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10 avril 2020 5 10 /04 /avril /2020 23:00

11 AVRIL

 

I.

S Antipas, martyr à Pergame ; s. Jean en parle dans l’Apocalypse (2,13) ; on dit qu’il y fut évêque, et qu’il fut enfermé dans un bœuf d’airain rougi au feu.

II.

S Philippos, évêque à Gortyne.

IV.

S Domnio, évêque à Salone.

S Pharmuthe, ermite en Arménie.

?

S Eustorge, prêtre à Nicomédie.

VI.

S Barsanuphius, égyptien, moine puis reclus près de Gaza ; il ne communiquait que par écrit.

S Isaac, syrien, venu près de Spolète ; il avait le don des miracles et des prophéties. 

VII.

S Airy (Ageric), abbé à Saint-Martin de Tours. 

Ste Godeberte, vierge près de Noyon.

VIII.

S Guthlac, anglais, chef d’une bande de jeunes pillards, puis moine à Repton, enfin ermite sur l’île de Croyland.

XI.

S Stanislas, évêque à Cracovie, martyrisé par le roi Boleslas, à qui il avait dû faire des remontrances mais qui, repenti, se retira dans un monastère bénédictin ; patron de la Pologne et du diocèse de Cracovie.

XII.

B Landuin, compagnon et successeur de s. Bruno en la chartreuse de Calabre.

B Ulrich, abbé à Kaisersheim, dont il fut le fondateur.

XIII.

Bse Sancha, fille du roi du Portugal, cistercienne près de Coimbra, mystique ; fondatrice d’un monastère de recluses, où elle mourut.

B Raynier, reclus à Osnabrück, près de la porte de la cathédrale.

XV.

B Antonio (Angelo) Carletti de Chivasso, franciscain à Gênes ; son corps est resté incorrompu, à Cuneo.

XVII.

B George Gervase, bénédictin anglais, martyr à Londres. 

XX.

Ste Gemma Galgani (1878-1903), stigmatisée italienne.

Bse Elena Guerra (1835-1914), grande dévote du Saint-Esprit (et qui influença le pape Léon XIII), fondatrice des Oblates du Saint-Esprit.

B Feliks Ducki (Symforian, 1888-1942), franciscain polonais massacré à Auschwitz, béatifié en 1999.

Antipas

1er siècle

 

Le saint auteur de l’Apocalypse, l’apôtre saint Jean, fait un éloge aussi bref que solennel de saint Antipas (Ap 2:12-13) : 

Ecris à l’ange de l’Eglise de Pergame : Voici ce que dit Celui qui a le glaive aigu à deux tranchants : Je sais où tu habites : là où se trouve le trône de Satan ; mais tu es fermement attaché à mon nom, et tu n’as point renié ma foi, même en ces jours où Antipas, mon témoin fidèle, a été mis à mort chez vous, où Satan habite.

C’est tout ce qu’on sait d’Antipas, mais c’est beaucoup, car c’est l’essentiel : il est fidèle au-delà de toute épreuve, au milieu d’un monde païen.

Ce martyre a dû trouver place sous Domitien (81-96). 

Une certaine tradition rapporte qu’Antipas fut enfermé dans un bœuf d’airain rougi au feu. 

Antipas aurait aussi été évêque de Pergame. Mais c’est peu vraisemblable. 

Saint Antipas a été honoré très tôt en Orient. Son nom fut introduit tardivement dans le Martyrologe.

Il est mentionné au 11 avril.

 

 

Philippos de Gortyne

† 180

 

Après l’annonce de l’Evangile qui se fit en Crète, grâce à l’action de s.Tite qui ordonna les premiers évêques, un des plus remarquables pontifes de Gortyne fut Philippos.

S.Dionysios de Corinthe (v. 8 avril), dans sa lettre aux Crétois, en fait un vibrant éloge. Une expression maintes fois citée affirme que Philippos garantit son Eglise de la fureur des Gentils et des embûches des hérétiques, ce qui suppose de la part de l’évêque une activité et une vigilance de tous les instants.

Il mourut vers 180.

Saint Philippos de Gortyne est commémoré le 11 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Domnio de Salone

† 304

 

Il faudrait faire une distinction :

 

1. Domnius serait le premier évêque de Salone (Dalmatie, auj. Split, Croatie).

D’après une tradition, Domnius aurait été envoyé à Salone par s.Pierre lui-même, après que s.Paul y eut envoyé Titus pour une première évangélisation (cf. 2Tm 4:10).

