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8 mai 2020 5 08 /05 /mai /2020 23:00

09 MAI

 

-VIII.

S Isaïe, prophète, martyrisé scié en deux.

II.

S Hermas, frère du pape Pie Ier, romain, esclave chrétien affranchi, auteur du "Pasteur", qui dépeint la première chrétienté de Rome ; à moins qu’il soit le frère mentionné par s.Paul aux Romains (Ro 16:14).

S Dionysios, évêque à Vienne.

III.

S Beatus, italien venu vivre près de Laon, dans une caverne.

IV.

S Pacôme , abbé en Egypte, fondateur d’une congrégation de sept monastères, dont la règle, la première règle monastique, servira de base à la vie cénobitique.

V.

S Tudy (Tudin, Thetgo), ermite près de Landevennec, compagnon de s.Corentin.

VI.

S Geruntius, premier évêque à Cervia, martyrisé à Cagli.

X.

B Adalgar (Adger, Auger, Alger), évêque à Hambourg et Brême.

XI.

B Grégoire, cardinal-évêque à Ostie, légat en Navarre, qu’il délivra des sauterelles, miracle qui lui valut d’être invoqué contre ces petites bêtes.

B Forte Gabrielli, ermite près de Fonte Avellana.

XV.

B Benincasa, des Servites de Marie, près de Monticchiello.

XVI.

B Hans Wagner, de Souabe, frère lai chez les chartreux de Ittingen.

XVII.

B Thomas Pickering, moine bénédictin, arrêté à Londres, pendu à Tyburn.

XIX.

S Giuse Đỗ Quang Hiền, prêtre dominicain tonkinois martyr, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

Bse Karolina Gerhardinger (Maria Teresa de Jésus), allemande, fondatrice des Pauvres Sœurs Scholastiques de Notre-Dame, pour l'éducation chrétienne des jeunes filles, béatifiée en 1985.

XX.

B Stefan Grelewski (1898-1941), prêtre polonais, déporté et mort à Dachau, béatifié en 1999 ; son jeune frère, prêtre aussi, y sera pendu l’année suivante.

B Józef Cebula (1902-1941), prêtre polonais des Missionaires Oblats de la Vierge Immaculée, martyr au camp de Mauthausen, béatifié en 1999 (le 28 avril au Martyrologe).

B Alexandru Rusu (1884-1963), métropolite roumain de l’Eglise gréco-catholique, persécuté pendant dix-sept ans par le régime communiste, martyr, béatifié en 2019.

Bse Carmen Elena Rendiles Martínez (María Carmen, 1903-1977), fondatrice des Servantes de Jésus du Venezuela, béatifiée en 2018.

Isaïe, prophète

8e siècle avant Jésus-Christ

 

Isaïe est le premier des quatre «grands» prophètes de la Bible. Il serait né vers 765 avant Jésus-Christ, et prophétisa à partir de 740. Il était contemporain des «petits» prophètes Amos et Osée.

Isaïe est fils d’Amotz. Son nom signifie Yahwe sauve. Ce prophète rappellera toujours à ses contemporains de mettre leur espérance en Dieu, plutôt qu’en des alliances humaines.

Le livre des prophéties d’Isaïe semble ne pas être d’un unique rédacteur, et l’on a parlé de «plusieurs» prophètes Isaïe. Mais il est aussi permis d’imaginer qu’un seul homme peut très bien adopter un style différent selon l’inspiration qu’il reçoit, selon le but ou selon le genre de son texte, de la même façon que nous parlons sur un ton différent de «Jésus», de «Jésus-Christ», du «Seigneur», du «Fils de Dieu», pour parler d’un seul et unique Sauveur.

C’est dans Isaïe que se trouve la phrase du Sanctus de la Messe, reprise aussi dans le chant du Te Deum : Saint, Saint, Saint est Yahvé des armées. Sa gloire remplit toute la terre (6:3).

Isaïe annonça au roi Achaz l’Emmanuel et la virginité de Marie : Le jeune fille est enceinte et va enfanter un fils qu’elle appellera Emmanuel (7:14).

Il prophétisa la naissance du Christ : Un enfant nous est né, un fils nous a été donné, il a reçu l’empire sur les épaules, on lui donne ce nom : Conseiller-merveilleux, Dieu-fort, Père-éternel, Prince-de-la-Paix (9:5).

Sous le roi Achaz encore, un homme impie et idolâtre, Isaïe appela son fils Rapide-pillage-prompte-rafle, pour annoncer quel châtiment allait fondre sur Jérusalem (8:1).

Vers 711, quand Israël avait tenté de s’allier avec l’Egypte, Isaïe se promena longtemps dévêtu et pieds-nus, pour annoncer la prochaine captivité des soldats égyptiens, vaincus par l’Assyrie. 

Dans la dernière partie de la prophétie, se trouvent les quatre Chants du Serviteur, qui annoncent les souffrances de Jésus-Christ dans la passion (42:1-7 ; 49:1-9 ; 50:4-9 ; 52:13-53:12).

On ne connaît pas précisément les circonstances de la fin de la vie du prophète Isaïe. Une tradition constante le présente comme martyr, sous le roi Manassé (après 700), peut-être même scié en deux.

Une ancienne fête en l’honneur du saint Prophète Isaïe avait lieu à Constantinople le 9 mai et c’est à ce jour que le mentionne le Martyrologe.

 

 

Hermas

1er ou 2e siècle

 

De saint Hermas il est question à la fin de l’épître de saint Paul aux Romains, parmi les frères que Paul demande de saluer de sa part (cf. Ro 16:14) ; c’est l’opinion d’Origène et c’est ce que rappelle le Martyrologe.

