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5 avril 2020 7 05 /04 /avril /2020 23:00

06 AVRIL

IV.

S Irenæus, évêque à Sirmium et martyr.

?

Ste Platonide (à Ascalon ?).

VI.

Ste Galla, veuve romaine dont parle s. Grégoire ; s. Pierre lui apparut peu avant sa mort.

S Eutychios de Constantinople, chevalier de l’orthodoxie contre les monophysites et contre l’empereur Justinien.

S Amand, fondateur de l’Eglise à Bergame, “martyr” ?

VII.

S Winebaldus, abbé à Troyes, aux ascèses effrayantes. 

IX.

S Prudentius, évêque à Troyes. 

S Méthode, évêque en Moravie, apôtre des Slaves, fêté avec s. Cyrille le 14 février.

S Gennard, moine à Saint-Wandrille, abbé à Saint-Germer-de-Flay.

S Berthame, évêque à Okney.

X.

B Notker le Bègue, moine de Saint-Gall, auteur de Séquences et d’un martyrologe.

XI.

S Philarète, moine basilien à Aulinas, chargé des bestiaux et du jardin.

XIII.

S Guillaume, chanoine de Sainte-Geneviève de Paris, abbé à Eskill ; désigné pour négocier le mariage d'Ingeburge de Danemark, sœur du roi Canut, avec Philippe Auguste, il réussit sa mission mais en subit le contrecoup lorsque le roi répudia son épouse.

S Pierre de Vérone, dominicain, martyr des manichéens qu’il contrait partout.    

XV.

Bse Caterina de Pallanza, prieure à Sainte-Marie du Mont.

XIX.

S Phaolô Lê Bao Tinh, prêtre tonquinois martyr décapité, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

B Zefirino Agostini, prêtre à Vérone, fondateur des Ursulines Filles de Marie Immaculée, pour l’assistance à la jeunesse, aux pauvres et aux malades, béatifié en 1998.

XX.

B Michele Rua (1837-1910), un des premiers disciples de s.Giovanni Bosco, auquel il succéda comme général de l'ordre salésien ; il ouvrit près de trois cents nouvelles maisons. 

Bse Pierina Morosini (1931-1957), des environs de Bergame, martyre en défendant sa virginité, béatifiée en 1987.

 

Irenæus de Sirmium

† 305

 

Sirmium est en Pannonie (act. Sremska Mitrovica, Serbie), différente de Smyrne (act. Izmir, Turquie W).

Irenæus en était l’évêque au temps de la persécution de Dioclétien et Maximien. Son nom évoque la paix ; les Actes disent qu’il était digne de son nom autant que par la modestie qui semblait être le fond de sa nature et par la crainte divine qui inspirait tous ses actes.

Il fut arrêté et conduit devant le gouverneur, Probus.

Ayant refusé d’offrir le sacrifice aux dieux, Irenæus fut torturé.

Vinrent alors ses vieux parents avec des amis, qui le supplièrent de leur épargner cette tristesse, mais Irenæus restait noble et ferme dans sa foi.

Probus commença par le condamner à être jeté dans le fleuve de Sirmium, la Save. Mais se reprenant, il le condamna à être immédiatement décapité.

Conduit au pont qui surplombe la Save, Irenæus retira ses vêtements, pria pour l’Eglise de Sirmium, et reçut le coup fatal ; le bourreau le précipita ensuite dans le fleuve.

Saint Irenæus de Sirmium est commémoré le 6 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Galla, romaine

† 547

 

Galla nous est connue par ce qu’en écrivit le pape Grégoire Ier sur la foi de personnes graves et dignes de foi.

Elle était fille du consul Symmaque, et sœur de cette Rusticiana qui fut l’épouse de Boèce (v. 23 octobre).

Mariée à la fleur de l’âge et veuve la même année, elle préféra les noces de l’Epoux céleste. Les médecins lui conseillaient cependant de se remarier car sinon, disaient-ils, à cause de son tempérament très chaud, l’ardeur de son sang lui provoquerait la barbe. 

Elle n’en fit rien, sachant bien que ce qui plaît à Dieu est la beauté intérieure de l’âme. Elle s’habilla désormais simplement et se consacra au service de Dieu au monastère Saint-Pierre. Elle y passa bien des années, cultivant l’oraison et la simplicité, et faisant aux pauvres d’abondantes aumônes.

