Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
18 mai 2020 1 18 /05 /mai /2020 23:00

19 MAI

II.

Ste Pudentiana, vierge romaine morte à seize ans ; elle ensevelissait les martyrs et mettait sa demeure et ses biens au service de l’Eglise.

S Pudens, romain, père des saintes Pudentienne (ci-dessus) et Praxède (cf.21 juillet).

III.

S Urbain Ier, pape (222-230), qu’il ne faut pas confondre avec un s. Urbain évêque à la même époque et vénéré le 25 mai.

IV.

S Philotère, dont on nie qu’il ait été martyr à Nicomédie.

Ste Cyriaque, vierge martyre à Nicomédie.

Ss Calogerus et Parthenius, eunuques au palais impérial, martyrs.

IX.

S Hadulfe, abbé et évêque à Arras.

X.

S Dunstan, évêque à Cantorbury, artiste, harpiste, auteur du Kyrie, Rex Splendens (VII) ;  il travailla à la réforme de la vie de l’Eglise en Angleterre.

XIII.

Ste Humiliana, mariée à seize ans, veuve à vingt-et-un, mystique à Florence.

S Célestin V, pape (1294) : premier cas dans l’Histoire, il préféra abdiquer en constatant son inaptitude à gouverner l’Eglise.

XIV.

S Yves (en breton Erwan ou Ewan) Helory, avocat civil et ecclésiastique, canonisé quarante-quatre ans après sa mort. Il est le patron des avocats et des juristes.

B Agostino Novello, sicilien d’origine espagnole, devenu augustin et, malgré lui, grand pénitencier de la cour pontificale.

Bx Juan de Cetina et Pedro de Dueñas, franciscains, martyrisés à Grenade, décapités par le roi lui-même.

XVII.

B Peter Wright, jésuite anglais, martyr à Tyburn.

XVIII.

S Biagio de' Signori (Teofilo de Corte), franciscain, gardien à Fusecchio.

S Pietro Fioretti (Crispino de Viterbe), capucin, quêteur pendant quarante ans ; il semait la joie et le réconfort partout où il passait ; canonisé en 1982.

B Jean-Baptiste-Xavier Loir (Jacques-Louis de Besançon), capucin à Lyon, martyr aux Pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XX.

B Raphaël Rafiringa (Raphaël-Louis, 1856-1919), malgache, des Frères des Ecoles Chrétiennes, béatifié en 2009.

Ste Verena Bütler (Maria-Bernarda, 1848-1924), supérieure capucine à Altstätten, puis missionnaire en Equateur et en Colombie, où elle fonda les Franciscaines de Marie-Auxiliatrice, béatifiée en 1995, canonisée en 2008.

Bx Lucinio Fontanil Medina (Primitivo, *1884), prêtre capucin à Madrid, et Alberto Linares de la Pinta (Alberto Joaquín, *1913), des Frères des Ecoles Chrétiennes près de Saragosse, martyrs en 1937 et béatifiés en 2013. 

Bse Pina Suriano (1915-1950), vierge sicilienne très active dans l’Action Catholique, béatifiée en 2004 ; deux années avant sa mort, elle s’était offerte pour la sanctification des prêtres.

Pudens

1er ou 2e siècle

 

Une longue tradition entoure ce personnage de la première antiquité chrétienne, mais des preuves précises manquent.

Il s’agirait d’un sénateur romain, Quintus Cornelius Pudens, ou même plutôt le fils de ce dernier. Il aurait accueilli saint Pierre chez lui, en aurait reçu le baptême et, devenu veuf, aurait donné tous ses biens aux pauvres et transformé sa maison en lieu de prière pour la communauté romaine. 

Il aurait eu quatre enfants, deux garçons : Novatus, Timotheus, dont on ne sait rien de particulier ; et deux filles, Pudentiana et Praxedes, si célèbres que deux églises portent leur nom à Rome. Sainte Pudentiana est commémorée le même jour que son père, sainte Praxède le 21 juillet.

Un martyrologe ancien affirme qu’il garda immaculée jusqu’à sa mort la robe d’innocence dont il avait été revêtu au baptême par les saints apôtres.

C’est peut-être à lui que fait allusion saint Paul dans sa deuxième épître à Timothée : Tu as le salut d’Eubulus, de Pudens, de Linus, de Claudia et de tous les frères (2Tm 4:21), Claudia pouvant même être l’épouse de Pudens (mais on n’a aucune information sur cet Eubulus, et on ne sait si Linus est le futur successeur de saint Pierre).

La même tradition fait de ce Pudens un martyr sous Néron (54-68). Les Orientaux le commémorent le 14 avril.

Au 5e siècle, les actes d’un synode mentionnent le titre de Pudens, une église romaine connue aussi comme ecclesia Pudentiana.

Autrefois, saint Pudens était commémoré le 19 mai. 

On a proposé de distinguer deux personnages : le sénateur d’une part, le père de Pudentiana et Praxède d’autre part. Ce deuxième Pudens aurait été un disciple du pape Pie 1er, qui mourut en 161.

La difficulté de se retrouver au milieu de ces dates, a fait que le nom même de Pudens et aussi de Pudentiana ont été retirés du Martyrologe actuel.

 

 

Pudentiana

2e siècle

 

Fille de Pudens, dont l’Eglise faisait mémoire ce même 19 mai, Pudentienne était, avec sa sœur Praxède, une vierge très fidèle de la communauté romaine.

Jeune encore à la mort de son père, elle remit à l’Eglise tous ses biens et donna leur liberté à ses «esclaves».

La maison de son père devint une église avec un baptistère puis, lors de la persécution d’Antonin (dit «le Pieux»), un refuge pour les Chrétiens.

Pudentienne était connue pour ses vertus, mais surtout pour le zèle qu’elle mit à ensevelir les Martyrs. 

Elle mourut à seize ans, déjà remplie de mérites et de bonnes actions.

Elle était donc commémorée le même jour que son père Pudens, le 19 mai.

 

 

Urbain Ier

222-230

 

Voici un pape qui, malgré huit années de pontificat reste très mystérieux, car on en connaît peu de choses certaines.

Romain, fils de Pontianus, il succéda à saint Calixte Ier comme dix-septième pape, et fut sur le siège de Saint-Pierre sept ans, onze mois et douze jours.

