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3 avril 2020 5 03 /04 /avril /2020 23:00

04 AVRIL

 

II.

S Ephrem, évêque à Jérusalem et martyr.

?

Ss Victor et Aetius, premiers prédicateurs à Barcelone.

IV.

Ss Agathopodes, diacre, et Theodulos, lecteur, martyrs à Thessalonique.

S Théonas, solitaire en Thébaïde ; pendant trente années, il resta sans parler.

S Ambroise, évêque à Milan ; administrateur laïc, il fut, encore catéchumène, nommé évêque ; il soumit à la pénitence l’empereur Théodose qui avait fait périr par représailles sept mille hommes à Thessalonique ; il convertit et baptisa s. Augustin ; Docteur de l’Eglise, il est fêté le 7 décembre, jour de sa consécration.

V.

S Zosime, moine en Palestine ; c’est lui qui rencontra ste Marie l’Egyptienne (cf. 1 avril).

VI.

S Isidoro de Séville, espagnol, frère des saints Leandro, Fulgencio et Florentina, successeur de son frère Leandro comme évêque à Séville, Docteur de l’Eglise, auteur encyclopédique... représenté entouré d'abeilles ou auprès d'une ruche.

S Georges, ermite dans le Péloponèse ; il s’imposa la mortification du silence absolu.

IX.

S Platon, très habile dans les affaires, il devint plutôt abbé au monastère des Symboles (Mont Olympe), puis à celui de Saccudion (près de Constantinople).

S Guier, ermite en Cornouaille.

XII.

Bse Alèthe, mère de s. Bernard.

B Pierre II, évêque à Poitiers, où il succéda à son frère Isembert.

XIV.

Bx Nicola de Montecorvino, François de la Terre de Labour et Pietro de Rome, franciscains martyrs au Caire avec un soldat hongrois (Thomas) qui s’était fait musulman et voulait expier son apostasie.

XV.

B Guglielmo Buccheri (Cuffitedda), tertiaire franciscain, ermite, patron de Scicli.

XVI.

S Benoît Massarari le More, d'une famille d'esclaves africains de Sicile, nommé "More" à cause de la couleur de sa peau, franciscain, supérieur bien qu’illettré, revenu à sa cuisine à la fin de son mandat. 

XIX.

B Giuseppe Benedetto Dusmet, abbé bénédictin, évêque à Catane et cardinal, béatifié en 1988.

XX.

B Francisco Marto (1908-1919), un des trois voyants de Fatima, béatifié le 13 mai 2000, canonisé le 13 mai 2017.

B Francisco Solís y Pedraja (1877-1937), prêtre espagnol, martyr près de Jaén, béatifié en 2013.

S Gaetano Catanoso (1879-1963), curé à Reggio Calabria, fondateur des Sœurs de la Sainte Face et propagateur de cette dévotion, béatifié en 1997, canonisé en 2005.

Agathopodes et Theodulos de Thessalonique

† 303

 

Agathopodes et Theodulos étaient respectivement diacre et lecteur de l’Eglise de Thessalonique (Grèce N), le premier très âgé, l’autre très jeune ; c’est pourquoi une icône de ces deux Martyrs représente le premier avec une longue barbe, le second absolument imberbe.

Il est dit que Theodulos vit en rêve un personnage rayonnant de beauté, qui lui remettait une belle bague décorée d’une croix ; dans le rêve, il lui était donné de comprendre que c’était là une annonce de son futur martyre ; mais au réveil, il trouva dans sa main le précieux bijou, dont il se servit pour guérir les malades et ainsi amener les païens à la Foi.

Au début de la persécution de Dioclétien, les deux héros continuèrent leur apostolat et furent arrêtés pour leur foi.

Le gouverneur Faustinus tenta de tromper Agathopodes en lui annonçant faussement que Theodulos avait accepté de sacrifier aux dieux ; le Diacre sourit simplement en disant : C’est faux, sachant bien que jamais Theodulos n’aurait cédé.

Faustinus les fit mettre tous deux en prison, où ils amenèrent tout un groupe à la Foi chrétienne. Le chef de la prison rapporta la chose à Faustinus.

Dans un deuxième interrogatoire, ce dernier leur demanda de remettre leurs Livres saints (la Bible) ; Théodulos répondit courageusement : Fais ce que tu veux de mon corps, mais je ne te donnerai pas les Livres saints.

