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1 avril 2020 3 01 /04 /avril /2020 23:00

02 AVRIL

 

IV.

S Polycarpe, martyr à Alexandrie.

S Apphianus, martyr à Césarée de Palestine ; quand son corps fut jeté en mer, les vagues le reportèrent à l’entrée de la ville.

Ste Théodora, martyre de dix-huit ans à Césarée de Palestine.

V.

S Urbain, évêque à Langres ; par ses miracles, il protégea la culture : on  l’invoque contre le mauvais temps et on le représente avec une grappe de raisin ; il vaudrait mieux ne pas le confondre avec s. Urbain pape (25 mai), qui a les mêmes “prérogatives”.

S Abundius, évêque à Côme, d’origine grecque.

VI.

S Victor, évêque à Capoue, auteur d’un ouvrage sur la Pâque (approuvé par un concile à Orléans) et d’une “Harmonie évangélique”.

S Nizier, évêque à Lyon, d’une chasteté exemplaire ; jeune, il fut guéri d’une tumeur au visage par l’intercession de s. Martin.

Ste Musa, vierge romaine, à qui la Sainte Vierge annonça la mort un mois auparavant.

VII.

S Eustase, abbé à Luxeuil.

Ss Longis et Agneflète, moine et moniale près du Mans ; Agneflète, qui ne voulait pas se marier, fut protégée par Longis ; les calomnies ne purent rien contre ces vies innocentes. 

VIII.

Ste Floberde, vierge à Amilly-en-Brie.

IX.

S Tite, thaumaturge grec, abbé à Constantinople.

Ste Ebba la Jeune, abbesse et martyre à Coldingham ; pour enlever aux envahisseurs danois toute tentation, elle se coupa au rasoir le nez et la lèvre supérieure ; les autres moniales en firent autant ; horrifiés, les danois mirent le feu au monastère.

XVI.

S Francesco de Paola, calabrais, ermite à 14 ans et thaumaturge, fondateur de l’ordre des Minimes. 

S John Payne, prêtre anglais martyr à Chelmsford.

XVII.

B Diego Luis de San Vitores, jésuite, et S Pedro Calungsod, catéchiste de 17 ans, martyrs sur l’île de Guam, torturés et jetés à la mer, béatifiés le premier en 1985, le second en 2000 ; Pedro est ensuite canonisé en 2012.

XIX.

B Giovanni Croci (Leopoldo de Gaiche), franciscain en Ombrie.

S Đaminh Vũ Đình Tũóc, prêtre dominicain tonquinois, martyr canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

Bse Elisabetta Vendramini, fondatrice à Padoue des Sœurs élisabettaines du Tiers Ordre de Saint-François, béatifiée en 1990.

S Francisco Coll y Guitart, dominicain espagnol catalan, fondateur des Dominicaines de l’Annonciation ; injustement expulsé du couvent, il continua de prêcher le Nom du Christ dans la province ; béatifié en 1979, canonisé en 2009.

XX.

B Vilmos Apor (1892-1945), évêque à Györ, abattu dans son évêché où il voulut protéger des femmes menacées par les soldats russes ; béatifié en 1997.

B Mykolai Tcharneckyj (1884-1959), rédemptoriste, évêque en Ukraine, martyr, béatifié en 2001.

Bse Laura Alvarado Cardozo (Marie de Saint-Joseph, 1875-1967), vénézuélienne, fondatrice des Sœurs Augustines récolettes du Cœur de Jésus pour l’assistance médicale aux pauvres, béatifiée en 1995.

S Jean-Paul II, pape (1978-2005), d’origine polonaise, ancien évêque à Cracovie ; il subit un grave attentat sur la place Saint-Pierre le 13 mai 1981 ; il eut un des plus longs pontificats de l’histoire ; béatifié en 2011, canonisé en 2014, il est fêté le 22 octobre, jour anniversaire de son intronisation. 

Apphianus de Césarée

† 306

 

Le martyre d’Apphianus est une histoire aussi glorieuse que brève.

Il était né à Gaga (ou Plæontychos, Lycie, auj. Turquie SW), de riches parents. On rencontrera bientôt son frère, Ædesius (v. 9 avril).

Il vint à Berytus (act. Beyrouth, Liban) pour y suivre les leçons de jurisprudence : là il connut le christianisme et se convertit.

C’est s.Pamphilus (v. 16 février) qui le baptisa à Césarée, où il connut aussi Eusèbe, lui aussi élève de Pamphilus.

Quand éclata la persécution, vint un jour où la population était convoquée pour participer à un sacrifice aux dieux païens ; Apphianus s’infiltra, s’approcha, évita les soldats, et arriva jusqu’au préfet qui élevait la coupe du sacrifice : il lui saisit la main et interrompit ainsi la cérémonie.

Les soldats s’en saisirent, le rouèrent de coups et le jetèrent en prison ; conduit ensuite devant le gouverneur, et refusant toujours de sacrifier, il eut les flancs déchirés à plusieurs reprises par les fouets et les ongles de fer, les os et les entrailles mis à nu ; on lui enveloppa les pieds avec une toile imbibée d’huile et d’encens, à quoi on mit le feu ; enfin on le jeta en mer.

Eusèbe, qui fut témoin oculaire, affirme qu’à ce moment-là une grosse secousse ébranla le sol et les flots ramenèrent au rivage le corps du Martyr.

Ainsi s’acheva la courte vie d’Apphianus (306), trois ans avant le martyre de Pamphilus.

Saint Apphianus de Césarée est commémoré le 2 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Theodora de Césarée

289-307

 

Nous sommes encore à Césarée de Palestine.

Theodora était née à Tyr (Liban S), en 289.

Elle se trouva présente à Césarée au moment où se déroulait le procès de Chrétiens.

Poussée fortement par une inspiration subite, elle s’avança vers eux et leur demanda, simplement, de se souvenir d’elle quand ils seraient en présence de Dieu.

C’était comme si elle avait commis on ne sait quel crime ; les soldats l’arrêtèrent et la conduisirent devant le gouverneur.

Ce dernier perdit la tête et le sens de la mesure, ordonnant à ses hommes de déchirer avec les ongles de fer les flancs et la poitrine de cette jeune fille de dix-huit ans.

Theodora restait calme et comme joyeuse d’arriver bientôt devant le Juge suprême.

Le gouverneur ordonna de la jeter, encore vivante, dans la mer.

C’était le jour de Pâques, 2 avril 307.

Sainte Theodora de Césarée est commémorée le 2 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Abundius de Côme

† 468

 

Abundius était né à Thessalonique (Grèce N), d’après la tradition. Si l’on met en doute cette origine, il reste certain que sa connaissance du grec lui permit de rendre de grands services à l’Eglise.

Vers 440, il vint à Côme (Italie N), où l’évêque Amantius l’ordonna prêtre, puis évêque coadjuteur. Effectivement, Abundius succéda à Amantius et fut le quatrième évêque de Côme.

