Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
15 avril 2020 3 15 /04 /avril /2020 23:00

16 AVRIL

 

I.

S Turibius, évêque au Mans ; il y a des reliques de lui à Paderborn (III.?).

III.

Ss Leonides et sept compagnes : Carissa, Galina, Theodora, Nica, Nunecia, Callis, Basilissa, martyrs à Corinthe, arrêtés le jour de Pâques ; Leonides d'abord crucifié, fut jeté en mer, Carissa et Callis jetées en mer aussi ; une autre martyre, Ireni, eut la langue coupée et les dents arrachées avant d’être décapitée ; enfin Adrianus fut brûlé vif.

IV.

Ss Optatus, Lupercus, Successus, Martialis, Urbanus, Iulia, Quintilianus, Publius, Fronto, Felix, Cæcilianus, Evodius, Primitivus, Apodemius, quatre autres nommés Saturninus, ainsi que Caius et Crementius, martyrs à Saragosse.

Ste Engratia, vierge martyre à Saragosse, déchirée sur tout son corps ; on lui arracha un sein et le foie.

V.

S Turibius, évêque à Astorga ; il vint à bout de l’erreur priscillianiste.

S Vaise, martyrisé par ses proches en Saintonge ; le lieu de son sépulcre est devenu le bourg de Saint-Vaise.

VII.

S Fructuoso, évêque à Braga, après avoir dirigé de nombreux moines et moniales. 

XI.

B Hervé, bienfaiteur ; il fit reconstruire à ses frais la basilique de Saint-Martin à Tours. 

XII.

S Magnus, écossais, assassiné par un cousin.

S Druon, berger, et reclus à Sebourg-en-Hainaut, patron des bergers. 

XIII.

S Contard d’Este, des marquis de Ferrare, pèlerin volontaire, mort très pauvre ; on l’invoque contre l’épilepsie.

XIV.

Bx Chiaramont (Gioachino de Sienne), de la famille Piccolomini, des Servites de Marie ; il devint volontairement épileptique à la place d’un autre malade et mourut un Vendredi Saint.

B Guglielmo Gnoffi, ermite sicilien, patron de Castelbuono ; il lutta victorieusement contre le démon de l’impureté.

XVIII.

S Benoît-Joseph Labre, aîné de quinze enfants, né dans le nord de la France ; il devint “vagabond de Dieu” après avoir vainement tenté d’entrer en religion ; on estime qu’il parcourut quelque vingt-cinq mille kilomètres à pied sur les routes de l'Europe.

Bx martyrs à Avrillié, béatifiés en 1984 : Pierre Delépine, Jean Ménard, Renée Bourgeais, Perrine Bourigault, Madeleine Cady, Marie Forestier, Marie Gingueneau, Jeanne Gourdon, Marie Lardeux, Perrine Laurent, Jeanne Leduc, Anne Maugrain, Françoise Micheneau, Jeanne Onillon, Marie Piou, Perrine Pottier, Marie-Geneviève et Marthe Poulain de la Forestrie, Renée Rigault, Marguerite Robin, Marie Rechard, Marie Roger, Madeleine Sallé, Renée Sechet, Françoise Suhard, Jeanne Thomas.

XIX.

Ste Bernadette (Marie-Bernard) Soubirous, la voyante de Lourdes, vierge à Nevers. 

Turibius du Mans

1er ou 3e ou 5e siècle

 

Saint Turibius fut évêque au Mans, à une époque qu’on met en doute : 1er siècle, 3e siècle, 5e siècle ?

Il aurait été le deuxième évêque du Mans, après en avoir été archidiacre.

Des monastères, des églises, et des miracles, lui ont été attribués.

Des reliques de lui ont été portées à Paderborn (Allemagne).

Il fut inséré au 16 avril, sans doute par affinité avec l’autre Turibius, évêque d’Astorga, mais ne se trouve plus dans le Martyrologe romain.

 

 

Martyrs de Corinthe

† 258

 

Le jour de Pâques de 258, les ennemis de Dieu firent irruption dans l’église, où se trouvaient rassemblés les Chrétiens.

Ils arrêtèrent un groupe de huit personnes, un homme et sept femmes, dont voici les noms : 

Leonides, Carissa, Galina, Theodora, Nica, Nunecia, Callis, Basilissa.

Leonides fut d’abord mis en croix puis, détaché, jeté à la mer.

Toutes ses Compagnes furent ensuite jetées à la mer.

Ajoutons que deux autres Martyrs, toujours à Corinthe, furent également torturés et mis à mort sinon pas le jour-même de Pâques, du moins dans la même période. Ce furent :

Ireni : conduite devant le préfet, elle proclama solennellement la divinité de Jésus-Christ ; battue de verges, elle eut la langue coupée, les dents arrachées, et fut enfin décapitée.

Adrianos : on voulait l’obliger à brûler de l’encens devant les statues des idoles ; non content de refuser, pour bien appuyer sa détermination, il renversa l’autel ; à son tour battu de verges, il fut jeté dans les flammes et expira au milieu de ces tourments.

Le Martyrologe ne mentionne plus Ireni et Adrianos.

