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7 mai 2020 4 07 /05 /mai /2020 23:00

08 MAI

 

IV.

S Victor le Maure, soldat martyr à Milan.

S Acakios, centurion, martyr à Constantinople, patron de Squillace.

S Helladius, évêque à Auxerre.

V.

Apparition de s. Michel Archange au Mont Gargan (492).

S Jean, évêque à Chalon-sur-Saône.

S Arsenius, ermite égyptien à Scété : ses larmes lui brûlèrent les cils.

VI.

S Gibrian, prêtre irlandais venu près de Châlons-en-Champagne avec tous ses frères et sœurs : Tressan, Helan, German, Veran, Abran, Petran, Francia, Portia et Promptia.

S Désiré, gardien du sceau royal sous les rois Clotaire et Childebert, évêque à Bourges.

S Martin, prêtre et abbé près de Saintes.

VII.

S Boniface IV, pape (607-615), qui fit la dédicace du Panthéon à Rome.

Ste Iduberge (Itta), fondatrice de l’abbaye bénédictine de Nivelle, où elle se retira sous la direction de l’abbesse Gertrude, sa fille.

S Benoît II, pape (683-685) ; il dut attendre un an la confirmation de Constantinople pour gouverner l’Eglise ; l’empereur Constantin IV supprima justement cette obligation : il connaissait bien Benoît, au point de lui donner ses deux fils à adopter ; ce pape avait particulièrement cultivé le chant, apprentissage, selon lui, de ce que font les saints au ciel.

S Godon, évêque à Metz. 

?

S Metro, à Vérone ; il s’enchaîna plusieurs années à un rocher pour faire pénitence d’un inceste inconscient qu’il avait commis, puis fut absout et ordonné prêtre.

VIII.

Ss Indract et Dominica, irlandais venus à Skapwith, massacrés par des brigands.

S Wiron, évêque régionnaire en Ecosse, retiré dans le Limbourg, patron de Roermond.

XI

S Stanislas, évêque à Cracovie, martyr : il osait reprocher ses graves immoralités au roi, qui alla le frapper dans l’église où il célébrait ; fêté le 11 avril.

B Frédéric, moine à Einsiedeln, abbé à Hirschau, déposé sur une atroce calomnie de trois de ses moines.

XII.

B Seher, fondateur et abbé à Chaumouzey.

S Pierre, cistercien à Bonnevaux, fondateur de Tamié, évêque à Tarentaise ; il mourut à Bellevaux ; il fut presque le seul de l'Empire à soutenir le pape légitime ; le Martyrologe Romain le commémore le 14 septembre.

XIII.

B Amato Ronconi, à Saludecio ; du tiers-ordre franciscain, il accepta d’être pris pour un fou, par amour de Jésus-Christ ; il fonda un hospice ; canonisé en 2014.

XV.

B Angelo de Massacio, camaldule et martyr, zélé défenseur de l’observance dominicale.

B Luigi Rabatà, carme en Sicile.

XVII.

Bse Catherine Symon de Longprey (Marie-Catherine de Saint-Augustin), religieuse normande des Hospitalières de la Miséricorde, active au Canada, béatifiée en 1989.

XIX.

Clara Fey, fondatrice allemande de la Congrégation du Pauvre Enfant Jésus, en faveur des orphelins ; béatifiée en 2018.

XX.

Bse Franziska Ulrika Nisch (1882-1913), des Sœurs de la Charité de la Sainte Croix à Baden-Baden, cuisinière et mystique, béatifiée en 1987.

Bse Teresa Demjanovič (Miriam Teresa, 1901-1927), américaine des Sœurs Elisabétaines de la Charité, mystique, béatifiée en 2014.

B Jan Eugeniusz (Antonin) Bajewski (1915-1941), franciscain d’origine lituanienne mort à Auschwitz, martyr polonais béatifié en 1999.

Bx Henri Vergès, frère mariste, et Paul-Hélène Saint-Raymond, assomptionniste (*1930, 1927), français assassinés en Algérie en 1994 et béatifiés en 2018.

Victor le Maure

† 303

 

Originaire de Maurétanie (act. Maroc), Victor fut pour cela surnommé le Maure.

Il avait été éduqué dans la foi chrétienne dès l’enfance.

Soldat à Milan, il fut invité à offrir le sacrifice aux idoles, ce qu’il refusa de faire.

Il fut battu, eut tout le corps brûlé par du plomb fondu, et fut décapité.

A son tombeau se produisirent beaucoup de miracles.

C’est l’un des principaux Patrons de l’Eglise de Milan.

Saint Victor le Maure est commémoré le 8 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Akakios centurion

† 303

 

Originaire de Cappadoce (act. Turquie C), Akakios fut centurion de la cohorte impériale des Martésiens.

Mais il était aussi chrétien.

Dénoncé, et arrêté, il confessa courageusement sa foi devant le tribun Firmus.

On l’envoya en Thrace, où il souffrit une première série de tortures, puis, chargé de chaînes, il fut conduit à Byzance : peut-être y fut-il suspendu à un noyer, selon une tradition locale. Enfin, il fut décapité.

Ce fut en 303. 

Akakios est l’unique Martyr de Byzance que mentionne le Martyrologe pour les périodes des persécutions romaines.

Les reliques de s.Akakios ont été transportées à Squillace (Calabre, Italie S), dont il est le Patron principal.

Saint Akakios le centurion est commémoré le 8 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Helladius d’Auxerre

† 385

 

Nous avons déjà rencontré s.Helladius (ou Elladius) à propos d’Amator (v. 1er mai).

Il fut le quatrième évêque d’Auxerre, en 361.

C’est lui qui reçut Amator dans le clergé et lui conféra le diaconat et le sacerdoce.

On dit que, par son exemple et sa parole, il amena beaucoup de gens à la conversion.

Il s’éteignit en 385, après vingt-quatre années d’épiscopat.

Saint Helladius d’Auxerre est commémoré le 8 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Arsenius de Scété

† 411

 

Arsenius était d’une famille romaine sénatoriale.

Il exerça de hautes charges dans le palais impérial.

Certaines versions affirment qu’il fut ordonné diacre à Rome, et que le pape lui-même l’aurait indiqué à l’empereur Théodose pour être le précepteur de ses deux fils, Arcadius et Honorius. Mais comme Arcadius était insupportable, mais aussi après la prise de Rome par Alaric (410), Arsenius laissa la Ville éternelle pour se retirer dans la solitude du désert de Scété (Egypte).