Domnius aurait donc reçu le martyre dès le 1er siècle, précédé d’ailleurs de nombreux Compagnons qui moururent un mois plus tôt.

Il serait donc un des six évêques qui auraient précédé s.Venantius (v. 1er avril), mais n’a jamais été mentionné dans le Martyrologe.

 

2. La même tradition affirme que, sous Dioclétien (304), un autre personnage s’illustra par sa foi, qui portait le nom de Domnio.

C’était un domestique de l’empereur Maximien. Il avait la prérogative de poser la couronne d’or sur la tête de l’empereur. Mais il était surtout chrétien, en secret.

Il exhortait les Chrétiens à persévérer dans la foi, à se préparer au Martyre ; il en sauva bon nombre, qu’il fit passer à Rome.

Maximien en fut informé et menaça Domnio. Ce dernier s’enfuit et pensait aller à Rome à son tour, mais il fut rejoint à Parme par les soldats de Maximien, qui le décapitèrent.

Domnio aurait ramassé sa tête et l’aurait portée au-delà de la rivière locale. A la suite de nombreux miracles, le saint corps fut reporté à Salone.

Il y aurait eu ensuite confusion entre Domnius et Domnio, le deuxième recevant le titre d’évêque, qui convenait au premier.

Saint Domnio de Salone, avec le titre erroné d’évêque, est commémoré le 11 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Barsanuphius de Gaza

† 540

 

Barsanuphe et son frère étaient nés en Egypte.

Laissant son frère, il vint en Palestine dans le monastère de Saint-Séridon près de Gaza. Après quelque temps, il demanda à y vivre en reclus : sa porte demeura fermée pendant près de cinquante ans ; il ne communiqua plus avec l’extérieur que par écrit, l’higoumène (supérieur) Séridos servant d’intermédiaire entre le moine et les gens qui voulaient le questionner. C’est par cette «correspondance» que l’on connaît Barsanuphe et que l’on a déduit certains aspects de son genre de vie.

Il restait un ou deux jours par semaine sans manger ; mais il était moins dur pour les autres, conseillant de dormir six heures la nuit, de manger suffisamment de pain, de légumes, de fruits et même de vin ; pour travailler ou pour voyager, il suggérait même une double ration.

Son combat n’était pas sans tentations, et il en parlait simplement ; mais on ne sait rien sur les grâces particulières qu’il recevait du ciel.

C’est ainsi qu’il eut cette «inspiration» de remettre les péchés à des correspondants extérieurs, alors qu’il n’était pas prêtre lui-même : il «lisait» les âmes, priait et s’offrait pour le pardon des péchés, et écrivait par exemple : Tes péchés seront remis, surtout par les prières et les supplications des Saints et par ta foi en (Dieu).

Son frère vint le voir, d’Egypte ; Barsanuphe lui fit répondre que son frère était Jésus ; que s’il acceptait de devenir moine, alors il deviendrait son frère.

Il arriva un autre incident plaisant. Un certain moine nommé Théodore osa supposer que cette correspondance à travers l’higoumène Séridos, était un stratagème de ce dernier pour tenir les moines sous son exclusive dépendance ; il fut bien surpris, quand il arriva au monastère, d’être invité à entrer avec ses amis et de voir arriver Barsanuphe, mystérieusement averti, qui leur lava les pieds à tous. 

A un mourant, il fit dire : La mort sans le péché, n’est pas la mort, c’est le passage de l’affliction au repos, le passage des ténèbres à la lumière ineffable et à la vie éternelle.

Barsanuphe mourut vers 540.

Ses reliques se trouvent à Oria (Brindes, Italie).

Saint Barsanuphius de Gaza est commémoré le 11 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Isaac de Spolète

† 550

 

Isaac était syriaque.

Son pays était déjà le théâtre d’affrontements, et entre Chrétiens : ceux fidèles à la doctrine de l’Eglise, et les eutychiens. Il résolut de passer en Italie.

Il vint aux environs de Spolète, et se présenta à Eleutherios, l’abbé du monastère Saint-Marc. C’est ce dernier qui parla d’Isaac au pape Grégoire Ier (le Grand, v. 12 mars).

Isaac obtint de pouvoir demeurer dans l’église du monastère autant qu’il le souhaiterait ; mais un jour qu’il y était resté trois jours et trois nuits, le sacristain le prit à partie, l’accusa de simulation et le gifla ; aussitôt le diable s’empara du pauvre sacristain et lui faisait crier Isaac me chasse ; Isaac, ému de compassion, délivra le malheureux possédé.

