Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
27 avril 2020 1 27 /04 /avril /2020 23:00

 

28 AVRIL

 

I.

 

S Sosipater, disciple de s. Paul, évêque à Iconium (calendrier oriental).

S Marcus, premier évêque à Altino, disciple de s. Pierre ; on lui planta deux clous en tête.

Ss Zénon, Eusèbe, Néon, Vital, martyrisés par le feu à Corfou.

Ss Vitalis et Valeria, époux martyrs, lui à Ravenne, enterré vivant sous les pierres et le sable, elle à Milan ; ils seraient les parents des ss. Gervais et Protais.

?

S Aphrodisius, premier évêque à Biterræ.

Ss Charalampus et Eusèbe, martyrs à Nicomédie.

S Memnon le Thaumaturge, vénéré en Orient. 

IV.

Ss Maximus, Quintilianus, Dadas, martyrs à Dorostore.

Ste Théodore et s. Didyme, martyrs à Alexandrie : Didyme se déguisa en soldat pour l’approcher et échangea avec elle ses habits pour la délivrer ; ils furent tous deux décapités. 

Ss Patrice, évêque à Pruse, Acace, Ménandre et Polyène, martyrs. 

Stes Probe et Germaine, irlandaises venues à Laon pour rester vierges, et martyrisées pour ce motif par des émissaires de leur pays. 

V.

S Africain, évêque à Lyon ou Comminges, adversaire des Goths ariens. 

VI.

S Prudentius, évêque à Tarazona.

VII.

S Arthème, évêque à Sens, qui fut d’abord marié et père.

S Cronan, abbé à Roscrea, dont il est le patron.

VIII.

S Pamphilo, évêque à Corfinio (Valva).

IX.

S Imon (Emon), évêque à Noyon et martyr des Danois juste après la prise de la ville.

XIII.

B Luchesio, marchand siennois très riche et avare, converti et devenu membre du tiers-ordre franciscain ainsi que sa femme ; il eut même des extases ; il est le patron de Poggi-Bonzi.

XVIII.

S Louis-Marie Grignion de Montfort, fondateur de la Compagnie des Missionnaires de Marie (Montfortains), des Sœurs de la Sagesse (avec Marie-Louise Trichet, cf. infra) et de l'Institut des Frères de Saint-Gabriel ; grand apôtre de la "vraie dévotion à Marie" ; persécuté par le clergé en grande partie janséniste, il fut soutenu par le pape ; depuis peu inscrit au calendrier officiel de l’Eglise.

Bse Marie-Louise  (de Jésus) Trichet (morte jour pour jour quarante-trois ans après s. Louis-Marie), béatifiée en 1993.

XIX.

Ss Phaolô Phạm Khắc Khoan, prêtre, Gioan Baotixta Ɖinh Vǎn Thành et Phêrô Nguyễn Vǎn Hiểu, catéchistes, martyrs tonkinois, canonisés en 1988 et fêtés le 24 novembre.

S Pierre Chanel, d’abord curé dans le diocèse de Bellay, puis mariste et missionnaire, premier martyr de l'Océanie.

XX.

B Józef Cebula (1902-1941), prêtre polonais des Missionaires Oblats de la Vierge Immaculée, martyr au camp de Mauthausen, béatifié en 1999.

Bse María Guggiari Echeverría (María Felicia de Jésus Sacrement, 1925-1959), carmélite paraguayenne, béatifiée en 2018.

Ste Gianna Beretta in Molla (1922-1962), docteur en médecine et mère de famille milanaise, morte en accouchant de son quatrième enfant qu’on lui proposait de ne pas garder à cause de son cancer à l’utérus, béatifiée en 1994, canonisée en 2004.

Sosipater

1er siècle

 

A la fin de son épître aux Romains, saint Paul nomme quelques-uns de ses disciples, ses parents, qui se joignent à lui pour saluer les Chrétiens de Rome. Parmi ceux-ci se trouve Sosipater, que Origène et d’autres commentateurs veulent identifier avec Sopater, fils de Pyrrhus de Bérée, dont parle saint Luc dans les Actes des Apôtres (Ac 20:4).

Ce fidèle disciple de Paul, d’après la tradition orientale, aurait été évêque à Iconium, l’actuelle Konya qui se trouve au Centre-Sud de la Turquie.

Avec l’autre disciple Jason, il serait venu sur l’île de Corfou pour évangéliser la population, y édifia une église en l’honneur de saint Étienne Protomartyr. Mis en prison par le roi, ils y convertirent des prisonniers, que le roi fit immédiatement mourir en les précipitant dans de la poix brûlante.

Cependant Cercyra, la fille du roi, se convertit et vendit tous ses bijoux aux pauvres. Son père la fit emprisonner et mettre le feu à la prison, mais sa fille en sortit indemne. Le roi la fit attacher à un arbre et percer de flèches.

Les chrétiens nouvellement convertis s’enfuirent sur une île voisine, où le roi prétendit les retrouver, mais son bateau coula. Le nouveau roi alors embrassa le christianisme et reçut le baptême sous le nom de Sébastien.

Quant à Sosipater et Jason, ils continuèrent à édifier l’Eglise à Corfou, où ils moururent à un âge très avancé.

On peut légitimement s’interroger sur le fait que Sosipater ait quitté son diocèse pour aller évangéliser si loin, à Corfou. Deux réponses possibles se présentent : soit il en reçut l’invitation, par révélation céleste ou par décision des Apôtres ; soit il pourrait s’agir d’un autre évangélisateur portant le même nom.

Il est d'autre part affirmé qu’à Iconium, Sosipater eut pour successeur Tertios (Terentius, voir au 24 juin).

Comme le Martyrologe Romain actuel ne mentionne plus Sosipater, on l'a placé ici au 28 avril, jour où le vénèrent les Orientaux  ; l’ancien Martyrologe le mentionnait au 25 juin.

