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23 avril 2020 4 23 /04 /avril /2020 23:00

 

24 AVRIL

 

I.

Stes Marie, femme de Cléophas, et Salomé, saintes femmes de l’Evangile.

II.

S Alexandros, grec, grand ami de s. Epipode (cf. 22 avril), martyr crucifié à Lyon.

III.

S Sabas, soldat goth, martyr à Rome.

IV.

S Anthimos, évêque à Nicomédie : il reçut très fraternellement ses bourreaux, s’en fit reconnaître, les obligea à faire leur travail, consistant à le reconduire à Nicomédie, où il fut martyrisé. 

Ss Eusèbe, Néon, Léonce, Longin, martyrs à Nicomédie.

S Gregorio d’Elvire, évêque qui se trouva impliqué dans la lutte contre les ariens ; on lui reprocha son intransigeance, mais il resta toujours dans la communion de l’Église.

V.

S Anselme, évêque à Polymartium, actuelle Bomarzo (diocèse de Bagnorea), où il est enterré.

VI.

S Honorius, évêque à Brescia, oriental d’origine.

S Dié, ermite, diacre et abbé près de Blois. 

Ste Elisabeth la Thaumaturge  (IX.?), abbesse à Constantinople.

VII.

S Mellitus, abbé à Rome, envoyé par s. Grégoire le Grand en Angleterre ; évêque à Londres puis à Canterbury.

Stes Beuve et Dode, deux abbesses qui se succédèrent à Reims, respectivement sœur et nièce de s. Baldéric, fille et petite-fille du roi d’Austrasie.

VIII.

S Wilfrid, évêque à York, ami de s. Benoît Biscop (cf.12 janvier), champion des habitudes romaines ; il n’eut que des épreuves pour pouvoir résider dans son diocèse .

S Egbert, anglais émigré en Irlande, grand connaisseur de l’Ecriture, champion des usages romains, mort à quatre-vingt-dix ans, le jour de Pâques. 

XII.

S Guillaume Firmat, tourangeau, deux fois pèlerin à Jérusalem, solitaire près de Laval, de Vitré, à Mantilly, Mortain (dont il est le patron).

XVII.

S Fidèle de Sigmaringen, avocat allemand, capucin à Fribourg ; gardien (supérieur) du couvent de Feldkirch, il prêcha dans toute la région ainsi que dans les Grisons, où des protestants l'abattirent à coups de sabre.

XIX.

Ste Rose Virginie (Marie de Sainte-Euphrasie) Pelletier, huitième enfant d’un médecin de Noirmoutier ; supérieure de la Congrégation du Bon Pasteur, elle se consacra aux "filles tombées" et créa à Angers un refuge qu'elle appela "Le Bon Pasteur". 

XX.

S Angelo Menni (Benedetto, 1841-1914), milanais, prêtre de Saint-Jean-de-Dieu, fondateur des Sœurs Hospitalières du Sacré-Cœur (pour les femmes souffrant de maladie mentale), béatifié en 1985 et canonisé en 1999.

Bse Maria-Elisabeth Hesselblad (1870-1957), suédoise pionnière de l’œcuménisme, fondatrice de l’Ordre du Très-Saint-Sauveur de Sainte-Brigitte, béatifiée en 2000, canonisée en 2016.

 

 

Marie de Cléophas

Marie Salomé

1er siècle

 

Il n’est pas facile de situer les rapports familiaux de ces saintes femmes dont parle l’Evangile.

Quand il est question de Marie de Cléophas (Clopas), on peut aussi bien interpréter l’expression comme «fille de» ou «femme de» Cléophas.

Il n’est pas interdit, quoique avec toutes les réserves qu’impose une révélation privée, de lire ce que disent à ce propos soit la bienheureuse Anna Katharina Emmerick, soit Maria Valtorta. Toutefois, on ne prendra pas rigoureusement à la lettre ce qu’elles auront essayé de transcrire de leurs visions, puisque la faiblesse humaine est toujours là pour conduire à l’erreur les meilleures intentions.

Concernant Marie de Cléophas, il semblerait donc que cette femme fût la fille de Cléophas, lui-même neveu de saint Joseph (et peut-être aussi l’oncle du Cléophas d’Emmaüs, cf. Lc 24:18). Or, cette Marie épousa Alphée, dont elle eut les trois futurs apôtres Jude Thaddée, Simon le Zélote et Jacques le Mineur. Cette Marie (fille) de Cléophas est donc la même que Marie (femme) d’Alphée.