Faustinus fit voir à Theodulos l’épée qui allait le décapiter ; Theodulos lui montra toute sa joie de mourir pour le Christ. Les deux Athlètes du Christ furent remis en prison.

La nuit suivante, ils rêvèrent tous les deux qu’ils voyageaient sur un bateau agité par une forte tempête, qui cependant parvenait à accoster, et ils en descendaient avec des habits resplendissants. Ils comprirent que leur combat allait prendre fin et qu’ils allaient entrer dans la Vie éternelle.

Quand Faustinus les convoqua à nouveau, ils affirmèrent encore une fois leur fidélité au Christ. Alors Faustinus ordonna de leur lier les mains derrière le dos, de leur attacher de grosses pierres au cou et de les jeter à la mer. 

Les récits affirment que les liens des Martyrs se défirent et que les flots ramenèrent les corps sur le rivage.

Saints Agathopodes et Theodulos de Thessalonique sont commémorés le 4 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Isidorus Hispalensis

560-636

 

Isidorus naquit vers 560 à Cartagena (Espagne), quatrième des cinq enfants de Severianus et Turtura.

Ses aînés, eux aussi canonisés, étaient Leandrus, Fulgentius et Florentina (voir aux 13 mars, 14 janvier et 28 août).

Son enfance fut marquée, dit-on par des signes merveilleux : un essaim d’abeilles serait apparu sur sa bouche, comme pour annoncer son génie. Sa sœur l’aurait vu plusieurs fois élevé en l’air et agiter les mains comme pour lutter contre un adversaire.

Les parents moururent tôt. L’enfant fut élevé par Leandrus, qui s’en occupa paternellement. Leandrus sut être sévère aussi, car un jour Isidorus, peu porté à l’étude, s’enfuit quelque temps pour échapper au fouet fraternel.

Plus tard, Isidoro se rattrappa et dépassa même ses maîtres. Il devint une encyclopédie vivante et l’on venait de loin pour avoir recours à ses lumières.

On a avancé qu’il fut moine, mais ni les carmes, ni les bénédictins ni les augustins n’ont pu en apporter de preuves solides. Il reste établi qu’Isidorus mit très tôt toute sa science et son talent pour convertir les Wisigoths ariens.

Isidorus reçut le sacerdoce. Il fut unanimement appelé à succéder à son frère Leandrus comme évêque de Séville. 

Comme pasteur, il détruisit les restes de l’arianisme en Espagne, étouffa à la racine l’acéphalisme (qui niait les deux natures dans la personne du Christ), secondé en cela par des miracles retentissant : pluie abondante durant la sécheresse, guérison de malades, résurrection des morts.

Il fit construire une école de théologie à Séville et y enseigna. Il régla la liturgie, instituant le rite espagnol, dit mozarabe (Missel et Bréviaire). Il rédigea une Histoire des Goths.

Très âgé désormais, malade, il sentit arriver la fin de son pèlerinage terrestre. Il se fit transporter dans la basilique Saint-Vincent où, couché sur la cendre, devant l’autel, toujours avec son cilice aux reins, il implora la miséricorde de Dieu ; puis il donna le baiser de paix aux prêtres.

Reporté dans sa cellule, il expira le 4 avril 636.

Peu d’hommes ont laissé un œuvre aussi encyclopédique qu’Isidorus. Il semblait simplement connaître tout ce qui se savait au 7e siècle, tel qu’il ressort de son Livre des origines des choses. On a de lui des traités sur l’Ecriture, sur les personnages bibliques, une Règle des moines.

Les cendres d’Isidorus d’Espagne, ou de Séville, furent longtemps dans la cathédrale de Séville, entre celles de Leandrus et de Florentina, avant d’être transférées à León.

Saint Isidorus fut canonisé au 9e siècle, et déclaré Docteur de l’Eglise au 18e siècle.

Notons enfin que saint Isidore a été choisi en 2002 comme protecteur céleste des chercheurs sur Internet.

 

 

Platon de Constantinople

734-814

 

Platon naquit en 734 à Constantinople, et perdit très vite ses deux parents, emportés par une épidémie de peste, que les contemporains considérèrent comme le châtiment divin à la persécution iconoclaste.

Il avait trois frères et des sœurs.

Un de ses oncles, trésorier impérial, s’occupa de lui. Platon étudiait, commençait à montrer d’excellentes aptitudes dans les affaires, mais surtout était dans son cœur un homme de Dieu. Il se lassa bien vite de la cour et des rencontres mondaines et ne sortit plus que pour aller prier dans les églises.