 

 

Marcus d’Altino

1er siècle

 

Un «manuscrit ancien» raconte que, converti par saint Pierre, Marcus parcourut diverses régions du Latium, fut arrêté à Altino (Chieti, Italie centrale) et sommé par le préfet d’adorer les dieux païens.

Ayant refusé de trahir sa foi, il fut condamné à mort. On lui enfonça deux grands clous dans la tête. Ce pouvait être vers 96, un 28 avril.

Une église fut bientôt construite sur le tombeau du Martyr, qui fut détruite plus tard. Des miracles se produisirent au 11e siècle, permettant de retrouver le corps et le chef de Marcus.

Une hypothèse, tout-à-fait gratuite, pourrait faire de ce Marcus un dédoublement de l’évangéliste Marc, disciple de saint Pierre et rédacteur du deuxième évangile (avant d’être évêque à Alexandrie).

Par ailleurs, le «manuscrit ancien» ayant semblé suspect à la critique scientifique, ce Marcus n’est plus inscrit au Martyrologe.

 

 

Vitalis et Valeria de Milan

Ursicinus, Gervasius et Protasius

† 1er siècle

 

Commençons par la Tradition.

Vitalis vivait à Milan. Personnage consulaire et brillant militaire, il se trouva à Ravenne aux côtés du juge Paulinus, quand un Chrétien nommé Ursicinus fut condamné à mort. Or, ce dernier montrait des signes de faiblesse, et Vitalis l’encouragea à tenir bon jusqu’à la fin, car il allait recevoir la couronne de l’immortalité. Ursicinus se reprit et confessa sa foi avant d’être décapité.

Mais Vitalis s’était en même temps condamné lui-même. Le juge lui réserva un traitement de choix : il le fit étendre sur le chevalet et déchirer de coups de fouet ; ayant consulté un prêtre païen, il fit descendre Vitalis dans une fosse profonde, qu’il fit remplir de pierres et de sable. Vitalis recevait à son tour la couronne de gloire, tandis que le malheureux prêtre païen, perdant la raison, ne cessait de crier sa souffrance et sa propre damnation.

Là-dessus, l’épouse de Vitalis, Valeria, retourna à Milan. On la reconnut et on l’invita à offrir de l’encens aux dieux païens. Sur son refus, elle fut battue et laissée mourante ; ses serviteurs la portèrent à Milan, où elle expira.

Vitalis et Valeria seraient les parents de Gervasius et Protasius, martyrisés eux aussi à Milan, mais dont on ne connaît rien sur la date précise et le martyre qu’ils subirent. Leur fête se célébrait le 19 juin, mais cette date était celle de leur invention (re-découverte) à Milan, après une période de complet oubli.

Ces épisodes se seraient produits à la fin du 1er siècle, sous Néron ; d’autres historiens avancent plutôt Marc-Aurèle, vers 171.

Saints Vitalis et Valérie, Ursicinus, Gervasius et Protasius sont commémorés le 28 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gervais et Protais

† 1er siècle

 

Se reporter à Vitalis et Valeria de Milan (supra)

 

 

Charalampus et Eusebius de Nicomédie

† ?

 

Il s’agit ici de deux Martyrs (parfois accompagnés d’Agapius et Aphrodisius), dont on ne connaît que les noms, d’après des listes anciennes.

Ils auraient été martyrisés à Nicomédie (auj. Izmit, Turquie NW).

Saints Charalampus et Eusebius de Nicomédie sont commémorés le 28 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Aphrodisius de Béziers

† 250

 

Aphrodisius est censé avoir été le premier évêque de Béziers, au 3e siècle, et ne semble pas avoir été inquiété par les édits de persécution.

Mais une ancienne légende court encore, et qui n’est pas totalement invraisemblable.

Aphrodisius aurait vécu au 1er siècle, en Egypte. 

Prêtre du dieu Hermès à Héliopolis, il aurait rencontré la Sainte Famille durant la fuite en Egypte (cf. Mt 2:13-23), et aurait abandonné le culte païen.

Après la mort de Jésus-Christ, il serait parti avec son chameau en Gaule, pour annoncer à son tour la Bonne Nouvelle. Ayant trouvé à Biterræ (auj. Béziers) un terrain favorable à l’évangélisation, il y développa une intense activité.

C’est alors qu’il fut dénoncé au gouverneur, qui le condamna à mort.

Décapité, Aphrodisius se releva, ramassa sa tête et se dirigea vers la ville : en marchant sur des escargots, il ne les écrasait pas ; des maçons qui se moquaient de lui, furent pétrifiés sur place.

Cette histoire comporte tout de même quelques exagérations : les escargots et les maçons pétrifiés ne présentent pas le caractère de signes de Dieu.

Martyr ou pas, Aphrodisius reste vénéré comme évêque.

Des fêtes locales s’appuient sur les détails de cette histoire : le camel, empaillé, est toujours promené par les rues, les coques de Béziers rappellent les escargots…

Saint Aphrodisius de Béziers est commémoré le 28 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Maximus, Quintilianus et Dadas

† 303

 

Au temps de la persécution de Dioclétien, ces trois hommes furent dénoncés au proconsul de Dorostore (Mésie, auj. Bulgarie).

Maximos, qui était lecteur, fut interrogé le premier. Interrogé sur son nom, il répondit : Je suis chrétien ; les hommes m’appellent Maximos.  Les deux autres eurent la même attitude.

Le gouverneur leur proposa, s’ils acceptaient de renier le Christ, d’être nommés prêtres du culte païen, en remplacement du prêtre récemment décédé. Sur leur refus et devant leur persévérance dans la Foi, il les fit remettre en prison jusqu’au lendemain.

Durant la nuit, les trois Confesseurs furent tentés par le Diable, mais aussi réconfortés par un Ange. Le matin, ils comparurent à nouveau devant le gouverneur, subirent plusieurs tortures et furent finalement décapités.

Ce devait être le 28 avril 303.

Saints Maximus, Quintilianus et Dadas sont commémorés le 28 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Prudentius de Tarazona

6e siècle

 

Au sujet de cet évêque, d’anciennes éditions hésitaient entre le 5e ou le 9e siècles. La liste récente du diocèse de Tarazona a opté pour le 6e siècle, car on aurait retrouvé un document attestant la présence de Prudentius en 572.

