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6 avril 2020 1 06 /04 /avril /2020 23:00

07 AVRIL

 

II.

S Hegesippos, écrivain de Judée, historien originaire de Judée, mort à Rome.

?

Ss Epiphane (évêque), Donat et d’autres, martyrs en Afrique.

S Pelusius, martyr à Alexandrie.

Ss Theodoros, Irenæus, Serapion et Ammon, respectivement évêque, diacre et lecteurs, martyrs en Libye.

S Saturnin, évêque à Vérone.

S Chrétien, prêtre à Douai, invoqué contre les fièvres opiniâtres. 

IV.

S Calliopius, martyr en Cilicie ; sa mère remercia Dieu pour son martyre.

IX.

S Clotaire, à Vitry-en-Champagne.

S Georgios, évêque à Mytilène, victime des iconoclastes, mort exilé en Crimée.

S Gibert, abbé à Luxeuil, martyr avec ses moines lors d’une invasion de barbares. 

XII.

S Aibert, moine à Crespin puis reclus, aux austérités effrayantes, mystique, invoqué contre la fièvre.

XIII.

B Hermann-Joseph, prémontré allemand à Steinfeld, mystique dès son enfance.

XV.

Bse Orsolina Veneri, vierge à Parme, chargée par Dieu d’aller trouver le pape en Avignon.

XVI.

S Henry Walpole, prêtre jésuite ; il subit quarante fois la torture avant d’être exécuté, à York.

B Alexander Rawlins, prêtre, martyr anglais à York.

Bx Edward Oldcorne, prêtre, et Ralph Ashley, religieux jésuite, martyrs anglais. 

XVIII.

S Jean-Baptiste de la Salle, aîné de dix enfants, fondateur des Frères des Écoles Chrétiennes (première famille d'enseignants religieux non prêtres).

XIX.

S Phêrô Nguyên Van Luu, prêtre de Cochinchine, martyr, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

XX.

Bse Maria Assunta Pallotta (1878-1905), italienne des Sœurs Franciscaines Missionnaires de Marie, morte du typhus en Chine, surnommée “Sainte aux parfums” parce que son corps, resté sans corruption, exhalait une très bonne odeur.

Bse Mykhailyna (Yosafata) Hordashevs'ka (1869-1919), fondatrice ukrainienne des Servantes de Marie Immaculée, béatifiée en 2001 (le 25 mars au Martyrologe).

B Domingo (du Très Saint Sacrement) Iturrate Zubero (1901-1927), espagnol basque, trinitaire à Belmonte, béatifié en 1983.

 

Hégésippe

† 180

 

Ce Juif originaire de Judée se convertit au christianisme. On a sur lui deux témoignages, celui de saint Jérôme et celui de l’historien Eusèbe.

Saint Jérôme écrit de lui que très rapproché du temps des Apôtres, il fut l’imitateur de leurs vertus et de leur vie, autant que de leur manière de parler.

Assistant aux progrès des premières hérésies, Hégésippe voulut voyager pour s’enquérir des Vérités de la Foi authentiques, et pour cela rejoignit Rome.

Il y resta, dit-il, «jusqu’au» pontificat d’Anicet (155-166) ou même, selon Jérôme et Eusèbe, jusque sous le pape Eleuthère (175-189), soit au moins vingt années, car nous ne savons quand il arriva à Rome. Cependant, le Martyrologe écrit qu’il fut à Rome «depuis» le pontificat d’Anicet jusqu’à celui d’Eleuthère, ce qui limite son séjour romain à une vingtaine d’années.

D’après Eusèbe, Hégésippe écrivit Cinq Livres, qui relataient tout ce qui s’était passé dans l’Eglise depuis la mort de Jésus-Christ jusque vers le temps d’Eleuthère. Ce précieux recueil rapportait dans un style très simple toutes les traditions apostoliques.

Malheureusement, de ce texte si précieux, nous n’avons plus que quelques fragments.

Une Chronique d’Alexandrie affirme qu’Hégésippe mourut sous l’empereur Commode, vers 180.

Traditionnellement, le dies natalis d’Hégésippe est fixé au 7 avril.

 

 

Pelusius d’Alexandrie

?

 

Il s’agit là d’un Martyr «inconnu», dont on a retrouvé seulement le nom dans quelque liste. On ignore tout de sa vie, de son martyre.

