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4 avril 2020 6 04 /04 /avril /2020 23:00

05 AVRIL

 

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S Zénon, martyr par la poix, le feu et le glaive. 

IV.

Ste Ireni, martyre à Thessalonique, sœur des stes Agapi et Chionia (cf. 1er avril).

Ste Pherbutha, sœur de l’évêque Siméon Bar Sabas à Séleucie, martyre.

V.

Un Lecteur de nom inconnu à Regia, martyrisé d’une flèche dans la gorge le jour de Pâques au moment où il chantait Alleluia.

VI.

S Tigernac, évêque à Clogher, aveugle à la fin de ses jours. 

VII.

S Claudien, moine persan, martyr.

IX.

Ste Théodora, veuve, moniale avec sa fille à Thessalonique ; son tombeau sécrète une huile miraculeuse.

XI.

S Géraud, guéri miraculeusement par l’intercession de s. Adalhard, puis abbé à Laon, enfin à la Grande-Sauve.

S Albert, évêque à Montecorvino ; ses jeûnes et ses larmes lui firent perdre la vue.

XIII.

Ste Julienne de Cornillon, flamande, prieure des Augustines du Mont Cornillon ; elle fut à l'origine de la Fête-Dieu, mais traitée de fausse visionnaire, et chassée de son couvent.

XV.

S Vicente Ferrer, dominicain espagnol qui sema l’Europe de miracles ; il se trompa un temps à propos du pape légitime lors du schisme d’occident ; mort à Vannes, il en est le patron.

XVI.

Ste Catarina Tomàs, chanoinesse augustine à Palma de Maiorque ; se trouvant trop choyée, elle feignit longtemps d’être insensée : on ne l’en estima que plus. 

XVIII.

Ste Anna (Maria Crescentia) Höß, tertiaire franciscaine à Kaufbeuren, mystique ; c’est un luthérien qui lui offrit sa dot pour entrer au monastère ; canonisée en 2001.

XIX.    

Bse Josefina Saturnina Rodríguez de Zavalía (Catalina de Marie), argentine, fondatrice des Sœurs Esclaves du Sacré-Cœur de Jésus, béatifiée en 2017.

XX.

B Mariano de la Mata Aparicio (1905-1983), prêtre augustin espagnol, actif au Brésil, mort de cancer, béatifié en 2006 ; il avait une passion pour les plantes et les fleurs.

 

Ireni de Thessalonique

† 304

 

Les trois sœurs Agapi, Chionia et Ireni vivaient à Thessalonique, chez leurs parents, qui n’étaient pas chrétiens.

Leurs noms étaient tout symboliques : Amour, Pureté et Paix.

L’édit de Dioclétien ayant en 303 interdit de conserver les Livres saints, les trois sœurs cachèrent ceux qu’elles avaient, sans en parler à personne.

L’année suivante cependant, on découvrit la cachette et les Livres ; elles furent dénoncées et présentées au gouverneur.

En même temps qu’elles, étaient aussi présentés Cassia, Philippa et Eutychia, ainsi qu’un nommé Agathon.

Fermement, elles refusèrent de manger de la viande offerte aux dieux païens, et furent condamnées à être brûlées vives.

Agapi et Chionia moururent le 1er avril 304.

Dans un premier temps, Ireni fut entièrement dévêtue et exposée dans un lupanar ; Dieu fit que personne n’osa l’approcher ; le 5, à nouveau convoquée, elle persista dans la fermeté de sa Foi et fut condamnée alors au même sort que ses sœurs.

Les Actes de ces trois Martyres ne parlent pas du sort des autres Compagnons.

Sainte Ireni de Thessalonique est commémorée le 5 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Pherbutha de Séleucie

† 342

 

Durant la persécution de Sapor II en Perse, fut martyrisé l’évêque Siméon Bar Sabas (v. 17 avril). C’est de sa sœur qu’il s’agit ici. Elle s’appelait aussi Tarbula, et était vierge. On ne connaît pas le nom de son autre sœur, qui était veuve.

Or il advint que la reine tomba malade.

Les deux saintes femmes furent accusées auprès de la reine, par des Juifs, d’avoir voulu l’empoisonner. On les arrêta donc toutes deux, avec une servante de Pherbutha et on les présenta au palais royal.