Il y reçut la visite du patriarche Théophile, lequel dit, au moment de mourir (412 ou 413) : Heureux Arsenius, qui avait toujours en tête cette heure suprême !, ce qui laisse entendre qu’Arsenius était mort à cette date.

Un contemporain décrivit ainsi Arsenius : tout blanc, grand, voûté, d’allure encore distinguée, une barbe jusqu’à la ceinture. Les pleurs avaient usé ses cils. En effet, en travaillant, Arsenius avait toujours sous la main un linge pour essuyer ses larmes.

Arsenius dormait très peu : il s’assoupissait, sans se coucher. Le samedi soir, il tournait le dos au soleil couchant et levait ses mains vers le ciel ; il cessait quand le soleil levant l’éblouissait. 

Il mourut donc entre 410 et 412.

 

Saint Arsenius de Scété est commémoré le 8 mai dans le Martyrologe Romain.

Martinus de Saintes

† 5e siècle

 

Martinus est un personnage attesté historiquement, puisque Grégoire de Tours (v. 17 novembre) en fait un long éloge dans son  livre A la Gloire des Confesseurs. 

Mais Grégoire ne sait lui-même pas grand-chose sur ce Martinus.

Par ouï-dire, il le dit disciple de s.Martin de Tours (v. 11 novembre), constructeur d’un monastère à Saujon (Saintes) et thaumaturge.

Le disciple de Martin de Tours serait donc du 4e siècle, et aurait pu mourir au 5e, mais des historiens sévères accueillent avec un certain doute cette affirmation.

Grégoire cite un certain nombre de miracles opérés dès le vivant de Martinus : un malade aux mains paralysées fut guéri, un estropié eut les genoux remis en place…

L’évêque de Saintes s.Palais (v. 7 octobre) mit à l’honneur Martinus, qu’on avait déjà tout-à-fait oublié au 6e siècle. On n’a rien retrouvé non plus de ce monastère de Saujon.

Saint Martinus de Saintes est commémoré le 8 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gibrian de Châlons-en-Champagne

† 515

 

Il y avait en Irlande une belle fratrie de sept frères et trois sœurs qui s’appelaient Gibrian, Helan, Tressan, German, Veran, Abran, Petran, Francla, Portia et Promptia.

Tous les dix voulurent trouver en Gaule un endroit idoine pour la méditation, la prière, la louange divine, et s’arrêtèrent dans un premier temps en Bretagne.

En 508, ils préférèrent se déplacer davantage vers l’intérieur et arrivèrent dans le diocèse de Reims. A partir de ce moment-là, on ne sait plus rien des frères et sœurs de Gibrian.

Gibrian, donc, qui d’après le Martyrologe était prêtre, se choisit un lieu de retraite non loin de Châlons-en-Champagne, probablement l’actuelle commune de Saint-Gibrien.

En 509 d’après certains, 515 d’après le Martyrologe, Gibrian mourut et fut enterré dans une petite chapelle de l’endroit.

Au 9e siècle, ladite chapelle fut détruite par les Vikings envahisseurs, qui cependant respectèrent le tombeau de Gibrian ; au 12e siècle, les reliques de Gibrian furent transférées à Reims : entre le jour de la translation (16 avril) et le 24 août suivant, on recensa cent-deux miracles. Les précieuses reliques disparurent à la Révolution.

Saint Gibrian de Châlons-en-Champagne est commémoré le 8 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Désiré de Bourges

† 550

 

Désiré naquit en 512 à Sancy (Soissons, Aisne), quatrième enfant d’Auginus et Agia, des parents très généreux pour les pauvres ; les premiers enfants furent Agia, Didier (moine, martyr des ariens), Deodatus (trésorier de Clotaire, assassiné par des envieux).

Il devint gardien du sceau royal sous les rois Clotaire et Childebert. Profitant de cette fonction, il fit construire des églises et des monastères. Il s’attaqua aussi à la simonie.

En 538, il fut nommé vingt-troisième évêque de Bourges, succédant à s.Arcadius.

Désiré fit un voyage à Rome, et en rapporta des reliques pour son diocèse.

Il fut célèbre pour ses miracles.

Le 28 octobre 549, il participa au cinquième concile d’Orléans, convoqué par Childebert Ier : on y renouvela la condamnation de Nestorius et d’Eutychès (déja condamnés en 431 et 449) ; on y interdit aux clercs de recevoir chez eux des femmes étrangères et, s’ils sont déjà mariés, de vivre dans la continence ; on rappelle l’interdiction de la simonie ; parmi d’autres canons concernant la discipline ecclésiastique, on prescrit à l’archidiacre de visiter chaque dimanche les prisonniers, aux évêques d’avoir un soin paternel pour les lépreux ; on confirme la fondation d’un hôpital à Lyon.

Successivement, au deuxième concile d’Auvergne, furent confirmés les canons précédents.

C’est peu après ce concile que Désiré, comme il l’avait annoncé, fut pris de fièvres et mourut le 8 mai 550.

Saint Désiré de Bourges est commémoré le 8 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Boniface IV

617-615

 

Fils du médecin Johannes, né dans les Abruzzes (Italie centrale), il était moine à Rome. Du temps de Grégoire Ier  il était diacre dispensator, c’est-à-dire responsable de l’administration du patrimoine.

Succédant à Boniface III après plus de dix mois de vacance du siège apostolique, il est le soixantième pape.

Comme l’empereur Phocas montrait de bonnes dispositions envers le pontife romain, Boniface lui demanda de confirmer officiellement la primauté du siège romain sur celui de Constantinople.

Le même empereur céda au pape le temple romain du Panthéon, qui était encore debout malgré les démolitions des temples païens, et le pape le consacra au culte en l’honneur de la Vierge Marie et de tous les Saints sous le titre de Sancta Maria Rotunda : premier exemple dans l’histoire de l’Eglise d’un temple devenu église. C’est à cette occasion que fut composée la messe Terribilis de la Dédicace.

En 610 il y eut un concile à Rome où il fut traité de “la vie et le repos des moines”. L’évêque anglais Mellitus fit qu’on parla de l’ordination des moines “s’ils avaient les qualités requises” et qu’ils pouvaient exercer le “ministère de lier et de délier”. Les usages celtes y furent abolis.