Les saints Martyrs de Corinthe sont commémorés le 16 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Martyrs de Sarragosse

† 304

 

Le poète Prudence a longuement exalté le courage et la persévérance des dix-huit Martyrs de Sarragosse, dix-sept hommes et une femme, dont voici les noms : 

Optatus, Lupercus, Successus, Martialis, Urbanus, Iulia, Quintilianus, Publius, Fronto, Felix, Cæcilianus, Evodius, Primitivus, Apodemius, et quatre autres auxquels on a prêté le nom de Saturninus.

A ceux-là, s’ajoutent aussi trois autres Martyrs non moins célèbres : 

Caius et Crementius, fidèles à leur foi chrétienne, furent durement tourmentés, mais ne moururent pas immédiatement ; on les a même parfois considérés comme «seulement» confesseurs.

Engratia, laquelle fut horriblement déchirée sur tout le corps, eut une mamelle arrachée, ainsi que le foie ; elle respirait encore et fut jetée au fond d’un cachot, où elle expira bientôt et où on laissa son corps tomber en pourriture.

Tous ces saints Martyrs de Sarragosse sont commémorés le 16 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Turibius de Astorga

† 460

 

Saint Turibius fut choisi en 420 pour être évêque à Astorga (León).

Il se mit en devoir de combattre énergiquement l’hérésie priscillianiste, que son prédécesseur soutenait.

Priscillianus, évêque à Avila, prétendait que les trois Personnes de la Sainte Trinité n’en étaient qu’une ; il prônait une ascèse excessive, comme le jeûne même le dimanche et l’abstinence totale du mariage ; on l’accusa aussi de magie. Il fut condamné et même mis à mort par l’autorité ecclésiastique (385). 

Il faut sans doute admettre que les partisans de Priscillianus avaient adopté des positions beaucoup plus radicales et dangereuses que celles de leur «fondateur». 

Saint Turibius obtint l’appui du pape, Léon le Grand. Un synode confirma ses décisions.

Il eut la sainte et audacieuse initiative d’insérer dans le Credo le fameux terme Filioque, voulant par là bien rappeler à tous les fidèles que le Saint Esprit procède du Père et du Fils.

Mort un 16 avril d’une année proche de 460, il est le patron principal d’Astorga.

 

Il y a un autre saint Turibius, évêque au Mans et commémoré le même jour.

 

 

Fructuoso de Braga

590-665 

 

Fructuoso naquit vers 590, peut-être à Tolède, ou dans le Bierzo (Espagne NO), de parents appartenant à l’aristocratie. Son père était un militaire haut gradé.

Orphelin à l’adolescence, Fructuoso se tourna bien vite vers la vie contemplative ; Dieu permit qu’il fût à l’école de l’évêque de Palencia, qui lui enseigna l’Ecriture, la musique, et lui conféra la tonsure.

Après avoir distribué ses biens aux pauvres et affranchi ses esclaves, il se retira dans une vallée du Bierzo et vécut une vie d’ermite qui se transforma vite en vie cénobitique, à cause du grand nombre de disciples qui accoururent auprès de lui et formèrent ainsi le monastère de Compludo, ainsi que celui de Rupianense, puis encore celui de Saint-Félix-de-Visonia. 

La popularité de Fructuoso était telle que des familles entières se mettaient sous sa direction, hommes, femmes, jeunes, soldats et officiers, nobles et pauvres… Pourtant, la règle était sévère, exigeante, et prévoyait même des peines lourdes pour les «fautifs». L’affluence fut telle que toute la région fut appelée la thébaïde espagnole. Même le gouverneur exprima au roi sa crainte de ne pas pouvoir disposer d’hommes en assez grand nombre pour lever une armée ou même seulement pour cultiver la terre !

Une jeune fille promise à un seigneur vint se mettre sous la protection de Fructuoso. Le seigneur fit tout son possible pour la rappeler, jusqu’à en appeler au juge royal, qui se borna à lui répondre : Laisse cette fille servir le Seigneur ; cherches-en une autre.

De là, Fructuoso alla fonder une vingtaine d’autres monastères jusqu’à Cadix et dans l’actuel Portugal. Ce fut au point que, ne trouvant plus d’espace pour en créer d’autres, il feignit de vouloir partir en pèlerinage à Jérusalem, pour en réalité se retirer dans une des solitudes de cette région. Ce fut le roi qui l’en empêcha : à l’embarquement, Fructuoso fut arrêté et conduit sous bonne garde à Tolède ; il ne sortit de sa «prison» que pour être nommé évêque de Dumio, ce qui lui valut de participer au 10e concile de Tolède (656).

Un canon de ce concile porte la mention de notre vénéré frère Fructuoso, évêque, qui montre quelle autorité il avait. Le même concile alla plus loin : Fructuoso fut nommé archevêque de Braga.

L’auteur de la Vita de Fructuoso parle beaucoup moins de l’action du nouvel archevêque, que de ses très nombreux miracles. On attribue à Fructuoso l’église dédiée au Saint-Sauveur à Montelius, actuellement dédiée à Saint Fructuoso.

Fructuoso mourut à Braga le 16 avril 665.

Son corps fut «volé» par l’évêque de Compostelle en 1102.

Saint Fructuoso de Braga est commémoré le 16 avril dans le Martyrologe Romain.

Magnus d’Ecosse

? - 1116 

 

Magnus était le fils aîné du comte Erlend, seigneur d’Orkney (Ecosse), et de Thora.