Ce premier signe, et d’autres ensuite, le rendit célèbre ; on vint le consulter, on l’invita : Isaac fit savoir qu’un moine qui recherche des possessions sur cette terre n’est pas un vrai moine.

Il avait le caractère naturellement enjoué, et son constant sourire ne pouvait laisser entendre les prodiges qui s’accomplissaient par sa prière. Qu’on en juge.

Un soir, il commanda aux moines de déposer leurs bêches dans le jardin. Au petit matin, tous les instruments étaient aux mains de braves ouvriers ; c’étaient des brigands qui, une fois pénétrés dans l’enceinte, s’étaient senti le devoir de cultiver la terre au profit des moines. Isaac les remercia, les complimenta et les exhorta désormais à demander, plutôt qu’à voler.

Une autre fois, de pauvres pèlerins en haillons vinrent demander l’aumône. Isaac demanda à un moine de leur remettre les habits qu’il trouverait dans tel arbre creux de la forêt et les pèlerins furent bien surpris de se voir remettre… leurs propres vêtements, qu’ils avaient cachés frauduleusement avant de se présenter au monastère.

Et celle-ci encore. Un domestique apporte à Isaac un panier plein de poissons. Isaac lui dit : Prends garde à l’autre panier. Le domestique en effet, avait détourné un deuxième panier ; il fut bien réconforté de constater dans ce panier un serpent et d’avoir échappé à la mort, et tout honteux demanda pardon pour sa fraude.

Isaac mourut vers 550 et son corps fut l’objet d’une grande vénération à Spolète.

Saint Isaac de Spolète est commémoré le 11 avril dans le Martyrologe Romain.

Stanisłas de Cracovie

1030-1079

 

La naissance de Stanisłas est comparable à celle de saint Jean-Baptiste (voir au 24 juin) : ses pieux parents, âgés, ne pouvaient plus avoir une descendance, qu’ils avaient tant demandée à Dieu. Stanisłas naquit enfin, après trente ans de mariage de ses parents, le 26 juillet 1030, à Szczepanów (Cracovie, Pologne).

Il grandit dans l’exercice des mêmes vertus dont il avait un exemple vivant en ses chers parents. 

L’enfant étudia à Gnesen, puis à Paris : au terme de ses études de droit canonique et de théologie, il refusa humblement le titre de docteur.

Rentré en Pologne, il hérita de ses parents une grande fortune, qu’il distribua aux pauvres.

L’évêque l’ordonna prêtre et le nomma chanoine du chapitre. Il en fut la gloire, consulté par tous les grands de Pologne.

A la mort de cet évêque, on acclama unanimement Stanisłas pour lui succéder, mais seul l’ordre formel du pape put vaincre l’humble refus du candidat. Il fut consacré en 1072.

Désormais, chaque année, il fera la visite apostolique de son diocèse, montrant une douceur paternelle et intarissable envers les plus faibles. 

Si l’évêque put avoir une saine influence sur le roi Boleslas le Généreux, pour faire venir en Pologne des bénédictins, il fut en conflit ouvert avec ce même roi à cause de sa conduite perverse.

Le récit de ces épisodes a été considéré comme légende par certains. En voici l’essentiel.

Le roi, qui vivait dans le vice le plus effronté, reçut plusieurs fois de vives remontrances de la part de l’évêque Stanisłas, qui eut à cœur de ramener le roi à une vie saine, pour faire cesser le scandale public que sa vie causait dans le pays.

A la deuxième remontrance, le roi était fou de rage. Il fit accuser calomnieusement Stanisłas d’avoir usurpé un bien au profit de l’Eglise et voulait le faire condamner. Stanisłas alors alla appeler son vendeur, qui était mort, le ressuscita et l’invita à venir témoigner. Le roi fut bien obligé de s’incliner. Mais il retomba dans le péché et l’évêque intervint une troisième fois. Stanisłas se vit obligé d’excommunier le roi.

Ce dernier organisa l’assassinat de l’évêque. Les gardes qui pénétrèrent dans la chapelle où l’évêque célébrait la Messe, furent mystérieusement aveuglés. Le roi alla personnellement abattre le prélat en lui fracassant le crâne avec son épée.

C’était en 1079, le 11 avril, selon certains, le 8 mai selon d’autres.