Signalons ici qu’une récente liste épiscopale donne pour les premiers évêques de Côme des dates un peu différentes : Abundius aurait été évêque de Côme de 450 à 489. 

En 450, le pape Léon le Grand (v. 10 novembre) envoya Abundius à la tête d’une délégation à Constantinople, où venait d’être élu patriarche Anatolios. Celui-ci réunit un concile à Chalcédoine (451) où fut approuvée la Lettre dogmatique du pape Léon (ou Tome à Flavien), condamnée la doctrine d’Eutychès, annulée la condamnation des évêques fidèles, récemment déposés injustement (v. ici les épisodes qui ont marqué Flavien de Constantinople, 17 février).

De retour à Rome en juin 451, il fut à nouveau envoyé par le même pape en mission auprès d’Eusebius de Milan : ce dernier réunit un concile pour approuver aussi en Occident la même Lettre dogmatique (451).

Il est dit qu’Abundius aurait ressuscité par ses prières le fils unique d’un riche prince païen, qu’on ne nous nomme pas.

Abundius mourut en 468 (ou peut-être en 489 ?), après un épiscopat de trente-huit ans.

Saint Abundius de Côme est commémoré le 2 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Victor de Capoue

† 554

 

Victor succéda sur le siège épiscopal de Capoue à s.Germanus (v. 30 octobre), à partir du 23 février 541, devenant ainsi le dix-huitième évêque de cette ville.

D’après le vénérable Bede (v. 25 mai) Victor écrivit sur la question de la Pâque. En ces temps-là en effet s’était à nouveau posée la question de la date de Pâques. L’érudition de Victor amena chacun à revoir les calculs et les dates. Ce cycle pascal fut approuvé par un concile d’Orléans.

On lui doit le Codex Fuldensis, un des plus anciens manuscrits de la Vulgate, rédigé sous sa conduite, revu et corrigé par lui-même ; éminent connaisseur de la langue grecque, il traduisit en latin une Harmonie évangélique ou concordance d’Ammonios d’Alexandrie, et inspirée du Diatessaron de Tatien : le résultat en est un unique évangile, d’après les quatre du saint canon scripturaire.

Il fit aussi des commentaires sur les textes bibliques, dont il ne reste que des fragments ; en outre, un commentaire sur l’arche de Noé, où il démontre par d’ingénieux calculs, que les dimensions de l’arche étaient déjà une anticipation des années de la vie du Christ ; enfin, des remarques sur la Résurrection du Seigneur, sa généalogie et l’heure de sa bienheureuse Mort.

Victor mourut le 2 avril 554, après treize années d’épiscopat.

Ses reliques, retrouvées à Montevergine en 1480, furent restituées à Capoue en 1967.

Saint Victor est commémoré le 2 avril dans le Martyrologe Romain, qui en relève l’érudition et la sainteté.

 

 

Nicetius de Lyon

513-573

 

Le latin Nicetus ou Nicetius s’est transformé en français en Nicet ou Nizier.

Nizier, donc, naquit vers 513 à Lyon, troisième fils du sénateur Florentius et de son épouse Artemia. Un oncle de Nizier, Sacerdos, allait devenir évêque de Lyon.

Animés de quelque mystérieux pressentiment (ou avertis par quelque signe d’En-haut), ces pieux parents mirent un soin particulier dans l’éducation de ce garçon. A la mort de Florentius, Nizier faisait déjà partie du clergé lyonnais.

Il fut affligé d’une vilaine tumeur au visage, qui mettait sa santé et sa vie en danger. Artemia invoqua de tout son cœur s.Martin (v. 11 novembre), qui apparut à Nizier et le guérit. Seule resta une cicatrice, preuve du miracle.

En 543, Nizier fut ordonné prêtre. Une de ses attentions fut d’exhorter les jeunes à conserver leur chasteté.

Son oncle Sacerdos (v. 11 septembre), qui était devenu évêque de Lyon en 549, étant tombé malade, proposa au roi Childebert de choisir Nizier comme successeur. Le roi, puis le clergé et le peuple ratifièrent ce choix.

Le nouvel évêque fut un homme de paix. Il s’appliquait à pardonner quand quelque ennemi venait à l’insulter, ce qui effectivement arrivait, malgré la douceur et l’humilité de l’évêque.

Mais il fallait parfois y mettre de l’énergie. L’évêque avait une fois interdit à un diacre d’exercer sa fonction - car il peut arriver, hélas, qu’un diacre se rendre gravement coupable. Mais ce diacre n’en faisait qu’à sa tête ; or, il arriva que Nizier entra à l’office nocturne au moment où ce même diacre était précisément en train de chanter ; l’évêque ne pouvait pas faire autrement que de le faire taire, à quoi le diacre, véritablement possédé du démon, répondit par d’horribles cris, en plein sanctuaire. Nizier se le fit amener, lui adressa de paternelles remontrances et, devant toute l’assemblée, chassa le démon.

Durant les vingt années de son épiscopat, Nizier participa à plusieurs conciles, dont celui de Lyon en 566, convoqué par le roi Gontran (v. 28 mars) et qui réunissait huit évêques et les délégués de six autres. Dans cette assemblée, il fut décidé de déposer deux évêques indignes, celui d’Embrun et celui de Gap ; en outre, on excommunia ceux qui retiennent injustement dans l’esclavage des personnes libres.

Nizier mourut le 2 avril 573. Un aveugle fut guéri tout près du cercueil de l’évêque. D’autres miracles se produisirent à son tombeau. Il y eut celui-ci : le prêtre du lieu où se trouvait le tombeau de Nizier, quelque peu cupide, osa se plaindre de ce que l’évêque n’avait rien légué pour lui dans son testament ; Nizier lui apparut et lui fit d’abord remarquer qu’il lui avait légué son propre corps, relique insigne, puis toucha la gorge du prêtre, qui enfla terriblement au point qu’il étouffait presque : le prêtre demanda pardon à Nizier et guérit au bout de quarante jours.

Saint Nicetius est commémoré le 2 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eustase de Luxeuil

560-625

 

Eustasius naquit vers 560 en Bourgogne. Son oncle maternel était évêque de Langres.

Après un très bref essai dans la carrière des armes (le fait est contesté), il rentra, encore jeune, à l’abbaye de Luxeuil, fondée et dirigée par s.Colomban (v. 23 novembre).

Quand ce dernier partit à Bobbio, Eustase l’accompagna peut-être, mais se retrouva bientôt abbé à Luxeuil, dès 616.

C’est à ce moment qu’il accomplit un premier miracle, rendant la vue à sainte Fare, qui était aveugle (v. 7 décembre).