Pour certains, Hermas aurait plutôt été contemporain du pape saint Clément 1er (88-97), et selon d’autres, du pape Pie 1er, qui était son frère (140-155). Cette opinion, assez probable, s’appuie sur l’autorité du canon de Muratori et du catalogue libérien : Quant au ‘Pasteur’, il a été écrit tout récemment de notre temps, dans la ville de Rome, par Hermès, pendant que son frère Pie occupait comme évêque le siège de l’Eglise de la ville de Rome.

Le Pasteur est une œuvre d’un grand intérêt pour nous, car dès sa rédaction originelle en grec, il fut très lu, apprécié et même parfois cité au même titre que l’Ecriture inspirée.

D’après cet écrit, Hermas était un ancien esclave affranchi par une riche romaine. Devenu riche, il aurait laissé son épouse et ses enfants s’adonner au vice. Au moment de la persécution, cependant, les deux époux se montrèrent de courageux témoins de la Foi, mais furent dénoncés par leurs propres enfants. Hermas survécut à la persécution, mais fut désormais un chrétien fervent, cherchant à réparer sa tiédeur passée.

Il y a certainement de bons éléments historiques dans ces faits. Qu’ensuite Hermas eût été évêque à Philippes et là terminé sa vie par le martyre, reste beaucoup plus conjectural.

Il est mentionné au 9 mai par le Martyrologe.

 

 

Dionysius de Vienne

2e-3e siècles

 

Denis fut le sixième évêque de Vienne (Gaule).

On n’en connaît pas les dates exactes. Il succéda à Iustus, vers 193, et mourut certainement avant 235, date à laquelle on trouve mention de son successeur.

L’affirmation qu’il aurait été un des dix missionnaires envoyés en Gaule par le pape Xyste 1er, doit être erronée, car elle ferait mourir Denis plus que centenaire. Certes, rien n’est impossible à Dieu (cf. Lc 1:37) : en admettant que Denis eût environ une trentaine d’années en partant de Rome (avant 125, date de la mort de Xyste), il aurait reçu l’onction épiscopale déjà centenaire…

A moins qu’on puisse retarder les dates des cinq premiers évêques de Vienne, ce qui permettrait de situer l’épiscopat de Denis plutôt dans la deuxième moitié du 2e siècle.

Saint Dionysius de Vienne est commémoré le 9 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Beatus de Vendôme

3e siècle

 

Beatus (Béat, Bié) s’en vint d’Italie en Gaule.

Les informations se contredisent ou se complètent : Beatus serait venu dans la région de Laon (02), dans une grotte où il priait et dont il ne sortait que pour aller prêcher ; il serait cependant mort à Vendôme (41), qui est à plus de trois-cents kilomètres de Laon.

Sa sainteté de vie, ses austérités, ses prières, lui attirèrent des fidèles, des curieux également, et des malades, qui furent guéris.

Il mourut dans un âge avancé et ses reliques se trouveraient dans la cahédrale de Vendôme.

Saint Bié est commémoré le 9 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Pacôme de Tabenne

† 348

 

Pacôme était d’une famille égyptienne païenne, et naquit vers 292. Il eut un frère et une sœur.

Aussi étrange que cela puisse nous sembler, il n’était pas baptisé, il participait aux «cérémonies» païennes, mais détestait celles-ci. Il était doux et modeste de caractère, et très chaste.

Il avait une vingtaine d’années lorsqu’il fut enrôlé dans les armées impériales et, avec d’autres recrues, emmené en bateau jusqu’à Thèbes. C’est là que Dieu l’attendait : les Chrétiens, nombreux dans cette ville, allèrent au-devant de ces jeune soldats qu’on traitait sans délicatesse sur les bateaux. Pacôme fut touché de cette proximité désintéressée : il s’informa sur ces gens.

Apprenant que les Chrétiens adoraient un Dieu unique, et s’efforçaient d’aider leur prochain sans attendre de retour, mais seulement pour préparer le Royaume de Dieu, il résolut de suivre cette religion si nouvelle pour lui.

L’empereur ayant été vaincu, les troupes furent dispersées, et Pacôme, au lieu de remonter le Nil et retrouver ses parents, s’éloigna en Thébaïde pour se joindre à une communauté de Chrétiens.

Il fut catéchumène, reçut le baptême à Chenoboscia avec la plus grande ferveur. Voici la petite prière qu’il répétait : 

Dieu, créateur du ciel et de la terre, jette sur moi un regard de compassion, délivre-moi de mes misères, apprends-moi le véritable moyen de te plaire ; toute mon occupation et la plus grande application de ma vie seront de te servir et d’accomplir ta volonté.

Pour s’engager réellement dans cette sainte voie, Pacôme eut la sage et humble idée d’aller trouver un solitaire, certain Palémon (v. 25 jhanvier). Ce dernier mit à l’épreuve son candidat : il feignit de le refuser, de le décourager et - mais peut-être avec une pointe d’orgueil, toujours possible même chez les Saints - lui exposa son mode de vie : un peu de pain et de sel, pas de vin ni d’huile, veille la moitié de la nuit et parfois la nuit entière, dans la méditation de l’Ecriture et le chant des psaumes.

Pacôme accepta. Il faisait tout ce que Palémon lui disait. Ils chantaient ensemble, ils travaillaient de leurs mains pour s’assurer quelque subsistance. Quand Pacôme était gagné par le sommeil, Palémon lui faisait transporter quelques seaux de sables pour que l’ennemi ne ruine pas tous (ses) efforts.

Les maîtres savent parfois mettre durement à l’épreuve l’obéissance de leurs élèves. Un jour de Pâques, Palémon demanda à Pacôme de préparer un repas. Notre Pacôme de réunir un peu d’huile, de sel, et quelques herbes amères, ce festin devant être consommé avec quelques bouchées de pain : Palémon refusa d’y toucher, alléguant les souffrances du Christ crucifié. Pacôme accepta la leçon sans se révolter.

