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19 mai 2020 2 19 /05 /mai /2020 23:00

20 MAI

 

I.

Ste Lydia, la marchande de pourpre à Philippes (cf. Ac 16,14-15). 

III.    

Ste Aurea, martyre à Ostie.

Ss Thalalæus et Asterius, martyrs à Edesse ; Asterius devait exécuter Thalalæus, mais se convertit en en voyant le courage.

IV.    

S Baudelius, martyr à Nîmes pour avoir interrompu un sacrifice païen.   

S Lucifer, évêque à Cagliari, intrépide et parfois excessif adversaire de l’arianisme, au point que certains se servirent de lui pour former un schisme ; on dit même qu’il serait peut-être mort séparé de la communion romaine, malgré la sainteté de sa vie personnelle.

S Hilaire, évêque à Toulouse.

V.

S Thalélée, anachorète près de Gabales, dont la patiente persévérance vint à bout des démons qui l’assaillaient.

VII.

S Amalbert, fils des ss. Germes et Domance, mort jeune.

S Outrille), évêque à Bourges.

S Anastasio, évêque presqu'inconnu à Brescia.

VIII.

S Teodoro, évêque à Pavie.

S Ethelbert, roi et martyr en Angleterre, assassiné traitreusement au moment où il demandait en mariage la fille d’un autre roi.

XII.

B Guido de Gherardesca, ermite à Castanetum (Etrurie).

S Jean Népomucène, prêtre bohème, martyrisé sur ordre du roi qui voulait en obtenir le secret des confessions de sa femme ; le 20 mars au Martyrologe.

XV.

S Bernardino de Sienne, franciscain et prédicateur enflammé, propagateur de la dévotion au saint Nom de Jésus, d'où la représentation qu'on en fait avec les trois lettres IHS (Iesus Hominum Salvator) ; canonisé six ans après sa mort.

XVI.

Bse Angelella Colomba, tertiaire dominicaine à Pérouse, qui cherchait à réconcilier les factions de cette ville.

XIX.

S Chŏng Kuk-bo Protasius, martyr coréen canonisé en 1984 et fêté le 20 septembre.

XX.

Bse Hendrina Stenmanns (Josefa, 1852-1903), co-fondatrice allemande des Servantes du Saint-Esprit, béatifiée en 2008.

S Arcangelo Tadini (1846-1912), prêtre italien à Brescia, très actif dans le monde ouvrier, fondateur des Sœurs ouvrières de la Sainte-Maison de Nazareth pour l’éducation des ouvrières, avec lesquelles elles travaillent dans les usines, béatifié en 1999, canonisé en 2009.

Bx Rafaél García Torres et Tomás Valera González (*1904 et 1918), laïcs espagnols, martyrisés en 1938 près de Grenade, béatifiés en 2017. 
B Jakub Pankiewicz (Anastasy, 1882-1942), prêtre polonais franciscain, fondateur des Sœurs antoniennes du Christ-Roi, gazé à Dachau, béatifié en 1999 ; il est mentionné au 20 avril dans le Martyrologe.

 

Lydia

1er siècle

 

Alors que saint Paul prêchait à Philippes, raconte saint Luc dans les Actes des Apôtres, 

une femme nommée Lydia, marchande de pourpre de la ville de Thyatire et servant Dieu, nous écouta et le Seigneur ouvrit son cœur pour prêter attention à ce que disait Paul. Lorsqu’elle eut été baptisée, elle et sa maison, elle nous pria disant : «Si vous m’avez jugée fidèle au Seigneur, entrez dans ma maison et demeurez-y. Et elle nous y força (Ac 16:14-15).

Cette femme pleine de bonne volonté, généreuse et hospitalière, est restée humblement dans une discrète réserve. 

On peut au moins en dire qu’elle fut la première Européenne à être convertie par l’Apôtre.

Les exégètes avancent qu’elle dut mourir déjà vers les années 50-55, puisque saint Paul, écrivant aux Chrétiens de Philippes après cette date, ne la mentionne pas.

Autrefois inscrite au 3 août dans le Martyrologe, elle a été remise au 20 mai, selon le calendrier oriental.

 

 

Aurea d’Ostie

† 250

 

L’histoire de cette Martyre présente quelques invraisemblances historiques, au point que les spécialistes la regardent avec quelque suspicion.