Quand le roi de Norvège envahit l’île d’Orkney en 1098, Erlend fut emmené en Norvège, où il mourut ; Magnus fut pris en otage dans l’armée norvégienne, mais refusa de combattre. Il réussit plutôt à sauter du bateau et gagner la rive à la nage. Il se cacha longtemps, jusqu’à la mort du roi norvégien en 1102.

Bientôt, il put revenir en possession des biens familiaux, mais son cousin Hakon fut de plus en plus jaloux de lui. On pouvait craindre une guerre fratricide. Il y eut des pourparlers : les deux cousins se seraient rencontrés le jour de Pâques sur la petite île d’Egilsay. Au moment d’accoster, le bateau de Magnus fut détruit par une grosse vague. Ayant débarqué, Magnus alla se recueillir dans l’église, en attendant l’arrivée de Hakon.

Ce dernier arriva le lendemain, mais avec huit navires de guerre et toute une troupe d’hommes acquis à sa cause. Magnus alla promptement se cacher. Les hommes de Hakon le retrouvèrent et le mirent devant une assemblée. Magnus interdit à ses hommes de réagir avec les armes, et proposa lui-même trois solutions pour mettre fin à ce conflit : soit il quittait à jamais l’Ecosse et partait en pèlerinage, soit il était exilé et fait prisonnier en Ecosse, soit il serait amputé comme on le préférerait, pourvu qu’il eût la vie sauve, ou aussi qu’il fût aveuglé et enfermé dans un donjon.

Hakon osa accepter cette troisième proposition, mais pas l’assemblée ; finalement, on décida qu’il fallait mettre à mort l’un des deux opposants. Hakon ayant affirmé qu’il n’était pas prêt pour mourir, c’était à son cousin de s’offrir.

Hakon demanda à un de ses hommes de tuer Magnus ; l’homme refusa ; il demanda à son cuisinier, qui n’osait pas porter la main contre Magnus ; c’est ce dernier qui l’encouragea : N’aie pas peur : ce que tu fais, tu le fais contre ta volonté, mais celui qui te force à le faire, est plus pécheur que toi. Il s’agenouilla devant le cuisinier, lui demandant de le frapper très fort sur la tête, sans le décapiter comme un simple criminel. Le «bourreau malgré lui» éleva son arme et fendit en deux le crâne de Magnus. C’était en 1116, 1117 ou 1118.

Le terrain où mourut Magnus devint miraculeusement fertile. Une lumière céleste apparut à cet endroit. D’autres miracles se produisirent aussi. On pense que c’est là que s’élève maintenant l’église Saint-Magnus à Mainland Birsay.

L’évêque local hésita à reconnaître la sainteté de Magnus. Mais il fut frappé de cécité : ayant prié à la tombe de Magnus, il récupéra la vue et le canonisa.

Plus tard, Magnus aurait révélé, dans une apparition à un habitant de l’île de Westray, qu’il fallait transporter son corps à Kirkjuvagr, l’actuelle Kirkwall. 

Saint Magnus d’Ecosse est commémoré le 16 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Druon d’Epinoy

1118-1189 

 

Druon (latin : Drogo) naquit à Epinoy (auj. Carvin-Epinoy, Pas de Calais) vers 1118, de parents fort riches et puissants, mais que l’enfant ne put connaître : le père mourut peu avant la naissance, et la mère peu après.

A dix ans, le petit garçon comprit ces douloureuses circonstances, mais affronta désormais sa situation d’une façon très virile et responsable : il délaissa les jeux, se retira, se mit à méditer, à prier, lisant et cherchant à appliquer au mieux le message évangélique.

Ayant tout quitté, il se mit une bure sur son cilice et partit ; arrivé près de Valenciennes, il se mit comme berger au service d’une brave châtelaine. Humble, facile, obéissant, doux, il priait et contemplait la nature, et Dieu l’aidait en le favorisant de la présence de son Ange, qui gardait le troupeau pendant qu’il allait quelques instants à l’église recevoir l’Eucharistie.

Les villageois lui confiaient volontiers leurs troupeaux, contre quelques monnaies - qu’il distribuait aux pauvres. 

Après six années de cette vie, Druon partit en pèlerinage ; il aurait fait neuf fois celui de Rome.

Il comprit que ses jours étaient comptés lorsqu’il souffrit d’une sorte de gravelle ou lithiasis. Il s’enferma dans une petite cellule de reclus près de l’église de Sebourg. Il mangeait du pain d’orge trempé dans de l’eau tiède ; son temps était occupé par la méditation ou par la prière vocale. Ceux qui venaient l’interroger, repartaient consolés et fortifiés.

Un jour, le feu prit dans l’église et menaçait la cellule de Druon. Au lieu de s’enfuir, il s’agenouilla en humble supplique, levant au ciel les yeux et les mains : l’incendie s’interrompit et on trouva Druon dans la même position, qui continuait sa prière.

On lui reconstruisit sa cellule, où il s’y éteignit le 16 avril 1189.

Des proches de Druon apprirent sa mort et voulurent ramener son corps à Epinoy, mais le char qui le transportait, ne put aller au-delà de Sebourg : on l’y enterra et la localité devint un lieu de pèlerinage très fréquenté par les bergers.

Contrairement à ceux qui écrivent que Druon n’est «que» bienheureux, Druon est commémoré comme Saint le 16 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Contardo d’Este

1216-1249

 

Contardo d’Este naquit en 1216 à Ferrare (Emilie-Romagne, Italie NE) d’Azzo VII ou d’Aldobrandino Ier et fut le frère de Beatrice d’Este (v. 18 janvier).