Il ordonna un certain nombre d’évêques, de prêtres et de diacres, mais les chiffres sont discordants.

On lui attribue une encyclique, Ad omnes christianos.

Certains le donnent comme martyr, décapité le 24 juin 230 ; d’autres mentionnent sa mort (naturelle) au 19 mai, ce que fait l’actuel Martyrologe romain.

D’après la bienheureuse voyante stigmatisée, Anna Katharina Emmerick, c’est lui qui baptisa sainte Cécile, ainsi que son fiancé Valérien et le frère de ce dernier, Tiburce.

Il eut pour successeur saint Pontien.

 

 

Parthenius et Calogerus de Rome

† 302

 

Parthenius était eunuque et avait un haut emploi dans le palais impérial.

Calogerus, eunuque lui aussi, était le chef des camériers de la femme de l’empereur.

Les textes ne sont pas d’accord, mentionnant soit l’empereur Dèce († 251), soit Dioclétien († 305).

Ils furent tous deux martyrisés pour avoir refusé de sacrifier aux dieux païens. On les tortura de diverses façons et ils expirèrent sous les coups de bâtons embrasés qui leur brisèrent la tête.

Saints Parthenius et Calogerus de Rome sont commémorés le 19 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Humiliana Cerchi

1219-1246

 

Humiliana Cerchi naquit en 1219 à Florence (Italie), d’un père issu de l’ancienne noblesse et qui eut… six filles et douze garçons.

On sait de son enfance qu’Humiliana se comportait toujours avec une docile obéissance envers ses parents, acceptant patiemment toutes sortes de situations contrariantes.

Son père cherchait, par l’intermédiaire des alliances de ses enfants, à élargir son pouvoir et ses domaines. Il arrangea ainsi le mariage d’Humiliana dès qu’elle eut seize ans. Le jeune fille, qui portait bien son nom, se soumit totalement à cette décision.

Cette vie maritale dura cinq ans, et elle eut deux filles. 

L’homme qu’elle avait épousé se montra cependant bien en-dessous des qualités de son épouse, qu’il traita durement. Malgré cela, Humiliana demeura fidèle. Son mari tomba bientôt gravement malade : non seulement elle le soigna avec profonde tendresse jusqu’à la mort, mais encore elle remit aux proches de celui-ci toute sa fortune personnelle, leur demandant seulement de pourvoir à réparer les injustices commises par son mari.

Elle s’en retourna à la maison paternelle. mais comme son père tentait de lui arranger un nouvelle alliance, elle quitta la maison. Elle alla revêtir l’habit des Tertiaires franciscaines et vécut dans la solitude, ne sortant que pour aller à l’église ou auprès des pauvres.

Son père alors la déshérita. Loin de se plaindre, Humiliana se réjouit de pouvoir ainsi renoncer à tout ce qu’elle possédait. Elle regrettait bien de ne pouvoir aider les pauvres, mais elle trouva son réconfort en allant mendier pour eux.

Humiliana reçut des dons extraordinaires, des extases, le don des larmes, les prophéties, mais elle eut aussi les épreuves du Démon, qui la tourmentait : il lui faisait voir les cadavres de ses proches, la frappait, l’étranglait, se présentait sous les traits d’un horrible serpent qui venait frôler sa tête pendant plusieurs jours… Humiliana le fit disparaître avec le Signe de la Croix, et délivra aussi d’autres personnes possédées.

Humiliana s’imposait aussi des mortifications surprenantes : elle jeûnait plusieurs fois la semaine, se contentant souvent de pain ; elle se donnait la discipline avec des nerfs de bœufs, ou des courroies ou des ronces ; son vêtement était en poils de chèvre et de crin ; quand elle ne veillait pas, elle dormait sur un sac de paille.

Elle se confessait chaque semaine, avant de communier le dimanche.

Elle tomba malade le jour de Pâques, en 1246. Après encore quelques tourments diaboliques, elle s’éteignit le 19 mai 1246, jour où la commémore le Martyrologe.

Son culte a été approuvé en 1694.

 

Célestin V

1294-1296

 

Pietro Angeleri del Morrone naquit en 1209 dans les Abbruzzes, avant-dernier des douze enfants d’une humble famille.

Bénédictin vers sa vingtième année, il voulut vivre une vie plus érémitique et se retira dans une grotte. Bientôt rejoint par d’autres disciples, il devint finalement l’involontaire fondateur des Ermites de saint Damien, qui furent reconnus par Urbain IV et affiliés à l’ordre bénédictin. Ils eurent jusqu’à trente-six monastères. Pietro dut se déplacer plusieurs fois, et finalement laissa le gouvernement de ces monastères pour se retirer à nouveau dans la solitude.

Or, après la mort du pape Nicolas IV en 1292, le Saint-Siège resta vacant deux années, les cardinaux n’arrivant pas à trouver une majorité sur un nom. 

Un “saint homme” aurait alors fait savoir aux cardinaux que Dieu ferait sentir sa justice dans quatre mois si cet état se prolongeait. Certains affirment que ce message était signé de Pietro lui-même ; les cardinaux eurent alors l’idée unanime d’élire cet ermite (1294) et on l’envoya chercher pour le lui annoncer.

Surpris et effrayé, Pietro finit par accepter la volonté de Dieu. On l’emmena, mais pour abréger les temps, on s’arrêta à L’Aquila pour le sacrer évêque et le couronner pape (août 1294). Lui qui était âgé de quatre-vingt quatre ans, il voulut entrer dans la ville sur le dos d’un âne, comme le Christ lors de son entrée à Jérusalem. Il prit le nom de Célestin V : il allait à son tour prendre le chemin du calvaire.

Célestin voulait favoriser tous les religieux austères, il concédait indulgences et faveurs, cédant parfois à la faiblesse et même se laissant tromper. Il nomma douze cardinaux, dont sept français, sans doute sur influence du roi Charles II. Au lieu de gagner Rome, il se laissa persuader de s’installer à Naples.

Célestin V voyait qu’il ne gouvernait pas l’Eglise. Il voulut renoncer et consulta. Après maintes réflexions, il annonça sa renonciation et son désir de retourner à sa solitude. 

