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13 avril 2020 1 13 /04 /avril /2020 23:00

14 AVRIL

 

II.

S Maxime, avec ss. Valérien et Tiburce, préfet romain converti par ces derniers (avec qui se trouvait ste Cécile, cf. 22 novembre) et martyrisé avec eux.

S Fronton, abbé près d’Alexandrie, un des premiers cénobites. 

III.

Stes Prosdoki et Berniki avec leur mère Domnini, martyres : se sachant vouées au martyre, elles se jetèrent elles-même à l’eau pour échapper aux mauvais désirs des soldats. 

S Procule, évêque (?) à Terni et martyr.

Ste Domnine, vierge et martyre à Terni.

S Ardalion, acteur converti sur scène, martyr.

V.

Ste Thomaïs, martyre en Alexandrie pour avoir refusé les avances de son beau-père.

S Assicus, disciple de s. Patrice et premier évêque à Elphin.

VII.

S Lambert, évêque à Lyon ; il avait fui la cour de Clotaire III pour l’abbaye de Fontenelle, où il succéda à l’abbé s. Wandrille.

XI.

S Giovanni, premier évêque à Montemarano en Campanie.

XII.

S Bernard d'Abbeville, abbé bénédictin à Poitiers, puis à Tiron.

S Bénezet, berger ; après une vision céleste, il commença à treize ans la construction du pont d’Avignon.

XIII.

B Pedro González “Telmus”, dominicain espagnol après un début de vie ecclésiastique très mondain ; il est invoqué par les marins dans les tempêtes et contre les tremblements de terre.

Bse Hedwige (Havoie), abbesse prémontrée à Mehren, où elle succéda à sa mère.

XIV.

Ss Jean Milhey, Antoine Kukley et Eustache Nizilon, chambellans du duc de Lituanie, martyrs à Vilnius, dont ils sont les patrons. 

XV.

Ste Lydwine, mystique à Schiedam.

XX.

Bse Isabel Calduch Rovira (1882-1937), clarisse espagnole, martyre près de Castellón, béatifiée en 2001.

Fronton d’Egypte

† 174

 

Fronton serait un des tout premiers anachorètes d’Egypte qui se retira dans le désert aux environs d’Alexandrie.

Quelques amis le suivirent. Et comme il advient dans toute fondation, le diable s’en mêla : certains murmurèrent contre la difficulté de la règle proposée par Fronton.

Celui-ci leur rappela que s.Paul avait lui-même enduré la faim et la soif (cf. 2Co 11:27 ), et leur fit remarquer que, depuis qu’ils vivaient dans ce désert, ils n’avaient jamais manqué ni d’herbes ni de racines pour se nourrir convenablement.

Les murmures cessèrent devant les arguments et le raisonnement de Fronton, mais pas complètement. Dieu fit alors savoir par un ange à un riche seigneur, qu’il eût à envoyer de la nourriture à des anachorètes, sans lui spécifier où ils se trouvaient. Le seigneur fit charger soixante-dix chameaux, qu’il laissa partir sans guide : les animaux se dirigèrent d’eux-mêmes vers l’endroit.

Fronton remercia la Providence, reprocha encore une fois aux récalcitrants leurs murmures, fit décharger les vivres, mais en renvoya la moitié au seigneur, qui par la suite, n’oublia jamais ses protégés.

Fronton serait mort vers 174.

Saint Fronton d’Egypte est commémoré le 14 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Valerianus, Tiburtius, Maximus

† 177

 

Valerianus passe pour avoir été l’époux très chaste de sainte Cécile, qu’on vénère le 22 novembre.

Cécile lui demanda l’absolue continence par respect pour son ange qu’elle voyait constamment près d’elle. Valerianus se convertit, accepta le baptême et put lui aussi voir cet ange.

Il convertit à son tour son frère, Tiburtius.

Tous deux, affrontant les dispositions légales, s’efforçaient de donner une digne sépulture aux Martyrs.

Dénoncés, ils furent condamnés à mort et décapités.

En chemin vers le lieu de leur martyre, ils convertirent le juge, Maximus, qui fut décapité avec eux.