Il persuada ses trois frères à se consacrer à Dieu et à vivre dans la chasteté. Il affranchit ses esclaves et vendit ses biens, qui étaient immenses ; après avoir ainsi nourri les pauvres et établi ses sœurs, il se dirigea vers la Bithynie, avec un seul domestique.

Là-bas, il remis à ce domestique ses propres vêtements, revêtit un habit noir et alla frapper au monastère des Symboles sur le mont Olympe.

L’higoumène, Théoctiste, le fit passer par diverses épreuves, par exemple celle de l’accuser de fautes qu’il n’avait pas commises et lui imposant de sévères pénitences, que Platon acceptait toujours avec le sourire.

L’occupation favorite de Platon était la copie des livres. Nombreux furent les couvents d’Orient qui bénéficièrent de sa transcription des passages des Pères. De son travail, il recueillait quelques bienfaits qu’il partageait entre les pauvres.

En 770, il fut contraint d’accepter de succéder à Théoctiste. Il n’en devint que plus mortifié, mangeant seulement l’après-midi, et que du pain, des fèves et quelques herbes sans assaisonnement, buvant un jour sur deux.

En 775, il dut traiter quelques affaires à Constantinople ; on le reconnut, on se pressa près de lui et il en profita pour prêcher l’amour de Dieu et pour ranimer la ferveur des fidèles. Il refusa énergiquement l’évêché de Nicomédie, et mêmes les ordres sacrés que lui proposait le nouveau patriarche. Puis il retourna à son monastère.

En 782, il fut appelé à gouverner le monastère de Saccudion, fondé par ses neveux : il leur donna la Règle de saint Basile (v. 2 janvier) et les gouverna pendant douze ans puis remit sa charge à son neveu Théodore.

Vint la pénible circonstance du divorce de l’empereur, qui voulait épouser une parente de Platon. Celui-ci mit toute son énergie pour désapprouver l’empereur qui, en réponse, le fit enfermer. L’abbé supporta avec joie cette peine et tous les autres mauvais traitements, jusqu’à la mort du prince en 797.

Devant le péril sarrasin, le monastère de Saccudion fut évacué. Platon se retira chez son neveu Théodore, auquel il se soumit très humblement en simple religieux, priant et recopiant des manuscrits. Il s’attacha aux pieds une chaîne de fer - qu’il cachait habilement si on venait le trouver.

Un nouvel épisode s’abattit sur Platon, concernant d’une part l’élection du patriarche Nicéphore et d’autre part l’empereur Nicéphore. Le patriarche avait été élu bien qu’il ne fût que laïque, ce qui était contraire aux lois, et Platon blâmat cette élection. Quant à l’empereur, il commit aussi une irrégularité en rétablissant un prêtre qui avait été précédemment écarté par s.Tarasios. La «récompense» ne se fit pas attendre : pendant un an, Platon fut victime des mauvais traitements de soldats, jugé par un conciliabule d’évêques circonvenus par la calomnie, enfin exilé d’île en île pendant quatre ans dans le Bosphore. Tout de même, l’empereur fut touché par la constance de Platon, mais périt avant d’avoir pu le faire délivrer ; son successeur le fit sans attendre.

Platon regagna sa cellule de reclus. Mais il avait vieilli et eut besoin d’être aidé. S’il ne pouvait plus se servir de ses mains, il continuait à prier. La maladie le prit durant le carême de 814. Il fit creuser sa tombe et voulut même s’y coucher.

Il eut la joie d’avoir la visite du patriarche Nicéphore : ils se réconcilièrent. Il pardonna à tous ceux qui l’avaient persécuté. A Théodore, son neveu et abbé, il répéta : Je n’ai plus rien, je t’ai tout donné.

Il murmura encore un cantique pascal et mourut, le 4 avril 814.

Saint Platon est commémoré le 4 avril dans le Martyrologe Romain.

Nicoló Pico de Montecorvino

François de la Terre de Labour

Pietro de Rome

Thomas

† 1358

 

Nicoló naquit à Montecorvino, dans la famille Pico qui, depuis longtemps déjà, était liée à l’Ordre franciscain.

Après sa profession et l’ordination sacerdotale, il fut envoyé en mission en Egypte.