Veuve une première fois, Marie épousa ensuite Saba ; veuve une troisième fois, elle épousa Jonas. De Saba, elle eut José (Joseph) et Barsabas ; de Jonas, elle eut Siméon le Juste. Ce dernier est donné dans l’évangile comme fils de Marie (cf. Mt 13:55) ; Il succéda à saint Jacques le Majeur comme évêque à Jérusalem et fut martyrisé à cent-vingt ans, vers 104. Cette situation familiale explique que l’on parle des «frères de Jésus» dans le passage cité. 

Que sait-on de Marie de Cléophas, d’après l’Evangile ? Elle n’est pas toujours nommée explicitement parmi les «saintes femmes», mais on la trouve au pied de la croix, auprès de la mère de Jésus. Elle reste là après la mort du Sauveur, elle assiste à la sépulture. Le lendemain du sabbat, elle est de celles qui se rendent au sépulcre et voient le Christ ressuscité (Mt 27:61 et 28:9).

La Tradition (Anna Katharina Emmerick en parle aussi) rapporte que Marie de Cléophas aurait été abandonnée sur une barque sans voile, avec Lazare et Madeleine, et aurait accosté miraculeusement sur la côte de Provence, où elle serait morte. 

Quand à Salomé, c’était une cousine de Marie, la mère de Jésus. Ayant épousé Zébédée, elle était la mère des futurs apôtres Jacques (le Majeur) et Jean. On la rencontre dans l’évangile de Matthieu (20:10) et de Marc (15:40 ; 16:1). En Matthieu, elle demande à Jésus une faveur un peu présomptueuse pour ses garçons, en Marc on la voit aux côté de Marie de Cléophas, au Calvaire et au Sépulcre.

L’actuel Martyrologe mentionne ensemble au 24 avril ces deux femmes, si proches de Jésus, les premières auxquelles se présenta le Ressuscité.

Alexandros de Lyon

† 177

 

D’origine grecque, Alexandros vivait à Lyon, on en ignore le motif.

On a vu dans la notice de s.Epipodius (v. 22 avril) combien ces deux Chrétiens étaient liés par une amitié profonde. 

Quand Alexandros fut arrêté, il fut mis en prison pendant qu’on interrogeait et torturait Epipodius. Il fut sauvagement torturé à son tour, d’abord par les fouets qui disloquèrent ses côtes et mirent à nu ses entrailles, puis attaché à une croix. Ainsi rendit-il son âme pure à Dieu, fidèle jusqu’au bout à la Foi chrétienne.

On ajoute qu’il aurait eu aussi une trentaine de Compagnons, mais qui ne sont pas mentionnés dans le Martyrologe.

Saint Alexandros de Lyon est commémoré le 24 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Anthimos de Nicomédie

† 303

 

Anthimos naquit au 3e siècle à Nicomédie (Bithynie, act. Izmit, Turquie NW).

Il fut ordonné prêtre et, à la mort de Cyrillos, fut unanimement acclamé par le peuple pour devenir évêque de ce diocèse.

Quand éclata la persécution en 303, il consentit à se cacher dans un village voisin de Nicomédie, mais il fut dénoncé à l’autorité, qui dépêcha une troupe de soldats pour aller l’arrêter.

Parvenus à l’endroit qu’on avait décrit aux soldats, qui ne connaissaient l’évêque que de nom, ils lui dirent qu’ils cherchaient Anthimos. Celui-ci les fit d’abord entrer et leur servit un bon repas, au terme duquel il se révéla à eux et les obligea à accomplir leur mission.

Les soldats l’emmenèrent donc à Nicomédie, où Anthimios confessa la foi et fut pour cela décapité, l’an 303.

Les ennemis de l’Eglise s’acharnèrent sur le peuple chrétien : une multitude de prêtres et de fidèles de toutes conditions fut arrêtée ; on les accusait sans preuves d’avoir participé à l’incendie du palais impérial. On en condamna certains au feu, d’autres à la décapitation, d’autres enfin furent mis sur de vieilles barques sans voiles pour périr en mer.

Saint Anthimos de Nicomédie est commémoré le 24 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gregorio d’Elvira

† 330-392

 

On ne connaît rien de ce Gregorio, jusqu’à sa nomination comme quinzième évêque d’Elvira (Espagne S). L’actuel diocèse de Grenade, qui a englobé celui d’Elvira, le fait naître plutôt en 353.

C’était l’époque de la grande et douloureuse controverse arienne. 

A la mort du célèbre Osius de Cordoue en 357, Gregorio préféra prendre position plutôt pour Hilaire de Poitiers (v. 13 janvier), qui lui semblait plus clair qu’Osius.