Saint Pelusius d’Alexandrie est commémoré le 7 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Calliopius de Pamphylie

† 304

 

Calliopius naquit en Pamphylie (act. Turquie SW), de famille sénatoriale : son père mourut peut avant la naissance, et sa mère Theoclia dut alors gérer un grand patrimoine.

Elle envoya son fils étudier les Ecritures dans la capitale, Pergé. Tout son temps libre, Calliopius le passait dans la prière et le jeûne.

Au moment où éclata la persécution sous Dioclétien (304), Theoclia donna à son grand garçon suffisamment de moyens pour aller s’établir à Pompéiopolis (Cilicie).

Là, le préfet Maximus s’adonnait aux pires orgies : Calliopius refusa de s’y mêler, pour la bonne et simple raison qu’il était chrétien. Immédiatement dénoncé et présenté au tribunal du préfet, Calliopius affirma qu’au-delà de son titre sénatorial, il avait celui de Chrétien.

Maximus donna l’ordre de le frapper avec des lanières de cuir, avec des nerfs de bœufs ; de l’écorcher sur le chevalet qui tournait au-dessus d’un feu ardent : un ange intervint pour éteindre le feu. Calliopius fut envoyé en prison, chargé de chaînes.

Theoclia apprit ce qui arrivait à son fils ; elle vendit tout ce qu’elle avait, affranchit les esclaves, et vint trouver son Calliopius. Il ne pouvait plus se lever pour aller la saluer.

Le lendemain, Maximus donna ordre de crucifier Calliopius : Theoclia donna un bon pourboire aux bourreaux pour que cette crucifixion fût exécutée comme pour s.Pierre, la tête en bas.

Quand Theoclia reçut dans ses bras le corps de son cher Martyr, elle expira.

Saint Calliopius de Pamphylie est commémoré le 7 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Theodoros, Irenæus, Serapion et Ammon en Libye

† 304

 

Ces quatre Martyrs offrirent leur vie pour la foi en Libye.

Theodoros était évêque, mais on n’en connaît pas le siège.

Irenæus était diacre.

Serapion et Ammon étaient lecteurs.

Ils auraient été martyrisés au quatrième siècle ; il s’agirait donc de la persécution de Dioclétien (304).

Tous quatre sont commémorés le 7 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Georgios de Mytilène

† 820

 

Georgios était né sur l’île de Lesbos, dont la capitale est Mytilène (même de bonnes éditions se trompent dans l’orthographe de cette ville).

Il devint métropolitain de cette ville et ordonna prêtre un autre Georgios, avec lequel on le confond parfois.

Venu à Constantinople sous l’empereur iconoclaste Léon l’Arménien, ce dernier l’exila en Crimée et l’évêque y mourut, vers 811-820.

Plus tard, son corps fut ramené à Mytilène

Saint Georgios de Mytilène est commémoré le 7 avril dans le Martyrologe Romain.

Hermann Joseph von Steinfeld

1150-1241

 

Né vers 1150 à Cologne, Hermann était le fils de pauvres habitants de cette ville.

A douze ans, il entrait chez les chanoines prémontrés de Steinfeld, reçut sa formation à Mariengarten et s’en revint à Steinfeld pour recevoir l’ordination sacerdotale.

Il exerça une certaine activité pastorale à Steinfeld et dans les environs, et fut chargé de la sacristie de son couvent.

Hermann eut une vie mystique extrêmement extraordinaire. Il connut le mariage mystique avec la Vierge Marie, ce qui lui valut son deuxième prénom de Joseph. Les habitants ne comprenaient pas pourquoi, parfois, sa messe durait si longtemps… C’est que Hermann connaissait des extases et des apparitions merveilleuses : il «rencontrait» la Sainte Vierge, l’Enfant-Jésus, les Anges et les Saints du Paradis… Il lisait dans les cœurs. 

Plus il était ainsi favorisé, plus il s’humiliait. Il eut en partage des maladies douloureuses, mais ses infirmités semblaient le quitter pour lui laisser le temps de célébrer la messe debout. La Sainte Vierge intervint pour lui retirer certaines infirmités qui l’empêchaient de suivre la communauté.

Dès avant son entrée chez les Prémontrés, il fut connu pour avoir offert des pommes en hommage à l’effigie de la Mère de Dieu, dans l’église Notre-Dame de Cologne. C’est pour cela qu’on l’appelle aussi le Saint des Pommes (Apfelheiliger).

