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4 mai 2020 1 04 /05 /mai /2020 23:00

05 MAI

 

III.

S Iovinianus, lecteur à Auxerre, compagnon de s.Peregrinus et martyr.

?

S Silvain, martyr à Rome.

Ste Crescentienne, martyre à Rome.

IV.

Ss Irénée, Pérégrin et Irène, martyrs à Thessalonique.

Ste Irène, vierge et martyre en Calabre, patronne secondaire de Lecce ; on la dit fille de l’empereur Licinius.

S Euthymios, diacre martyr en Alexandrie.

S Maximos, évêque à Jérusalem ; condamné aux mines, il eut un œil arraché et un pied brûlé ; il mourut exilé.

S Britto, évêque à Trèves : il il condamna les priscillianistes, mais chercha, en vain, d’épargner à Priscillien la condamnation à mort.

V.

S Hilarius, moine de Lérins, désigné comme évêque en Arles par une colombe.

S Nicetius, évêque à Vienne.

S Geruntius, évêque à Milan.

VI.

S Théodore, évêque à Bologne.

S Serdon, évêque à Saguntum.

Ste Waldrada, abbesse  près de Metz (Saint-Pierre aux Nonnains).

VII.

S Mauront, fils des Ss Adalbaud et Rictrude, successeur de son père comme seigneur de Douai ; abbé à Marchiennes et à Breuil-sur-Lys, patron de la ville de Douai.

Stes Teutérie et Tusca, vierges anglaises, ermites près de Vérone (VIII. ?).

VIII.

S Sacerdos, évêque à Limoges et patron de Sarlat.

XI.

S Godehard (Gotthard), abbé à Niederaltaich, Hersfeld, Tegernsee, évêque à Hildesheim.

XII.

S Leone, ermite en Calabre, fondateur d’un monastère près de Reggio Calabria.

S Avertin, diacre anglais, ermite près de Tours, invoqué contre les maux de tête.

XIII.

S Ange, carme né à Jérusalem, martyr en Sicile.

Ste Jutta, veuve de Thuringe ; elle gagna la Prusse où son frère Hannen von Sangerhausen était grand maître des Chevaliers teutoniques ; elle passa le reste de sa vie à Kulmsee ; elle est la patronne de la Prusse.

B Benvenuto, frère lai franciscain à Recanati, mystique.

Bse Bonizella Piccolomini Cacciaconti, veuve à Sienne.

XIX.

S Nunzio Sulprizio, enfant maltraité, malade, mort à dix-neuf ans, modèle donné par Léon XIII à la jeunesse ouvrière, canonisé en 2018.

Bse Caterina Cittadini, jeune orpheline, fondatrice des Sœurs Ursulines de Somasque, béatifiée en 2001.

XX.

Bx Enric Gispert Domenéch (*1879) et Josep Gomis Martorell (*1894), prêtres espagnols martyrs près de Barcelonne en 1937 et béatifiés en 2013.

B Boleslaw Frackowiak (Grzegorz, 1911-1943), polonais de la Société du Verbe Divin, décapité à Dresde, béatifié en 1999.

Iovinianus d’Auxerre

† 260

 

On sait que le pape Xyste II (v. 6 août) ordonna, durant son unique année de pontificat, deux évêques. L’un de ceux-ci fut Peregrinus, qu’il envoya en Gaule (v. 16 mai), accompagné de Iovinianus.

Ce dernier était, ou fut ordonné par Peregrinus, lecteur de l’Eglise d’Auxerre.

Il mourut martyr, la même année que Peregrinus, en 303 ou 304.

Toutefois, le Martyrologe Romain annonce Iovinianus onze jours avant Peregrinus ; ils auraient pu être réunis.

Saint Iovinianus d’Auxerre est commémoré le 5 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Euthymios d’Alexandrie

† 305

 

Ce diacre de l’Eglise d’Alexandrie mourut en prison.

Fut-il torturé auparavant ? Le laissa-t-on mourir de faim dans sa geôle ? On ne peut le savoir.

Fidèle diacre, glorieux Martyr, il donna sa vie au Christ, et mourut en 305.

Saint Euthymios d’Alexandrie est commémoré le 5 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Maximos de Jérusalem

† 350

 

Prêtre à Jérusalem, Maximos fut condamné aux mines pour sa constance à proclamer sa foi.

On lui arracha un œil et on lui brûla un pied avec un fer rouge, et on le condamna aux mines.

Plus tard, libéré, il accompagna son évêque Makarios au concile de Nicée (325). 

Un épisode remarquable se produisit : durant cette interminable controverse de l’arianisme, on fit passer des déclarations, des formules, différents textes, dont certains allaient contre la doctrine amplement défendue et illustrée par Athanase d’Alexandrie (v. 2 mai). Or, Maximos signa un de ces textes incriminés, par inadvertance sans doute, ou sans comprendre la malignité du texte.

L’évêque Paphnuce (v. 11 septembre) se permit une belle remontrance à Maximos : A des confesseurs de la foi qui ont perdu leurs membres au service de Jésus-Christ, il ne convient pas de siéger au milieu des fourbes et des impies. Dès lors, Maximos se montra un zélé défenseur d’Athanase, et prit sa défense énergiquement dans les conciles successifs de Tyr, Alexandrie et Sardique (335, 339, 343).

En 333, c’est Maximos qui succéda à Makarios.

En 349, il convoqua lui-même un concile à Jérusalem, où il reçut solennellement Athanase qui était revenu de son deuxième exil peu auparavant. 

Sa fermeté fut durement payée : les ariens, furieux de sa prise de position, le chassèrent de son siège. Maximos mourut peu après, vers 350, après dix-sept ans d’un épiscopat lumineux de sainteté et de charité. 

Saint Maximos de Jérusalem est commémoré le 5 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Britto de Trèves

† 386

 

La première date connue concernant l’évêque Britto, est qu’il succéda à Bonosus en 373 comme huitième évêque de Trèves.

L’année suivante, en 374, il était un des vingt-deux évêques présents au concile de Valence.

Il s’exprima en faveur d’une indulgence envers des Chrétiens tombés (lapsi) dans l’apostasie au moment de la persécution sous Julien l’Apostat (361-363).