Au moment de la Semaine sainte de 1358, il y reçut un soldat hongrois qui, par opportunisme, s’était fait musulman et par là avait obtenu les grâces du sultan, ainsi que par sa bravoure.

Or, dans ce couvent franciscain, Thomas (c’est le nom du soldat) fut conquis par les paroles chaleureuses et les exhortations du père Nicoló, au point qu’il eut le profond désir d’expier son apostasie.

Nicoló lui proposa de l’accompagner pour aller témoigner le Nom du Christ devant le sultan.

Ils emmenèrent aussi un autre Frère, François de la Terre de Labour, ainsi qu’un tertiaire, Pietro de Rome. Et les voici en marche vers le Caire.

Chemin faisant, des marchands chrétiens leur suggérèrent de ne pas risquer le déclenchement d’une nouvelle persécution, au cas où le sultan se déchaînerait contre eux et, par la suite, contre les Chrétiens.

Mais nos Franciscains étaient trop heureux de rencontrer le sultan ; Thomas en particulier ne demandait qu’à expier sa faute par un acte courageux.

Introduits devant le sultan, Thomas prit la parole en premier et déclara qu’il s’était trompé, qu’il croyait toujours en Jésus-Christ, Dieu et Homme, et se rétractait.

Le sultan accusa les Religieux d’être à la source de cette rétractation, mais Nicoló lui parla du Christ, qui avait redonné la lumière à Thomas. Et d’ajouter que la religion chrétienne était seule dans la Vérité.

François et Pietro confirmèrent leurs paroles.

Le sultan fit alors enfermer les quatre hommes. Deux jours après, il les interrogea de nouveau et, devant leur persévérance à confesser le Christ, les fit mettre à mort, le 4 avril 1358.

On ne sait s’ils furent pendus, décapités ou empalés. On voulut ensuite brûler leurs corps en cachette mais une lumière, brillant au-dessus d’eux, empêcha la réalisation du dessein.

La béatification de ces Héros du Christ appartient aux proclamations «officieuses» de l’Eglise, avant la création de la Congrégation des Rites (1588), l’ancêtre de notre actuelle Congrégation pour les Causes des Saints, créée en 1969. 

 

 

Guglielmo Buccheri

1309-1404

 

Guglielmo naquit en 1309 à Noto (Syracuse, Sicile), de la noble famille Buccheri et fut écuyer du roi de Sicile Federico II, qu’il défendit un jour de l’attaque d’un sanglier lors d’une partie de chasse ; sa générosité lui valut tout de même une blessure à la jambe.

Il eut une vision de sainte Agata, la patronne des Siciliens (v. 6 février) et décida d’embrasser la vie érémitique. Mais il fallait prendre congé du roi ; ce dernier encouragea Guglielmo, lui fit le don d’un cheval ainsi que d’une petite bourse de monnaie.

Peu après, il échangea ses «biens» avec les hordes d’un pauvre, auquel il acheta aussi une cuffitedda, un rouleau d’étoffe dont il se fit son habit. De là lui vint son surnom de Cuffitedda qu’on lui adjoignit souvent (et que d’aucuns ont transformé en Cuffitelli, comme on le lit dans le Martyrologe Romain).

Puis il se retira dans la solitude, non loin de Noto. Là, il reçut la visite de Corrado Confalonieri (v. 19 février).

Pendant près de soixante-dix ans, Guglielmo observa la règle de saint François, dans la prière et la pénitence, recevant à l’occasion quelque personne venue lui demander conseil ou consolation.

Après avoir reçu une vision de la Sainte Vierge, il alla s’établir un peu plus loin, à Scicli, où il mourut à quatre-vingt-quinze ans, le 4 avril 1404, en odeur de sainteté pour une telle vie toute donnée à Dieu et aussi pour des miracles. Ce jour-là, les cloches sonnèrent toutes seules.

Lors de ses funérailles, son corps s’alourdit au point qu’on ne pouvait plus le déplacer ; il redevint léger lors des Litanies des Saints, à l’invocation de saint Matthieu, ce qui fit qu’on l’enterra dans l’église de Saint-Matthieu à Scicli.

Guglielmo Buccheri, ou Cuffitedda, ou de Noto, ou de Scicli, a été béatifié en 1537.

 

 

Benedetto le More

1524-1589

 

Benedetto naquit en Sicile en 1524. Ses pieux parents, Cristoforo et Diana étaient des esclaves ramenés d’Afrique (peut-être l’Ethiopie) au village de San Fratello (Messine).