Pacôme se retirait quelquefois dans une solitude, à Tabenne. ; il y entendit une voix qui lui annonçait qu’il construirait là un monastère, puis un ange vint lui donner quelques indications sur la vie monastique. De retour auprès du maître, il lui fit part de sa vision immédiatement. 

C’était en 325, et tous deux se rendirent à Tabenne pour y vivre quelque temps, puis Palémon retourna à sa première solitude. Il mourut peu après (v.330).

Pacôme reçut comme premier disciple son propre frère, Jean, puis d’autres, puis beaucoup d’autres : ils furent bientôt une centaine !

Vers 333, Pacôme reçut une visite rare : s.Athanase (v. 2 mai) en personne !

Pendant quinze ans, Pacôme ne se coucha jamais ; il se reposait assis sur une pierre. Sa tunique était un cilice. 

Il recevait les malades et les faibles avec la plus grande délicatesse. Son souci était d’aider chacun à s’engager dans la voie de la perfection. Il eut tant et tant de disciples, qu’il dut construire six autres monastère ; ils devaient être jusqu’à sept mille à la mort de Pacôme (348). Un des monastère qu’il fit construire, fut pour les moniales, de l’autre côté du Nil : sa sœur fut la première à y entrer.

Les moines avaient une Règle sévère, mais les mortifications, les jeûnes, les travaux étaient proportionnés à la santé de chacun. On mangeait en silence, encapuchonné pour ne pas voir le voisin ; sur la tunique, un manteau de peau de chèvre. L’Eucharistie était célébrée le premier et le dernier jours de la semaine, mais aucun moine n’était prêtre : un prêtre venait de l’extérieur pour célébrer. Silence absolu. Cette Règle, traduite en latin par s.Jérôme (v. 30 septembre), existe toujours.

 

Vers 344, Pacôme établit à la tête de Tabenne son meilleur disciple, Théodore (v. 27 avril), et se retira dans son monastère de Pabau, qui devint presque plus célèbre que celui de Tabenne. Sur l’invitation de l’évêque Sérapion, il construisit une église pour les bergers de l’endroit, et leur y fit la lecture de l’Ecriture. Il refusa toujours de recevoir le sacerdoce.

Pacôme eut le don de guérir des malades. Mais il leur disait souvent que la patience dans la maladie est parfois plus méritoire que beaucoup de mortifications : L’abstinence et la prière sont sûrement une source de grands mérites, mais la maladie supportée avec patience est assurément d’un plus grand mérite encore.

Il combattait surtout l’orgueil. Un moine avait réussi à fabriquer plus que d’habitude et s’arrangea pour le lui faire savoir. Pacôme de rétorquer : Il s’est donné bien de la peine du matin jusqu’au soir pour livrer son travail au démon !

Pacôme reçut un jour un bouffon. Il voulait changer de vie, mais pendant longtemps il se laissa aller aux plaisanteries. Pacôme l’avertit d’abord, mais en vain ; il lui représenta enfin qu’on ne se moque pas de Dieu : alors Silvain (c’était son nom) rentra en lui-même et mena désormais une telle vie de pénitence, qu’à sa mort, Pacôme vit son âme monter au ciel.

En 348, Pacôme dut se présenter à un concile à Latopolis, pour répondre de certaines accusations qui circulaient à son sujet ; son humilité convainquit tous les évêques.

La même année, des centaines de moines moururent d’une épidémie de peste, et Pacôme en fut atteint. 

Il mourut le 9 mai 348.

Saint Pacôme de Tabenne est commémoré le 9 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gerontius de Cervia

† 501

 

Cervia est une localité italienne qui s’appelait Ficocle jusqu’au 10e siècle, proche de Ravenne (Italie CNE).

Son premier évêque fut, précisément, notre Gerontius.

On sait qu’il participa au concile de Rome de 501, où les soixante-seize évêques présents rendirent justice au pape Symmaque, injustement contesté. 

A son retour, il fut assailli par des brigands, peut-être incités au crime par ces contestaires, et mis à mort à Cagli, ce qui l’a fait considérer comme martyr.

Son premier successeur connu mourut en 599, ce qui fait apparaître une longue vacance du siège, à moins qu’on ait simplement oublié ou perdu les noms des évêques du 6e siècle.

Saint Gerontius de Cervia est commémoré le 9 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Forte Gabrielli

965-1040

 

Forte était né vers 965 à Gubbio (Ombrie, Italie C), dans l’illustre famille Gabrielli.

Encore enfant, et toujours davantage en grandissant, Forte resta étranger aux jeux et aux plaisirs du monde. De plus, il conçut très vite le désir de se soumettre à de sévères mortifications, dans les jeûnes et les veilles. Il se retira dans les montagnes du Monte della Schieggia, situées entre Monte Cucco et Monte Catria, pour y conduire la vie érémitique.

Cette vie érémitique n’était pas, pour lui, une vie de plaisirs. Il voulait bien au contraire mortifier, châtier davantage sa chair, se nourrissant d’herbes et de racines, buvant seulement l’eau pure de quelque source, portant comme tunique une vieille toile et dormant - quand il dormait - sur la terre nue.

A quelques kilomètres de là se trouvait le monastère camaldule de Fonte Avellana. Forte s’y rendit souvent pour en rencontrer le saint fondateur, le père Lodolfo. Mais il ne faut pas en déduire que Forte ait «quitté» son ermitage, qu’il ait revêtu l’habit camaldule et ait vécu dans ledit monastère, avant de revenir à la vie érémitique.

Forte s’éteignit à cette vie le 9 mai 1040. On estimait qu’il avait vécu soixante-quinze ou quatre-vingts ans, d’où l’on a déduit qu’il ait pu naître en 965 ou 960.