Eustase eut une double activité : monastique surtout, mais aussi missionnaire, car il voulait gagner à Dieu les populations avoisinantes encore païennes ; chez les Warasques, il amena à la foi leur chef Iserius, tandis que la belle-sœur de celui-ci fondait le monastère de Cusance ; chez les Boïens, il prêcha la foi chrétienne et laissa après lui des hommes capables de poursuivre son travail.

De l’abbaye de Luxeuil sortirent beaucoup de saints moines qui devinrent qui évêques, qui fondateurs, qui abbés ; on cite Cagnoald (v. 6 septembre), Achaire (v. 27 novembre), Amé (v. 13 septembre), Romaric (v. 8 décembre), Omer (v. 9 septembre ?), Mummolin (v. 16 octobre), Walbert (v. 2 mai)…

Mais tous ne furent pas saints, comme ce malheureux Agrestin, qui pourtant avait résolument distribué ses richesses aux pauvres avant d’embrasser la vie monastique ; le diable le poussa à sortir du monastère contre la volonté d’Eustase, soi-disant pour partir évangéliser ; il en revint, gagné par l’hérésie ; cité au concile de Mâcon (624), il feignit le repentir et reprit ses erreurs ; Dieu fit qu’il mourut misérablement, frappé à mort par un serviteur.

L’abbaye reprit sa vie régulière, et même eut d’autres abbayes-filles. Eustase eut en vision l’annonce de sa mort prochaine. Il lui fut donné de choisir entre une lente agonie de quarante jours ou des souffrances aiguës de trente jours ; il préféra ces dernières pour se présenter plus vite devant l’Eternité, et mourut à une date qui semble être 625, et un 2 avril.

Le corps de saint Eustase disparut en 1670.

Des nombreux parchemins copiés par les moines de Luxeuil, beaucoup subsistaient encore en 1793, quand la sauvagerie révolutionnaire pilla ces précieux documents et les envoya à l’armée du Rhin pour servir de gargousses.

Saint Eustase est commémoré le 2 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Francesco de Paola

1416-1508

 

Francesco naquit le 27 mars 1416 à Paola (Calabre, Italie), de Giacomo Martolilla et Vienna de Fuscaldo, des propriétaires terriens.

La naissance tant désirée de Francesco advint sur la prière des parents à François d’Assise, dont il donnèrent le nom à leur premier garçon. Quand naquit l’enfant, on vit apparaître comme des flammes au-dessus de la maison.

Plus tard, naquit aussi une petite Brigida. Les parents vécurent ensuite dans la stricte continence, et le papa, Giacomo, devait finir ses jours dans le propre couvent fondé par son fils.

Autre lien avec saint François d’Assise : l’enfant eut une grosse tumeur à un œil et les parents promirent, s’il guérissait, de l’envoyer une année dans un couvent franciscain. La tumeur laissa tout juste une petite cicatrice, et l’enfant passa effectivement une année chez les Cordeliers, proches de Paola, où il se montra miraculeusement exemplaire : il aida en sacristie, au réfectoire ; il porta un jour du feu dans son pan de vêtement, qui n’en eut aucune marque de brûlé.

En 1430, il fit avec ses parents un pèlerinage à Rome, et à Assise. A Rome, l’adolescent de quatorze ans fit remarquer à un cardinal que Jésus portait des vêtements moins somptueux.

De retour à Paola, il se retira dans une petite grotte de la propriété des parents, pour y vivre dans la solitude et la prière. Des miracles attirèrent des visiteurs et des disciples.

Un des miracles fut que Francesco trempa son petit manteau dans la source proche : tous ceux qui burent de cette source guérirent de la peste qui sévissait alors (1456).

Les disciples se multipliant, Francesco obtint de pouvoir construire un monastère. Une vision (sans doute de saint François d’Assise, encore une fois), lui demanda de détruire les fondations et d’en reconstruire de beaucoup plus grandes, car le monastère devait abriter beaucoup de moines.

Francesco n’arrêtait pas de faire des miracles : multiplication du pain, soulèvement de blocs de marbre, suspension en l’air d’un gros rocher menaçant, résurrection de morts, maternité pour les femmes stériles, guérisons d’enfants, don de prophétie, sans compter les extases, de saint Michel entre autres, qui lui présenta ce qui devait être le blason de son Ordre : le mot Caritas en lettres d’or sur champ d’azur. Francesco se retrouva fondateur et supérieur du nouvel Ordre des Minimes, à dix-neuf ans.

Il passa (au moins) une fois le carême entier sans prendre de nourriture. Le vin lui était inconnu ; il se flagellait, portait un cilice. Lui qui ne changeait pas de vêtement et ne se rasait pas, répandait plutôt un parfum d’ambre ou de musc, d’après les témoins. En revanche, il n’imposait à ses disciples aucune rigueur autre que ce que demandait leur Règle.

Cette Règle fut approuvée dès 1474. L’Ordre s’appela d’abord Congrégation érémitique paolana de saint François d’Assise, puis Ordre des Minimes. 

Il y eut de multiples fondations en Calabre, notamment à Paterno Calabro, où la construction fut accompagnée de tant de miracles, qu’on l’appela le couvent des miracles.

Parmi les prédictions qui s’avérèrent, il y eut la désolante prise de Constantinople par les Musulmans (1453). A la prière de Francesco, la ville d’Otranto repoussa l’attaque des mêmes Musulmans.

En 1481, Louis XI fut informé des miracles de Francesco, et voulut l’avoir près de lui, d’abord pour guérir, mais aussi pour le consulter. En voyage, Francesco s’arrêta à Rome, où le Pape tenta, vainement, de l’ordonner prêtre : humblement, Francesco lui demanda seulement la permission de bénir des cierges et des chapelets.

Louis XI reçut Francesco avec grand empressement à Plessis-les-Tours (Amboise), en 1482. Louis XI mourut en 1483, guéri, mais surtout admirablement préparé à la mort par Francesco. Le fils du roi, Charles VIII, protégea «royalement» Francesco, et c’est ainsi que naquit le couvent des Minimes à Plessis, à Amboise, ainsi qu’à Rome, au Mont Pincio, où ne se trouvent que des Religieux français.

En peu de temps, il y eut des monastères de Minimes dans toute l’Italie, en Espagne et en Allemagne, et jusqu’en Amérique.

En 1487, le roi Ferdinando de Castille fallit renoncer à libérer la ville de Málaga, qui était occupée par les Maures ; Francesco fut divinement informé de cette situation et fit prévenir au roi de persévérer car il allait réussir ; en effet, trois jours après, la ville était enfin reprise à l’Islam.

Un autre «miracle» concerna le nouveau monastère de Minimes à Paris. Deux «docteurs» de la Sorbonne, qui s’étaient opposés à cet établissement, eurent l’occasion d’aller à Plessis, et furent logés chez les Minimes. Francesco alla au devant-d’eux et leur prédit que, bientôt, ce seraient eux-mêmes qui favoriseraient l’ouverture d’un couvent de Minimes à Paris. Edifiés par ce saint homme, ils repartirent en effet convaincus et s’employèrent à faire remettre aux Minimes l’ancien couvent de Grand-Mont, dont les moines s’appelaient les Bons-Hommes, appellatif que reçurent à leur tour les Minimes à Paris.