On ne connaît pas la réponse ni la réaction de Boniface IV aux vives admonestations que se permit de lui écrire saint Colomban (malgré toute la déférence de celui-ci pour le Saint-Siège).

Il y eut à cette époque des inondations à Rome, une période de famine et d’épidémie de peste.

Boniface IV mourut le 25 mars pour les uns, le 8 mai 615 pour les autres, et c’est cette dernière date qui est retenue au Martyrologe Romain. Son pontificat aurait duré cinq ans, huit mois et douze jours.

Il eut pour successeur Deusdedit (Adeodatus) Ier.

 

 

Benoît II

683-685

 

Benedictus était romain de naissance, et attaché à l’Eglise dès l’enfance, appliqué à l’étude de l’Ecriture et du chant ecclésiastique, qu’il considérait comme l’apprentissage de ce que font les saints au paradis.

Élu au siège apostolique en 683, il succédait à saint Léon II comme quatre-vingt-unième pape, connu pour sa piété, son humilité, sa douceur, sa patience, son amour des pauvres.

Un “incident” marqua son élection, car à cette époque on devait attendre la confirmation de l’élection par l’empereur avant d’introniser le nouveau pape. Cette attente dura près d’un an dans le cas de Benoît II. C’est d’ailleurs ce dernier qui, d’entente avec l’empereur Constantin Pogonat, décida qu’il ne serait plus nécessaire d’attendre cette confirmation.

L’empereur était justement bien disposé envers le pape : il lui fit adopter ses deux fils, Iustinianus et Heraclius.

Benoît II s’employa à faire recevoir partout les décrets du concile de Constantinople contre le monothélisme. Entre autres, il demanda à l’épiscopat espagnol de s’exprimer plus clairement à ce sujet.

Le pape chercha à ramener le patriarche d’Antioche, Makarios, à la sainte union, car il avait été déposé un moment pour hérésie. Il se montra favorable à la cause de l’archevêque d’York, saint Wilfrid, pour le faire réintégrer sur son siège.

Le pontificat de Benoît II fut très bref, mais intense en œuvres diverses : réparation d’édifices, souci des pauvres, conversion des hérétiques.

Benoît II mourut le 8 mai 685, et eut pour successeur Jean V.

 

 

Wiro d’Ecosse

† 710

 

Wiro était né en Ecosse, où son mérite l’avait fait nommer évêque, mais son humilité ne put se résoudre à accepter cette charge.

Il alla trouver le pape, avec deux compagnons, nommés Plechelm et Otger, pour lui expliquer les raisons de son refus, mais le pape jugea que Wiron était d’autant plus digne de l’épiscopat, qu’il le craignait davantage, aussi l’ordonna-t-il évêque, ainsi d’ailleurs que Plechelm, et les renvoya tous deux en Ecosse, pour y collaborer avec les autres évêques dont les diocèses étaient assez vastes.

Wiro réussit, ainsi que Plechelm, à se démettre de ses fonctions en Ecosse et gagna la région du Limbourg, plus précisément à Roermond : non loin se trouvait un Mont Saint-Pierre, qui fut plus tard appelé Mont Sainte-Odile (à distinguer du site de même nom en Alsace). 

Il a été avancé qu’avant de s’installer là, Wiro et Plechelm collaborèrent en Germanie avec s.Boniface (v. 5 juin), lequel aurait nommé Wiro évêque d’Utrecht. Mais Wiro était déjà mort quand Boniface entreprit sa grande œuvre évangélisatrice. La réalité est que des reliques de Wiro furent transportées à Utrecht au 9e siècle.

C’est Pépin d’Héristal qui fit don à Wiro du Mont Saint-Pierre. Il choisit Wiro comme directeur de conscience et venait souvent le visiter, parfois pieds-nus, déposant ses insignes royaux et se mettant parmi les pénitents. Après la mort de Wiro, Pépin alla trouver Plechelm, qui se trouvait dans la même région.

Wiro mourut vers 710, peut-être déjà vers 700.

Saint Wiro d’Ecosse est commémoré le 8 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Metro de Vérone

† 8e siècle

 

La période où vécut Metro est très approximative ; si son existence est parfaitement attestée, on n’en peut préciser la naissance ni la mort.

Metro, qui pourrait bien être d’origine grecque, eut le malheur de commettre involontairement un inceste. Quand il comprit son crime, il s’enchaîna lui-même à un rocher, s’imposant là de sévères mortifications en pénitence de son péché.

Ayant longuement expié, il reçut l’absolution et fut ordonné prêtre.

Après sa mort, il fut honoré comme saint.

Saint Metro de Vérone est commémoré le 8 mai dans le Martyrologe Romain.

Pierre de Tarentaise

1102-1174

 

Pierre naquit vers 1102 près de Vienne en Dauphiné, de parents humbles, pauvres en ressources matérielles, mais riches de vertus chrétiennes : la maison était un véritable hospice pour les étrangers et les pauvres, les religieux de passage, dont les récits et les exhortations étaient une excellente instruction pour les enfants.

Tout en gardant les troupeaux, Pierre cherchait à s’instruire. On remarqua sa mémoire prodigieuse quand il récita le psautier. Il transcrivit et apprit par-cœur le commentaire de saint Augustin sur les psaumes.

A vingt ans, il entra à la nouvelle abbaye cistercienne de Bonnevaux.

Dix ans plus tard, estimé pour ses dons et ses qualités, il fut chargé de fonder l’abbaye de Tamié. Dans ce lieu perdu, les moines vivaient tout juste de pain et eau, avec des herbes mal apprêtées ; mais ils recevaient les voyageurs, les pèlerins, les pauvres, leur procurant toute l’aide possible ; le comte de Savoie (Amédée III) fut un de ces hôtes ; Pierre les servait personnellement.

Les miracles commencèrent : Pierre multipliait le pain pour la communauté.

En 1138 (ou 1142 ?), Pierre dut, par obéissance à saint Bernard de Clairvaux, accepter l’évêché de Tarentaise. Il s’employa à remonter le niveau du clergé, installa des chanoines réguliers de Saint-Augustin à la cathédrale, visita et dota les églises de matériel liturgique, fonda des hospices pour les pauvres et les pèlerins. Dans ses déplacements, il restait humblement vêtu en religieux ; il se mortifiait, jeûnait, priait longuement.

