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14 avril 2020 2 14 /04 /avril /2020 23:00

15 AVRIL

 

I.

Stes Basilissa et Anastasia, romaines martyrisées pour avoir donné la sépulture aux ss. Pierre et Paul ; elles eurent la langue et les pieds coupés. 

II.

Ss Theodoros et Pausilypos, martyrs en Thrace ; les liens de Pausilypos se délièrent d’eux-mêmes : il s’enfuit mais mourut peu après. 

Ss Maro, Eutyches et Victorinus, martyrs romains : Maro écrasé par une pierre, Eutyches décapité, Victorinus asphyxié.

III.

Ss Maxime et Olympiade, martyrs persans. 

S Crescens, martyr à Myre.

?

S Eutyche, martyr à Ferentino.

VI.

S Paterne, abbé à Scissy, évêque à Avranches, invoqué contre les morsures de serpents, contre la cécité et la paralysie. On fête avec lui un abbé, s. Scubillion ; tous deux étaient originaires de Poitiers. 

S Abundius, mansionnaire à Saint-Pierre de Rome ; il guérit une paralytique.

S Ortaire, abbé à Landelle.

S Ruadan (Rodan), un des douze apôtres de l’Irlande, abbé à Lorrah (Lothra).

S Léonide, évêque à Athènes.

VII.

S Sevêtre, abbé à Moutier-Saint-Jean (Réomé).

VIII.

S Abbon, évêque à Metz.

X.

S Munde, abbé en Ecosse dans le comté d’Argyle.

XII.

B Waltmann, abbé prémontré à Anvers ; il combattit l’hérésie de Tanchelm.

XIII.

S Luchesio (Lucius), tertiaire franciscain à San Casciano où il fonda un hôpital.

XVII.

B César de Bus, converti d’une vie dissolue, prêtre fondateur en Avignon des Pères de la Doctrine chrétienne, aveugle pendant 13 ans, mort le jour de Pâques. 

XIX.

S Jozef Daamian de Veuster, flamand de la congrégation des Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie, missionnaire dans l’île de Molokaï, chez les lépreux dont il reçut la contagion, probablement après avoir laissé un enfant jouer avec sa pipe, béatifié en 1995, canonisé en 2009.

Basilissa et Anastasia

1er siècle

 

Sur ces deux Martyres romaines, les informations sont un peu maigres et, peut-être aussi, douteuses.

Ces deux saintes femmes auraient été parmi les premières converties par la prédication de saint Pierre et/ou saint Paul.

Après le martyre des Apôtres, elles leur auraient donné la sépulture et, pour ce fait, auraient été dénoncées auprès de l’empereur Néron.

Etant donné d’une part que les Apôtres Pierre et Paul n’ont pas reçu le martyre au même moment, et que d’autre part saint Pierre semble avoir subi ce martyre le 29 juin, il pourrait être étonnant que la dénonciation et l’arrestation ait eu lieu presque un an après, en avril. Ou peut-être qu’elles ont enseveli les corps d’autres Martyrs…

Seules ces Martyres pourraient, si elles le voulaient bien, nous renseigner mieux par quelque révélation… 

Basilissa et Anastasia auraient donc reçu à leur tour la palme du martyre par la décapitation, le 15 avril.

Elles ne sont pas mentionnées au Martyrologe Romain.

 

 

Maro en Picenum

† 100

 

On verra les 7 et 12 mai différents détails concernant sainte Flavia Domitilla et les saints Nereus et Achilleus. Il semble que s.Maro soit lié à ces personnages, même si les spécialistes y voient quelques difficultés.

Si l’on peut situer le martyre de sainte Flavia Domitilla à la fin du premier siècle, il faudrait y adjoindre aussi celui de ceux dont on vient de parler.

Après la mort de Flavia Domitilla et de ses serviteurs Nereus et Achilleus, Maro fut dénoncé comme chrétien et arrêté à son tour.

Le juge (Aurelianus ou Valerianus) le réduisit à la condition d’esclave, lui enjoignit de travailler la terre, avec pour tout salaire une bien maigre nourriture.

Maro accepta sa condition sans se révolter ; au contraire, il chercha à gagner au Christ ses camarades de travail, les convainquant même avec des miracles.