Francesco avait une dévotion particulière envers la Sainte Trinité, l’Annonciation, la Passion.

En janvier 1507, il comprit que son dernier voyage approchait, et s’y prépara dans la solitude. Le 28 mars, la fièvre l’attaqua. Le Jeudi saint, devant les frères réunis près de lui, il saisit des charbons ardents dans ses mains et leur déclara : Je vous l’assure, il n’est pas plus difficile à celui qui aime Dieu d’accomplir ce qu’il Lui a promis, qu’à moi de tenir ce feu entre mes mains.

Le lendemain, Vendredi saint, Francesco reçut encore une fois ses frères, désigna celui qui devait lui succéder jusqu’à la prochaine élection, reçut l’ultime Sacrement ; il se fit réciter les Sept psaumes de la pénitence, les litanies des Saints, la Passion selon saint Jean. Après avoir baisé son crucifix, il répéta Entre tes mains, Seigneur, je remets mon esprit (Ps 30), pria encore et rendit le dernier soupir, le 2 avril 1507.

Francesco de Paola avait quatre-vingt onze ans.

Il fut béatifié en 1513 et canonisé en 1519. Les miracles ne manquaient pas.

En 1562, des Huguenots brûlèrent le corps du Saint, dont on ne put sauver que quelques ossements, conservés à Notre-Dame-la-Riche (Tours).

 

 

John Payne

1532-1582

 

John était né en 1532 à Peterborough, et devait être déjà «mûr» quand il rejoignit en 1574 le Collège anglais de Douai pour se préparer au sacerdoce.

Il fut ordonné prêtre en 1576.

Avec Cuthbert Mayne, il repassa bientôt en Angleterre. Cuthbert fut martyrisé en 1577 et sera béatifié en même temps que notre John (voir au 30 novembre).

John trouva refuge chez une veuve d’Ingatestone (Essex), Madame Petre : c’était la fille de William Browne, ancien maire de Londres. John se faisait passer pour le secrétaire de cette dame.

Parmi ses activités, il put ramener au catholicisme un certain George Godsalve (Godsalf), qui avait été diacre, avant de passer au protestantisme ; ce dernier revint au catholicisme et gagna Douai pour recevoir le sacerdoce.

John fut arrêté une première fois en 1577, et bientôt relâché : il gagna Douai en novembre de cette année-là. On pense qu’il réussit à retourner à Ingatestone avant Noël 1579.

Les deux, John et George Godsalf se retrouvèrent en juillet 1581. Mais la police les arrêta dans le domaine de Madame Petre, sur indications d’un traître connu de l’époque, criminel, assassin, ravisseur et voleur de son état, dénonceur en titre au service de la police.

John et George furent interrogés, et envoyés à la Tour de Londres, le 14 juillet 1581. 

George ne trahit pas, mais passa plusieurs années en prison, avant d’être relâché et banni : il finit ses jours à Paris en 1592.

L’homme qui dénonça John avait travaillé chez Madame Petre, chez laquelle il avait détourné pas mal d’argent. Il y avait aussi séduit une jeune fille et demandé à John de les marier ; sur son refus, il avait décidé de se venger.

John représentait une «prise» bien plus intéressante que George. Il fut torturé le 14 août, puis de nouveau le 31 octobre. Le 20 mars 1581, on le réveilla brusquement, on le tira de sa cellule à moitié-nu, et il fut livré aux officiers qui l’attendaient pour l’emmener à la prison de Chelmsford : on ne lui laissa pas même la possibilité de prendre ses affaires, qui lui furent dérobées par la femme de l’officier.

Le 22 mars, à Chelmsford, John fut accusé de trahison, pour avoir conspiré à l’assassinat de la Reine et de ses ministres, dans le but de la remplacer par la Reine d’Ecosse, Marie. John nia ces accusations stupides, protestant de sa loyauté envers la Reine, contestant la fiabilité des renseignements de son traître, dont on ne se fatigua pas à vérifier les allégations. De toutes façons, le verdict était fait d’avance.

Après donc une année de prison, le 2 avril au matin, John fut amené de la prison à l’endroit de l’exécution. Il commença par se mettre à genoux pour prier, pendant environ une demi-heure, puis il embrassa l’échafaud, fit ouvertement une profession de foi et déclara sa totale innocence.

On avait envoyé de Londres des renforts pour mener assez rondement l’exécution. De nouveau on pria John de regretter sa trahison, il s’y refusa encore une fois. Un Protestant vint alors déclarer que le frère de John, quelques années auparavant, avait admis la trahison de John Payne : John répondit que son frère, tout Protestant sérieux qu’il eût été et demeurât, n’aurait jamais juré une telle chose ; et pour appuyer sa parole, il demanda que l’on convoquât son frère, puisqu’il habitait sur place, mais on ne le trouva pas et il fallait procéder à l’exécution.

On retira donc l’échelle qui retenait John. Le gouvernement avait l’intention d’amener l’exécution à son terme, sans tarder, avec le moins possible de tourments. En effet, la foule sympathisait tellement avec ce prêtre, que beaucoup vinrent s’accrocher aux pieds du pendu pour en accélérer la mort et lui éviter le supplice de l’écartèlement (car d’ordinaire, on ne laissait pas pendus les condamnés jusqu’à leur mort, on les descendait, on les éviscérait encore vivants et ensuite seulement on les écartelait). On s’en prit aussi au bourreau qui, pendant ce temps, se demandait encore s’il allait procéder à l’écartèlement, dans le cas où Payne reviendrait à lui et souffrirait encore.

On a dit que ce martyre eut lieu en 1581, «neuf mois» après l’arrestation de John. Il se peut bien que l’exécution ait eu lieu plutôt en 1582, donc après vingt-et-un mois de prison.

Béatifié en 1886, canonisé en 1970, John Payne est commémoré le 2 avril.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

 

 

Diego Luis de San Vitores

1627-1672

 

Espagnol né en 1627, Diego fut très tôt interpellé par cette phrase de l’Evangile : J’ai été envoyé pour évangéliser les pauvres (Lc 4:18) et voulait devenir missionnaire.

Mais il rencontra des résistances, notamment de la part de son père dont il étaitt le préféré. Puis, ses supérieurs, qui appréciaient son talent d’orateur, ne le laissèrent pas partir de sitôt. 

Finalement, en 1668 (à trente-trois ans), il parvint enfin sur son lieu de mission, aux îles Mariannes (qui s’appelaient alors Iles Ladrones, c’est-à-dire Iles des Voleurs), lesquelles n’avaient pas encore été évangélisées. Embrassant un genre de vie très pauvre, comme les gens du lieu, les Chamorros, il prêcha avec zèle, baptisae, construisit églises et collèges. 