Son culte fut confirmé en 1756.

Le Bienheureux Forte Gabrielli est commémoré le 9 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

 

Benincasa de Montepulciano

1375-1426

 

Benincasa s’appelait réellement Giovanni Benincasa, soit Jean de bon augure, et naquit en 1375 à Montepulciano (Sienne, Toscane, Italie C), même si on l’a parfois fait naître à Florence, qui n’est pas loin.

On se heurte dans la biographie de Benincasa à deux sources «authentiques» dont certains détails ne coïncident pas.

Adolescent, Benincasa entra dans l’Ordre des Servites de Marie.

A vingt-cinq ans, il décida de se retirer dans un ermitage de Monticchiello, sur un terrain appartenant aux Servites, où ils devaient édifier un couvent en 1494. Benincasa se construisit une cabane (ou bien : occupa une grotte) et, pour vivre, confectionna de petits objets artisanaux qu’il échangeait contre un peu de pain que lui apportaient des visiteurs.

L’autre source affirme que le lieu de cet ermitage était le Monte Amiata, là où s’était lui-même retiré saint Filippo Benizi (v. 22 août).

Benincasa n’avait pas besoin de beaucoup d’aliments, tant il se mortifiait dans le jeûne ; par ailleurs ses visiteurs ne pouvaient jamais entrer dans cette cabane, car il n’apparaissait qu’à la fenêtre, et encore, jamais aux femmes. Il devait sans doute recevoir son directeur de conscience, pour se confesser et recevoir l’Eucharistie.

Les tentations de la chair ne manquaient pas, et il demandait à Dieu la force de les vaincre, disant que le Seigneur l’avait immergé dans le feu pour le libérer de la rouille.

L’ermite ne perdait pas son temps : d’un signe de croix, il libéra des possédés ; l’eau qu’il bénissait guérissait les malades qui la buvaient.

Quand il eut cinquante ans (1425), le Supérieur général des Servites lui aurait enjoint de gagner le proche monastère (sans doute pas celui de Monticchiello, édifié seulement en 1494). Il avait dû être averti par le Ciel, car Benincasa mourut effectivement peu après, le 9 mai 1426 : ce jour-là toutes les cloches de l’endroit se mirent à sonner.

Le corps de l’ermite fut déposé dans une église de Monticchiello, près de laquelle les habitants, reconnaissants envers les bienfaits miraculeux de Benincasa, aidèrent les Servites à édifier le couvent dont il était question plus haut. Au 16e siècle, église et couvent furent abandonnés, et les restes du Bienheureux furent déposés dans l’église paroissiale, où ils se trouvent encore maintenant.

Le culte de Benincasa fut confirmé en 1829 et le Martyrologe le mentionne au 9 mai.

 

 

Hans Wagner

1456-1516

 

Hans Wagner naquit vers 1456 à Riedlinger sur le Danube (Ulm, Allemagne).

En 1475, à dix-neuf ans, il frappa à la porte de la chartreuse d’Ittingen en Suisse et fut admis comme frère lai.

En 1476, il fit la profession après une année de noviciat, durant laquelle on remarqua son profond esprit de méditation et de pénitence.

Il faut savoir qu’alors cette chartreuse était en pleine restructuration, car c’était auparavant un couvent augustinien ; il fallait donc adapter l’édifice à la règle de saint Bruno (v. 6 octobre), selon laquelle chaque moine habite une petite maisonnette dont la porte donne sur le cloître.

Ces travaux étaient bruyants, et les moines y participaient activement de leurs mains, au point que le temps de la méditation était souvent négligé. Hans ne s’y retrouvait pas.

Après avoir sollicité la permission au Prieur, il écrivit directement au Pape, lui exposant sa pensée, sa situation, et son désir de se retirer dans un vrai ermitage solitaire.

La réponse papale alla exactement dans le sens de la demande de Hans. En 1489, à trente-trois ans, ce dernier se retira sur le Mont Pilate où se trouvait un petit «ermitage» abandonné, ou plus exactement une sombre grotte entourée de ronces. L’endroit, qui se trouve non loin d’Obernau, s’appelait Herrgotteswald (la forêt de Dieu Seigneur), et Hans allait y passer vingt-sept années.

Il y vécut dans la stricte observance de la règle cartusienne, se nourrissant de légumes et de fruits, jamais de viande ; il y ajouta ses austérités, dormant sur la roche, la tête appuyée sur une pierre. Peut-être y mettait-il un peu de paille…

L’histoire nous dit qu’il ne sortit presque jamais de sa solitude, où d’ailleurs on put souvent l’observer dans une position extatique. Que voyait-il durant ces extases ? Dieu seul le sait. Le bruit se répandit de l’immense paix qui rayonnait de son visage.

La population alentour se mit à le vénérer comme un saint et construisit pour lui une petite chapelle (1504).

Quand Hans mourut, les gens affirmèrent avoir vu une lumière céleste descendre sur lui. Ce fut le 9 mai 1516.

On l’enterra dans la petite chapelle en question. Un siècle plus tard, en 1613, on rouvrit son tombeau, dont s’exala un très agréable parfum de fleurs.

Les chartreux vivent dans un grand silence et restent dans un quasi anonymat ; c’est peut-être là la raison pour laquelle le bienheureux Hans Wagner n’est pas inscrit au Martyrologe.

 

 

Thomas Pickering

1621-1679

 

Né en Westmorland (Angleterre nord-ouest) vers 1621, il entra chez les Bénédictins de Douai (qui se sont maintenant transférés à Downside, Somerset), et fit les vœux religieux comme Frère convers en 1660.

