut obliger Quintus à sacrifier aux idoles, mais tombé en la possession du démon, il dut sa délivrance aux prières de sa victime, et, par reconnaissance, lui rendit la liberté. En même temps, ceux qui se trouvaient dans le temple des idoles, effrayés par un tremblement de terre qui ébranla l’édifice et renversa les statues, prirent la fuite, sans s’occuper davantage de Quintus. 

Quarante jours après ces événements, un nouveau préteur, idolâtre fanatique, succéda à Rufus, fit saisir de nouveau Quintus et donna l’ordre de lui briser les jambes. Dieu, qui protégeait son fidèle serviteur, le guérit instantanément. 

Après ce miracle, dix années s’écoulèrent pendant lesquelles le saint homme parcourut la région, guérit toutes sortes de maladies, procura des ressources aux pauvres. Il mourut dans cet exercice de la charité. 

Le supplice ayant eu lieu en 272, on peut placer la mort vers 283.

Certains épisodes de ce martyre se retrouvent souvent dans d’autres vies de martyrs, ce qui fait penser à certains qu’ils ont pu être sinon inventés, du moins édulcorés. Mais il faut se rappeler que dans les premiers siècles, Dieu multipliait les signes de sa présence par les actes de ses apôtres et de ses saints, pour prouver aux populations sa puissance.

Les Grecs parlent souvent de ce Quintus dans leurs fastes, le surnommant Thaumaturge, terme repris dans un ménologe édité par Canisius : miraculorum effector

Le ménologe de l’empereur Basile le mentionne au 2 mars, ce qu’a repris le Martyrologe Romain. 

 

Joévin

† 578

 

Joévin fut l’un des fervents disciples et compagnons de saint Paul-Aurélien. Ce dernier était un moine anglais devenu évêque dans le Léon en Bretagne, et dont la ville de Saint-Pol-de-Léon porte le nom. 

Joévin, qu’on appelle aussi Joavan ou Jaoua, s’en vint donc aussi de son Angleterre native pour venir en Bretagne armorique et y mener la vie d’anachorète.

Une pieuse légende, qui a certainement un fondement historique, rapporte qu’un taureau sauvage ne pouvait souffrir dans son voisinage la cellule du moine et la renversa jusqu’à quatre fois, Joévin ne se lassant pas de la reconstruire. On fit appel à Paul-Aurélien qui vint s’y installer, et le soir quand la bête vit l’homme de Dieu à genoux devant l’ermitage, elle vint s’étendre à ses pieds. Paul fit sur elle un grand signe de croix, et celle-ci disparut pour ne plus revenir.

Sur la fin de ses jours, Paul choisit Joévin pour le suppléer dans les fonctions épiscopales, mais celui-ci mourut un an après cette promotion, vers 578.

Le corps de Joévin fut inhumé à sept lieues de Saint-Pol-de-Léon, mais y fut rapporté dans la suite. Deux églises de la région rappellent son souvenir : Kerjoven et Saint-Jahoua.

Sa fête est au 2 mars.

 

 

Chad

† 672

 

Chad, que l’historien saint Bède a rendu en latin par Ceadda, était né en Northumbrie, ancien royaume angle, dont la capitale était York.

Il avait trois frères : s.Cedd qui fut évêque (voir au 26 octobre), Caelin et Cynibill qui furent prêtres.

Chad eut pour maître saint Aidan (voir au 31 août), évêque à Lindisfarne, mais il alla aussi passer une partie de sa jeunesse en Irlande à l’abbaye de Mellifont, en compagnie d’Ecgberht (v.24 avril). Il en fut rappelé par son frère Cedd qui demandait son aide pour gouverner le monastère de Lastingham fondé par lui dans le comté d’York. Mais comme Cedd devint bientôt évêque de Londres, c’est-à-dire “des Saxons de l’Est”, il abandonna à Chad tout le gouvernement du monastère. 