Quand la situation devint périlleuse, il ne ralentit pas ses activités missionnaires.

Il fut tué en 1672 avec son catéchiste, Pedro Calungsod (voir par ailleurs).

Diego Luis a été béatifié en 1985 ; il est commémoré au Martyrologe Romain le 2 avril, en même temps que saint Pedro Calungsod.

 

 

Pedro Calungsod

1654-1672

 

 Cet intrépide catéchiste naquit aux Philippines vers 1654, dans la région des Visayas. On ne sait pas grand-chose de son enfance. Il était devenu un des jeunes fidèles catéchistes des Jésuites espagnols aux Philippines, et les accompagna quand ceux-ci voulurent aller en 1668 aux Iles Ladrones, découvertes par Magellan le siècle précédent. Pedro avait à peine quatorze ans.

Sur ces îles vivaient les Chamorros. Les conditions de vie des missionnaires étaient difficiles : les provisions en provenance de la Mission n’arrivaient pas régulièrement ; la jungle était trop épaisse pour s’y déplacer ; les falaises, très raides pour y grimper, et les îles - on ne le sait que trop aujourd’hui - étaient fréquemment traversées par des typhons dévastateurs. Malgré tout cela, les missionnaires s’armèrent de persévérance et la Mission fut récompensée par de nombreuses conversions. C’est pourquoi les missionnaires rebaptisèrent ces îles du nom de “Marianas”, en l’honneur de la Vierge Marie, mais aussi de la reine d’Espagne, María Ana, qui avait pris la Mission sous sa protection.

Malheureusement, un charlatan chinois, nommé Choco, jaloux du prestige acquis par les missionnaires, chercha à reconquérir les Chamorros, les convainquant que l’eau du baptême était empoisonnée ; comme il arrivait que de petits bébés mouraient après leur baptême, certains Chamorros se laissèrent convaincre par ce Choco et apostasièrent.

Cette vilaine campagne de Choco était aussi appuyée par les sorciers Macanjas et par les Urritaos (jeunes hommes prostitués), lesquels soulevèrent bientôt les apostats pour persécuter les missionnaires.

L’assaut le plus mémorable eut lieu le 2 avril 1672, le samedi qui précédait le dimanche de la Passion cette année-là. Il était environ sept heures du matin lorsque Pedro (qui avait donc tout juste dix-sept ans) arrivait au village de Tomhom, sur l’île de Guam, en compagnie du père Diego Lúis de San Vitores. Là, on leur dit qu’une petite fille était née chez Matapang, un chrétien ami des missionnaires, mais qui avait apostasié depuis peu, et qui refusa sèchement qu’on baptizât sa petite fille.

Pour donner à Matapang le temps de se calmer, le père Diego et Pedro rassemblèrent les enfants et quelques adultes du village sur la plage qui était proche et commencèrent de chanter avec eux les vérités de la Foi Catholique. Ils invitèrent Matapang à se joindre à eux, mais l’apostat leur vociféra qu’il était en colère avec Dieu et qu’il était déjà saturé des enseignements chrétiens.

Bien décidé à tuer les missionnaires, Matapang partit et chercha à gagner à sa cause un autre villageois du nom de Hirao, qui n’était pas chrétien. Dans un premier temps, il refusa, convaincu de la bonté des missionnaires envers les indigènes ; mais quand Matapang le traita de poltron, il fut piqué et consentit.

Durant ce temps, le père Diego et Pedro, avec l’accord de la maman, chrétienne elle, baptisèrent la petite fille. Quand Matapang fut informé du baptême, il devint encore plus furieux. Il commença par lancer violemment des pieux acérés contre Pedro. Le jeune homme esquiva avec une remarquable habileté les pieux qui pleuvaient. Les témoins dirent que Pedro avait toutes les chances de fuir, parce qu’il était très agile, mais qu’il ne voulut pas laisser seul le père Diego. Ceux qui connurent Pedro personnellement croyaient qu’il aurait bien pu maîtriser ses violents agresseurs et aurait ainsi libéré le père Diego et lui-même, pourvu qu’il ait eu quelque arme, car il était très valeureux, mais le père Diego n’avait jamais permis à ses compagnons de porter des armes. Finalement, Pedro fut frappé mortellement par un pieu reçu dans la poitrine et tomba à terre. Hirao se porta tout de suite vers lui et l’acheva d’un coup de sabre à la tête. Le père Diego donna à Pedro l’absolution sacramentelle, puis les assassins tuèrent aussi le missionnaire.

Matapang saisit le crucifix du père et le martela avec une pierre, en blasphémant le nom de Dieu. Ensuite, les deux assassins dépouillèrent les corps de Pedro et du père Diego, les traînèrent jusqu’au quai de la plage, lièrent de grosses pierres à leurs pieds, les mirent à la proue d’une pirogue et allèrent les jeter au large. Sachant qu’en bordure des Iles Mariannes, se trouve la fosse des Mariannes qui descend à -11000 mètres, on comprendra qu’on n’ait ainsi jamais pu retrouver quoi que ce soit des restes des martyrs.

Pedro fut béatifié en 2000 et canonisé en 2012 ; le Martyrologe commémore ensemble le père Diego et Pedro au jour du martyre de ce dernier, le 2 avril.

Pedro Calungsod a été proclamé patron de la jeunesse philippine.

Le miracle qui a permis la canonisation de Pedro Calungsod concerne une femme qui a failli mourir par manque d’oxygène, en 2003. La femme était dans le coma à cause d’une encéphalopathie hypoxique-ischémique, maladie mortelle provoquant un manque d’oxygénation du cerveau.

Le docteur, qui savait que sa patiente pouvait mourir à tout instant, a prié Pedro Calungsod de sauver la vie de cette femme. Quatre heures plus tard, la femme a repris conscience.

Giovanni Croci

1732-1815

 

Il vit le jour le 30 octobre 1732 à Gaiche (Tavarnelle di Panicale, Pérouse, Italie centrale) de Giuseppe et Maria Antonia Giorgi, de bons parents chrétiens et paysans.

Sa première formation lui vint du curé voisin de Greppoleschieto ; il était constamment absorbé dans l’étude, même quand il gardait le troupeau.

Ses parents ne mirent aucun obstacle à sa vocation, au contraire ils s’en réjouirent beaucoup. Giovanni entra en 1751 au noviciat des Frères Mineurs franciscains de Cibottola, avec le nom de Leopoldo.

Après un noviciat exemplaire, il fit ses études à Norcia et fut ordonné prêtre en 1757.

D’abord professeur de philosophie et de théologie pendant trois ans, il eut la charge exclusive de la prédication, car c’était un excellent orateur. C’est ainsi qu’il devint l’apôtre de l’Ombrie.