Ce martyre eut lieu un 14 avril, probablement vers 177-180, peut-être même plus tard au troisième siècle, selon certains : dans ce cas, nos martyrs ne devraient pas avoir rapport avec sainte Cécile. 

 

 

Domnini, Berniki et Prosdoki d’Antioche

† 302

 

Domnini vivait à Antioche de Syrie avec ses deux filles. C’était une femme de haute naissance, riche, croyante et vertueuse en tous points. Elle éduquait ses deux filles avec la souci de la mère chrétienne : les deux petites étaient des adolescentes, gracieuses et aussi vertueuses que leur mère.

Le père de famille fut peut-être arrêté par les soldats et leur livra la cachette des trois femmes. D’après s.Jean Chrysostome (v. 14 septembre), celles-ci s’étaient réfugiées à Edesse, qui se trouve à plus de deux-cents kilomètres d’Antioche.

Quand elles furent découvertes et ramenées à Antioche, sachant ce qui pouvait leur arriver aux mains des soldats, Domnini persuada ses filles qu’il valait mieux se donner totalement à Dieu plutôt que de tomber en leurs mains, et toutes trois se dirigèrent vers le fleuve (Oronte, auj. Nahir-el-Asi). Elles retirèrent leurs chaussures - pour laisser aux soldats une preuve de leur arrestation -, arrangèrent leur vêtement et se précipitèrent d’elles-mêmes dans le fleuve.

Encore une fois, on doit se poser la question de la légitimité d’un tel geste. Le suicide est évident. Des panégyristes ont avancé que les Martyres avaient agi sous une inspiration spéciale de l’Esprit Saint, de la même façon qu’Abraham n’avait pas craint d’immoler son propre fils (mais un ange l’arrêta, ce qui ne s’est pas produit à Antioche…) ; s.Augustin cependant affirme que leur conduite, sans doute admirable, n’est pas imitable. 

Il est certain que les trois femmes, une fois arrêtées, imaginaient très bien ce qu’allait être leur sort ; elles préférèrent préserver leur chasteté. Honneur à leur vertu !

Elles moururent vers 302.

Saintes Domnini, Berniki et Prosdoki d’Antioche sont commémorées le 14 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Thomais d’Alexandrie

458-476

 

Cette jeune femme de dix-huit ans était une chrétienne d’Alexandrie.

Elle fut mariée à un pêcheur.

En l’absence de ce dernier, le beau-père tenta de séduire la jeune femme, qui lui opposa une farouche fin de non-recevoir. Furieux, l’homme la frappa de son épée (l’ancien Martyrologe disait : la coupa en deux).

La colère de Dieu fit que l’assassin devint aveugle sur le champ. Des amis le retrouvèrent peu après : il leur raconta son crime et demanda à être conduit devant le gouverneur, qui le condamna à la décapitation.

Thomais fut très vite honorée dans tous les environs. Son corps, d’abord enterré dans un cimetière proche, fut transporté plus tard à Constantinople.

L’huile des lampes qu’on y allumait était recueillie soigneusement ; qui en prenait, bénéficiait d’une grâce contre les tentations de la chair.

Sainte Thomais d’Alexandrie est commémorée le 14 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Assicus d’Elphin

† 490

 

S.Patrice d’Irlande (v. 17 mars) créa le diocèse de Corcoghlan (auj. Elphin) vers 435.

L’endroit s’appelait primitivement Emlagh-Ono, du nom du druide de l’endroit, Ono, qui donna le terrain nécessaire à la construction d’une église et d’un monastère. L’église s’appela Tempull Phadruig (église de Patrick).

Patrice y établit comme premier évêque Assicus, auquel il adjoignit le neveu de celui-ci, Bite, et sa mère Cipia. Assicus était peut-être lui-même un parent d’Ono.

Il y eut là aussi un monastère et une école.

Assicus est décrit comme l’orphèvre de s.Patrice, pour son habilité à fabriquer calices, patènes, et autres objets sacrés pour la liturgie. Il généra ainsi une très célèbre école d’art, dont on peut encore admirer des spécimens.