Ceci ne fut pas du goût du juge, qui ordonna de faire mourir Maro après divers supplices. Maro fut écrasé sous une énorme pierre, sur la Via Salaria, au Mont-d’Or en Picenum, précise le Martyrologe. On lui a parfois adjoint un saint Victorinus ainsi qu’un saint Eutychès, celui-ci décapité, celui-là asphyxié.

Flavia Domitilla fut martyrisée vers 96 ; Maro put recevoir la palme quelques années après ; on n’en sait pas davantage.

Saint Maro est commémoré le 15 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Crescens de Myre

† 2e siècle

 

Myre (act. Demre, Turquie SW) était une importante ville de Lycie, dont la célébrité grandit davantage encore durant et après la vie de l’évêque saint Nicolas (v. 6 décembre).

C’est dans cette ville qu’eut lieu le martyre de saint Crescens.

Chrétien, il était déjà assez avancé en âge, et voulut contribuer à extirper le paganisme de ses concitoyens, s’efforçant de les persuader d’abandonner leurs habitudes païennes.

Arrêté et interrogé, il confessa sa foi courageusement. On lui fit subir divers genres de tortures, et finalement il mourut brûlé vif.

On en ignore totalement la période, mais ce martyre pourrait avoir eu lieu au moment de la prédication post-apostolique, au deuxième siècle.

Saint Crescens de Myre est commémoré le 15 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Theodoros et Pausilypos de Thrace

† 130

 

De ce Martyr Theodoros, on ne connaît rien.

De Pausilypos, on dit qu’il fut dénoncé comme chrétien et soumis à divers supplices, en Thrace (Grèce NE).

Au dernier moment, ses liens se desserrèrent et il put s’échapper sans être vu. Peu après, il succomba aux blessures que lui avaient causées les tortures.

Si ce martyre remonte à l’empereur Hadrien, on ne peut que le situer approximativement entre 117 et 138.

Saints Theodoros et Pausilypos de Thrace sont commémorés ensemble le 15 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Paterne d’Avranches

† 511

 

Rien n’est impossible à Dieu (Lc 1:37). Qu’on s’imprègne de cette phrase de l’Ange, pour pénétrer dans l’histoire extra-ordinaire de Paterne.

Il naquit en Bretagne Armorique de Petranus et Guéana, des parents nobles et vertueux qui, après cette naissance, décidèrent de vivre dans la continence et de se consacrer à Dieu.

Petranus décida ensuite d’émigrer en Irlande, dans la pénitence. Plus tard, son fils voulut le rejoindre et, après avoir traversé le Pays de Galles, embrassa la vie monastique en Cardigan.

De fil en aiguille, Paterne devint le supérieur des moines de la région, et fit construire des monastères et des églises. On lui doit en particulier Llanbadarn Fawr ou «Grande église de Patern».

Il rendit visite à son père en Irlande, et profita de son passage pour réconcilier deux rois locaux.

Ensuite, il partit pour les Lieux saints, où le patriarche de Jérusalem le consacra évêque. Ainsi, le monastère de Llanbadarn Fawr devint le diocèse du nouvel évêque. Paterne pouvait avoir à ce moment-là soixante-dix ans.

Vingt ans plus tard, lorsque le roi Caradoc se fut installé en Armorique et que les habitants de Vannes se furent soumis à lui, Paterne fut désigné pour devenir leur propre évêque. Il fut donc rappelé dans sa patrie et installé dans la ville.

Paterne fonda bientôt un monastère près de Vannes ; il se lia d’amitié avec s.Samson de Dol (v. 28 juillet).

Sa douce patience vint à bout d’intrigues que lui suscitèrent de mauvaises langues. Mais pour la paix, il préféra se retirer et mourut ainsi hors de son diocèse, à une date imprécise qui pourrait aller de 490 à 511.

Historiquement parlant, on peut difficilement préciser les dates de notre personnage ; humainement parlant, on peut encore moins facilement admettre certaines incohérences : comment Petranus, nouveau Bouddha, a pu abandonner la jeune mère et son petit enfant ? comment le Patriarche de Jérusalem a pu consacrer évêque un homme qu’il ne connaissait pas et qui n’était probablement pas même encore prêtre ? et comment se fait-il que le pape n’ait pas même été informé de ces événements ?