A la fin de sa vie, elle fut frappée d’un douloureux cancer au sein.

La nuit, pour rester dans la lumière, elle allumait deux lampes devant son lit. Une nuit, lui apparut entre ces deux lampes, l’apôtre saint Pierre, pour «l’appeler» aux noces éternelles. Nullement impressionnée, elle s’enhardit même à demander que vînt avec elle une amie du monastère, Benedicta. Saint Pierre lui prophétisa qu’elle la suivrait un mois plus tard, mais qu’une autre serait appelée avec elle.

Galla informa la Supérieure ; effectivement, les deux moniales moururent le même jour, le 6 avril, peut-être en 547, et Benedicta le 6 mai (v. à ce jour).

Autrefois au 5 octobre, sainte Galla est maintenant commémorée le 6 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eutychios de Constantinople

512-582

 

Eutychios naquit vers 512 à Théium (Phrygie, Asie Mineure, auj. région de Şuhut, Turquie CO), d’Alexandros, un officier de l’armée.

A douze ans, il rejoignit Constantinople pour les études. C’est déjà à cette époque qu’il fut conquis par l’idéal monastique. Cependant, l’évêque d’Amasée le pria de rester d’abord dans le clergé, et il lui conféra le sacerdoce à trente ans. Ce n’est qu’ensuite qu’il entra dans le monastère d’Amasée, où il reçut la haute dignité d’archimandrite.

A cette époque, l’empereur Justinien voulait ramener l’unité religieuse de ses sujets, mais à la foi monophysite, selon laquelle Jésus n’avait qu’une seule nature, alors que nous proclamons qu’en Jésus se trouvent deux natures, la divine et l’humaine.

Eutychios représenta l’évêque d’Amasée aux discussions. Justinien apprécia son discours et le fit nommer patriarche de Constantinople en 553. Un concile - le deuxième de Constantinople - s’ouvrit en mai de la même année, présidé par Eutychios, et dont les décrets furent successivement reconnus par le pape en décembre.

En 557, la cathédrale Sainte-Sophie fut très endommagée par un tremblement de terre ; après les travaux, Eutychios la réinaugura en 562.

Mais l’erreur continuait encore subrepticement. Justinien crut bon d’imposer une nouvelle formule, selon laquelle le corps du Christ étant incorruptible, le Christ n’aurait souffert que par un miracle spécial de sa volonté. Eutychios refusa et combattit cette nouvelle formule de monophysisme. Il fut arrêté le 22 janvier 565 ; des évêques acquis à l’empereur le déposèrent sous les griefs qu’il «mangeait des viandes délicates et qu’il priait longtemps à genoux».

Eutychios fut expédié sur l’île Prinkipo en Propontide, puis enfermé dans son monastère d’Amasée, où il resta douze ans, au-delà même de la mort de Justinien. Pendant tout ce temps, il priait, se sanctifiait, édifiait chacun par ses vertus, et faisait des miracles. Quand il put revenir à Constantinople, en 377, ce fut un véritable triomphe.

Une ultime bataille montra combien Eutychios était soumis à la Foi catholique et à l’Autorité romaine. Il crut bon de publier un essai philosophique sur la résurrection des corps. Or à ce moment se trouvait à Constantinople le légat papal, un moine bénédictin nommé Gregorio - qui devait devenir le pape Grégoire Ier le Grand (v. 12 mars) ; celui-ci comprit le danger de la publication d’Eutychios et l’invita à brûler son livre : il obéit.

Au soir de Pâques 582, il tomba malade ; l’empereur vint lui demander sa bénédiction ; puis, pour bien montrer sa foi totale, il prit la peau de sa main en disant : Je déclare que je ressusciterai dans cette chair et mourut ce soir-là ou au petit matin.

Saint Eutychios de Constantinople est commémoré le 6 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Winebaldus de Troyes

550-620

 

Winebaud naquit vers 550  à Nogent-sur-Seine, de parents gallo-romains.

Après ses études et son entrée dans la cléricature, il fut ordonné prêtre, mais se retira humblement dans une chapelle solitaire non loin de Troyes (auj. Saint-Martin-de-Bossenay, Aube).

Il chantait toute la nuit des psaumes, et ne mangeait, dit son biographe (un contemporain), pas plus qu’un nouveau-né.