Sa vertu de pureté était très grande. Son biographe écrivit qu’on pouvait justement l’appeler la fleur de la virginité, le lis de la chasteté, le vase choisi de la continence.

Son cœur était si empli de charité, qu’il était comme l’hôpital où toutes sortes d’affligés et de misérables étaient bien reçus : ses frères en religion y avaient la meilleure place.

Peu après sa mort, le prieur du couvent écrivit sans tarder une Vie d’Hermann Joseph, en vue de sa canonisation, dont le procès commença dès 1626, mais qui n’aboutit qu’en 1960.

Hermann Joseph mourut un 7 avril de 1241 ou 1252, dans le couvent des religieuses Cisterciennes de Hoven (Zülpich), où il avait été envoyé pour célébrer la Semaine Sainte et la fête de Pâques.

Les Allemands le fêtent le 21 mai.

 

 

Orsolina Veneri

1375-1408

 

Orsolina Veneri vit le jour en 1375 à Parme (Emilia-Romagna, Italie centre N), de Pietro et Bertolina Veneri, divinement annoncée par un ange.

A quatre mois, on l’entendit prononcer Mon Dieu, mon Père ! A neuf ans, elle commençait à faire connaître à un prêtre quelques-unes de ses révélations.

A onze ans, elle guérit miraculeusement d’une grave infirmité par l’intercession de saint Pierre. Orsolina menait déjà une vie d’intense prière et de contemplation. Elle était très proche des Bénédictines de Parme.

C’était l’époque du schisme d’Occident ; un anti-pape séjournait en Avignon, tandis que le Pape était à Rome. Par deux fois, Orsolina alla avec sa mère trouver l’antipape Clément VII pour le convaincre de renoncer à son élection et par là de mettre fin à ce schisme. 

Au départ du premier voyage, saint Jean lui apparut pour la mettre sur la bonne route ; devant Clément VII, qui l’écouta volontiers, Orsolina le pressa de se soumettre aux ordres de Notre-Seigneur. Puis elle passa à Rome pour informer le Pape de sa mission. Lors du deuxième voyage, ce furent les cardinaux qui restèrent indifférents aux exhortations d’Orsolina, convainquant ainsi Clément VII de n’en rien faire.

Les mêmes cardinaux interrogèrent Orsolina, qui leur cloua le bec par ses réparties ; on l’accusa de sorcellerie, on voulut la mettre à la question, mais Dieu la délivra de ce supplice.

Elle se rendit ensuite en Terre Sainte (1396). A son retour, elle séjourna à Venise et y fut en si grande vénération que, plus tard après sa mort, la ville proposa sa canonisation. 

Suite aux luttes entre villes du nord, la ville de Parme l’expulsa, et elle se retira à Bologne, puis à Vérone.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                      

Tombée gravement malade, elle consola sa bonne mère, l’exhorta à la résignation, lui anonça le jour de son décès et expira dans les sentiments d’une tendre piété, à Vérone, le 7 avril 1408, à trente-trois ans (ou en 1410, à trente-cinq ans).

Des miracles se produisirent sur son tombeau. Orsolina Veneri fut l’objet de la vénération des fidèles. Le culte fut reconnu en 1786 ; Orsolina est donc considérée comme Bienheureuse.

 

 

Alexander Rawlins

?-1595

 

Alexander était né dans le Oxfordshire (Angleterre).

Déjà en 1586, il fut deux fois emprisonné pour sa foi à Newgate.

En 1589, il vint à Reims pour se préparer aux ordres sacrés. Il fut ordonné sous-diacre à Laon, diacre et prêtre en 1590 à Soissons.

Immédiatement envoyé en mission, il accosta à Whitby le 9 avril 1590.

On ne dit pas précisément quand et comment advinrent son arrestation et sa condamnation. On sait qu’il rejoignit en prison l’autre Martyr, Henry Walpole, dont il partagea les souffrances, les tortures, le jugement, la condamnation et l’exécution.

Alexander Rawlins mourut en martyr à York, le 7 avril 1595.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Henry Walpole

1558-1595

 

Né en 1558 à Docking (Norfolk, Angleterre), il était fils aîné de Christopher Walpole.

Il étudia à la Norwich School, à Peterhouse, Cambridge, et Gray’s Inn.