C’était l’époque où, dans le concile de Whitby, l’influence de Wilfrid avait fait adopter la pratique romaine pour la célébration de la Pâque. Cette décision fut justement à l’origine d’une petite “intrigue” concernant le siège épiscopal de Lindisfarne. Son titulaire Colman, qui avait succédé à s.Aidan, avait démissionné parce qu’il préférait l’habitude irlandaise (ou écossaise) concernant la célébration de Pâques. Son successeur, Tudi, mourut de la peste peu de temps après. On désigna alors Wilfrid (v. 24 avril) pour occuper ce siège, lequel fut transféré de Lindisfarne à York. Or Wilfrid alla en Gaule pour se faire consacrer, et ce voyage apparut un peu trop long aux yeux du roi de Northumbrie, Oswiu, qui décida simplement de “créer” Chad évêque à la place de Wilfrid.

C’est ainsi que Chad fut sacré évêque en 666, par l’évêque de Winchester, Wini, assisté de deux prélats bretons. Chad rentra aussitôt en Northumbrie et, d’après le témoignage du vénérable Bède, il remplit avec zèle tous les devoirs de sa charge, visitant les paroisses à pied, prêchant l’Evangile, à la manière des apôtres, recherchant les plus pauvres et les plus délaissés pour les instruire et leur venir en aide.

On peut à juste titre se demander quelle devait être l’attitude de Wilfrid à son retour. Il se comporta en véritable saint, se retirant simplement dans son abbaye de Ripon. Mais c’est alors qu’intervint le nouvel archevêque de Canterbury, Théodore, qui entreprenait la visite générale de l’Eglise d’Angleterre. Parvenu en Northumbrie, il lui arriva des bruits de contestations, selon lesquelles Chad aurait été consacré irrégulièrement, soit parce que c’était Wilfrid qui avait été nommé au siège de Lindisfarne, soit parce que les prélats assistants au sacre de Chad appartenaient à cette portion de l’Eglise d’Angleterre qui n’observait pas les règles romaines de la célébration de la Pâque. Il est intéressant de noter la conversation entre Théodore et Chad :

Théodore : Tu n’as pas été sacré canoniquement.

Chad : Si tu en juges ainsi, j’abandonne volontiers une charge dont je ne me suis jamais estimé digne et que j’ai acceptée par obéissance.

Frappé de cette douceur et de cette humilité, Théodore lui répliqua qu’il n’était pas obligé de renoncer à la charge épiscopale et suppléa seulement à quelques rites qu’il trouvait défectueux dans l’ordination. Tandis que Wilfrid prenait possession du siège de York, Chad se retirait dans son monastère de Lastingham.

Il dut bientôt en sortir à nouveau, désigné par Théodore pour succéder à Jaruman, évêque des Merciens récemment décédé. C’est ainsi que Chad fut évêque de Lichfield, avec l’approbation du roi Oswiu,  celui-là qui l’avait fait nommer pour le diocèse de York. Là Chad bâtit une église qu’il dédia à Notre Dame, fit construire à une faible distance, une résidence pour lui-même et huit de ses moines avec lesquels il partagea son temps entre la prière, l’étude, la prédication. Le roi Wulfhere donna encore un terrain à l’évêque pour y établir un monastère, qui est peut-être celui de Barrow.

Comme à Lindisfarne, Chad montra à Lichfield le même zèle apostolique et la même simplicité. Contre les observations de Théodore qui aurait préféré le voir à cheval, il reprit ses visites pastorales à pied. De nouveau saint Bède nous décrit la simplicité de cet évêque, d’après des récits que lui avait faits un disciple de Chad à Lastingham. Ainsi quand le saint homme entendait le vent souffler en tempête, il interrompait sa lecture ou ses autres occupations pour demander à Dieu miséricorde en faveur de l’humanité ; si le vent se déchaînait avec plus de violence, il tombait la face contre terre et continuait de prier ; si la tempête était accompagnée de tonnerre et d’éclairs, il allait à l’église et y récitait des psaumes jusqu’à ce que le calme fût rétabli.