On fut édifié de son humilité : le 13 décembre 1294, devant les cardinaux réunis, il descendit de son trône, déposa son anneau et les ornements pontificaux, et alla s’asseoir sur un tabouret.

Une humilité qui fut récompensée : passant ensuite devant un boîteux qui lui demandait sa bénédiction, Célestin (redevenu Pietro) lui répondit : “Lève-toi, lève-toi”, et l’infirme se releva.

Sans tarder, on élut à Naples un nouveau pape, Boniface VIII (décembre 1294), qui annula les concessions excessives accordées par Célestin V, mais aussi empêcha ce dernier de regagner son ermitage, pour éviter des soulèvements possibles des foules ; il voulait le maintenir sous bonne garde. Une escorte devait le ramener à Rome.

Malgré son grand âge, Pietro trompa l’attention de l’escorte, enfourcha un cheval et regagna le Monte Murrone ; on alla le chercher, il refusa de partir ; les moines le dissimulèrent ; puis il voulut s’éloigner à nouveau, mais on le reconnut ; il voulut s’embarquer pour la Grèce, mais le vent ramena le bateau au port ; on finit par le repérer et le pape Boniface VIII donna l’ordre de le lui amener à Anagni avec tous les honneurs dus à un pape (juin 1295).

“Emprisonné” avec deux de ses moines, Pietro accepta facilement cette nouvelle solitude et ne se plaignit jamais de son sort, jusqu’à sa mort onze mois après, le 19 mai 1296 ; il avait quatre-vingt sept ans.

Beaucoup de miracles suivirent sa mort. Le pape d’Avignon (Clément V) le canonisa en 1313, sous le nom de Pietro Celestino, reconnaissant ainsi à la fois la sainteté de l’ermite et l’authenticité du bref pontificat de son prédécesseur.

Célestin V avait été le cent-quatre-vingt douzième pape.

 

Note. On a plusieurs fois invoqué l’exemple de l’abdication de Célestin V à propos du pontificat douloureux de Jean-Paul II : certains préconisaient que ce dernier pût démissionner en raison de sa santé fortement compromise. 

Le pape reçoit une mission divine qu’il ne peut résilier une fois qu’il l’a acceptée. Mais les deux cas sont cependant différents : d’un côté Célestin V, qui constatait son impuissance et son incapacité, décida sans aucune contrainte sa propre démission pour le bien de l’Eglise et pouvait couvrir sa décision de sa propre autorité suprême ; de l’autre, Jean-Paul II répondait avec justesse qu’il “ne gouvernait pas avec ses jambes”, car il conserva jusqu’au bout sa pleine lucidité et son entière autorité sur le gouvernement de l’Eglise : ses écrits, ses décisions, ses nominations, ses voyages, ses discours le montrent bien ; en outre il voulut donner à tous l’exemple de l’acceptation du sacrifice de sa personne jusqu’au bout de ses forces physiques.

Maintenant, nous avons un autre cas de démission pontificale : Benoît XVI a humblement renoncé à exercer une charge qui lui était devenue trop lourde. En viendra-t-on à imposer aux papes, comme aux évêques, une «limite d’âge» ? Et si l’on clouait la bouche à un vénérable vieillard en lui disant : Tu n’es plus grand-père !…

N’avons-nous pas oublié le mot de saint Paul : Avec l’épreuve, Dieu nous donnera le moyen d’en sortir et la force de la supporter (1Co 10:13) ?

 

 

Yves Helory de Kermartin

1253-1303

 

Ewan Helory vit le jour le 17 octobre 1253 au manoir de Kermartin, dans la paroisse de Minihy-Tréguier, d’un humble gentilhomme et d’une mère fort pieuse. Il eut une sœur.

Le prénom, Ewan, qu’il reçut au baptême a suscité beaucoup de commentaires et d’hypothèses. C’est un prénom à mille variantes, qu’on retrouvera sur internet ; pourquoi ce prénom ne pourrait-il pas dériver d’une forme altérée de Ioannes, comme Ivan en russe ? Le fait est que c’est à partir d’Ewan qu’on a fabriqué le nom latin Yvo, à son tour retraduit Yves en français.

Jusqu’à quatorze ans, Yves étudia avec un compatriote, Jean de Kerhoz puis, quand l’élève eut acquis la science du professeur, ils allèrent tous deux à Paris, où Yves étudiera en plus la théologie. Yves et Jean se dirigèrent ensuite à Orléans pour le droit.

Travailleur, Yves se démarqua vite de ses confrères bruyants. Il travaillait, il priait, impressionnant ses camarades par sa douceur et son innocence.

Ce fut au point qu’en 1280, il fut nommé official (c’est-à-dire juge ecclésiastique) à Rennes, alors qu’il n’avait que vingt-sept ans et n’était pas prêtre.

Avec ses modestes rentes, il hébergeait deux orphelins, se contentant de coucher sur un maigre grabat. Quand l’évêque de Tréguier l’apprit, il appela Yves pour être son official, lui faisant attribuer un bénéfice ecclésiastique, de sorte qu’Yves dut, par obéissance, accepter d’être ordonné prêtre.

L’activité juridique d’Yves est légendaire, et lui a valu d’être le céleste protecteur des avocats et des membres du barreau. Le trait dominant du saint Avocat, était avant tout de réconcilier les parties opposées, se faisant d’abord le protecteur du bon droit, même contre les puissants.

A partir de 1290, insatisfait de ses habituelles mortifications, Yves abandonna aussi ses habits soignés pour se contenter de la plus simple bure et de chaussures grossières. 

Son manoir de Kermartin devint une auberge où il accueillait chaque nuit les pauvres et les pèlerins de passage, tandis qu’il dormait à l’étage sur un peu de paille, la tête sur deux livres.

Yves fut curé de Tredrez, puis, plus proche, de Louannec, une paroisse qu’il dut faire émerger d’un niveau de grand abandon spirituel. Yves poussa l’audace jusqu’à célébrer la Messe en breton, et non en latin. Il prêcha beaucoup en divers endroits du diocèse.