En 359, il refusa de signer la fameuse formule de Rimini : les termes en semblaient tout-à-fait conformes à la doctrine du concile de Nicée, mais les Pères savaient ce que certaines expressions sous-entendaient dans l’esprit des ariens ou semi-ariens ; c’est pourquoi ils la refusèrent.

En 362, au concile d’Alexandrie, Gregorio se rangea derrière l’énergique Luciferus de Cagliari, pour bien se démarquer des «semi-ariens». A partir de 370, il fut la tête de file des évêques plus rigoristes, les lucifériens, ce qu’on lui reprocha parfois. Certains le considérèrent même comme schismatique !

Des personnages aussi dignes de foi qu’Eusèbe de Verceil, Athanase d’Alexandrie, Jérôme (v. 1er août, 2 mai, 30 septembre) ont loué la personne et les écrits de Gregorio.

Saint Jérôme note en particulier le De Fide de Gregorio, qu’il qualifie de livre élégant. Gregorio serait aussi l’auteur d’un commentaire sur le Cantique des Cantiques, sur l’Arche de Noé.

Gregorio mourut bien probablement en 392.

Saint Gregorio d’Elvira est commémoré le 24 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Dié, ermite et abbé 

† 531

 

Il ne s’agit pas ici de s.Dié des Vosges (v. 19 juin).

Dié (Dyé), en latin Deodatus, naquit à Bourges et se fit moine non loin de Chartres, sous un abbé qui portait le nom de Phallier.

La sainteté de Dié fit connaître son nom, mais à cause de la jalousie de faux-frères, Dié se retira.

Avec un prêtre nommé Baldomerus, il gagna un lieu solitaire près de Blois. Ils commencèrent par en éliminer un «dragon» (?) féroce, puis se construisirent chacun une cabane.

Vivant du travail de ses mains et passant le reste de son temps à contempler et à prier, Dié fut bientôt connu dans toute la contrée.

Clovis vint lui demander sa bénédiction et le remercia après sa victoire ; d’autres candidats demandèrent à vivre près de Dié : une communauté se forma, mais Dié refusa humblement la prêtrise : il se «contenta» d’être diacre.

Dieu lui fit connaître l’approche de sa dernière heure. Dié s’y prépara saintement et mourut au milieu de ses disciples, vers 531. 

L’actuelle ville de Saint-Dié-sur-Loire s’est développée autour du tombeau de Dié. Le blason de cette ville, représentant un dragon foudroyé, se réfère au dragon abattu par Dié et Baldomerus.

Saint Dié est commémoré le 24 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Mellitus de Canterbury

† 624

 

Mellitus aurait été de haute et noble naissance, et probablement italien.

Il aurait été abbé d’un monastère de Rome.

En 601, le pape Grégoire le Grand (v. 12 mars) le nomma à la tête d’un groupe de missionnaires, qui devaient partir en Angleterre à l’appel de s.Augustin de Canterbury (v. 26 mai).

Peu de temps après son arrivée, Mellitus gagna à la foi le roi de l’Essex, Sæbertht, et le baptisa.

En 604, il fut consacré par Augustin premier évêque de Londres. C’est cette même année que mourut Augustin, dont le successeur fut Laurence (Laurentius, v. 2 février).

En 610, Mellitus repartit pour Rome, où se tenait un synode durant lequel on traita de la nouvelle chrétienté anglaise.

C’est aussi au retour de Rome que Mellitus signa avec l’évêque de Rochester, Iustus (v. 10 novembre), une lettre adressée aux missionnaires d’Irlande, pour les inviter à adopter la date romaine de Pâques. Certains s’obstinaient en effet, et même un saint homme comme Dagan refusait de manger ou seulement d’être hébergé sous le même toit que les missionnaires anglais !

Quand mourut Sæberht, ainsi que le roi de Kent, Æthelberht (616), les successeurs de ces rois retombèrent dans le paganisme et contraignirent Mellitus à l’exil. Il se réfugia en Gaule. Cet exil ne dura qu’une année, et le nouveau roi de Kent, Eadbald, se convertit, permettant à l’archevêque Laurentius de rappeler Mellitus ; mais le peuple refusa de recevoir Mellitus, qui fut alors nommé archevêque de Canterbury (619), succédant à Laurentius.

C’est durant cette période que Mellitus sauva miraculeusement la cathédrale et la ville de Canterbury d’un incendie qui menaçait de détruire toute la ville : s’étant jeté au milieu des flammes, il obligea le vent à changer de direction et les flammes épargnèrent la ville.