Après deux ans et demi de cette activité pastorale exemplaire, voici comment Chad se prépara à la mort. Un de ses disciples était occupé aux travaux des champs quand il entendit une très douce harmonie et comme des chants de joie qui partaient du ciel. Cette belle musique se rapprocha peu à peu pour entourer la chambre où Chad se trouvait seul, pour repartir ensuite vers le ciel. Chad ouvrit alors sa fenêtre et fit signe à son disciple et à ses compagnons d’approcher, pour leur dire : “L’hôte aimable, qui a déjà visité tant de nos frères, a daigné venir vers moi et m’a invité à quitter ce monde. Allez à l’église et recommandez aux frères qui s’y trouvent de prier pour mon heureux trépas.” Pendant que ses compagnons exécutaient ce message, le disciple demeura près de Chad et lui demanda ce que pouvaient signifier ces chants qu’il venait d’entendre. Et Chad de répondre : “C’est le chant des anges ; dans sept jours, ils vont revenir pour emporter mon âme.” En effet, Chad tomba malade aussitôt de la peste, qui avait déjà tant frappé le clergé de son diocèse, et mourut sept jours après, comme il l’avait annoncé, le 2 mars 672.

Dans un premier temps, le corps de Chad fut enseveli à Lichfield, puis transféré dans l’église Saint-Pierre. La châsse était de bois, en forme de maisonnette, avec sur le côté une ouverture pour permettre aux fidèles de passer la main et recueillir un peu de poussière ; mêlée à de l’eau qu’on buvait, cette poussière guérissait diverses maladies. Au XIIe siècle, on construisit une grande église dédiée à Sainte Marie et Saint Chad, laquelle devint la cathédrale de Lichfield, où l’on transféra les reliques de saint Chad. Au moment de la Réforme, les reliques furent sauvées de la profanation par des Catholiques. Actuellement, ces reliques se trouvent à la cathédrale de Birmingham, qui est dédiée à saint Chad.

Saint Chad est très vénéré en Irlande. Ce fut un des saints les plus populaires de l’Angleterre. 

Le Martyrologe Romain le mentionne au 2 mars.

 

 

Luca Casali

† 890

 

Luca, surnommé Casali, naquit à Nicosia en Sicile. Il fut élevé par un religieux ; lorsqu’il eut douze ans ce religieux conduisit l’adolescent dans son monastère d’Agira, Santa Maria Latina (Sicile). On n’est pas sûr de l’ordre de ce monastère : peut-être bénédictin, ou selon d’autres plutôt basilien.

Luca prit l’habit, fut ordonné prêtre. Ses vertus l’avaient déjà fait connaître alentour : on vint le consulter.

A la mort de l’abbé du monastère, Luca fut élu à sa place ; par humilité, Luca voulait décliner cette charge, mais ce fut le pape lui-même qui lui ordonna de regarder comme un ordre de Dieu l’expression de la volonté de ses frères. On ne connaît pas le nom de ce pape, ce qui aurait pu nous aider à mieux situer saint Luca : il y eut vingt-et-un papes au IXe siècle !

Luca fut frappé de cécité, mais continua ses activités et ses fonctions, se faisant guider par un de ses moines.

Un jour, après avoir rendu visite à des parents, les religieux qui l’accompagnaient le prièrent de prêcher en un endroit désert, lui faisant croire qu’il y avait là une foule qui attendait sa prédication. Il prêcha, et quand il donna sa bénédiction, ce furent les pierres qui répondirent Amen. Les religieux, confus, avouèrent leur subterfuge et en demandèrent pardon à l’abbé, qui n’eut aucun mot de réprimande pour eux.

Luca mourut à un âge très avancé, un 2 mars. Sa réputation de sainteté était telle qu’on l’ensevelit dans la même urne funéraire qu’un autre grand saint local, saint Filippo, un prêtre qui avait évangélisé la Sicile et était mort à Agira au Ve siècle (voir au 12 mai). 

L’année de sa mort reste incertaine : probablement 890, en 1164 selon d’autres, mais il semble bien qu’il ait vécut déjà avant les invasions arabes en Sicile (donc avant 827).

En 1575, une épidémie de peste cessa après que la population ait invoqué saint Luca : il fut alors demandé au pape Grégoire XIII de le reconnaître comme le patron de Nicosie.