Il faut vraiment admettre que rien n’est impossible à Dieu. Paterne reçut-il directement sa mission d’En-haut, par quelque révélation ? 

Saint Paterne de Vannes est commémoré le 15 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Abundius de Rome

† 564

 

La première basilique Saint-Pierre de Rome avait un fidèle portier-sacristain - ou mansionnaire - nommé Abundius.

Il accomplissait les charges de sa fonction avec zèle et humilité, discrètement, sans ostentation, simplement pour que tout fût bien en ordre dans la maison de Dieu.

Abundius reçut une apparition de saint Pierre lui-même, qui lui annonçait la prochaine arrivée d’une jeune paralytique - jusqu’à présent, rien de très spécial -, à charge pour lui, Abundius, de la guérir ! On imagine l’étonnement de l’intéressé. La jeune fille se présenta en effet, et Abundius, par obéissance au Prince des Apôtres, la guérit.

On dut en parler, et le pape s.Grégoire le Grand (v. 12 mars) en fit le récit dans son livre des Dialogues. Abundius mourut, toujours d’après les indication du même pape, le 15 avril 564.

Saint Abundius de Rome est commémoré le 15 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ortaire de Landelles

482-580 

 

Ortaire naquit en 482 à Desertum (auj. Le Dézert, Manche) dans une famille gallo-romaine chrétienne.

Dès l’enfance il s’adonna à la pénitence, aux mortifications, et à douze ans alla demander son admission à l’abbaye qui se trouvait près de l’actuel Beaumesnil.

Ses mortifications étaient étonnantes : il jeûnait longuement, ne mangeait que du pain d’orge, se désaltérait à une petite source (qui existe encore), portait cilice et simple bure.

Bien vite, ses hautes vertus le désignèrent pour fonder un autre monastère dans la forêt d’Andaine, qui devint l’ermitage du Bézier à Saint-Michel-des-Andaines. Il y aurait eu la visite de sainte Radegonde (v. 13 août) vers 555.

Cette mission achevée, il revint à Beaumesnil comme simple moine, et y vécut en ermite dans une grotte proche du monastère.

A la mort de l’abbé de Landelles, il fut choisi pour lui succéder, mais il ne semble pas qu’il ait exercé cette fonction, car il se retira dans une grotte à cent miles du monastère.

Malgré son effort d’effacement, on recourut à sa prière ; il avait le don de guérison, qui se vérifia sur une personne malade du genou, sur une lépreuse, par voie de conséquence sur les malades de rhumatisme et même les paralytiques…

C’est à lui qu’on doit la chapelle de la Sainte-Vierge dans le monastère de Landelles.

Se sentant décliner, à quatre-vingt dix-huit ans, il appela près de lui ses disciples et, après une dernière exhortation, rendit son âme à Dieu, le 15 avril 580.

On peut encore voir l’église du prieuré Saint-Ortaire à St-Michel-des-Andaines.

Saint Ortaire de Landelles est commémoré le 15 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Waltmann d’Anvers

† 1138

 

Il y a au musée de Strasbourg un tableau représentant le bienheureux Waltmann, abbé de Saint-Michel d’Anvers, à genoux sur les marches de l’autel et présenté par l’archange saint Michel, recevant la crosse et l’intronisation abbatiale de l’évêque saint Norbert, entouré par les abbés de Tongerloo, Middelbourg et Averbode.

Ajoutons seulement que Waltmann fut un des premiers disciples de saint Norbert (v. 6 juin) dans l’ordre de Prémontré.

Premier abbé de Saint-Michel d’Anvers, il se distingua par son savoir et sa piété et combattit efficacement l’hérésie de Tanchelm, un moine réformateur qui, partant d’un réel désir de réforme, glissa peu à peu vers la critique ouverte de l’Eglise ; ayant pris les armes contre le clergé d’Anvers, il fut finalement assassiné.

Waltmann mourut, croit-on, le 15 avril 1138, mais n’a pas fait l’objet d’une béatification.

César de Bus

1544-1607

 

Né à Cavaillon (Vaucluse) le 3 février 1544, de Jean-Baptiste de Bus, consul de la ville, et d’Anne de la Marche, César fut le septième de treize enfants.

Il étudia sur place avant d’aller chez les pères Jésuites en Avignon.