Vers 1297, il renonça à sa charge d’official et, en 1298, se retira dans son manoir de Kermartin. En 1302, il voulut encore faire un pèlerinage à Saint-Renan (Quimper), dont il revint épuisé. Le 15 mai 1303, il célébra la messe pour la dernière fois. Il s’éteignit au matin du dimanche 19 mai 1303.

Bien sûr, la piété populaire le canonisa sans attendre et l’on se partagea ses reliques. Le procès de canonisation officiel s’ouvrit en 1330, la canonisation eut lieu en 1347. Voici comment commence la bulle papale de canonisation : 

Le doux créateur des astres, qui, dans sa grande clémence, illumine la succession des siècles, a daigné jeter une clarté nouvelle sur ce temps où le monde vieillissant accélère son déclin vers le dernier des soirs ; le Père des lumières, Orient de l'éternelle lumière, admirable splendeur, a fait surgir de l'extrémité de l'Occident, je veux dire de la Bretagne, une étoile matinale qui ne s'éteindra pas. L'unique soleil a fait surgir un soleil reflétant dès maintenant sa propre lumière.

 

 

Matteo da Termini (Agostino Novello)

1240–1309

 

Matteo da Termini n’est connu ni par son prénom ni par son nom de famille ; de plus, l’année, 1240,  et le lieu de sa naissance restent approximatifs.

Matteo en effet naquit soit dans la province de Rieti (Italie C), à Tarano ou Terranova, soit dans celle de Palermo (Sicile), à Termini Imerese ou Trapani ou Taomina ou même Palermo… De toutes ces localités, celle de Termini Imerese pourrait correspondre au nom sous lequel Matteo fut inscrit au registre du baptême.

On a plus de certitudes sur les événements postérieurs de sa vie.

Il fit des études de droit à Bologne, où il eut comme compagnon d’études Manfredi, qui serait bientôt roi de Sicile. Docteur en droit civil et ecclésiastique, il enseigna sur place, avant d’être appelé par le même Manfredi à la cour de Sicile.

En 1266, dans la bataille où Manfredi perdit la vie, Matteo fut très gravement blessé, au point qu’on le laissa comme mort sur le champ de bataille. D’aucuns précisent qu’en réalité il avait quitté le champ de bataille à temps et que, bientôt atteint d’une dangereuse maladie, il résolut de changer complètement de vie.

Il songea à l’Ordre dominicain, mais choisit l’Ordre augustinien et entra au couvent de Palerme en 1268, et c’est là qu’il prit le nom du Fondateur historique de l’Ordre, Augustinus d’Hippone (v. 28 août), à ce détail près qu’on le nomma «nouvel Augustin», Agostino Novello. 

De Palerme, on l’envoya à Sienne, où il dissimula si bien sa science, qu’on le crut analphabète et qu’on lui réserva les tâches des serviteurs. Puis on l’envoya à Rosia, où un événement peu commun le fit sortir de l’incognito.

En 1288 en effet, le couvent fut emporté dans un dangereux procès, et Agostino se proposa au Prieur pour préparer la défense. Le juge comprit que ce travail venait de quelqu’un d’instruit et reconnut à Rosia son ancien camarade de Bologne. Finie la vie cachée d’Agostino !

Le Prieur général l’appela à Rome, le fit ordonner prêtre, lui fit rédiger les constitutions de l’Ordre, le présenta au pape qui en fit le Grand Pénitencier du Vatican.

En 1298, il dut s’incliner devant le choix du Chapitre (et l’ordre du pape) pour devenir Prieur général de l’Ordre ; il réussit quand même à démissionner en 1300, pour se retirer dans un autre couvent proche de Sienne, et se donner uniquement à la prière et aux œuvres de charité.

Quelques années plus tard, il fut averti de sa mort prochaine et s’y prépara sereinement.

Agostino mourut le 19 mai 1309, lundi de Pentecôte cette année-là. Les miracles accomplis par son intercession engendrèrent un culte populaire qui fut reconnu en 1759.

 

 

Juan Lorenzo de Cetina

1340-1397

 

Juan Lorenzo naquit en 1340 à Cetina (Calatayud, Saragosse, Espagne), de Juan Lorenzo, qui lui donna son nom, et grandit comme page à la cour du seigneur local.

Insatisfait de cette vie de luxe, il se retira dans un ermitage proche de Cartagena et y mena une vie de prière, de jeûne et de pénitence.

Il demanda à être admis au couvent franciscain de Monzón, où il fut ordonné prêtre.

Envoyé à Barcelone pour y compléter sa formation, il cherchait à y convertir les Juifs et les Musulmans. Il obtint des conversions, mais des ennemis de l’Evangile commencèrent à le persécuter.

Envoyé au couvent de Chelva (Valencia), qui avait été fondé récemment (1388), il préféra là aussi une vie plus austère, dans une grotte de l’endroit, tout en revenant dans le couvent pour participer aux activités de la communauté.

C’est alors qu’il apprit comment quatre Confrères franciscains avaient été martyrisés à Jérusalem en novembre 1391 (v. 14 novembre) et le désir de partager leur sort lui fit aller en demander la permission au pape à Rome. Ce dernier lui suggéra d’aller prêcher aux Musulmans n’importe où, mais pas à Jérusalem. Juan pensait à Grenade, mais son Supérieur l’envoya à Cordoue, où sa prière et sa sainteté obtinrent divers miracles. Dans toute l’Espagne, on parla de frère Juan.

Juan se prépara à sa mission dans la prière et la sainteté de vie, et le chapitre de 1396 lui accorda finalement la pemission d’aller précisément à Grenade. Il partit avec son jeune confrère, Pedro de Dueñas.

A Grenade, où ils arrivèrent le 28 janvier 1397 et commencèrent de parler du Christ, ils furent arrêtés par le cadi, qui chercha à les dissuader de parler publiquement, leur permettant de pratiquer leur foi privément, comme les autres Chrétiens. Mais les deux Franciscains continuèrent de prêcher la Vérité et furent finalement mis en prison. On les envoya travailler aux champs. 

De retour dans la ville, le roi les convoqua, les fit torturer et, ne pouvant les faire renier le Christ, fit décapiter Juan, espérant que Pedro, lui, apostasierait. Devant la constance de ce dernier, le roi le fit aussi exécuter. Une version autorisée du récit affirme que le roi lui-même les décapita.

