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2 mai 2020 6 02 /05 /mai /2020 23:00

03 MAI

 

I.

Ss Philippe et Jacques le Mineur, apôtres :

- Philippe, de Bethsaïde en Galilée, aurait exercé en Phrygie et mourut à Hiérapolis, où l’on a retrouvé son tombeau en 2011 ; il n’est pas certain qu’il ait été martyrisé.

- Jacques, originaire de Cana en Galilée, cousin de Jésus, premier évêque à Jérusalem, auteur d’une épître, fut précipité du haut de la terrasse du Temple et achevé à coup de massue.

II.

S Alexandre Ier, pape (105-119), transpercé d’une infinité de coups de poinçon ; à ce pape remonterait l’usage de joindre une goutte d’eau dans le vin de la messe.

III.

Ss Timotheus et Maura, époux, crucifiés à Antinoé.

Ss Eventius, Alexander et Theodulus, martyrs à Rome.

IV.

S Iuvenalis, premier évêque à Narni.

Ss Alexandre et Antonine, martyrs en Bithynie ; Alexandre, un soldat, prit la place d’Antonine qu’on avait livrée à la prostitution ; ils eurent les mains coupées et furent brûlés vifs.

?

S Hygin (Gène), apôtre de Lectoure, où il convertit trente soldats.

VI.

S Conleth, premier évêque à Kildare, dont il est le patron principal.

X.

S Petros le Thaumaturge, évêque à Argos.

XI.

S Ansfrid (Aufrid, Anfroi), évêque à Utrecht ; il s’était consacré ainsi que sa femme et sa fille.

S Theodosij, abbé à Kiev, organisateur de la vie cénobitique en Russie..

XIII.

B Zacharie, un des premiers disciples de s. François, envoyé au Portugal.

B Alexandre, écossais, convers cistercien à Foigny.

Ss Gerardino Sostegno Sostegni et Ricovere Uguccio Uguccione, deux des Fondateurs de l'Ordre des Servites, profondément amis, nés et morts le même jour, fêtés le 17 février.

XIV.

Bse Emilia Bicchieri, supérieure dominicaine à Verceil.

B Alexandre Vincioli, évêque à Nocera, franciscain.

XV.

S Stanisław Sołtys Kazimierczyk, prêtre polonais, chanoine de Latran, béatifié en 1993 et canonisé en 2010.

XVII.

B Tommaso Acerbis (1563-1631), frère convers capucin dans le Tyrol, béatifié en 2013.

XX.

B Edoardo Giuseppe Rosaz (1830-1903), évêque à Susa, fondateur des Sœurs de Saint-François (tiers-ordre franciscain), béatifié en 1991.

Bse Alodie Virginie Paradis (Marie-Léonie, 1840-1912), canadienne, fondatrice des Petites Sœurs de la Sainte-Famille, pour les collèges et le clergé, béatifiée en 1984.

 

Jacques le Mineur, apôtre

1er siècle

 

Il y a eu beaucoup de discussions au sujet de l’apôtre Jacques «le Mineur», qu’on a ainsi distingué de Jacques «le Majeur», frère de Jean.

On a beaucoup hésité à confondre en un personnage l’apôtre, le fils d’Alphée, le parent du Sauveur et le premier évêque de Jérusalem.

Comme on a pu le dire dans la notice sur Marie de Cléophas (24 avril), Alphée fut le premier mari de celle-ci, et le père de ses trois (premiers) fils : Jude Thaddée, Simon le Zélote, et Jacques «le Mineur». Ces trois futurs apôtres étaient donc frères.

Rappelons que Cléophas était un neveu de saint Joseph, ce qui rend ces trois frères «parents» de Notre-Seigneur, ou «frères» au sens biblique.

Saint Jacques (le Mineur) fut favorisé d’une apparition privée du Seigneur ressuscité, d’après saint Paul (1Co 15:7).

Il fut le premier évêque de Jérusalem, désigné à cette mission d’après le Christ lui-même, d’après la Tradition. C’est effectivement lui qu’on trouve investi d’une autorité considérable à Jérusalem, dans les premiers temps de l’Eglise, après la Pentecôte. On voit ainsi que Pierre, libéré miraculeusement par l’ange, demande d’aller porter la nouvelle à Jacques et aux frères (Ac 12:12-17). 

Lors du Concile de Jérusalem, où l’on devait examiner les modalités d’admission des Gentils dans la communauté chrétienne, c’est Jacques qui prend la parole après Pierre pour dire qu’il ne faut pas inquiéter ceux d’entre les Gentils qui se convertissent à Dieu (Ac 15:19-20), et donc ne pas leur imposer le rite de la circoncision, mais leur demander de s’abstenir des viandes offertes aux idoles, et de l’impudicité.

Lors de son dernier voyage, c’est chez Jacques que Paul se rend pour raconter son expérience apostolique (Ac 21:18-19).

L’épître «de Jacques» qui suit celles de Paul dans le Nouveau Testament, est traditionnellement attribuée à saint Jacques le Mineur.

La sainteté de Jacques est restée «légendaire». Les Juifs eux-mêmes avaient une grande vénération pour lui. Eusèbe et saint Jérôme, se référant à Hégésippe, écrivent : 

Il a toujours conservé sa virginité et sa pureté entière. Nazaréen, c’est-à-dire consacré à Dieu dès sa naissance, il ne coupa jamais ses cheveux ni sa barbe, n’usa ni de vin, ni de bains, ni d’huile pour oindre ses membres, ne porta point de sandales, n’usa pour ses vêtements que du lin. Ses prostrations à terre dans la prière étaient si fréquentes que la peau de ses genoux s’était endurcie comme celle du chameau. Son éminente sainteté lui valut le surnom de Juste par excellence.