Le pape jeta l’interdit sur le pays. Le roi comprit heureusement son crime, s’en repentit, et se retira dans un monastère bénédictin pour y faire pénitence jusqu’à la fin de ses jours.

Le miracle du ressuscité n’est pas l’unique des miracles de saint Stanisłas, qui en ressuscita d’autres. Ces miracles aboutirent à la canonisation en 1253.

Il est un des patrons de la Pologne.

L’actuelle fête liturgique de saint Stanisłas est au 11 avril.

 

 

Lanuinus, chartreux

† 1119

 

Lanuinus a posé quelques problèmes aux historiens, qui distingueraient un Landuinus ou Landoninus,  ou encore Lauduinus, et un Lanvinus ou Lanuinus. L’un serait martyr, mais sans culte attesté, l’autre non. Mais les données des deux sont si proches, qu’on peut très bien les faire coïncider et expliquer les apparentes divergences. 

Landovino, dit le Normand, serait de la ville italienne de Lucques, d’où la forme italienne fréquente de son prénom ; certes, cette ville faisait partie de la domination lombarde, mais la famille de notre moine était peut-être originaire du sud, sous administration normande, et le jeune étudiant pourrait avoir reçu son surnom à cause de son origine.

Toujours est-il qu’on le retrouve ensuite à Reims, compagnon ou élève de Bruno de Cologne (v. 6 octobre), avec lequel il se retira dans le massif de la Grande Chartreuse. L’autre Landuinus aurait aussi été un des premiers Compagnons de s.Bruno.

Il est probable que Landovino était prêtre, mais il n’avait pas appartenu pour autant au clergé de Reims. Peut-être fut-il recensé parmi les prêtres de Grenoble ?

Devant partir pour Rome sur appel du pape, Bruno le désigna pour être le prieur de la Chartreuse. Et comme Bruno fut contraint de rester en Calabre, où il fonda une autre Chartreuse à Squillace, Landovino vint l’y retrouver pour discuter des problèmes de l’Ordre. Landovino espérait aussi secrètement convaincre Bruno de revenir en France…

Mais Landovino lui-même ne revint pas en France. La lettre de Bruno qu’il portait pour les moines chartreux, parvint à leurs destinataires ; Landovino, lui, tomba dans les griffes de l’archevêque de Ravenne, devenu alors l’antipape Clément III et qui, ne pouvant gagner à sa cause le Chartreux, le força à rester là. L’autre Landuinus aurait aussi été «martyrisé» à Ravenne.

Landovino s’éteignit justement dans cette ville de Ravenne, le 14 septembre 1100.

Le Martyrologe Romain cependant affirme qu’il mourut à Squillace, et en 1119.

Le bienheureux Landovino est maintenant commémoré le 11 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Sancha de Portugal

1180-1229

 

Sancha de Portugal naquit en 1180, à Coimbra, deuxième fille du roi portugais Sancho Ier et de Dulce d’Aragon, qui eurent onze enfants. Deux autres filles, Teresa et Mafalda, sont aussi au Martyrologe (v. 17 juin et 1er mai).

Sancha, tout en restant dans le monde, avait organisé saintement sa vie ; elle avait reçu, dès 1216, des Franciscains envoyés par leur Fondateur pour convertir les Maures, puis des Dominicains ; elle finit par laisser son palais aux Franciscains et fonda le monastère de Cellas, où elle réunit des recluses qui vivaient dans cette région et leur donna la règle cistercienne.

Après avoir rendu visite à ses sœurs Teresa et Blanca, elle rétablit les bonnes mœurs dans une ville appartenant à Teresa, par une sage administration et surtout par son exemple, puis entra à son tour dans le monastère de Cellas qui comptait déjà trente religieuses ; elle donna à l’une d’elles la charge d’abbesse et ne pensa pour elle-même qu’à l’obéissance, l’humilité, la solitude.

Elle fut douée du don de prophétie et pénétrait les secrets des âmes.

Pendant sa dernière maladie, elle manisfesta son union intime avec Dieu par le joie qui apparaissait sur son visage et les miracles dont elle gratifia quelques-unes de ses sœurs.

Elle mourut le 11 avril 1229, assistée de son aînée, Teresa. Au même moment de sa mort, le bienheureux Gil de Vaozela (v. 14 mai), qui priait dans une église, vit Sancha entourée d’une lumière céleste.

Teresa emporta sa dépouille au monastère de Lorvão.