Tout allait bien pour ce nouvel ermite, sauf que le Bon Dieu récompensa cette sainteté par le don des miracles, le bruit s’en répandit, et l’évêque de Troyes demanda à Winebaud de venir guérir un de ses diacres. Bien sûr Winebaud obéit, et à sa grande tristesse, l’évêque voulut le garder près de lui, de sorte qu’au lieu de revenir dans sa petite chaumière, il dut s’installer dans un monastère de Troyes.

Conséquence inévitable : à la mort de l’abbé du monastère, vers 580, c’est Winebaud qui fut élu, à la grande satisfaction de l’évêque (mais pas de Winebaud, on l’a compris). Winebaud maintint ses austérités d’avant… mais aussi les miracles, sans le vouloir.

Le même biographe raconte un grand nombre d’interventions miraculeuses de Winebaud, qui s’éteignit le 6 avril 620.

Saint Winebaud est commémoré le 6 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Prudentius de Troyes

† 861

 

Galindo de son vrai prénom, il naquit vers la fin du 8e siècle en Espagne, où son frère devint évêque.

Il devait être de haute naissance, et sa famille devait avoir des relations de haut niveau, car Galindo vint, jeune encore, en France, sans doute à l’Ecole Palatine, et acquit à la cour des fonctions fort importantes. 

C’est à cette époque qu’il prit le nom de Prudentius.

Etait-il déjà prêtre ? On a supposé qu’il était (aussi) chapelain de l’impératrice Judith, femme de Louis le Débonnaire. Il écrivit alors, vers 830, un florilège du psautier, destiné à la piété de cette femme, et aussi à toute âme désireuse de s’unir à la prière des moines.

A partir de 836 il rédigea des Annales, dites «de Saint-Bertin», où l’on y trouve une mine de renseignements sur la vie de l’Eglise, sur les rois, leurs activités, voyages, guerres, traités.

Vers 843, il fut nommé évêque de Troyes.

Un de ses soucis majeurs fut la formation des séminaristes, auxquels il demanda d’apprendre par cœur un recueil de textes de l’Ecriture sur la foi et la morale chrétiennes. Il visita les monastères de son diocèse en y rétablissant l’observance rigoureuse de leur Règle ; en 847, il consacra le monastère de Montiéramey, dont il reste d’importants bâtiments, mais malheureusement pas l’église.

On verra au 21 septembre comment sainte Maura suivit heureusement les conseils de l’évêque de Troyes ; elle mourut en 850 et Prudentius en rédigea la Vita.

Prudentius assista au concile de Paris en 846, où il fut demandé aux Juifs de ne pas construire de nouvelles synagogues et d’éviter le prosélytisme, mais Charles le Chauve refusa d’appliquer ces décisions ; à Paris aussi, en 849, Prudentius fut un des signataires d’une lettre de protestation adressée à Nominoë, duc de Bretagne, qui prétendait déposer et nommer à sa guise les évêques de Bretagne.

Il y eut une importante controverse sur la prédestination, contre les idées dangereuses de Gottschalck d’Orbais, qui fut déjà condamné en 848 à Mayence et de nouveau à Quierzy en 849 : il fut enfermé au monastère de Hautvilliers. Mais la controverse était allumée, Prudentius y prit part, avec Hincmar de Reims et Wenilon de Sens, et jusqu’à la fin de sa vie. Sa position n’est pas rigoureusement la meilleure, mais elle se voulait absolument fidèle à celle de l’Eglise, qui n’avait pas encore élaboré une doctrine précise sur le sujet.

La maladie empêcha Prudentius de prendre part personnellement aux derniers événements de cette controverse : élection de l’évêque de Paris (856), concile de Savonnières (859), de Tuzey (860). Il mourut le 6 avril 861, laissant le souvenir d’un évêque zélé, d’un théologien courageux, d’un écrivain de talent et d’un historien impartial.

Saint Prudentius de Troyes est commémoré le 6 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Méthode de Sirmium

815-885

 

Voir la notice Cyrille et Méthode au 14 février.

 

 

Notker le Bègue

840-912

 

Notker naquit vers 840 à Heilgove (auj. Elk, Zürich, Suisse), de parents peut-être liés à l’empereur ou aux rois saxons.