Les Actes des Apôtres parlent du martyre de Jacques le Majeur (Ac 12:2), mais pas de celui de Jacques le Mineur. Ce qu’on en sait en revanche, vient des historiens cités plus haut.

Les docteurs de la Loi, inquiets des progrès du christianisme par l’apostolat de Jacques, le firent arrêter et le condamnèrent à être lapidé. On le fit monter sur un endroit élevé en dehors du Temple, pour qu’il pût être mieux entendu. C’était la Pâques, et il y avait affluence de Juifs à Jérusalem. Les Juifs lui crièrent : Dis-nous ce qu’il faut croire de Jésus crucifié. Jacques déclara : 

Jésus, le Fils de l’Homme, est maintenant assis à la droite de la majesté souveraine comme Fils de Dieu, et doit venir un jour porté sur les nuées du ciel.

Cette affirmation de la divinité de Jésus émut un grand nombre de Juifs, qui crurent. Mais les docteurs montèrent auprès de lui et le précipitèrent en bas. Jacques ne mourut pas de cette chute : il s’agenouilla et demanda pardon pour ses ennemis. Alors ils le lapidèrent, et on l’acheva d’un coup de levier.

Ce martyre eut lieu en 62, à la fête de Pâques, aux environs du 10 avril.

Hégésippe précise que le tombeau de Jacques le Mineur se trouvait à l’endroit même du martyre, et que le monument y resta jusqu’à la destruction de Jérusalem par Titus (70). Les Juifs les plus sages estimaient que cette mort injuste fut la cause des malheurs de la Ville Sainte.

Plus tard, une partie des reliques de cet Apôtre fut transférée à Constantinople, et de là à Rome, dans l’église des Douze-Apôtres, un 1er mai.

Depuis le 6e siècle, les deux Apôtres Philippe et Jacques le Mineur sont fêtés ensemble, d’abord au 1er mai, et maintenant au 3 mai.

 

 

Philippe, apôtre

1er siècle

 

Saint Philippe était originaire de Bethsaïde, près du lac de Tibériade, comme d’ailleurs Pierre et André.

Après ceux-ci, il est le troisième appelé par Jésus. C’est lui qui, ensuite, vient dire à Nathanaël qu’il a rencontré Jésus, celui dont il est parlé dans la Loi de Moïse et dans les prophètes (Jn 1:45).

C’est à lui que Jésus demande Où acheter du pain pour tant de personnes (Jn 6:5), et Philippe de répondre que Deux cents deniers de pain ne suffiraient pas (ibid.).

Plus tard, c’est à Philippe que s’adressent des Grecs qui veulent voir Jésus (Jn 12:21) ; Philippe et André les présentent à Jésus, et Jésus alors leur dit que l’heure est venue où il va être glorifié : désormais on le verra sur la Croix, la Croix qui le conduira à la Gloire.

Enfin, Philippe intervient lors de la dernière Cène : Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit, provoquant cette affirmation de Jésus sur sa divinité : Qui m’a vu, a vu le Père (Jn 14:8-12).

Ensuite, l’apôtre Philippe disparaît de l’Ecriture. Il ne faut pas le confondre avec le diacre Philippe des Actes des Apôtres (cf. Ac 6:5 ; 8:5-8 ; 21:8).

D’après la sainte Tradition, Philippe prêcha chez les Scythes (territoire qui s’étendait de l’Ukraine au Kazakhstan), et serait mort très âgé à Hiérapolis en Phrygie (auj. Turquie occidentale), peut-être martyr (vers 90). Localiser ainsi l’apostolat de l’Apôtre semble assez vague : suivant l’exemple du Seigneur, Philippe est resté humblement dans l’ombre, sa gauche «ignorant ce que faisait sa droite» (cf. Mt 5:3), se réjouissant de ce que la Parole divine se répandait parmi les nations.

La ville de Hiérapolis se trouverait non loin de l’actuelle Pamukkale, et on y aurait retrouvé récemment la tombe de saint Philippe.

Les reliques de saint Philippe furent transférées de Hiérapolis à Constantinople, puis de là à Rome, dans l’église des Douze-Apôtres, dont la dédicace avait eu lieu le 1er mai. On y apporta aussi des reliques de saint Jacques le Mineur, et c’est depuis le 6e siècle qu’on honore ensemble ces deux apôtres.

Mais puisqu’au 1er mai on fête saint Joseph artisan, on a déplacé la fête des Apôtres au 3 mai.

 

 

Alexandre Ier

108-115

 

Un grand mystère enveloppe ce sixième pape, successeur de saint Evariste.

Il aurait été romain.

Ce serait à lui que remonterait l’usage de verser une goutte d’eau dans le vin offert durant le Saint Sacrifice de la messe.

Il serait mort martyr.

En réalité, il est possible qu’on le confonde avec un autre martyr du même nom, mentionné au Canon Romain. En effet, si le martyr Alexandre était notre pape, il est curieux de remarquer qu’il n’est pas nommé dans le Communicantes, parmi les premiers papes martyrs après Lin, Clet, Clément, et avant Sixte qui lui succéda. Dans l’autre prière du Canon, le Nobis quoque peccatoribus, se trouvent nommés d’autres grands Saints et Saintes de la première Église, après Jean-Baptiste et Etienne : Matthias, Barnabé, Ignace, Alexandre, Marcellin, etc.

Deux autres détails peuvent nous laisser perplexes. D’une part, la passio du martyr Alexandre dit qu’il serait mort à trente ans : comme pape, après une dizaine d’années de pontificat, il aurait donc accédé à la chaire de Pierre vers l’âge de vingt ans, ce qui est impossible. D’autre part, on s’étonne de le voir enseveli sur la Via Nomentana, alors que tous les papes des deux premiers siècles sont au Vatican. 

Il reste mystérieux aussi de constater qu’on ait si peu de faits à propos d’un pape qui occupa la chaire de saint Pierre pendant près de dix années.