L’intendant qui l’interrogea, remarqua la beauté extraordinaire de cette femme, et lui envoya ensuite dire que, si elle voulait bien être son épouse, il obtiendrait sa grâce certainement. Mais Pherbutha refusa dignement cette avance, préférant de beaucoup rester unie au Christ et rejoindre bientôt son frère Siméon dans la béatitude céleste.

La sentence tomba : la reine ne pouvait être guérie que si elle passait entre les corps des accusées, coupés en deux. Le récit continue :

On mena donc ces saintes femmes devant la porte de la ville : chacune fut attachée à deux pieux, à l’un par le cou, à l’autre par les pieds ; et, les ayant ainsi étendues, on les coupa par le milieu avec des scies ; puis, ayant planté en terre trois grandes pièces de bois de chaque côté de la rue, on y pendit les moitiés de leurs corps. On apporta la reine dans cette rue, et on la fit passer au milieu de cette boucherie, suivie d’une multitude innombrable de peuple (342).

Pherbuta et sa servante ne furent pas des cas isolés. Les récits parlent d’une multitude innombrable de prêtres, diacres, moines et vierges ; on retint les noms de vingt-trois évêques, parmi lesquels Acepsimas et son prêtre Jacques, Dausas et Milles, Mareabdes avec deux-cent cinquante clercs ; le prêtre Aïthalas, les diacres Azadan et Abdjésu.

Aïthalas fut plusieurs fois étendu et frappé, au point qu’on lui disloqua les jointures des bras, que ses mains demeurèrent comme mortes et qu’on devait lui donner la nourriture dans la bouche. 

Le même jour que Pherbuta, au Martyrologe, est mentionné un nombre de cent-dix-neuf Martyrs, hommes et femmes. 

Le lendemain de ce jour, l’ancien Martyrologe mentionnait une sainte femme nommé Yazdandocht (c-à-d. fille de Dieu), qui assista en prison un groupe de cent vingt Martyrs, prêtres, diacres, clercs et vierges. Ces Héros furent tenus en prison pendant les six longs mois de l’hiver ; la veille de leur supplice, Yazdandocht vint en prison, leur lava les pieds, leur remit à chacun un bel habit blanc et leur servit un festin. Puis elle les salua, se recommandant à leurs prières auprès de Dieu. Les Athlètes du Christ allèrent offrir joyeusement leur cou au bourreau.

Le règne de Sapor II ayant été fort long (310-380), et atroce vis-à-vis du christianisme, parce que le roi assimilait la religion chrétienne aux Romains qu’il combattait, les écrivains en vinrent à estimer à seize mille les victimes de cette longue persécution, renonçant même à en conserver tous les  noms.

Sainte Pherbutha de Séleucie est commémorée avec sa servante le 5 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Lecteur en Maurétanie

† 430

 

Le roi arien Genséric (427-477) persécuta âprement les Chrétiens en Afrique.

L’historien Victor de Vite raconte : 

Dans une localité nommée Regia, les Chrétiens s’étaient enfermés pour célébrer la fête de Pâques sans être inquiétés. Les ariens en eurent connaissance et, sous la conduite d’un de leurs prêtres, vinrent se grouper autour de l’église. N’y pouvant pénétrer, ils lancèrent des flèches par les fenêtres.

C’est alors qu’une flèche atteignit à la gorge le Lecteur, qui était justement en train de proclamer  : Alleluia ! 

Les assaillants finirent par pénétrer dans l’église et achevèrent ceux qui n’avaient pas encore été atteints de leurs flèches.

La date de cet événement pourrait se situer très approximativement vers 430 (on sait que s.Augustin mourut durant le siège d’Hippone en 431). 

Ce saint Lecteur, ainsi que tous ces Fidèles, sont globalement commémorés le 5 avril dans le Martyrologe Romain.

Géraud de la Grande Sauve

1025-1095

 

Geraldus naquit vers 1025 à Corbie (act. dans la Somme) de pieux parents qui le consacrèrent tout jeune dans l’abbaye de cette ville.

Il y resta, et devint cellerier. Mais une maladie lui rendit impossible toute occupation sérieuse. Foulques, son confrère de noviciat devenu abbé, l’emmena à Rome, espérant obtenir au moins quelque amélioration de sa santé auprès du tombeau des Apôtres ; ils furent à Rome, au Mont-Cassin, au Mont-Gargan, sans résultat. Reçus tous deux par le pape, ils reçurent de lui l’ordination sacerdotale et rentrèrent à Corbie.