En 1665, il fut envoyé à Londres, comme économe des moines bénédictins de la chapelle de la reine Catherine de Braganza, l’épouse catholique du roi Charles II.

Quand le roi ordonna l’expulsion des moines bénédictins (1675), il y eut une exception pour ce Frère Thomas, sans doute parce qu’il n’était pas prêtre.

Lors du complot de Titus Oate, qui prétendait que les Catholiques conspiraient contre la vie du roi, Thomas fut personnellement accusé de faire partie de la conspiration. La reine, qui le connaissait bien, plaida pour lui. Mais les juges maintinrent l’accusation, et le condamnèrent à mort avec deux autres.

Le roi hésitait beaucoup : il connaissait l’innocence de Thomas, mais il craignait l’opinion publique qui réclamait l’exécution des «victimes» de Titus Oate. Deux fois de suite dans le même mois, l’exécution fut ordonnée, puis commuée. Finalement, le roi ordonna l’exécution des deux autres, mais «plus tard», espérant pour le moment préserver le sort de Thomas. Mais le 26 avril 1679, la Chambre des Communes réclama l’exécution de Thomas et le roi céda.

Thomas Pickering fut, selon la formule rituelle, hanged, drawn and quartered (pendu, éviscéré et écartelé) à Tyburn le 9 mai 1679, avec trois autres. Parmi ces derniers se serait trouvé le bienheureux George Gervase, qui cependant est commémoré le 11 avril.

Frère Thomas Pickering a été béatifié en 1929.

 

 

Giuse Đỗ Quang Hiền 

1769-1840

 

Né vers 1769 (1775 ?) à Quân Anh Ha (Nam Định, Vietnam), Giuse (Joseph) était un prêtre dominicain.

Dès l’enfance il s’était consacré à Dieu et fut aux côtés de l’évêque.

Entré dans l’Ordre dominicain, il fit la profession (ou fut ordonné prêtre) en 1812. Son zèle et sa piété furent remarqués par tous les fidèles. Il cherchait à gagner à la foi de nombreux païens.

Lors de la persécution, il sa cacha, non pour échapper à la mort, mais pour pouvoir rendre service aux fidèles le plus possible. Mais il était prêt à donner sa vie, si Dieu le voulait.

Il chercha à venir en aide à Mgr Henares, l’évêque de Nam Định, se cacha chez son frère, puis chez ses parents et en d’autres endroits.

Appelé auprès d’un moribond, il fut dénoncé comme voleur. Une troupe arriva de nuit pour encercler le village et fouiller partout. Le père Giuse prit le temps de célébrer et d’achever la messe. Le lendemain, les soldats découvrirent sa cachette et arrêtèrent tous ceux qui habitaient dans la maison,  y compris deux catéchistes et un jeune serviteur de la mission. C’était le 12 décembre 1839.

On les tortura horriblement dans le but de les faire apostasier, mais ils ne cédèrent pas. Le jeune serviteur, Dominique, souffrit beaucoup, mais ne fut pas exécuté.

Le père Giuse reçut de nombreux coups de fouet, qui le mirent en sang. Il souffrait mais ne disait rien, sauf le nom de Jésus. On le mit en prison, avec de lourdes chaînes, mais Giuse s’efforçait toujours d’apporter du réconfort aux autres prisonniers. Il prépara au baptême des païens. Il en rapprocha beaucoup des Sacrements. 

Après plusieurs jours de captivité, il fut emmené devant le gouverneur. On lui demanda où résidait l’évêque, mais Giuse persévéra dans la discrétion et la détermination : Je ne sais pas où est mon évêque. Je suis prêt à mourir pour remercier le Seigneur qui est mort pour moi. 

Il fut encore fouetté, invité à apostasier, mais à chaque fois Giusé répétait : Je préfère mourir. Après beaucoup d’interrogatoires et de tortures, refusant toujours de trahir Jésus-Christ, il déclara : Je suis vieux, je ne dois pas craindre la mort. Je veux mourir parce que Dieu est mort pour moi. Je refuse d’apostasier.

C’était l’hiver, il faisait froid. On versa de l’eau glacée sur ses plaies. Sentant sa mort prochaine, il voulait mourir devant la population, pour donner publiquement l’exemple, et demanda aux soldats de le reconduire dans la prison, sinon il serait bientôt mort.

Il resta ainsi en prison pendant quatre mois. La sentence du roi tomba le 29 avril ; Giuse devait être exécuté le 9 mai.

Trois jours avant l’exécution, Giuse répéta encore qu’il était heureux de mourir. Les soldats le battirent encore et encore, cherchant à le faire apostasier. Giuse avait une résistance d’acier.

Au moment du martyre, Giuse se mit encore à genoux pour prier. Son visage était rayonnant. Même les soldats admirent que ce prêtre était plus fort que Confucius.

Le père Giuse, qui était septuagénaire (ou presque), fut décapité le 9 mai 1840 (d’aucuns ont dit le 29 avril).

Giuse Đỗ Quang Hiền fut béatifié en 1900, et canonisé en 1988.

 

 

Karolina Gerhardinger

1797-1879

 

Karolina est la fille unique d’un capitaine de marine, Willibald, et de Franziska, née le 20 juin 1797 à Stadtamhof (Ratisbonne, Allemagne).

C’est l’époque où le gouvernement de Bavière s’allie à Napoléon : l’école et le couvent des Chanoinesses augustines de Notre-Dame sont confisqués en 1809. Karolina n’en perd pas pour autant les références chrétiennes qu’elle y a reçues.

Quand la liberté religieuse est enfin retrouvée dans les années 1820, Karolina est institutrice dans des écoles de campagne : la tâche est immense ! Il faudrait fonder une œuvre nouvelle, pour l’éducation des fillettes pauvres et des orphelines.