Actuellement, l’Alexandre nommé le 3 mai au Martyrologe n’est pas considéré comme pape : c’est un martyr romain, avec Eventius et Theodulus. 

Mais alors, quand serait fêté le pape saint Alexandre Ier

Dans la liste des papes, le successeur d’Alexandre Ier est Sixte Ier.

 

 

Eventius, Alexander et Theodulus à Rome

† 119

 

Le martyr Alexander dont il est question ici n’est, disent les spécialistes, probablement pas le pape Alexandre 1er (v.supra).

Alexander, compagnon d’Eventius et Theodulus, fut tellement célèbre qu’il éclipsa même le saint pape Alexandre, avec lequel on l’a confondu. C’est sans doute de ce Martyr qu’il est question dans la liste des Saints du Nobis quoque peccatoribus du Canon romain.

Un des meilleurs arguments en faveur de ce dédoublement est que, si le «pape» Alexandre mourut à trente ans après dix années de pontificat, il serait monté sur le siège de Pierre à l’âge de vingt ans, ce qui est absolument impossible.

Alexander fut le premier arrêté pour sa foi, avec Hermès, sous la garde du tribun Quirinus (v. 30 avril). Alexander amena Hermès à la conversion ; Quirinus pensant qu’il s’agissait de magie, provoqua Hermès: Je vais tripler le nombre des chaînes, apposer des scellés sur les portes de la prison, et si Alexander vient vous trouver dans ma demeure, je croirai en lui. Quirinus fut le premier surpris de voir ses deux prisonniers chez lui. Il leur demanda de guérir sa fille Balbina (v. 31 mars).

Alexander, Eventius et Theodulus baptisèrent beaucoup d’autres prisonniers, puis Quirinus et toute sa famille. C’est à ce moment-là que furent martyrisés Quirinus, ainsi que Balbina. Hermès fut aussi décapité, tandis que les autres prisonniers baptisés étaient jetés à la mer.

Puis furent interrogés nos trois Héros. Alexander le premier, puis Eventius et enfin Theodulus, répondirent fermement au juge, lui reprochant sa méchanceté et le menaçant des peines de l’enfer.

Alexander fut suspendu sur le chevalet, torturé avec des ongles de fer et des torches ; il ne disait plus rien parce que le Chrétien qui prie parle avec Dieu.

Eventius avait quatre-vingt-un ans ; à la question de dire son nom, il répondit : Les hommes m’appellent Eventius, mais mon nom spirituel est ‘Chrétien’. Il affirma qu’il avait été baptisé à onze ans, qu’il avait été ordonné prêtre à vingt ans.

Le magistrat ordonna de lier dos à dos Alexander et Eventius et de les jeter dans une fournaise. Theodulus ne voulut pas rester là à regarder, il se jeta spontanément dans le brasier. Mais les trois Martyrs ne moururent pas immédiatement.

Quand il l’apprit, le magistrat ordonna de décapiter Eventius et Theodulus ; Alexander eut un traitement «de choix» : il fut transpercé de lames acérées.

Ce devait être en 119, sous Hadrien. D’autres auteurs avancent plutôt le 3e ou le 4e siècles.

Saints Eventius, Alexander et Theodulus à Rome sont commémorés le 3 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Timotheus et Maura d’Antinoe

† 286

 

Timotheus et Maura étaient originaires de l’île de Chypre.

Ces époux chrétiens vivaient à Antinoe (Egypte), où Timotheus était lecteur. Ensemble, à la maison, ils lisaient l’Ecriture, la méditaient et échangeaient leurs pensées.

On invita Timotheus à livrer les Livres saints, ce qu’il ne voulait absolument pas faire ; on chercha à persuader Maura de l’en convaincre, peine perdue.

On les condamna à mort. D’abord torturés de mille façons, on les mit en croix, où ils demeurèrent suspendus pendant neuf jours, continuant de s’exhorter l’un l’autre dans la foi.

Ce supplice eut lieu en 286.

Saints Timotheus et Maura d’Antinoe sont commémorés le 3 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Iuvenalis de Narni

† 376

 

D’après un document un peu tardif, Iuvenalis (Giovenale pour les Italiens) était un médecin.

Le pape Damase (v. 11 décembre) l’ordonna prêtre.

En 359, il devint le premier évêque de Narni (Ombrie, Italie C).

Il mourut sans doute le 7 août 376, mais n’est pas commémoré à cette date, peut-être à la suite d’une ultérieure translation de ses reliques, à Lucques ou à Fossano.

Saint Iuvenalis de Narni est commémoré le 3 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Conleth de Kildare

450-519

 

Conleth est le nom usuel de notre personnage ; en vieil irlandais, on l’écrit Conláed ; en irlandais moderne, les formes varient : Naomh Connlaodh, Conlaeth, Conlaid, Conlaith, Conlath, Conlian, jusqu’à Hugh the Wise (?).

Il vivait dans la solitude de Old Connell (auj. Newbridge, en irlandais Droichead Nua) et on le connaissait pour son habileté dans l’orfèvrerie, ainsi que dans la copie des manuscrits.

Sainte Brigide de Kildare (v. 1er février) fit appel à lui pour diriger une fabrique de vases sacrés et un atelier d’enluminure. De là serait sortie la fameuse crosse de s.Finbarr (v. 25 septembre).

Sans qu’on sache quand il fut ordonné prêtre, Conleth dirigea les monastères fondés par sainte Brigide et construisit avec elle ce qui devint la cathédrale de Kildare, vers 490, diocèse dont il fut ainsi le premier évêque.

En 519, Conleth partit en pèlerinage à Rome, mais fut attaqué et mortellement blessé par des loups tandis qu’il traversait le forêt de Leinster.

En 835, ses reliques furent transportées à Connell, pour protéger les habitants contre les Danois envahissants.

Le culte de s.Conleth fut approuvé en 1903.