Devenu sacristain, Géraud s’acquitta très bien de sa tâche, surtout pour la reconstruction de l’église, ravagée par un incendie. Puis il lui vint une idée lumineuse : il invoqua le saint abbé Adélard (v. 2 janvier), qu’on venait de canoniser, et promettant qu’en cas de guérison, il s’engageait à en propager le culte. 

La guérison arriva en effet ; reconnaissant et fidèle à son vœu, Géraud composa des antiennes et des répons pour compléter l’office du saint Abbé. Ce dernier, en outre, apparut par deux fois à Géraud pour l’encourager, le consoler, le conseiller.

Vers 1073, Géraud obtint la permission d’aller en pèlerinage aux Lieux Saints. A peine rentré à Corbie, on l’appela à être l’abbé du monastère de Laon. Ayant vainement tenté pendant cinq années d’y rétablir la Règle authentique, il décida de se retirer dans la solitude.

C’est alors qu’il fut sollicité par plusieurs Religieux pour fonder une nouvelle abbaye. Après avoir vénéré les reliques de saint Denis (v. 9 octobre), celles de saint Martin de Tours (v. 11 novembre), ils furent reçus par le comte de Poitou, qui leur concéda la forêt de Grande-Sauve, entre la Garonne et la Dordogne.

Lors du nécessaire défrichage, la tradition rapporte que Géraud abattit un bon nombre de chênes uniquement en les touchant avec une pièce de fer pointue : l’objet fut conservé comme le couteau de saint Géraud.

La sainteté des moines et de leur abbé contagia la population : les mœurs s’adoucirent, on vint prier et se confesser. Géraud donnait volontiers pour pénitence de jeûner le vendredi et faire abstinence le samedi.

En 1080, au concile de Bordeaux, l’abbaye fut exemptée de toute autorité laïque. Heureux de tous ces saints résultats, Géraud voulut abdiquer et se retirer : le légat papal lui enjoignit de rester à sa place !

Si de nombreux disciples se présentèrent, il y eut aussi de pénibles brimades, mais leurs auteurs se rendirent compte bien vite qu’elles se retournaient contre eux-mêmes.

Parmi ses occupations, Géraud rédigea un Martyrologe contenant des noms de Saints qu’on aurait oubliés sans son travail.

Sentant sa mort approcher, Géraud donna à tous les moines sa bénédiction, échangea avec chacun le baiser de paix, et pria toute cette sainte assistance de se retirer pour laisser place aux Anges et aux Saints qui allaient prendre son âme et la porter en Paradis, et mourut le 5 avril 1095.

Si le culte envers Géraud se développa presque aussitôt, la canonisation officielle se fit en 1197.

Sous la Révolution, on eut le temps de cacher les reliques de Géraud, qu’on ne retrouva qu’en 1830.

Saint Géraud de la Grande-Sauve est commémoré le 5 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Julienne du Mont Cornillon

1192-1258

 

Julienne naquit  en 1192 à Retinne (Liège, ), d’Henri et Frescinde, riches agriculteurs qui moururent quand elle eut cinq ans.

Avec sa sœur Agnès, son aînée d’un an, elles furent placées chez les Religieuses augustiniennes du Mont-Cornillon qui, en-dehors de l’office au chœur, s’occupaient de lépreux et d’autres malades.

Les deux petites filles furent confiées à une certaine sœur Sapience, qui les aida dans leur chemin spirituel, et devint plus tard la supérieure du couvent.

On n’entend plus parler d’Agnès. Julienne, de son côté, fit de grands progrès dans la sainteté : elle sut bientôt le psautier par-cœur, aimait la solitude, l’austérité, parfois exagérée, qui lui valut quelques douces remontrances et quelques conseils de prudence.

En 1207, elle reçut l’habit de la congrégation.

Un de ses travaux fut l’étude assidue du latin pour lire dans le texte les Pères de l’Eglise ; elle lisait ainsi saint Augustin, saint Bernard ; nos bacheliers pourront légitimement être jaloux de cette jeune novice !