Sept ans avant sa mort, Assicus ressentit une honte profonde pour avoir commis un mensonge - certains disent : un mensonge le concernant, une dissimulation par modestie - et se retira loin, dans l’île de Rathlin O’Birne (Donegal) ; il y resta sept années, au bout desquelles les moines finirent par le retrouver ; ils le prièrent de revenir dans le monastère, mais Assicus mourut en route, vers 490.

Assicus fut enterré à Rath Cunga (auj. Racoon, Donegal), mais son tombeau n’a jamais été retrouvé.

Saint Assicus d’Elphin est commémoré le 14 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Lambertus de Lyon

† 688

 

Landebertus (Lantbertus) ou simplement Lambert naquit vers 625 à Quernes (act. Pas-de-Calais), d’un père qui, par ses entrées à la cour des rois mérovingiens, put l’y introduire à son tour.

Lambert conquit l’estime du roi et des grands, et Clotaire III lui destinait quelque haute fonction, mais le cœur du jeune homme s’était déjà donné à Dieu.

Combattant toutes les résistances des siens, il gagna l’abbaye de Fontenelle, où il succéda au fondateur Wandrille comme abbé (665).

Il fonda l’abbaye bénédictine de Donzère (675), sur une terre offerte par le roi Thierry III. De cette abbaye sortirent plusieurs personnages : Hermeland, Erembert (v. 25 mars et 14 mai)…

L’humilité de Lambert avait déjà bien souffert de son élection à l’abbatiat, mais ce n’était pas la fin de l’épreuve : on l’appela au siège épiscopal de Lyon en 678 pour être le trente-septième successeur de s.Pothin (v. 2 juin).

Ce furent dix années d’un fécond apostolat, dont on n’a pas retrouvé de compte-rendu, cette partie ayant été détruite (et les «sauvegardes» n’existant pas encore…).

Par quelques recoupements, on sait qu’il sacra Ansbert évêque de Rouen en 684 (v. 9 février).

Lambert mourut le 14 avril 688 et fut rapidement l’objet d’un culte.

Saint Lambert de Lyon est commémoré le 14 avril dans le Martyrologe Romain.

Giovanni de Montemarano

† 1095

 

Le diocèse de Montemarano (Campanie, Italie S) fut érigé à la fin du 10e ou au début du 11e siècle. L’incendie de la cathédrale, vers 1500, détruisit les archives qui s’y trouvaient, de sorte qu’on a perdu des informations importantes concernant cette érection et la nomination de Giovanni comme évêque.

Giovanni fut un prêtre exemplaire, zélé, charitable envers les pauvres et ferme devant les exigences des grands. Aussi le choisit-on pour être évêque du nouveau diocèse, et il fut probablement le premier évêque de ce siège.

Le pape Grégoire VII (v. 25 mai) dut le convaincre d’accepter ce choix, et Giovanni fut consacré évêque à Benevento en 1084.

Un des rares faits que l’on connaisse de lui, montre bien sa détermination. Après une période de mauvaise récolte et d’incursions dévastatrices, les terres étaient devenues infertiles, aussi l’évêque, aidé de ses paysans, se mirent à défricher les bois des propriétés épiscopales, à détourner l’eau du fleuve Calore, qui irrigua les terres et permit la reprise des cultures.

Giovanni mourut le 14 avril 1095 et son culte fut reconnu en 1906.

Le petit diocèse de Montemarano a été réuni à celui de Nusco en 1818.

Saint Giovanni de Montemarano est commémoré le 14 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Bernard d’Abbeville

1046-1117

 

S’il naquit effectivement à Abbeville (Somme), Bernard se vit obligé de se déplacer continuellement pour trouver la vraie solitude que son cœur désirait.

Petit, son goût précoce pour la vie religieuse le fit appeler le petit moine. A vingt ans, ayant une connaissance approfondie des saintes Ecritures, il partit pour le Poitou, avec trois compagnons animés des mêmes sentiments que lui, et entra au monastère de Saint-Cyprien (Poitiers), qui dépendait de la Chaise-Dieu.