En 382, se tint à Rome un synode sous la présidence du pape Damase (v. 11 décembre). A la deuxième place de cette assemblée, se trouvait Ambroise de Milan (v. 7 décembre), à la troisième place Britto, comme métropolitain de toute la Gaule.

Trèves fut le théâtre d’un procès retentissant contre Priscillien et ses adeptes, qu’on accusait d’hérésie et de sorcellerie. S.Martin de Tours (v. 11 novembre) et s.Ambroise s’y trouvaient. De concert avec eux, Britto s’efforça d’éviter au moins la condamnation à mort de l’Accusé, en vain. L’ancien évêque d’Àvila pouvait, au maximum, être excommunié s’il ne voulait retirer ses erreurs, mais le bras séculier - quoique chrétien - le condamna à mort et l’exécuta. Britto et ses Confrères en furent très attristés.

Britto mourut en 386, après treize années d’épiscopat.

Saint Britto de Trèves est commémoré le 5 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Nicetius de Vienne

5e siècle

 

Nicetius (dont on a fait Nicet ou Nizier en français), reçut sa formation des deux évêques de Vienne, Jérôme et Claude.

Il succéda à ce dernier, devenant le seizième ou dix-septième évêque de Vienne.

On connaît peu de choses sur lui, et rien de précis sur les dates de sa vie et de son épiscopat.

En 449, il participa au sacre de Ravennius, évêque d’Arles.

Saint Nicetius de Vienne est commémoré le 5 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Hilarius d’Arles

401-449

 

Hilarius naquit vers 401 quelque part en Lorraine ou en Bourgogne, d’une famille d’origine grecque, dit-on, et eut un frère.

Eduqué dans les bonnes façons, instruit, il eut un poste important dans l’administration.

Un parent, nommé Honoratus, récemment entré au monastère de Lérins, chercha à persuader Hilarius de quitter ce monde d’affaires et d’ambitions, et de se retirer comme lui au monastère. Hilarius n’y était pas vraiment disposé. Mais avec le temps, Hilarius y pensa et finit par vendre à son frère son héritage, à distribuer l’argent aux pauvres et à venir se mettre sous la Règle de Lérins.

L’homme avait complètement changé. Le mondain était un moine humble, soumis et doux.

Il eut la responsabilité de l’éducation des deux enfants d’Eucher, devenu évêque de Lyon (435).

En 426, Honoratus fut nommé évêque d’Arles : il appela Hilarius pour l’aider, mais ce dernier préféra revenir dans le silence du cloître. Plus tard, Honoratus le rappela pour s’en faire assister dans ses vieux jours. Hilarius l’assista filialement jusqu’au bout.

En 430, à la mort d’Honoratus, Hilarius disparut promptement de peur d’être appelé à la succession. Mais le gouverneur d’Arles le fit appeler et on lui fit promettre d’accepter l’épiscopat, si Dieu en manifestait la volonté. A ce moment-là, une colombe apparut au-dessus de sa tête, et ne s’envola pas tant qu’Hilarius n’eût pas accepté de succéder à Honoratus. Il devint alors le vingt-cinquième évêque d’Arles.

Malgré quelques maladresses au début, le jeune évêque apprit à adapter sa parole à ses interlocuteurs, qu’ils fussent grands ou petits ; il sut parfois être sévère, pour reprendre un juge trop partial. Il était convainquant : plus d’un jeune dut sa vocation aux exhortations d’Hilarius.

Hilarius fut en relations très amicales avec s.Germain d’Auxerre (v. 31 juillet), le consultant volontiers pour certains problèmes diocésains.

Hilarius pécha quelquefois par imprudence et précipitation, tant il est vrai que, parfois, l’impétuosité de la jeunesse rivalise avec la prudence des Anciens. Et le pape Léon le Grand (v. 10 novembre) l’avertit en termes assez sévères : Une troupe de soldats suit Hilarius à travers les provinces… Fougueux, Hilarius en effet dépassait parfois ses limites territoriales et ses pouvoirs. Ainsi, en voyage pour Auxerre, il s’arrêta à Besançon, y organisa un concile qui déposa l’évêque, Chélidoine. Tandis que ce dernier put défendre sa cause à Rome et retrouver son siège, Léon déclarait Hilarius séparé de la communion (en clair : excommunié), lui retirait une partie de son autorité territoriale, lui interdisait de sacrer des évêques ou même d’assister à quelque ordination. La sainteté d’Hilarius alors se manifesta dans toute sa lumière, car l’évêque montra une docilité, une humilité, qui firent revenir même le pape à des sentiments tout paternels.

Dans sa vie privée, Hilarius maintint ses habitudes ascétiques de moine ; il aimait la pauvreté, et pour aider les pauvres, travaillait de ses propres mains pour leur venir en aide. 

La parole d’Hilarius fut accompagnée de miracles : par l’imposition des mains, il guérit un aveugle et un possédé.

Il présida plusieurs conciles régionaux, à Riez, Orange, Vaison, Arles (439, 441, 442, 443). Il combattit le pélagianisme, organisa la discipline ecclésiastique, fonda ou réforma des monastères.

Après dix-neuf années d’épiscopat, Hilarius annonça le jour de sa prochaine mort, et mourut effectivement le 5 mai 449.

On rapporte un détail touchant concernant les funérailles d’Hilarius : comme les Chrétiens pleuraient leur saint évêque, ce furent les Juifs qui, pour honorer à leur tour cet évêque qu’ils aimaient eux-aussi, se mirent à chanter des psaumes en hébreu.

Saint Hilarius d’Arles est commémoré le 5 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Geruntius de Milan

† 465

 

Geruntius fut le vingtième évêque de Milan, ayant été nommé à ce siège en 462 (approximativement).

Ce qu’on peut dire de lui est que, bien plus tard, s. Carlo Borromeo († 1584) procéda à l’élévation des reliques de s.Geruntius. On peut remarquer que Carlo Borromeo fut nommé au siège de Milan en 1560, à peu près onze siècles après Geruntius : le nouvel archevêque aura voulu mettre à l’honneur un de ses illustres prédécesseurs.