Prudentius serait né vers le milieu du 6e siècle à Armentia (Vitoria, Álava, Espagne).

Vers l’âge de quinze ans, il se plaça sous la direction d’un saint ermite, Saturius, dans les environs de l’actuelle Soria, où il resta sept années.

Il serait ensuite allé prêcher la Bonne Nouvelle à Calahorra (La Rioja), d’où il s’enfuit pour éviter la renommée que lui apportaient ses miracles.

Venu à Tarazona, il fut admis dans le clergé, ordonné prêtre et nommé archidiacre.

A la mort de l’évêque, sans doute Dídimo, c’est Prudentius qui fut choisi pour lui succéder, devenant ainsi le  cinquième évêque de ce diocèse.

Le seul événement important qu’on a retenu de son épiscopat, est qu’il chercha à calmer un dissentiment entre l’évêché et le clergé d’Osma. Au terme des discussions qui aboutirent à une solution équitable, Prudentius fut pris de malaise et mourut. Cet épisode rappelle les derniers jours de la vie de s.Martin (v. 11 novembre).

Comme on hésitait sur l’endroit de sa sépulture, Tarazona ou Osma, à cause des nombreux miracles qu’il y avait opérés, on le plaça sur la charrette tirée par son propre cheval, pour voir où il se dirigerait. La bonne bête s’arrêta non loin de Logroño, sur le mont Laturce. Un monastère y fut construit par la suite.

Saint Prudentius de Tarazona est commémoré le 28 avril dans le Martyrologe Romain.

 

 

Pamphilus de Valva

650-700

 

Pamphilus était né vers 650 à Pacile (Sulmona, Abruzzes, Italie CE), d’un père païen qui l’expulsa quand il passa au christianisme. Il lui aurait même ordonné de monter sur un char pour le laisser dévaler la pente de Pacile au fleuve Gizio, mais les roues se seraient immobilisées au sol et le jeune homme serait arrivé tranquillement à pied au bas de la colline.

En 682, il devint évêque de Corfinio (qui s’appela Valva au Moyen-Age). C’était le quatrième évêque de ce siège.

S’il fut célèbre pour sa charité envers les pauvres et le don des miracles, il dut cependant se présenter au pape pour s’expliquer sur certaines de ses affirmations, pour lesquelles on l’accusait parfois d’arianisme.

Il mourut à Corfinio, vers 700, et son corps fut transféré à Sulmona, où l’église dédiée d’abord à la Très  Sainte Vierge, prit le nom de Panfilo.

Plus tard, le diocèse de Valva fut incorporé à celui de Sulmona, dont le patron céleste est s.Panfilo.

Saint Pamphilus de Valva est commémoré le 28 avril dans le Martyrologe Romain.

 

Luchesio Modestini

? - 1260

 

Non loin de Sienne en Italie, s’était établi à Poggi-Bonzi un riche marchand, Luchesio Modestini avec son épouse, Buona    Dona (ou Bonadonna, Bonadona, suivant les graphies des différentes sources). Doués pour le commerce, ils se firent une brillante fortune, s’attachèrent aux biens de la terre et oublièrent bien vite de penser à Dieu.

Mais Luchesio reçut une grâce particulière qui le fit réfléchir ; il se dépouilla de ses biens et ne garda qu’un petit champ pour vivre ; mieux, il inspira de meilleurs sentiments à son épouse, sans vraiment parvenir à la convertir totalement, tant il est vrai que la conversion n’est jamais ni immédiate, ni totale, et qu’il faut la rechercher tous les jours de la vie.

Or à cette époque, François d’Assise songeait à établir une règle pour les tertiaires et venait justement à passer par là, rencontrant Luchesio qu’il avait connu autrefois. Il expliqua aux deux époux son projet. Sur son invitation, les époux Modestini revêtirent un habit simple et modeste, de couleur gris cendre, avec une corde à plusieurs nœuds pour ceinture ; plusieurs personnes s’adjoignirent à eux et ainsi fut fondé le Tiers-ordre de la pénitence.

Dès lors, Luchesio fit de grands progrès dans la voie de la perfection et la pratique de la pénitence. Sa femme, d’abord un peu réticente, peu à peu épaula les bonnes œuvres de son pieux mari. 

Dans la localité, François d’Assise avait eu la possibilité de bâtir un couvent où se dressaient les ruines d’un château démantelé. Luchesio y participa avec ardeur, se mêlant aux ouvriers, portant les pierres, partageant son casse-croûte avec eux, se comportant en simple camarade, ce qui fit beaucoup plus pour le rapprochement social que beaucoup de discours et de politique.

Le couvent installé, Luchesio proposa à son épouse de faire de leur maison le couvent des tertiaires et ce fut une sainte émulation de pauvreté entre les religieux et Luchesio. La maison de Luchesio n’avait pas de clôture comme le couvent, de sorte qu’il faisait entrer les pauvres à sa table, les recevant chez lui. Il allait même mendier pour eux.

Sa maison devint “L’auberge des pauvres”, où Luchesio donnait le meilleur aux malades et aux pauvres, se contentant de dormir dans les corridors ou même dehors sur la terre nue. La joie de Luchesio n’avait pas de limite, convaincu qu’il était de soigner Jésus-Christ lui-même. Son épouse le secondait désormais, trottinant de tous côtés, préparant onguents et tisanes, chantant, riant, heureuse comme jamais.

Un fait extraordinaire se passa un jour qu’il ramenait sur son dos un pauvre mendiant. Un jeune homme s’en moqua : “Quel diable as-tu donc assis sur le dos ?” et Luchesio : “C’est notre Seigneur Jésus Christ !” Sur le champ, le jeune homme devint muet ; honteux, repenti, il se jeta aux pieds de Luchesio pour lui demander pardon et Luchesio, après avoir prié, lui rendit la parole par un signe de croix.