On parle aussi d’un séjour (ou d’un passage) à la cour de la reine Catherine de’ Medici, qu’il n’apprécia pas énormément. 

A dix-huit ans, il s’engagea dans l’armée du roi et prit part aux conflits contre les Huguenots.

C’est ainsi qu’il participe au «massacre de la Saint-Barthélemy» le 24 août 1572 ; il devait rejoindre l’armée pour le siège de La Rochelle en 1573, mais une sérieuse maladie l’en empêcha. 

Il vécut à Paris pendant trois ans, s’adonnant à la poésie et à la peinture, et menant une vie quelque peu dissipée où il sembla avoir oublié ce qu’il avait reçu de ses parents dans son enfance.

Quand Henri IV entra dans Paris, il retourna à Cavaillon. 

En 1575, à la mort de son frère, chanoine de Salon, il choisit la voie ecclésiastique, mais plus pour la position sociale et les revenus qu’il en retirerait. Mais bientôt, la grâce le toucha un soir où, se rendant à un bal masqué, il aperçut une effigie de la Madonne devant laquelle brûlait une veilleuse. Il se souvint qu’une amie priait pour lui ; il réalisa en un instant qu’il ne pouvait pas attendre sa dernière heure pour se convertir sérieusement. Sur place, il changea toute sa vie. Il semble qu’il ait aussi bénéficié là des conseils du sacristain. César désormais vint assister chaque matin à la Messe. 

Bientôt, l’évêque d’alors le nomma chanoine de la cathédrale (Saint-Véran) et l’ordonna prêtre en 1582. 

Il se passionna pour saint Carlo Borromeo (voir au 4 novembre), dont il souhaita imiter le zèle pour la catéchèse, qu’il enseigna à Aix-en-Provence aux enfants, mais aussi aux adultes, qui en avaient bien besoin. Saint François de Sales l’apprécia beaucoup.

En 1592 César fonda la congrégation des Pères de la Doctrine Chrétienne, dont la mission devait s’exercer dans toute la région pour la catéchèse. Il fonda aussi les Filles de la doctrine chrétienne, plus tard appelées Ursulines de Provence. Les Pères de la Doctrine Chrétienne, appelés aussi Doctrinaires, furent approuvés par le pape en 1597. En France, ils furent supprimés au moment de la Révolution, mais une branche survécut et refleurit en Italie, en France et au Brésil.

César devint aveugle en 1594. C’est avec cette infirmité qu’il passa les treize dernières années de sa vie, avant de s’éteindre le jour de Pâques, 15 avril 1607, en Avignon.

Ses reliques sont à Rome, en l’église Santa Maria in Monticelli.

Quand il fut béatifié en 1975, des membres de sa famille assistaient à la cérémonie.

 

 

Jozef de Veuster

1840-1889

 

Jozef (Jef) de Veuster est né le 3 janvier 1840 à Ninde (Tremelo), dans le Brabant flamand en Belgique, il est l’avant-dernier des quatre fils et quatre filles de Frans de Veuster, un marchand de maïs, et d'Anna-Katrien Wouters. Lorsque la ferme et le commerce de grains rapportent moins, Frans gagne l'Autriche avec un des frères aînés de Jef. Ils y récoltent des sangsues qu'ils vendent ensuite en Belgique. À cette époque, les sangsues étaient encore couramment utilisées dans les hôpitaux pour effectuer les saignées.

Deux des sœurs de Jef entrent au couvent. Son frère Auguste se destine également à une vie dans les ordres religieux. Il n'est dès lors pas étonnant que Frans, le père, place tous ses espoirs en Jef pour qu'il reprenne un jour l'affaire familiale.

Jef se révèle un garçon plein de santé. Il n'a pas peur de mettre la main à la pâte. Il est courageux. Un jour, il sauve de l'étang un ami qui était tombé à travers la glace alors qu'ils patinaient ensemble. Son intrépidité risque aussi de lui jouer de mauvais tours. L'un de ses jeux favoris consiste en effet à sauter du haut d'un talus dans la benne d'une charrette qui passe à toute allure; un jour, Jef saute trop tôt et se retrouve sous les roues du véhicule. Il en gardera des douleurs au dos et une blessure à l'œil.