En 1208 (elle avait seize ans), elle reçut une première vision où elle aperçut le globe de la lune partiellement obscurci par une tache noire. Ses consœurs lui suggérèrent de ne pas s’en occuper ; mais le bruit s’en répandit et les gens de Liège commencèrent à parler de Julienne. La jeune novice, qui n’appréciait pas beaucoup ce remue-ménage, implora dans la prière d’être instruite sur la signification de cette vision et il lui fut enfin révélé en 1210 qu’il manquait une fête au calendrier :

L’Eglise militante est figurée par le globe de la lune ; la tache qui en voile une partie signifie qu’il manque une fête dont Dieu veut l’institution ; c’est la fête du très auguste et très saint sacrement de l’autel. Le Jeudi saint, à la vérité, est désigné à cet effet, mais les diverses autres cérémonies de ce jour en empêchent la solennité ; il faut en établir une autre qui sera chômée et observée dans toute la chrétienté. Et cela pour trois raisons : 

  1. pour que la foi aux mystères de la religion qui diminue et diminuera encore si l’ont n’y porte remède soit raffermie et confirmée en son entier.
  2. pour que les hommes qui aiment et cherchent la vérité en soient pleinement instruits, et puisent dans cett source de vie des forces pour avancer dans le chemin de la vertu.
  3. pour que les irrévérences et impiétés journalières qui se commettent contre la majesté de ce sacrement soient réparées et expiées par une adoration profonde et sincère.

C’est ainsi que Julienne fut chargée de demander à l’Eglise l’institution de la fête de l’Eucharistie. Cette mission la combla d’une sainte joie et augmenta encore sa dévotion eucharistique. C’est à cette époque qu’elle rencontra Eve de Liège (v. 14 mars).

En 1222, Julienne succéda comme supérieure à la sœur Sapience. Il y avait déjà douze années  que le Ciel lui avait confié cette mission, mais ne s’en sentant pas digne, elle remettait. Elle pria le Christ de la décharger, mais ce fut peine perdue : il fallait agir ! Julienne parla à Eve, ainsi qu’à une autre religieuse de Huy, Isabelle ; avec celle-ci, Julienne rencontra des personnalités ecclésiastiques, dont l’archidiacre de Liège, Jacques Pantaléon, futur pape Urbain IV ; Julienne fit des pélerinages à Cologne, Tongres, Maastricht.

Ce n’est qu’en 1246 que la Fête-Dieu serat instituée dans le diocèse de Liège, et en 1264 pour l’Eglise universelle, lorsque providentiellement Jacques Pantaléon devint pape. Mais dans l’intervalle, il y eut de vives oppositions, y compris dans le clergé, à l’institution de cette nouvelle fête : il y a souvent de ces «retards» à accomplir la volonté de Dieu, surtout dans le clergé, jaloux des révélations que reçoivent des femmes. 

Dans le cas de Julienne, ce fut d’abord l’aumônier de la congrégation, qui monta tout le monde contre elle, l’obligeant à sortir de son monastère avec quelques compagnes et à se réfugier ailleurs ; l’aumônier en eut pour ses frais, car ce mouvement ne fit qu’augmenter la réputation de Julienne. Quand l’évêque institua la fête en 1246, un vent de rébellion secoua à nouveau le diocèse, et Julienne se retira à Robermont puis à Namur, puis encore à Salsines, et encore à Fosses.

Julienne tomba malade au début de 1258 ; son état empira durant le carême ; le jour de Pâques (24 mars cette année-là), elle reçut le Viatique et, le soir, l’Onction des Malades ; le mercredi après l’octave de Pâques, nouvelle aggravation, mais Julienne assura qu’elle n’allait pas encore mourir ; le jeudi, elle se fit réciter l’office près d’elle ; le vendredi 5 elle reçut encore une fois l’Eucharistie et s’endormit dans le Seigneur : c’était le 5 avril 1258.

Le miracle qui décida le pape à instituer la fête pour l’Eglise universelle, fut le miracle de Bolsena (près Orvieto, Ombrie, Italie C) en 1263, où un prêtre qui doutait de la transsubstantiation, vit l’Hostie consacrée suinter du Sang qui imbibait le corporal. Ce corporal est toujours visible dans la cathédrale d’Orvieto, où il est exposé en permanence. 

Julienne n’a été officiellement ni canonisée ni béatifiée : la dévotion populaire s’en est chargée ! Le Martyrologe la mentionne au 5 avril comme Bienheureuse.