Beaucoup des malades de Luchesio se convertirent et s’unirent aussi à son élan de charité, gagnés par l’exemple qu’il leur donnait de vraie tendresse, de vraie pauvreté, d’exemple de vraie vie chrétienne. Luchesio n’attendait pas d’être sollicité, il allait au-devant des misères, c’était sa joie de se donner totalement aux autres pour les aider. 

Près de Sienne se trouvait une vaste étendue marécageuse où l’on évitait de s’aventurer, habitée par de pauvres habitants presque tous atteints de la malaria. Luchesio prit son âne, le chargea de fébrifuges et de toniques et alla de porte en porte prodiguer ses soins aux malheureux. Mais maintenant, ce n’étaient plus ses soins qui guérissaient, mais sa seule présence, Dieu permettant à notre héros de faire des miracles, ce qui ne le rendait encore que plus humble ; et si on parlait de lui, il répondait tout simplement : “Oh, un homme ne vaut que ce qu’il est devant Dieu”. Il guérissait, ramenait les âmes à Dieu, trouvait aussi de nouvelles recrues pour le tiers-ordre, qui gagna bientôt la plus grande partie de la population.

Mais Luchesio n’était pas un “actif” ; il ne cessait de prier, il passait des heures en contemplation, à l’église, au chevet des malades, et on le voyait parfois immobile, insensible, transfiguré, entouré d’une lumière céleste. Il sortait de ces extases avec une âme renouvelée et radieuse. Sa méditation était la pauvreté et la souffrance de Jésus-Christ.

Désormais plus unis que jamais, les deux époux Luchesio et Buonadonna priaient ensemble, menaient une vie austère, où l’abstinence et le jeûne étaient leur vie ordinaire, loin des plaisirs. Ils couchaient sur le carreau, portaient cilice, se donnaient la discipline. Ensemble ils aimaient Jésus d’un amour chaque jour plus profond, qui les envahissait chaque jour un peu plus. Ayant tout donné, ils avaient trouvé le Royaume des Cieux. “Oh ! oui, Luchesio, disait Bonadonna, tu avais bien raison : il faut peu de chose pour être heureux ; il faut l’amour de Dieu.” Et c’est avec des larmes de bonheur qu’elle remerciait son époux de lui avoir montré les chemins de la joie.

La fin de leur vie est admirable. Ils moururent le même jour, à la même heure : Dieu leur fit cette dernière et touchante grâce de pouvoir, s’étant unis sur la terre dans un mariage céleste plus haut que le premier, s’envoler de concert en la Cité céleste vers laquelle ils avaient de concert voyagé et lutté, et de n’être point séparés une heure ni ici-bas, ni là-haut. Ceci arriva le 28 avril 1260, parmi les parfums du printemps italien, après quarante ans de cette vie héroïque.

Cette mort “eut la grandeur et la sérénité de celle des patriarches”. Comme ils étaient tous deux malades, l’état de Bonadonna s’aggrava tout à coup et Luchesio, oubliant son propre mal, se leva, alla la réconforter et l’engager à recevoir les derniers sacrements, et il trouva l’énergie de l’assister lui-même. Après la pieuse cérémonie, il lui dit, d’une voix où chantaient déjà toutes les allégresses du ciel : “O ma Bona, tu sais dans quelle union de cœurs nous avons servi ensemble notre bon Seigneur, voici qu’ensemble aussi nous allons partir pour être avec Lui là-haut. Oh ! Bona, bientôt ! tout à l’heure ! Mon cœur se fond à cette douce pensée… Attends-moi un peu : je vais à mon tour recevoir le saint Viatique, et puis j’irai au Ciel avec toi.”

Il traça sur elle un grand signe de croix et regagna péniblement sa couche. Son confesseur, le Père Hildebrand, du couvent des Franciscains, lui dit : “Mon cher frère Luchesio, soyez fort et préparez-vous à la venue de votre Sauveur, car elle est proche. Repoussez toute tentation ; vous pouvez m’en croire, aujourd’hui même, vous verrez le salut et la couronne de gloire.” Luchesio souleva un peu sa tête moribonde : “Aimable Père Hildebrand, dit-il en souriant, si j’avais attendu jusqu’à ce jour pour me préparer à mourir, eh bien ! tenez, je ne désespérerais pas encore de la bonté de Dieu, mais à vrai dire, je serais moins tranquille.” Et, levant les mains et les yeux au ciel : “Je vous rends grâce, s’écria-t-il, ô sainte et adorable Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, et à vous mon Père béni, bienheureux François, de m’avoir délivré des pièges de l’enfer, me voici prêt, libre et joyeux, et c’est à vous que je le dois par les mérites de la Passion de Notre–Seigneur Jésus-Christ !” Dans cette fête de son âme, il reçut les derniers sacrements. 

Puis, entendant que sa femme était à l’agonie, il fit un dernier effort, se traîna jusqu’à elle, prit ses mains dans les siennes et la réconforta par les plus douces et les plus sublimes paroles. Il défaillait. On le porta sur son lit. Aussitôt son regard devint fixe. On l’entendit murmurer : “Jésus… Marie… François, mon Père…” Puis il fit le signe de la croix, et son âme donna la main à celle de son épouse pour s’envoler au ciel.

Dieu avait révélé à Luchesio le jour prochain de sa mort. Des miracles eurent lieu sur le tombeau des saints époux. Plus tard, lors de guerres contre les Florentins, les Germains emportèrent le corps de Bonadonna, laissant là seulement un bras. Luchesio est le patron de Poggi-Bonzi : son culte a été approuvé et le Martyrologe le mentionne le 28 avril.

 

 

Louis Grignion de Montfort

1673-1716

 

C’est dans la petite ville de Montfort-sur-Meu (Ille-et-Vilaine) que naquit Louis, un des neuf enfants de l’avocat Jean-Baptiste Grignion et de son épouse Jeanne Robert, le 30 janvier 1673 et qu’il fut baptisé le 1er février suivant.