Dix ans plus tard, il fut envoyé à Saint-Savin-sur-Gartempe (Vienne), pour y opérer une réforme ; conscient qu’on voulait le faire abbé, Bernard s’enfuit dans la forêt de Craon (Mayenne), où vivaient déjà d’autres ermites célèbres : Vital de Savigny, Robert d’Arbrissel, Raoul de la Futaie (v. respectivement 7 janvier, 24 février, 16 août).

Là, Bernard prit le nom de Guillaume et s’exerça pendant trois ans au travail manuel auprès d’un ermite nommé Pierre, un tourneur sur bois.

Mais les moines de Saint-Savin le retrouvèrent, de sorte que notre Bernard s’enfuit à nouveau et s’installa pendant trois ans encore sur l’île de Chausey, non loin du Mont Saint-Michel (Manche). C’est alors qu’on le supplia de revenir à Craon, ce qui pouvait se faire puisque les moines de Saint-Savin avaient fini par élire un autre abbé. Bernard se fixa à Fontaine-Géhard (Châtillon-sur-Colmont), qui devint un centre érémitique très prospère et illustre. 

Ce fut cette fois-ci l’abbé de Saint-Cyprien qui le rappela, voulant en faire son prieur et son successeur. Bernard n’accepta qu’à contre-cœur, mais sut se montrer à la hauteur de sa mission abbatiale.

C’est comme abbé qu’il participa au concile de Poitiers (1100), où fut excommunié Philippe Ier à cause du scandale donné par son divorce.

Il y eut un conflit avec l’abbaye de Cluny, qui voulait «dominer» sur Saint-Cyprien ; Bernard en profita pour abandonner sa charge et revenir à Craon, d’où il ne sortit que pour prêcher la réforme des peuples et du clergé.

Les moines de Saint-Cyprien le rappelèrent cependant, pour les défendre contre Cluny ; Bernard dut faire le voyage à Rome, où il obtint l’indépendance de Saint-Cyprien.

De retour en France, il fit un nouveau séjour à Chausey, d’où il fut chassé par des pirates, et s’en revint près de Fougères (Ille-et-Vilaine). Il y réunit des disciples, mais s’apercevant qu’il gênait le développement de l’abbaye de son ami Vital, il trouva refuge sur les terres du comte Rotrou et édifia un nouveau monastère avec une chapelle dédiée à sainte Anne, bénie  en 1109 par l’évêque Yves de Chartres (v. 23 décembre).

Les tribulations n’étaient pas finies ; un nouveau conflit avec Cluny contraignit Bernard à déplacer son monastère, vers la source de la rivière de Tiron (1113).

Bernard, qui n’aspirait qu’à la solitude et à la contemplation, eut jusqu’à cinq cents moines autour de lui. Ceux-ci vivaient la règle de saint Benoît, mais dans une grande austérité ; ils portaient un habit gris à longs poils ; à leurs travaux on doit l’actuel étang de Thiron, de Saint-Anne.

Tiron eut des fondations en Allemagne, en Angleterre, en Ecosse.

Dieu favorisa Bernard du don des miracles, de la lecture des esprits. Ainsi il montra à un moine qu’il en connaissait les désirs tortueux et chercha paternellement à le ramener ; il éteignit un dangereux incendie venu de la forêt et qui menaçait les bâtiments, il guérit d’un signe de croix un enfant aveugle-né, il délivra d’un esprit malin deux religieux de la communauté, il remit sur pied un jeune novice qui avait été presque écrasé par un énorme chariot traîné par dix bœufs.

Vers la fin, une grave maladie compléta cette longue suite d’aventures qui avaient éreinté Bernard. Il mourut le 14 avril 1117.

Bernard d’Abbeville (ou de Tiron) fut canonisé en 1861, ce qui lui fait détenir le record du plus long procès de canonisation dans l’Eglise, mais nous savons que pour Dieu Mille ans sont comme un jour (Ps 89:4).

 

 

Bénezet

1165-1184

 

Qui sait si le Pont d’Avignon n’est pas dû à une intervention divine ?