L’évêque de Ratisbonne, Georg Michael Wittmann, la soutient dans cette fondation. Elle se consacrera en 1835 sous le nom de Maria-Teresa de Jésus (en hommage à sainte Thérèse d’Avila) et ouvre un premier couvent, modeste, avec deux, puis quatre compagnes à Neunburg vorn Wald (car le maire de Stadtamhof était hostile à la fondation). 

Plus tard, le roi de Bavière, Louis Ier, leur offrira l’ancien couvent de clarisses à Münich (1843). Elles prennent l’appellation de Pauvres Sœurs Enseignantes de Notre-Dame (Arme Schulschwestern von Unserer Lieben Frau).

A partir de 1847, beaucoup d’Allemands émigrent aux Etats-Unis (Pennsylvanie) : cinq religieuses de Notre-Dame s’y rendront également, et Maria-Teresa les y accompagnera. Elle sera appuyée par un prêtre rédemptoriste, Johannes Nepomuk Neumann, futur évêque de Philadelphia (et canonisé en 1977, fêté le 5 janvier) et ouvrira trois écoles, soutenue par les Pères rédemptoristes.

Il y eut quelques difficultés dans l’approbation des constitutions, car l’archevêque de Münich, selon la mentalité de l’époque, jugeait impossible de confier à une religieuse la direction d’une congrégation féminine. Karolina fut même “interdite” de 1852 à 1854. Elle accepta cette humiliation avec grande soumission, mais fut enfin reconnue comme supérieure à vie par le pape lui-même, Pie IX. Les constitutions de la nouvelle congrégation seront enfin approuvées en 1865. Les religieuses vivent selon la règle des chanoinesses augustines.

Les élèves de l’école reçoivent une formation chrétienne et apprennent un métier. 

Karolina - Maria-Teresa - meurt à Münich le 9 mai 1879, elle est béatifiée en 1985.

Aujourd’hui, les religieuses de Notre-Dame sont près de quatre mille, présentes dans les cinq continents.

Il y a près de Ratisbonne un mausolée érigé par le roi Louis Ier pour honorer des citoyens allemands particulièrement méritants. Depuis 1847, c’est le gouvernement de Bavière qui les choisit : la bienheureuse Maria-Teresa a été la première femme à en faire partie, en 1998.

Stefan Grelewski

1898-1941

 

Né le 3 juillet 1898 à Dwikozy (Sandomierz, Pologne), Stefan était le fils de Michał, un meunier, et Eufrozyny Jarzynów. Il reçut au baptême, le 24 juillet, les noms de Stefan Alexis. Il eut un petit frère, Kazimierz, lui aussi futur prêtre, et une sœur, Jadwiga.

Après l’école communale, il fréquenta le collège à Sandomierz. Il obtint le baccalauréat en 1916 et entra au séminaire de Sandomierz.

En 1919, il fut envoyé à Lublin pour étudier le droit canonique. et fut ordonné prêtre en 1921.

En 1920, il fut très actif à l’occasion du plébiscite de la Haute-Silésie.

En 1922 il fut envoyé à Strasbourg pour y achever ses études commencées à Lublin et fut reçu docteur en droit canon avec sa thèse : La réaction contre les ordalies en France depuis le 9e siècle jusqu’au décret de Gratien.

Ce prêtre studieux avait encore du temps «libre» : il le consacra à étudier la pastorale dans les milieux des émigrés polonais en France.

En 1925, revenu dans son pays, il y fut secrétaire général de l’Union des Travailleurs Chrétiens à Radom, y fonda un petit périodique bi-mensuel et participa à la Caisse d’Assurance Chômage.

En 1928, il fut nommé directeur des écoles élémentaires à Radom et, comme canoniste, il fut ensuite chargé de la rédaction du mensuel juridique Katolicka Prawda (La Vérité Catholique).

Thérèse de l’Enfant-Jésus venait d’être canonisée (1925), et le père Stefan en diffusa largement la dévotion parmi les jeunes, d’ailleurs sous l’influence de son frère, Kazimierz.

En 1932, il fut nommé directeur de l’école secondaire de garçons à Radom, en plus de son enseignement au collège.

Le père Stefan était un «écrivain» ; il voulait diffuser des informations sur le diocèse, et publia des articles dans un petit journal de Varsovie. En 1929, il publia des Annales du diocèse.

En 1935, il fut co-organisateur du premier congrès eucharistique de Radom.

Les années suivantes il publia des articles sur le protestantisme et les sectes en Pologne. Stefan se montrait journaliste habile et même polémiste, pour rétablir et défendre la Vérité. Le plume du père Stefan ne se reposait jamais.

En 1938, comme son frère Kazimierz, il participa au congrès eucharistique de Budapest, où il rencontra le légat du pape, Eugenio Pacelli, le futur Pie XII.

Dès le déclenchement de la guerre, il organisa des services de cuisine pour les pauvres, pour les déplacés de Poznan. Dès avril 1940, il dut se cacher, tout en demeurant très actif. Il fut nommé recteur de l’église de la Sainte-Trinité à Radom.

Il fut arrêté une première fois le 27 septembre 1940, mais assez vite libéré. Il se mit alors à s’occuper des prisonniers polonais, pour lesquels il organisa des collectes de nourriture et de vêtements.

Les Nazis organisèrent une nouvelle rafle dans le nuit du 24 au 25 janvier 1941, recherchant plusieurs centaines de personnes de l’intelligentsia locale. Stefan et Kazimierz furent arrêtés. Il y a d’ailleurs eu une confusion entre la date de cette arrestation et celle du martyre de Stefan (on trouve parfois en effet la date du 24 janvier pour la mort de Stefan).

Les deux frères furent d’abord transportés à Skarzysko, où la police les condamna à mort, sans aucun jugement.