Le trait particulier de l’enfant fut son attrait constant pour la prière et sa dévotion pour Notre-Dame, en l‘honneur de laquelle il ajouta le nom de Marie au sien, le jour de sa Confirmation.

Après ses premières études à Montfort, il va au collège jésuite de Rennes. Outre qu’un excellent élève, c’est déjà un apôtre, empressé auprès des pauvres et des malades. Il loge chez son oncle, l’abbé Alain Robert de la Vizeule ; son directeur spirituel est un certain père Descartes, neveu du philosophe René ; c’est surtout le père Gilbert, futur missionnaire, qui exerce sur lui la meilleure influence.

Monsieur Grignion s’installe à Rennes et confie à Louis les études de ses deux jeunes frères, ce qu’il assume en combattant beaucoup son caractère violent et irascible, comme il dit lui-même. A la suite de prières intenses et de pénitences sévères, il obtient de la sainte Vierge un signe qu’il sera prêtre.

Il part à Paris pour se préparer au sacerdoce, en 1693. Le papa n’était pas très satisfait de cette séparation, mais y consentit tout de même. A Paris, les études de Louis furent payées par une pieuse dame charitable. Louis se présentait cette fois-ci en tenue de mendiant, sous son «simple» nom de Montfort.

Avant d’entrer au séminaire, il passa déjà par maintes épreuves : une disette fit qu’on le priva de sa pension ; la fatigue le conduisit à une grave maladie, et à l’hôpital. Mais ses réactions calmes et patientes l’aidèrent à être admis au séminaire de Saint-Sulpice. Il fut soumis à un règlement sévère, qu’il accepta et appliqua sans opposer résistance, avec la plus profonde humilité. Ses supérieurs lui confièrent l’instruction des jeunes gens et des domestiques, lui permirent d’aller en pèlerinage à Notre-Dame de Chartres et à Notre-Dame de Paris.

Il fut ordonné prêtre en 1700.

Le grand combat qu’il dut affronter, fut la lutte contre les confrères jansénistes, dont l’erreur gangrenait le clergé.

Louis-Marie était aussi un original, presque un peu provocateur, par ses pénitences, ses attitudes, aussi les confrères - et les évêques, eurent souvent des réactions négatives pour Louis-Marie : celui-ci eut la sagesse, à chaque fois, de ne jamais réagir mal à ces réprimandes, à ces exclusions, à ces moqueries.

Son premier poste fut à Nantes, où les prêtres se méfiaient de sa «doctrine». Il rencontra l’évêque de Poitiers une première fois, et consacra son temps à visiter les malades de l’hôpital. Après un bref retour à Nantes, il revint à Poitiers où l’évêque le nomma aumônier de l’hôpital.

Après la mort de l’évêque, il dut partir de l’hôpital. C’est toutefois à Poitiers qu’il fit la connaissance de Mademoiselle Trichet, avec laquelle il fondera les Sœurs de la Sagesse.

Il quitta Poitiers, pour aller aider sa jeune sœur, religieuse à Angers, contre l’influence des jansénistes ; il y retrouve son ancien protecteur, qui le jette littéralement dehors ; il retrouva sa sœur à Paris, mais eut le même traitement au séminaire où il se présenta. Il put enfin faire admettre sa sœur à Rambervillers.

De retour à Poitiers, Louis-Marie fut appuyé par le nouvel évêque.

C’est en 1703 qu’il fonda vraiment les Filles de la Sagesse, avec une douzaine de saintes filles, à leur tête Mademoiselle Trichet. Critiqué, Louis-Marie dut quitter Poitiers.

Lors d’un nouveau séjour à Paris (1703-1704), Louis-Marie accumula encore les humiliations. Mais l’archevêque lui confia la réforme des ermites du Mont-Valérien. Et le peuple de Poitiers le réclamait.

De nouveau évincé de l’hôpital de Poitiers, Louis-Marie se vit investi par l’évêque de la prédication à travers le diocèse.

Des paroisses de Poitiers, il gagna tous les diocèses de l’Ouest ; tour à tour expulsé par les évêques eux-mêmes, malgré les nombreuses conversions obtenues, Louis-Marie vint à Rome en 1706 pour consulter le pape : ce dernier l’encouragea vivement, avec le titre de Missionnaire apostolique, à évangéliser toute la France, pour en extirper le jansénisme.

Louis-Marie prêcha jusqu’à soixante-douze missions durant les dix dernières années de sa vie. En compagnie de son fidèle frère Mathurin, un pieux laïc tout dévoué à sa cause, il sillonnera toutes les régions de Bretagne : Angers, Mont-Saint-Michel, Rennes, Dinan… la liste est longue.

En 1707-1708, il s’associa à quelques missionnaires de Bretagne, dirigés par Dom Jean Leuduger, un chanoine de Saint-Brieuc. Puis il ira évangéliser dans le pays de Nantes, avec le frère Mathurin et le frère Jean, et son action sera d’une grande efficacité sur les âmes, au grand étonnement des confrères.

A Nantes, Louis-Marie fonda la Confrérie de Marie, reine des cœurs. A Pontchâteau, il fit construire un Calvaire : mal conseillé, Louis XIV le fit détruire ; reconstruit, il fut saccagé par les révolutionnaires en 1793, et encore reconstruit en 1821.

En 1711, Louis-Marie fut appelé à La Rochelle par l’évêque. Il y prêcha. Il fit construire un Calvaire qui, à son tour, fut détruit par le gouverneur. Il refit un voyage à Nantes pour conforter les fidèles dans leur conversion, comme faisait saint Paul. Puis il s’établit dans un petit ermitage à La Rochelle. C’est là qu’il rédigea le si fameux Traité de la Vraie Dévotion à la Sainte Vierge.

En 1713, il remonta à Paris, dans l’intention de rencontrer de bons éléments pour fonder cette Société de missionnaires qu’il entrevoyait depuis longtemps : ce sera la Compagnie de Marie, communément appelée congrégation des Pères Montfortains. A eux s’adjoindront aussi les Frères de Saint-Gabriel.