Mellitus mourut le 24 avril 624.

Il fut dit aussi que Mellitus souffrait de la goutte, et que des malades furent guéris de cette maladie par son intercession.

Saint Mellitus de Canterbury est commémoré le 24 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Wilfrid d’York

634-709

 

Wilfrid naquit vers 634.

Il fut très tôt orphelin de sa mère puis, son père s’étant remarié, il chercha à échapper aux vexations de sa belle-mère. Il avait une dizaine d’années.

Voulant se donner à Dieu, il chercha l’appui de la reine Eanfleda, récente néophyte, qui intervint à la fois auprès du roi Oswy, le chef du clan, et de son père : il put enfin gagner le monastère de Lindisfarne.

Comme un poisson dans l’eau, Wilfrid profita pleinement de la vie cénobitique et devint objet d’admiration pour son humilité, son ardeur à pratiquer la sainte Règle et à étudier. Mais comme tout adolescent qui cherche à être logique avec soi-même, Wilfrid se rendit bientôt compte que l’on devait corriger quelques inadéquations dans cette vie.

Il alla alors à Rome : c’était le premier Anglo-Saxon à le faire, avec Benoît Biscop (v. 12 janvier) qui l’accompagnait pour les mêmes motifs.

Benoît atteignit Rome le premier ; Wilfrid voulut rester quelques mois auprès de l’archevêque de Lyon, Delphinus, puis continua sa route. A Rome, il reçut la bénédiction du pape, ainsi que maintes explications sur les usages romains.

Au retour, il s’arrêta à nouveau à Lyon, et pendant trois années (655-658), il y compléta sa formation.

En Angleterre, il fut nommé abbé à Ripon, reçut le sacerdoce et profita de sa place pour faire connaître les habitudes de Rome : date de Pâques, calendrier, fêtes, etc.

En 664, lors de l’assemblée de Whitby, il fut nommé archevêque de York, ce qu’il n’accepta qu’à contre-cœur, devant l’unanimité des suffrages. Ce n’était que le début de ses péripéties.

Il voulait d’emblée être sacré évêque par un consécrateur lié à Rome, et reçut la consécration des mains du nouvel évêque de Paris, son ami Agilbert. Mais de retour à York, il trouva la place prise par un saint moine qu’on avait consacré sans l’informer de la nomination de Wilfrid. Ce moine était Ceadda (v. 2 mars). Wilfrid «laissa faire» et se retira humblement dans son abbaye de Ripon, heureux de se trouver déchargé d’un poids qu’il avait préféré ne pas recevoir.

C’est le roi de Mercie qui, alors, l’appela pour consolider la foi chrétienne dans ce royaume, y faire construire des monastères. Puis ce fut Egbert, roi de Kent, qui l’invita : Wilfrid passa alors trois années (666-669) entre Ripon et le diocèse de Canterbury, alors vacant. Puis le nouvel archevêque de Canterbury, Theodorus (v. 19 septembre) le rétablit à York après avoir invité Ceadda à se retirer.

C’était une nouvelle période pour Wilfrid, féconde en activités pastorales et missionnaires, mais aussi artistiques. Il fut le véritable initiateur de l’architecture ecclésiastique dans le nord de l’Angleterre, il restaura sa cathédrale, fonda un grand monastère à Hexham, aidé en cela par l’épouse du roi adultère Egfrid : celle-ci, Ermenburge, finit par se retirer dans un couvent ; la troisième épouse d’Egfrid le poussa en revanche à chercher la perte de Wilfrid.

Pratiquement, l’heureuse activité de Wilfrid fut désormais suspendue en 678. L’archevêque Theodorus eut alors l’initiative de diviser le diocèse de York en trois, sans en parler avec Wilfrid. Malgré un voyage à Rome, Wilfrid ne fut pas reçu en Angleterre et subit même plusieurs mois de prison ; l’appui du nouveau roi de Northumbrie - et la mort de Theodorus (690), permirent finalement à Wilfrid de reprendre la tête de son diocèse.

Durant ce voyage à Rome, le bateau de Wilfrid s’échoua en Frise, dont Wilfrid s’empressa d’évangéliser les habitants, devenant ainsi le premier apôtre anglo-saxon de la Germanie, un demi-siècle avant s.Boniface (v. 5 juin). A Rome, il participa au concile contre les monothélites. 