Chrétienne romaine, Aurea (la Dorée) aurait été expulsée de Rome et aurait trouvé refuge à Ostie. Elle y aurait fait des miracles retentissants, comme de libérer un Chrétien prisonnier en en faisant tomber les chaînes et en convertissant ainsi dix-sept soldats au christianisme - qui furent décapités, ou en ressuscitant le fils d’un sabotier.

Aurea aurait été torturées et précipitée en mer avec une grosse pierre au cou, puis son corps aurait été ramené au rivage par les vagues.

Une inscription ancienne, retrouvée récemment, porte cette indication : Chryse hic dormit, où le mot Chryse traduit Aurea : Aurea dort ici. Qui sait si cette Martyre n’était pas grecque ?

Sainte Aurea d’Ostie est commémorée le 20 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Thalalæus d’Egée

† 272

 

Thalalæus était un Martyr d’Edesse de Cilicie, une localité proche d’Egée (auj. Yumurtalık, Turquie S) ; de lui on ne sait rien de plus, sinon la date probable de son martyre en 272.

Ce qui est remarquable, c’est que le bourreau lui-même, un certain Asterius, fut frappé par le courage de sa victime et se convertit sur place, se méritant alors de recevoir la même couronne glorieuse.

Saint Thalalæus d’Egée est commémoré le 20 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Baudelius de Nîmes

† 347

 

Baudelius (Baudille) était originaire d’Orléans.

Il existe maintes variantes à son nom : Baudille, Baudelle, Baudière, Beauzire, Bauzile ou Bauzille, Bauzély, Basile…

Certains ont affirmé qu’il était diacre.

Avec son épouse, il vint vers 287 dans la région de Nîmes pour évangéliser les populations encore païennes.

Y ayant interrompu un sacrifice païen, il fut arrêté, reçut maintes tortures, dont celle du fouet, puis fut décapité à la hache.

Ce pouvait être vers 350.

L’épouse de Baudelius procéda à l’inhumation de son cher mari au lieu-dit Valsainte.

Le tombeau du Martyr, théâtre de nombreux miracles, attirait les pèlerins à Nîmes. Le culte de s.Baudelius s’est étendu en Espagne et jusqu’en Europe centrale.

Saint Baudelius de Nîmes est commémoré le 20 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Lucifer de Cagliari

† 371

 

L’histoire de cet évêque commence en 353, à son accession au siège de Cagliari (Sardaigne). Il en fut le sixième titulaire.

Il avait l’heureuse fortune de s’appeler Lucifer, et il porta vraiment la lumière de la doctrine.

Il ne fut peut-être pas présent au concile de Nicée, mais il en défendit âprement les canons sur la foi trinitaire chrétienne.

En 355, il fut le légat papal au concile de Milan, dominé par l’empereur Constance qui voulait imposer la condamnation de s.Athanase (v. 2 mai). Lucifer résista fermement, et fut pour ce motif exilé au Moyen-Orient.

Mais en Syrie et en Palestine, il se trouva en face d’évêques ariens, qui ne lui ménagèrent pas les insultes et les mauvais traitements. Il écrivit beaucoup d’articles, et virulents, contre les hérétiques. Athanase les connut et les approuva en louant leur Auteur, une âme très religieuse et très sainte. En même temps, Lucifer maintenait un style de vie plein de sainteté, par son mépris des richesses, sa piété, son travail et son ardeur à défendre la Vérité.

Il y eut toutefois un accrochage à Antioche, où Lucifer crut bon d’ordonner évêque un prêtre qui, en réalité, était du parti opposé à l’évêque légitime. Il fut sévèrement blâmé même par un s.Jérôme (v. 30 septembre), d’autant plus qu’un concile réuni en Alexandrie devait statuer sur ce problème.

Revenu à Cagliari, Lucifer conserva la même intransigeance, allant jusqu’à refuser la communion avec certains évêques qui étaient revenus de leur adhésion à la formule de Rimini, jugée insuffisamment explicite. Lucifer s’obstina, jusqu’à une attitude que d’aucuns jugèrent être en rupture avec Rome. Ce serait exagéré de l’affirmer, bien que certaines Autorités aient estimé le contraire, comme s.Augustin  (v. 28 août) et même le pape Innocent Ier  (v. 12 mars). Mais aucun texte ne l’a établi.

Lucifer mourut ainsi dans la solitude de son diocèse, en 371.

Le malheur voulut qu’une secte se développât sur la mémoire de Lucifer, en rupture totale avec Rome. Ces lucifériens en vinrent à élire un antipape et à se trouver des adhésions jusqu’en Orient.