Les restes des deux Martyrs furent récupérés par des Chrétiens et remis à des marchands catalans. Ils se trouvent principalement dans la cathédrale de Vich, tandis que d’autres reliques sont à Séville et à Cordoue.

Leur martyre eut lieu le 19 mai 1397 et leur culte fut approuvé en 1731.

 

 

Pedro de Dueñas

1379-1397

 

Pedro de Dueñas naquit vers 1379 à Bujalance (Cordoue, Espagne), d’Alonso et Isabel Sebastián. Alonso étant de Dueñas, Pedro fut aussi désigné de cette façon.

Le garçon travaillait aux champs et entendit l’appel à l’idéal franciscain ; il alla frapper au couvent San Francisco del Monte, proche de Cordoue, où se trouvait Juan de Cetina.

Après sa vêture, il fit la profession comme frère convers, et fut remarqué pour son  humilité. Il avait à peu près dix-huit ans. 

C’est Juan qui lui proposa de l’accompagner à Grenade ; le Gardien trouvait Pedro bien jeune et trop peu expérimenté pour une telle mission, mais accepta de le confier à la sainte compagnie de Juan.

Pour toute la suite de leur aventure, voir la notice Juan Lorenzo de Cetina

Leur martyre eut lieu le 19 mai 1397 et leur culte fut approuvé en 1731. 

Peter Wright

1603-1651

 

Peter naquit en 1603 à Slipton (Northamptonshire, Angleterre).

Après dix années d’activité comme avocat, il s’engagea dans l’armée anglaise aux Pays-Bas, mais la quitta après un mois, se réfugiant chez les Jésuites à Gand, pendant deux ans.

En 1629, il entra au noviciat de Watten et, après diverses charges à Liège et Saint-Omer, fut aumônier d’un régiment anglais basé en Espagne.

En 1644, il retourna en Angleterre pour accompagner le chef de ce régiment qui résidait chez le Marquis de Winchester, dont il devint ensuite l’aumônier en 1645, mais dans sa maison de Londres.

C’est là qu’il fut arrêté, le 2 février 1651.

Conduit à Newgate, il fut condamné par le tribunal de Old Bailey.

Peter Wright mourut en martyr à Tyburn (Londres), le 19 mai 1651, lundi de Pentecôte, qu’on appelle White Monday. Il y avait plus de deux-mille badauds sur la place. Peter eut la «permission» de mourir «tout de suite», c’est-à-dire qu’il mourut réellement de la pendaison, alors que d’ordinaire on remettait sur pied avant leur complète expiration les condamnés pendus, pour les éviscérer alors qu’ils étaient encore bien conscients. Peter échappa à cette «boucherie».

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Biagio de’ Signori

1676-1740

 

Biagio (Blaise) naquit le 30 octobre 1676 à Corte (Corse, alors gênoise).

A dix-sept ans il entra chez les Capucins, et passa chez les Frères Mineurs de l’Observance, prenant en 1693 le nom de Teofilo.

On l’envoya étudier la philosophie à Rome, la théologie près de Salerno, où il fit la profession solennelle et fut ordonné prêtre.

Il embrassa ensuite la vie érémitique dans le Latium, où il rencontra saint Tommaso de Cori (voir au 11 janvier).

Il resta proche de ce dernier à Bellegra, puis retourna en Corse en 1730, pour fonder un couvent franciscain à Zúani ; en 1734, il fut rappelé à Rome et à Bellagra en 1735, avant de fonder un nouveau couvent à Fucecchio (Toscane).

Biagio-Teofilo de Corte mourut le 19 mai 1740 à Fucecchio. Il fut béatifié en 1896 et canonisé en 1930.

 

 

Pietro Fioretti (Crispino de Viterbe)

1668-1750

 

Pietro Fioretti (en religion Crispino) est né le 13 novembre 1668, à Viterbe (Latium, Italie), de parents ouvriers. Sa mère, dès son plus jeune âge, lui inspira une grande dévotion à la Vierge Marie. Chaque fois qu'elle emmenait son fils à l'église, ils s'arrêtaient devant l'autel de la Vierge, et elle lui disait Voilà ta vraie Mère !

Tout enfant, il fut placé chez un oncle, cordonnier. Avec les quelques sous qu'il gagnait, Pietro allait acheter des fleurs pour apporter à la Sainte Vierge.

Sa mère lui avait enseigné de mettre toute sa confiance dans la Vierge Marie et d'avoir recours à elle en toutes circonstances. Un jour qu'il était monté sur un arbre avec trois camarades, une branche se cassa, et ils tombèrent sur des pierres. Le petit Pietro s'écria aussitôt : Sainte Vierge Marie, venez à mon aide ! Ses trois camarades furent gravement blessés et seul Pietro se releva sans une égratignure.

A l'âge de 25 ans, voyant autour de lui des frères Capucins, il eut envie de les rejoindre, malgré sa faible santé. Il intégra donc le couvent où il exerça toutes les tâches ancillaires qu'on lui demandait : bêcher le jardin, quêter, faire la cuisine, soigner les malades, etc., tâches dont il s'acquittait dans la joie et la bonne humeur constantes. Le frère infirmier disait de lui : Frère Crispino n'est pas un novice, mais un ange.

Il fut cuisinier dans le couvent de Tolfa. Une cuisine pauvre dans une cuisine propre était sa devise.

Pendant quarante ans, il fut moine quêteur pour son couvent d'Orvieto ; tout en demandant le pain à ceux qu'il sollicitait, il leur parlait de Dieu et de la Vierge Marie pour laquelle il avait toujours une aussi profonde dévotion. D'ailleurs, quand on lui soumettait des cas douloureux ou difficiles, il répondait : Laissez-moi parler un peu avec Madame ma Mère (Mia Signora Madre), puis revenez me voir.

Dans tous les couvents où on l'envoyait, Crispino dressait à son usage un petit autel à Marie. Un jour qu'il y avait placé deux belles fleurs, elles furent volées par deux malandrins. Le lendemain, un religieux lui donna deux cierges ; Crispino les alluma et sortit pour aller cueillir des légumes dans le jardin ; le religieux qui les lui avait donnés les enleva, et se cacha pour voir comment Crispino allait réagir. A son retour, Crispino, ne voyant plus les cierges, se plaignit à Marie: Comment ! Hier les fleurs et aujourd'hui les cierges ! Ô ma Mère, vous êtes trop bonne ; bientôt on vous prendra votre Fils dans les bras et vous n'oserez rien dire !