En 1249, à trente-trois ans, il décida de se faire pèlerin pour l’amour de Dieu et de Notre-Dame ; vêtu d’un habit de pénitent, il voulait visiter les lieux de pèlerinage.

Il entreprit de rejoindre Compostelle et s’arrêta à Broni, sans doute dans l’intention de s’embarquer de la Ligurie et rejoindre l’Espagne par mer. Mais surpris par un malaise, il mourut là à Broni, le 16 avril 1249. On l’enterra dans l’église paroissiale.

De nombreux pèlerins vinrent prier à son tombeau : on invoque Contardo contre l’épilepsie.

Son culte fut approuvé en 1628, ce qui l’a fait classer parmi les Bienheureux.

 

 

Chiaramonte Pelacani Piccolomini

1258-1305

 

La famille de Chiaramonte-Gioacchino aurait été par la suite agrégée aux Piccolomini, ce qui explique pourquoi on le nomme plus normalement Gioacchino Piccolomini, ou aussi de Sienne, car Gioacchino naquit dans cette ville, en 1258.

Son nom de baptême était Chiaramonte. Dès l’enfance il aimait prier l’Ave Maria devant l’image de Notre-Dame des Douleurs ; sensible envers les pauvres, il donna un jour ses vêtements.

A treize ans, il vit en rêve la Vierge Marie, qui lui déclara l’avoir attaché pour toujours à son service ; à son réveil, il annonça aux parents qu’il allait entrer dans les ordres.

Les parents tentèrent, mais en vain, de le détourner de cette idée. Le jeune garçon se présenta bientôt chez les Servites, où l’accueillit Filippo Benizi (v. 22 août). Il prit le nom de Gioacchino.

Tout noble qu’il était, Gioacchino se fit tout petit, heureux de rendre service dans les plus humbles tâches, et modèle d’obéissance. On lui proposa d’étudier et de se préparer à recevoir le sacerdoce, mais il refusa, s’en trouvant trop indigne.

Après le noviciat, il fut envoyé à Arezzo. C’est durant cette année-là qu’il eut l’occasion d’approcher un malheureux malade épileptique. Gioacchino chercha à le consoler et à l’encourager, mais le malade n’était pas très convaincu de ces pieuses paroles ; aussi Gioacchino pria alors d’être lui-même malade d’épilepsie en échange de la guérison du malade, qui se trouva immédiatement guéri. C’est alors que ses Confrères de Sienne obtinrent son retour à Sienne, pour avoir la joie de l’assister dans sa maladie.

Désormais, Gioacchino souffrit de crises d’épilepsie jusqu’à la fin de ses jours, mais les «accidents» s’accompagnaient d’interventions célestes. Un jour qu’il tomba à terre, un ange vint tenir le cierge allumé de Gioacchino ; une autre fois, la table de réfectoire qu’il renversa en tombant, se retrouva dressée sans que rien y fût dérangé ; un jour qu’il tomba du haut d’un escalier, et qu’il saignait abondamment de la tête, la plaie se guérit complètement pendant qu’on le portait à sa cellule et qu’on appelait le médecin.

Quelque temps avant sa mort, Gioacchino souffrit aussi de plaies horribles, dont il disait qu’elles devaient le purifier et fortifier son âme.

Il connut divinement le jour de sa mort et l’annonça : ce serait le Vendredi saint. Il expira ainsi le 16 avril 1305, au moment où, au chœur, on chantait les mots de la passion : Ayant incliné la tête, Jésus rendit l’esprit. Il avait passé trente-trois ans dans la vie religieuse.

Des miracles nombreux se produisirent sur le tombeau de Gioacchino.

En 1609, le culte qu’on lui rendait fut approuvé, ce qui correspondait à une béatification.

 

 

Guglielmo Gnoffi

1256-1317

 

Guglielmo naquit en 1256 à Polizzi Generosa (Sicile).

A quinze ans, il se retira dans un vie érémitique près de Castelbuono, puis au sanctuaire de Notre-Dame dell’Alto. Ensuite, il entra dans un couvent de Religieux près de Tagudo, dont il devint prieur, et fonda un autre couvent à Gonati.

Il eut particulièrement à lutter contre le démon de l’impureté ; ayant dans une circonstance accepté l’hospitalité chez une femme de mauvaise vie qu’il croyait pieuse, il fut en butte à des propositions malhonnêtes, dont il triompha ; après quoi, il exhorta cette pauvre femme à se repentir.

Plus tard, le démon le tenta en lui rappelant cet épisode et le conduisit à un état tellement bouleversé qu’il faillit quitter la vie religieuse ; un songe affreux, dans lequel il se vit entouré d’animaux féroces prêts à le dévorer, le ramena à de meilleurs sentiments.

Il mourut le 16 avril 1317 ou 1318 ; on le considère comme Bienheureux.

Benoît-Joseph Labre

1748-1783

 

Né le 25 mai 1748 à Amettes (Boulogne-sur-Mer, Pas-de-Calais), Benoît-Joseph était l’aîné des quinze enfants de parents chrétiens, qui vivaient de leur terre et d’un petit commerce de mercerie.

Le nom de Benoît-Joseph lui fut donné par son parrain, un saint prêtre de la famille.