Pour mettre fin à cette pénible bourrasque, rappelons qu’en 1641, Urbain VIII intima le silence aux deux courants d’opinion. L’Eglise a tenu à conserver la mémoire de la sainteté et du zèle de Lucifer.

Saint Lucifer de Cagliari est commémoré le 20 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Anastasio de Brescia

570-608

 

Du vingt-cinquième évêque de Brescia, Anastasio, on n’est sûr que de son existence, mais aucune date ni aucun fait ne nous est parvenu avec certitude.

On dit qu’il fut sacré évêque par son maître, le pape s.Grégoire Ier (v. 12 mars), en 604 : il devait donc avoir au moins une trentaine d’années à cette date, ce qui peut faire placer sa naissance vers 570 ou même plus tôt.

L’épiscopat d’Anastasio se place ainsi entre ceux de Paterio et de Domenico.

Ce qui fait difficulté est que les dates avancées çà et là ne coïncident pas. Si la mort de Paterio a été établie en 606 et le début de l’épiscopat de Domenico en 655, on ne peut plus soutenir que l’épiscopat d’Anastasio ait duré de 604 à 608. L’épiscopat d’Anastasio a donc pu s’étendre sur près d’un demi-siècle, à moins que le siège ait été longtemps vacant, en cette époque troublée.

La mort d’Anastasio a été en effet située parfois en 608, mais on ne sait sur quel indice repose cette affirmation.

Quelque érudit a aussi avancé qu’Anastasio serait allé prêcher en Afrique, et en Espagne, mais il semble bien que les sources de ces hypothèses aient peu d’autorité.

On le voit, il est bien difficile d’avancer quelque chose de précis sur ce saint évêque.

Saint Anastasio de Brescia est commémoré le 20 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Austregisilius de Bourges

551-624

 

Austregisilius (en français : Austregisile, Austrille, et le plus souvent Outrille) naquit probablement en 551, de Auginus, dont la famille de la région de Bourges était certes illustre, mais pauvre.

Formé à l’étude des Ecritures, Austregisilius fut ensuite envoyé vers 575 à la cour du roi Gontran, où on le surnnomma amicalement Mapparius.

On lui proposa un mariage ; demandant du temps pour réfléchir, il répondit avec grande sagesse : Si j’avais une bonne épouse, je craindrais de la perdre, si c’est une mauvaise, j’aime mieux ne pas en avoir. Puis il fut divinement averti qu’il pouvait suivre la voie sacerdotale ; il lui fut aussi annoncé qu’il serait évêque pendant douze années.

Avant de mettre ce projet à exécution, il fut calomnié par un courtisan, qui l’accusait d’avoir détourné des fonds du trésor royal. On invoqua le Jugement de Dieu et Austregisilius devait se battre en duel avec son accusateur, mais ce dernier tomba de cheval et mourut d’une fracture du crâne. Austregisilius quitta la cour.

Il fut ordonné sous-diacre par l’évêque d’Auxerre, s.Aunaire (v. 25 septembre) et, en 590, prêtre par l’évêque de Lyon, Ethère, un ancien sénateur. Ce dernier fit d’Austregisilius l’abbé de la basilique Saint-Nizier.

En 612 (ou peut-être dès 597), Austregisilius fut appelé à succéder à l’évêque de Bourges. C’était le vingt-deuxième de ce siège, et le premier d’ascendance wisigothe.

Les miracles qu’il avait commencé de faire avant son épiscopat, se multiplièrent alors : une femme paralytique fut guérie, ainsi qu’un aveugle ; une fillette possédée fut délivrée.

Le Martyrologe mentionne la grande sollicitude pastorale d’Austregisilius envers les pauvres, les orphelins, les malades et les condamnés à mort.

En 614, il participa au concile de Paris.

Il s’éteignit le 20 mai 624.

Saint Austregisilius de Bourges est commémoré le 20 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Teodoro de Pavie

† 750

 

Teodoro fit partie dès l’enfance du clergé de Pavie. Ordonné prêtre, il fut archiprêtre, puis archidiacre.

Il fut nommé évêque de Pavie en 740 : un ange serait apparu au roi lombard Desiderio, lui suggérant le choix de Teodoro pour le siège épiscopal. C’était le vingt-et-unième évêque de ce diocèse.

Lors du siège de Pavie par les armées de Charlemagne, la ville fut protégée miaculeusement par les prières de Teodoro. Mais Teodoro lui-même fut exilé plusieurs années.