Après lui, naquirent Marco, Baldassara et Fradella.

Benedetto est en général appelé le More pour la couleur noire de sa peau. Le patron de Cristoforo et Diana, nommé Manasseri, affranchit leur fils aîné, raison pour laquelle celui-ci est normalement nommé Benedetto Manasseri. Il n’est pas exclu que le même Manasseri n’ait pas aussi affranchi les frère et sœurs de Benedetto. Ajoutons que le Martyrologe nomme ce bienfaiteur italien Massarari.

A dix ans, notre Benedetto se vit confier la garde du troupeau. Ses petits compagnons prirent vite la licence de se moquer de son teint noir, mais le jeune pâtre ne s’en réfugiait que plus volontiers dans la solitude et la prière, ce qui lui valut déjà à cet âge le surnom de Saint.

A dix-huit ans, son travail lui permettait de se suffire et d’aider les pauvres. Il advint qu’en ce temps-là passa par là un certain Girolamo Lanza, un pieux ermite des environs. Entendant les railleries des gamins, il les réprimanda gentiment : Vous vous moquez de ce pauvre Noir, mais bientôt vous entendrez parler de sa renommée.

Peu après (1547), Benedetto rejoignit Girolamo et tous deux menèrent une vie dans le recueillement et la prière ; mais comme Benedetto eut le don des miracles, les gens affluèrent et les deux ermites durent changer jusqu’à quatre fois d’endroit, pour finalement quitter la région de Messine et se fixer non loin de Palerme, sur le Monte Pellegrino. D’autres se joignirent à eux. Quand mourut Girolamo, on choisit Benedetto comme supérieur, mais le pape dissolut cette vie érémitique et les braves ermites, en parfaite obéissance, se séparèrent.

Benedetto frappa à la porte des Frères Mineurs Observants. On le reçut en Frère lai et on l’envoya quatre années à Santa Anna di Giuliana, puis au couvent de Palermo, où il resta jusqu’à la fin de sa vie. Il fut d’abord cuisinier. 

En 1578, le chapitre élut comme Gardien Benedetto lui-même, qui était parfaitement illettré. Canoniquement, ce n’était pas heureux, mais exceptionnellement ce Gardien se révéla excellent supérieur. Il reçut de Dieu des dons extraordinaires de science infuse, de discernement, de pénétration des esprits. Il devançait les novices en leur parlant de leurs tentations pour les aider à les vaincre ; il expliquait des passages de l’Ecriture avec une étonnante facilité ; des théologiens venus de loin restèrent stupéfaits de sa science ; le vice-roi lui demandait conseil avant de prendre une décision importante.

Un jour qu’on manquait de provisions, il remplit d’eau plusieurs tonneaux, passa la nuit en prière, et retrouva le lendemain suffisamment de poissons pour nourrir tout le couvent ; un autre jour où il s’était abîmé en prière et n’avait rien préparé à la cuisine, il annonça tout de même que le repas était prêt : arrivèrent alors deux jeunes gens tout lumineux qui, en une fraction de seconde, mirent tout en place ; une autre fois encore, le Portier avait refusé la distribution de pain aux pauvres, car il ne restait presque rien pour les Religieux : Benedetto le lui reprocha très gentiment, lui ordonnant de distribuer comme d’habitude, et le Portier remarqua qu’il lui restait plus de pains qu’auparavant pour les Religieux ; etc…

Au terme de sa charge, Benedetto redevint cuisinier, pour sa plus grande satisfaction.

En février 1589, il tomba gravement malade, et sentit que sa fin était proche.

Benedetto Manasseri, dit le More, mourut le 4 avril 1589.

Le culte envers un personnage mort en odeur de sainteté, n’est permis qu’après la mort de celui-ci et avec l’autorisation de l’Eglise. Dans le cas de Benedetto, ce culte commença… de son vivant, tant était forte la renommée de ses vertus et de ses miracles. 

Benedetto fut béatifié en 1743 et canonisé en 1807.

Son corps est demeuré incorrompu. Benedetto est vénéré en Sicile, bien sûr, mais son culte s’est largement déployé en Amérique du Sud, au Brésil, en Colombie, au Vénézuéla, et en Afrique au Togo, au Bénin, au Nigéria et en Angola.