Il repart sur Poitiers pour visiter Marie-Louise de Jésus (ex Mademoiselle Trichet) et les Filles de la Sagesse, puis rejoint La Rochelle ; il prêche durant le printemps de 1714.

Mai 1714 : nouveau voyage à Rouen, avec diverses étapes (Rennes, Avranches, Saint-Lô, Caen). De retour à La Rochelle en novembre, il y installa les Filles de la Sagesse.

En 1715, il repartit en Vendée, où il apostolisera jusqu’à la fin de sa vie. Il rédigea la Règle des Filles de la Sagesse.

En 1716, il apprit la mort de son père (21 janvier). Sa dernière mission fut à Saint-Laurent-sur-Sèvre (Vendée), le 5 avril.

Il y mourut le 28 avril, d’une pleurésie. Il n’avait que quarante-trois ans.

Louis-Marie Grignion de Montfort fut béatifié le 22 janvier 1888, canonisé en 1947.

On parle de le proclamer Docteur de l’Eglise.

 

 

Marie-Louise Trichet

1684-1759

 

Née le 7 mai 1684 à Poitiers, Marie-Louise était la quatrième d’une famille de huit enfants. Le père, Julien, était un juge à Poitiers, réputé pour son excessive honnêteté.

Dès l’enfance, la petite fille assistait à la Messe chaque jour, ce que ne manqua pas de remarquer un certain Louis-Marie Grignion de Montfort (cf. 28 avril), qui la prit sous sa direction spirituelle.

Ne pouvant, faute de dot, entrer chez les Chanoinesses de Saint-Augustin, elle commença par aller soigner les malades à l’hôpital, à partir de 1703, s’occupant en priorité des pauvres, des aveugles et des estropiés.

Elle réunit quelques compagnes, et commencèrent à vivre l’idéal montfortain des Filles de la Sagesse, qui s’établirent ensuite à La Rochelle en 1715. Marie-Louise prit le nom de Marie-Louise de Jésus.

Les Filles de la Sagesse devaient fondamentalement opposer l’idéal chrétien de la vraie Sagesse, aux idées philosophiques orgueilleuses du siècle des lumières.

Après la mort de saint Louis-Marie, Marie-Louise installa la maison-mère près de Poitiers où on la réclamait. Là, aidée par une autre ancienne dirigée de saint Louis-Marie, elle put ouvrir cette maison, justement à Saint-Laurent-sur-Sèvres, où mourut saint Louis-Marie.

Rapidement, plus de trente autres fondations s’ouvrirent dans tout l’Ouest de la France.

Marie-Louise de Jésus mourut le jour anniversaire de la mort de leur Fondateur, et au même endroit (Saint-Laurent), le 28 avril 1759.

Elle fut béatifiée en 1993.

Phaolô Phạm Khắc Khoan

1771-1840

 

Né en 1771 à Duyên Mậu (Ninh Bình, Tonkin), Phaolô (Paul) étudia auprès des pères des Missions Etrangères de Paris (MEP).

Ordonné prêtre, il collabora avec les missionnaires pendant quarante ans.

Malgré son âge avancé, il se déplaçait beaucoup. En revenant d’avoir visité des malades, il s’était arrêté dans une localité dont le maire le dénonça aux autorités. Il fut capturé avec ses deux catéchistes et emmené à Ninh Bình.

D’abord condamné à la décapitation, il fut condamné à la «mort avec sursis» en raison de son âge. Sa captivité se prolongea donc jusqu’en 1840. Un édit royal de novembre 1839 préconisait des efforts renouvelés de la part des autorités pour faire apostasier les Chrétiens. Mais le père Khoan rappela que le roi précédent les avait autorisés à prêcher, à instruire le peuple, à cultiver leurs champs en paix. Les prêtres recommandaient toujours, en outre, de prier pour le roi et les mandarins, pour la paix et la prospérité du royaume.

Début 1840, le mandarin fut remplacé et le procès reprit, pour aboutir à une sentence capitale définitive.

Parvenu au lieu du supplice, le père Khoan entonna un hymne à la gloire de Dieu : 

Adoration, hommages et respects soient rendus au Seigneur du ciel et de la terre, pour l’amour duquel nous allons mourir ! Nous faisons des vœux pour que le roi jouisse de toutes sortes de prospérités, qu’il règne longtemps et qu’il cesse enfin de persécuter une religion divine, la seule qui puisse rendre l’homme heureux.

Il fut décapité le 28 avril 1840, en même temps que les deux catéchistes Gioan Baotixita Đinh Vǎn Thành et Phêrô Nguyễn Vǎn Hiểu, avec lesquels il fut béatifié en 1900 et canonisé en 1988.

Une fête commune célèbre ces glorieux Martyrs vietnamiens le 24 novembre.

 

 

Phêrô Nguyễn Vǎn Hiểu

1783-1840

 

Laïc vietnamien, Phêrô (Pierre) était né vers 1783 à Đồng Chuối (Ninh Bình, Tonkin).

Catéchiste, il fut décapité pour sa fidélité le 28 avril 1840, en même temps que le père Phaolô Phạm Khắc Khoan et le catéchiste Gioan Baotixita Đinh Vǎn Thành.

En se rendant au lieu du supplice, il entonna les strophes du Te Deum, qu’il alterna avec le père Phaolô et le catéchiste Gioan Baotixita, y ajoutant à la fin Benedicamus Domino (Bénissons le Seigneur) et Alleluia.

Béatifiés en 1900, canonisés en 1988, ils ont leur dies natalis commun au 28 avril, et leur fête commune le 24 novembre.

 

 

Gioan Baotixita Đinh Vǎn Thành

1796-1840

 

Gioan (Jean-Baptiste) était né en 1796 à Nông Khê (Ninh Bình, Tonkin).

Catéchiste, il mourut décapité le 28 avril 1840, avec le père Phaolô Phạm Khắc Khoan et l’autre catéchiste Phêrô Nguyễn Vǎn Hiểu.