Saint Geruntius de Milan est commémoré le 5 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Mauront de Breuil

634-702

 

Maurontus (en français : Maurant, Mauront, Morand) naquit en 634 à Breuil-sur-Lys (Douai), unique garçon des quatre enfants d’Adalbaud et de Rictrude. Ses trois sœurs s’appelaient Eusébie, Adalsinde et Clodoswinthe (v. 16 mars, 25 décembre).

Il fut baptisé par s.Riquier (v. 26 avril).

Adolescent, il fut envoyé à la cour de Clovis II et de la reine Bathilde.

Son père mort (v. 2 février ?), et sa mère s’étant retirée au monastère de Marchiennes (v. 12 mai), Mauront songea à se marier, mais préféra se ranger sous la sainte direction de s.Amand (v. 6 février). Il en reçut le diaconat.

En 674, il fonda un monastère en ses terres, à Breuil (Merville), et en devint abbé. En 680, il céda sa place à l’ancien évêque de Sion, Amé (v. 13 septembre), auquel il se soumit humblement ; cette sainte amitié le porta à une très haute sainteté ; quand mourut Amé (690), Mauront redevint abbé.

En même temps, Mauront dirigeait le monastère de Marchiennes, depuis la mort de sainte Rictrude (688).

Il mourut le 5 mai 702, et fut enseveli à Marchiennes, auprès de sa mère et de ses trois sœurs.

En 900, ses reliques furent transférées à Douai, dont il est le patron.

Saint Mauront de Breuil est commémoré le 5 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Sacerdos de Limoges

650-720 

 

Sacerdos naquit vers 650 à Calviac (Dordogne), de Laban et Mondane, originaires de Bordeaux.

Quel beau nom, «Sacerdos» (=Prêtre), pour un futur abbé et évêque !

Tôt orphelin de père, Sacerdos reçut une excellente éducation de sa sainte mère.

Il fut mis sous la direction de l’évêque de Cahors, Capuan (v. 25 octobre ?) ; Sacerdos devint alors véritablement prêtre.

Il n’exerça pas son ministère au milieu du troupeau paroissial qui avait bien besoin de lui, mais il se retira dans un petit monastère près de chez lui ; il vivait d’aumône. Ce n’est probablement pas ce monastère qui devint l’abbaye bénédictine de Sarlat, puisque celle-ci fut fondée au 9e siècle.

Sacerdos consacra quelque héritage à restaurer le bâtiment et y vécut sept années, après lesquelles il fut élu abbé.

Vers 700, à la mort de l’évêque de Limoges, ce fut Sacerdos qu’on appela à monter sur ce siège. Le prêtre Sacerdos devenait évêque.

Il le resta peu de temps ; son heure déjà arrivait, et il préféra mourir dans son monastère. Mais la mort se présenta plus rapidement et l’on n’eut plus qu’à transporter la dépouille du saint évêque dans le monastère pour l’inhumer ; c’était vers 720.

Des miracles eurent lieu à l’endroit de ce tombeau.

Les reliques, qui furent portées à la cathédrale de Sarlat au 14e siècle, furent détruites lors des guerres de religion.

Saint Sacerdos de Limoges est désormais commémoré le 5 mai dans le Martyrologe Romain.

 

Godehard de Hildesheim

960-1038

 

Godehard vit le jour en 960 à Reichersdorf (Bavière, Allemagne S), de Ratmund, qui fut établi prévôt de l’abbaye bénédictine de Niederaltaich ; c’est là que Godehard reçut donc sa formation.

On rapporte (?) qu’ayant dû un jour apporter des charbons incandescents pour l’encensoir, il les mit dans un pan de sa tunique, qui ne subit aucune brûlure.

Puis le jeune homme entra dans l’Ordre bénédictin et devint abbé, d’abord à Niederaltaich en 996, puis en même temps aussi à Tegernsee en 1001-1002 et Hersfeld en 1005-1012, ainsi aussi qu’à Kremsmünster en 1007-1013.

C’est pendant son abbatiat à Hersfeld qu’il aurait fait édifier le mur d’enceinte de la ville de Gotha ainsi que l’église Sainte-Marguerite avec les jardins.

En 1022 il fut nommé évêque pour le siège de Hildesheim, où il fit construire au moins trente nouvelles églises ; la cathédrale fut amplifiée sur sa façade occidentale. 

Moine d’esprit, il savait aussi manifester son humour, de sorte qu’il laissa sur le diocèse une profonde empreinte spirituelle et humaine.

Godehard mourut dans une de ses fondations, à Mauritiusstift, le 5 mai 1038.

Il a été canonisé en 1131.

C’est de lui qu’il s’agit quand on parle du Massif ou du Tunnel du Saint-Gothard.

 

 

Ange de Jérusalem

1185-1225

 

Ange était né le 2 mars 1185 à Jérusalem dans une famille juive, jumeau de Jean.

Tous deux furent baptisés, lorsque leur mère passa au christianisme. On dit que ce fut elle-même qui les baptisa.

A dix-huit ans, Ange et son frère entrèrent dans l’Ordre du Carmel.

En 1211 Ange reçut le sacerdoce. Il commença une vie apostolique, bénie par les miracles que Dieu lui permit de faire.

Il tenta de s’isoler pour se faire oublier, mais en 1218 Dieu l’appela à partir pour l’Italie : il devait présenter la règle de l’Ordre au pape et lui en demander l’approbation.

Il fut ensuite envoyé en Sicile pour y contrer l’hérésie cathare, où de nouveaux miracles eurent lieu. Il y avait à Licate un seigneur aux mœurs corrompues, qu’Ange voulut ramener dans le bon chemin, mais le seigneur en question le prit en haine et jura sa perte.

Ange le sut par révélation céleste : on sait que saint Jean-Baptiste fut décapité pour avoir reproché à Hérode sa vie corrompue (Mc 6:17-29), et c’est le même Jean-Baptiste qui annonça à Ange son prochain martyre.

Le 5 mai 1225, en sortant de l’église où il avait célébré la Messe, il fut assassiné et expira en murmurant le verset du psaume (Ps 30:6) : En tes mains, Seigneur, je remets mon esprit.

Il fut canonisé dès 1456.