Il assistait à l’exécution du Martyr Edmund Campion (voir au 1er décembre), dont il imbiba son gilet avec le sang ; de là lui vint cette force d’âme qui le conduisit à la conversion au catholicisme.

En 1582, il arriva, par Rouen et Paris, à Reims, puis fut admis au Collège Anglais de Rome en octobre 1583.

En 1584, il se retrouvait en France, membre de la Compagnie de Jésus, pour étudier la théologie à Pont-à-Mousson, et fut ordonné sous-diacre et diacre à Metz, enfin prêtre à Paris en 1588. 

On l’envoya aux Pays-Bas, comme aumônier des forces espagnoles, ce qui lui valut d’être prisonnier des Anglais à Flushing (1589). Il fut ensuite à Bruxelles, Tournai, Bruges, et en Espagne.

En 1590, on l’envoya en mission en Angleterre, mais il fut arrêté quand il accosta à Flamborough, et emprisonné à York. Au mois de février suivant, on le transféra à la Tour de Londres, où on le tortura durement et souvent. Il y resta jusqu’au printemps 1595, quand on le renvoya au tribunal de York.

Il fut martyrisé le 7 avril 1595 à York (Yorkshire), en compagnie d’un autre Martyr, Alexander Rawlins.

Tous deux béatifiés en 1929, seul Henry fut canonisé en 1970.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

 

 

Ralph Ashley

?-1607

 

Ralph était né en Angleterre.

Il semble bien qu’il ait d’abord été le cuisinier du Collège anglais de Douai, d’où il partit en 1590 pour celui de Valladolid, où il entra dans la Compagnie de Jésus ; cependant, il dut rentrer en Angleterre à cause de sa santé.

En cours de voyage, il fut fait prisonnier par des Hollandais, qui le prirent à partie, ce qui lui donna une première occasion de démontrer le courage qu’il avait pour défendre la foi catholique.

Une fois arrivé en Angleterre, en mars 1598, il fut pendant huit années au service du père Edward Oldcorne, jusqu’à son arrestation à Hindlip (Worcester). 

On le mit en prison à la Tower, avec le père Garnet et Nicholas Owen. Ce dernier mourut des tortures subies en prison ; en revanche, on a conservé les réponses de Ralph, qui montrent quelle constance il eut au milieu des horribles tortures qu’on lui fit subir. 

Finalement on l’envoya avec Oldcorne à Worcester, où ils furent jugés, condamnés et pendus. Ralph n’avait pu rester parmi les Jésuites à cause de sa mauvaise santé, mais il démontra une fidélité héroïque à souffrir pour le Christ.

Ralph Ashley mourut en martyr à Worcester, le 7 avril 1607.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Edward Oldcorne

1561-1607

 

Edward était né en 1561 à York (Yorkshire nord, Angleterre), d’un père protestant et d’une mère catholique.

Après avoir obtenu son diplôme de docteur, il voulut être prêtre et fut formé à Reims, puis à Rome où il fut ordonné en 1587. Il entra ensuite chez les Jésuites.

Dès 1588, il rentra en Angleterre en compagnie du père John Gerard (v. 27 juillet), et exerça son ministère à Worcester principalement.

Arrêté avec le père Henry Garnet, il fut mis à la Tower. 

On ne put trouver de preuves qu’il avait participé au complot Gunpowder, mais on le condamna pour le crime d’être prêtre. 

Edward Oldcorne mourut en martyr à Worcester, avec Ralph Ashby (v. supra) le 7 avril 1607.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

Jean-Baptiste de La Salle

1651-1719

 

Il fut l’aîné des onze enfants de Louis de La Salle et de Nicole de Moët de Brouillet, et naquit à Reims le 30 avril 1651.

Dans cette famille très chrétienne, Jean-Baptiste grandit avec un plaisir non dissimulé à «célébrer» les offices dans son petit oratoire. Son autre plaisir était de se faire lire des Vies de Saints. Nul doute qu’il aurait été ravi de consulter les notices de notre blog !

A onze ans, il reçut la tonsure. En 1667, il hérita du canonicat d’un parent.

Après l’école des Bons-Enfants, il fréquenta le collège en externe. A dix-huit ans, il était maître-ès-arts et reçut les ordres mineurs.

En 1670, il gagna Paris pour se préparer à la prêtrise et prendre ses grades à la Sorbonne. Mais en 1672, il dut revenir à Reims pour s’occuper de ses jeunes frères et sœurs, car les parents venaient de mourir.