Le garçon apprit à développer de bonnes qualités pour modérer les moins bonnes : la douceur et l’obéissance dominèrent sa vivacité. Très tôt il sut recevoir des mortifications sans se plaindre, comme lorsqu’un domestique du presbytère le maltraita sans raison (car il arrive que ces braves gens se croient un peu plus maîtres de céans que leurs «patrons» et finissent par n’en faire qu’à leur tête). 

Benoît-Joseph avait le cœur ouvert aux malheureux, aux étrangers de passage ; il s’imposa des pénitences sévères, comme de dormir la tête sur une planche, de pratiquer l’abstinence avant même l’âge autorisé par l’Eglise.

Dès seize ans, il pensa à la vie religieuse. Commença alors pour lui une série de démarches et de voyages infructueux. Benoît-Joseph se sentait attiré par la vie des Trappistes. Sa famille s’y opposait, son confesseur l’en dissuadait aussi ; on lui suggéra la Chartreuse, mais Benoît-Joseph n’y trouva jamais la paix.

Pendant quelques années, il fut ainsi aux Chartreuses de Val-Sainte, Neuville ; aux Trappes de Mortagne (Normandie), de Sept-Fonts… toujours à pied.

Ces échecs successifs l’amenèrent à comprendre qu’il devait vivre son idéal trappiste dans le monde, dans l’abnégation totale, dans la vie d’oraison, la pauvreté et la pénitence. Il devint un perpétuel pèlerin, et voyagea à travers l’Europe, de sanctuaire en sanctuaire, édifiant partout les fidèles et le clergé par son humilité, sa piété, malgré l’aspect repoussant de ses haillons. On a dit que par pénitence il ne s’était plus jamais lavé de sa vie.

Son bagage consistait en trois livres : le Nouveau-`Testament, l’Imitation de Jésus-Christ, le Bréviaire. Il portait sur la poitrine un crucifix, au cou un chapelet et dans ses mains le rosaire.

D’après les souvenirs de ses passages en divers lieux, on a pu estimer qu’il parcourut à pied quelque vingt-cinq mille kilomètres. Il fit par exemple onze fois le pèlerinage de Rome à Loreto.

Ses trajets le portèrent à : Paray-le-Monial (Saône-et-Loire, où apparut le Sacré-Cœur), Tarare (Lyon, où les Capucins le prirent pour un espion et le jetèrent), Dardilly (où l’accueillit le père de Jean-Marie Vianney), Chieri (Piémont, d’où il écrivit pour la dernière fois, à ses parents) ; Loreto, Assise, Rome, Fabriano (au tombeau de saint Romuald)…

On sait qu’il parcourut l’Italie (Bari, Cossignano, Vérone), la Suisse, l’Allemagne, la France (Reims, Moulins, Aix-en-Provence, Nancy, Paris, Gray), l’Espagne (Barcelone, Burgos, Saint-Jacques de Compostelle…

A Bari (Italie du sud), ému d’entendre les plaintes des prisonniers, il mit son chapeau à terre et commença à chanter les Litanies de Lorette : il recueillit ainsi des aumônes des passants touchés, et les fit remettre aux prisonniers.

Il multiplia le pain pour des pauvres, guérit un malade, sauva de la noyade un enfant (alors qu’il n’avait jamais appris à nager) ; parfois, on parlait de lui et il s’effaçait bien vite ; parfois, on le recevait mal aussi. Jamais une plainte…

Il eut le don de prophétie : plusieurs fois il parla des «prochains» événements qui allaient s’abattre sur la France, et l’on comprit plus tard qu’il entrevoyait les horreurs de la Révolution. La onzième fois qu’il fut à Loreto, il annonça qu’il n’y serait pas l’année suivante, «devant regagner sa patrie», sa patrie céleste.

On lui observa aussi le don de bilocation, car il fut remarqué par des témoins simultanément en deux endroits différents. Quand l’un d’eux lui en posa alors la question précise, l’humble pèlerin, «pris la main dans le sac», baissa la tête sans rien répondre.

Il eut des extases, élevé de terre dans une position sans équilibre, pendant des heures entières.

Benoît-Joseph sentit sa mort approcher. Il mourut le Mercredi Saint 16 avril 1783, ayant pour une fois accepté l’hospitalité d’un boucher qui le connaissait et qui le reçut chez lui. Il s’éteignit dans la soirée.

Tout Rome répétait : ‘E morto il Santo ! Le Saint est mort !

Il fut inhumé dans l’église de Sainte-Marie-aux-Monts, où on l’avait si souvent vu en prière.

Benoît-Joseph Labre fut béatifié en 1860, et canonisé en 1883, un siècle après sa mort.

 

On pourra remarquer qu’en 1984, à peu près deux siècles après la mort de saint Benoît-Joseph Labre, furent béatifiés les Martyrs d’Avrillé : quatre-vingt dix-neuf victimes de la Révolution française, qu’avait prophétisée le Saint. Parmi ces victimes se trouvent vingt-six Martyrs laïcs, deux hommes et vingt-quatre femmes, fusillées ce même 16 avril en 1794, onze ans après la mort de saint Benoît-Joseph.