Sancha fut béatifiée avec sa sœur Teresa en 1705. Le Martyrologe la nomme bienheureuse, et Teresa sainte.

 

 

Antonio Carletti

1411-1495

 

Antonio de son nom de baptême, il naquit en 1411 à Chivasso (Turin, Italie NO), deuxième des deux fils d’une famille d’ancienne noblesse.

Ayant été reçu Docteur en Droit, civil et ecclésiastique, et en Théologie à Bologne, il exerça le métier de juriste et fut membre de la Cour de Justice, ainsi que sénateur du Duc de Montferrat. 

Quand sa mère lui proposa un heureux mariage, il répondit prudemment qu’il n’était pas bon de disperser le patrimoine familial et que son frère aîné donnerait à la famille suffisamment de descendants. Plus tard, à la mort de sa mère, il partagea son héritage entre son frère (Cristoforo) et les pauvres, et alla frapper chez les Franciscains Observants de Gênes. Il avait alors trente-trois ans, et prit le nom d’Angelo.

Bientôt, il fut ordonné prêtre. Il enseigna la théologie aux novices et fut chargé de prêcher : il fut à Mantoue, Gênes, Cuneo, Susa, à la cour de Turin. Angelo eut une grande préoccupation pour les pauvres et établit (ou consolida) la pratique des monts-de-piété, pour les protéger contre l’usure et la rapacité des riches.

Des personnalités de tous bords le consultèrent ; il rédigea à l’intention des confesseurs une Somme des Cas de Conscience, qu’on appela Somme angélique, plusieurs fois réimprimée à Venise (le titre d’angélique n’avait rien de présomptueux, c’était seulement une façon de «signer» l’ouvrage). Ce fut un des ouvrages que Luther brûla en place publique pour «détruire» l’orthodoxie catholique.

En 1464 il fut élu Vicaire provincial ; en 1467, Commissaire pour subdiviser l’immense province franciscaine de Germanie en trois : Boème, Pologne, Autriche ; en 1472, Vicaire général des Observants, charge durant laquelle il fonda les couvents de Saluzzo, Mondovì et Pinerolo. Il devait être réélu trois fois par la suite et voyagea dans toute l’Italie pour visiter les couvents, ce qu’il faisait toujours à pied.

En 1480, les Turcs assiégèrent Otranto et y massacrèrent huit-cents Chrétiens (v. 14 août). Rome était à leur portée, et tout l’Occident chrétien. Angelo fut nommé par le pape pour organiser la résistance chrétienne et contrer l’avance musulmane : Angelo alla trouver les dirigeants pour lever une armée, il organisa des prières publiques et des processions, lui-même offrit à Dieu ses prières et ses jeûnes ; la mort frappa le sultan et le danger fut écarté.

En 1484, il présenta au chapitre un Bref papal qui l’exemptait de toute responsabilité, mais on le pria tout de même d’accepter sa nomination pour le bien de l’Ordre. Il se soumit. 

En 1491, le pape l’envoya encore prêcher dans le Piémont et la Savoie, où il ramena à la foi catholique un grand nombre d’hérétiques vaudois.

Angelo refusa plusieurs fois l’épiscopat. Il aimait remplir les plus humbles offices de sa communauté. Dieu récompensa son humilité par le don des miracles. Sa prière obtenait beaucoup de grâces, dans toute l’Italie. 

Enfin il put échapper à la réélection en 1493, à quatre-vingt-deux ans, et se retirer au couvent de Cuneo. Il alla encore quêter dans les rues.

C’est là qu’il mourut le 11 avril 1495.

Son corps resta incorrompu, flexible, et émanait un merveilleux parfum.

Angelo fut proclamé céleste Patron de Cuneo. Lors du siège imposé par les Français en 1691, une bombe perça le toit de l’église de Cuneo, mais se posa devant la châsse d’Angelo sans exploser.

Le culte d’Angelo fut confirmé en 1753.

 

 

George Gervase

1571-1608

 

George était né à Bosham (Sussex, Angleterre) et fut très tôt orphelin de père et mère.

Des ravisseurs l’emmenèrent en «captivité» pendant douze années, durant lesquelles il abandonna toute expression de sa foi catholique.

Quand enfin il put revenir en Angleterre, il apprit que son frère, Henry, s’était exilé en Flandre, justement pour conserver sa foi catholique : George voulut le rejoindre et se réconcilia bien vite avec l’Eglise.