Chaque année, au printemps, il organisait une distribution générale de soupe et de pain. Ce pain de mai dura jusqu’à la Révolution.

Sa bonté était désormais légendaire, on se pressait pour l’accoster ; il reçut ainsi trois étrangers qui venaient le remercier (!) de les avoir délivrés : ils expliquèrent que, prisonniers, ils s’étaient convertis à la lecture des vertus et des miracles de Pierre, et l’avaient invoqué ; Pierre leur était apparu, leur avait rompu les chaînes et les avait faits passer à travers les gardes.

Pierre décida d’échapper à cette notoriété et disparut : on le retrouva quand même au fond d’un couvent d’Allemagne, d’où on le tira pour combattre le schisme de Victor III, nommé par Frédéric Barberousse. Pierre fut presque le seul sujet de l’empire à se déclarer ouvertement pour le pape légitime, suivi par tout l’ordre cistercien. C’est pourquoi le pape Alexandre III l’invita à Rome : tout au long de son voyage, Pierre fut acclamé ; il guérit l’évêque de Bologne.

En 1170, le pape le chargea d’une mission de réconciliation entre les rois de France et d’Angleterre ; là encore, les miracles se multiplièrent sur son passage. Il ne cessait de consacrer des autels, de guérir des malades.

Arrivé à proximité de Bellevaux (Haute-Saône), la fatigue et la fièvre l’obligèrent à s’asseoir sur le bord de la route ; on vint l’aider à gagner l’abbaye, où il mourut le 8 mai 1174.

Les nombreux miracles de Pierre de Tarentaise continuèrent après sa mort, et il fut canonisé en 1191.

Pour une raison à présent inconnue, le Martyrologe mentionne saint Pierre de Tarentaise au 14 septembre.

 

 

La magnifique abbaye de Bonnevaux, qui reçut Pierre au début de sa vie religieuse, fut vendue vers 1830 comme carrière de pierres. Celle de Bellevaux, où il mourut, déclina beaucoup, se reprit, fut vendue en 1791, rachetée, restaurée, abandonnée ; c’est maintenant une demeure privée, classée aux monuments historiques. Les reliques de s. Pierre de Tarentaise devraient se trouver actuellement en la proche église de Cirey.

 

 

Amato Ronconi

1225-1292

 

Amato (Aimé) naquit vers 1225 à Monte Orciaro (San Lauditius - auj. Saludecio -, Rimini, côte Adriatique, Italie centrale), de parents assez aisés, Felice et Santa, qui eurent quatre enfants : Girolamo, Giacomo, Amato et Clara.

Il fut tôt orphelin de ses parents et fut pris en charge par son frère aîné, Girolamo et son épouse.

Il fréquenta le couvent franciscain de Formosino et devint membre du Tiers-Ordre franciscain. 

Il s’imposait une vie dure, avec flagellations, se nourrissant de quelques légumes. Il fit le pèlerinage à saint Gaudenzio de Rimini et à saint Marino au Mont Titano. Il fit quatre fois le pèlerinage à Compostelle. Sur son chemin, il aurait accompli des miracles, et en particulier à Compostelle même, celui de ressusciter un mort.

Sa belle-sœur lui proposa de se marier avec sa sœur, mais sur son refus, elle le prit en grippe et alla jusqu’à l’accuser d’inceste avec sa sœur Clara. Amato redoubla ses flagellations. Une tradition orale rapporte que Dieu prouva l’innocence d’Amato par des miracles.

Il se retira avec sa sœur Clara dans une maison sur le Monte Orciaro, sa part d’héritage. Cette maison devint bientôt un hospice, dédicacé à Notre-Dame, pour offrir un lit aux pauvres et aux pèlerins. Pour subvenir aux dépenses nécessaires, Amato vendit tout ce qu’il avait.

Un jour qu’il n’y avait vraiment plus rien à donner à manger aux pèlerins de passage, Amato dit à sa sœur d’aller prendre au potager ce qu’elle y trouverait : elle revint avec d’énormes raves, tout juste semées le matin.

Au cours de son cinquième pèlerinage à Compostelle, un ange l’avertit de vite revenir à la maison, car le cours de sa vie allait se terminer.

Le testament écrit d’Amato date du 10 janvier 1292, la seule date précise reçue pour cet humble frère de saint François d’Assise. Par ce testament, Amato remettait son hospice aux Bénédictins de Rimini.

Amato mourut, croit-on, le 8 mai 1292, et fut presqu’aussitôt considéré «bienheureux». De son corps qui ne subissait pas de corruption, sortait un parfum céleste. Qui le touchait, guérissait.

En 1330, on dut transférer en hâte le corps d’Amato, à cause d’un incendie. A la fin de la cérémonie, les bœufs ne voulaient plus repartir ; le bouvier exaspéré planta à terre son aiguillon, qui donna naissance à un orme, appelé depuis l’Orme du Bienheureux Amato.

Lors du bombardement de 1944, l’église fut quasi détruite, mais l’urne de verre qui contient le corps du Bienheureux, ne subit aucun dommage.

Le culte qu’on lui rendait fut confirmé en 1776.

Le martyrologe romain le commémore au 8 mai. 

Amato fut canonisé en 2014.

 

 

Angelo Urbani de Massaccio

† 1458

 

Angelo était né dans la deuxième moitié du 14e siècle, à Massaccio (auj. Cupramontana, Ancône, Italie), dans la famille des Urbani.

Entré dans l’Ordre des Camaldules, il fut prieur à Santa Maria della Serra.

Saint Giacomo de la Marche (v. 28 novembre : Domenico Gangale) a mentionné le martyre que subit Angelo, par les mains de la secte des berlotani : de passage dans la campagne un dimanche, Angelo aperçut ces gens en train de travailler dans les bois et leur reprocha de ne pas respecter le repos dominical : pour toute réponse, ils vinrent le frapper avec leurs haches.

On a calculé que ce pouvait être le 8 mai 1458.

Des miracles ont tout de suite attesté la sainteté d’Angelo, dont le culte s’établit dès le 15e siècle. Deux siècles plus tard, Angelo était proclamé céleste patron de Massaccio.

Le culte fut confirmé en 1842 ; Angelo est donc Bienheureux.

Le Martyrologe le mentionne au 8 mai.

 

 

Luigi Rabatà

1443-1490

 

Luigi Rabatà était né à Erice (Trapani, Sicile) vers 1443.