Les parents de Notker confièrent leur petit garçon au monastère de Saint-Gall ; pieuse décision, mais qui fut peut-être dictée par le fait que Notker était faible, bègue et plein de défauts physiques, pour reprendre l’expression de Notker lui-même.

Mais l’âme et l’esprit de Notker n’avaient rien de ces défauts ; le garçon s’éprit réellement de la vie monastique, en compagnie de deux autres qui furent ses meilleurs amis, Ratpert et Tutilon (v. 28 mars ?). Tous trois, formés par les excellents maîtres Ison et Marcel, devinrent des gloires de leur monastère, spécialement dans l’art de la musique et, pour Tutilon, particulièrement dans la peinture et la scupture.

Notker prit à son tour place parmi les maîtres de l’école du monastère. De par ses notes et ses conseils, on voit que, s’il ignorait le grec, il cultivait les Pères de l’Eglise, surtout Augustin et Jérôme.

Sa charge d’enseignant accomplie, Notker recopia les manuscrits, rédigea des chroniques (par exemple sa Vie de Charlemagne) et composa des pièces en vers latins qu’il mit en musique, pour différentes fêtes de l’année ; ces séquences furent longtemps en usage.

On signalera ici avec plaisir les vies de Saints qu’il écrivit, et notamment un Martyrologe.

Un moine de Saint-Gall qui le connut, écrivit de lui qu’il était minable de corps et non d’esprit ; sa bouche bégayait, mais non son âme, car sans cesse tendu vers les choses d’en haut, il montrait dans les ennuis la patience et la douceur en toutes choses ; rigoureux néanmoins dans tout ce qui regardait les obligations de la vie commune. Un peu timide et gauche lorsqu’il était pris à l’improviste, il savait tenir tête aux attaques du démon. Qu’il s’agît de la prière, de la lecture, de l’enseignement, il était infatigable. En lui, pour tout dire, se résume l’habitacle le plus parfait dont on ait eu l’exemple en ce temps, des dons de l’Esprit Saint.

Il sera difficile de trouver meilleur éloge pour cet humble moine, qui mourut à Saint-Gall le 6 avril 912.

Tout de suite honoré dans son abbaye, il fut béatifié en 1513.

Saint Notker est commémoré le 6 avril dans le Martyrologe Romain.

Guillaume d’Eskill

1125-1203

 

Guillaume naquit vers 1125 à Saint-Germain (Crépy-en-Valois) et grandit sous la férule de son oncle, prieur à Saint-Arnoul puis abbé à Saint-Germain.

En 1141, il fut nommé chanoine séculier de Sainte-Geneviève de Paris, et pourvu de plusieurs bénéfices. Sa situation pécunière et sa régularité à l’office excitèrent l’envie de deux de ses confrères qui, voyant son inclination pour la vie monastique, feignirent d’avoir le même désir pour l’entraîner avec eux. Tous trois se rendirent à Pontigny. Les deux compagnons de Guillaume partirent bientôt sous divers prétextes, espérant s’emparer de ses bénéfices, mais il les imita ! Ils promirent alors de retourner à Pontigny au bout d’un an. Guillaume eut le temps de se rendre compte de leur supercherie, et abandonna ses désirs de vie cistercienne. Il crut satisfaire à son vœu en embrassant la réforme qui, en 1148, établit à Sainte-Geneviève de Paris des chanoines réguliers à la place des chanoines séculiers. Quelque temps auparavant, il avait été ordonné diacre par l’évêque de Senlis.

Dès cette époque, Guillaume montra la fermeté de son caractère : jaloux de la gloire et des droits de son ordre, n’admettant aucun abus d’où qu’il vienne, il défendra sans ménagement la régularité et l’observance.

En 1161, le bruit se répandit que la tête de sainte Geneviève avait disparu de sa châsse, et l’on accusait les chanoines de vol. Guillaume rédigea l’enquête menée par les évêques de la province, pour justifier ses confrères, l’enquête ayant abouti à un non-lieu.

En 1164, le nouvel abbé de Sainte-Geneviève prétendit en faire confirmer les dignitaires par le roi ; Guillaume empêcha l’abbé d’exercer ses fonctions et alla en référer au pape, alors à Sens. Le pape, prudent, lui donna raison, mais lui prescrivit de s’accuser d’être sorti du monastère sans permission. L’abbé lui imposa comme pénitence d’aller manger sept jours par terre avec les chiens. Le pape alors, mis au courant, prit entièrement parti pour Guillaume.