Durant ce siège, Teodoro retourna une flèche qui allait le toucher, vers celui qui l’avait tirée, le tuant sur place ; Teodoro le ressuscita.

Teodoro mourut vers 750. Cette dernière date est assez approximative, car on ne connaît pas celles des évêques suivants. 

On a parfois écrit qu’il avait eu un épiscopat de près d’un demi-siècle, ce qui est réellement impossible : il fut nommé vers 740, son deuxième successeur est mentionné en 769 et son quatrième successeur fut nommé en 781.

Saint Teodoro de Pavie est commémoré le 20 mai dans le Martyrologe Romain.

Colomba Guadagnoli de Rieti

1467-1501

 

Elle vit le jour à Rieti (Latium, Italie C) le 2 février 1467. Elle devait s’appeler Angelella, car on entendit chanter les anges autour de la maison au moment de sa naissance, mais elle reçut le nom de Colomba, car une colombe vint voltiger autour du baptistère, ce qu’on interpréta comme un signe du Ciel.

Effectivement, elle fut précoce pour la prière, les mortifications, le vœu de virginité. 

Petite, elle fut élevée chez les Dominicaines ; elle filait et cousait, pour réparer les habits des Dominicains de sa ville. 

Cherchant quelle serait sa voie, elle vit le Christ entouré de la cour des Saints : à douze ans, elle protesta de tout son cœur contre la volonté de ses parents qui l’avaient déjà promise en mariage, et rasa sa belle chevelure.

Toujours contre cette famille naturelle, elle entra dans la famille spirituelle du Tiers-Ordre dominicain en 1486, le jour des Rameaux.

Elle fut favorisée d’extases. Durant l’une d’elles, elle fut transportée en Terre Sainte.

Les habitants des villes voisines de Narni, de Foligno, cherchèrent à l’enlever pour avoir avec eux «leur» sainte. Finalement, en 1488, elle eut l’inspiration de quitter Rieti, mais sans trop savoir où aller. A Foligno, on l’arrêta comme vagabonde, mais l’évêque l’envoya à Pérouse pour y fonder un monastère dominicain ; elle obéit : plusieurs jeunes filles, voulant épouser l’Epoux divin, «s’envolèrent» de leurs familles pour la rejoindre ; c’est pour ce motif que le monastère fut appelé des Colombes.

Colomba intervint très efficacement dans Pérouse pour calmer les factions qui s’affrontaient sans relâche.  Elle s’occupa beaucoup des pauvres, qu’elle soulageait autant qu’elle pouvait.

Son action  positive s’exerça particulièrement au sujet du pape Alexandre VI et de Lucrezia Borgia. Envers cette dernière, elle eut plusieurs fois l’occasion de lui reprocher sa vie désordonnée, au point que Lucrezia l’accusa de sorcellerie. 

Quant au pape Alexandre VI, dont la vie était un scandale public, il fut lui-même profondément impressionné par la sainteté de Colomba et l’eut en grande vénération. On rapporte ce fait que, passant à Pérouse, il n’osait s’arrêter pour saluer Colomba ; ce fut elle qui s’avança et, très respectueusement, alla baiser les pieds du Successeur de Pierre ; ce geste fut à la source de la conversion d’Alexandre, dont on sait qu’il mourut dans les plus sincères sentiments de contrition.

Colomba fut prieure à Pérouse pendant onze ans.

Le jour de sa mort, une autre Mystique, Osanna de Mantoue (v. 18 juin), vit son âme rayonnante monter au ciel.

Colomba de Rieti, qu’on appelle aussi Colomba de Pérouse, mourut le 20 mai 1501 et fut béatifiée en 1625.

 

Bernardino degli Albizzeschi

1380-1444

 

Né le 8 septembre 1380 à Massa Marittima, Bernardino perdit sa mère avant trois ans et son père à six ans. C’étaient de pieux parents, qui le firent baptiser le jour-même de la naissance.

Orphelin, Bernardino fut élevé par des parents à Sienne ; c’est pourquoi on l’appelle communément Bernardino de Sienne.

Il étudia le droit canonique, la théologie, les Ecritures.

Très poussé vers la dévotion mariale, il fut épris d’une très noble dame, la Vierge Marie, et s’affilia à dix-sept ans aux Disciplinati Confraternitatis B. Mariæ.