Entré au Carmel de Trapani, il y fit les études et reçut le sacerdoce.

Par la suite il fut nommé prieur à Randazzo, où il resta jusqu’à la fin de sa vie.

En 1489, il eut l’occasion de reprocher à un habitant sa conduite désordonnée et ce dernier,  vexé, lui tira une flèche dans le front. Luigi pardonna et ne voulut jamais révéler le nom de son agresseur ; mais la plaie s’infecta et Luigi mourut de gangrène le 8 mai 1490, date à laquelle le mentionne le Martyrologe.

 

Catherine Symon de Longprey

1632-1668

 

Née le 3 mai 1632 à Saint-Sauveur-le-Vicomte (Manche), Catherine était la fille de Jacques Simon et de Françoise Jourdan de Launay. Elle avait plusieurs frères et sœurs.

Une sainte âme de la famille aurait prédit dès sa conception qu’elle serait une grande servante de Dieu. Elevée par ses grands-parents maternels, elle en reçut de sages leçons de piété et d’amour du prochain. Elle montra effectivement très tôt des signes manifestes d’une grande âme de prédilection, cherchant toute petite déjà à faire la volonté de Dieu.

Il semble qu’elle ait eut une certaine «familiarité» avec Notre-Dame et l’Enfant-Jésus, à qui elle parlait à tous moments. 

A cinq ans, elle commença de souffrir de maux de tête, avec une forte infection des oreilles, et les médecins n’y purent rien faire, jusqu’à ce qu’un mystérieux personnage vînt se présenter, qui lui administra un remède très efficace avant de disparaître. Elle ne sut jamais qui était ce Saint mystérieux, qui se présentait comme venant de Paris et d’Italie.

Elle fit la première Communion en 1640, le 1er novembre. Elle-même écrit qu’elle perdit sa première ferveur, et qu’un songe lui fit comprendre le danger où elle était, et la vocation religieuse qui l’attendait. 

En attendant elle se prépara avec grand soin, se confessant deux fois la semaine, cherchant à être fidèle dans les petites choses quotidiennes. Elle rencontrait souvent des pères Jésuites, dont les missions dans le Cotentin produisirent d’excellents résultats parmi toute la population.

Elle reçut l’influence bienfaisante d’un grand Saint : Jean Eudes (voir au 19 août). A dix ans, elle se consacra à la Sainte Vierge, selon un acte qu’elle signa de son sang. On a à juste titre supposé qu’elle avait eu une céleste inspiration pour rédiger cet acte. L’acte est du 8 septembre 1642, jour où elle s’inscrivit dans la Confrérie du Rosaire et dans celle de la Rédemption des Captifs.

L’année suivante, le 19 mars, elle entra dans l’Association de la Sainte Famille, pour obtenir la grâce de bien mourir. Le 25 mars, elle prit le petit habit de Notre-Dame, et se trouva guérie d’une mystérieuse fièvre qui la tenait depuis trois années.

Vers ses douze ans, elle eut l’inspiration du Saint Esprit de faire trois vœux : prendre Marie pour sa mère ; éviter le péché mortel ; vivre dans la chasteté.

A douze ans, après quelques hésitations et quelques combats pour renoncer vraiment au monde, elle fut accueillie (avec sa sœur aînée) parmi les Sœurs Hospitalières de Bayeux, tout récemment établies. 

Tout de suite, on apprécia sa disponibilité et sa gentillesse à toute épreuve. Elle apprit vite le chant ; elle participa efficacement à la sacristie, à la cuisine, au réfectoire, à l’hôpital. Elle communiait chaque jour.

Elle reçut l’habit religieux à quatorze ans (1646) ; ce 24 octobre, sa sœur aînée fit profession, et sa grand-mère entra au monastère. Alors commença le noviciat de Catherine, qui prit le nom de Marie-Catherine de Saint-Augustin.

En mars de 1648, elle refit une consécration totale de tout son être et de toute sa vie à Notre-Dame ; un véritable acte juridique, daté, signé, circonstancié, où Marie-Catherine dit bien qu’elle a «15 an passé».

Bien vite, elle s’offre pour la mission du Canada, voulant vivre et mourir en ce pays si Dieu lui en ouvre la porte. On ne pensait pas d’abord à elle, qui était si jeune et encore novice, mais comme sa sœur aînée, qui devait partir, changea d’avis, Marie-Catherine se trouva en bonne position pour être acceptée. Là, c’est son père qui essaya tous les moyens pour l’en empêcher, mais c’est la jeune novice qui gagna.

Il se passa ceci : Monsieur de Longprey était fort affligé du départ de sa chère fille et demanda à lire la relation du martyre d’Isaac Jogues, qui avait été mis à mort par des Iroquois l’année précédente. Puis il sombra dans un profond sommeil, dont il se réveilla tout changé, très disposé à faire le sacrifice de sa fille ; et son épouse eut le même «songe» de son côté.

Puis le chapitre exposa à nouveau des raisons opposées à ce voyage, pour finalement consentir à laisser partir cette jeune novice.

Elle put faire les vœux simples, quoique n’ayant pas encore les seize ans requis pour la première profession. Un des vicaires généraux du diocèse put se rendre compte personnellement de l’étonnante fermeté de la décision de cette jeune fille adolescente. L’ancien évêque de Bayeux était fort ému d’avoir une telle Sainte dans son diocèse et baisait les lettres qu’il en recevait.

Le départ fut émouvant, d’autant plus que Catherine était unanimement estimée, dans sa famille naturelle et dans sa famille religieuse. La douleur était grande de se quitter, mais l’amour que Catherine portait pour les «Sauvages» l’emportait de beaucoup.

Ainsi, en 1648, cette novice de seize ans est parmi les premières apôtres du Canada.

Durant la traversée, il y eut une épidémie de peste avec des morts ; Catherine fut à toute extrémité, mais la Vierge Marie vint l’assister et la guérir.

Arrivée à Québec, elle se mit vaillamment à l’œuvre, apprit les langues indiennes, fit l’infirmière, l’économe, l’hospitalière, la maîtresse des novices : elle avait de remarquables qualités d’organisation et de responsabilité.

Marie-Catherine avait coutume de prier pour les âmes des Défunts. Or non loin du monastère mourut une pauvre femme prostituée, abandonnée de tous. Elle apparut à Marie-Catherine quatre années après sa mort, lui demandant des prières. Peu après, cette âme était sauvée.