On «raconte» - mais le mot légende signifie bien ce qu’il faut dire - que Bénezet (diminutif de Benoît), était un jeune pâtre du Vivarais (ou de la Savoie), né de pieux parents.

Son père étant mort assez tôt, sa mère lui avait confié la garde de quelques brebis.

Un jour d’éclipse de soleil, Bénezet entendit le Seigneur : Prends ta houlette et descends jusqu’en Avignon, la capitale du bord de l’eau : tu parleras aux habitants et tu leur diras qu’il faut construire un pont.

Bénezet se disposa à obéir. Un ange lui vint en aide avec un bâton et une besace, lui disant : Suis-moi sans crainte, je te conduirai jusqu’au lieu où tu dois construire un pont et te montrerai comment tu devras t’y prendre.

Parvenus au bord du Rhône, l’ange désigna une barque qui s’y trouvait et encouragea Bénezet : Ne crains rien ; le Saint-Esprit est en toi ; vois cette barque, elle servira à ton passage. Va à la ville d’Avignon ; montre-toi à l’évêque et à son peuple. L’ange disparut.

Il faut dire ici que la traversée du Rhône à cet endroit était particulièrement dangereuse et que, justement là, un pont se serait avéré fort utile.

Il est bon de remarquer que, dans cette «révélation», le premier mot est pour dissiper toute peur humaine. L’Evangile en donne plusieurs exemples, de la part du Christ.

Bénezet, donc, se présenta à l’évêque, puis au prévôt d’Avignon. Bien sûr, leur réaction fut le doute, mais quand Bénezet - il avait une quinzaine d’années - souleva devant tout le monde une énorme pierre que trente hommes n’auraient pu remuer, on changea d’avis.

La sainteté de Bénezet entraîna les Avignonais ; le pont apparut.

Bénezet cependant mourut avant son achèvement, en 1184, quand il n’avait que dix-neuf ans. Selon son désir, il fut enterré d’abord au centre du pont, dans une petite chapelle dédiée à saint Nicolas.

Le pont fut achevé en 1188.

De nombreux miracles se produisirent sur le tombeau de Bénezet. En 1669, le corps fut retrouvé sans corruption et confié aux Religieux célestins en 1674, puis, à la Révolution, transporté à l’église Saint-Didier. Des soldats prisonniers dans cette église se partagèrent les reliques et les emportèrent dans leurs familles ; on put les recueillir et les reporter à Saint-Didier.

Saint Bénezet est un des protecteurs d’Avignon, fêté le 14 avril. Si l’on n’en a pas retrouvé la bulle de canonisation, il est vénéré depuis très longtemps comme Bienheureux (1202) et comme Saint : Vox populi, vox Dei.

 

 

Hadwige de Cologne

12e siècle

 

Hadwige - certains traduisent en français Havoie - était la fille du comte Lothaire et de Hildegonde (v. 6 février).

Entraînée par l’exemple de sa sainte mère, qui avait fondé le couvent prémontré de Mehren, Hadwige y prit le voile, tandis que sa mère était nommée prieure.

Elle fit de grands progrès dans toutes les vertus, spécialement dans l’humilité.

Après la mort de Hildegonde, Hadwige lui succéda.

Elle mourut dans un âge avancé, on ignore en quelle année.

On lui donne le titre de bienheureuse et on l’honore le 14 avril.

Elle n’a pourtant jamais été solennellement béatifiée.

 

 

Pedro González

1190-1246

 

Il naquit à Astorga (Castille-León, Espagne NO), d’un père noble nommé Frómista, lui-même neveu de l’évêque de Palencia, ce qui valut à Pedro, dès l’enfance, d’avoir le titre de chanoine de la cathédrale de Palencia, et d’être promu doyen de ce chapitre avant même d’être prêtre.

L’enfant avait reçu une éducation fort soignée, surtout intellectuellement, dans un climat de plaisir et de luxe propre à ces familles trop mondaines. 

Au moment d’aller prendre possession de son siège de chanoine, il voulut traverser la ville sur un cheval richement équipé, le jour de Noël. La Providence fit alors que le cheval trébucha et jeta à terre notre chanoine dans une mare de boue, sous les huées de la foule.