En 1402, il entra au couvent des Frères Mineurs de Sienne, puis gagna le couvent des Observants à Colombaio,. Il fit la profession en 1403.

Au cours d’une quête en ville, il se servit de sa discipline pour repousser une femme de mauvaise vie : celle-ci fut définitivement convertie.

En 1404, il était ordonné prêtre, car il avait déjà accompli les études, et fut chargé de mission dès 1405. Ce fut désormais une vie de prédication qui le mena, à part quelques intervalles comme gardien de couvent (il fonda celui de Capriola, où il se retira aussi entre deux voyages), à Milan, Bergame, Côme, Mantoue, Plaisance, Brescia ; plus tard à Venise, Vérone, Vicenza, Belluno, Ferrare, Bologne, Florence, Sienne bien sûr, Arezzo, Pérouse, Orvieto ; le Latium avec Orvieto, Viterbe, Rome.

Partout, ses prédications touchèrent les pécheurs, réconcilièrent les factions, retournèrent les mœurs. 

Bernardino développa la dévotion au Saint Nom de Jésus, montrant partout les trois lettres IHS (Iesus, hominum Salvator : Jésus, Sauveur des hommes).

Ses prédications s’accompagnèrent de miracles retentissants, surtout de conversions de personnages importants. Il traversa un lac sur son manteau, le batelier ayant refusé de le passer. Il fit aussi le miracle de convaincre des dames de Florence d’abandonner leurs tenues luxueuses. Un lépreux fut guéri en chaussant les sandales de Bernardino…

Tout de même, en 1427, il fut dénoncé au pape comme hérésiarque et reçut l’interdiction de monter en chaire, jusqu’à ce que le pape fût mieux éclairé et, au contraire, encourageât Bernardin à parler.

Il refusa l’évêché de Sienne qu’on voulait lui proposer.

En 1438, de gardien de Capriola, il fut nommé vicaire général pour tous les couvents de l’Observance franciscaine, charge dont il démissiona en 1442.

Son dernier voyage de mission le porta - à dos d’âne cette fois-ci - en Lombardie, en Ombrie : Foligno, Spolète, Rieti, et L’Aquila, où il s’éteignit le 20 mai 1444, en la veille de l’Ascension.

On a pu conserver de lui plusieurs ouvrages des discours qu’il prononça peut-être par centaines.

Bernardino était ami de deux grands Saints contemporains : Giacomo de la Marche (voir au 28 novembre) et Giovanni de Capistran (voir au 23 octobre). Ces deux derniers hâtèrent le procès en vue de la canonisation, qui advint en 1450.

Saint Bernardino de Sienne est fêté le 20 mai.

 

 

Chŏng Kuk-bo Protasius

(Jeong Guk-bo Peurotasio)

1799-1839

 

Protasius était né à Songdo (Gyeonggi-do, Corée S) en 1799, dans une famille noble.

Son grand-père, un fonctionnaire d’état, avait eu des problèmes pour quelques irrégularités. Le père de Protasius, en revanche, souhaitait vivre en bon bourgeois, rompant avec les traditions de la famille. Il se déplaça à Seoul et trouva un travail dans une fabrique gouvernementale de cordages.

Protasius travailla aussi pour le gouvernement. C’était un homme bon et humble.

Vers la trentaine, il entendit parler de la foi catholique et reçut le baptême. Le prêtre chinois qui le baptisa, considérant la solidité de sa foi, lui confia un bâtiment récemment acquis, pour recevoir les Catholiques des environs et leur donner les sacrements. Protasius se montra aimable envers chacun et fit de son mieux pour s’occuper des fidèles.

Avec son épouse, il eut quatorze enfants, qui moururent tous en bas âge. Il endura toutes ces épreuves sans se plaindre. Il n’avait qu’un souci : lire des livres religieux et participer à des œuvres charitables.

En avril 1839, quand éclata la persécution, il fut arrêté avec son épouse. Au bureau de police, il subit de pénibles interrogatoires et fut torturé, mais ne renia pas sa foi. Mais quand il fut présenté à la cour supérieure, il fut tenté par les propos doucereux des employés et déclara qu’il voulait renoncer à sa religion.

Protasius fut remis en liberté et renvoyé chez lui. Mais le remord le prit : il n’arrêtait pas de pleurer, et resta sans manger plusieurs jours de suite. Encouragé par ses amis catholiques, il vint se constituer devant la cour. Il voulait absolument dire au juge qu’il rétractait son apostasie.