Pendant tout le temps de sa présence au Canada, Marie-Catherine ne cessa d’être affligée de douleurs diverses et continues, mystérieuses et insensibles à tous les remèdes, de sorte qu’on put dire d’elle qu’elle était réellement clouée sur la croix. On lui proposa de revenir en France, ce qu’elle refusa catégoriquement.

Pendant toute cette période, ce ne fut que crainte et terreur à cause de la fureur des Iroquois,  qui s’en prirent continuellement aux Hurons, mais aussi aux populations établies dans cette région du Canada. Leurs nombreuses victimes furent torturées et horriblement mises à mort.

Souvent, les Religieuses devaient quitter le couvent le soir, pour aller se réfugier ailleurs, ne laissant dans le couvent que deux ou trois d’entre elles pour rester près du Saint-Sacrement, et presque toujours ce fut Marie-Catherine qui était «de garde», ce qu’elle appréciait beaucoup, pouvant ainsi rester longtemps auprès de l’Eucharistie.

Par cette offrande qu’elle avait faite de soi-même, Marie-Catherine est considérée comme la co-fondatrice de l’Eglise en Canada.

Elle s’éteignit le 8 mai 1668, à Québec : elle avait trente-six ans.

Marie Thérèse de Saint-Augustin a été béatifiée en 1989.

 

Clara Fey

1815-1894

 

Clara naquit à Aix-la-Chapelle (Aachen, Allemagne) le 11 avril 1815, quatrième des cinq enfants des époux Ludwig et Katharina. On connaît le nom d’un de ses frères, Andreas, qui sera prêtre.

Ludwig, un riche industriel du textile, mourra d’un accident cardio-vasculaire en 1820.

Durant ses études, Clara fut fortement influencée par Luise Hensel, de même que certaines de ses camarades, comme Pauline von Malllinckrodt ou Franziska Schevier (v. 30 avril et 14 décembre). Clara se préoccupera très particulièrement de la condition des enfants de familles pauvres, des orphelins.

Vers 1835, Clara songea un moment à entrer chez les Carmélites, après avoir lu des pages de sainte Thérèse d’Avila (v. 15 octobre). Mais son directeur spirituel eut l’inspiration de lui faire lire alors des écrits de s.François de Sales, qui l’aidèrent à préciser son orientation.

Appuyée par son frère Andreas, entourée d’amis gagnés par sa parole et touchés par son exemple, Clara ouvrit en 1837 à Aix-la-Chapelle une école. C’était la première pierre d’une grande œuvre qui allait devenir, en 1844, la Congrégation du Pauvre Enfant-Jésus. Très vite de nombreux enfants purent ainsi recevoir une formation scolaire et un soutien social.

Dès 1848, la nouvelle congrégation fut approuvée par l’évêque de Cologne ; en 1868, le pape la reconnaissait comme institut de droit pontifical.

Les Religieuses porteraient désormais un habit noir - en signe de repentance - avec le scapulaire blanc comme chez les dominicains. Clara en sera la première Supérieure.

Très vite, les vocations se multiplièrent, jusqu’à atteindre six cents Religieuses, dans vingt-sept maisons de la Prusse. Mais le rigoureux Kulturkampf imprima un violent coup d’arrêt à cette expansion. Les Religieuses durent se replier à Simpelveld (Pays-Bas), et s’installèrent successivement en Angleterre, en Belgique et en France.

Lorsque les Sœurs purent revenir en Prusse, en 1887, Clara restera dans la maison de Simpelveld. C’est là qu’elle s’éteignit, le 8 mai 1894.

Clara a été béatifiée en 2018 et sera commémorée le 8 mai au Martyrologe.

Franziska Ulrika Nisch

1882-1913

 

Franziska naît en 1882. Ses parents n’étaient pas encore mariés et ne le firent qu’une année après. Vinrent ensuite douze autres enfants ; la famille était si pauvre que Franziska ainsi que ses petits frères et sœurs devaient aller rendre des services alentour pour gagner un peu de pain, des œufs, des fruits, que son père ne pouvait acheter avec sa petite paie de journalier. De cette nombreuse fratrie, seuls quatre enfants atteindront l’âge adulte.

La petite Franzi est éduquée surtout par sa douce grand-mère et sa marraine, qui lui donnent l’affection qu’elle ne trouve pas auprès de son père. Ce dernier est dur, mais elle lui obéira toujours. A l’école, elle ne brille guère, elle est un peu lourdaude, maladroite, cassant facilement les objets ; solitaire, elle reste simple, pieuse, toujours aimable ; souffreteuse, elle manque souvent l’école et les résultats s’en ressentent.

Après son école primaire, elle est placée à douze ans en différents endroits et finalement comme bonne dans une famille à Rorschach en Suisse. Elle tombe malade de la tuberculose et elle est soignée à l’hôpital par les Sœurs de la Charité de la Sainte Croix avec une grande bonté, si bien qu’elle choisit d’entrer chez elles en 1904. Elle est reçue à Hagne, leur maison provinciale allemande. Désormais elle s’appellera en religion : Sœur Ulrika. 

L’année suivante, elle assiste les malades à Zell-Weierbach près Offenburg, puis comme aide-cuisinière à Bühl et ensuite à Baden-Baden. Elle accepte tous les travaux, les humiliations, et elle souffre de maux de tête dont elle ne se plaint jamais. Parfois, ce sont les ténèbres dans la prière. « Ces pénibles expériences conduisent Sœur Ulrika à une sérénité du cœur qui lui permet de voir dans les plus petites choses la main paternelle de Dieu et d’accueillir de sa part chaque heure de sa vie avec une reconnaissance d’enfant. » (Jean-Paul II). Elle prie jour et nuit. Tout se transforme pour elle en prière.

Un de ses mots favoris était : L’Amour ne connaît pas de mesure. Nous ne devons souffrir et travailler que dans l’Amour et pour l’Amour. Son biographe, Ferdinand Holböck a pu écrire : “Elle atteignit un degré de profonde mystique dans la prière silencieuse, dans l’extase, jusqu’à l’état des noces mystiques et de l’union totale avec le Christ”. Ulrika disait sans cesse : Il faut fermer les volets, comme pour souligner l’importance du silence.