 Au moment de la canonisation de saint Benoît-Joseph Labre, le poète français, Paul Verlaine, écrivit ce sonnet en son honneur : 

 

Comme l’Église est bonne en ce siècle de haine,
D’orgueil et d’avarice et de tous les péchés,
D’exalter aujourd’hui le caché des cachés,
Le doux entre les doux à l’ignorance humaine,


Et le mortifié sans pair que la Foi mène,
Saignant de pénitence et blanc d’extase, chez
Les peuples et les saints, qui, tous sens détachés,
Fit de la Pauvreté son épouse et sa reine,


Comme un autre Alexis, comme un autre François,
Et fut le Pauvre affreux, angélique, à la fois
Pratiquant la douceur, l’horreur de l’Évangile !


Et pour ainsi montrer au monde qu’il a tort
Et que les pieds crus d’or et d’argent sont d’argile,
Comme l’Église est tendre et que Jésus est fort !

 

 

Les 84 Martyrs d’Avrillé

† 1794

 

Il y eut un Martyr le 12 janvier, quatre le 18 janvier, quarante-sept le 1er février, six le 10 février, vingt-six le 16 avril (ci-après). Le décret de béatification embrasse quinze autres Martyrs de la même époque, mais pas de la même localité.

 

On lira avec quelque utilité la notice générale Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Marguerite Robin

1725-1794

 

Cette laïque était née le 22 décembre 1725 à Montjean (Maine-et-Loire).

Sa sœur aînée, Marie-Geneviève, fut martyrisée le même jour.

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Marie Roger-Chartier

1727-1794

 

Cette laïque, veuve, était née le 14 janvier 1727 à Montjean.

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Jeanne Thomas-Delaunay

1730-1794

 

Cette laïque, veuve, était née vers 1730.

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Françoise Suhard-Ménard

1731-1794

 

Cette laïque, veuve, était née le 5 février 1731 à Saint-Gemmes-d’Andigné (Maine-et-Loire).

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Pierre Delépine

1732-1794

 

Ce laïque était né le 24 mai 1732 à Marigné (Maine-et-Loire).

Il fut décapité pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifié en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Jeanne Gourdon-Moreau

1733-1794

 

Cette laïque, veuve, était née le 8 octobre 1733 à Sainte-Christine (Maine-et-Loire).

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Jean Ménard

1736-1794

 

Ce laïque, marié, était né le 16 novembre 1736 à Andigné (Maine-et-Loire).

Il fut décapité pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifié en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Françoise Micheneau-Gillot

1737-1794

 

Cette laïque, veuve, était née le 19 mai 1737 à Chanteloup-les-Bois (Maine-et-Loire).

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Marie Gingueneau-Coiffard

1739-1794

 

Cette laïque, veuve, était née vers 1739.

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

Marie-Geneviève Poulain de la Forestrie

1741-1794

 

Cette laïque était née le 3 janvier 1741 à Lion-d’Angers (Maine-et-Loire).

Sa jeune sœur, Marthe, fut martyrisée le même jour.

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Perrine Bourigault

1743-1794

 

Cette laïque était née le 7 août 1743 à Montjean (Maine-et-Loire).

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Marthe Poulain de la Forestrie

1743-1794

 

Cette laïque était née le 2 octobre 1743 à Lion-d’Angers (Maine-et-Loire).

Sa sœur aînée, Marie-Geneviève, fut martyrisée le même jour.

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Perrine Laurent

1746-1794

 

Cette laïque était née le 2 septembre 1746 à Louvaines (Maine-et-Loire).

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Marie Lardeux

1748-1794

 

Cette laïque était née vers 1748.

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Perrine Pottier-Turpault

1750-1794

 

Cette laïque, mariée, était née le 26 avril 1750 à Cléré-sur-Layon (Maine-et-Loire).

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Renée Rigault-Papin

1750-1794

 

Cette laïque, mariée, était née le 14 mai 1750 à Saint-Florent-le-Vieil (Maine-et-Loire).

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Madeleine Sallé-Havard

1751-1794

 

Cette laïque, mariée, était née vers 1751.

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Renée Bourgeais-Juret

1751-1794

 

Cette laïque, veuve, était née le 12 novembre 1751 à Montjean (Maine-et-Loire).

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Jeanne Onillon-Onillon

1753-1794

 

Cette laïque, veuve, était née le 19 avril 1753 à Montjean (Maine-et-Loire).

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Renée Sechet-Davy

1753-1794

 

Cette laïque, veuve, était née le 28 décembre 1753 à Montjean (Maine-et-Loire).

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Jeanne Leduc-Paquier

1754-1794

 

Cette laïque, mariée, était née le 10 février 1754 à Chalonnes-sur-Loire (Maine-et-Loire).

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Marie Piou-Supiot

1755-1794

 

Cette laïque, mariée, était née le 19 mai 1755 à Montrevault (Maine-et-Loire).

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Madeleine Cady-Desvignes

1756-1794

 

Cette laïque, mariée, était née le 7 avril 1756 à Saint-Maurille de Chalonnes-sur-Loire (Maine-et-Loire).

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Anne Maugrain

1760-1794

 

Cette laïque était née le 12 avril 1760 à Rochefort-sur-Loire (Maine-et-Loire).

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Marie Rechard

1763-1794

 

Cette laïque était née le 29 avril 1763 à Montjean (Maine-et-Loire).

Sa jeune sœur, Marthe, fut martyrisée le même jour.

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

 

 

Marie Forestier

1768-1794

 

Cette laïque était née le 16 janvier 1768 à Montjean (Maine-et-Loire).