Saint Conleth de Kildare est commémoré le 3 mai dans le Martyrologe Romain.

Petros le Thaumaturge

† 922

 

Petros naquit au 9e siècle à Constantinople dans une famille aisée, dont les six enfants collaboraient volontiers à l’activité caritative des parents envers les pauvres.

Il devint moine à Corinthe et le patriarche Nicolas le Mystique pensait à le nommer évêque de Corinthe, mais il refusa au profit de son frère Pavlos ; il dut ensuite se plier à l’obéissance quand il fut nommé pour le siège d’Argos et Nafplio.

Organisateur, immensément soucieux des pauvres et des malades, il racheta les chrétiens captifs des Musulmans en Crète.

En 920, on le voit présent au synode de Constantinople, convoqué par le même Nicolas le Mystique.

Petros était connu pour son érudition et sa connaissance de l’Ecriture, mais plus encore pour ses miracles, qui lui valurent le surnom de Thaumaturge.

Sa vie sur terre cessa vers 922, mais pas ses miracles; son corps se mit à exsuder une huile miraculeuse.

Les reliques de s.Petros furent plus tard déposées dans un monastère de Rome, mais reportées en 2008 à Argos.

Saint Petros le Thaumaturge est commémoré le 3  mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ansfrid d’Utrecht

† 1008

 

Ansfrid était comte de Brabant et de Huy. Son père, Lambert, était le beau-frère de Henri l’Oiseleur.

Il parcourut la carrière des armes sous les empereurs Otto III et s.Henri (v. 13 juillet), pourchassant les bandits et les pirates.

Ayant épousé Hereswit (ou Hilsunde), comtesse de Streyn, ils eurent une fille nommée Benedikt (ou Beatrix ?). Ensuite, ils conservèrent la chasteté d’un commun accord.

Ansfrid fit don de son territoire de Huy à l’évêché de Liège ; en 992, il fonda l’abbaye de Thorn où Hilsunde y devint moniale, avec sa fille. Il ne semble guère probable que la fondation remonte à 902, ni même à 925, s’il est vrai que  Hilsunde puis Benedikt en furent les premières abbesses.

En 994, on se tourna d’un seul cœur vers Ansfrid pour le nommer évêque d’Utrecht, mais il fallut y mettre de l’autorité pour l’obliger à accepter. Même l’empereur se joignit aux évêques. Ansfrid alors déposa son épée sur l’autel de Notre-Dame, avec cette prière : 

Jusqu’à ce jour, j’ai combattu pour une gloire temporelle et pour la défense des droits des pauvres, veuves et orphelins ; désormais je me place sous la protection de la Vierge Marie pour travailler sans relâche à la conquête des âmes, à la gloire de Dieu, à mon salut.

De temps en temps, il se retirait dans une de ses fondations, l’abbaye de Fohorst, qui s’appela plus tard Heiligenberg (Montagne Sainte). Les dernières années, devenu aveugle, il s’y retira complètement et mourut le 3 mai 1008.

La dépouille fut, dit-on, «volée» le jour des obsèques par les habitants d’Utrecht pour la déposer dans la cathédrale ; les moines de Thorn faillirent aller la reprendre, même au prix d’une sérieuse bagarre, mais les prières de l’abbesse de Thorn - qui devait être encore Hilsunde elle-même - conjura le danger d’effusion de sang et le saint évêque reposa en paix dans sa cathédrale.

Saint Ansfrid d’Utrecht est commémoré le 3 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Theodosij Petsjerskij de Kiev

1008-1074 

 

Theodosij naquit vers 1008 à Vasylkiv (Kiev, Ukraine), dans une famille bien établie.

Il passa la plus grande partie de sa jeunesse à Koursk, où sa famille déménagea. Mais Theodosij était attiré par la solitude et l’ascétisme : les jouets, les jeux, n’étaient pas pour lui ; il préférait aller à l’église.

Il eut même l’idée de partir en pèlerinage à Jérusalem, en se mêlant à d’autres pèlerins, mais il fut rattrappé à temps par sa mère ; à la maison, on le lia avec des chaînes, jusqu’à ce qu’il promît de «ne plus recommencer».

A treize ans, il fut orphelin de père ; sa mère, une femme forte s’il en fut, ne voulait rien entendre de la vocation de son fils ; quand ce dernier voulut se mêler aux ouvriers en s’habillant comme eux et en travaillant avec eux, elle se fâcha, le frappa et même tenta de l’enfermer.

Theodosij réussit tout de même à apprendre à faire le pain chez un boulanger. Mais sa vocation ne s’éteignait pas, mettant la maman en fureur.

A vingt-quatre ans, Theodosij profita d’une absence momentanée de sa mère, pour rejoindre le prêtre Nikon non loin de Kiev. Il y avait là une communauté fondée par le saint ermite Antonios et c’est probablement là que Theodosios reçut le nom sous lequel il est connu.

Quatre années passèrent, jusqu’à ce que la chère maman abandonnée finit par retrouver son fils, désormais moine tonsuré ; elle eut beau le supplier avec larmes de revenir à la maison, ce fut le contraire qui arriva : le fils persuada sa mère de quitter le monde et d’embrasser la vie religieuse au monastère de Saint-Nicolas : elle y mourut, en paix.

Quant à la communauté du prêtre Nikon, elle se développa et devint le grand monastère Petsjersk Lavra (Monastère des Caves, par allusion aux nombreuses grottes qui y furent creusées).

Theodosij effectuait tous les travaux possibles, portant l’eau, le bois, le grain, la farine ; il était à l’église avant tous les autres et la quittait bien après la fin de l’office. Pendant deux années, il assista personnellement un vieux moine presque paralysé et impotent, que les autres moines plus jeunes n’osaient plus approcher.

En 1054, il fut ordonné prêtre.