Les policiers ne firent pas attention à lui et le traitèrent de fou. Il persévéra à vouloir entrer, mais les policiers ne le lui permirent pas. Alors il resta à l’extérieur, devant la porte de la cour, jusqu’à ce que le juge sortît : il se présenta à lui et lui dit qu’il rétractait son apostasie. Il suivait le juge, qui ne voulait pas le croire, et lui répétait sa supplique.

Fatigué, le juge finit par le mettre en prison, où Protasius fut le bienvenu parmi les autres prisonniers catholiques. Il était au comble de la joie, à la pensée d’être bientôt martyr.

On le conduisit de nouveau devant la cour. Il fut d’abord battu avec un konjang, un gourdin en bois de chêne d’un mètre et demi de long, quinze à dix-huit centimètres de large, cinq centimètres d’épaisseur, muni d’un manche. Etendue sur le ventre, la victime recevait plusieurs coups de ce gourdin sur le postérieur : au bout de dix coups seulement, le sang sortait abondamment, et ceux qui étaient autour pouvaient même recevoir du sang et des morceaux de chair de la victime.

Protasius reçut vingt-cinq coups.

Malade de typhoïde, il revint en prison à demi-mort. Il y mourut quelques heures après.

C’était le 20 mai 1839. Protasius avait environ quarante-et-un ans, et c’était le premier Martyr de cette persécution.

Il a été béatifié avec d’autres en 1925, et canonisé en 1968. Leur fête commune est le 20 septembre, tandis que le dies natalis de Protasius est au 20 mai.

Hendrina Stenmanns
1852-1903

Aînée de sept enfants, Hendrina naquit le 28 mai 1852 à Issum (Allemagne).
Elle apprit avec sa mère à visiter les pauvres et les malades. Après l’école, elle aida sa famille en travaillant dans une fabrique de soie.
A dix-neuf ans, elle entra chez les Franciscaines du Tiers-Ordre, mais le Kulturkampf se déchaîna et la vie religieuse était impossible.
A la mort de sa mère, Hendrina lui promit de s’occuper des autres enfants, même si elle devait renoncer à son idéal religieux.
Quelques années après, elle eut l’occasion de rencontrer Arnold Janssen (voir au 15 janvier), et le suivit à Steyl (Pays-Bas) pour y être la cuisinière. Intérieurement, Hendrina espérait par là soutenir de toutes ses forces la cause de la mission, rien qu’en travaillant à la cuisine.
Elle arriva donc à Steyl à l’âge de trente-deux ans. Elle n’avait qu’une idée : faire à chaque moment ce qu’elle voyait être la volonté de Dieu.
Cinq ans après cet humble début, elle put être au nombre des postulantes qui voulaient faire partie de la toute nouvelle branche féminine de la congrégation. Elle devenait ainsi co-fondatrice des Sœurs Missionnaires Servantes du Saint-Esprit (CMSSpS).
Le noviciat achevé, elle fit profession en 1894 et reçut le nom de Josepha.
D’abord responsable de toutes les questions pratiques de la maison, son expérience et sa fidélité la firent nommer maîtresse des postulantes. 
Très active, infatigable, elle se nourrissait dans la prière, le recueillement devant l’Eucharistie. Une de ses jaculatoires était Veni, Sancte Spiritus (Viens, Esprit Saint). 
Ses dernières années furent marquées par un asthme pénible ainsi que d’autres pathologies. Sur son lit de mort, elle répétait son testament : Chaque souffle d’une Servante du Saint Esprit devrait être «Viens, Esprit Saint».
Elle mourut le 20 mai 1903, et fut béatifiée en 2008.
La congrégation compte aujourd’hui environ trois mille Religieuses, dans une quarantaine de pays, sur les cinq continents.