Le 24 février, les prisonniers furent transportés en train à Auschwitz, où on leur annonça qu’on en choisirait un sur dix. Les cinq premiers choisis furent immédiatement exécutés, les autres envoyés en compagnie disciplinaire, dont ils savaient qu’ils ne pouvaient sortir vivants.

Quant aux deux frères Grelewski, ils furent transférés à Dachau le 4 mai 1941.

A Auschwitz, Stefan porta le numéro 10444, et le 25281 à Dachau.

Stefan ne résista pas longtemps à la faim et à l’épuisement. Placé à l’infirmerie du camp, il décéda le 9 mai 1941, dans les bras de son jeune frère Kazimierz.

Stefan Grelewski et son frère Kazimierz furent béatifiés en 1999.

 

 

Józef Cebula

1902-1941

 

Né le 23 mars 1902 à Malnia (Olmet, Pologne), Józef était l’aîné des trois enfants de Adrian et Rozalia Buhl, modestes parents. Józef fut très tôt atteint par la tuberculose., qu’on pensait incurable. Il guérit cependant, de façon tout-à-fait inattendue.

Après l’école primaire, il passa en 1923 au séminaire des Oblats de Marie Immaculée à Krotoszyn ; il fit le noviciat à Markowice, le scolasticat à Liège (Belgique) et fut ordonné prêtre en 1927, avant même d’avoir terminé le séminaire. Il enseigna en même temps au juniorat de Lubliniec.

En 1931, il fut nommé supérieur du séminaire, puis maître des novices à Markowice en 1937. Il fut remarqué pour sa douceur et son humilité.

Lors de l’invasion de la Pologne par les troupes nazies, faire partie de l’Eglise devenait illégal. Le 4 mai 1940, les novices de Markowice furent tous emmenés au camp de concentration de Dachau.

Quant au père Cebula, il put continuer à exercer le ministère en cachette jusqu’au 2 avril 1941, date à laquelle il fut découvert et arrêté.

Emmené au camp de concentration d’Inowrocław, puis de Mauthausen (Autriche), où il eut le numéro 70, il fut insulté, maltraité, battu jusqu’au sang, et reçut même l’ordre de se pendre. Puis il fut soumis à de très pénibles travaux : il devait porter sur ses épaules des pierres d’environ trente kilogrammes d’une carrière à un campement qui se trouvait à deux kilomètres. Il fallait en outre monter un escalier de cent-quarante-quatre marches, qu’on appelait l’escalier de la mort, sous les coups et les insultes des bourreaux. Józef ne put faire que deux trajets. 

Le vendredi 9 mai 1941, rassemblant ce qui lui restait de forces, il déclara : Ce n’est pas vous qui me gardez ; c’est Dieu qui vous jugera.

Les Nazis lui ordonnèrent de courir avec la pierre sur le dos, le long des barbelés du camp.  Il ne put faire que cinquante mètres, avant de s’écrouler. L’un des officiers lui envoya une rafale de mitraillette, et déclara que le père Cebula fut tué au moment où il cherchait à s’échapper. Une autre rafale l’acheva.

Son corps fut brûlé au crématorium du camp. Au moment de la crémation, des témoins auraient vu son bras se lever, comme en signe de bénédiction.

Józef Cebula fut béatifié parmi les cent-huit Martyrs polonais de l’époque nazie, en 1999.

Le dies natalis du père Cebula est soit au 28 avril (Martyrologe et certaines sources), soit au 9 mai (entre autres site des OMI, et aussi Wikipedia en polonais). Il semble que cette dernière date soit plus «officielle».

 

 

Alexandru Rusu

1884-1963

 

Alexandru Rusu naquit le 22 novembre 1884 à Şăulia de Câmpie (Transylvanie, alors Autriche-Hongrie, act. Roumanie), dans une famille de rit gréco-catholique, dont le chef de famille était lui-même prêtre, comme cela arrive dans cette partie orientale de l’Eglise. Des douze enfants de cette famille (onze garçons et une fille), deux devinrent prêtres.

Alexandru étudia à Bistrița, Târgu Mureş et Blaj. En 1903, il obtint son baccalauréat.

Il étudia la Théologie au Grand séminaire de Budapest et fut ordonné prêtre en 1910, après avoir obtenu le doctorat en Théologie.

Il fut d’abord nommé professeur de théologie dogmatique à Blaj, ainsi qu’au lycée Saint-Basile-le-Grand de Blaj.

De 1911 à 1918, il fut rédacteur de la revue Cultura Creştină (La Culture Chrétienne).

A la fin de la Guerre mondiale, de 1918 à 1920, il y eut un Conseil Dirigeant de la Transylvanie, provisoire, où Alexandru fut secrétaire général pour les cultes.

De 1922 à 1930, il dirigea le journal Unirea.

En 1923, il fut nommé chanoine de la cathédrale.

De 1925 à 1930, il fut recteur de l’Académie théologique de Blaj.

Cette année-là, en octobre 1930, Alexandru fut nommé évêque du nouveau diocèse gréco-catholique de Maramureş et fut consacré en janvier 1931.

Cette même année, Alexandru Rusu fut élu sénateur au parlement roumain.

Le nouvel évêque se montra un excellent organisateur, un pasteur très zélé, un véritable apôtre. Il y avait tant à faire… En 1940, après le Deuxième arbitrage de Vienne, la quasi totalité du diocèse passa sous l’administration du régime hongrois, créant beaucoup de nouvelles difficultés à Mgr Rusu, en plus des conditions difficiles dues à la Deuxième Guerre mondiale.