Mais les déceptions de Wilfrid n’étaient pas finies. De nouveau, on poussa le roi à morceler le diocèse de York. Wilfrid vint se réfugier en Mercie, où l’évêché de Lichfield était vaquant : il y passa onze années !

En 703, le roi de Northumbrie et le nouvel archevêque de Canterbury, Berchtwald, proposèrent à Wilfrid de rester enfermé dans le monastère de Ripon, dont il ne sortirait qu’avec la permission du roi. Wilfrid ne pouvait accepter une telle décision si arbitraire. De nouveau il s’exila en Mercie, de nouveau il partit à Rome. Quatre mois ne furent pas de trop pour permettre au pape de décider qu’un évêque en charge depuis quarante ans devait être reçu avec honneur dans son pays, plutôt que poursuivi sans cesse. 

A ce moment, Wilfrid aurait presque préféré finir ses jours à Rome ; on le poussa cependant à reprendre sa place à York. Il obéit. Il eut un grave malaise à Meaux, où une apparition de l’archange s.Michel lui annonça sa guérison.

En Angleterre, l’archevêque de Canterbury s’inclina devant la décision romaine et se réconcilia avec Wilfrid. De leur côté, les rois mirent encore des difficultés. Mais une solennelle assemblée tenue près de Ripon sous l’autorité de Berchtwald, décréta enfin qu’on laisserait en paix le digne évêque de York.

Wilfrid, désormais septuagénaire, ne devait survivre que quatre années à cette décision si attendue.  Il les passa dans le monastère de Hexham.

Dans un dernier voyage à Ripon, un nouveau malaise le terrassa. Il disposa alors de la destination de ce qui lui restait, désigna Tatbert, prieur du monastère, pour son successeur comme abbé à Ripon, et Acca comme abbé à Hexham, et s’endormit paisiblement le 24 avril 709, après quarante-cinq ans d’épiscopat.

Saint Wilfrid est commémoré le 24 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ecgberht de Ripon

639-729

 

Ecgberht (qu’on orthographie souvert Egbert) naquit vers 639 en Angleterre, peut-être à Ripon.

Il fut du nombre de ces jeunes Anglais qui désirèrent aller en Irlande pour y être guidés dans leur étude de l’Ecriture et pour connaître la vie monastique.

Egbert y alla donc, avec deux amis, Edilhun et Ethelwine, et furent reçus au monastère de Mellifont. Là, ils furent victimes de la peste. Tandis qu’Edilhun s’éteignait, Egbert implora le secours du ciel, faisant vœu, s’il guérissait, de : réciter chaque jour le psautier intégral, jeûner un jour chaque semaine, renoncer à rentrer dans sa patrie, tout cela pour «expier les fautes de sa jeunesse». Avant d’expirer, Edilhun lui révéla que sa prière était exaucée : Egbert guérit en effet ; il avait vingt-cinq ans et allait vivre fort longtemps.

Il devint prêtre et moine. Admiré par les confrères, il ajouta encore quelques autres pénitences choisies ; il ne retourna jamais en Angleterre, mais on vint de ce pays pour le consulter sur l’Ecriture.

Il eut bientôt le profond désir d’aller évangéliser les habitants de Frise et de Saxe. Mais un disciple anonyme de s.Boisil (v. 7 juillet), sur une inspiration céleste, l’avertit en songe d’aller plutôt visiter les monastères de s.Columba (9 juin) : il fallait absolument amener ces communautés, nombreuses et ferventes, à adopter l’unique date romaine de Pâques.

Egbert envoya donc en Frise quelques-uns de ses disciples (Wigbert, Willibrord, v. 13 août et 7 novembre).

En 697, il participait au synode de Birr, durant lequel fut promulgué le Cáin Adomnáin ou Loi des Innocents.

Patiemment, et au bout de treize années de labeur et de discussions, il réussit à convaincre les moines irlandais (principalement ceux de Iona) de se rallier à la date de Pâques.

Il se pourrait, d’après certaines expressions anciennes, qu’Egbert eût été consacré évêque.

Ce champion de l’usage romain mourut justement le jour de Pâques, aussitôt après la célébration de la Messe, le 24 avril 729.

Saint Egbert est commémoré le 24 avril dans le Martyrologe Romain, qui ne mentionne pas son épiscopat.

Guillaume Firmat

1026-1103

 

Guillaume était né en 1026 à Tours, de parents assez fortunés.

Sa position l’amena à bénéficier d’un canonicat et à exercer la médecine ; il devint célèbre, riche même. Mais sa générosité et son honnêteté l’aidèrent à réfléchir.