Jef commence l'école à l'âge de six ans dans la ville de Werchter, et non à Tremelo. Maître Bols est un instituteur remarquable et exigeant. Le niveau en classe est très élevé et Maître Bols est sévère. Il ordonnera plus d'une fois à Jozef de porter le bonnet d'âne. Il arrive également assez souvent que Jef soit en retard à l'école à cause de ses jeux interminables sur le chemin de halage le long de la Dyle. Il lui est même parfois impossible de se rendre à l'école parce que la route est inondée.

Une des histoires que lui raconte sa mère le soir, est celle des frères Saint Côme et Saint Damien. Ces jumeaux médecins seront persécutés, torturés et finalement décapités en l'an 304. C’est en pensant à eux que plus tard Jef prendra le nom de Damien.

En 1847, Mélanie, la plus jeune soeur de Jef, meurt du choléra. C’est ensuite Eugénie, devenue entre-temps Soeur Alexis, qui décède en 1854. Pauline, la soeur de Jef, décide alors de prendre la place d’Eugénie au couvent. Son frère Auguste se découvre également une vocation religieuse. Il entrera au monastère pour rejoindre la Société des Sacrés Cœurs, aussi appelée « Congrégation de Picpus ». Auguste est, en fait, le frère que Jef admire depuis qu’il est tout petit. 

Après avoir suivi l'enseignement primaire en flamand dans une école de Werchter, un village voisin, Jef est envoyé en 1858 à Braine-le-Comte pour y améliorer son français et pouvoir ainsi reprendre plus tard la ferme familiale. C’est du moins ce qu’espère son père Frans, mais les études et le climat de l’internat ne réussissent vraiment pas à Jef. Pourtant sa vocation mûrit, il s’attache à son frère Auguste, devenu maintenant Pamphile.

Finalement, le 4 janvier 1859, quand il vient de fêter son dix-neuvième anniversaire, il arrive à Louvain pour demander son admission chez les Pères des Sacrés-Cœurs de Picpus, un ordre missionnaire chrétien. Il commence son noviciat en février 1859, et prend pour nom "Damien". Il suit ainsi les pas d'Auguste, son frère aîné. C’est un gros sacrifice pour les parents, qui cependant acceptent courageusement l’épreuve.

Jef mise le tout pour le tout pour réaliser son rêve. Il travaille comme un damné aux tâches du monastère et dans ses études. Il impressionne ses supérieurs par son assiduité. Il étudie le latin et le français. Afin de récupérer son retard, il se lève tous les jours à 3 heures du matin et ne va se coucher que très tard le soir, accablé de fatigue. Il consacre chacun de ses temps libres à la prière.

À la fin de son noviciat à Louvain, Damien est envoyé à Paris (au couvent de la rue de Picpus). Il y prononce ses vœux le 7 octobre 1860. Il fait "du latin et du grec du matin au soir" écrit-il à ses parents.

En septembre 1861, il est de retour à Louvain pour les études de philosophie et théologie qui le préparent plus immédiatement au sacerdoce. Elles sont brusquement interrompues...

En octobre 1863, un groupe de missionnaires est prêt à partir pour les îles du Pacifique. Auguste (en religion père Pamphile, qui vient d'être ordonné prêtre) devrait en faire partie. Mais il tombe gravement malade, sans doute du typhus. Damien se porte immédiatement volontaire pour le remplacer. Son offre est acceptée. Après un dernier pèlerinage — en famille — à Notre-Dame de Montaigu, il part pour Brême et Paris. Il embarque le 29 octobre 1863 sur le trois-mâts R.W. Wood avec 5 confrères et 10 sœurs. 

Le 19 mars 1864, à 24 ans, il débarque à Honolulu. Ce qui le frappe d'abord c'est l'accueil chaleureux des habitants et leur ferveur. Très vite, l’évêque le prend en considération et veut l’ordonner : quelques jours après la Pentecôte, le 21 mai de la même année, Damien est ordonné prêtre dans la cathédrale d'Honolulu avec deux autres séminaristes. Désormais il signe ses lettres du seul titre qui lui tient à cœur : prêtre-missionnaire.

Comme première mission le jeune prêtre est envoyé dans le district de Puna, au sud-est de l'ile d'Hawaï, littéralement au pied du volcan Kilauea. Il est presque toujours en route, visitant les communautés chrétiennes, baptisant et construisant des chapelles. Il partage la vie des habitants, apprend leur langue, mais fait peut de conversions, car les habitants sont attachés à leur déesse Pélé, déesse du volcan.