Le Martyrologe le commémore effectivement le 2 mars.

 

Charles le Bon

1083-1127

 

Ce Charles (peut-être Karl dans son pays scandinave) était fils du roi danois Knut IV le Saint (v. 10 juillet) et d’Ethela (Adélaïde), benjamin de leurs quatre fils. Il naquit vers 1083 à Odense (Danemark)

Il fut orphelin de père à quatre ans, et sa mère le confia au comte de Flandre, son cousin, qui résidait à Bruges. Il y fut armé chevalier et prit part aux opérations des croisés en Terre sainte (1096).

De ce cousin, Baudouin à la Hache, qui n’avait pas d’enfant, il hérita du comté de Flandre ; et par son épouse, Marguerite, il reçut le comté d’Amiens. Son mariage eut lieu en 1118.

Avant de mourir, Baudouin avait associé Charles au gouvernement, de sorte que, à l’avènement officiel de Charles (1119), tous le connaissaient déjà pour sa bonté et sa justice. 

Or, Baudouin avait préféré Charles au cousin de ce dernier, Guillaume d’Ypres, écarté du pouvoir comme fils illégitime. Mais la mère de Baudouin, Clémence, était jalouse de Charles, et soutenait Guillaume. Aussi conduisit-elle une ligue de princes contre Charles, qui la réprima avec succès, avec l’aide de Dieu. Ainsi commença, par la guerre, le gouvernement de ce roi si pacifique.

Dès le début, Charles donna ordre à tous ses sujets de déposer les armes ; ceux qui auraient désobéi auraient été frappés par ces armes qu’ils portaient. La paix revint, et la prospérité.

Lors d’une grave famine (1226-1227), il obligea les commerçants à vendre à faible prix, pour permettre aux gens d’acheter avec moins de difficultés. Il obligea les paysans à semer une partie de leurs champs avec des pois et des fèves, qui pouvaient se récolter avant le grain. Il visita les greniers des riches propriétaires et fit vendre à prix modéré leurs réserves (mais en leur reversant le bénéfice des ventes).

Lui-même, pieds nus, reçut chaque jour cent pauvres dans son château de Bruges et faisait retirer de sa table de quoi nourrir une centaine d’autres, sans oublier de fournir quotidiennement à un pauvre un ensemble de vêtements neufs : chemise, tunique, fourrures, cape, bottes, bottines et souliers. Il interdit la fabrication de bière, pour ne pas gaspiller le grain et en donner aux plus pauvres ; il ordonna la fabrication de pain d’avoine, pour permettre aux pauvres d’acheter quelque chose à manger. Chaque matin, il se rendait à l’église pour prier et chanter des psaumes, puis il entendait la Messe et distribuait encore des aumônes.

A la mort de l’empereur romain germanique, on proposa la couronne à Charles ; certains mauvais sujets, même, le poussaient à accepter, pour mieux se débarrasser de ce prince trop chrétien. D’autres lui proposèrent de prendre la place du roi de Jérusalem, mauvais administrateur, qui venait d’être fait prisonnier des Sarrasins. Mais Charles refusa l’une et l’autre propositions. 

Des traîtres organisèrent l’assassinat de leur prince et le frappèrent mortellement le 2 mars 1127, alors que Charles venait d’entendre la sainte Messe et était encore en prière dans l’église Saint-Donatien de Bruges. Ils s’en prirent aussi impitoyablement à tous ceux qui se trouvaient auprès de Charles. Ce fut un horrible massacre dans le lieu saint et ses abords immédiats.

Mystérieusement, cette mort fut connue jusqu’en Angleterre à peine deux jours après.

Charles le Bon, martyr, est mentionné régulièrement au 2 mars dans le Martyrologe.

Son culte a été approuvé en 1882.

 

 

Agnès de Bohême

1211-1282

 

Les parents royaux de cette princesse s’appelaient Premysl Otakar I, roi de Bohême, et Constance, sœur d’André II de Hongrie. Elle nacquit en 1211 et fut toute son enfance l’objet de tractations d’ordre politique et dynastique pour la fiancer contre sa volonté à tel ou tel prétendant.