Il préparait ses missions avec beaucoup de soin et de recueillement ; il partait toujours à pied, par tous les temps. D’après ses notes, on a compté qu’il fit trois-cent trente missions de deux semaines, quarante de carême, sans compter les innombrables neuvaines et autres occasions festives. Il érigea plus de soixante-dix Chemins de Croix.

Il avait toujours en main un cadre de la Sainte Vierge (et c’est ainsi qu’on le représente traditionnellement) et achevait généralement ses missions par une procession où il portait la croix, une couronne d’épines sur la tête et des chaînes au cou ; on l’imitait. Mais surtout, on se réconciliait, on se confessait. La population lui faisait fête, et il partait une heure plus tôt que prévu pour éviter les marques de remerciements.

Outre ses missions, il écrivit énormément et tout n’a pas encore été édité. 

Il fut plusieurs fois élu Gardien ou Provincial, et s’appliqua à redonner à la Règle sa pleine vigueur. En 1788, il transforma le couvent de Monteluco en ermitage, selon l’esprit de saint François, et s’y retira volontiers pour s’y reposer. De 1809 à 1814, l’ermitage dut être fermé à la suite des lois napoléoniennes qui supprimaient les maisons religieuses ; pendant cette période, le Frère Leopoldo, qui refusait énergiquement de prêter le serment à l’Empereur, se réfugia dans une famille noble, puis s’exila à Assise. C’était la période où le pape Pie VII était prisonnier de l’Empereur en France ; quand il revint, Leopoldo alla le rencontrer à Foligno.

A Noël de 1814, il eut une attaque. Il expira là, à Monteluco, le 2 avril 1815. 

Sa sainteté, ses miracles, les grâces obtenues par son intercession, ont abouti à sa béatification, en 1893.

 

 

Đaminh Vũ Đình Tước

1775-1839

 

Đaminh (Dominique) était né vers 1775 à Trung Lao (Nam Định, Vietnam).

Il entra dans l’Ordre dominicain et fut ordonné prêtre. Mgr Delgado (voir au 12 juillet) lui confia un secteur dans l’est du Tonkin.

En 1838 se déclencha la persécution et le père Đaminh se cacha. Un de ses hôtes se rendit compte qu’il veillait toute la nuit en prière avant de célébrer la Messe tôt le matin.

Il administrait la mission de Xuog-Dung.

Dénoncé par un païen, il fut arrêté un matin pendant qu’il célébrait la messe, par quelques soldats. Comme Jésus à Gethsémani, il leur demanda : Qui cherchez-vous ? et comme ils lui dirent qu’ils cherchaient un père Đaminh, il leur dit : C’est moi. Ils voulaient le conduire à Cam Ha.

D’abord, on discuta du montant de la compensation pécuniaire pour faire relâcher le père, mais le mandarin militaire s’y opposa. Ensuite, tous les chrétiens du village tentèrent de s’emparer du prêtre par la force, car la garde militaire était vraiment très faible, mais les soldats se défendirent en frappant le prêtre sur place : le père Đaminh fut violemment frappé à la tête par un coup de marteau et s’effrondra dans son sang ; il agonisa et expira en murmurant encore le nom de Jésus.

La messe matinale s’achevait ainsi dans l’immolation totale.

C’était le 2 avril 1839, à Nam Định.

Le père Đaminh Tước a été béatifié en 1900 et canonisé en 1988.

 

 

Elisabetta Vendramini

1790-1860

 

Elisabetta naquit le 9 avril 1790 à Bassano del Grappa (Viterbo, Italie centrale), septième des douze enfants de parents bourgeois.

Petite, elle fut confiée aux Religieuses Augustines de Bassano. Adolescente, elle retourna dans sa famille, où elle vécut de façon plutôt mondaine.

Son mariage avec un jeune homme de Ferrara était prévu pour 1817, mais elle entendit un mystérieux appel qui lui demandait : Veux-tu être sauvée ? Va chez les Capucins.

Elle écouta l’appel, renonça au mariage, et fréquenta ces bons pères pendant sept années. Ce ne fut pas toujours facile. Puis, son frère Luigi, commissaire de police à Padoue, la fit nommer première maîtresse dans un orphelinat de Padoue. 

Elisabetta commençait à y voir plus clair : elle avait déjà eu une intuition à Bassano, pour fonder une branche de Tertiaires Franciscaines, qui s’occuperaient des plus pauvres.

En 1828, avec deux autres amies, elle donna le départ à cette communauté : les Sœurs Tertiaires Elisabettaines (car sainte Elisabeth de Hongrie, sa patronne, avait intensément vécu l’idéal franciscain, voir au 17 novembre). 

Les débuts étaient vraiment «pauvres» : le grenier de la fondation reçut humoristiquement de la Fondatrice, le nom de Somptueux Royaume de la Sainte Pauvreté (Splendida Reggia della Santa Povertà).

La pauvreté était vraiment totale, mais aussi les grâces de la Providence, qui exaucèrent régulièrement les prières des braves Religieuses. 

Elles ouvrirent tout de suite une première maison pour les petites filles.

En 1833, les Sœurs étaient déjà quinze, qui élirent Elisabetta comme Supérieure (et la réélurent jusqu’à sa mort).

Elisabetta assuma diverses demandes qui lui furent présentées : à Padoue, les filles pauvres de la Casa Industria et l’éducation des orphelines d’un autre établissement, puis la prise en charge des tout-petits, ainsi que des vieillards d’une maison de Venise.

Cette courageuse Fondatrice mourut à Padoue le 2 avril 1860, un Lundi saint, après avoir invoqué Jésus, Marie, Joseph. Son visage fut alors rayonnant, quelques jours avant son soixante-dixième anniversaire.

Les Sœurs étaient à ce moment-là plus d’une centaine.

Elisabetta Vendramini fut béatifiée en 1990.

 

 

Francisco Coll Guitart

1812-1875

 

Né à Gombrén (Ripoll, Espagne) le 18 mai 1812, Francisco fut le dernier des dix enfants d'un cardeur.

Il entra à dix ans au Petit séminaire de Vic, où il se lia d'amitié avec Antonio Maria Claret (voir au 24 octobre).

En 1830 il entra au couvent  de Gerona, un des plus anciens de l'Ordre dominicain. Il fit profession et reçut le diaconat en 1831.

En 1835, les lois espagnoles interdirent les Ordres religieux. Francisco quitta le couvent, mais  put cependant être ordonné prêtre en 1836 ; toute sa vie, il resta un dominicain dans l'âme et dans l'esprit. Il prêcha dans tout le nord-est de l'Espagne, pendant quarante années, collaborant avec fruit avec tous les autres prêtres, diocésains et anciens religieux, donnant en 1846 naissance à un groupe, la Fraternité apostolique, pour l'évangélisation.

Le père Francisco fut un apôtre de la re-christianisation, de la catéchèse, de la prédication. Il avait un amour de prédilection pour le chapelet, ce livre qui enseigne ce qu'il y a de plus saint et de plus sacré de notre Religion.