 

 

Vicente Ferrer

1350-1419

 

Vicente vit le jour à Valencia (Espagne) le 23 janvier 1350, de Guillermo Ferrer (et non Ferrier) et Constancia Miguel, qui eurent trois garçons (dont Bonifacio) et trois filles.

La vie de ce Religieux n’est qu’une suite de miracles.

Il était au berceau quand il demanda à sa mère de le porter en procession dans les rues de Valencia, pour faire cesser la sécheresse.

Petit, il s’adonnait déjà à toutes les pratiques habituelles des Saints. Or, voici un épisode authentique : des camarades voulurent se moquer de lui, l’un d’eux feignant d’être mort ; ils lui demandèrent de le ressusciter ; Vicente leur fit remarquer que le garçon était mort effectivement, puni pour sa vilaine moquerie, mais il le ressuscita sur l’heure.

Comme son père Guillermo en avait eu l’annonce en songe, Vicente entra chez les Dominicains de Valencia en 1367. Sa mère cependant chercha à le retenir dans le monde, mais une mystérieuse apparition la convainquit d’accepter la séparation et la consola.

Après la profession, Vicente fut à Barcelone puis Lleida et revint à Barcelone pour approfondir l’Ecriture. Tout juste diacre, il était déjà chargé de la prédicaiton populaire. Lors d’une grave disette, il annonça un jour l’arrivée de deux navires chargés de grain : tous se moquèrent de lui, le prieur lui interdit de prêcher, mais les navires arrivèrent effectivement.

En 1375, il fut professeur de physique à Barcelone et passa quelques mois d’études à Toulouse, pour rentrer ensuite à Valencia.

Il fut ordonné prêtre en 1378. C’est là qu’une jeune femme chercha à l’induire au mal, mais c’est elle qui dut déposer ses armes.

Il fut nommé prieur du couvent dominicain. C’est à cette période qu’il prit parti de bonne foi pour l’un des antipapes, Benoît XIII (Pedro di Luna). Ce dernier l’appela à Avignon et le nomma grand pénitencier et maître du sacré palais. Puis Vicente lui-même supplia Benoît XIII de renoncer à la papauté ; Benoît XIII refusa ; désormais, Vicente se prononcerait contre Benoît XIII ; le schisme devait se prolonger jusqu’en 1417. Mais Vicente continuait sa prédication.

Voici les localités les plus importantes qu’il parcourut depuis Valencia en 1381 ; il faut noter qu’il est difficile de le suivre, au point qu’on s’est demandé s’il n’était pas favorisé, en plus, du don de la bilocation :

Valladolid (où il convertit un rabbin et beaucoup de Juifs), Avignon, Carpentras (1399), Marseille, la région du Dauphiné et de Savoie (1401-1403), la Lombardie (Alessandria, où il rencontra Bernardino de Sienne, v. 20 mai). la Suisse, Lyon, le sud de l’Espagne (Séville et Cordoue, 1408-1410), Valence (où il fonda une université), Zamora, Salamanque. Il repassa en Italie, d’où il revint en Espagne pour favoriser l’accession au trône de Ferdinand de Castille, Valencia (1412-1413), Barcelone, les Baléares, Tortosa, Morella (où il supplia encore, mais sans résultat, Benoît XIII de déposer la tiare, comme l’avaient fait les deux autres antipapes), Saragosse, la Catalogne, Barcelone, Nice, Perpignan (où il tomba gravement malade, et prédit sa guérison, humainement inexplicable et où il prêcha devant l’obstiné Benoît XIII, toujours fermé à la grâce), le Roussillon, la Catalogne, le Languedoc, Toulouse, Le Puy, Clermont, Moulins, Lyon, Besançon (où il rencontra Colette de Corbie, v. 6 mars), Dijon, Bourges, Tours, l’Anjou, la Bretagne (Nantes et Vannes), la Normandie (Rennes, Dol, Caen, cherchant à convaincre le roi d’Angleterre pour mettre fin à la guerre de Cent ans), et Vannes enfin où il devait mourir.

Voici quelques exemples de ses miracles. Il révéla humblement lui-même que la miséricorde de Dieu avait opéré par sa main plus de trois mille miracles.

Il demanda à une femme pourquoi elle jurait si fort devant la colère de son mari ; elle dit que c’était à cause de sa laideur ; Vicente la rendit sur place plus belle que toutes les femmes du pays.