Il fut ordonné prêtre en 1678 et reprit ses études. En 1680, il reçut le doctorat en théologie. Il célébrait chaque jour la Messe, contrairement aux habitudes du temps.

Cette même année 1678, mourut à Reims Nicolas Roland (voir au 27 avril). Jean-Baptiste reprit ses écoles et les développa ; ainsi naquit l’institut qui s’appellerait des Frères des Ecoles Chrétiennes. Mais les choses n’allèrent ni rapidement ni facilement.

Pour mieux s’occuper de ses premières recrues, Jean-Baptiste les hébergea dans sa propre maison ; dès 1683, il renonça à son canonicat pour donner l’exemple de la pauvreté. En 1684, les premiers membres se lièrent par un vœu d’obéissance et le port d’un habit simple et pauvre ; en outre, pour bien marquer leur détachement du monde, ils adoptèrent un nouveau prénom.

Jean-Baptiste pratiqua la vertu de l’humilité au plus haut point. Il voulut faire élire un autre que lui comme supérieur, mais seules les circonstances ne le permirent pas.

Les écoles furent fondées à Paris et en d’autres localités. Il y eut des désertions, des trahisons, des contradictions, mais dans les épreuves les Frères fidèles restaient soudés autour de leur Fondateur.

Une des méthodes nouvelles pratiquées par ces nouveaux maîtres, était l’enseignement à toute une classe, tandis qu’à cette époque prévalait l’enseignement individuel de chaque élève. Jean-Baptiste instaura l’enseignement en français ; le latin ne serait intervenu qu’après l’assimilation totale des matières importantes en français. Tout cela dans l’ordre et la régularité.

Le noviciat fut installé à Paris en 1692. Au cours de cette période, Jean-Baptiste, exténué par les fatigues et les mortifications, faillit mourir, mais se reprit de façon inattendue. En 1694, les Frères émirent les vœux perpétuels. En 1695, Jean-Baptiste écrivit une première Règle, fruit de l’expérience acquise jusque là.

Les années 1698-1705 furent des années d’expansion, mais parallèlement aussi de profondes épreuves pour Jean-Baptiste de La Salle. Le Fondateur fut trahi, renié, persécuté, condamné, déposé, flétri, proscrit, et malgré ces traverses les écoles se multiplièrent à Paris et en province.

A Paris, ils occupèrent Notre-Dame des Dix-Vertus, jusqu’en 1791. Il y eut aussi une école dominicale pour ceux qui étaient empêchés durant la semaine, qui dut être interrompue à la suite de divisions internes malveillantes.

Une enquête diocésaine mal conduite (1703) aboutit un moment à la déposition du Fondateur, qui s’entendit dire par l’archevêque : Monsieur, vous n’êtes plus supérieur ; j’ai pourvu votre communauté d’un autre. Le cardinal menaça même de faire exiler Jean-Baptiste. Les Frères firent tellement corps avec ce dernier, que le nouveau «supérieur» ne le resta que de nom, et n’entrava jamais le travail du saint Fondateur.

A Rouen, nouvelle fondation, Jean-Baptiste dut être opéré d’une douloureuse excroissance au genou. 

Les fondations s’établirent dans toute la France : Chartres, Troyes, Dijon, Calais, Marseille.

En 1711, un procès injuste le condamna ; Jean-Baptiste se retira à Grenoble et ne revint à Paris qu’en 1714. Il prépara les Frères à s’adresser à un autre que lui, en la personne du frère Barthélemy, qui fut régulièrement élu supérieur général en 1717.

Jean-Baptiste de La Salle se retira désormais dans l’humble obéissance à son Supérieur. Il rédigea encore quelque opuscule, corrigea les autres, il priait et supportait avec résignation ses attaques de rhumatisme.

En 1719, ces attaques se firent beaucoup plus douloureuses. Le mardi de la Semaine sainte, il communia une dernière fois. Il expira le Vendredi saint, 7 avril 1719. Ses dépouilles, à la suite des persécutions anti-cléricales du début du 20e siècle, passèrent de Paris en Belgique, puis à Rome, dans la Maison-mère.

Jean-Baptiste de La Salle fut béatifié en 1888 et canonisé en 1900. 

Il fut proclamé patron de tous les éducateurs en 1950. On peut en effet le considérer comme le fondateur des Ecoles normales, pour instituteurs.