En 1656, une épidémie de peste fut enrayée par l’intercession de saint Ange.

 

 

Jutta de Thuringe

1220-1260

 

Jutta (ou Judith) naquit en 1220 en Thuringe.

Elle épousa encore jeune le seigneur Johannes Konopacki de Bielczna, un membre de la noble famille des Sangerhausen, qui cependant mourut après cinq années seulement d’une heureuse vie conjugale.

Jutta s’occupa de ses enfants puis leur divisa ses propriétés et se mit entièrement au service des pauvres et au soin des lépreux.

Elle vint en 1256 à Kulmsee (Chełmża), là où vivait son parent, Anno de Sangerhausen, grand maître des chevaliers teutoniques de Prusse ; elle choisit d’y vivre en recluse, dans la prière et les jeûnes. 

Elle fut en relation avec sainte Mechtilde de Magdebourg (v. 19 novembre).

Au profit des lépreux, elle y fit construire l’hôpital Saint-Georges, où elle allait aussi prodiguer ses soins.

Regrettée de tous ses protégés, elle mourut le 5 (ou le 11) mai 1260, et fut bientôt vénérée populairement comme Sainte et considérée comme la patronne de la Prusse, et particulièrement de la province de Kulmer.

Elle ne se trouve pas au Martyrologe.

 

 

Benvenuto Mareni de Recanati

† 1289

 

Il y a parfois de grands saints dont l’humilité semble vouloir l’emporter sur la célébrité, même dans l’éternité.

Le frère Benvenuto, un frère lai, c’est-à-dire “laïc”, qui n’a pas reçu les ordres des clercs, mais qui s’était consacré corps et âme pour chercher dès cette vie la voie de la sainteté, s’éleva au sommet de la perfection par une fidélité inviolable à la règle franciscaine. Il vécut dans une constante union avec Dieu et eut de fréquentes extases.

Le couvent franciscain de Recanati, dans la province italienne des Marches, avait été fondé en 1212. Un des premiers frères fut, justement, le frère Benvenuto, dont on ne connaît rien d’autre que ses extases et sa douceur. Plusieurs documents historiques parlent de lui comme d’un homme “illustre par sa vie et ses miracles”. “Il avait une dévotion toute spéciale pour écouter la Messe, et il lui semblait serrer dans ses bras le Christ, tant était forte et extraordinaire sa dévotion pour le corps du Seigneur.”

Un des signes de sa haute sainteté est cet épisode où, occupé à préparer le repas des frères, il eut un désir ardent d’aller se recueillir devant le Saint Sacrement, quelques instants, avant de revenir à son travail. Mais son ardeur le plongea dans une extase qui dura fort longtemps, après quoi il fut tout angoissé pour les victuailles qui seraient sans doute perdues. Arrivé dans la cuisine, il trouve un beau jeune homme occupé à manier la casserole et qui lui dit d’inviter les frères à venir manger. Aussitôt, il appelle les frères et leur dit : Mangez, mes amis, tout cela vous est préparé par l’ange du Seigneur. Et eux de constater qu’ils n’avaient jamais rien mangé d’aussi bon.

On n’a pas su combien d’années vécut notre Bienheureux. Un examen des restes de son corps aboutit à la constatation qu’il ne mesurait guère plus d’un mètre soixante-quatre, et qu’il dut s’éteindre à un âge avancé, et c’était le 5 mai 1289.

Les documents de l’époque parlent souvent de “saint Benvenuto”, à qui on décide d’élever un tombeau digne de sa sainteté. Mais Benvenuto est jusqu’à présent resté dans l’humilité et n’a pas été canonisé. Son culte immémorial a été confirmé au XIXe siècle. 

La fête du Bienheureux fut autrefois célébrée le 17 septembre, jour où l’on commémorait, depuis 1340, les stigmates reçues par s.François d’Assise en 1224. Mais le bienheureux Benvenuto est mentionné le 5 mai au Martyrologe Romain, jour où il est désormais célébré. Un calendrier local le mentionne aussi le 23 mai.

 

 

Bonizella Cacciaconti Piccolomini

1230-1300

 

On ne sait exactement où naquit Bonizella, à cause de l’incendie qui détruisit les archives d’Arezzo (Ombrie, Italie). Elle aurait pu naître à Sienne.

C’était la fille de Ildebrando Cacciaconti, seigneur et podestà de Padoue, Città di Castello, Sienne et Arezzo, propriétaire du château de Trequanda.

Bonizella vit le jour vers 1230.

Elle épousa le comte Naddo di Benuccio Piccolomini de Corsignano, et fut bientôt veuve.

Par la suite, elle mit ses ressources et ses richesses au service des pauvres ; elle alla soigner personnellement les malades, les blessés, les familles des victimes des guerres…

Elle mourut ainsi le 5 mai 1300 et fut ensevelie dans l’église de Trequanda, près du mur… Puis le temps passa.

Deux siècles plus tard, on aperçut comme un très gros essaim d’abeilles qui sortait du mur de l’église : on pensait trouver là un magnifique rayon de miel, mais on trouva le corps de Bonizella, vêtu d’une étoffe très précieuse, émanant une très bonne odeur d’encens et tenant entre ses doigts un vase sacré de cire : c’était là le travail des braves abeilles.

Un constat officiel en fut dressé et ce fait prodigieux fut le début d’une série de signes miraculeux.

Ainsi, lors d’une invasion d’Espagnols, un capitaine prétendit se saisir d’un doigt de Bonizella, mais il en devint aveugle sur le champ, et ne retrouva la vue qu’en remettant en place le doigt. Lors d’une autre agression, des soldats qui s’en prenaient aux jeunes filles de la ville, furent frappés de cécité, jusqu’à ce qu’ils cessassent de les molester, et cela juste après le recours à l’intercession de Bonizella. Guérisons, délivrances, faits miraculeux se multiplièrent.

Bonizella fait ainsi l’objet d’un culte pluriséculaire, quoiqu’elle ne soit pas inscrite au Martyrologe.

 

Nunzio Sulprizio

1817-1836

 

A Pescosansonesco (Pescara, non loin de l’Adriatique, Italie), vivaient les jeunes époux Domenico Sulprizio, cordonnier, et Rosa Luciani, fileuse, qui donnèrent naissance, le 13 avril 1817 - un dimanche “in albis” - à un petit garçon qui, le soir même, reçut au baptême le prénom de Nunzio.