Toute petite, elle fut confiée à la duchesse de Silésie, sainte Edwige (1174-1243), qui la plaça chez les moniales cisterciennes de Trzebnicz et lui enseigna les premiers rudiments de la foi chrétienne. Quand elle eut six ans, de retour à Prague, elle fut confiée aux moniales prémontrées de Doksany pour son instruction.

Elle avait neuf ans lorsqu’en 1220 elle dut aller vivre à Vienne où Henri VII, fils de l’empereur Frédéric II, voulait l’épouser. Le  projet échoua et elle revint à Prague, se vouant à une vie encore plus intense de prière et de bonnes œuvres ; après mûre réflexion, elle décida de consacrer à Dieu sa virginité.

D’autres projets de fiançailles ne manquèrent pas, de la part du roi d’Angleterre Henri III, qui échoua, et par deux fois de la part de Frédéric II. La pauvre Agnès dut recourir au pape, Grégoire IX, lui demandant d’intervenir et de convaincre ses parents de la laisser libre de son choix.

C’est à cette époque qu’elle connut à Prague des Frères Mineurs, dont elle apprit la mode de vie de sainte Claire d’Assise, selon l’esprit de saint François, qui était mort en 1226 : elle en fut fascinée et voulut en suivre l’exemple.

De ses propres deniers elle fonda à Prague en 1232-1233 l’hôpital de Saint-François, ainsi que l’ordre des Croisés de l’Etoile Rouge pour le diriger. A la même époque elle fonda le monastère de Saint-François pour les “Pauvres Sœurs”, appelées aussi “Damianites”, où elle-même entra en la fête de la Pentecôte, le 11 juin 1234.

Ayant émis les vœux de chasteté, pauvreté et obéissance, elle s’appliqua à les mettre en pratique fidèlement toute sa vie. Elle conserva la virginité en vue du royaume des cieux comme l’élément fondamental de sa spiritualité, consacrant toute la profondeur affective de sa personne à l’amour total de l’Epoux céleste. Par pauvreté, elle qui avait déjà distribué ses biens aux pauvres, renonça alors totalement aux biens de la terre pour suivre le Christ pauvre, dans l’Ordre des “Pauvres Sœurs”. Enfin l’esprit de la sainte obéissance la conduisit à toujours conformer sa volonté à celle de Dieu, qu’elle lisait dans l’Evangile et dans la Règle que l’Eglise lui avait donnée. 

Elle fut en relations épistolaires avec Claire d’Assise, dont on a gardé quatre lettres. Elle la soutint fortement pour obtenir l’approbation de la nouvelle Règle. Quand celle-ci parvint enfin, elle l’appliqua avec totale fidélité.

Elle fut bientôt élue abbesse de son monastère, charge qu’elle dut garder jusqu’à la mort, mais qu’elle exerça avec humilité et charité, se considérant tout juste la “sœur aînée” de la maison. 

L’admiration que son entrée en religion avait suscitée dans toute l’Europe, grandit encore avec les années, par le témoignage de tous ceux qui purent observer ses vertus, comme l’attestent de nombreux récits biographiques.   

Elle avait un amour brûlant pour Dieu et le prochain. On a dit que “sur l’autel de son cœur brûlait continuellement une telle flamme vive d’amour divin, que sa foi insatiable la poussait à monter toujours plus haut, dans la recherche ininterrompue de son Bien-aimé”, recherche qui s’exprimait spécialement dans sa ferveur envers l’Eucharistie et la Croix du Christ, ainsi que dans la dévotion filiale à Marie, dans le mystère de l’Annonciation.

Son amour pour le prochain se manifesta, outre la fondation de l’hôpital, “envers tous ceux qui recouraient à elle en demandant de l’aide à Dieu et aux hommes”. 

Elle aima l’Eglise et supplia Dieu, dans sa bonté, d’accorder à tous les chrétiens le don de la persévérance dans la foi et de la solidarité chrétienne. Elle soutint les papes qui recouraient à ses prières pour le bien de l’Eglise et à ses bons offices auprès de ses proches de la cour de Bohême.