Il entra au Collège anglais de Douai en 1595, et fut ordonné prêtre en 1603. 

Aussitôt il reprit le chemin de l’Angleterre pour y exercer le saint ministère sacerdotal. Il ne put le faire que pendant deux années, car il fut arrêté en juin 1606, et exilé avec d’autres membres du clergé.

Il profita de cette «exclusion» pour faire un pèlerinage à Rome, où il demanda à être admis parmi les Jésuites. Mais sur le refus de ces pères, il s’en revint à Douai et demanda à être admis comme novice chez les Bénédictins : c’était une congrégation originaire d’Angleterre, qui s’était retirée à Douai, et qui aujourd’hui a sa maison-mère à Downside. 

Son frère Henry lui trouva plutôt un logement à Lille, pensant lui préserver les aléas de la persécution qui sévissait en Angleterre. Mais George avait bien en tête d’aller travailler à la conversion de son pays natal, et réussit à y retourner.

Il fut bientôt arrêté et incarcéré. Il refusa de prêter le serment de fidélité. Il fut jugé, accusé du «crime» d’être prêtre, et reçut la palme du martyre de la façon «habituelle» en Angleterre : pendu, éviscéré et écartelé, à Tyburn.

C’était le 11 avril 1608. Sa vie sacerdotale n’avait duré que cinq ans, mais c’était une mesure déjà bien pleine aux yeux de Dieu.

George Gervase a été béatifié en 1929.

Gemma Galgani

1878-1903

 

Cinquième de huit enfants, Gemma naît le 12 mars 1878 à Borgo Nuovo di Camigliano (Lucques, Toscane, Italie). Le papa est pharmacien, et vient s’installer à Lucques.

Les parents Galgani font donner une solide instruction à tous leurs enfants, filles et garçons. Gemma est demi-pensionnaire dès l’âge de deux ans. Gemma se montre d’un calme imperturbable quoi qu’on lui dise, elle ne pleure jamais.

A cinq ans, elle lit l’office de la Sainte Vierge. Gemma conçoit un grand amour pour la Mère de Dieu et désirera toujours devenir religieuse ; du moins elle restera vierge. Son amour de la pureté fut tel que les médecins ne purent jamais l’ausculter.

Sa mère meurt de tuberculose en 1885, année où elle reçoit la Confirmation. En 1887, exceptionnellement, elle peut faire la Première communion, à neuf ans (à l’époque, c’était plutôt vers douze ans). 

Gemma «vide» la maison de son père pour venir en aide aux pauvres de la ville. Son père doit intervenir ! Elle s’occupe de toutes les tâches de la vie domestique, tout en intensifiant sa vie intérieure. Jésus-Christ lui parle intérieurement. Elle commence de souffrir du mal de Pott.

1887-1891 : elle fréquente l’école Sainte-Zita, où sa maîtresse lui fait méditer chaque jour un passage de la Passion du Christ. Cette école a été fondée peu auparavant par Elena Guerra, qui la connaîtra (et mourra le même jour qu’elle, le 11 avril de 1914).

En 1894, meurt son frère Gino qui a dix-sept ans, celui qui lui est le plus proche. Son Ange gardien lui apparaît et lui demande plus de dépouillement encore dans le vêtement pour devenir vraiment l’épouse d’un Roi crucifié. Les expériences surnaturelles s’intensifient.

En 1897, meurt Monsieur Galgani. La famille est sans ressources, les enfants sont dispersés chez les oncles et tantes. Elle a des apparitions de saint Gabriel de l’Addolorata (voir au 27 février), qu’elle aimera profondément. En 1899, il viendra prier avec elle pour demander sa guérison, par l’intercession de sainte Marguerite-Marie Alacoque.

Gemma essaiera d’entrer dans un monastère, elle hésitera, et finalement ne réussira à entrer dans aucun, ni les camilliennes, ni les passionnistes, ni les visitandines. Dieu ne la voulait pas là.

En 1899, elle reçoit les stigmates de la Passion de Notre-Seigneur, la veille de la fête du Sacré-Cœur, jusqu’au vendredi à quinze heures. Désormais, chaque semaine, ces plaies se répéteront du jeudi soir au vendredi après-midi, accompagnées des douleurs de la couronne d’épines.

Un mois plus tard, lors d’une mission des pères Passionnistes, elle reconnaît l’habit de saint Gabriele de l’Addolorata (ou de Notre-Dame des Douleurs). Elle «apprend» intérieurement qu’un religieux de cette congrégation sera son directeur spirituel.