Il avait trois ans, quand ses parents le présentèrent à l’évêque de Sulmona pour lui administrer le sacrement de Confirmation. L’évêque, Mgr Francisco Tiberi, était en effet en visite pastorale dans le bourg voisin de Popoli. Ce 16 mai 1820 fut l’unique date heureuse de l’enfance de Nunzio, car par la suite il ne vivra que dans la souffrance.

 

Orphelin et abandonné

 

Au mois d’août de cette même année 1820, le papa Domenico meurt à tout juste 26 ans. Deux ans après environ, Rosa se remarie, entre autre pour trouver un certain soutien économique, mais le beau-père est dur et grossier avec le petit Nunzio. Ce dernier s’accroche à sa mère et à sa grand-mère maternelle. Il commence à fréquenter l’école, une sorte de jardin d’enfant, ouvert par le prêtre, le père De Fabiis, dans le village de la nouvelle résidence, Corvara.

Pour Nunzio, ce sont là les moments les plus doux de sa vie : il apprend à connaître Jésus, le Fils de Dieu fait homme, mort en croix pour expier le péché du monde. Il commence à prier, à imiter les exemples de Jésus et des Saints, que lui enseigne le bon curé, en même temps maître d’école. Sociable et ouvert, l’enfant joue avec ses petits amis. Il commence l’apprentissage de la lecture et de l’écriture.

Mais voici que sa maman meurt le 5 mars 1823 : Nunzio n’a que six ans, c’est sa grand-mère maternelle, Rosaria Luciani, qui le prend chez elle pour s’occuper de lui. Il est encore analphabète, mais il a une foi et une bonté immenses. La grand-mère et son petit-fils sont toujours ensemble : à la prière, à la Messe, dans les petits travaux de la maison. L’enfant va à l’école fondée par le père Fantacci pour les enfants les plus pauvres, et c’est là qu’il grandit en sagesse et en vertus ; ce garçon est un cœur pur, qui met toute sa joie à servir la Messe, à rendre visite très souvent à Jésus Eucharistie présent dans le tabernacle. Il a une horreur toujours croissante du péché et un désir sans cesse grandissant de ressembler au Seigneur Jésus;

Il a à peine neuf ans, que meurt à son tour la grand-mère, le 4 avril 1826. Le voilà seul au monde et c’est pour lui le commencement d’un long “chemin de croix” qui le fera toujours plus ressembler à Jésus Crucifié.

Il est alors accueilli comme apprenti chez son oncle, Domenico Luciani, surnommé “Mingo”, lequel le retire de l’école et l’enferme littéralement dans sa boutique de maréchal-ferrant, en lui faisant faire les besognes les plus dures, sans tenir compte de son âge et des plus élémentaires nécessités de la vie. Souvent il le maltraite, le privant même de nourriture quand il juge qu’il n’a pas fait ce qu’on lui a demandé. Il l’envoie faire les livraisons, sans s’inquiéter le moins du monde des distances ni des marchandises à transporter, encore moins des rencontres bonnes ou mauvaises qu’il peut faire. C’est une ruine vivante, sous le soleil, la neige, la pluie, toujours habillé de la même façon. On ne lui épargne pas même les coups, assaisonnés de grossièretés et de blasphèmes.

Nunzio pourrait rapidement succomber, mais sa foi est profonde. Dans ce trou de boutique, frappant sur l’enclume, “fouetté” par un travail inhumain, il pense à son grand Ami, Jésus Crucifié : il prie et il offre, en union avec Lui, en réparation des péchés du monde, pour faire la volonté de Dieu, pour gagner le Paradis. Le dimanche, même si personne ne l’y envoie, il va à la Messe, son unique repos de toute la semaine.

Bien vite il tombe malade. Par une rigide matinée d’hiver, l’oncle Mingo l’envoie dans une cabane perdue avec tout un chargement de ferraille sur le dos. Le vent souffle, il fait très froid, il gèle : Nunzio n’en peut plus. En chemin, les pieds le brûlent et il les plonge dans un petit lac gelé. Le soir il rentre épuisé, une jambe enflée, avec une forte fièvre, la tête prête à exploser : il va au lit sans rien dire, mais le lendemain il ne tient pas debout.

Pour toute médecine, il reçoit de son oncle l’ordre de reprendre le travail, parce que si tu ne travailles pas, tu ne manges pas. Certains jours, Nunzio est contraint de demander un bout de pain aux voisins. Il répond avec le sourire, la prière, le pardon : C’est comme Dieu veut. Que la volonté de Dieu soit faite. Dès qu’il en a la possibilité, il se réfugie à l’église, pour prier devant le tabernacle : la joie, l’énergie et la lumière lui viennent de Jésus-Hostie, de sorte que ce jeune adolescent est déjà en mesure de donner des conseils très sages aux paysans qui les lui demandent.

Il souffre d’une horrible plaie à un pied, qui finira bien vite en gangrène. L’oncle lui dit : Si tu ne peux plus manier le marteau, tu resteras là à tirer le soufflet. Torture indicible. Sa plaie a besoin d’être sans cesse nettoyée et Nunzio se traîne jusqu’à la grande fontaine du village pour se laver ; mais les femmes du village, voulant laver leur linge et craignant qu’il infecte l’eau, le chassent comme un chien galeux. Alors il va à Riparossa, où un petit ruisseau lui permet de se soigner, en même temps qu’il peut mettre à profit ce moment pour réciter beaucoup de chapelets à la Vierge Marie.

 

Wochinger, un second père

 

D’avril à juin 1831, il est hospitalisé à L’Aquila, mais les soins restent sans effet. Cependant, ce sont pour Nunzio des semaines de repos pour lui-même, de charité fraternelle pour les autres malades, et de prière intense. De retour à la maison, il est forcé par son oncle à demander l’aumône pour survivre. Son commentaire : C’est bien peu de chose que je souffre, pourvu que je réussisse à sauver mon âme en aimant le Bon Dieu. Dans cette nuit profonde, sa seule lumière est le Crucifix.