 

 

Giuseppe Benedetto Dusmet

1818-1894

 

Né en la fête de l’Assomption, le 15 août 1818 (la fête existait avant la proclamation du dogme), à Palermo, Giuseppe Benedetto était le fils d’un capitaine de vaisseau, Luigi Dusmet, des marquis de Smours, et de Maria Dragonetti.

Dès l’âge de cinq ans il est confié à l’abbaye bénédictine de San Martino delle Scale à Palermo, où se trouvaient déjà deux oncles maternels.

Il y fit les vœux le jour de ses vingt-deux ans, 15 août 1840.

Son intelligence très vive le fit remarquer : il fut secrétaire personnel de l’abbé, également quand ce dernier fut élu à Caltanissetta ; l’évêque le prit aussi comme confesseur.

En 1850, il fut nommé prieur à Naples, puis en 1852 à Caltanissetta, où il sut résoudre les graves problèmes existants et rétablir l’ordre dans les monastères.

En 1854, l’épidémie de choléra lui donna l’occasion de montrer toute sa charité envers les malades, pauvres et riches.

En 1858 il fut nommé abbé à Catania, où là encore il rétablit la règle dans sa rigueur.

En 1866, le couvent fut fermé, confisqué par le nouvel Etat italien.

En 1867, le pape Pie IX nomma Don Dusmet archevêque de Catane : ce seront des années douloureuses, marquées par l’éruption de l’Etna, des tremblements de terre, des inondations, des épidémies. Au terme de l’épidémie de choléra de 1889, Mgr Dusmet reçut la Médaille d’Or du Mérite pour les services rendus à la cause de la Santé publique.

En 1888, le pape Léon XIII le créa cardinal, le chargeant en plus de restaurer l’abbaye Saint-Anselme sur l’Aventin et de fonder la Confédération Bénédictine.

Le cardinal Dusmet fut honoré de la distinction de Chevalier Grand-Croix de l’Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem.

Il s’éteignit à cette vie le 4 avril, si pauvre qu’on ne trouva pas même un drap pour couvrir son corps marqué par ses jeûnes sévères.

Mgr Dusmet a été béatifié en 1988.

Francisco Marto

1908-1919

 

Né le 11 juin 1908 à Aljustrel (Fátima, Portugal) de Manuel et Olimpia Marto, Francisco était le grand frère de Jacinta, avec laquelle il reçut les messages de la Vierge Marie.

Il ne fréquenta pour ainsi dire pas l’école, qui n’était pas obligatoire à l’époque. Il gardait les moutons avec sa sœur et sa cousine Lúcia, tout en jouant du fifre, pour lequel il était très doué.

D’après les souvenirs de sa cousine, il était très indépendant, très solitaire, très respectueux des grandes personnes aussi, d’une grande sensibilité.

A partir du moment où il vit la Vierge Marie, il comprit qu’il ne fallait plus offenser Dieu et se retirait dans la solitude, avec son chapelet, pour consoler Jésus des péchés du monde.

A neuf ans, il comprit déjà que de petits sacrifices, acceptés avec amour, pouvaient racheter beaucoup de péchés et il ne se priva pas de s’imposer même de grandes pénitences, peut-être même des jeûnes excessifs pour son âge.

En 1919, il fut atteint par l’épidémie de grippe espagnole qui décima l’Europe entière, ajoutant encore des milliers de victimes à celles de la guerre à peine achevée.

Francisco Marto mourut le 4 avril 1919, à dix ans.

Francisco, ainsi que sa petite sœur Jacinta, ont été béatifiés en 2000, le 13 mai, anniversaire de l’apparition mariale (et de l’attentat au pape Jean-Paul II). 

Ils ont été canonisés le 13 mai 2017.

Le miracle reconnu pour cette célébration a été la guérison totale d’un bébé atteint de diabète 1.

 

 

Francisco Solís Pedrajas

1877-1937

 

Francisco naquit le 9 juillet 1877 à Marmolejo, premier des quatre enfants de Miguel Solís Padilla, un charpentier, et de Antonia Pedrajas Rodríguez.

Ils s’étaient mariés en 1875 et eurent, après Francisco, Manuel, María Rosario et Miguel.

La maman mourut en 1915 (le 22 janvier), le papa en 1921.

Francisco fréquenta le séminaire et fut ordonné prêtre en 1900.