Quand on le plaignait de son excès de travail, il disait en riant le mot de saint Filippo Neri: Le Paradis n'est point fait pour les lâches !

Un jour, une maladie contagieuse se répandit dans son couvent. Son supérieur lui demanda : Voulez-vous risquer votre vie et aller soigner vos frères ? Crispino lui répondit : Voulez-vous ? J'ai laissé ma volonté à Viterbe, en entrant chez les Capucins. Il alla soigner tous ses frères et ne fut pas atteint lui-même par l'épidémie.

Il aimait beaucoup aller quêter pour sa communauté et s'appelait lui-même l'âne des Capucins. Si, pour l'éprouver, on l'insultait, il s'écriait : «Dieu soit loué ! On me traite ici comme je le mérite».

Il mourut à Rome le 19 mai 1750 en laissant à tous ses contemporains le souvenir d'un saint homme joyeux, partageant sa bonne humeur et témoignant de sa foi sans limite devant ses frères tout en accomplissant les plus humbles besognes.

Crispino de Viterbe a été béatifié en 1806 et canonisé en 1982. Son corps parfaitement conservé repose à Rome.

 

 

Jean-Baptiste-Xavier Loir

1720-1794

 

Né le 11 mars 1720 à Besançon, Jean-Baptiste entra chez les Capucins au Petit-Forez (Lyon), prenant le nom de Jacques-Louis.

Lors de la Révolution, il fut déporté aux Pontons de Rochefort, avec de nombreux autres prêtres.

Il mourut à bord du Les Deux Associés, victime des mauvais traitements et des pénibles conditions de vie à bord de ce bateau négrier, en principe à destination de la Guyane, mais qui ne partira jamais.

On retrouva le Religieux, âgé de soixante-quatorze ans, figé, à genoux, le 19 mai 1794.

Il fut béatifié en 1995.

 

Raphaël Rafiringa 

1856-1919

 

Né le 13 novembre 1856 (ou peut-être le 3 novembre, ou aussi le 1er mai ?) à Mahamasina (Antananarivo, Madagascar), de Rainiantoandro et de Rahaga, Rafiringa grandit dans les coutumes de la famille, de son milieu et de la cour royale. Il avait une sœur, Ernestine.

Son père était forgeron à la cour royale, un métier qui consistait entre autres à mettre des anneaux de fer au cou, aux mains et aux pieds des prisonniers.

Rafiringa fut très impressionné par les premiers Frères des Ecoles Chrétiennes qui arrivèrent sur l’île. Il recevra le baptême à treize ans, sous le nom de Raphaël, et continuera sa formation chez les Frères.

En 1874, Rafiringa fut choisi pour être à son tour un jeune enseignant : il est Maître d’Ecoles Chrétiennes. Sa vocation mûrit, et il devint réellement postulant des Frères des Ecoles Chrétiennes, en 1876. Il ne pouvait rejoindre le noviciat sur l’Ile Bourbon (Réunion), et resta sur place, sous la conduite des Frères.

C’est à ce moment qu’il prit le nom religieux de Raphaël-Louis. Il fit les premiers vœux en 1879.

Cette année-là, le gouvernement malgache renvoya tous les étrangers français résidant à Madagascar. Les Religieux durent faire leurs malles, et confièrent à deux Malgaches le soin d’apostoliser Madagascar : l’une est Victoire Rasoamanarivo (voir au 21 août), l’autre est notre Rafiringa.

Victoire dit en sanglotant au père Jésuite qui la quittait : Mon Père, je ferai ce que je pourrai. Rafiringa, lui, n’avait que vingt-sept ans, mais bien décidé à continuer sa vie religieuse. En saluant les Frères qui partaient, il leur dit : J’ai renouvelé mes vœux de trois ans il y a quelques jours, avec bonheur ; je regrette qu’ils ne soient pas perpétuels.

Rafiringa entretint une correspondance suivie avec le Supérieur, le mettant au courant de ses activités : il fut élu Préfet de l’Eglise catholique de l’Imerina par les chrétiens eux-mêmes ; il s’occupait des postulantes des Sœurs de Saint-Joseph-de-Cluny, leur donnant des conférences ; il suivait les écoles de Antananarivo, formant les maîtres ; il entretenait la piété des Eglises par des retraites, des prières, des exhortations ; il visitait les lépreux d’Ambahivoraka (actuelle Sabotsy Namehgana, à quinze kilomètres d’Antananarivo).

Ce n’était pas tout : il traduisait en malgache les livres français ; il écrivit aussi de nombreux ouvrages littéraires (poésie, théâtre, vies de saints). Il fut membre de l’Académie Malagasy en 1902.

Quand les missionnaires purent revenir sur l’île, Rafiringa reprit simplement son poste d’éducateur. 

En 1889, il fit la profession solennelle (les vœux perpétuels).

En 1894, lors d’un deuxième conflit entre Madagascar et la France, il fut à nouveau nommé responsable de la Mission Catholique.

Les missionnaires revinrent en 1896. Rafiringa continua d’aider l’Eglise et il enseigna la langue malgache aux résidents français.

En 1903, le général français Gallieni le décora de la Médaille du Mérite Civil pour l’efficacité de son engagement pour la pacification des relations entre France et Madagascar.

En 1915, il fut injustement accusé de conspiration et emprisonné avec deux autres Religieux. Il continua en prison sa vie de prière et de mortification, demandant à Dieu des vocations pour Madagascar. L’épreuve dura une année, au terme de laquelle il fut innocenté.

Frère Rafiringa-Raphaël-Louis mourut le 19 mai 1919 à Fianarantsoa.

Il a été béatifié en 2009.

 

 

Verena Bütler

1848-1924

 

Née le 28 mai 1848 à Auw (Aargau, Suisse), Verena était la quatrième des huit enfants de Heinrich et Katharina Bütler, d’humbles paysans très croyants, qui lui enseignèrent l’amour de Dieu et du prochain.