Enfin, un habitant de Pescosansonesco informe son oncle paternel, Francisco Sulprizio, militaire en garnison à Naples, lequel fait venir chez lui Nunzio et le présente au colonel Felice Wochinger, bien connu comme “père des pauvres”, à cause de sa vie riche de foi et de charité inépuisable. Nous sommes en été 1832, et Nunzio a 15 ans ; Wochinger découvre devant lui, au sens propre du mot, un ange de douleur et d’amour pour le Christ, un petit martyr. Entre eux deux va s’établir un vrai lien de père à fils.

Le 20 juin 1832, Nunzio entre à l’hôpital des Incurables, pour se faire soigner et guérir. Le colonel pourvoit à tout ce qui lui est nécessaire. Les médecins et les malades se rendent compte de se trouver devant un nouveau “Saint Louis de Gonzague”. Un bon prêtre lui demande : Tu souffres beaucoup ? et il répond : Oui, je fais la volonté de Dieu. - Que veux-tu ? - Je voudrais bien me confesser et recevoir Jésus dans l’Eucharistie pour la première fois - Tu n’as pas encore fait la première Communion ? - Non, chez nous, il faut attendre 15 ans. - Et tes parents ? - Ils sont morts. - Et qui s’occupe de toi ? - La divine Providence.

Aussitôt, on l’aide à se préparer à la première Communion : pour Nunzio, c’est vraiment le plus beau jour de sa vie. Son confesseur dira que à partir de ce jour, la grâce divine commença à agir en lui de façon vraiment extraordinaire, à voir comment il courait de vertu en vertu. Toute sa personne respirait l’amour de Dieu et de Jésus-Christ.

Pendant près de deux ans, Nunzio fait des séjours à l’hôpital de Naples et aux cures thermales de Ischia, où l’on constate un peu d’amélioration passagère. Il peut abandonner les béquilles et marcher avec une seule canne. En fin de compte, il est plus serein : il prie beaucoup, soit au lit, soit à la chapelle devant le tabernacle, devant le Crucifix et devant le tableau de Notre Dame des Douleurs. Il devient l’ange et l’apôtre des autres malades, il enseigne le catéchisme aux enfants hospitalisés, pour les préparer à la première Confession et Communion et les aider à vivre plus intensément en bons chrétiens, à supporter positivement la souffrance. Ceux qui l’approchent voient en lui cette attirance pour la sainteté. Il a coutume de faire aux malades cette recommandation : Soyez toujours avec le Seigneur, parce que tout bien vient de Lui. Souffrez par amour de Dieu, et restez joyeux. Son invocation préférée est pour la Sainte Vierge : O Marie, ma Mère, aide-moi à faire la volonté de Dieu.

Ayant reçu tous les soins possibles pour recouvrer la santé, Nunzio vit dans l’appartement du colonel Wochinger à partir du 11 avril 1834, au “Maschio Angioino”. Son second “père” admire ses vertus et prend grand soin de lui, qui le lui rend avec une profonde reconnaissance. Il pense à se consacrer et, en attendant, demande à son confesseur d’approuver son règlement de vie quotidienne, une véritable règle de consacré, qu’il observe scrupuleusement : le matin, prière, méditation et Messe ; durant la journée, étude avec de bons professeurs ; chapelet marial pour finir la journée. Il sème la paix et la joie autour de lui, un véritable parfum de sainteté émane de lui.

Le fondateur de la Congrégation des Sacrés Cœurs, Gaetano Errico (voir au 29 octobre) , lui promet de l’accueillir dans sa Famille religieuse dès qu’elle sera approuvée : Ce garçon est un jeune Saint, et je voudrais que le premier à entrer dans ma Congrégation soit un Saint, même malade. Souvent il reçoit la visite d’un certain frère Filippo, de l’Ordre des Alcantarini (sur s. Pedro d’Alcántara, voir au 18 octobre) , qui lui tient compagnie et l’aide à se déplacer jusqu’à la chapelle Sainte Barbe, à l’intérieur du château. Nunzio arrivera à rester debout tout seul, mais à cette brève amélioration suivra une forte aggravation ; c’est le cancer aux os, et il n’y a rien à faire. Nunzio devient une victime vivante unie au Crucifié, tout agréable à Dieu.

 

La joie : un don de Jésus Crucifié

 

Le colonel est intimement lié à Nunzio : dès le premier jour il l’a appelé “Mon fils” ou “Mon enfant”, ce que Nunzio lui rendait en l’appelant “Mon papa”. Mais maintenant il réalise que malheureusement l’heure de la séparation approche, une tristesse que peut consoler seulement la foi en la certitude de l’ “au revoir en Paradis”.

En mars 1836, la situation de Nunzio s’aggrave. La fièvre est très forte, le cœur n’y arrive plus, les souffrances sont extrêmes. Il prie et il offre, pour l’Eglise, pour les prêtres, pour la conversion des pécheurs. Ceux qui viennent le voir recueillent ses paroles : Jésus a tant souffert pour nous, et grâce à ses mérites c’est la vie éternelle qui nous attend. Si nous souffrons un peu, nous jouirons dans le Paradis. - Jésus a beaucoup souffert pour moi : pourquoi ne puis-je pas souffrir pour Lui ? - Je voudrais mourir pour convertir ne serait-ce qu’un seul pécheur.

Le 5 mai 1836, Nunzio se fait apporter le Crucifix et appelle le confesseur. Il reçoit les Sacrements comme un Saint. Il console son bienfaiteur : Soyez heureux, du Ciel je vous assisterai toujours.” Dans la soirée, plein de joie, il dit : La Sainte Vierge ! la Sainte Vierge ! regardez comme elle est belle ! 

Il a à peine dix-neuf ans et il va voir Dieu pour toujours. Autour de lui se répand un parfum de roses. Son corps, défait par la maladie, devient singulièrement beau et frais, on l’expose pendant cinq jours. Tout de suite on vient en pèlerinage à son tombeau.

Dès le 9 juillet 1859, le pape Pie IX reconnaît l’héroïcité de ses vertus et le proclame Vénérable. 