En 1946 cependant, Mgr Rusu fut appelé à succéder au métropolite défunt Alexandru Nicolescu ; cette élection avait été longuement préparée par des pourparlers entre le clergé roumain, le Vatican et le gouvernement pro-soviétique. Mais le gouvernement roumain refusa cette élection, en raison de la fermeté de Mgr Rusu vis-à-vis du communisme. C’est pourquoi Mgr Rusu n’a jamais été reconnu officiellement par le gouvernement, qui a déclaré le siège métropolite «vacant» (il l’est resté jusqu’en 1990). Pour l’Eglise catholique cependant, Mgr Rusu restera métropolite de l’Eglise gréco-catholique de Roumanie jusqu’à sa mort.

Mgr Rusu en était réduit à agir dans une grande discrétion, dans la clandestinité même, mais il était étroitement surveillé. Le 18 octobre 1948, on lui retira toutes ses fonctions officielles et, le 28 octobre suivant, il fut arrêté et incarcéré au Ministère de l’Intérieur, à Bucarest. Le 1er décembre, le culte gréco-catholique était interdit et l’Eglise était expropriée de tous ses biens, églises et presbytères.

Alors commença le pénible périple du Métropolite, qui passa de prison en prison pendant une quinzaine d’années. De Bucarest, on le transféra à la maison patriarcale de Dragoslavele pour passer ensuite, en février 1949, au monastère de Căldăruşani transformé en prison, puis en mai 1950 dans la prison de Sighetu Marmației, puis en 1955 à l’hôpital Gerota de Bucarest «pour redressement», puis au monastère de Curtea de Argeş, puis encore au monastère de Ciorogâria, où il fut en compagnie des autres évêques Iuliu Hossu et Ioan Balan (v. 28 mai et 4 août). Le Métropolite avait alors plus de soixante-dix ans et avait survécu à sept années de mauvais traitements.

Or, en 1956, les trois évêques prisonniers eurent l’idée d’adresser un mémoire au gouvernement roumain - et de le faire connaître à l’étranger -, signé par des milliers de fidèles, pour demander la restauration de l’Eglise gréco-catholique de Roumanie. On célébra même en pleine rue une Divine Liturgie. Cette «provocation» fut durement réprimée par le gouvernement : on accusa Mgr Rusu d’en être l’instigateur et, le 13 août 1956, sous prétexte qu’il allait être reçu par le ministre des Cultes, il fut isolé au monastère Cocoşu de la Dobroudja, en attendant son procès. Mgr Rusu fut alors condamné, en 1957, à vingt-cinq années de travaux forcés pour instigation et crime de haute trahison. Il devait donc purger sa peine à quatre-vingt dix-sept ans ; dernier transfert du Métropolite : prison de Gherla, cellule 10 en sous-sol.

Mgr Rusu resta encore six années dans cette geôle. Au printemps 1963, il eut une maladie des reins. Le 9 mai 1963, son heure arrivait. Il bénit ses compagnons de cellule et leur dit ses ultimes paroles : Mes frères, maintenant je vais auprès de Dieu, afin que je reçoive ma récompense pour la vie que j’ai reçue de Lui, pour l’Eglise et pour les Roumains (traduction imparfaite). Mgr Rusu avait soixante dix-huit ans.

La dépouille du Prélat fut jetée dans le cimetière des détenus politiques, tombe 133, où les tracteurs retournèrent plus tard le terrain, sur ordre de la Police secrète.

Alexandru Rusu est un des sept évêques roumains reconnus martyrs et béatifiés en juin 2019, par le pape François lui-même, lors de son voyage apostolique en Roumanie.

 

 

Carmen Elena Rendiles Martínez

1903-1977

 

Carmen naquit le 11 août 1903 à Caracas (Venezuela), au sein d’une famille nombreuse et profondément chrétienne. Les parents, Ramiro Antonio et Ana Antonia eurent sept enfants, dont Carmen était la troisième.

Elle reçut le baptême en septembre 1903, et la Confirmation en 1905 ; elle reçut la Première communion en 1911.

A cela s’ajoute ce trait important, tout-à-fait imprévu, que Carmen naquit sans le bras droit, une anomalie à laquelle il fallut remédier par une prothèse que Carmen porta toute sa vie.

Sa vocation religieuse s’épanouit dès l’âge de quinze ans. Ayant rencontré la Supérieure des Servantes de Jésus, en voyage au Venezuela, elle demanda à être admise. La paternité de cette congrégation remonte au bienheureux polonais Honorat de Biala (v. au 16 décembre, Florentyn Wacław Koźmiński).

Cette congrégation étant présente en France, Carmen fut envoyée dans la maison de Toulouse pour y recevoir sa formation ; elle reçut l’habit en 1927. Désormais elle s’appellera en religion María Carmen. Elle fit la première profession en 1929, la solennelle en 1932.

Revenue au Venezuela, elle deviendra maîtresse des novices ; en 1944, elle sera nommée Supérieure de la maison de Caracas. Sous son impulsion, les Servantes de Jésus se développèrent beaucoup dans le pays, au point qu’elles se constituèrent finalement en congrégation autonome : les Servantes de Jésus du Venezuela.

Carmen en fut nommée Supérieure, plusieurs fois réélue, de 1969 à 1977.

Très active, Carmen voyageait dans toutes les communautés, pour encourager les Religieuses. Elle-même donnait l’exemple en participant à toutes les tâches, sans jamais considérer son handicap comme une excuse pour moins travailler. A ce labeur quotidien, Carmen ajouta celui de l’enseignement du catéchisme aux enfants de Caracas.

Cette Religieuse infatigable laissait à sa mort une vingtaine de maisons et une centaine de Religieuses, au Venezuela et en Colombie.

Elle s’éteignit, vaincue par la grippe, le 9 mai 1977.

María Carmen Rendiles Martínez a été béatifiée en 2018 et sera commémorée le 9 mai au Martyrologe.

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