Elle jouit de visions mystiques. Au début de sa vie religieuse, elle voyait son Ange gardien et pensait que tout homme voyait son Ange gardien. Plus tard elle vit la sainte Vierge, les Anges et d’autres Saints encore. Elle eut aussi, dit-on, des visions sur l’avenir. Auprès d’elle, les gens se sentaient comme en paradis.

Les visions cessent en 1912, lorsque Ulrika tombe à nouveau malade de la tuberculose ; on la ramène à la maison provinciale, à Hagne, où elle meurt à 31 ans, le 8 mai 1913. 

Quand on veut écrire sa vie, certaines personnes s’étonnent, car ils ne voient pas en quoi réside sa sainteté. D’ailleurs les titres des premières brochures sont éloquents : ‘‘La sainte de rien’’, ‘‘La sainte aux marmites’’, ‘‘La voix silencieuse’’. Mais les faits parlent d’eux-mêmes : sa tombe est toujours fleurie et de multiples témoignages font état de grâces obtenues. 

Notons en souriant que sœur Franciska sera béatifiée (en 1987) avant sa fondatrice, Mère Maria Theresia Scherer, une grande sainte pourtant.

 

 

Teresa Demjanovič

1901-1927

 

Elle vit le jour le 26 mars 1901 à Bayonne dans l’état du New Jersey (Etats-Unis), benjamine des sept enfants d’Alexander et Johanna, des Ruthènes émigrés. Les Ruthènes consituaient une enclave dans ce qui est maintenant la Slovaquie orientale.

Miriam reçut sa formation chrétienne dans le rite byzantino-ruthène (gréco-catholique). Elle fut baptisée et confirmée le 31 mars 1901.

Elle fréquenta l’école primaire, reçut son diplôme de fin d’études en 1917 à l’école de Bayonne, ; en outre, elle reçut deux heures quotidiennes de formation à la paroisse, pour apprendre l’alphabet cyrillique et prier dans la langue slavonne. Puis elle commença des études supérieures, à seize ans.

Désireuse d’entrer en religion, elle s’occupa cependant de sa mère malade, retardant ainsi son admission au Carmel.

Après la mort de sa mère (1918), sa famille la pressa de fréquenter le Collège Sainte-Elisabeth (Convent Station, New Jersey) : elle obtint un diplôme de littérature (1923), et enseigna le latin et l’anglais à l’Académie Saint-Louis de Jersey City. 

Elle aspirait toujours à la vie religieuse ; d’ailleurs, on la voyait très souvent en prière dans la chapelle, avec son chapelet.

Elle avait une place importante dans des associations caritatives, dans la chorale paroissiale. En 1924, elle pensa entrer chez les Carmélites du Bronx, mais ses fréquents maux de tête l’en détournèrent. Elle songea alors à une congrégation enseignante, et s’apprêtait à entrer chez les Sœurs Elisabétaines de la Charité : la mort de son père (1925) retarda de quelques jours cet événement, prévu pour le 2 février et repoussé au 11 février, fête de Notre-Dame de Lourdes.

La communauté était de rite romain, et ne fit aucune difficulté à admettre dans ses rangs une personne du rite gréco-catholique. Teresa prit désormais le nom de Miriam Teresa, en l’honneur de la Sainte Vierge et de sainte Thérèse d’Avila, mais aussi par référence à sainte Thérèse de Lisieux, canonisée le jour-même où elle reçut l’habit (17 mai 1925).

En fonction de sa formation, on lui confia d’emblée l’enseignement à l’Académie Sainte-Elisabeth à Convent Station, dès 1925. 

L’année suivante, constatant les lumières particulières dont elle était favorisée, son directeur spirituel lui confia la formation des novices, pour lesquelles elle écrivit vingt-six conférences, plus tard publiées dans un ouvrage portant le titre de Greater Perfection.

En novembre 1926, on dut l’opérer des amygdales, mais se sentant mal en point, elle demanda à retourner à l’infirmerie. La Supérieure était étonnée de voir malade une si jeune Sœur et l’exhorta à «se pousser un peu». Mais l’aumônier se rendit mieux compte de la réalité, prévint la famille et l’on conduisit Sœur Miriam à l’hôpital. On lui diagnostica une faiblesse physique et nerveuse, avec myocardie et appendicite aigüe, mais la Sœur était trop faible pour supporter une opération. Ses conditions empirèrent.

Elle fit sa profession religieuse in articulo mortis, le 2 avril 1927 ; le 6 mai suivant, on tenta tout de même une opération de l’appendicite, mais elle mourut le 8 mai 1927.

Sœur Miriam avait reçu maintes faveurs célestes durant sa courte vie ; les faveurs célestes continuèrent après sa mort par son intercession. En particulier, un garçonnet de huit ans qui avait perdu la vue à cause d’une dégénérescence maculaire, récupéra complètement la vue, en 1964.

La cérémonie de béatification de Miriam Teresa a été annoncée pour 2014.

 

 

 Jan Eugeniusz Bajewski

1915-1941 

 

Né le 17 janvier 1915 à Vilnius (alors Pologne, actuelle Lituanie), Jan fut le fils unique de Jan et Aniela Wińkowska, un couple aisé. Le père était imprimeur. En réalité, il eut trois autres frères, tous trois morts-nés.

Il fut baptisé le 14 mars 1918.

Il fréquenta l’école primaire à partir de 1922, puis le collège royal Lelewel et le lycée classique Mickiewicz de Vilnius. Jan était très doué et apprit à parler couramment plusieurs langues. Il passa son baccalauréat en 1933.

Il hésita alors entre le séminaire diocésain et la vie religieuse, outre qu’il eut à affronter une certaine réticence de la part de sa famille. Mais les parents ne s’opposèrent pas radicalement à la vocation de leur fils.

Jan entra d’abord au séminaire de Vilnius, mais un an après rejoignit l’Ordre des Franciscains Conventuels, dans la province polonaise, en 1934 : en septembre il recevait l’habit religieux, et le nom d’Antonin.

Après le noviciat à Niepokalanów, il fit les premiers vœux en 1935, partit étudier la philosophie et la théologie au séminaire franciscain de Cracovie, fit la profession solennelle en 1938 et fut ordonné prêtre en 1939. Malheureusement, à cette date, son père était déjà mort, l’année précédente.