Quand mourut son père, il persuada sa mère de le suivre dans un ermitage appelé Les Sept Frères, proche de Tours.

Sa mère mourut à son tour, et Guillaume se retira dans la forêt de Concise (Laval).

Là il fut une nuit rejoint par une troupe de libertins qui envoyèrent une prostituée frapper à sa porte. Pour se défaire enfin de cette présence, il s’empara d’un tison de son âtre et, sous les yeux effarés de cette personne, se brûla le bras en disant : Voilà où mènent les plaisirs défendus. La plaie était profonde, et Guillaume devait en conserver la cicatrice toute sa vie ; quant à la malheureuse, touchée de cette ténacité, elle tomba à genoux et demanda pardon.

D’autres visiteurs vinrent assaillir Guillaume, pour de meilleurs motifs, mais il préféra bientôt quitter l’endroit pour aller visiter les Lieux saints de Palestine.

Là-bas, il utilisa mille stratagèmes pour obtenir la libération de Chrétiens, prisonniers des Musulmans. Il fut lui-même arrêté, chargé de chaînes, battu, avant d’être enfin libéré et laissé libre de rentrer en France.

Il séjourna successivement à Vitré, où il fit jaillir une source avec son bâton, puis, après plusieurs haltes, à Mantilly (Le Mans) ; de là, pour fuir la population qui avait maltraité un clerc, il partit sur les bords du Rhône, puis de nouveau à Jérusalem.

A son retour, il fut finalement découvert par des habitants de Mantilly qui le supplièrent de revenir. Inspiré par Dieu, il accepta : à Mantilly, il opéra encore quelques prodiges, en particulier exerçant un réel empire sur les animaux. Désormais, on l’écoutait, on l’aimait, on le respectait.

Il tomba malade lors d’un déplacement à Mortain et mourut le 24 avril 1103.

Sa tombe fut aussi le théâtre de nombreux miracles.

Des reliques de Guillaume, il ne resta après la Révolution que son crâne.

La source jaillie à Vitré porta par la suite le nom de Fontaine de Saint-Firmat.

Guillaume Firmat fut canonisé en 1154.

Saint Guillaume est commémoré le 24 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Marc Roy

1577-1622

 

Marc naquit en 1577 à Sigmaringen (Souabe, Allemagne sud), de parents catholiques.

Il fit de brillantes études à Fribourg, où ses camarades le surnommèrent le philosophe chrétien.

Pendant six ans, il accompagna dans un voyage à travers l’Europe trois jeunes gens qui purent témoigner de sa vie vertueuse en tous points.

Après s’être perfectionné en droit à Dillingen, il exerça quelque temps le métier d’avocat à Colmar, mais pris de scrupule, il abandonna bientôt cette profession.

Il voulut entrer chez les pères capucins de Fribourg, mais avait impérativement besoin de pouvoir célébrer la sainte Messe chaque jour : il reçut la permission romaine d’être ordonné sans les délais habituels et reçut le sacerdoce en 1612.

Il commença alors son noviciat, déjà prêtre, prenant le nom religieux de Fidelis et édifia les confrères par son obéissance et ses mortifications intenses. Il fut très troublé par le Tentateur, qui lui soufflait qu’il aurait dû rester dans le monde pour y faire plus de bien que dans son couvent, mais son bon maître des novices le rassura, la prière fit le reste : il retrouva la paix, et consacra tous ses biens à une fondation en faveur des jeunes ecclésiasiques.

Après les cours de théologie, il fut nommé gardien du couvent de Weltkirchen, où ses prédications vinrent à bout de la tiédeur des habitants, au point que même le Sénat local expulsait les récalcitrants. Lors d’une épidémie qui décima l’armée et la ville, il se dépensa auprès des malades, et en guérit quelques-uns.

Il fut ensuite pressenti pour aller prêcher chez les Grisons pour combattre l’avancée du protestantisme. Le Ciel dut lui révéler son prochain martyre, car il quitta Weltkirchen en disant aux habitants qu’ils ne le reverraient plus.

Il arriva dans le pays des Grisons en 1621. Des conversions notoires se firent. Jaloux, les Protestants cherchèrent à réagir par des émeutes, en affrontant les troupes impériales, en profanant les églises.

Fidèle arriva à Grisch le 24 avril 1622. A la fin de son discours, il eut une extase où il apprit qu’il recevrait ce jour-là la palme du martyre. Il partit seul pour Sévis. Survinrent les troupes impériales qui attaquèrent les Protestants ; mais ces derniers crurent que c’était Fidèle qui les avait appelées au secours. 