La même année, on commence de prendre des notes des paroles de Gemma durant ses extases.

A partir de 1900, Gemma est accueillie par une pieuse famille, pour la mettre à l’abri des indiscrétions, à cause de sa vie trop extraordinaire. 

Elle rencontre alors le père Germano, qui sera son fidèle directeur spirituel. C’est lui qui lui «commandera» de cesser d’avoir les stigmates, pour mettre à l’épreuve son obéissance, mais aussi pour éprouver l’origine surnaturelle de ce phénomène. Les stigmates devinrent invisibles.

Gemma eut des épreuves diaboliques : le démon la rouait de coups, lui suggérait que son confesseur se trompait, lui apparaissait comme un monstre d’impureté…

En 1902 commence une nouvelle maladie. Gemma est invitée à souffrir pour les prêtres pécheurs. Elle perd sa petite sœur Giulia (dix-huit ans) et son frère Tonino (Antonio, vingt-deux ans). Elle va souffrir de façon très douloureuse.

En septembre, premiers symptômes de la tuberculose.

Gemma s’éteint à cette vie le Samedi Saint 11 avril 1903, à vingt-cinq ans. Elle avait prophétisé que, si les passionnistes ne l’avaient pas voulue vivante, elles l’auraient morte : elles s’installèrent en effet à Lucques en 1905, et c’est elles qui gardent le sanctuaire de sainte Gemma.

Gemma Galgani a été béatifiée en 1933, canonisée en 1940.

 

 

Elena Guerra

1835-1914

 

Ecrivain, théologue, apôtre, sainte, dit d'elle son biographe, le père Domenico Abbrescia, elle était née en Italie à Lucca (Lucques) le 23 juin 1835. 

A la maison, elle a étudié le français, la musique, la peinture, la broderie et en plus, en cachette, le latin. A 19 ans, elle est infirmière auprès des malades du choléra de Lucca et à 22 ans un mal mystérieux l'immobilisera pendant presque huit ans au lit. Elle lit les Pères de l'Eglise, elle crée un groupe d' “Amitiés spirituelles” avec celles qui lui rendent visite, elle nourrit des projets de formes de vie contemplative.

Elle guérit, elle étudie, elle voyage ; en 1870 elle assiste à Rome à une séance du Concile du Vatican ; à Lucca, après bien des échecs, elle donne naissance à une communauté féminine, de vie active, dédiée à l'éducation des jeunes filles sous le patronage de sainte Zita, patronne de la ville.

C'est une communauté sans vœux, une association de volontaires pour l'enseignement, dirigée par elle-même et ses écrits, ses “livrets”, guides très efficaces pour l'enseignement de la foi.

Dans cet institut est reçue une certaine Gemma Galgani, qui y fera la première Communion en 1887. Curieusement, Elena Guerra mourra le même jour que sainte Gemma Galgani, à quelques années de différence.

Plus tard, l'Institut sera reconnu par l'Eglise comme congrégation religieuse. Elena y connaît déjà des problèmes, des conflits, mais elle rêve d'une entreprise qui va bien au-delà de cette congrégation, de Lucca, de l'Italie même : elle doit investir l'Eglise entière. Elle y pense depuis des années, elle lance maintenant sa croisade : il faut guider tous les fidèles vers la connaissance et l'amour grâce à l'Esprit Saint, dont le Christ disait : Il vous guidera vers la vérité tout entière (Jn 16:13).

Selon elle, les chrétiens sont trop faiblement conscients de la glorieuse perspective qui nous attend, renouvelant l'événement de la Pentecôte de Jérusalem. C'est le moment d'agir, et personne ne l'arrête : elle écrit au pape Léon XIII, elle insiste, écrit encore, se rendra à l'audience pour demander au pape de promouvoir fortement le “retour à l'Esprit”, qui surviendra au vingtième siècle dans de nombreux mouvements et groupes. Deux documents pontificaux, en 1895 et 1897, invitent les fidèles à œuvrer dans ce but particulièrement cher au cœur de Léon XIII : c’est la lettre apostolique Provida Matris Caritate (1895), promouvant la neuvaine à l’Esprit Saint pour l’unité des chrétiens, entre l’Ascension et la Pentecôte, et l’encyclique sur l’Esprit Saint Divinum Illud Munus (1897), précisant que cette neuvaine doit se faire tous les ans. Le même pape donne aux Sœurs d'Elena le nom d'Oblates de l'Esprit Saint. Elena a été comprise, Rome l'a entendue.