Le fondateur Antonios remit un jour son pouvoir à un digne successeur pour se retirer dans la solitude. En 1063, ce fut Theodosij qui fut désigné pour diriger le monastère. 

C’est Theodosij qui organisa à proprement parler la vie monastique en Russie. S’il maintint le style de vie érémitique en période de carême, il fit construire des bâtiments solides pour la vie quotidienne des moines, de plus en plus nombreux. Il s’inspira des Règles de s.Théodore de Stoudion et de s.Basile (v. 11 novembre et 2 janvier).

En plus, il fit construire un hospice pour les malades et les personnes handicapées, une auberge pour les voyageurs.

Les moines devaient approfondir l’étude de l’Ecriture, pour pouvoir l’enseigner ensuite ; ils devaient nourrir les vagabonds et les prisonniers avec le fruit de leurs travaux : chaque samedi, une pleine charrette quittait le monastère pour la prison.

Jusqu’à la fin de sa vie, Theodosij participa à toutes les activités du monastère ; il mangeait du pain sec et des légumes cuits à l’eau ; il veillait longuement la nuit. En Carême, il se mettait une simple tunique de crin et ressemblait plus à un mendiant quelconque qu’à un higoumène.

Un jour qu’il avait dû aller trouver le Prince Izjaslav, le cocher ne le reconnut pas et lui lança : Toi, le moine, tu ne fais rien de ta journée, tandis que moi, je travaille du matin au soir. Prends donc ma place ! Theodosij gentiment conduisit le cocher jusqu’au monastère et lui servit un bon repas ; c’est seulement alors que le cocher comprit pourquoi les gens saluaient si respectueusement Theodosij le long du chemin.

A travers l’évangélisation faite par les moines, l’influence de Theodosij s’étendit dans toute la région et même jusqu’au monde politique.

Theodosij célébra encore la fête de Pâques en 1074, mais sentit sa fin approcher. Il mourut le 3 mai 1074. Selon son désir, il fut enterré dans une des grottes du monastère, mais en 1091, son corps fut retrouvé sans corruption et transféré dans l’église.

En 1108, les évêques de la province de Kiev le canonisèrent.

Par trois fois, les Tatares pillèrent le monastère au 13e et au 14e siècles. Au 20e siècle, le monastère fut à nouveau l’objet du vandalisme du communisme et du nazisme ; l’église fut détruite, et le monastère transformé en musée ; il a été restauré récemment.

On a écrit de Antonios et de Theodosij qu’ils furent les deux premières grandes bougies allumées, représentant la grande Russie, devant l’icône du Christ.

 

Saint Theodosij de Kiev est maintenant commémoré le 3 mai dans le Martyrologe Romain.

Zaccaria (franciscain)

† 1249

 

Ce frère franciscain fut un des premiers disciples de saint François d’Assise, qui le reçut à Rome.

François l’envoya en Espagne, prêcher parmi les Maures.

De là, il passa au Portugal, invitant la population à la conversion réelle.

Sa prédication fut complétée par des miracles. Un de ceux-ci amena à la foi une personne qui doutait de la Présence Réelle eucharistique ; en une autre occasion, le Frère multiplia le pain pour tout le couvent.

Il mourut le 3 mai 1249.

Le Martyrologe ne le mentionne pas actuellement.

 

 

Ricovere Uguccioni

1204-1282

 

Ce pieux marchand de Florence fut un des Sept Fondateurs de l’Ordre des Servites de Marie.

Il prit le nom de Uguccio.

On retient de lui la sainte amitié qui le lia à son Confrère, Gerardino (Sostegno) Sostegni : tous deux naquirent en 1204, et Dieu consacra cette belle amitié en les rappelant tous les deux le 3 mai 1282, à la même heure.

 

Sur l’ensemble de ces Fondateurs, voir la notice : Servites de Marie (Sept Fondateurs des)

 

 

Gerardino Sostegni

1204-1282

 

Ce pieux marchand de Florence fut un des Sept Fondateurs de l’Ordre des Servites de Marie.

Il prit le nom de Sostegno.

On retient de lui la sainte amitié qui le lia à son Confrère, Ricovere (Uguccio) Uguccione : tous deux naquirent en 1204, et Dieu consacra cette belle amitié en les rappelant tous les deux le 3 mai 1282, à la même heure.

 

Sur l’ensemble de ces Fondateurs, voir la notice : Servites de Marie (Sept Fondateurs des)

 

 

Emilia Bicchieri

1238-1314

 

Emilia Bicchieri vit le jour en 1238 (le 3 mai ?) à Vercelli (Italie NO), quatrième des sept filles de Pietro, patrice bien en vue parmi les gibelins, et très chrétien.

La petite Emilia se montra plus mûre que son âge, fuyant les bavardages et se retirant dans le silence de sa chambre pour prier. On l’entendait chanter les psaumes.

Tôt orpheline de mère, elle révéla à son père son désir de devenir religieuse, mais son père l’aimait trop pour consentir facilement à cette séparation. En 1255, quand Emilie eut dix-sept ans, il céda enfin et promit de faire construire le monastère qu’elle désirait, pour y introduire la règle du Tiers-Ordre dominicain.

Cette règle, moins austère que celle des moniales, permettait aux Religieuses de se donner aussi à des œuvres de charité.

La vie conventuelle commença dès 1256. Devenue prieure, Emilia conduisit les consœurs sur la voie de la sainteté, cherchant toujours à agir pour Dieu seul.

A nos yeux modernes, Emilia se montrait parfois très exigente : par exemple, on ne devait rien boire en-dehors des repas les jours de jeûne. N’en pouvant plus, une sœur demanda à prendre un peu d’eau ; Emilia lui proposa d’offrir cette abstinence pour son propre salut ; peu après, la sœur mourut et apparut à Emilie, en la remerciant de l’avoir aidée ainsi à éviter le Purgatoire.