A une autre, il lui suggéra, à l’heure de l’arrivée de son mari, de garder dans la bouche une gorgée de l’eau du puits du couvent voisin ; c’était en réalité pour l’obliger à se taire. Le mari, de retour, s’apercevant que sa femme ne disait rien, en fut bien content et la paix revint ; Vicente lui expliqua que par son silence, elle évitait ainsi de provoquer son mari par ses répliques incessantes.

A Gênes, on s’aperçut qu’il avait le don des langues, car tous les matelots étrangers le comprenaient. Il expliqua qu’il ne savait en réalité, outre l’espagnol, que le latin et un peu d’hébreu, mais que c’était Dieu qui le rendait intelligible par les étrangers.

Il lisait dans les cœurs ; quand on avait une objection à lui proposer, il y répondait sans qu’on la lui ait exposée.

Vicente Ferrer annonça partout que la fin du monde était proche, tant il voyait d’erreurs et de vices partout où il passait. Le Grand Schisme durait, la société était divisée et corrompue : Vicente y voyait le prélude à un cataclysme final, mais finalement annonça avec joie que la pénitence des foules avait touché la miséricorde de Dieu, tant il est vrai que Personne ne sait l’heure du jugement, pas même le Fils de l’homme (Mc 13:32).

Au début de 1419, Vicente faillit refaire un voyage à Valencia où on l’appelait, mais dut y renoncer à cause de la maladie. Tous cherchaient à le voir encore ; il promit de prendre la ville de Vannes sous sa protection aux pieds de Dieu. 

Il annonça sa mort dix jours auparavant, et mourut effectivement le Mercredi saint 5 avril 1419. Il fut enterré le Vendredi saint et inhumé dans la cathédrale de Vannes ; on put soustraire ses restes à la fureur huguenotte et à celle républicaine.

Près d’un millier de miracles furent reconnus et retenus pour la canonisation de Vicente Ferrer. Celle-ci fut annoncée début juin 1455 et devait avoir lieu formellement le 29 juin, mais le pape mourut dans l’intervalle. La canonisation fut proclamée en octobre 1455.

La fête liturgique de saint Vicente Ferrer est toujours au 5 avril.

 

 

Caterina Tomás i Gallard

1531-1574

 

Suivant les régions, cette Religieuse mystique s’est aussi appelée Catalina Thomás.

Elle naquit le 1er mai 1531 à Valldemossa (Maiorque), sixième des sept enfants ; les frères et sœurs s’appelaient Miquel, Bartomeu, Jaume, Mateu, Anna, Caterina et Margarida.

Tôt orpheline (de son père en 1535, de sa mère en 1541), elle fut recueillie par son oncle, Joan Gallard, pour soigner son épouse infirme, ce qui dura cinq années. En plus, une bonne famille l’aida à faire des études sérieuses. Elle vint à Palma pour apprendre à lire et à écrire.

A quinze ans, elle voulait être religieuse, mais son confesseur, prudent, lui conseilla d’attendre un peu.

En 1553, elle entra chez les Chanoinesses Régulières de Saint-Augustin, un ordre de contemplatives, et y professa en 1555.

Sa vie discrète fut remplie de manifestations célestes : apparitions, visions des anges, de saint Antoine de Padoue (voir au 13 juin), de sainte Catherine d’Alexandrie (voir au 25 novembre). Elle passait des jours entiers en extase. On la voyait lutter contre le démon. Elle eut aussi le don de prophétie, et annonça sa propre mort.

Outre ces grâces, elle souffrait d’une maladie qu’on croit être la tuberculose.

Elle refusa son élection comme Supérieure du couvent.

Elle mourut le 5 avril 1574 à Palma.

Son corps est resté incorrompu : on peut le voir et le vénérer au couvent des Augustines de Palma.

Caterina fut béatifiée en 1792 et canonisée en 1930.

Palma la fête solennellement le 28 juillet.

 

 

Anna (Maria Crescentia) Höß

1682-1744

 

Cette religieuse était née à Kaufbeuren, dans le diocèse bavarois de Augsburg, le 20 octobre 1682, septième des huit enfants de Matthias Höß et Lucia Hörmann, et donna dès l’enfance des indices de ce que serait un jour sa sainteté. 