Sa fête liturgique est au 7 avril.

De saint Jean-Baptiste de La Salle, nous avons plusieurs opuscules, d’où ressort une sagesse et un esprit d’organisation remarquables : 

  • Exercices de Piété et Instructions et Prières pour la Sainte Messe (1697)
  • Règle du Frère Directeur (1700)
  • Instrutions et Prières pour la Confession et la Communion et Les Règles de la Bienséance et de la Civilité Chrétienne (1702)
  • Cantiques Spirituels à l’usage des Frères des Ecoles Chrétiennes (1703)
  • Règles Communes de l’Institut des Frères des Ecoles Chrétiennes (1705)
  • Conduite des Ecoles Chrétiennes (1706)
  • Recueil de Différents Petits Traités à l’usage des Frères des Ecoles Chrétiennes (1711)
  • En outre : des Méditations pour les Dimanches, pour les Fêtes, pour les Retraites.

 

 

Phêrô Nguyễn Văn Lựu

1812-1861

 

Né en 1812 à Go Vap (Gia Dinh, Saigon, Vietnam), Phêrô (Pierre) entra au séminaire, fréquenta l’école de Penang, avant d’être ordonné prêtre.

Dans son ministère, il porta une grande attention à l’éducation religieuse, à chaque famille, qu’il allait visiter régulièrement pour les aider de ses conseils. Ses fidèles l’aimaient beaucoup et étaient prêts à lui obéir, même si par ailleurs il osait blâmer leurs erreurs.

On dit de lui qu’il avait un petit penchant pour l’alcool. Un autre prêtre lui répondit un jour qu’il ne buvait pas d’alcool pour plusieurs raisons : d’abord, que c’était coûteux, qu’ensuite l’alcool faisait baisser (ou perdre…) l’attention, et que ce n’était pas un exemple à donner aux croyants. Phêrô alors jeta la bouteille dans la rivière et s’arrêta de boire définitivement.

Il avait la réputation d’un homme austère : Son extérieur était grave, son geste rare, sa parole calme, même quand il faisait des observations sévères. Ses entretiens avec les femmes se bornaient au strict nécessaire, il n’avait de rapports suivis qu’avec les catéchistes.

Repéré à un moment où il tentait de pénétrer dans une prison pour porter l’Eucharistie à des fidèles, il ne put nier son identité et son état de prêtre. Etant venu encourager les prisonniers chrétiens, il put alors leur donner l’exemple de la persévérance jusqu’à la mort.

Devant les mandarins, il déclara : La religion a pénétré mes os, comment pourrais-je l’abandonner ?

Phêrô Nguyễn Văn Lựu fut décapité le 7 avril 1861.

Il a été proclamé bienheureux en 1909, et saint en 1988. 

Maria Assunta Pallotta

1878-1905

 

Née le 20 août 1878 à Force (Ascoli Piceno, Marches, Italie centrale), aînée des cinq enfants de Luigi et Eufrasia Casali, Maria reçut au baptême les noms de Assunta Maria Liberata, les deux premiers prénoms en honneur de la proche solennité de l’Assomption de Marie, l’autre en l’honneur d’une Sainte locale. Elle fut confirmée en 1880, selon les coutumes du temps.

A cause de la pauvreté de la famille, elle ne fréquenta l’école que deux ans, pour aller travailler sur les chantiers, puis auprès du tailleur de pierre du village.

Au retour de son travail, elle s’arrêtait à l’église devant le Saint Sacrement, restant parfois des heures en prière.

Sa mère découvrit des pierres dans son lit. Maria portait le cilice. Elle jeûnait souvent et partageait son petit repas avec la voisine, une vieille femme malade et pauvre. Elle lisait les vies des Saints et priait le chapelet, dont elle ne se séparait pas.

Le soir du carnaval de 1897, un garçon voulut l’embrasser : cela la décida au contraire à se consacrer totalement à Dieu. 

L’attrait pour la vie religieuse était évident, mais sa pauvreté l’empêchait de préparer le moindre trousseau.

Un ecclésiastique clairvoyant et charitable la recommanda aux Franciscaines missionnaires de Marie, où elle entra en 1898.

Le noviciat se fit à Grottaferrata (Rome) ; on l’employa surtout aux travaux manuels, qu’elle exécutait avec promptitude ; son amour de la règle était déjà légendaire.