En 1850 il fut nommé directeur du Tiers-Ordre dominicain féminin, ce qui le conduira à fonder en 1856, une branche dominicaine, les Sœurs dominicaines de l'Annonciation de la Bienheureuse Vierge Marie, spécialement pour la formation et l'instruction des jeunes filles, toujours considérées inférieures aux garçons, mais aussi pour appuyer la mission sacerdotale des prêtres, enseignant le Nom de Jésus-Christ et conduisant les âmes à la pratique de la Réconciliation et la réception de l'Eucharistie

Au contact des pauvres et des malades, il se dévoua pour eux spécialement durant l'épidémie de choléra de 1854.

En 1859 il fut frappé de cécité, et ses facultés mentales furent sérieusement atteintes aussi, ce qui l'amena à recevoir une assistance fraternelle de la part de ses Religieuses.

Le 2 avril 1875, il mourut, laissant derrière lui cette nouvelle Congrégation de trois-cents religieuses, qui ont actuellement triplé et se sont répandues sur tous les continents.

Francisco Coll Guitard fut béatifié en 1979 et canonisé en 2009.

Vilmos Apor

1892-1945

 

Né le 29 février 1892 à Segesvár (Hongrie ; Sighişoara, Transylvanie, actuelle Roumanie), Vilmos (Guillaume) était le septième des huit enfants du baron Gabor Apor de Altorja et de la comtesse Fidelia Palffyla, une famille noble hongroise. Des huit enfants, trois moururent en bas âge et un fut mort-né.

Un des grands frères de Vilmos, Gabor, devint ambassadeur de Hongrie auprès du Vatican, jusqu’à sa démission en 1944, par protestation contre l’occupation allemande.

Orphelin de père à six ans, Vilmos reçut son éducation et sa formation à la maison, auprès de sa mère et avec des précepteurs particuliers. Sa mère lui enseigna à toujours prendre le parti de la solution la plus difficile. 

A la maison, dès sa première année de l’école primaire, Vilmos enseigna à lire à sa petite sœur qui, en échange, lui faisait répéter son catéchisme. A Noël, Vilmos demanda à sa mère un calice et un missel.

Il fréquenta la lycée jésuite de Kalksburg (Autriche) puis de Kalsca (Hongrie), avant d’entrer au séminaire de Györ. Il aimait le tennis et la natation, mais surtout ses études. Il apprit à dominer sa nostalgie de la maison.

Il compléta ses études théologiques à l’Université d’Innsbruck, et fut ordonné prêtre en 1915.

Vicaire à Gyula, il se porta aumônier militaire volontaire de la Croix-Rouge austro-hongroise durant la guerre.

Après la guerre, il fut directeur du séminaire de Nagyvarad, puis curé dans sa première paroisse, à Gyula.

Gyula fut envahie par les troupes militaires et le curé montra en cette occasion tout son esprit de charité et sa fermeté devant la Vérité, soutenant les droits de l’Eglise, s’opposant au National-socialisme, aidant les plus démunis où qu’ils se trouvassent. En 1919, il se déplaça jusqu’à Bucarest pour solliciter l’appui de la Reine d’Angleterre en vue de la libération des prisonniers hongrois en Roumanie ; ce fut un succès, qui lui procura aussi une certaine popularité.

Le traité de Versailles réduisit des deux-tiers la superficie de la Hongrie, privant ainsi de nombreuses familles, réduites à l’exil, de leurs moyens de subsistance. L’abbé Apor ouvrit sa porte à tous ceux qui frappaient. On l’appelait le Curé des pauvres.

Le Cardinal Eugenio Pacelli en fit la connaissance lors du Congrès Eucharistique de Budapest en 1938. Devenu le pape Pie XII, il le nomma évêque de Györ en 1941.

La devise épiscopale du nouvel évêque était : La croix fortifie le faible et rend doux le fort  (Crux firmat mitem, mitigat fortem).

En 1944, la Hongrie fut occupée par les troupes nazies, qui mirent en application les lois antisémitiques. Mgr Apor protesta énergiquement contre ces mesures, contre la création d’un ghetto à Györ (en attente de la déportation à Auschwitz), élevant la voix dans les églises pour réclamer la Justice et la Paix, apportant l’aide qu’il pouvait auprès des déportés, protestant contre le port de l’étoile jaune imposée aux Juifs.

Il alla jusqu’à intervenir auprès des autorités de Berlin pour tenter d’obtenir la libération des Juifs.

Fin 1944, ce furent les troupes soviétiques qui prirent la place. La ville de Györ était en leurs mains la Semaine Sainte 1945.

Le 28 mars 1945, Mercredi Saint, des soldats soviétiques vinrent frapper à l’évêché, où l’évêque tenait sous sa protection un grand nombre de femmes des environs, qu’il refusa de livrer aux soldats.

Le lendemain, Jeudi Saint, il célébra pour la dernière fois la liturgie de la Dernière Cène.

Le Vendredi Saint, 30 mars 1945, les soldats revinrent, avec les mêmes exigences. Sur le refus de l’évêque, l’un des soldats lui tira à bout portant. Il fut mortellement blessé, mais les femmes eurent la vie sauve.

Transporté à l’hôpital où on l’opéra, il put encore communier au matin de Pâques, 1er avril, et mourut le lendemain, 2 avril 1945, des suites de ses blessures.

Longtemps, les autorités communistes étouffèrent le meurtre de Mgr Apor.

Mgr Vilmos Apor fut béatifié en 1997.

Le théologien suisse Hans Urs von Balthasar était un neveu de l’évêque.

 

 

Mykolai Charnetskyi

1884-1959

 

Né en la fête de l'Exaltation de la Sainte Croix, 14 septembre 1884, à Samakivtsi (Horodensk, Halychyna, Ukraine), Mykolai Charnetskyi (Nicolas Carneckyj) fut ordonné prêtre en 1909 dans le rite gréco-catholique.

Il vint à Rome et reçut son doctorat en théologie.

En 1919 il entra au noviciat des Rédemptoristes, à Zboysko, et émit les voeux en 1920.

Il fut directeur spirituel et professeur au séminaire de Stanislaviv (actuelle Ivano-Frankisvsk). 

Le pape Pix XI le nomma Visiteur Apostolique des Catholiques Ukrainiens, en 1926 et évêque en 1931.

Devenu Exarque Apostolique sous l'occupation soviétique, il fut arrêté pour sa foi en 1945 par les hommes du NKVD (la police secrète soviétique) et fut condamné à six années de travaux forcés en Sibérie, pour avoir collaboré avec le régime nazi,  et à dix années comme agent du Vatican. Il travailla dans une forge et tomba malade. Malgré tout, il se portait toujours auprès des autres prisonniers pour les aider.

En 1956, on finit par le libérer en raison de ses mauvaises conditions de santé.