Le mandarin qui l’interrogea déclara : Thành a vraiment un corps de pierre, il ne fait pas plus attention aux coups qu’on lui donne que si l’on frappait du bois.

Tous trois furent béatifiés en 1900, canonisés en 1988, et commémorés le même jour, le 28 avril.

Une fête commune célèbre ces Martyrs du Vietnam le 24 novembre.

 

 

Pierre Chanel

1803-1841

 

Né le 12 juillet 1803 à Cuet (Montrevel-en-Bresse, Ain), Pierre-Louis était le cinquième des huit enfants de Claude-François Chanel et Marie-Anne Sibellas.

Pierre fut consacré à la Sainte Vierge dès avant sa naissance ; par reconnaissance, il ajouta le nom de Marie au sien.

Très (trop) sensible, il comprit qu’il devait combattre cette tendance.

La famille était pauvre ; Pierre garda le troupeau jusqu’à douze ans. Un bon prêtre le rencontra et l’aida à étudier, puis à entrer à l’école de Cras-sur-Reyssouze, en 1814.

Il fit la Première communion en 1817, à quatorze ans. C’est de cette époque que, à la suite de ses lectures, il ressentit une forte attraction pour les missions lointaines. Il éprouva cependant une forte tentation d’abandonner ses études : après avoir invoqué sa céleste Mère, la tentation disparut, ce qu’il appela toujours sa conversion.

En 1819 il partit au petit séminaire de Meximieux, où il brilla pour ses vers en latin, ses discours en français et en latin, sa faculté d’assimilier la doctrine chrétienne, mais aussi son zèle à propager la dévotion à Notre-Dame.

Il passa au grand séminaire de Brou et fut ordonné prêtre en 1827.

Il eut tour à tour les postes de vicaire à Ambérieu, curé à Crozet, avant d’être nommé au petit séminaire de Belley où il fut professeur de 6e, directeur spirituel, économe et vice-supérieur.

C’est pendant ces années qu’il entra dans la Société de Marie, fondée récemment par le père Colin. Très marial depuis longtemps, il avait pour devise : Aimer Marie et la faire aimer. Or c’est justement à cette Société que le pape confia les missions d’Océanie. 

Pierre présenta spontanément sa candidature et partit du Havre à Noël 1836 pour arriver à Futuna dix mois après. Il était très heureux d’être ainsi déchargé du poids de l’administration du séminaire. Il allait en assumer un autre, bien plus glorieux !

Il célèbra sa première messe à Futuna le 8 décembre 1837, en compagnie de deux autres confrères. Hébergé par le roi local, Niuliki, il apprit la langue du pays et baptisa les enfants mourants.

Au bout de deux ans, Pierre se sentit assez capable de prêcher et commença son travail d’évangélisation. Un de ses premiers combats : la lutte contre l’anthropophagie ! Il s’interposa entre les tribus qui se déchirent en luttes fratricides. On le surnomma l’homme à l’excellent cœur.

Les conversions se multiplièrent, le roi en fut jaloux : il mit dehors les missionnaires et leur refusa les vivres.

Ils durent cultiver leur propre champ de manioc, que des ennemis détruisaient la nuit ; ils durent même manger leur chien. Menacé de mort, Pierre écrivait : La religion est implantée dans l’île, elle ne s’y perdra point par ma mort, car elle n’est pas l’ouvrage des hommes, mais elle vient de Dieu.

Le propre fils du roi se convertit à son tour, ce qui mit le comble à la fureur du roi.

Niuliki envoya toute une troupe armée à la hutte du père Chanel. On l’assomma à coups de bâton et de massue. Il reçut un coup de lance. Comme il respirait encore, le gendre du roi l’acheva d’un coup de hachette sur la nuque.

C’était le 28 avril 1841.

Contrairement aux espérances du roi, tous les habitants de l’île se convertirent peu après, même les assassins du Martyr.

Pierre-Marie Chanel a été béatifié en 1889, et canonisé en 1954.

 

 

Józef Cebula

1902-1941

 

(voir au 9 mai)

 

 

 

María Guggiari Echeverría

1925-1959

 

María Guggiari Echeverría est née le 12 janvier 1925 à Villarica (Paraguay), aînée d’une fratrie de sept enfants ; on connaît les noms de certains d’entre eux : Federico Augusto Ramón, María Teresa Arminda et Mañica González Raveti. Les parents s’appelaient Ramón et María Arminda.

Le papa appelait souvent son aînée Chiquitunga, intraduisible en français : «Toute petite Chérie», car María était toute menue.

Celle-ci fut baptisée en 1929 et reçut la Première Communion en 1937.

Tout cela s’est fait jusqu’à présent de façon «ordinaire», selon la coutume des familles chrétiennes. Mais María éprouvait le besoin de s’investir davantage ; en 1941, elle s’engagea de tout son cœur dans l’Action Catholique : elle avait alors seize ans, et les parents trouvaient son engagement exagéré. María persévérait, elle allait visiter et soulager des pauvres, des malades, des prisonniers, enseigner le catéchisme aux enfants.

María apparaissait à tout son entourage comme une fille joyeuse, sociable, serviable, modeste, simple. En octobre 1942 elle fit un vœu privé d’engagement dans l’apostolat, auquel elle ajouta celui de virginité.

En 1950, toute la famille s’installa dans la capitale, Asunción ; María y cherchait aussi du travail. Elle ne manqua pas de se rapprocher des rangs de l’Action Catholique, dont le responsable local était un jeune étudiant en médecine, Ángel Sauá, qui entretint avec elle une profonde amitié, très pure.

María en vint même à se demander si elle se marierait, tout en préférant la vie chaste : elle priait. Ángel, de son côté, sentit l’appel au sacerdoce et le lui dit en 1951. María décida d’apporter toute l’assistance dont aurait besoin Ángel, en particulier elle le cacha pour le protéger de son propre père, qui était musulman, et l’aida à partir à Madrid en 1952 pour achever ses études.