L’humiliation fut salutaire : le chanoine mondain s’en alla méditer chez les Dominicains de Palencia, où la conversion profonde fit son travail dans l’âme de Pedro, qui ne désira désormais que réparer sa vie mondaine, ses mauvais exemples, et travailler au salut des âmes.

Il demanda l’habit de l’Ordre des Prêcheurs et commença le noviciat. Ce ne fut pas sans épreuves, car certains voulurent le rappeler dans le monde, lui reprochant d’avoir seulement cédé à une vexation momentanée et lui suggérant d’abandonner cette vie de pénitence et de mortifications.

Pedro persévéra. Il étudia désormais avec joie la théologie et l’Ecriture. Ordonné prêtre, il ramena beaucoup d’âmes dans le bon chemin. 

Le roi Ferdinando l’appela à la cour, et le garda près de lui pour bénéficier de ses sages conseils, dans sa reconquista contre les Maures, qui occupaient la Castille depuis six siècles.

Pedro conserva toutes ses habitudes de vie personnelle : prière, recueillement, humilité. S’il profita de sa place privilégiée, ce fut pour s’attaquer au mal où qu’il fût ; il parvint à réformer les mœurs corrompues des courtisans, des soldats, des libertins du monde.

Quand Cordoue fut reprise, il intervint en faveur des enfants et des femmes, toujours menacées par les troupes victorieuses ; puis il purifia les mosquées pour les utiliser comme églises et prêcha la Vérité aux Maures pour les arracher à la funeste doctrine islamique.

Cet apôtre ne pouvait se contenter de ces labeurs : il se tourna vers les populations locales de Galice et des Asturies, les paysans, les pêcheurs, instruisant, remettant la paix au milieu des disputes…

On a prétendu que Pedro fut aussi prieur d’un monastère dominicain à Guimarães (Portugal). Et comme si cela ne suffisait pas, on lui a aussi attribué la construction d’un pont sur le Minho entre Ribadavia et Orense ; il est à remarquer que le même jour que Pedro González, on fête saint Bénezet, qui fut à l’origine du pont d’Avignon ; d’aucuns prétendent d’ailleurs que ce pont sur le Minho fut l’œuvre de Gonzalvo d’Amaranthe (v. 10 janvier).

Pedro aurait été avisé divinement du jour de sa mort et l’aurait annoncé lui-même à ses auditeurs, le jour des Rameaux 1246. Il se trouvait alors près de Túy, et voulut aller mourir parmi les Dominicains de Compostelle. En cours de route, il dit cependant à son compagnon que Dieu lui ordonnait d’aller mourir à Túy et fit demi-tour, toujours à pied.

Il mourut donc à Túy, le 14 avril 1246.

Il avait fait des miracles avant sa mort, il en fit encore plus après. Pedro fut béatifié dès 1254 et faillit être canonisé «officiellement». Le culte fut confirmé en 1741, et Pedro resta Bienheureux.

Mais sa popularité l’a fait invoquer par les marins espagnols et portugais, de même que tous les marins invoquaient traditionnellement saint Erasme (v. 2 juin). Chez les pêcheurs et les marins de la péninsule ibérique, saint Erasme s’appelle sant’Erasmo, qui est devenu populairement sant’Elmo ou san Telmo, surnom qui fut aussi attribué à notre Pedro González.

 

 

Milhey, Kukley, Nizilon

† 1342

 

Milhey et Kukley étaient deux frères Lituaniens. Avec leur ami Nizilon, ils proposèrent leurs services au grand duc, Olgerd, qui en fit volontiers ses chambellans, en raison de leur intelligence et de leur candeur.

Ils furent évangélisés par un missionnaire, un certain Nestor, qui leur donna au baptême, respectivement, les noms de Jean, Antoine et Eustache.

Tout se passa bien, tant que les trois amis pratiquaient leur religion discrètement. Un jour cependant, ils refusèrent de manger la viande qu’on leur servait un vendredi ou une veille de fête où l’on observait l’abstinence, ce qui irrita profondément le duc.