Elle établit que, la veille des principales fêtes, les sœurs, agenouillées les unes devant les autres, se pardonneraient leurs légers manquements et les effaceraient dans le baiser de paix.

Tombée malade à soixante-seize ans, Emilie reçut les derniers sacrements et expira, le 3 mai 1314.

Son culte fut reconnu en 1769. Elle est donc Bienheureuse.

 

 

Alessandro Vincioli

1305-1363

 

Alessandro Vincioli naquit vers 1305, de Pellolo Vincioli (de Pérouse) et Rinaldina Trinci (de Foligno).

Son origine noble ne l’empêcha pas d’entrer humblement dans l’Ordre franciscain, où il se distingua si bien par sa piété et sa science théologique, qu’il fut nommé par le pape Grand Pénitencier.

Puis, en 1325, le même pape le nomma évêque de Nocera.

Le Franciscain demeurait franciscain ; Alessandro continua sa vie mortifiée, prenant sur son sommeil pour prier davantage, s’imposant l’abstinence aux repas. 

Sa prière obtint la cessation d’une épidémie de peste en 1348.

Il mourut le 3 mai 1363.

D’autres miracles le firent honorer comme Bienheureux.

Le Martyrologe ne le mentionne pas actuellement.

 

 

Stanisław Sołtys Kazimierczyk

1433-1489

 

Né le 27 septembre 1433 à Kazimierz (aujourd’hui dans Cracovie), Stanisław était le fils d’un conseiller municipal du nom de Maciej Sołtys et de Jadwiga.

Après ses études à l’école paroissiale, il entra dans l’Ordre des Chanoines Réguliers du Latran, et fut ordonné prêtre en 1462.

Il reçut la charge de prédicateur, maître des novices, prieur et confesseur.

En 1466, il est maître en philosophie et, en 1467, maître en théologie.

Il prononçait ses sermons aussi bien en polonais qu’en allemand.

Ses deux grandes dévotions étaient la passion du Christ et la Sainte Eucharistie. 

Il avait un grand ami dans la personne de saint Jan Kęty (voir au 24 décembre).

Il était particulièrement proche des pauvres et des malades, et toujours disponibles pour ceux qui voulaient lui demander un conseil.

Il mourut à genoux en train de prier, dans son cloître. Ce fut le 3 mai 1489.

A sa demande, il fut enterré à l’entrée de l’église, de sorte que les fidèles marcheraient toujours sur son corps. Ce trait d’humilité s’est souvent répété au cours des âges, de la part de curés, de prélats, de personnalités diverses, qui voulaient être ainsi foulés aux pieds des fidèles.

Très vite, après sa mort, de nombreuses grâces furent obtenues par son intercession. Stanisław devint le patron de Kazimierz.

Les démarches pour la béatification commencèrent au 18e siècle. Elles furent reprises et activées par le cardinal Wojtyła qui, devenu pape, le béatifia en 1993.

Stanisław Sołtys Kazimierczyk fut enfin canonisé en 2009.

 

 

Tommaso Acerbis

1563-1631

 

L’humilité de ce Capucin commence par nous priver d’informations sur sa jeunesse.

Tommaso naquit en 1563 à Olera (Alzano, Bergame, Lombardie, Italie nord), de parents agriculteurs et bergers, qu’il aida fidèlement jusqu’à dix-sept ans.

En 1580, il fut accueilli au Couvent des Pères Capucins de la Sainte Croix de Citadella à Vérone et incardiné dans la province de Venise comme frère laïc. 

Bien qu’étant frère laïc, il demanda et obtint d’apprendre à lire et à écrire. Pendant les trois années de sa formation se manifestèrent ses remarquables qualités et surtout ses vertus, il vivait intensément les moments d’étude et la prière au chœur. Son Supérieur le définit alors comme maître et miroir de la perfection religieuse, sommet de toute espèce de vertu.

Le 5 Juillet 1584 il émit la profession religieuse et se vit confier le service délicat et essentiel de la quête à Verona. Il y demeura jusqu’en 1605, quand il fut transféré à Vicenza pour le même service. Dans cette même ville, il promut la construction d’un monastère féminin du même Ordre. Le même scénario se reproduisit à Rovereto, où il fut de 1613 à 1617 et où il rencontra et dirigea la jeune Bernardina Floriani, âgée d’à peine treize ans, future mystique et vénérable Jeanne Marie de la Croix. 

A partir de 1617, il devint ami et maître spirituel de l’homme de science Ippolito Guarinoni, médecin de cour à Innsbruck. C’est à lui que le Frère Tommaso suggéra la construction d’une église dédiée à l’Immaculée Conception à Volders. Ce fut la première église, en terre de langue allemande, dédiée à l’Immaculée et à saint Charles Borromée ; en Autriche, elle est encore aujourd’hui considérée monument national. Quand ensuite le même Guarinoni fut transféré près des mines de Schwaz, le Frère intervint auprès des propriétaires de mines, pour les supplier de mieux traiter les mineurs catholiques.

Au Tyrol, il était le guide spirituel des pauvres de la vallée, catéchiste mais aussi propagateur et défenseur des décrets tridentins pour une véritable réforme catholique. 

Nous le trouvons ensuite à Padoue en 1618, comme portier du couvent, puis à Conegliano de nouveau comme questeur. 

En 1619, quelques mois après son arrivée au couvent de Conegliano, il fut appelé par l’ar- chiduc Léopold V de Habsbourg, comme directeur spirituel. Il fut ainsi le guide spirituel de l’empereur et de son épouse Claudia de’ Medici, qu’il rencontra fréquemment ainsi que les sœurs de l’empereur, les archiduchesses de Habsbourg Maria Cristina et Eleonora. On conserve une abondante correspondance écrite du Frère Tommaso avec l’empereur, son épouse et ses sœurs. Venuu à Innsbruck comme quêteur, il devint ainsi le conseiller spirituel de la cour. L’Autriche était à cette époque la tête de pont de la Réforme catholique et particulièrement pour la «reconquête catholique» des terres allemandes.