Quand le père Fidèle sortit de l’église, il fut pris à partie par des protestants. Fidèle fut assommé, eut le crâne ouvert et reçut encore d’autres coups de sabre. On le décapita, on lui détacha une jambe. C’était effectivement le 24 avril 1622, veille de la fête de s.Marc.

Les miracles ne tardèrent pas. Fidèle fut béatifié en 1729, canonisé en 1743.

 

 

Rose-Virginie Pelletier

1796-1868

 

Née en pleine tourmente révolutionnaire, Rose-Virginie vit le jour le 31 juillet 1796 à Noirmoutier-en-l’Île (Vendée).

Son père, médecin chrétien, souffrit la prison.

En 1814, elle entra chez les Sœurs de Notre-Dame de Charité à Tours : ce couvent du Refuge avait été fondé par saint Jean Eudes (voir au 19 août) pour l’assistance aux femmes en difficulté désireuses de changer de vie ; Rose-Virginie y prit le nom de Marie-Euphrasie et en devint elle-même la Supérieure en 1825.

Développant son charisme et répondant à une invitation, elle ouvrit une nouvelle maison à Angers (1829), dont elle devint la Supérieure en 1831. Elle sollicita et obtint de Rome l’autorisation de réunir toutes ces maisons en une congrégation de Notre-Dame de Charité du Bon-Pasteur (1835). 

Cette congrégation est double, comportant une branche contemplative (Sœurs contemplatives du Bon-Pasteur) et une branche active (Sœurs apostoliques du Bon-Pasteur), destinée à venir en aide aux femmes et aux enfants blessés de la vie, pour reprendre une expression de saint Jean-Paul II.

Il semble que la Fondatrice ait été inspirée et encouragée par Notre-Seigneur Lui-même, qui lui dit : Attends, tais-toi, prie, souffre et espère.

L’expansion fut extraordinaire : Mère Marie-Euphrasie ouvrit de son vivant cent-dix maisons, sur les cinq continents : près de trois-mille Religieuses et mille Madeleines, quinze-mille élèves et enfants.

La Mère Marie-Euphrasie Pelletier mourut d’un cancer le 24 avril 1868 à Angers, fut béatifiée en 1933 et canonisée en 1940.

 

 

Angelo Menni

1841-1914

 

Né le 11 mars 1841 à Milan, cinquième des quinze enfants de Luigi et Luisa Figini, il reçut au baptême les noms de Angelo Ercole.

Le père était commerçant, la famille était très croyante : on priait tous les jours le chapelet. Le jeune Ercole (familièrement Ercolino, petit Hercule) allait recevoir chaque jour l’Eucharistie.

Il trouva un premier emploi à la banque de Milan, mais la quitta à seize ans, quand il y découvrit des opérations illicites. il brûlait d’enseigner le catéchisme aux petites gens.

En 1859, il se porta brancardier volontaire pour assister les blessés de la bataille de Magenta, et c’est de là que lui vint sa vocation.

Il entra en 1860 chez les Frères Hospitaliers de l’Ordre de Saint-Jean-de-Dieu, avec le nom de Benito (Benoît). Il vint étudier la philosophie et la théologie au séminaire de Lodi et à l’Université Grégorienne de Rome. Il sollicita lui-même de son Supérieur la faveur d’aller à Rome, à cause de sa profonde dévotion pour le Pape, dont il disait : Ce que dit le Pape vient du ciel.

Ordonné prêtre en 1866, secrétaire du Père Général, il en reçut la mission, confirmée par le pape, de restaurer son Ordre en Espagne et au Portugal.

Il n’avait que vingt-six ans, et ne connaissait pas un mot d’espagnol ni de portugais. Le pape l’encouragea, et il partit.

Travailler en Espagne n’était pas une sinécure : les lois anti-cléricales avaient interdit les Ordres religieux. Benito arriva à Barcelone en 1867, ouvrit un petit hôpital pour une douzaine de malades, mais dut aussi faire face à bien des difficultés, vivre dans la clandestinité, risquer l’expulsion.

En 1877, il ouvrit un hôpital psychiâtrique à Ciempozuelos (Madrid), très moderne pour l’époque. Son enseignement était de soigner les malades mentaux comme des enfants, mais de les considérer comme des personnes.

C’est là qu’en 1881, il fonde la branche féminine de l’Ordre, les Sœurs Hospitalières du Sacré-Cœur de Jésus, dont la première Supérieure sera assassinée par une malade mentale. C’est dire avec quelles difficultés et quels risques on travaillait.