Ils furent mis en prison, maltraités et condamnés à mort.

On les pendit sur la place centrale de Vilnius, à la branche d’un chêne qui servait là de potence.

Ils moururent à des jours différents, Milhey-Jean le 24 avril, Kukley-Antoine le 14 juin, Nizilon-Eustache le 13 décembre, de l’année 1342.

Les moines de Saint-Basile ensevelirent leurs corps dans leur église et le patriarche les fit honorer comme Saints.

Une fête commune les honore comme patrons de Vilnius le 14 avril.

L’actuel Martyrologe ne les mentionne pas.

Liduina (Lydwine)

1380-1433

 

    Issus d’ancêtres nobles, mais tombés dans la pauvreté, les parents de Lydwine n’avaient pas pour cela hésité à élever neuf enfants, huit garçons et une fille. Celle-ci, venue au monde la cinquième, le 18 mars 1380, était une enfant gracieuse et forte, d’une avenante beauté.

Née à Schiedam (Hollande) le jour des Rameaux, elle reçu un nom prédestiné : "Lid" et "Wyt", signifient souffrir amplement ou avec patience

On devrait probablement écrire Liduina, mais l’orthographe ancienne a pu varier selon les idiomes, les accents, les habitudes, de sorte qu’on trouve fréquemment en français Lidwine ou Lydwine. Le Martyrologe Romain a transcrit Liduina.

Sa mère s'appelait Pétronille. Son père, Pierre, était veilleur de nuit de la ville. Il était le fils de Joannes, un homme très pieux qui priait nuit et jour, dérangé par le démon qui l'assaillait dans sa maison, brisant la vaisselle et brisant à terre les pots de beurre.

Quand, à quinze ans, les charmes et les qualités de Lidwine lui attirèrent de nombreuses demandes de mariage, elle dit à ses parents : Je demanderais plutôt à Dieu de me rendre laide pour repousser les regards des hommes. Dieu la prit au mot.

À la suite d’une chute où elle eut une côte brisée, on la transporta sur son lit ; elle ne le quitta plus jusqu’à sa mort. Malgré tous les soins prodigués, le mal ne fit qu’empirer. Un abcès se forma qui ne lui permettait plus de rester ni couchée, ni assise, ni levée ; perdant l’usage de ses jambes, elle se traînait sur les genoux, sur les coudes, se cramponnant aux meubles.

Ses pleurs, ses cris, ses gémissements effrayaient et éloignaient tout le monde, sauf ses admirables parents, qui ne cessèrent de la soigner avec amour. Peu à peu il lui devint même impossible de ramper ainsi. Trois plaies profondes s’ouvrirent dans son pauvre corps, dont l’une se remplit de vers, qui y grouillaient en telle quantité qu’on en retirait jusqu’à deux cents en vingt-quatre heures. Comme on soulageait les ulcères, une tumeur lui vint à l’épaule, à laquelle s’ajouta bientôt le mal des ardents qui dévora ses chairs jusqu’aux os.

À cette nomenclature incomplète de ses maux, il faut ajouter la torture des remèdes inventés par l’ignorante bonne volonté des médecins, qui ne réussirent guère qu’à remplacer une maladie par une autre.

Ainsi Lydwine était couchée sur le dos, impuissante à se remuer, n’ayant que l’usage de la tête et du bras gauche, torturée sans cesse, perdant son sang, dévorée des vers, et pourtant vivant et gardant assez de forces pour ne pas mourir. Et au milieu de tout cela elle était heureuse, et se disait prête à souffrir ainsi pendant de longues années.

Lydwine souffrait intimement des plaies de l’Eglise d’alors, douloureusement divisée par le Schisme d’Occident, entre les deux papes concurrents, l’un à Rome, l’autre en Avignon : Lydwine était elle-même divisée en deux et il fallait comme “attacher” avec des bandelettes les parties de son corps qui se détachaient. Les vers qui grouillaient dans ses plaies étaient sa pénitence pour les nombreux “vers” qui minaient l’Eglise de l’intérieur, tant la corruption était grande (simonie, richesses, fraudes, absentéisme…).