Sa première destination fut, justement, Niepokalanów, où le Gardien (supérieur), Maksymilian Kolbe, le prit comme substitut, et deuxième vicaire du couvent. Il le nomma aussi rédacteur en chef du bulletin Le Chevalier de l’Immaculée (Miles Immaculatæ).

Les membres de la communauté se souvenaient de ce jeune prêtre réfléchi, pieux, serviable. Mais Jan-Antonin n’avait pas une excellente santé : au bout de quelques mois, il dut être admis en clinique, le Lasek (Les Bois), comme on l’appelait en raison de sa situation au milieu des bois. C’est là qu’il était encore au moment où éclata la Seconde guerre mondiale.

Quand les nazis vinrent enlever la quasi totalité des Religieux du Niepokalanów, ils laissèrent dans un premier temps ceux du Lasek, mais revinrent les prendre eux aussi en février 1941. C’est ainsi qu’il se retrouva avec le père Kolbe, le père Bartosik et deux autres Religieux dans la prison Pawiak de Varsovie, où il se montra bon compagnon, patient, donnant aux autres sa ration de nourriture. Il continua à porter son habit religieux, ce qui lui causait encore plus de mauvais traitements de la part des gardiens nazis.

Dans la nuit du 4 au 5 avril 1941, lui et le père Bartosik furent transportés à Auschwitz, où il porta le numéro 12764. A son arrivée, il fut brutalement battu par les SS avec son propre rosaire, qu’il portait à la ceinture.

Bien vite, Jan-Antonin fut pris de typhus, et mis dans le secteur des malades. Malgré ses souffrances, il tâchait d’apporter du réconfort auprès des autres malades, particulièrement en les confessant. Il savait qu’il risquait sa vie, mais il répétait : Je suis cloué sur la croix avec le Christ

Epuisé par le travail pénible, Jan mourut dans le camp d’Auschwitz le 8 mai 1941.

Il avait vingt-six ans. Il avait dit au père Szweda, qui reçut sa dernière confession : Dis aux frères de Niepokalanów que je suis mort ici, fidèle au Christ et à Marie. Il s’éteignit en prononçant les noms de Jésus et Marie.

Son corps fut probablement brûlé sur place.

Jan-Antonin fut béatifié en 1999.

 

 

Paul-Hélène Saint-Raymond

1927-1994

 

Née le 24 janvier 1927 à Paris, Paul-Hélène était la huitième des dix enfants d’une grande famille très chrétienne.

Elle acheva ses études comme ingénieur puis, en 1952, entra chez les Petites Sœurs de l’Assomption.

De 1954 à 1957, elle sera travailleuse familiale à Creil, auprès de la population ouvrière.

Ensuite, elle suivra une formation d’infirmière.

Douée d’une grande mémoire, très cultivée, elle s’attira le surnom de Madame Encyclopédie.

En 1960, elle émit les vœux définitifs et fut envoyée à Rouen, toujours dans les quartiers marqués par la pauvreté.

En 1964, elle fut appelée à partager ses talents en Algérie, comme infirmière et comme travailleuse sociale. La tâche était immense. Sœur Paul-Hélène mit tout son temps, toutes ses forces au service de cette population démunie : soins à domicile, et même petite chirurgie, démarches auprès des organismes, appareillage et rééducation des blessés.

Il semblait qu’elle n’en faisait jamais assez. Mais aussi, elle galvanisait les autres collègues : ce fut au point qu’on dut la modérer dans son rythme de travail. Elle souffrit même des moments de tension avec les autres Religieuses, qu’elle dépassa humblement en cherchant toujours l’harmonie et le dialogue.

Vint le moment de la «retraite», mais un volcan s’arrête-t-il si facilement ? Sœur Paul-Hélène se rapprocha alors de la bibliothèque gérée par le Frère Henri Vergès, où elle se rendit chaque jour pour accueillir les étudiants.

Lors de la douloureuse décennie des années 90, même l’évêque lui conseillait la prudence ; elle osa encore lui répondre respectueusement : Père, nos vies sont déjà données.

Le 8 mai 1994, trois islamistes firent irruption dans la bibliothèque ; Frère Henri reçut deux balles dans la tête, Sœur Paul-Hélène une balle dans la nuque.

Ce 8 mai sera le dies natalis où elle sera mentionnée au Martyrologe.

Elle fut béatifiée en 2018.

 

 

 

Henri Vergès

1930-1994

 

Né le 15 juillet 1930 à Matemale (Pyrénées Orientales), Henri avait un jeune frère, Pierre.

Il entra à douze ans chez les Frères Maristes.

Au terme de ses études secondaires, il demanda à faire partie de cette Congrégation. Il fit les vœux perpétuels en 1952.

En 1958, il fut nommé sous-maître des novices à Lacabane.

En 1969, il fut envoyé en Algérie, où il fut directeur de l’école Saint-Bonaventure d’Alger.

En 1976, l’école fut nationalisée ; le frère Henri dut laisser sa place de directeur et fut professeur de mathématiques à l’école de Sour-El-Ghozlane.

En 1988, il devint directeur de la bibliothèque diocésaine d’Alger, où il eut l’occasion d’accueillir des centaines d’étudiants, heureux de trouver là une ambiance fraternelle, calme, pour poursuivre leurs études dans un climat de paix.

Le Frère se donna entièrement à son apostolat. S’il prenait quelques «vacances», c’était seulement tous les deux ou trois ans, et pas longtemps, pour revoir les siens.

Il n’hésita pas à s’engager dans les rapports de fraternisation entre Musulmans et Chrétiens ; dans cet esprit, il participa au Ribât-el-Salâm (Le Lien de la paix), fondé à Tibhirine par le p. de Chergé (v. 21 mai).

Mais l’islamisation gagnait du terrain. Bientôt, les étrangers et surtout les catholiques étaient menacés sur le sol algérien. Le frère Henri savait qu’il pouvait lui arriver quelque-chose de funeste, mais, disait-il en riant, ça fait partie du contrat, et ça sera quand il voudra !

C’est dans la bibliothèque-même que Dieu le voulut : Henri y fut agressé par trois jeunes, qui lui tirèrent deux balles dans la tête ; au même moment fut aussi assassinée la Sœur Paul-Hélène.

Le frère Henri Vergès reçut ainsi la palme du martyre en Alger (Algérie), le 8 mai 1994.

Il fut béatifié en 2018. Son frère était présent à la cérémonie.

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