Arcangelo Tadini
1846-1912

Né le 12 octobre 1846 à Verolanuova (Brescia, Italie du Nord), Arcangelo était un des fils des époux Tadini. Une famille aisée, dont il reçut un certain patrimoine, providentiel pour ses futures activités.
Un accident le rendit boîteux pour le reste de la vie.
Après son frère aîné, il entra à son tour au séminaire et fut ordonné prêtre en 1870.
La maladie l’obligea à passer sa première année de sacerdoce dans sa famille.
Il fut successivement vicaire à Lodrino (où il laissa le souvenir d’un excellent maître à l’école communale), aumônier au sanctuaire Sainte-Marie à Brescia, puis curé-archiprêtre à Botticino Sera.
A Lodrino, après des inondations qui avaient mis à la rue une partie de ses paroissiens, il organisa une soupe populaire pour trois-cents repas quotidiens.
Comme curé, il se dépensa dans toutes les directions : catéchèse, chorale, confraternités, liturgie.
Préoccupé par les conditions du monde ouvrier, il construisit à ses frais une usine de textile, ainsi qu’une maison d’accueil pour les ouvrières. Il fonda l’Association Ouvrière de Secours Mutuel, une nouveauté pionnière à cette époque, ainsi qu’une ll, dont la vocation devait être de travailler aux côtés des ouvrières laïques, pour leur donner un exemple d’éducation et un soutien moral.
Don Arcangelo sut anticiper les temps, en se préoccupant réellement du bien à apporter au monde ouvrier. On ne le comprenait pas toujours ; même de la part d’autres prêtres, il reçut des calomnies… Il savait que Dieu guidait son Œuvre.
Frappé par la maladie, fatigué par ses labeurs, Don Arcangelo mourut le 20 mai 1912.
Il fut béatifié en 1999, et canonisé en 2009.
Le miracle retenu pour la canonisation de Don Arcangelo fut la naissance des deux enfants, en parfaite santé, d’un couple déclaré médicalement absolument stérile et qui, par idéal, avait renoncé à la fécondation artificielle.


Rafaél García Torres
1904-1938

Né le 22 février 1904 à Níjar (Almería, Espagne SE), Rafaél fut baptisé dès le lendemain de ce jour.
Pour aider sa famille qui était pauvre, il se dédia au commerce après avoir achevé ses études.
Chrétien convaincu, il fit partie de l’Action Catholique, des Adorateurs nocturnes de l’Eucharistie. C’était l’ange gardien et le bras droit du curé de la paroisse, don Berruezo (v. 31 août).
Lors de la persécution révolutionnaire, il refusa de se cacher, mais il fut dénoncé par un ancien bienfaiteur de la famille. Le 1. mars, il fut mis en prison à Almería, d’où on le transféra au camp de Turón, où il fut victime de multiples tortures.
Il eut la force d’écrire aux siens pour les consoler.
Son martyre se prolongea et l’on s’acharna sur lui, pour le faire apostasier, mais il resta ferme dans sa foi. Alors qu’il ne pouvait plus se tenir sur ses jambes, il jeta à terre sa pelle et cria encore : Vive le Christ Roi ! Ce fut sa dernière parole, le 20 mai 1938 à Turón.
Rafaél  fut béatifié en 2017.
Le nom du bienheureux Rafaél García Torres sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 20 mai.


Tomás Valera González
1918-1938

Tomás était né le 7 octobre 1918 à Sorbas (Almería, Espagne SE), deuxième des six enfants de Horacio Valera Gutiérrez de Cabiedes et María Teresa González Crespo. Horacio était directeur des Postes de Sorbas.
Qui le baptisa, fut l’abbé Fernando González Ros, qui devait être martyrisé le 10 septembre 1936.
Tomás fit partie des enfants de chœur et, encore adolescent, des adorateurs nocturnes de l’Eucharistie. Il participa aussi à l’Action Catholique, peu de temps avant son arrestation.
Musicien dans l’âme, il fut clarinettiste dans l’harmonie municipale de son pays. C’était un garçon plein de vie, joyeux, boute-en-train.
Il passa son baccalauréat avec succès à seize ans.
Lors de la révolution de 1936, il s’opposa courageusement à ceux qui voulaient mettre le feu à l’église : Personne n’entrera dans l’église sans me passer dessus ! lança-t-il aux miliciens. Aussi fut-il arrêté, le 26 août 1936, mais vite relâché à cause de son jeune âge : il n’avait pas dix-huit ans !
Il tenta de se réfugier chez son oncle, mais il fut dénoncé par un compagnon de classe comme fascite dangereux qui sentait les cierges, crime odieux et condamnable ! Avec son oncle, Tomás fut arrêté et conduit à la prison El Ingenio d’Almería ; l’oncle devait mourir d’un ulcère à l’estomac.
Tomás, grand garçon de dix-huit ans avait encore la charité et la force, en prison, de partager avec d’autres prisonniers les bonnes choses que lui apportait sa mère. Lui il se privait, et s’il demandait à sa mère de lui apporter davantage à manger, c’était pour donner davantage aux compagnons de prison.
D’Almería on le transféra aux carrières de Turón le 3 mai 1938. 
Une dame qui rendait visite aux prisonniers, vit, sans le connaître, ce beau grand garçon qui était gêné à cause de son pantalon déchiré ; le lendemain, elle lui en apporta un neuf, et Tomás lui dit qu’il espérait pouvoir la remercier un jour, en lui révélant son nom. La dame put rencontrer la mère de Tomás et lui raconta l’épisode.
Le 20 mai 1938, on commanda à Tomás de creuser la fosse pour enterrer un compagnon, peut-être bien Rafaél García Torres, qui mourut le même jour. Alors que Tomás était debout dans la fosse, il reçut un violent coup sur la tête et tomba en criant encore : Vive le Christ Roi !
Martyrisé le 20 mai 1938 à Turón, Tomás n’avait pas vingt ans.
Il a été béatifié avec Rafaél García Torres, ainsi que l’abbé Fernando González Ros, en 2017.
Le nom du bienheureux Tomás Valera González sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 20 mai.