Le 1er décembre 1963, devant tous les évêques du monde réunis au Concile Vatican II, le pape Paul VI inscrit Nunzio Sulprizio au rang des Bienheureux, le proposant comme modèle des ouvriers, de tous les jeunes, même de ceux d’aujourd’hui. 

Nunzio a été canonisé en 2018.

Si Nunzio, en vivant uniquement dans la souffrance, a su donner un sens et de la beauté à sa jeunesse par son amour pour Jésus et son effort pour vivre en Lui, pourquoi, par la grâce divine, la grâce du divin Rédempteur, le plus grand Ami de l’homme, les jeunes de notre époque, si bouleversés par le dérèglement de tous les sens, par la drogue, par le désespoir, ne pourront-ils pas faire de leur vie un chef-d’œuvre d’amour et de sainteté ? Il faut croire et obéir au Christ crucifié et ressuscité, qui fait toutes choses nouvelles.

 

 

Caterina Cittadini

1801-1857

 

Née le 28 septembre 1801 à Bergamo (Italie du nord), de Giovanni Battista et Margherita Lanzani, Caterina reçut le baptême dès le lendemain. Elle eut une petite sœur, Giuditta.

En 1808 mourut la maman, et le papa les abandonna. Elles furent reçues dans un orphelinat, dont l’aumônier, un saint prêtre, les guida vers une vie profondément chrétienne.

Caterina fit ses études et obtint le diplôme de maîtresse d’école.

En 1823, avec sa sœur, elle s’établit auprès de ses cousins prêtres, Giovanni et Antonio, à Calolzio.

Pendant deux ans, elles y pratiquèrent une vie d’assistance aux activités paroissiales ; Caterina était maîtresse à Somasca (Vercurago), proche de Calolzio.

Malgré leur désir à toutes deux d’entrer dans quelque couvent, leur directeur spirituel leur conseilla de rester à Somasca, pour y prolonger l’œuvre de saint Girolamo Miani (cf. 8 février).

En 1826, le deux sœurs prirent en location une petite maison à Somasca, où, la même année, elles achetèrent un immeuble pour y aménager une école pour filles, et qui deviendra le centre du nouvel institut.

Sur place, elles furent admirablement guidées par les pères de la Congrégation de Somasque, fondés par saint Girolamo Miani ; Caterina se sentait particulièrement «proche» de ce saint Fondateur, qui s’était occupé des orphelins. Elle désirait reprendre son exemple de charité et de pauvreté.

A Somasque, Caterina fut au centre des activités paroissiales et sociales : elle enseigna la Doctrine chrétienne, s’engagea dans plusieurs confraternités, participa à la liturgie, reçut les jeunes filles. Les éloges et l’approbation de la population et des autorités furent unanimes.

Elle s’occupa particulièrement des filles en difficultés : pauvres, orphelines, avec problèmes pour l’étude, ou qui venaient de loin. Bientôt ce fut une école privée «Cittadini» qui s’ouvrit en 1832, et un pensionnat en 1836, qu’elle confia à sa sœur Giuditta.

Cette Œuvre fit «boule de neige», en ce sens que les jeunes filles qui sortaient de Somasca, avaient la capacité d’ouvrir à leur tour d’autres établissements ou d’y collaborer, dans leurs villes d’origine.

Une grosse épreuve s’abattit sur Caterina, lorsque sa sœur Giuditta mourut subitement à trente-sept ans en 1840 ; l’année suivante, c’est son directeur spirituel et son cousin Antonio qui moururent à leur tour.

En 1842, Caterina tomba gravement malade, et guérit miraculeusement sur l’intercession de Notre-Dame de Caravaggio et de saint Girolamo Miani.

En 1845, elle abandonna l’école pour s’occuper exclusivement du pensionnat et des compagnes qui s’étaient agrégées à l’œuvre, et qui désiraient se consacrer à Dieu.

Elles avaient déjà fait le projet d’un tel Institut dès 1844 ; le pape leur accorda le décret d’érection, avec oratoire privé et l’Eucharistie. L’approbation diocésaine se fit attendre cependant, malgré les instantes supplications de Caterina auprès de l’évêque de Bergame. Elle insista encore et présenta son projet d’Ursulines Gerolimiaines (d’après Girolamo Miani). Cette fois-ci l’évêque approuva ad experimentum. Caterina attendit le «jour» avec grande confiance, mais sa santé bien ébranlée déclina peu à peu.

Elle mourut le 5 mai 1857, unanimement pleurée.

Le décret épiscopal sera signé le 14 décembre de la même année, l’institut aura la reconnaissance pontificale en 1927.

Au début, l’Œuvre des deux sœurs Cittadini se concentra à Somasca et Ponte San Pietro (Bergame) ; elle s’étendit ensuite dans toute l’Italie ; actuellement les Religieuses s’occupent des Italiennes émigrées en Suisse, en Belgique ; elles ont des fondations en Amérique latine (Brésil et Bolivie) et en Asie (Inde et Philippines). 

Caterina Cittadini a été béatifiée en 2001. Son dies natalis est au 5 mai.

Enric Gispert Doménech

1879-1937

 

Enric (Henri) naquit le 8 novembre 1879 à Riudoms (Baix Camp, Catalogne, Espagne), de Pere et Josepa.

Il fréquenta le séminaire de Tarragone et fut ordonné prêtre en 1904.

Il exerça le saint ministère à Falset, Pobla de Montornés, Rocallaura, Botarell, Vilapiana, la Canonja.

Des qualités qu’il montrait dans sa sainte personnalité, ressortait surtout la patience, restant doux et discret devant les défauts des autres.

Pour les pauvres, il donnait tout ce qu’il avait.

Chaque année, il venait dans son pays d’origine pour fêter la saint Henri (à l’époque, c’était le 15 juillet, maintenant le 13) et s’y trouvait donc au moment de la révolution de juillet 1936, en même temps que deux autres de ses cousins, également prêtres.

Dans l’impossibilité d’obtenir des sauf-conduits, ils se réfugièrent non loin du village.

Le soir du 25 juillet, une voiture pleine de miliciens armés se présentèrent à leur porte, et les soupçonnèrent d’organiser des réunions clandestines, mais n’intervinrent pas davantage.