Mais à Lucca, on lui met des bâtons dans les roues ; ce sont ses propres Sœurs, ses filles spirituelles. Elle en vient à démissioner de sa place de Mère générale, avec en plus des humiliations vraiment injustes. Elle accepte tout, soutenue par l'amitié de Consœurs fidèles et également par sa vision limpide de l'exemple d'amour qu'il faut savoir donner à tout moment. C'est son heure suprême. 

Elle s'éteint le matin du Samedi Saint 1914, le 11 avril, juste après avoir vêtu l'habit des Oblates de l'Esprit Saint. Son corps est enseveli à Lucques, dans l'église Saint-Augustin.

Elle est béatifiée en 1959, par le pape Jean XXIII qui lui a donné le titre d'Apôtre de l'Esprit Saint.

 

Note. L'Association du Buisson Ardent, de la mouvance du Renouveau Charismatique, diffuse dans beaucoup de pays, se réfère à l'esprit qu'elle a voulut répandre dans l'Eglise, pour inviter tous les fidèles à une adoration de l'Esprit Saint.

    

 

Feliks Ducki

1888-1942

 

Né le 10 mai 1888 à Varsovie, de Julian Ducki et Mariana Lenardt, Feliks fut baptisé le 27 mai suivant.

Il fréquenta l’école primaire à Varsovie.

En 1918, les pères Capucins purent réintégrer leur couvent de Varsovie, précédemment abandonné lors de l’ukase tsariste de 1864 qui avait supprimé les Ordres religieux.

Feliks, qui était un capucin dans l’âme, les rejoignit, les aida à réorganiser le couvent et demanda à être admis comme postulant.

En 1920, il commença le noviciat proprement-dit à Nowe Miasto, avec le nom de Symforian (Symphorien). En 1921 il fit la première profession et fut envoyé à Varsovie, Lomza, de nouveau Varsovie, pour rendre service aux communautés. En 1925, il fit alors la profession solennelle, avec les vœux perpétuels.

C’est alors qu’il fut quêteur à Varsovie, chargé de recueillir des offrandes pour la construction du petit séminaire de Saint Fidèle, et compagnon du ministre (= supérieur) provincial.

Son caractère simple et amical le rendait sympathique à tous, à la population, aux Confrères. Malgré tant d’activités, il demeurait un homme de prière.

Quand la Deuxième guerre mondiale éclata, il fit tout son possible pour trouver les produits de première nécessité pour son monastère, mais aussi pour les pauvres dont il s’occupait.

Le 27 juin 1941, les hommes de la Gestapo vinrent arrêter les vingt-deux Capucins du couvent de Varsovie, où se trouvait Feliks-Symforian. Ce dernier fut d’abord mis en prison à Pawiak, puis transporté le 3 septembre à Auschwitz.

Lui qui était de constitution plutôt forte, souffrit beaucoup de la faim avec les misérables rations qui étaient distribuées aux prisonniers. 

Après sept mois, il fut condamné à une mort lente.

Or, un soir, il aperçut les gardiens qui abattaient des prisonniers en leur fracassant la tête à coup de matraques. Quand ils avancèrent vers son bloc, Symforian se présenta à la porte, les empêcha d’entrer et fit sur ces bourreaux le signe de la croix, tout en avertissant ses compagnons que ceux qui regrettaient sincèrement leurs péchés, seraient entièrement pardonnés par Dieu et entreraient tout de suite au Ciel. 

Il y eut un moment de stupeur, et on lança l’ordre de l’assommer à son tour. Il reçut une pluie de coups de matraque sur la tête et s’effondra entre les Allemands et les prisonniers. Peu après, il se redressa un peu et fit un nouveau signe de croix en direction des Allemands. Alors, on l’acheva.

Symforian aurait pu rester neutre dans son coin, déjà condamné comme il l’était. Mais son geste mit fin au carnage qu’étaient en train d’accomplir les militaires et ainsi une quinzaine de prisonniers échappèrent à la mort.

Les survivants alors soulevèrent respectueusement le corps de Symforian sur le charriot avec les dépouilles de leurs compagnons abattus, et les conduisirent au four crématoire.

C’était le 11 avril 1942.

Le frère Feliks-Symforian Ducki fut béatifié parmi les cent-huit Martyrs polonais de la période nazie, en 1999.

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