Même relâché, Mgr Charnetskyi fut tenu sous constante surveillance et soumis à d'autres tortures.

Il mourut à Lviv le 2 avril 1959.

Pendant longtemps, les autorités couvrirent sa tombe de terre fraîche, que les pèlerins s'empressaient de racler.

Mgr Mykolai Charnetskyi fut béatifié en 2001.

 

 

Laura Evangelista Alvarado Cardozo

1875-1967

 

Née le 25 avril 1875 à Choroní (Aragua, Vénézuéla), Laura était la fille du colonel Clemente Alvarado et de Margarita Cardozo, dont elle reçut la profonde dévotion au Christ et à l’Eucharistie. Mais les parents n’étaient pas (encore) mariés à l’Eglise.

Le deuxième prénom de Laura, Evangelista, lui fut donné en souvenir de l’Evangéliste saint Marc, fêté le jour de sa naissance. Certains dirent qu’elle s’appelait Elena, mais il semble qu’ils se trompèrent.

La famille se déplaça bientôt à Maracay, où Laura acheva ses études.

En 1888, elle reçut la Première communion, et fit alors ses premiers vœux. Peu après elle enseigna le catéchisme aux enfants qui se préparaient à leur tour à la Première communion.

En 1892, à dix-sept ans, elle reçut le scapulaire du Carmel ; l’année suivante, elle fit partie des Filles de Marie, et renouvela ses vœux.

Quand son père fut très malade, elle pria de tout son cœur pour qu’il acceptât de recevoir le Sacrement des malades, mais surtout pour qu’il se mariât devant l’Eglise et devant le Prêtre. Le papa accepta et Laura, en action de grâce à Dieu, promit de garder l’abstinence perpétuelle de viande, ce qu’elle observa fidèlement pendant dix ans, jusqu’à ce qu’un prêtre l’en dispensât, pour sa santé.

Toute jeune, Laura aimait travailler comme bénévole à l’hôpital. En 1897, elle s’engagea comme volontaire à l’hôpital de Maracay. Dès lors, elle s’occupa fébrilement des plus pauvres, avec tant de dévouement et de bons résultats, que l’aumônier lui confia la direction et l’administration de l’établissement.

En 1900, comme couronnement de cet engagement, et avec quelques autres jeunes filles qui partageaient le même idéal, Laura fonda la congrégation des Augustines Récolettes du Vénézuéla, dont elle fut elle-même la supérieure dès 1903, désormais avec le nom de María de Saint-Joseph.

Par la suite, la mère María de Saint-Joseph prendra en charge d’autres centres de soins, par exemple à Maracaibo, Caracas, Coro, Ciudad Bolivar. Les Religieuses voulaient s’occuper particulièrement des petites filles abandonnées et des vieillards.

En 1901, elle fonda l’institut augustinien Doctor Gualdrón ainsi que l’institut Madre María.

Le 2 avril 1967, une thrombose s’abattit sur cette colonne de l’Eglise vénézuélienne. Elle mourut ainsi à Maracay, à quatre-vingt onze ans.

Mère María de Saint-Joseph a été béatifiée en 1995.

Le miracle reconnu pour cette béatification, fut la guérison totale et inespérée d’une Consœur, totalement invalide, à qui déjà la Mère Fondatrice avait prédit la guérison.

Jean-Paul II

1978-2005

 

Né le 18 mai 1920 à Wadowice (Cracovie, Pologne), de Karol, officier à la retraite, et de Emilia Kaczorowski, Karol Józef Wojtyła fut orphelin de sa mère à l’âge de neuf ans. 

Il avait un frère, Edmund, qui fut médecin et mourut à vingt-six ans de la scarlatine, et une sœur, Olga, qui mourut à la naissance.

Karol portait le diminutif de Lenny. Il pratiqua la foot-ball et le ski. Il s’intéressa au théâtre.

Après ses études secondaires, il fréquenta l’Université Jagellon de Cracovie. Mais il dut interrompre ses études pendant l’occupation allemande. Il se fit carrier, puis ouvrier chez Solvay.

En 1942, il entra dans le séminaire clandestin fondé par l’archevêque Sapieha, et dévorait les livres de philosophie et de théologie durant ses congés et ses nuits.

En 1946, il fut ordonné prêtre, le 1er novembre, fête de tous les Saints.

Il fut envoyé à Rome, où il prépara une thèse sur saint Juan de la Croix, avec le père Réginald Garrigou-Lagrange.

Vicaire à la paroisse saint Florian de Cracovie, professeur à la faculté de théologie de Cracovie puis de Lublin, il fut nommé évêque auxiliaire de Cracovie en 1958, évêque titulaire en 1964, et cardinal en 1967.

Le 16 octobre 1978, Karol Woltyla devint le deux-cent soixante-quatrième pape, avec le nom de Jean-Paul II (succédant à Jean-Paul I).

Ce fut le premier pape slave. Il parcourut le monde entier en plus de cent voyages apostoliques. 

Il créa deux-cent trente-deux cardinaux, nomma plus de trois-mille cinq-cents évêques, proclama plus de treize-cents béatifications et près de cinq-cents canonisations.

Ardent chevalier anti-communiste, il fut victime d’un vil attentat sur la place Saint-Pierre de Rome, le 13 mai 1981, commandité par les autorités communistes du Rideau de fer (on a parlé de la Bulgarie et de l’Union Soviétique). Le bruit de ce futur attentat courait déjà dès l’automne de l’année précédente, mais le pape n’a jamais voulu changer sa ligne de conduite.

Jean-Paul II écrivit quatorze encycliques, fit publier le Catéchisme de l’Eglise catholique, la nouvelle édition de la Bible en latin (Vulgate), inséra plusieurs nouvelles fêtes au sanctoral du calendrier romain, proclama la fête de la Miséricorde sur l’invitation de la religieuse polonaise Faustyna Kowalska, qu’il béatifia en 1993 et canonisa en 2000 (v. 5 octobre). 

Désormais affaibli, et constamment soumis à la douleur, atteint de la maladie de Parkinson, le pape continua sa mission apostolique jusqu’à la fin, le 2 avril 2005, veille de ce dimanche in albis, où l’on célébrait la fête de la Miséricorde.

Jean-Paul II a eu l’un des trois plus longs pontificats de l’histoire, après saint Pierre et le bienheureux Pie IX.

Il a été béatifié en 2011. Le miracle retenu était la guérison inexplicable d’une religieuse française atteinte de la maladie de Parkinson.

La canonisation eut lieu en 2014. Le miracle retenu était la guérison inexplicable d’une femme du Costa Rica, atteinte d’une maladie incurable et guérie le jour de la béatification de Jean-Paul II.

Son successeur fut Benoît XVI, qui a disposé que l’on fêterait Jean-Paul II, en Pologne et au Vatican, le 22 octobre, jour anniversaire du début de son pontificat. Désormais, sa fête est inscrite au Calendrier universel.

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