Il fut vicaire à Santiago Apóstol de Valdepeñas (Jaén), puis curé à Baños en la Encina (1906), ensuite à Santisteban del Puerto (1913) et prépara un diplôme de théologie. Puis il fut nommé à Mancha Real, avec le titre d’archiprêtre.

A Mancha Real, il fut curé de 1914 à sa mort, en 1937.

Dans cette paroisse, il se montra réellement préoccupé du bien de tous, des ouvriers et des pauvres, et encouragea un Syndicat Catholique. Quand l’instruction religieuse fut interdite dans les écoles, il sollicita la SADEL (Société Anonyme D’Enseignement Libre) pour ouvrir un collège libre à Mancha Real (1934).

Ce curé se montra en tout un vrai pasteur, pieux, dévot de l’Eucharistie et de la Sainte Vierge, soucieux des âmes, excellent théologien et prédicateur, directeur spirituel avisé. Il vivait très pauvrement ; quand on voulut le retrouver dans la fosse commune, on ne le reconnut que par les initiales brodées sur ses habits : c’étaient en réalité celles d’un cousin, dont il avait reçu les effets déjà usés.

Il fonda dans la paroisse l’Action Catholique et suscita maintes vocations sacerdotales et religieuses, dont un fut martyrisé en 1936.

Peu avant les piteux événements de la guerre civile, le vicaire de la paroisse appela un séminariste, dont les parents habitaient sur la paroisse, à consommer les hosties du Tabernacle, pour qu’elles ne fussent pas profanées ; le jeune homme le fit en présence de ses pieux parents, tout émus. Le vicaire, quant à lui, s’était enfermé chez lui et évitait de sortir. Il fut bientôt arrêté et assassiné.

En juillet 1936, lors de la guerre civile, le curé resta dans son presbytère : ce furent quelques-uns parmi ses propres fidèles qui vinrent l’arrêter pour le mettre dans la prison municipale, où il fut malmené, torturé, interrogé sur l’éventuelle présence d’armes (!) dans son presbytère. De là, il fut conduit à la «prison» de Jaén, cette prison étant la cathédrale, réquisitionnée à cet effet, car la prison municipale était déjà trop pleine. Là aussi fut détenu l’évêque de Jaén.

Ces jours-là, les images saintes, les livres de chant, les archives, les vases sacrés, tout fut retiré de l’église paroissiale, brûlé, détruit, confisqué ; on fit une procession burlesque avec les ornements sacerdotaux, qui furent ensuite brûlés aussi.

Durant les jours où il fut prisonnier dans cette cathédrale, don Francisco y retrouva son évêque, ses confrères, dont certains déjà blessés après tant de mauvais traitements, quelques-uns très âgés aussi, et tant de braves gens arrêtés à cause de leur foi. Arriva le Jeudi Saint, 25 mars, où tout ce peuple saint se trouva réuni pour célébrer la Dernière Cène et adorer devant le Reposoir.

Cette fois-ci, ils étaient tous véritablement autour de l’Agneau, proches de l’immolation, de la Croix, mais aussi de la Résurrection.

Don Francisco fut le prêtre qui célébra pour tous les autres, consacra les Hosties pour donner la Communion à tous les prêtres et fidèles présents.

Au matin du 4 avril, on vint annoncer aux «prisonniers» les noms de ceux qui avaient été «choisis». Ils furent ligotés, on les fit monter dans des camions qui partirent en direction de Grenade, puis se dirigèrent vers Mancha Real, la propre paroisse de Don Francisco.

Avec sa voix d’orateur, le prêtre exhorta ses compagnons à ne pas craindre ceux qui peuvent faire du mal au corps, mais pas à l’âme (cf. Mt 10:28) ; il leur fit répéter les invocations Dieu soit béni, Béni soit son saint Nom… Il sut tellement bien les exhorter qu’ils entonnèrent ensemble des chants ; leurs chants continuèrent pendant les vingt kilomètres qui séparaient Jaén de Mancha Real, et jusqu’au moment suprême. Quand les fusils se pointèrent en face d’eux, ils chantaient encore, jusqu’au moment où ils tombèrent l’un après l’autre.

Juste avant le sacrifice, Don Francisco adressa encore la parole aux bourreaux : Nous, en échange de la vie que vous allez interrompre, nous allons recevoir la vie éternelle. Vous, en revanche, vous allez éprouver les plus profonds remords d’avoir commis ces crimes ; sachez bien que ceux qui vont mourir entre vos mains, n’auront aucune rancœur contre vous ; au contraire, ils vont demander pardon pour vous au Christ Crucifié.