C’est alors que l’évêque de Roskilde (Danemark) émit le désir d’avoir des chanoines réguliers pour introduire la réforme dans un monastère de l’île d’Eskill. Guillaume partit avec trois confrères, mais ils ne furent accueillis que bien froidement par des moines corrompus qui n’avaient pas envie de corriger leurs habitudes. Le tenace Guillaume se mit au travail, réussit à vaincre bien des obstacles et put établir la réforme projetée ; le monastère fut transféré sur l’île de Seelande, érigé en abbaye, dont il fut alors nommé abbé.

Il y eut de grosses difficultés, à cause de plusieurs incendies. Mais l’évêque de Lund aida Guillaume autant qu’il le put et l’abbaye reprit son essor.

Peu à peu, Guillaume supervisa et implanta la réforme dans plusieurs monastères du Danemark.

En 1193, il fut envoyé auprès de Philippe-Auguste pour négocier le mariage de celui-ci avec Ingeburge, fille du roi danois. Le mariage eut lieu le 14 août, et le roi français prétendait renvoyer son épouse dès le lendemain. Guillaume vint expliquer l’affaire au pape. De retour en France, il fut arrêté six semaines à Châtillon-sur-Seine, fut libéré au début de 1196, mais dut retourner au Danemark sans avoir pu réconcilier le roi et la reine (la paix n’interviendra qu’en 1213).

Guillaume réintégra son abbaye, continuant de combattre avec ardeur pour la régularité.

Il mourut dans la nuit de Pâques, le 6 avril 1203, et fut canonisé en 1224.

Guillaume est parfois nommé de Roskilde, du nom du siège épiscopal de l’évêque qui l’accueillit.

 

 

Pietro de Vérone

1206-1252

 

Pietro vit le jour à Vérone, de parents gagnés par la secte des Manichéens (Cathares). Mais il eut l’heur d’être confié par son père à un maître catholique et grandit dans l’affirmation fervente de la doctrine catholique. Il tint même tête à son oncle en lui affirmant qu’il n’y a qu’un principe, le Créateur, et non pas un deuxième principe, celui du Mal.

Il alla étudier à Bologne, où il rencontra saint Dominique et reçut de celui-ci l’habit dominicain.

Il commit l’imprudence de pratiquer d’excessives mortifications, qui le rendirent malade, mais il guérit, semble-t-il, miraculeusement, et fit la profession.

Ayant reçu le sacerdoce, il prêcha d’abord dans les provinces voisines, suscita beaucoup de conversions, mais on ne sait s’il réussit à convertir ses propres parents ; il fut tellement convainquant, que les hérétiques commencèrent de le haïr mortellement, et ce fut là le début du complot qui aboutit au martyre de Pietro.

Il y eut d’abord des accusations lâches. Peut-être est-il vrai que Pietro avait parlé imprudemment à un pénitent qui s’était accusé d’avoir donné un coup de pied à sa mère ; Pietro lui avait dit qu’il méritait qu’on lui coupât le pied, et l’autre s’imposa lui-même cette pénitence ; le pauvre Religieux lui rappela alors le devoir de prudence et de clairvoyance, et lui remit son pied avec un signe de croix.

Une autre fois qu’il était en conversation avec les trois vierges saintes Catherine, Agnès et Cécile, durant une vision dans sa cellule, il fut accusé d’avoir reçu des femmes dans le monastère et relevé de toute mission. Quand le prieur comprit la Vérité, le pape lui-même nomma Pietro inquisiteur (1232). Pietro allait reprendre ses pérégrinations apostoliques, assisté par la main puissante de Dieu qui multipliait les miracles par sa parole et sa prière.

Un jour qu’un habitant de Milan, fortement enraciné dans l’hérésie, avait simulé une maladie pour supplier Pietro de le guérir, dans l’espoir qu’il n’y parviendrait pas, Pietro lui  répondit : Je prie Celui qui a tout créé et qui voit tout, que si ta maladie n’est point véritable, il te traite selon tes mérites. Le faux malade éprouva alors de telles douleurs, qu’il ne put en guérir qu’en venant supplier Pietro, se confesser et rejeter son erreur. 

Toujours à Milan, lors d’une controverse publique en plein été, Pietro invoqua de Dieu quelques nuages pour rafraîchir l’air, et fut exaucé sur place.