Il semble qu’elle ait eu la notion des vérités du salut avant même d’avoir l’usage de la parole. Jeune fille, elle garda l’intégrité de la foi au milieu des dangers où l’exposait la nécessité de vivre parmi les luthériens. Elle s’affermit dans la pratique des vertus chrétiennes et provoqua même l’admiration des non-catholiques. 

Sa demande d’admission chez les Franciscaines du Tiers-Ordre Régulier de Mayerhoff où elle désirait se consacrer à Dieu, fut plusieurs fois repoussée, parce que l’on ne pouvait fournir une dot suffisante. Enfin un personnage de l’endroit, bien que luthérien, plaida en sa faveur et comme il était un insigne bienfaiteur de la maison, la jeune fille fut admise sans dot : elle avait alors vingt et un ans.

Son noviciat achevé, Crescentia fit profession en 1704. Les supérieures furent bien disposées envers elle et lui confièrent maintes responsabilités : portière d’abord, maîtresse des novices en 1726, elle fut enfin élue prieure en 1741, malgré son refus pour un tel poste, qu’elle ne finit par accepter que par la contrainte. Dans toutes ces charges, elle montra la plus grande générosité et le don total d’elle-même.

Elle recommandait aux sœurs d’observer le silence et le recueillement, d’avoir de saintes lectures, l’évangile en premier lieu. L’école de sa vie religieuse était la Crucifixion du Christ. C’est à cette école qu’elle acquit un degré de grande prudence et qu’elle put être une conseillère providentielle pour tous ceux qui venaient chercher auprès d’elle du réconfort, comme on peut aussi s’en rendre compte par son abondante correspondance. 

Durant ses trois années de supériorat, elle fut comme une nouvelle fondatrice de sa communauté de Mayerhoff ; elle justifiait ainsi son choix des novices : “Dieu veut que notre couvent soit riche de vertus, et pas de biens temporels”. Les points principaux sur lesquels elle appuya la renouvellement de la maison furent : une confiance illimitée en la divine Providence, la promptitude dans l’accomplissement des activités de la vie commune, l’amour du silence, la dévotion à Jésus crucifié, à l’Eucharistie et à la Vierge Marie.

La renommée de sa sainteté porta son nom dans toute l’Allemagne, dans la Hongrie et parmi d’autres nations protestantes. Cette sainte religieuse eut de nombreuses extases : l’ardeur de l’amour divin dont son cœur était rempli, bien plus que la maladie, occasionna sa mort qui arriva à Pâques, le 5 avril 1744. Son corps repose toujours dans la chapelle de son monastère, entouré d’une profonde vénération.

Des miracles avaient illustré sa vie ; il y en eut au jour de ses funérailles et, dans la suite, auprès de son tombeau.

Béatifiée en 1900, elle a été canonisée en 2001 et le Martyrologe Romain la commémore le 5 avril. 
 