Elle fut décapitée pour sa foi le 16 avril 1794 et fut béatifiée en 1984.

 

Voir la notice Avrillé (Martyrs d’)

Bernadette Soubirous

1844-1879

 

Qui ne connaît pas le sanctuaire de Lourdes ? 

Le plus souvent, on se rappelle que la Voyante qui vit Marie à Lourdes, s’appelait Bernadette, mais on connaît beaucoup moins sa vie et son caractère.

Elle naquit le 7 janvier 1844 à Lourdes, où l’on a si froid en hiver, aînée des nombreux enfants de François Soubirous et Louise Castérot, qui la confièrent à une nourrice de Bartrès.

Au baptême, cette petite fille reçut les prénoms de Marie-Bernarde, mais on l’appela habituellement Bernadette.

L’enfance de Bernadette ne fut pas «malheureuse», mais la pauvreté et la maladie l’empêchèrent d’aller à l’école.

François Soubirous, meunier, dut quitter son moulin de Boly et trouver refuge chez un parent dans la rue des Petits-Fossés. Bernadette, qui souffrait déjà de l’asthme, resta toujours chétive et maladive.

En 1857, sa nourrice de Bartrès l’appela pour «garder les enfants», en réalité pour garder les troupeaux, si bien qu’à quatorze ans, Bernadette ne savait guère plus que le Notre Père, le Je vous salue Marie, le Je crois en Dieu.

C’est en 1858 qu’elle fut favorisée des apparitions de la Vierge Marie.

Première apparition : jeudi 11 février. Comme Bernadette priait le chapelet, la Vierge égrenait son chapelet en même temps que Bernadette, mais ne s’unissait à elle que pour les Gloire au Père. C’est déjà là un signe évident : Marie ne peut pas dire à elle-même Je vous salue, Marie.

Bernadette décrivit la Vierge comme une jeune fille de seize à dix-sept ans. Elle porte une robe blanche serrée à la ceinture par un ruban bleu qui glisse le long de la robe presque jusqu’aux pieds. Sur sa tête, un voile blanc laisse à peine apercevoir les cheveux ; il retombe en arrière, enveloppe les épaules et descend au-dessous de la taille. Les pieds nus, que couvrent en grande partie les derniers plis de la robe, portent chacun à l’extrémité une rose couleur d’or. Elle tient sur le bras droit un chapelet aux grains blancs et dont la chaîne d’or brille comme la rose de ses pieds.

C’est au 11 février que l’Eglise a établi la fête de Notre-Dame de Lourdes.

Deuxième apparition, le dimanche 14 février. Bernadette jette de l’eau bénite en direction de la Dame, qui apprécie de la tête, mais ne parle toujours pas.

Le 18 février, Bernadette tend un papier et un crayon à la Dame, qui lui répond : Ce que j’ai à vous dire, il n’est pas nécessaire que je l’écrive ; faites-moi seulement la grâce de venir ici pendant quinze jours. Bernadette remarqua que la Dame la voussoyait. C’est ce jour-là que Marie dit aussi : Je vous promets de vous rendre heureuse, non pas en ce monde, mais dans l’autre.

Les 19 et 20 février, la foule augmentait.

Le dimanche 21, un docteur observa de près Bernadette. Ce jour-là, elle pleura, voyant la tristesse de la Dame qui lui dit : Priez pour les pauvres pécheurs, pour le monde si agité.

Les autorités commençaient à se remuer, mais pas pour protéger Bernadette. Au procureur qui la sommait de ne plus retourner à la grotte, elle répondit : Monsieur, je ne vous le promets pas.

Pas d’apparition les 21 et 22. La Dame n’avait pas dit qu’elle apparaîtrait tous les jours, elle avait demandé à Bernadette de venir pendant quinze jours.

Septième apparition le 23. On voit Bernadette s’agenouiller, baiser la terre, se déplacer à genoux.

Mercredi 24, huitième apparition : Bernadette pleure abondamment, et invite la foule : Pénitence ! Pénitence ! Pénitence !

Jeudi 25, la Dame fait découvrir à Bernadette la source de l’eau que les pèlerins devraient utiliser.

Vendredi 26, dixième apparition.

Samedi 27, onzième apparition, la Dame dit : Allez dire aux prêtres qu’il doit se bâtir ici une chapelle. Vu la «méfiance» spontanée du clergé, c’est à cette petite fille que la Dame demandait de transmettre le message, car au moins elle, elle y croirait.

Les jours suivants, autres apparitions, sauf le 3 mars. Le jeudi 4, la Dame vint ; c’était le dernier jour de la quinzaine. Durant tout ce temps, la foule a pu être largement informée, au point que les autorités ne pouvaient plus mettre en doute les paroles de Bernadette.

La Dame revint le 25 mars, fête de l’Annonciation. C’est ce jour-là que la Dame révéla (en patois) : Que soy era immaculada councepciou ! Je suis l’Immaculée Conception ! 

Or, Bernadette ignorait que ce dogme de l’Immaculée Conception avait été proclamé en 1854, elle ignorait jusqu’à l’expression elle-même. En revanche, dès qu’elle répéta la phrase de la Dame aux foules, tous se mirent à répéter : Ô Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous !, l’invocation que Notre-Dame avait enseignée en 1830 à la chapelle de la Rue du Bac, à sainte Catherine Labouré.

Cette seizième apparition se renouvela le 7 avril, puis le 16 juillet, dix-huitième et dernière apparition.