En novembre 1952, María se décida à entrer dans l’Ordre des Carmélites, mais rencontra momentanément l’opposition de ses parents. Elle intensifia son activité au sein de l’Action Catholique, dont elle devint responsable au niveau diocésain, en 1953. En 1955, elle reçut enfin l’habit au couvent des Carmélites, et prit le nom de María Felicia de Jésus Sacrement.

Elle maintint une correspondance assidue avec Ángel, désormais nouveau prêtre ; on en a conservé quarante-huit lettres. La vie contemplative ne signifie pas inactivité. La Supérieure du couvent décrivait ainsi María : Un grand esprit de sacrifice, charité et générosité, le tout enveloppé dans une grande douceur et une joie communicative, toujours vivante et joyeuse. María fit la première profession en 1956, pour une durée de trois ans.

En janvier 1959, cependant, la sœur de María mourut d’une hépatite virale ; María en ressentit elle aussi les premiers symptômes quelques jours plus tard et dut faire un séjour au sanatorium d’Asunción. S’étant apparemment reprise, elle revint au couvent mais, le Samedi Saint, 28 mars, elle eut une hémorragie et cracha du sang. Son frère, médecin, constata que l’hépatite avait évolué en purpura et qu’il ne pourrait malheureusement pas sauver sa sœur. Un mois plus tard, entourée de ses parents et frères et sœurs, elle demanda à la Mère Prieure, qui était présente aussi, de lui lire le poème de sainte Thérèse d’Avila (v. 15 octobre) : Je meurs de ne pas mourir ! A quatre heures du matin, elle sortit de son sommeil et murmura Jésus, je t’aime ! Quelle belle rencontre ! Vierge Marie ! Ce furent ses dernières paroles.

C’était le 28 avril 1959. Elle avait, pour ainsi dire, anticipé de quatre mois sa profession perpétuelle.

María Felicia Guggiari Echeverría a été béatifiée en 2018 ; elle est la première Bienheureuse du Paraguay ; elle sera commémorée le 28 avril au Martyrologe.

 

 

Gianna Beretta Molla

1922-1962

 

Née le 4 octobre 1922 à Magenta (Milan, Italie), jour de la fête de saint François d’Assise, Gianna (Jeanne) était la dixième des treize enfants de la famille Beretta. Les parents, très chrétiens, sont du Tiers-Ordre franciscain.

De ces treize enfants, Enrico sera missionnaire capucin, Giuseppe prêtre à Bergame, Virginia religieuse à Canossa.

Pendant dix-huit ans, la famille vit à Milan puis, après la mort de plusieurs enfants à cause de la grippe espagnole, à Bergame.

Gianna fait sa première communion en 1928, bénéficiant ainsi des nouvelles dispositions que saint Pie X avait préconisées pour avancer l’âge auquel les petits enfants pourraient recevoir l’Eucharistie.

Mais Gianna ne voulut pas en rester à un événement isolé : désormais elle voulut quotidiennement recevoir le Corps du Christ. Elle reçoit la Confirmation en 1930.

Vive et sensible, Gianna fait de la musique, de la peinture, et de l’escalade.

En 1937, après la mort de sa sœur Amalia, la famille s’installe à Gênes, où Gianna fréquente le lycée. A douze ans, elle doit interrompre ses études à cause de sa santé.

En 1941, la famille fuit les bombardements et se réfugie chez les grands-parents à Bergame : les parents de Gianna meurent l’un après l’autre à quatre mois d’intervalle.

En 1942, elle s’inscrit à la faculté de médecine de Milan, puis de Pavie, et est reçue au doctorat en 1949. 

Elle n’a pas perdu son habitude de participer chaque jour à la Messe, et de prier le chapelet. Elle est aussi active à la paroisse, auprès des jeunes de l’Oratorio des Mères Canossiennes, dans l’Action catholique, dans les Conférences de Saint-Vincent-de-Paul.

Elle ouvre un cabinet médical à Mesero en 1950 et se spécialise en pédiatrie en 1952 : son horizon de charité englobe les pauvres, les mamans, les enfants, les vieillards. Elle est toujours auprès des jeunes, et continue ses activités de loisirs (musique, peinture, alpinisme).

En 1955, elle épouse Pietro Molla, dont elle aura quatre enfants : Pierluigi, Maria Zita, Laura et Gianna Emanuela.

La naissance de cette dernière fut particulièrement dramatique et douloureuse. En effet, la maman dut être opérée d’un fibrome à l’utérus au deuxième mois de la grossesse. Elle demanda au chirurgien de sauver en priorité son enfant. Or, celle-ci naît normalement le 21 avril 1962.

C’est après la naissance que l’état de Gianna empire rapidement : elle meurt le 28 avril 1962.

Des miracles se sont rapidement produits : Gianna Beretta Molla a été béatifiée en 1994, et canonisée en 2004.

A la cérémonie de la canonisation, était présente Gianna Emanuela, alors âgée de quarante-deux ans.

Partager cet article

Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de samuelephrem
  • : Plus de 9000 notices de Bienheureux et Saints. Ont été successivement illustrés : - Les personnages bibliques de l'ancien et du nouveau Testaments. - Tous les Saints et Bienheureux reconnus, depuis les débuts de l'Eglise jusqu'aux derniers récemment proclamés. En outre, des commentaires pour tous les dimanches et grandes fêtes (certains devant être très améliorés). Sur demande, nous pourrons vous faire parvenir en plusieurs fichiers pdf l'intégralité du Bréviaire romain latin, "LITURGIA HORARUM", qui vous permettront d'éviter beaucoup de renvois fastidieux, notamment pour les périodes de Noël et Pâques. Les textes sont maintenant mis à jour selon le nouveau texte de la Nova Vulgata (ed. 2005). Nous avons aussi le Lectionnaire latin pour toutes les fêtes du Sanctoral, sans renvois, également mis à jour selon le texte de la Nova Vulgata. Bienvenue à nos Lecteurs, à nos abonnés, avec lesquels nous entamerons volontiers des échanges. Bonne visite !
  • Contact

Recherche

Pages

Liens