Les vocations se multiplièrent vite, des maisons s’ouvrirent en Espagne, au Portugal, en France, au Mexique.

Réélu quatre fois Supérieur, Benito s’occupa tout particulièrement des vieillards, des enfants abandonnés, des victimes de la polyomyélite et des malades mentaux.

Le pape le nommera Général de l’Ordre en 1911.

Il y eut alors une forte contestation à l’intérieur de l’Ordre, et Benito, très calmement et très humblement, démissiona de sa charge, avant de venir en informer le pape à Rome. Pendant sept ans, il fut traîné au tribunal, calomnié, accusé faussement des pires méfaits. Humble, doux, pardonnant, il baise les journaux qui l’accusent, les lettres d’insultes qu’on lui envoie.

Réfugié chez les Sœurs de Viterbe, il commande le silence. Exilé en France, à demi-paralysé, il est encore persécuté à Paris ; il partit à Dinan (Côtes d’Armor), où il mourut le 24 avril 1914.

Son corps fut tout de même ramené à Ciempozuelos, entouré de la ferveur populaire.

Angelo Benito fut béatifié en 1985 et canonisé en 1999.

 

 

Elisabeth Hesselblad

1870-1957

 

Cinquième des treize enfants d’une famille luthérienne, Maria naquit à Fåglavik (province de Hudene, Suède) le 4 juin 1870. Son père est August Robert Hesselblad, un marchand, sa mère Cajsa (Catherine) Pettesdotter Dag.

La famille changea plusieurs fois de résidence, à la recherche de ressources. 

A la mort de son père, devant soutenir la famille, elle part travailler à Karlosborg, puis aux Etats-Unis d’Amérique où elle fréquente une école d’infirmières, à dix-huit ans, dans l’hôpital Roosevelt de New York.

De mauvaise santé, elle s’efforçait d’aller soigner les malades à domicile et en même temps cherchait la vérité.

Durant un voyage en Belgique en 1902, elle ressent le désir d’entrer dans la catholicisme, ce qui advient à Washington le 15 août suivant, fête de l’Assomption de Marie, dans le couvent de la Visitation. Elle reçoit ensuite la Confirmation à Rome, où elle découvre l’Ordre de sainte Brigitte, autre suédoise morte en 1373 (v. 23 juillet).

Malade et déclarée incurable, elle veut finir ses jours à Rome dans la maison où avait vécu la suédoise sainte Brigitte, et ce pour offrir sa vie à Dieu et obtenir le retour de la Suède à la communion avec le Siège Apostolique Romain.

Le Pape Pie X lui permet de prendre l’habit de l’antique Ordre de sainte Brigitte et de vivre parmi les Carmélites qui occupent désormais l’édifice du Palais Farnese.

Maria guérit cependant ; en approfondissant la règle brigittine, elle la juge inadaptée au but qu’elle entrevoyait, l’œcuménisme. Aussi refonde-t-elle l’Ordre brigittin du très Saint Sauveur en 1911, avec mission de prier spécialement pour le retour des Chrétiens des pays scandinaves dans l’Eglise Catholique. Elle prend le nom de Maria Elisabeth.

En 1931, il lui est concédé de reprendre possession de l’église et de la maison de sainte Brigitte à Rome. Supérieure à partir de 1931, elle contribua à redonner un vif élan à l’Ordre. C’est pourquoi on l’appela la seconde Brigitte.

Pendant et après la seconde Guerre Mondiale, elle y développe une intense activité en faveur des pauvres, des persécutés pour racisme, du rapprochement entre catholiques et non-catholiques, recommandant à ses filles spirituelles l’amour de Dieu, de l’Eglise et du Pape, la prière pour un seul troupeau et un seul Pasteur.

La croix qu’elle avait reçue dans les douleurs de sa jeunesse se fit encore plus pesante et douloureuse dans les dernières années, qui s’achevèrent à Rome le 24 avril 1957.

Elle a été béatifiée en 2000, et le Martyrologe Romain la commémore le 24 avril.

Pour son dévouement en faveur des Juifs durant la Deuxième Guerre mondiale, elle a été reconnue en 2005 Juste parmi les Nations par le mémorial Yad Vashem.

La canonisation de Maria Elisabeth a été proclamée en 2016, à la suite de la guérison miraculeuse d’un petit garçon cubain tétraplégique de deux ans, en 2005. Il était présent à la cérémonie.

 

Note. Plusieurs sources écrivent “Hasselbald” ; il semble que le nom exact soit bien “Hesselblad”.

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