Pietro fut nommé prieur en plusieurs couvents à Plaisance, à Gênes, à Côme, et s’employa à y faire approfondir l’étude de l’Ecriture Sainte, pour former les jeunes à combattre l’hérésie.

Le pape l’envoya examiner le nouvel Ordres des Servites de Marie à Florence et l’approuva sur son rapport ; c’est pourquoi les Servites considèrent Pietro comme leur deuxième Fondateur.

Les manichéens décidèrent de mettre à exécution leur plan honteux. Pietro fut divinement averti de son prochain martyre et en informa ses auditeurs à Cesena. Pour le jour des Rameaux de 1252, il se trouvait à Milan où il avertit les Milanais de son prochain assassinat, et regagna son couvent de Côme.

Le samedi de Pâques, il repartit pour Milan. Les sicaires le rattrappèrent en route ; l’un lui ouvrit le crâne avec une serpe, frappa mortellement son compagnon, et Pietro reçut un coup de poignard qui lui traversa le cœur. Il mourut en essayant encore d’écrire le Credo avec son sang. C’était le 6 avril 1252.

Horrifié, l’assassin se convertit et prit l’habit d’humble convers pour le reste de ses jours : c’est Carino Pietro da Balsamo qui, pleinement repenti, fut absout par le bienheureux Giacomo Salomoni à Forlí (v.31 mai), mourut saintement le 1er avril 1293 et fut béatifié en 1822. Plusieurs ennemis de Pietro se convertirent aussi sur son tombeau.

De nombreux miracles, retentissants, permirent une rapide canonisation, qui eut lieu en 1253.

 

 

Caterina Morigi

1437-1478

 

Caterina naquit vers 1437 à Pallanza (Verbania, Piémont, Italie NO), de parents aisés. Ils étaient d’une famille Morigi ou Moriggia, mais les documents du 15e siècle reportent le nom de famille de Ruffinis.

Cette famille fuit l’épidémie de peste qui sévit et s’installa au Val d’Osa, où cependant l’épidémie les rejoignit tous, laissant toute seule la petite Caterina.

Le seigneur de l’endroit la recueillit et la confia à une dame de Milan. A quatorze ans, Caterina voulut entrer au couvent, mais son protecteur la fit attendre.

Autour de vingt ans, Caterina fit le vœu de chasteté ; peu après, elle vit Jésus-Christ en croix, qui l’envoyait à Sainte-Marie-du-Mont pour y mener une vie toute consacrée à Son service. Cet ermitage se trouve à faible distance de Pallanza.

Caterina y arriva quelques jours après cette vision. La peste sévissait toujours et toucha Caterina. Elle dut rentrer à Pallanza, craignant pour les autres à cause de la contagion. Elle fit le vœu de rester toute sa vie à Sainte-Marie-du-Mont si elle guérissait sans que nul n’en souffrît.

Bientôt guérie en effet, elle revint à son ermitage, en avril 1452. Elle habita dans une petite cabane, menant une vie très mortifiée. 

Sa renommée de sainteté et de sagesse attirait les visiteurs. Quelques femmes lui demandèrent de rester auprès d’elle et une communauté se fonda. Des malveillants critiquèrent ces religieuses sans règle ni approbation pontificale, et parlaient même de les faire excommunier. C’était là un zèle bien audacieux, mais Caterina obtint l’approbation ; les religieuses adoptèrent la règle de saint Augustin, prirent l’habit et firent des vœux. Elles prièrent l’Office divin selon le rite ambrosien de Milan.

Caterina fut élue prieure pour trois ans en 1476, mais mourut déjà le 6 avril 1478, après avoir recommandé à ses filles de toujours garder la paix dans la communauté et d’observer fidèlement leurs vœux.

Tout de suite on éleva à cette belle âme un culte qui fut reconnu en 1769 et confirmé par le pape la même année ; Caterina est donc considérée comme Bienheureuse.

 

 

Phaolô Lê Bào Tịnh

1793-1857

 

Né en 1793 à Trinh Hà (Hoàng Hóa, Ha Trung Thanh Hóa, Vietnam), Phaolô (Paul) était le troisième des six enfants d’une famille catholique..