Verena fut baptisée le jour-même de sa naissance. Elle reçut la Première communion à douze ans, avec une telle ferveur qu’elle en resta marquée toute sa vie.

Après l’école primaire, elle participa aux travaux de la ferme et fut demandée en mariage par un bon jeune homme, qu’elle aima aussi. Mais l’appel de Dieu en elle-même fut plus fort et elle rompit tout lien sentimental humain pour répondre entièrement à cet appel divin.

Il semble qu’elle ait eu quelque «locution» intérieure, car elle écrivit : Expliquer mon état d’âme à quelqu’un qui n’a jamais reçu d’expérience semblable, est quelque chose d’extrêmement difficile, pour ne pas dire impossible. Et encore : Le Saint Esprit m’a enseigné à adorer, à prier, à louer, à remercier Jésus dans le tabernacle, à tout moment, même durant le travail et la vie courante.

Elle entra d’abord comme postulante dans un couvent de sa région, mais comprit que ce n’était pas là qu’elle était appelée.

Revenue dans son pays, où elle participa activement à la vie paroissiale, elle fut orientée par le curé vers les Franciscaines de Maria Hilf à Altstätten, chez qui elle entra en 1867.

En 1868, recevant l’habit, elle prit le nom de Maria Bernarda du Cœur de Marie, puis fit la première profession en 1869.

Bientôt élue maîtresse des novices, elle fut élue par trois fois supérieure de la communauté.

Après ces neuf années déjà bien remplies par son attitude fraternelle, elle reçut une invitation de l’évêque d’Equateur, à lui envoyer des Religieuses pour l’aider à annoncer l’Evangile.

Voyant là la volonté de Dieu, elle obtint de l’évêque de Saint-Gall et du pape les permissions nécessaires pour laisser la communauté et partir, avec six Compagnes, pour l’Equateur, en 1888.

Maria Bernarda pensait rester en lien étroit avec sa congrégation de Suisse. Mais Dieu l’amena plutôt à fonder une nouvelle famille religieuse : les Franciscaines Missionnaires de Marie Auxiliatrice.

L’évêque les reçut paternellement et leur confia la région de Chone, où l’absence de prêtres se faisait cruellement sentir. Les Religieuses se mirent hardiment au travail, rencontrant les familles, enseignant l’Evangile, reconduisant la population sur le chemin de l’église. Apprenant en même temps la langue et les coutumes des habitants, elles purent bientôt récolter des fruits abondants de leur semence.

La communauté elle-même grandit et l’on fonda bientôt deux autres maisons.

Les difficultés furent toutefois nombreuses et pesantes : même le clergé n’acceptait pas volontiers la «réussite» de ces Religieuses étrangères ; et quelques-unes se détachèrent pour fonder une autre famille. A cela s’ajoutaient les tracas quotidiens : l’extrême pauvreté, le climat inhabituel, les risques pour leur santé ou même leur vie. Tout cela, Mère Maria Bernarda le supporta avec son inébranlable bonté, son sens du pardon, et sa prière pour tous ceux qui lui occasionnaient des tristesses.

En ce qui concerne la nouvelle ramification dont il a été question ci-dessus, Maria Bernarda eut la clarvoyance de ne pas la considérer comme une désertion, mais comme une autre lumière de l’Esprit Saint : sa fondatrice, Maria Charitas Brader est d’ailleurs béatifiée elle aussi (voir au 27 février).

Quand la communauté de Maria Bernarda s’était établie, l’ancien président chrétien de l’Equateur, Gabriele García Moreno, avait été assassiné depuis longtemps déjà (1875), et la révolution couvait. Une violente persécution reprit en 1895, obligeant les Religieuses à quitter le pays et à trouver refuge dans la voisine Colombie. L’évêque de Cartagena les reçut paternellement à son tour et leur confia un ancien hôpital, où elles purent s’établir. C’est là que Mère Maria Bernarda resta jusqu’à la fin de sa vie.

De nouveau la congrégation s’agrandit… et fonda des maisons en Autriche et au Brésil.

Mère Maria Bernarda donnait la préférence aux pauvres, aux marginalisés. Elle insuffla son idéal aux Sœurs pendant plus de trente ans. Même après avoir remis sa charge, elle continuait humblement à donner l’exemple du service humble et joyeux, par sa vie et ses lettres.

Frappée par des douleurs intestinales, entourée de l’amour et de la vénération de toutes les Sœurs, Mère Maria Bernarda s’éteignit le 19 mai 1924, à soixante-quatorze ans : elle en comptait cinquante-six de vie consacrée, et trente-huit en pays de mission.

En annonçant sa mort, le curé de la cathédrale dit aux fidèles : Aujourd’hui est morte une Sainte dans cette ville : la révérende Mère Bernarda ! 

Elle a été béatifiée en 1995, et canonisée en 2008.

Le miracle retenu pour la béatification a été la guérison spontanée d’un cancer au cerveau d’un bébé colombien en 1967. Celui retenu pour la canonisation a été la guérison d’une femme médecin colombienne atteinte d’une broncho-pneumopathie chronique obstructive.

 

 

Lucinio Fontanil Medina

1884-1937

 

Lucinio était né le 12 février 1884 à Villamizar (León, Espagne).

Il entra chez les pères Capucins, reçut l’habit en 1914, avec le nom de Primitivo et fit la profession en 1915 comme Frère convers.

Il fut au service de la maison d’El Pardo (Madrid).

Lors des hostilités de 1936, les Religieux se croyaient suffisamment en sécurité, sur la parole du colonel. Mais le 20 juillet, ils entendirent le canon qui détruisait El Cuartel de la Montaña, puis virent les flammes qui envahissaient Madrid.

Le 21 juillet, des centaines de miliciens attaquèrent le couvent et tirèrent par toutes les fenêtres, au moment du déjeuner ; il y avait jusqu’à deux cents personnes présentes dans le couvent.

Ce fut ensuite un long calvaire pour les Religieux.

Les miliciens voulaient les pendre aux arbres voisins ; ils en furent empêchés.

Après une première arrestation, il fut libéré et trouva refuge chez un neveu et vécu dans une relative paix pendant quelques mois.