Jakub Pankiewicz
1882-1942

Il naquit le 9 juillet 1882 à Nagórzany (Podkarpackie, Pologne), de Thomas et Telki Lenio, des agriculteurs.
Après l’école du village, il fréquenta le lycée à Sanok puis à Lviv (1896-1899).
En 1900, il entra chez les Frères Mineurs Franciscains et prit le nom de Anastazy.
Après avoir complété quelques lacunes de ses études précédentes, il étudia la philosophie et la théologie à Cracovie et à Lviv. 
Il fut ordonné prêtre en 1906.
Il fut d’abord envoyé au couvent de Wielicska, où il eut l’occasion de prêcher.
En 1908, il fut nommé maître des novices et professeur à Włocławek.
En 1912, il fut envoyé à Lviv, puis à Cracovie en 1913. Là il fut aumônier des Sœurs Bernadines.
Pendant la Première guerre mondiale, il fut curé à Dżurkowa (Kolomyja), puis s’est retrouvé aumônier militaire avec le grade de capitaine : il fut alors envoyé comme aumônier en Hongrie.
Après la guerre, le père Anastazy fut à Cracovie comme gardien (c’est-à-dire supérieur) du couvent Saint-Bernard, jusqu’en 1930.
Avec la permission de l’évêque, il acquit un terrain à Lodz pour construire une église et une école. Dès 1932, s’élevait un bâtiment où vivaient quelques religieux et où purent être reçus en 1937 des garçons de familles pauvres catholiques (mais aussi à l’occasion, protestants).
C’est alors qu’il confia cette œuvre aux Sœurs Antoniennes du Christ Roi.
L’œuvre fut interrompue par l’occupation nazie : l’école fut fermée, les locaux réquisitionnés pour l’armée, l’église transformée en garage et en écuries.
Le pauvre père Anastazy était désormais seul : il trouva à se loger dans une chambre chez le fossoyeur du cimetière, d’où il put continuer - au péril de sa vie - des activités pastorales : célébration de la messe, confessions, enterrements.
Les nazis savaient bien où résidait le père Anastazy, et ils l’arrêtèrent une première fois en avril 1940. Quinze jours après, ils le relâchèrent.
En octobre 1941, il fut à nouveau repris dans une rafle générale, où furent arrêtés et emmenés à Dachau tous les prêtres de Lodz.
Au camp de Dachau, le père Anastazy portait le numéro 28176. 
On ignore pourquoi il fut ensuite classé parmi les «handicapés» : soit fatigue extrême, soit simplement les soixante ans accomplis. Le 18 mai, il fut donc inscrit sur la liste de soixante détenus «handicapés», dont faisaient partie un évêque, et une quinzaine de prêtre polonais.
Le départ du camion fut particulièrement dramatique. Le camion était bondé, il fallait faire vite, le père Anastazy était l’un des derniers à monter. Il voulut donner la main à un autre condamné pour l’aider à monter, mais à ce moment-là, un soldat ferma violemment le portillon, et le père eut les mains coupées. On suppose que la cause première de sa mort fut cette hémorragie.
Les condamnés furent conduits à Hartheim (Linz), immédiatement gazés et brûlés. C’était le 20 mai 1942. Le Martyrologe le commémore sans doute par erreur au 20 avril.
Jakub Anastazy Pankiewicz fait partie des cent-huit Martyrs de Pologne sous le régime nazi, béatifiés en 1999.

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