Pendant et après cette période particulière, Bernadette ne perdit pas sa candeur enfantine : simple, humble, parfois espiègle mais jamais blessante.

A son curé qui ironisait un peu parce que la Dame était muette, Bernadette répondit : Si elle était muette, elle n’aurait pas pu me dire de venir vous trouver. Et quand le curé prétend qu’il ne croit pas à ces apparitions, elle rétorque : La Dame ne vous demande pas d’y croire, elle m’a dit de vous le dire ! 

Un jour que le médecin l’avait contrainte à priser, elle fit passer à toutes ses camarades de classe une petite prise, qui provoqua un éternuement général.

Sa prière était efficace ; quand on voulait obtenir une grâce, une guérison, on savait recourir à sa prière.

Elle préférait la discrétion, et un jour qu’on la présenta à des pèlerins, elle remarqua : Vous me faites voir comme une bête curieuse.

Sa vocation se précisa après les apparitions et, encouragée par l’évêque, elle put obtenir son admission chez les Religieuses de Nevers, qu’elle avait connues à Lourdes. Elle quitta Lourdes en 1866,  à vingt-deux ans.

A Nevers, on imposa le silence aux jeunes postulantes et novices, et Bernadette s’abstint de parler des apparitions qu’elle avait reçues, sauf si une autorité lui demandait d’en parler.

Elle reçut l’habit en 1866, et, pourrait-on dire, «de nouveau» le nom de Marie-Bernard. Cette année-là, elle souffrit beaucoup de son asthme, et de la mort de sa maman.

En 1867, lors de sa profession, elle renouvela ses vœux avec les autres, mais on ne lui donna pas de charge car, dit la Mère générale à l’évêque, elle n’est bonne à rien. On lui confia une présence à l’infirmerie, pour seconder l’infirmière : C’est tout ce qu’elle peut faire, dit aussi la Mère, qui, on le voit, savait humilier son monde.

Le médecin apprécia ses qualités auprès des malades, et la défendit avec autorité lorsqu’on se permit de la traiter d’hallucinée.

En 1874, Marie-Bernard fut chargée de la sacristie.

La guerre de 1870 lui donna l’occasion d’exprimer toute son angoisse pour notre Pays. Nous aurions plus besoin de pleurer que de nous réjouir, en voyant notre pauvre France si endurcie et si aveugle. Que Notre-Seigneur est offensé ! Prions beaucoup pour ces pauvres pécheurs afin qu’ils se convertissent. Après tout, ce sont nos frères : demandons à Notre-Seigneur et à la très sainte Vierge de vouloir bien changer ces loups en agneaux.

Sa vie religieuse fut une ascension continue. Elle prit le parti de faire toujours ce qui lui coûterait le plus. Autour d’elle se répandait à son insu cette onction de l’amour pour Dieu. Sa mission était de ramener les pécheurs à la vie de la grâce. Elle priait, elle s’offrait. Elle acceptait avec grand empressement les humiliations que lui imposait la Supérieure pour l’éprouver.

A partir de 1877, elle reconnut que Notre-Seigneur l’appelait à l’emploi d’être malade. L’asthme empirait, avec les crises, les vomissements de sang, l’oppression de la poitrine, mais aussi avec un abcès au genou droit qui évolua en une tumeur énorme.

En 1878, elle émit les vœux perpétuels. Alors que jusque là elle disait qu’elle mourrait «plus tard», à partir de 1879, elle montra clairement qu’elle s’attendait à mourir bientôt.

En la fête de saint Joseph (19 mars), elle demanda la grâce d’une bonne mort. Le 28 mars, elle reçut volontiers le Sacrement des Malades. Au moment de Pâques, elle vécut une réelle agonie et on l’entendit répéter plusieurs fois : Va-t-en, Satan !

Le mercredi après Pâques, sœur Marie-Bernard, comme Jésus en croix, dit : J’ai soif ! Elle invoqua une dernière fois la Vierge Marie : Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour moi, pauvre pécheresse, pauvre pécheresse, et elle expira. 

C’était le 16 avril 1879.

Celle que tous connaissent sous le nom de Bernadette Soubirous, fut béatifiée en 1925, et canonisée en 1933.

Partager cet article

Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de samuelephrem
  • : Plus de 9000 notices de Bienheureux et Saints. Ont été successivement illustrés : - Les personnages bibliques de l'ancien et du nouveau Testaments. - Tous les Saints et Bienheureux reconnus, depuis les débuts de l'Eglise jusqu'aux derniers récemment proclamés. En outre, des commentaires pour tous les dimanches et grandes fêtes (certains devant être très améliorés). Sur demande, nous pourrons vous faire parvenir en plusieurs fichiers pdf l'intégralité du Bréviaire romain latin, "LITURGIA HORARUM", qui vous permettront d'éviter beaucoup de renvois fastidieux, notamment pour les périodes de Noël et Pâques. Les textes sont maintenant mis à jour selon le nouveau texte de la Nova Vulgata (ed. 2005). Nous avons aussi le Lectionnaire latin pour toutes les fêtes du Sanctoral, sans renvois, également mis à jour selon le texte de la Nova Vulgata. Bienvenue à nos Lecteurs, à nos abonnés, avec lesquels nous entamerons volontiers des échanges. Bonne visite !
  • Contact

Recherche

Pages

Liens