Au cours de son séjour à Vienne (1620-1621), il favorisa la conversion à la foi catholique de Eva Maria Rettinger, veuve du comte de Lerchenberg George Fleicher, qui se consacra à Dieu chez les bénédictines du monastère de Nonnberg-Salzbourg et en devint abbesse. Egalement à Vienne, en 1620, il rédigea des Concepts moraux contre les hérétiques, publiés à titre posthume. C’est dans cette œuvre qu’il dévoila la source à laquelle il puisait pour ses écrits : Je n’ai jamais lu une syllabe dans les livres, mais je me donne du mal pour lire la Passion du Christ.

L’obéissance et l’humilité firent de lui le «frère de la quête» pendant près de cinquante ans ; l’amour pour les âmes, en fit un «apôtre infatigable» de l’Evangile. Avec tous, croyants ou non-croyants, il a parlé de l’amour de Dieu révélé en Jésus-Christ. Il instruisit dans la foi petits et grands. Aux grands et aux humbles, il demanda de s’engager dans l’amour. Il était un véritable apôtre, et beaucoup étaient stupéfaits, car il semblait humainement impossible qu’un simple frère laïc parlât si bien de Dieu, tel qu’il le faisait. Son engagement était un feu d’amour. Partout il parlait des choses de Dieu avec tant d’esprit et de dévotion, qu’il suscitait en tous stupeur et émerveillement.

En même temps, il invitait et exhortait à la réconciliation et au pardon ; il visitait et réconfortait les malades, écoutait et encourageait les pauvres ; en scrutant les consciences, il dénonçait le mal et facilitait les conversions. Afin d’obtenir de Dieu ce qu’il annonçait à ceux qu’il rencontrait, il veillait la nuit en prière, flagellait son corps et s’imposait des jeûnes et des austérités pour leur salut.

Il enseignait à tous la grande sagesse de l’amour qui s’apprend auprès des chères plaies du Christ, exhortant à s’y réfugier heureux dans la souffrance. Il a également été conseiller de l’archevêque Paride Londron, prince de Salzbourg et guide spirituel de l’empereur Ferdinand II, restant à ses côtés pendant la guerre de Trente Ans (1618-1648). 

Son grand amour pour la Sainte Vierge le porta à reconnaître dans ses écrits, entre autres, l’Immaculée Conception et l’Assomption de la Mère de Dieu. Il fut par trois fois pèlerin à la sainte Maison de Lorette (1623, 1625, 1629), rappelant qu’en arrivant dans cette Sainte Maison (il avait)  l’impression d’être au Paradis

Les personnes présentes au moment de sa mort, survenue à Innsbruck le 3 mai 1631, la définirent une mort d’amour

Le Frère Tommaso fut béatifié en 2013.

Le miracle retenu pour cette béatification fut, en 1906, la guérison totale et durable autant qu’inexplicable d’un malade frappé d’iléotyphus avec pneumonie.

Edoardo Giuseppe Rosaz

1830-1903

 

Né le 15 février 1830 à Susa (Piémont, Italie nord-ouest), Edoardo était l’avant-dernier des sept enfants d’une famille de Savoie, émigrée à cause de la Révolution. Le lendemain de sa naissance, il reçut au baptême les prénoms de Edoardo Giuseppe.

Cette famille était aisée, et Edoardo reçut une bonne éducation chrétienne. Mais il fut douloureusement marqué par la mort de son frère Charles Victor, à la suite duquel son papa fut atteint de maladie mentale et en vint même à se suicider, tandis que sa sœur Clotilde était elle aussi frappée d’attaques d’apoplexie.

Sa faible constitution le contraignit à avoir un précepteur privé à la maison durant son enfance. Plus tard, il devra plusieurs fois interrompre ses études à cause de sa santé.

Il fréquenta la collège de Saluzzo (Torino), où la famille se transféra. Déjà un des garçons était médecin, un autre avocat. Edoardo, lui, se plaisait à enseigner le catéchisme aux enfants pauvres de Susa, durant l’été.

Quand il entra au séminaire, à quinze ans, sa mère aussi était décédée depuis peu. Il dut aller étudier à Nice, pour avoir un meilleur climat. 

En 1853, il entra dans le Tiers-Ordre franciscain, et reçut l’ordination sacerdotale en 1854. Il reçut tout de suite la nomination au Chapitre de la cathédrale de Susa.

Il recevait et confessait à toute heure, même de nuit, inlassablement. Il secourait tous les pauvres qui recouraient à lui.

Il connut saint Giovanni Bosco (voir au 31 janvier), avec qui il eut une profonde amitié ; il connut aussi le successeur de Giuseppe Benedetto Cottolengo (voir au 30 avril) à Turin : le Chanoine Anglesio. Entre eux trois se tissèrent des rapports d’amitié sacerdotale profonde et d’entr’aide fraternelle. Plus tard, il connut aussi saint Jean-Marie Vianney, curé d’Ars (voir au 4 août).

Un exemple de sa générosité parmi tant d’autres : à Susa, un jeune de quinze ans avait été condamné pour vol ; Edoardo obtint du Roi la grâce du garçon, et le fit même entrer à Valdocco, parmi les jeunes de Don Bosco. Pour les jeunes filles, il acquit (sans un sou en poche) une maison qu’il appela la Retraite de Susa. Les autres chanoines furent les premiers à le critiquer pour cette audace ; or l’argent nécessaire lui arriva juste la veille du jour de la signature, dans une enveloppe anonyme cachetée.