Pour aider un confrère surchargé il demande et obtient en 1866 son transfert dans les districts de Kahola et Hamakua, où il reprend pendant neuf années ses tournées pastorales. Mais il s'y retrouvera seul prêtre et il lui coûte beaucoup de n'avoir personne à qui se confesser. Le catéchisme, quatre écoles catholiques à superviser et surtout la construction de chapelles l'occupent. Pour les chapelles il obtient l'aide d'un frère religieux. C’est là qu’on lui donne le surnom de «prêtre-menuisier». 

Le Père Damien vit la hantise des âmes qui se perdent faute de baptême. La compétition avec les protestants, avec lesquels les conflits sont fréquents, fait partie de l'effort missionnaire. Kawaihae, Waiapuka, Waipio (1867) Kapulena (1868), Halawa (1870) sont quelques-unes de ces chapelles construites ou réparées. Les fidèles doivent participer au projet de «leur» chapelle, financièrement ou autrement.

Pour freiner la propagation de la lèpre, le gouvernement avait décidé, en 1865, de créer un léproserie à Molokai, une île voisine, et d'y déporter tous ceux qui étaient atteints de ce mal alors incurable. Leur sort préoccupe les autorités religieuses.

Le 4 mai 1873 l'évêque lance un appel aux missionnaires. Il cherche des volontaires pour se rendre à tour de rôle apporter un secours spirituel aux lépreux de l'ile de Molokai. Damien se trouve parmi les quatre volontaires choisis. Le 10 mai, le père Damien et un autre confrère débarquent à Molokai, sa “patrie” définitive. 

Les malades qui arrivent par navires entiers à Molokai demandaient à grands cris d’avoir un prêtre avec eux. Pendant sept ans bien des malheureux sont morts sans recevoir soit le baptême, soit le sacrement des malades. Damien est accueilli par ces êtres vivants en putréfaction, dont l’odeur est tellement nauséabonde qu’il ne pourra s’empêcher de la masquer un peu qu’en fumant la pipe.

Dans cet enfer, Damien devient le pasteur des huit-cents lépreux, ainsi que leur médecin. Les progrès de la maladie sont rapides et effrayants, la mortalité élevée. “Kamiano” partage leur vie et est amené à prendre en mains les problèmes matériels de ses fidèles. Peu à peu, il construit une vraie communauté, organisant la vie sociale, éducative et religieuse de ses lépreux. avec une église, des chemins, un hôpital, une école, un orphelinat. Il s'identifie à eux : «Nous autres lépreux», écrit-il dans ses lettres. Il considère les enfants comme les siens, et les laisse jouer avec sa pipe…

Son amour évangélique pour les lépreux force l'admiration, y compris d'un médecin agnostique, Arthur Mouritz qui visite régulièrement l'île entre 1883 et 1888. Il lui rendra un vibrant témoignage. Les protestants également sont admiratifs même si le Père Damien n'est pas tendre pour eux : “Les hérétiques sont toujours en embuscade pour surprendre mes pauvres chrétiens”. Son catholicisme intransigeant ne l'empêche pas de voir le bien que font certains protestants, comme ce luthérien allemand, représentant du gouvernement dans la léproserie de Molokai. Sa réaction est typique : «Il n'a plus qu'un petit pas à faire pour être tout à fait catholique».

En octobre 1881, Damien reçoit la plus haute décoration hawaïenne. Dans la lettre qui accompagne la décoration de Chevalier-Commandeur de l'Ordre royal de Kalakaua, la princesse Liliuokalani, alors régente du Royaume de Hawaï, lui exprime en termes très chaleureux sa profonde admiration. À en juger par la mention qu'il en fait dans ses lettres, Damien est touché par cette reconnaissance publique de son œuvre.

En décembre 1884, le docteur Arning informe le père Damien : il est atteint par la lèpre. Le diagnostic est confirmé en janvier 1885. Il en parle à son ami Charles Stoddard : «Je suis réputé moi-même attaqué de la terrible maladie. Les microbes de la lèpre se sont finalement nichés dans ma jambe gauche et dans mon oreille. Ma paupière commence à tomber».