En 1900, elle fit les premiers vœux à Rome et, en 1902, fut envoyée à Florence, où elle fut employée aux humbles travaux de la maison : repassage, lessive, jardin, nettoyage, mais aussi à l’infirmerie et au catéchisme.

En 1904, elle se proposa pour aller soigner les lépreux en pays de mission. Elle partit pour la Chine.

La mission de Chine avait connu la persécution en 1900, et sept Religieuses avaient versé leur sang pour leur fidélité au Christ (voir au 9 juillet). Maria Assunta fut envoyée à la maison de Tong-Eul-Keou, où elle fut chargé de la cuisine, en compagnie d’une domestique chinoise qui devait lui apprendre sa langue.

C’était sa préoccupation : la communication ! Elle craignit de ne pouvoir approcher les âmes pour leur parler de Dieu. Elle passa par une période de grandes inquiétudes, de doute même, mais l’épreuve fut de courte durée, dit-on.

En février 1905, une épidémie de typhus se déclara. Maria Assunta fut contaminée le 19 mars et demanda à recevoir le Sacrement des malades. Elle le reçut effectivement, quoique ses proches la vissent déjà sur la voie de la guérison ; les Sœurs plaisantaient même, lui disant que le Bon Dieu n’avait pas besoin d’elle. Mais Maria Assunta «savait» : la fièvre, le délire, les souffrances la frappèrent pendant une longue semaine.

Revenue à elle, elle demanda à se confesser, mais ne put communier, car elle ne pouvait plus rien avaler. Elle répétait en chinois : Eucharistie… Eucharistie…

Dans son agonie, elle ne pouvait plus que sourire. Vers le soir du 7 avril 1905, les assistants sentirent un mystérieux parfum «comme de baume d’encens, de roses et de violettes, écrira la Supérieure. 

La Sœur Maria Assunta expira ; le parfum disparut un moment, mais se fit sentir à nouveau : les Chinois vinrent s’en rendre compte.

L’enterrement fut un triomphe. La petite Sœur effacée devenait illustre. On l’appela la Sainte au parfum.

La mère supérieure demanda alors audience auprès du pape Pie X, qui répondit : Il faut ouvrir la Cause, et tout de suite ! 

Lors de l’examen de son corps en 1913 en vue de la béatification, son corps apparut intact malgré l’humidité et les effets habituels du typhus. Les miracles se multiplièrent immédiatement. 

Maria Assunta Pallotta fut béatifiée en 1954 et le Martyrologe la mentionne le 7 avril.

 

 

Mykhailyna Hordashevs’ka

1869-1919

 

Mykhailyna (Michèle) naquit le 20 novembre 1869 à Lviv (Leopolis, Ukraine), dans une famille chrétienne du rite gréco-catholique.

Elle entra dans l’Ordre des Sœurs contemplatives Basiliennes à l’âge de dix-huit ans.

Une branche active de cet ordre fut fondée et elle fit partie du premier groupe : les Sœurs Servantes de Marie Immaculée, où elle assuma le nom de Yosafata, par référence à saint Josafat (voir au 12 novembre).

Ces Religieuses doivent servir notre peuple là où le besoin s’en fait le plus sentir. Yosafata fonda des centres d’hébergement journalier pour permettre à des parents de travailler aux champs, d’étudier les vertus des plantes et préparer des remèdes pour ceux qui n’avaient pas accès aux pharmaciens. En même temps, les Religieuses lisaient aux illettrés des vies de Saints.

Elles assistèrent les victimes des épidémies de choléra et de typhus, aidèrent à la restauration d’églises et à la confection de vêtements liturgiques.

Le problème, en ce 19e siècle finissant, est qu’on ne voyait pas d’un œil favorable une femme à la tête d’un institut, de sorte que Yosafata rencontra bien des oppositions tant des laïcs que du clergé. Des mensonges circulèrent sur son compte, jusqu’à lui causer de graves ennuis de santé, qui finirent par lui être fatals.

Elle mourut de tuberculose osseuse à Chevonohrad-Krystynopil (Ukraine), le 7 avril 1919, mais le Martyrologe la commémore le 25 mars.

Elle a été béatifiée en 2001.