Don Edoardo sentait le besoin d’une famille religieuse féminine pour collaborer à l’assistance qu’il voulait donner aux jeunes. Pour commencer, il fut aidé par d’autres Religieuses, les Sœurs de la Miséricorde, fondées par Maria Giuseppa Rossello (voir au 7 décembre), qui étaient à Savona. Puis d’autres vocations arrivèrent. 

Entre temps, Don Edoardo était nommé aumônier des prisons et des Sœurs de Saint-Joseph, et directeur du séminaire. Il fonda un journal hebdomadaire diocésain : le Rocciamelone (devenu aujourd’hui La Valsusa).

Et voilà que, sur les suggestions (entre autres) de son cher ami Don Bosco, le pape le nomme évêque de Susa en 1877. A cette nouvelle, il éclata en sanglots et écrivit par retour au Vatican qu’il n’avait pas même le doctorat ni en théologie ni en droit canonique ; et il n’avait pas non plus de quoi payer les documents relatifs à cette nomination. Mais l’ordre fut réitéré : il devait se soumettre ! On lui aurait donné les documents gratis, (avec même une offrande consistante pour ses œuvres de la part du Pape).

Edoardo obéit en effet. Sacré évêque, il fera six fois le tour de toutes ses paroisses, parfois à pied.

Mais les vocations qui étaient arrivées ? Il commença par les agréger au Tiers-Ordre franciscain, puis leur donna le nom de Sœurs Tertiaires Franciscaines de Susa (aujourd’hui : Sœurs Franciscaines Missionnaires de Susa), destinées à venir en aide à quiconque serait dans le besoin.

Au milieu de toutes ses activités, il fut appelé aussi ailleurs. En janvier 1888, Don Bosco étant mourant, il fut appelé pour célébrer la fête de saint François de Sales, patron des Salésiens. En 1894 et 1895, il participait aux Congrès Eucharistiques de Turin et de Milan. Pélerinages à Rome, à Turin (quand fut exposé le Saint Suaire en 1898)… 

Sa dévotion mariale était grande. En 1899, il bénit une statue de Notre-Dame de Rocciamelone, à 3537 mètres d’altitude, qui y était vénérée depuis le 14e siècle : pour payer la statue, il avait fait appel à cent-vingt-mille enfants de toute l’Italie.

Il eut encore le temps de fonder un hospice pour vieillards.

Mgr Rosaz finit tout de même par se fatiguer ; on se souvient que sa mauvaise santé avait retardé et limité ses études ; il avait fini par abattre un travail de titan. Début 1903 il eut une première attaque et dut rester alité. Il mourut le 3 mai suivant.

Mgr Edoardo Giuseppe Rosaz a été béatifié en 1991.

 

 

Elodie Paradis

1840-1912

 

Elodie reçut le nom de Alodie-Virginie au baptême. Elle était née le 12 mai 1840 en Acadie (Bas-Canada), unique fille des six enfants de Joseph Paradis et Emilie Grégoire.

Monsieur Paradis s’installa vers 1845 dans le rang de la Tortue, non loin du village de Saint-Philippe-de-La-Prairie : là, il loua un vieux moulin, sciait du bois, cardait de la laine.

En 1849, Elodie fut envoyée chez les Religieuses de La Prairie. Monsieur Paradis partit alors en Californie pour y chercher de l’or. La famille vécut à Napierville, mais Elodie revint bientôt à La Prairie.

En 1854, elle se présenta d’elle-même chez les Sœurs Marianites de Sainte-Croix (Montréal). De retour de Californie, son père ne futt pas vraiment content de cette démarche, mais Elodie resta chez les Religieuses : comme novice, elle prit le nom de Marie-de-Sainte-Léonie.

Très vite enseignante à Sainte-Scholastique, elle prononça ses vœux en 1857 : elle aura ensuite les charges d’enseignante, de surveillante, de secrétaire de la supérieure à Varenne (Saint-Laurent et Saint-Martin, Laval).

En 1862, à New-York, elle s’occupa d’un orphelinat, d’un ouvroir et d’une école pour enfants pauvres.

En 1870, elle alla en Indiana, enseigner le français et les travaux à l’aiguille aux Religieuses américaines.

Elle fut ensuite envoyée au Michigan, puis appelée en 1874 au collège Saint-Joseph de Memramcook (Nouveau-Brunswick), comme maîtresse des novices et des postulantes. Ce collège avait été fondé dix ans plus tôt par un homme de La Prairie, Camille Lefebvre. Ce dernier appelait Elodie pour les soins de l’économie domestique et la bonne tenue du département culinaire. Elodie trouva alors ce qu’elle attendait : collaborer avec les Pères de Sainte-Croix, dans l’éducation des jeunes Acadiens.

Elodie va plus loin : elle invite de jeunes Acadiennes à se consacrer et à fonder avec elle l’Institut des Petites Sœurs de la Sainte Famille, pour seconder le travail des Pères. Grâces à elles, ils purent sauver la nationalité acadienne, menacée et vouée à l’anglification par les Irlandais, tant Catholiques que Protestants.

Supérieure de cette nouvelle communauté, Mère Marie-Léonie obtint l’approbation de l’institut auprès de l’évêque de Sherbrooke, qui accueillit la maison-mère et le noviciat, car l’évêque d’Acadie ne voyait pas l’utilité de l’approuver dans son diocèse en Nouveau-Brunswick.

Ainsi Mère Marie-Léonie installa son Institut à Sherbrooke en 1895. L’approbation canonique vint en 1896. Mère Marie-Léonie forma les Sœurs intellectuellement (elles étaient parfois illettrées), puis prolongeait leur formation humaine et spirituelle par la correspondance.

Elle ouvrit quelque trente-huit maisons au Québec, au Nouveau-Brunswick, en Ontario, aux Etats-Unis, le plus souvent au sein de divers collèges, parfois aussi dans les évêchés.

Femme d’avant-garde, Mère Marie-Léonie mourut le 3 mai 1912. Elle a été béatifiée en 1984.

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