Vingt jours plus tard, devant le danger, les deux cousins proposèrent à don Enric de partir pour Barcelone. Parvenus là, il leur dit : Vous qui êtes jeunes, faites tout ce que vous pouvez pour vous mettre en sûreté. Mais moi, je me confie ici aux desseins de la Providence.

Don Enric fut bientôt rejoint par don Josep Gomis Martorell. Ils purent célébrer la messe chaque jour, jusqu’au 6 avril 1937. Ce jour-là, don Josep était en train de se confesser à don Enric, lorsqu’on vint les arrêter tous les deux pour les conduire au couvent Sant Elies, transformé en tcheka. Cette date du 6 avril a été prise parfois comme date de leur martyre.

C’est un mois plus tard qu’ils furent tous les deux martyrisés, le 5 mai 1937.

Ils furent tous deux béatifiés en 2013.

 

 

Josep Gomis Martorell

1894-1937

 

Josep naquit le 17 décembre 1894, à Reus (Baix Camp, Catalogne, Espagne nord-est), de Pere et Teresa, et fut baptisé le 26 suivant.

Ayant entendu très tôt l’appel au sacerdoce, il fréquenta le séminaire de Tarragone, et fut envoyé compléter ses études à Rome, où il reçut les doctorats de Philosophie, de Théologie et de Droit Canonique.

Ordonné prêtre le 10 mars 1918, par le cardinal Merry del Val, il célébra sa première messe solennelle en la fête de saint Joseph (19 mars) devant la tombe de saint Pie X (voir au 21 août).

Les années suivantes, quand il entendit parler des sanglantes persécutions au Mexique, il exprima ouvertement son désir de verser son sang pour le Christ.

Il était fréquemment disponible pour entendre les confessions des fidèles, et on le voyait souvent prier les bras en croix. Il lui arrivait fréquemment de recevoir des pauvres. Chaque semaine, il retrouvait des amis dans son pays natal, avec lesquels il expliquait l’évangile avec des projections de diapositives.

Il exerça son ministère sacerdotal successivement à Reus, Blancafort, Falset, tout en étant aussi directeur spirituel au séminaire d’Astorga.

Lors de la révolution de juillet 1936, il vint à Barcelone et retrouva don Enric Gispert chez des amis. Ils y célébrèrent la messe chaque jour et don Josep se confessa à don Enric.

Le 6 avril, il était encore une fois en train de se confesser, lorsqu’on vint les arrêter tous les deux pour les conduire au couvent Sant Elies, transformé en tcheka. Cette date du 6 avril a été prise parfois comme date de leur martyre.

C’est un mois plus tard qu’ils furent tous les deux martyrisés, le 5 mai 1937.

Ils furent tous deux béatifiés en 2013.

 

 

Bolesław Frąckowiak

1911-1943

 

Né le 8 juillet 1911 à Łowęcice (Jarocin, Poznan, Pologne), il était huitième des douze enfants de Andrea et Sophia Płończak, de bons catholiques.

En 1927, il entra au petit séminaire.

A dix-huit ans, il entra au noviciat de la Société du Verbe Divin à Gorna Grupa. C’était un missionnaire dans l’âme. Il prit le nom de Grzegorz (Grégoire).

Il fut réceptionniste et travailla à l’imprimerie comme relieur professionnel.

On le savait particulièrement sensible pour les pauvres : beaucoup venaient trouver auprès de lui quelque chose à manger, un accueil chaleureux, une bonne parole. On l’appela l’ami du pauvre.

Les étudiants du petit séminaire appréciaient aussi sa gentillesse, sa simplicité et sa profonde spiritualité.

Il fit sa profession solennelle le 8 septembre 1938, bien conscient d’offrir sa vie pour le Christ et l’Eglise. 

Au début de la Guerre mondiale, la maison de Gorna Grupa fut réquisitionnée et transformée en camp d’internement de prêtres, obligeant les religieux à la quitter. Bolesław-Grzegorz commença par s’installer chez des parents à Poznan ; il y fut sacristain à Saint-Martin, enseigna le catéchisme et même baptisa quelques nouveau-nés.

Quand le curé fut arrêté par la Gestapo, il n’était plus possible de conserver la Sainte Eucharistie sans risque de profanation ; aussi Bolesław-Grzegorz invita les paroissiens à venir adorer le Saint Sacrement pendant un jour et une nuit sans relâche, après quoi il donna la communion à tous les présents.

Bolesław-Grzegorz trouva momentanément du travail dans une imprimerie de Jarocin, proche de chez lui. Il eut l’occasion de recevoir et de faire passer du matériel anti-nazi, des pamphlets ; un Collègue le dissuada de continuer, et il obéit. 

Un an après, la Gestapo découvrit ces activités. Parmi les arrêtés, se trouvaient des hommes mariés et pères de famille. Bolesław-Grzegorz posa la question à son directeur spirituel : Pourrait-il prendre sur lui la responsabilité de ces hommes ? Son directeur lui répondit : Si tu en as le courage et la force. Mais cela signifiera sacrifier ta vie. 

Bolesław-Grzegorz se confessa, reçut la communion, et tendit la main à son directeur en lui disant : Au revoir, mais pas sur cette terre.

Revenu à la maison, il fut arrêté le lendemain même. Il «confessa» son crime, et l’un des autres suspects fut immédiatement remis en liberté.

Bolesław-Grzegorz fut mis en prison et torturé à Jarocin, conduit à Poznan, et finalement à Dresde, où il fut condamné à être guillotiné.

Peu avant de mourir, il écrivit à ses parents quelques mots :

Je vous écris pour la dernière fois. Quand vous recevrez cette lettre, je ne serai plus en vie. Aujourd’hui, mercredi 5 mai 1943, à 6.15, je serai exécuté. Priez pour moi. Il est déjà une heure du matin, et à deux heures le prêtre m’apportera Jésus. Ne pleurez pas, mais priez pour mon âme. Je suis complètement en paix. Dieu vous bénisse. Restez fidèlement catholiques. Pardonnez toutes mes fautes. Je suis désolé pour ma pauvre maman. Que Dieu vous protège. Nous nous reverrons au ciel.

Bolesław-Grzegorz a été béatifié en 1999.

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