Elle avait une prédilection pour sa chère patrie, dans laquelle elle promut beaucoup d’œuvres caritatives où elle savait aussi payer de sa propre personne ; elle sut prodiguer de sages conseils pour éviter des conflits, et pour encourager la fidélité à la religion chrétienne reçue des ancêtres.

Ses dernières années furent très affligées par les profondes tristesses dues à un pénible conflit qui agita toute la famille royale, ainsi que le monastère et tout le pays, avec l’anarchie qui s’ensuivit. A tout cela s’ajoutèrent aussi des calamités naturelles qui s’abattirent sur la région, entraînant une grave disette. Dans ces circonstances, Agnès montra une patience inaltérable.

Elle mourut le 2 mars 1282 et les miracles ne se firent pas attendre. Le culte immémorial envers la Vénérable fut confirmé par Pie IX en 1874, et Jean-Paul II l’a canonisée le 12 novembre 1989.

 

 

María de los Ángeles Guerrero González

1846-1932

 

María naquit dans une famille laborieuse et pieuse à Séville (Espagne méridionale), le 30 janvier 1846. Francisco Guerrero et Josefa González eurent quatorze enfants, dont six seulement vécurent.

Le papa, cuisinier chez les pères Théatins mourut subitement.

Sans ressources, elle ne put aller à l’école, mais elle avait appris de sa mère à prier. Un jour que tout le monde la cherchait, on le retrouvait en prière à l’église.

A douze ans, elle commença à travailler dans un atelier de chaussures, dont la pieuse patronne faisait prier chaque jour le chapelet à ses employées et leur lisait la vie des Saints.

A dix-neuf ans, Angelita essaya d’entrer en religion, chez les Carmélites, puis chez les Sœurs de la Charité, mais sa santé ne résistait pas.

Elle revint à l’atelier de chaussures et, sur le conseil de son directeur spirituel, elle soigna des malades lors d’une épidémie de choléra.

On avait déjà un grand respect pour cette jeune fille si pure ; quand elle paraissait, toutes les conversations mondaines ou déplacées cessaient ; on disait : Tais-toi, voilà Angelita.

A vingt-cinq ans, elle se consacra à Dieu de façon privée. 

Peu après, pendant qu’elle priait, elle vit devant la croix du Christ crucifié une croix vide, et comprit que c’était à elle de s’immoler sur cette croix.

Avec trois compagnes, elle fonda le 2 août 1875 les Sœurs de la Compagnie de la Croix, qui auraient la vocation de venir auprès de tous les malades ou agonisants, partout où personne ne pourrait être là pour les assister : Se faire pauvre avec le pauvre pour l’amener au Christ.

Ses trois compagnes sont Josefa de la Peña, Juana María Castro et Juana Magadán. C’est Josefa qui met sa fortune au service de la fondation. La première maison est au 13 rue San Luis, puis elles déménageront au 8 rue Hombre de Piedra, toujours à Séville.

Désormais elle s’appellerait Mère Ángela de la Croix ; elle devint la mère des pauvres, humble, effacée, mais efficace : de son vivant, vingt-trois maisons vont s’ouvrir. En 1876, le cardinal Spinola donne son approbation.

Il y a aujourd’hui plus de cinquante maisons, en Espagne, en Italie, en Argentine.

Mère Ángela mourut à Séville le 2 mars 1952, si humble et si effacée… qu’on a bien du mal de trouver quelques indications supplémentaires sur sa vie et son œuvre. On a dit qu’elle représentait un cas unique au monde, car quand on prononçait son nom à Séville, tous les visages souriaient et l’ont répétait : Elle était bonne, c’était une sainte. 

Deux jours après sa mort, malgré le contexte anticlérical de l’époque, le conseil municipal décida de donner son nom à l’avenue centrale de Séville (rue Alcázares). La décision fut prise à l’unanimité.

Mère Ángela a été béatifiée en 1982, et canonisée en 2003.

 

Le miracle retenu pour la canonisation a été la guérison totale et durable d’un enfant aveugle, souffrant de l’obstruction de l’artère centrale de la rétine de l’œil droit.

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