 

 

Domingo Iturrate Zubero

1901-1927

 

Domingo, premier-né de onze enfants, naquit dans la bourgade de Biteriño di Dima (Bilbao, Biscaye, province du Pays Basque espagnol) le 11 mai 1901, et reçut une très bonne éducation chrétienne de ses parents, Simone Iturrate et Maria Zubero. Ce sont eux qui lui inculquèrent dès le plus jeune âge une grande dévotion eucharistique et mariale. Quand il fit sa première communion à dix ans, il se confessait déjà chaque mois depuis trois ans. 

Obéissant à ses parents, il allait à l’école du village et participait aux travaux de la maison et des champs. Assidu au catéchisme, il reçut du curé de la paroisse la charge de l’enseigner aux plus petits. Il fut enfant de chœur, et fréquemment assistait à la messe aussi en semaine.

Sensible, il avait quelque inclination à l’emportement, en bon Basque qu’il était. Quand il parla de sa vocation aux parents, sa mère consentit tout de suite, mais pas son père, qui considérait son fils aîné comme l’héritier de l’entreprise familiale ; cependant il finit par céder devant la fermeté de son fils.

Domingo reçut alors la Confirmation (1913), puis entra à Algorta (Cantabria, Biscaye) comme aspirant chez les Pères Trinitaires (fondés par s.Jean de Matha, voir au 17 décembre). On était en 1914 ; après les études, il reçut l’habit en 1917 et commença ainsi le noviciat au couvent de la “Vierge-bien-apparue” (Virgen Bien Aparecida) avec le nom de Domingo du Saint Sacrement.

Son chemin ne fut pas facile ; on apprit par une de ses confidences qu’il vécut alors une longue période de nuit obscure, qui le plongea dans le doute de sa vocation, l’aridité spirituelle, l’insatisfaction de ses actes, la peur, l’amertume, l’angoisse… On aurait pu identifier cet état d’esprit à une crise d’adolescence, mais Domingo passa plutôt par une réelle “nuit de l’esprit”, que beaucoup d’autres Saints et Mystiques vécurent à un moment de leur vie. Il se confia à la Sainte Vierge et finalement fit sa profession le 14 décembre 1918, ayant retrouvé la tranquillité intérieure et la sérénité spirituelle.

Après une année de philosophie, il fut envoyé pour continuer ses études à l’Université Grégorienne de Rome de 1919 à 1926. Il fut reçu Docteur en Philosophie en 1922, fit la même année ses vœux perpétuels, puis fut reçu aussi Docteur en Théologie en 1926. 

C’est en l’an 1924 qu’il fit, en accord avec son directeur spirituel (Antonino de l’Assomption), le vœu de faire ce qu’il reconnaîtra être le plus parfait. Dans son couvent romain, il était “assistant” du père Maître, c’est-à-dire qu’il devait veiller sur l’observance de la sainte discipline. Il reçut le sacerdoce le 8 août 1925 et célébra sa Première Messe le jour de l’Assomption suivant. 

Il exprima au père Provincial son désir d’ouvrir une mission de l’Ordre en Afrique ou en Amérique latine, mais ses supérieurs préférèrent mettre à profit ses excellentes qualités de formateur pour le nommer Maître des étudiants, au Chapitre général de 1926.

Et voilà qu’en juin de la même année il ressentit les premiers symptômes de la tuberculose pulmonaire ; en réalité, le mal était déjà très avancé ; un séjour à Rocca di Papa n’apporta pas d’amélioration et Domingo fut transporté d’urgence à Algorta en Espagne, avec un arrêt devant la grotte de Lourdes. Les médecins l’examinèrent, mais la maladie était incurable. 

Retiré au couvent de Belmonte (Cuenca), il accepta la volonté de Dieu sans se rebeller et abandonna tous ses projets missionnaires. Il mourut à Belmonte à même pas vingt-six ans, le 7 avril 1927 en odeur de sainteté : pour la Cause de sa béatification, on présenta quelque deux mille cinq cents relations de guérisons attribuées à son intercession.

Depuis 1974, ses restes sont dans l’église trinitaire de Algorta et il fut béatifié le 30 octobre 1983.

Il avait fait le vœu de faire toujours ce qu’il trouvera de plus parfait et veilla de toutes ses forces à faire progresser le salut des âmes et à étendre la gloire de la Trinité. Trois mois avant sa mort, il écrivait à un ami : Il y en a que le Seigneur prend avec lui à la fleur de l’âge, pour d’autres Il réserve de grandes œuvres et donc beaucoup de mérites. L’important est de faire la volonté de Dieu.

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