A douze ans, il apprit à lire et à écrire avec le prêtre de la paroisse, puis rejoignit l’école de Kẻ Vĩnh pour apprendre le latin. Ensuite il entra au Grand séminaire.

L’évêque, qui avait une grande confiance en lui, l’envoya par deux fois à Macao chercher de l’argent et des objets à rapporter pour aider les missionnaires.

On raconte que, étant à Macao, Phaolô vit en rêve une belle Dame qui lui annonçait qu’il serait martyr en Annam, puis cette Dame lui révélait qu’elle était Marie.

En 1839, Phaolô fut cette fois-ci envoyé au Laos auprès des missionnaires. A ce moment-là l’évêque dut se cacher dans la forêt et mourut. Ce fut Mgr Retord qui lui succéda ; à son tour, il pria Phaolô de repartir à Macao pour le même service.

En 1841, Phaolô fut arrêté et mis en prison à Hanoi (Hà Nội), où il resta sept ans.

Quand le roi Tự Ɖửc accéda au trône, il eut d’abord un geste d’amnistie et Phaolô fut du nombre des prisonniers libérés.

En 1848, Phaolô put enfin recevoir l’ordination sacerdotale : il avait cinquante-six ans. Il fut alors nommé directeur du séminaire de Tri Vinh.

Le 27 février 1857, lors d’une nouvelle persécution, il fut arrêté et conduit à Nam Dinh, en attendant le jugement. On le condamna d’abord à la prison à vie, en raison de son âge, mais ensuite le roi ordonna pour lui la peine de mort par décapitation.

Le juge ne voulait pas faire mourir ce prêtre. Il tenta de lui arracher une fausse «apostasie», pour le libérer. Mais Phaolô, en le remerciant pour son geste, lui expliqua qu’il n’avait pas de regret de remettre son âme à Dieu, que le christianisme était sa religion, et qu’il ne pouvait l’abandonner.

Phaolô Lê Bào Tịnh fut décapité le 6 avril 1857.

Il fut béatifié en 1909, et canonisé en 1988.

 

 

Zefirino Agostini

1813-1896

 

Aîné des deux enfants de Antonio Agostini et Angela Frattini, Zefirino naquit à Verona le 24 septembre, baptisé quatre jours après. Monsieur Agostini était médecin et bon chrétien.

Zefirino fit de bonnes études au Grand séminaire et fut ordonné prêtre en 1837.

Nommé vicaire dans sa propre paroisse des Saints-Nazaire-et-Celse, il reçut aussi la charge de vice-chancelier de l’évêché et accompagna fréquemment l’évêque dans ses tournées pastorales ; puis il fut curé de la même paroisse à partir de 1845, jusqu’à la mort.

Cette période fut lourde à cause des guerres qui travaillaient l’Italie (en 1848, 1859 et 1866) et aussi à cause de la grande épidémie de choléra de 1855.

Pour l’assister dans son activité pastorale, surtout en direction de la jeunesse féminine, il s’entoura de pieuses personnes qui voulaient travailler dans l’esprit de sainte Angela Merici, fondatrice des Ursulines (voir au 27 janvier). Peu à peu ces personnes en vinrent à vivre en communauté, et devinrent, sous l’inspiration de don Zefirino, les Ursulines Filles de Marie Immaculée.

Ce fut bien sûr une responsabilité supplémentaire pour don Zefirino, qui continua à se dépenser de toutes ses forces pour répandre la Parole de Dieu.

Il mourut le 6 avril 1896, et fut béatifié en 1998.

Son dies natalis tombant en période de Carême, sa fête locale a été établie au 24 septembre, qui était son anniversaire «sur terre».

 

 

Michele Rua

1837-1910

 

Il était né le 9 juin 1837 dans la quartier Borgo Dora de Torino, où se trouvait l’arsenal : son père y travaillait et la famille habitait aussi sur place. 

Les deux garçons furent bientôt orphelins de leur père. Michele fit sur place les deux premières classes, puis fréquenta les Frères des Ecoles Chrétiennes. C’est là qu’il rencontra don Giovanni Bosco (voir au 31 janvier).

On sait que ce saint prêtre avait le don d’entrevoir le futur ; au garçon, il lui dit : A nous deux, on se partagera tout le travail. Don Bosco devint le confesseur de Michele.