Au début de 1886 la nouvelle fait rapidement le tour du monde. Des volontaires arrivent à Molokai : l'abbé Conrardy en mai 1888 et trois religieuses franciscaines en novembre. Damien n'accepte pas facilement ce qui lui arrive. Il était tellement convaincu d'être protégé par la Vierge Marie pour qui il a une dévotion sans bornes ! Dans sa correspondance il évite d'abord le mot lèpre. Après quelques mois, il se résigne et fait face avec courage. Dans une lettre à son provincial : «Il n'y a plus de doute pour moi : je suis lépreux». Homme de foi, il ajoute «Que le Bon Dieu soit béni !»

A l'épreuve physique s'ajoute une épreuve morale. Son compagnon lui est retiré. Damien est de nouveau seul prêtre à Molokai. Plus grave encore - la lèpre étant souvent associée à la syphilis à l'époque - il est soupçonné d'avoir rompu son vœu de chasteté. Il accepte de se soumettre à un examen médical (par le docteur Arning) qui se révèle négatif. Finalement, son supérieur restreint drastiquement ses visites et contacts à Honolulu. Damien est un homme très seul, soutenu cependant par l'amour de ses lépreux. Il l'écrit lui-même dans ses lettres : plus que la lèpre ce sont les soupçons et incompréhensions de ses supérieurs qui le font souffrir.

Damien continue cependant ses activités pastorales comme de développement des deux villages sous sa responsabilité, Kalawao et Kalaupapa : canalisations d'eau, agrandissement de l'hôpital, route entre les deux villages, reconstruction de l'église. Médicalement il s'observe et s'analyse, communiquant ses idées sur la propagation de la lèpre. 

Avec quatre collaborateurs, il continue ainsi d'assumer sa mission même s’il ne peut déjà plus célébrer la messe depuis plusieurs mois. Le 12 février 1889 il écrit une dernière lettre à son frère, le Père Pamphile : « Je suis toujours heureux et content, et quoique bien malade, je ne désire que l'accomplissement de la sainte volonté du bon Dieu…» Il se confesse une dernière fois le 30 mars et meurt le 15 avril 1889, à Kalaupapa sur l’île de Molokai (Hawaï) à l'âge de 49 ans.

Lui qui avait fabriqué presque quatre mille cercueils pour ses lépreux, il sera maintenant enseveli dans un cercueil fabriqué par eux et porté par six d’entre eux, escorté par la fanfare des lépreux qu’il avait mise sur pied, et inhumé à l’ombre du pandanus sous lequel il avait passé sa première nuit, dix-sept ans plus tôt. 

Son corps sera cependant rapatrié en Belgique par le Mercator en 1936, et terminera son long périple à Louvain, où il est inhumé dans la crypte de l'église Saint-Antoine.

En 1945, le Mahatma Gandhi rend hommage à l'héroïsme du Père Damien : «Le monde politique et journalistique ne connait pas de héros dont il peut se glorifier et qui soit comparable au père Damien de Molokai».

Lorsque Hawaï accède à la fédération des États-Unis, ce sont les statues du roi Kamehameha († 1959) et du Père Damien que ce nouvel état choisit de placer au Capitole de Washington comme «personnes ayant joué un rôle important dans son histoire».

En 1989, la Belgique organise l'année Damien. La ville de Tremelo a fait une fête en l'honneur de Damien. 

Le 4 juin 1995, il est béatifié par le Pape Jean-Paul II. Après cette cérémonie une relique (main droite) du père Damien a été transférée à Molokaï et y a été enterrée le 22 juillet 1995 à Kalawao.

Benoît XVI l'a canonisé le 11 octobre 2009. Barack Obama affirme le jour même son "admiration" pour la vie du père Damien de Molokai.

Il est de coutume de fêter un bienheureux ou un saint le jour de sa mort, ou Dies Natalis, anniversaire de sa naissance au ciel. Pour saint Damien de Molokaï, mort un 15 avril, il en va autrement. Tandis que le Martyrologe mentionne régulièrement Jozef de Veuster ou Père Damien au 15 avril, pour mettre en relief la figure de Damien et pour éviter que sa fête liturgique ne tombe lors des fêtes de Pâques, Jean-Paul II a choisi la date du 10 mai, jour qui correspond à l'arrivée du Père Damien à la léproserie de Molokaï en 1873.

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