Josefina Saturnina Rodríguez de Zavalía
1823-1896

Josefina vit le jour le 27 novembre 1823 à Córdoba (Argentine), de bons parents chrétiens, Hilario Rodríguez Orduña et Catalina Montenegro. Elle avait trois sœurs.
En 1826, elle fut orpheline de sa mère, en 1831 de son père. Les quatre sœurs avaient heureusement des tantes, qui s’occupèrent d’elles.
Josefina ne fréquenta pas l’université de la ville, déjà célèbre, car les études étaient traditionnellement «réservées» aux garçons. Elle se forma à la maison.
En 1840, elle découvrit les Exercices spirituels ignaciens, qui suscitèrent en elle le désir de se consacrer. Mais en 1852, son directeur spirituel lui conseilla d’épouser un colonel, Manuel Antonio de Zavalía, lui-même veuf et père de deux enfants. Le couple s’installa à Paraná : leur unique enfant fut une petite fille mort-née.
De retour à Córdoba, Manuel Antonio mourut en 1865 ; veuve à la force de l’âge, Saturnina reprit son projet de former une communauté à l’image des Jésuites, pour les femmes, qui seraient au service des personnes les plus vulnérables de la société, pour leur apporter l’enseignement du Christ, les aider à travailler, vivre avec elles. L’entreprise était audacieuse, nouvelle, et mit du temps à éclore : en 1872, naquit enfin la Congrégation des Sœurs Esclaves du Sacré-Cœur de Jésus, le premier institut féminin de vie apostolique en Argentine.
En 1875, Josefina faisait ses premiers vœux et prenait le nom de Catalina de Marie.
Lors de sa participation aux Exercices spirituels, Josefina avait fait connaissance d’un, alors, séminariste, José Gabriel Brochero (v. 26 janvier). Ce dernier, une fois curé, fit appel à ses Religieuses pour l’aider dans son apostolat ; ce fut une féconde collaboration au service des pauvres, des malades (comme durant l’épidémie de choléra en 1867) et de l’épanouissement de la femme dans toute sa dignité.
Les maisons des Esclaves du Sacré-Cœur de Jésus s’ouvrirent en plusieurs villes d’Argentine. En 1893 s‘ouvrit à Buenos Aires le Collège du Sacré-Cœur. Cette année-là, Catalina fit un pèlerinage à Rome.
Elle mourut à Córdoba le 5 avril 1896.
Aujourd’hui les maisons se sont multipliées en Argentine, bien sûr, mais se sont aussi implantées au Chili, en Espagne, au Bénin.
Le miracle reconnu pour la béatification de Mère Catalina fut la «résurrection» d’une femme victime d’une apparente mort subite : les efforts pour la réanimer se démontraient sans aucun résultat. La fille de cette femme cependant, avec son mari et toute la communauté des Esclaves, priaient intensément et, après vingt-quatre heures de coma, la dame commençait à montrer des signes de vie ; dix jours plus tard, cette dame repartait chez elle, sans aucune séquelle de l’accident, et vit actuellement chez elle sans difficulté.
Mère Catalina fut béatifiée en 2017.
La bienheureuse Josefina Saturnina Rodríguez - Mère Catalina de Marie - sera commémorée le 5 avril dans le Martyrologe Romain.

 

Mariano de la Mata Aparicio

1905-1983

 

Né le 3 décembre 1905 à Puebla de Valdavia (Palencia, Espagne) dans une famille très chrétienne, Mariano et ses trois frères aînés devinrent prêtres dans l’Ordre des Augustins. Leurs parents, Manuel et Martina, eurent huit enfants.

Il prit l’habit en 1921, qu’il reçut du père Anselmo Polanco, futur évêque de Teruel, qui sera béatifié en 1995 (voir au 7 février).

Après ses études à Valladolid et Burgos, Mariano fut ordonné prêtre en 1930.

Moins de deux ans après, il est envoyé en mission au Brésil, où il restera pendant plus d’un demi-siècle.

Il fut d’abord deux ans vicaire à la paroisse de Taquaritinga (São Paolo), puis professeur de sciences naturelles au collège jusqu’en 1949, en même temps que directeur du collège et vice-provincial de son Ordre de 1945 à 1948.

Après, il fut professeur et supérieur au séminaire des Augustiniens à Engenheiro Schmidt (São Paulo).

Le père Mariano ne fit rien d’extraordinaire : il sut montrer la charité dont était rempli son cœur, envers les pauvres et les malades. En plus de ses responsabilités, en effet, il savait donner du temps pour chacun de ses Confrères, pour secourir ceux qui lui tendaient la main, visitant assidûment les malades. Par exemple, pendant un an il alla chaque jour donner des leçons à un étudiant malade,j pour lui éviter de perdre son année ; il rendit visite tous les jours pendant deux mois à un autre malade d’hépatite, Horacio Gentile, sans compter la fatigue de la distance et des escaliers.

Il se tenait régulièrement au courant des événements de son Espagne natale, traversée par la douloureuse guerre civile de 1936, qui fit près de dix mille martyrs, dont Mgr Polanco en 1939.

Il avait un grand amour pour la nature, les plantes, les animaux, toutes les belles choses que le Bon Dieu avait créées. Il avait aussi une passion pour la collection de timbres !

Il assista spirituellement les membres de l’Atelier Sainte-Rita, où les ouvrières confectionnaient des habits pour les pauvres. Il fonda un très grand nombre de ces ateliers, donnant ainsi une occupation à des personnes désœuvrées.

Sa vue diminua beaucoup, mais ne l’empêcha pas de continuer toutes ses activités pastorales.

En 1983, il dut être opéré d’une tumeur maligne au pancréas. Le mal ne peut être arrêté.

Le père Mariano de la Mata mourut le 5 avril 1983, et fut béatifié en 2006.

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