Aucun des soldats ne voulait tuer ce saint prêtre. Il y en eut cependant un qui était davantage déterminé que les autres, et qui l’abattit. Don Francisco était le dernier debout.

Don Francisco Solís y Pedrajas reçut ainsi la palme du martyre le 4 avril 1937, et fut béatifié en 2013.

 

 

Gaetano Catanoso

1879-1963

 

Gaetano Catanoso naquit le 14 février 1879 à Chorio di San Lorenzo, province de Reggio Calabria (Italie), de riches parents propriétaires, chrétiens exemplaires.

Il entra au petit séminaire à dix ans, fut ordonné prêtre en 1902.

D’abord préfet au séminaire, il fut de 1904 à 1921 curé de campagne à Pentidattilo, un village pauvre et isolé.

Il avait une singulière dévotion envers la Sainte Face, et entreprit la publication d’un bulletin qui en portait le nom, puis fonda une Confraternité de la Sainte Face en 1920. Il répétait : La Sainte Face est toute ma vie. C’est ma force. Il unissait cette dévotion à la piété eucharistique.

Transféré en 1921 dans une grande paroisse (Sainte Marie de la Candelaria), où il resta jusqu’en 1940, il montra sans cesse une grande disponibilité, sachant d’adapter, montrant une grande habilité à maintenir la concorde et l’harmonie au milieu des multiples tendances, parfois opposées, qui apparaissent fatalement dans une paroisse. C’est ainsi que se répandit sur lui une réputation de sainteté.

Comme il ne se montrait pas affecté par les événements externes, positifs ou négatifs, Gaetano fit un travail très fructueux au milieu des âmes, cherchant d’abord à intensifier son union avec le Christ et à chercher à faire la volonté de Dieu, pour le bien de ceux qui lui étaient confiés. Il voulait être à leur service, tant à Pentidattilo qu’à Candelaria, et sa “promotion” à cette grande responsabilité ne l’enfla pas le moins du monde.

En tant que curé, il s’efforça de conduire les âmes au Christ par une Eucharistie vivante et la dévotion à Marie. Il ouvrit des œuvres, promut l’instruction catéchétique, fit une réelle croisade contre le blasphème et contre la profanation des jours de fête.

Il pensait que c’était son devoir sacerdotal d’aider les enfants et les jeunes, qui risquaient de tomber dans la corruption, par manque de modèles ; il allait assister les personnes âgées et les prêtres qui étaient dans la solitude. Il se prêta aussi à la restauration d’églises et de tabernacles abandonnés.

En un mot, il voyait la Face du Christ dans tous ceux qui souffraient et disait : Travaillons à défendre et à sauver les orphelins, qui sont abandonnés. Il y a trop de dangers et trop de misère. Avec Jésus, tournons notre regard vers les enfants abandonnés et vers les jeunes ; aujourd’hui, l’humanité est plus malade moralement que jamais.

Gaetano passait souvent des heures, voire des jours entiers devant le Tabernacle de la Présence Réelle, promouvant dans sa paroisse et alentour l’Adoration Eucharistique. Pour la soutenir, il suscita des sortes d’ “escadres” de prêtres disponibles, qui allaient prêcher et confesser dans les paroisses à l’occasion de l’Adoration.

De 1921 à 1950, Gaetano fut confesseur dans divers instituts religieux, ainsi qu’à la prison de Reggio Calabria ; mais aussi chapelain à l’hôpital et directeur spirituel au Grand Séminaire.

C’est en 1934 qu’il donna naissance à la Congrégation des Filles de Sainte Véronique, Missionnaires de la Sainte Face, dont la mission devait être la constante prière de réparation, l’humble service dans le culte, dans l’assistance aux enfants, aux jeunes, aux prêtres et aux vieillards. Le premier couvent ouvrit à Riparo (province de Reggo Calabria). Sur sainte Véronique, voir au 4 février. 

Gaetano montra un profond esprit de soumission quand l’Archevêque voulut réduire les activités de cette congrégation, dont les Constitutions furent toutefois approuvées au niveau diocésain en 1958.

Au terme de cette vie exemplaire, Gaetano Catanoso mourut le 4 avril 1963, fut béatifié en 1997 et canonisé en 2005.

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