Finalement reconnu comme un des Religieux d’El Pardo, il fut arrêté le 19 mai 1937 à Madrid et abattu le même jour ou le lendemain, 20 mai, une des dernières victimes de cette cruelle période.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Alberto Linares de la Pinta

1913-1937

 

Alberto naquit le 7 août 1913 à Cheste (Valencia, Espagne) et fut baptisé un mois plus tard, le 7 septembre.

En 1925, il rejoignit son frère chez les Frères des Ecoles Chrétiennes à Cambrils, où il commença le «petit noviciat» (le collège).

En 1930, il commença le noviciat proprement dit et émit les vœux en 1931, avec le nom de Alberto Joaquín.

Il exerça son activité apostolique à Voltregá, à Berga, en 1934 à Bonanova.

Le 19 juillet 1936, il fallut rapidement évacuer le collège et chercher où se réfugier.

Alberto passa à la maison d’un ancien élève, puis rejoignit un de ses frères à Chiprana (Saragosse).

Un des plus féroces parmi les chefs révolutionnaires le découvrit et l’arrêta ; mais grâce à l’intervention de plusieurs personnalités, le chef le remit en liberté et lui confia même l’école de Chiprana. Comme l’établissement était assez éloigné de la maison de son frère, Alberto s’installa dans une famille proche de l’école.

Le 3 mai 1937, le chauffeur du Comité l’invita à monter dans son camion pour le faire passer dans la zone «nationale». Depuis, on ne sut plus rien de lui.

Mais au lendemain de la guerre, le curé de Castillonroy put donner des informations : Alberto avait été assassiné le 19 mai 1937.

Il a été béatifié en 2013.  

  

 

Pina Suriano

1915-1950

 

Née le 18 février 1915 à Partinico (Palerme, Sicile), unique enfant de Giuseppe et Graziella Costantino, modestes agriculteurs, Pina reçut le baptême le 6 mars suivant. Son prénom était, comme celui de son père, Giuseppina (Joséphine), mais on l’appela couramment Pina.

A sept ans, elle reçut la Première communion, après avoir reçu celui de Réconciliation (qu’on appelait à l’époque Pénitence), puis la Confirmation. Depuis peu, le pape Pie X avait encouragé les curés et les catéchistes à préparer les petits enfants à recevoir l’Eucharistie «dès l’âge de raison», donc vers la septième année.

Cette même année 1922, Pina entra dans les rangs de l’Action Catholique, dont elle franchit tous les «degrés» : benjamine, aspirante, jeune active ; plus tard déléguée (1938), secrétaire (1939-1948), cumulant en même temps la charge de présidente de 1945 à 1948, à la demande des jeunes filles elles-mêmes. 

Elle participait à toutes les activités de l’Action Catholique au niveau paroissial ou diocésain, en parfaite entente avec le curé, son directeur spirituel.

En 1937 fut érigée une nouvelle paroisse, dont elle fit partie, et où elle continua son intense participation. Là aussi le nouveau curé fut son directeur, et futur biographe, un témoin authentique de cette belle âme.

En 1948 elle fonda et présida l’Association des Filles de Marie, rassemblant celles de ses compagnes qui voulaient vivre plus intensément encore leur foi, par la prière, les petits sacrifices de la journée, la sainte Messe, la communion et la méditation quotidiennes, l’étude de la Sainte Ecriture et la fidélité à l’enseignement de l’Eglise.

On pourrait peut-être se demander pourquoi une telle âme, si religieuse, n’était pas entrée dans telle ou telle congrégation. Ce serait oublier que des laïcs ont aussi la vocation à la sainteté, tout en vivant dans le monde, donnant un témoignage authentique de foi, de charité et d’espérance, au milieu de la société qui a besoin de ce levain spirituel.

Mais surtout, la famille de Pina ne manquait pas de «projets» pour elle. La maman l’aurait bien donnée en mariage, en lui objectant ouvertement qu’elle préférait une fille morte à une religieuse. Ce fut l’épreuve de vie de Pina, qu’elle appela même son martyre. Mais le cœur de Pina appartenait au Christ. En 1932, à dix-sept ans, elle avait fait le vœu de chasteté perpétuelle, et le renouvelait chaque mois, en accord avec son directeur spirituel et, de ce fait, repoussa toujours les propositions de mariage qu’on lui adressa.

En 1940, à vingt-cinq ans, elle eut la liberté d’entrer chez les Filles de Saint-Anne, à Palerme. Mais on lui trouva alors une malformation cardiaque qui lui interdisait la vie conventuelle. Elle reprit ses activités.

Renonçant à son désir, elle s’offrit à Jésus-Christ en victime pour la sanctification des prêtres. C’était le 30 mars 1948.

Son sacrifice devait plaire à Dieu, qui l’exauça bientôt. Une arthrite rhumatismale se manifesta, dont elle mourut «prématurément», mais à l’heure de Dieu, remplie de mérites.

Le 19 mai 1950, au moment de se rendre à la Messe, une violente attaque cardiaque interrompit cette vie terrestre toute donnée à Dieu. Pina avait trente-cinq ans.

Pina Suriano a été béatifiée en 2004.

Partager cet article

Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de samuelephrem
  • : Plus de 9000 notices de Bienheureux et Saints. Ont été successivement illustrés : - Les personnages bibliques de l'ancien et du nouveau Testaments. - Tous les Saints et Bienheureux reconnus, depuis les débuts de l'Eglise jusqu'aux derniers récemment proclamés. En outre, des commentaires pour tous les dimanches et grandes fêtes (certains devant être très améliorés). Sur demande, nous pourrons vous faire parvenir en plusieurs fichiers pdf l'intégralité du Bréviaire romain latin, "LITURGIA HORARUM", qui vous permettront d'éviter beaucoup de renvois fastidieux, notamment pour les périodes de Noël et Pâques. Les textes sont maintenant mis à jour selon le nouveau texte de la Nova Vulgata (ed. 2005). Nous avons aussi le Lectionnaire latin pour toutes les fêtes du Sanctoral, sans renvois, également mis à jour selon le texte de la Nova Vulgata. Bienvenue à nos Lecteurs, à nos abonnés, avec lesquels nous entamerons volontiers des échanges. Bonne visite !
  • Contact

Recherche

Pages

Liens