Orphelin, Michele allait travailler dans l’arsenal, mais don Bosco proposa à sa mère de l’envoyer à l’oratoire de Valdocco, où se trouvaient déjà quelques centaines de garçons. Peu à peu Michele entendit l’appel au sacerdoce et revêtit l’habit clérical en 1853.

Peu après mourut son frère.

En janvier 1854, don Bosco réunit quatre de ses jeunes, parmi lesquels Michele Rua, qui rédigea le procès-verbal de cette journée, qui marquait en fait le début de la congrégation salésienne.

Malgré son jeune âge, Michele devint comme le bras droit de don Bosco, aussi bien auprès des garçons que comme secrétaire, relisant pour lui les manuscrits et les épreuves des livres qu’il éditait. Quand il eut recopié les Règles de la future congrégation, il accompagna don Bosco à l’audience de Pie IX pour les lui présenter : le pape dut les corriger de sa propre main, avant de donner sa bénédiction à la Congrégation salésienne.

En 1856, à la mort de la maman de don Bosco, Michele appela la sienne pour venir la remplacer. Elle resta fidèlement à cette charge pendant vingt ans, jusqu’à la mort.

En 1860, Michele est ordonné prêtre, à vingt-trois ans. Trois ans plus tard, il ouvre et dirige une nouvelle petit séminaire à Mirabello Monferrato.

Il revient en 1865 à Valdocco, où il seconde don Bosco, dans cette œuvre qui formait maintenant plus de sept cents garçons. Des vocations naissaient, en 1872 se formaient les Filles de Marie Auxiliatrice, en 1875 partirent les premiers missionnaires pour l’Argentine ; on commença l’impression d’un bulletin. Le pape Léon XIII demanda aux Salésiens de construire la basilique du Sacré-Cœur à Rome. Don Rua accompagnait don Bosco dans tous ses voyages (en France et en Espagne).

A partir de 1884, don Rua fut nommé vicaire de don Bosco, avec droit de succession, ce qui se fit à la mort du Fondateur, le 31 janvier 1888.

Si don Rua connut les joies d’une rapide expansion de l’Institut (les pères salésiens furent bientôt des milliers répartis en divers pays d’Amérique du Sud et d’Asie, où don Rua ne ménagea pas sa peine pour aller les visiter et les encourager), il vécut aussi des heures sombres : le gouvernement anticlérical de l’Equateur éloigna les Salésiens en 1896, puis la France maçonnique en 1902 ; en 1907, un pénible procès ourdi par la Maçonnerie en Ligurie, accusa les Salésiens de malfaçons, et se termina finalement par la fuite des accusateurs à l’étranger.

Exténué par tant de travaux, de voyages, de fatigues et de soucis, don Michele Rua mourut le 6 avril 1910. Sa dernière parole fut une invocation que lui avait enseignée don Bosco : Ô Vierge Marie, ma Mère, fais que je sauve mon âme.

Don Rua fut enseveli auprès de don Bosco ; il fut béatifié en 1972.

 

 

Pierina Morosini

1931-1957

 

Née le 7 janvier 1931 à Fiobbio (Albino, Bergamo, Italie), de Rocco Morosini et Sara Noris,  Pierina était l’aînée des neufs enfants de ces humbles paysans.

Après l’école primaire, elle s’inscrivit à une école de couture, mais ensuite travailla dans une fabrique de coton, ce qui lui procurait un salaire meilleur et plus régulier, car c’est elle qui devait soutenir la famille, le papa étant devenu invalide. 

Chaque matin, elle recevait l’Eucharistie avant de partir au travail, et priait le chapelet durant le trajet.

Pierina s’inscrivit à l’Action Catholique et en devint même responsable pour les plus jeunes. 

En 1947, elle fit l’unique voyage de sa vie en-dehors de son pays, pour assister à la béatification à Rome de Maria Goretti (voir au 6 juillet).

Le 4 avril 1957, sur le chemin du retour du travail, un voyou l’attendait, qui l’invita au péché et, sur le refus de la jeune fille, la frappa avec une pierre. Pierina tomba sans connaissance, et la famille la retrouva dans une mare de sang.

Pierina ne se réveilla pas. Elle s’endormit dans le Seigneur, martyre de sa chasteté, le 6 avril 1957, à l’hôpital de Bergamo. Tout de suite on compara sa mort à celle de Maria Goretti.

Pierina Morosini a été béatifiée en 1987.

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