À partir de 1414, jusqu’à sa mort, c’est à dire pendant dix-neuf ans, elle ne se nourrit que de la Sainte Eucharistie. Jusqu’à la fin, ses maux s’aggravèrent ; mais ses plaies, ses vomissements n’exhalaient plus que des odeurs suaves et parfumées. Aussi on venait plus volontiers la voir, entretenir et écouter ses pieuses exhortations. Rien de plus ardent que sa charité, toujours au service des malheureux, qu’elle secourait malgré son indigente pauvreté, et des affligés qui trouvaient auprès d’elle consolation.

Ce fut le mardi de Pâques, 14 avril 1433 que Lydwine acheva la montée d’un Calvaire qui avait duré trente-sept ans. Aussitôt son pauvre corps exténué, défiguré, reprit ses couleurs, son embonpoint et sa beauté ; il exhalait un parfum plus suave que jamais.

Elle a été canonisée en 1890.

Les reliques de Sainte Lydwine sont conservées au Carmel Saints-Joseph-et-Anne, rue de Lausanne 22 - 1060 Bruxelles. 

Le relevé des reliques à la Cathédrale n'est pas terminé mais les reliques de Sainte Lydwine se trouvent principalement au Carmel. 

Etant difficile, en temps de Carême ou de Pâques, de fêter dignement sainte Lydwine, on la fête localement le 14 juin, tandis que le Martyrologe Romain la commémore régulièrement au 14 avril.

Certaines souffrances de Lydwine ont pu être apparentées à des symptômes de sclérose en plaques, ce qui a fait de Lydwine la patronne des maladies rares.

 

 

Isabel Calduch Rovira

1882-1937

 

Née à Alcala de Chivert (Castellon de Plana, Espagne) le 9 mai 1882, Isabel était la benjamine des cinq enfants de Francisco Calduch et Amparo Rovira Marti.

Son enfance et sa jeunesse baignèrent dans une atmosphère de foi profonde. Avec une amie, elle alla assister une pauvre vieille femme en lui portant de la nourriture et en lui faisant son ménage.

Un jeune homme très honnête la demanda en mariage, mais avec le consentement de ses parents, elle préféra rompre toute relation pour une vie de plus grande perfection.

Elle entra chez les Clarisses de Castellon de la Plana en 1900, fit les premiers vœux en 1901 et les définitifs en 1904.

Elle se montra exemplaire en tout, dans son comportement, dans ses rapports avec les autres Religieuses, dans sa piété. Elle vénérait particulièrement saint Jean-Baptiste.

Elle fut élue maîtresse des novices par deux fois, mais n’acheva pas son dernier mandat, à cause des événements.

Au déclenchement de la révolution, elle rejoignit son frère prêtre, Mosen Manuel, à Alcala de Chivert. 

Elle fut arrêtée le 13 avril 1937, avec un autre Franciscain, Manuel Geli. Portés tous deux au Comité local, ils furent martyrisés le 14 avril à Cuevas de Vinroa (Castellon).

Elle a été béatifiée en 2001.

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  • : Plus de 9000 notices de Bienheureux et Saints. Ont été successivement illustrés : - Les personnages bibliques de l'ancien et du nouveau Testaments. - Tous les Saints et Bienheureux reconnus, depuis les débuts de l'Eglise jusqu'aux derniers récemment proclamés. En outre, des commentaires pour tous les dimanches et grandes fêtes (certains devant être très améliorés). Sur demande, nous pourrons vous faire parvenir en plusieurs fichiers pdf l'intégralité du Bréviaire romain latin, "LITURGIA HORARUM", qui vous permettront d'éviter beaucoup de renvois fastidieux, notamment pour les périodes de Noël et Pâques. Les textes sont maintenant mis à jour selon le nouveau texte de la Nova Vulgata (ed. 2005). Nous avons aussi le Lectionnaire latin pour toutes les fêtes du Sanctoral, sans renvois, également mis à jour selon le texte de la Nova Vulgata. Bienvenue à nos Lecteurs, à nos abonnés, avec lesquels nous entamerons volontiers des échanges. Bonne visite !
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