Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
20 mai 2020 3 20 /05 /mai /2020 23:00

21 MAI

 

?

S Timotheus, diacre martyr en Mauritanie.

III.

Ss Polyeuktos, Victorius et Donatus (?), martyrs l’un à Césarée de Cappadoce, l’autre à Rome, le dernier en Afrique.

IV.

S Constantin, empereur, inséré en ce jour dans le calendrier d'Orient avec ste Hélène.

S Second, martyr des ariens à Alexandrie, avec beaucoup d’autres.

VI.

S Paterne, né en Armorique, moine au pays de Galles, premier évêque à Vannes ; mort un 15 avril ; ce 21 mai fut le jour d'une translation de ses reliques.

S Hospice, ermite près de Nice, doué du don de prophétie et de miracles.

S Manços, martyr à Elvira.

IX.

Ste Isbergue, patronne de l’Artois, peut-être sœur de Charlemagne.

? Ste Gisèle, fille de Pépin le Bref, restée fidèle au vœu de virginité malgré la demande en mariage de plusieurs souverains.

XI.

S Thibaud, évêque à Vienne ; dans un concile qu’il réunit, on punit les clercs mariés et l’on rappela aux prêtres l’obligation de porter le viatique.

XIV.

S Hemming, évêque à Turku, ami de ste Brigitte de Suède.

XVIII.

B Jean Mopinot (fr.Léon), frère des Ecoles Chrétiennes, martyr aux Pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XIX.

S Charles-Joseph-Eugène de Mazenod, réfugié en Italie pendant la Révolution, évêque à Marseille, fondateur des Oblats de Marie Immaculée, canonisé en 1995.

XX.

Bx Manuel Gomez González (*1877), religieux espagnol actif au Brésil, et Adílio Daronch (*1908), jeune laïc brésilien, martyrisés en 1924, béatifiés en 2007.

Bx moines de Tibhirine, retrouvés décapités en ce jour : les prêtres Paul Dochier (Luc), Christian Lemarchand (Bruno), Célestin Ringeard, le prieur Christian de Chergé, Christophe Lebreton (*1914, 1930, 1933, 1937, 1950) ; les frères Paul Favre-Miville et Michel Fleury (*1939, 1944) ; assassinés en 1996, ils furent tous béatifiés en 2018.

Timotheus de Maurétanie

?

 

De Timotheus, on ne connaît que le nom et sa qualité : il était diacre.

La Maurétanie est cette région d’Afrique du Nord qui couvrirait des territoires du Maroc et de l’Algérie.

Saint Timotheus de Maurétanie est commémoré le 21 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Polyeuktos de Césarée de Cappadoce

? 3e siècle

 

Il s’agit ici d’un Martyr historique, dont on ne connaît que le nom et le lieu de son martyre.

La ville de Césarée de Cappadoce est aujourd’hui Kayseri (Turquie centrale).

Il ne faut pas confondre ce Polyeuktos avec celui, bien plus célèbre, du 7 janvier.

Il est curieux que l’ancien Martyrologe mentionnait en même temps que Polyeuktos, un s.Victorius de Rome et un s.Donatus d’Afrique. Ces compagnons ne sont plus nommés dans l’actuelle version, même s’ils sont bien attestés historiquement.

Saint Polyeuktos de Césarée de Cappadoce est commémoré le 21 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Manços d’Elvira

VIe siècle

 

Manços (en latin Mancius), était probablement d’origine romaine. Il est peut connu et même un peu contesté, mais il fut tout de même assez célèbre pour qu’on lui dédicaçât une basilique construite sur son tombeau.

Il vivait à la fin du Ve siècle, et fut acheté comme esclave par des commerçants Juifs qui l’emmenèrent à Evora en Portugal. Là, il tomba entre les mains d’un maître qui détestait le christianisme et le fit mourir, au VIe siècle. 

Jusqu’ici vont les informations “historiques” fiables.

Il existe toutefois une autre tradition, qui ferait de saint Manços le premier évêque de Evora, et donc le fondateur de cette ville qui eut une histoire glorieuse, et une importance suffisante pour voir surgir en son centre des monuments maintenant classés au patrimoine mondial de l’UNESCO. Sa magnifique cathédrale est consacrée à Notre-Dame de l’Assomption.

Le Martyrologe Romain, qui mentionne Manços au 21 mai, ne parle pas de cet épiscopat, et pour cause : tandis que saint Manços est martyrisé au VIe siècle, on a la certitude de l’existence d’un évêché à Evora beaucoup plus tôt, puisqu’au concile d’Elvire en 303 est mentionné le nom de Quincianus, évêque à Evora.

Que le premier évêque d’Evora se soit peut-être déjà appelé Manços, on peut aussi le supposer, mais aucun document ne nous le prouve.

Il reste que Saint Manços est le patron principal de cette ville portugaise, qui est jumelée entre autres avec la ville française de Chartres, également dotée d’une magnifique cathédrale dédicacée à Notre-Dame.

 

 

Paterne de Vannes

† 511

 

Rien n’est impossible à Dieu (Lc 1:37). Qu’on s’imprègne de cette phrase de l’Ange, pour pénétrer dans l’histoire extra-ordinaire de Paterne.

Paterne (Patern, Padern) naquit en Bretagne Armorique de Petran et Guéan, des parents nobles et vertueux qui, après cette naissance, décidèrent de vivre dans la continence et de se consacrer à Dieu.

Petranus décida ensuite d’émigrer en Irlande, dans la pénitence. Plus tard, son fils voulut le rejoindre et, après avoir traversé le Pays de Galles, embrassa la vie monastique en Cardigan.

De fil en aiguille, Paterne devint le supérieur des moines de la région, et fit construire des monastères et des églises. On lui doit en particulier Llanbadarn Fawr ou «Grande église de Patern».

Il rendit visite à son père en Irlande, et profita de son passage pour réconcilier deux rois locaux.

Ensuite, il partit pour les Lieux saints, où le patriarche de Jérusalem le consacra évêque. Ainsi, le monastère de Llanbadarn Fawr devint le diocèse du nouvel évêque.

Vingt ans plus tard, lorsque le roi Caradoc se fut installé en Armorique et que les habitants de Vannes se furent soumis à lui, Paterne fut désigné pour devenir leur premier évêque (465). Il fut donc rappelé dans sa patrie et installé dans la ville. Cette même année fut d’ailleurs convoqué à Vannes un concile provincial, présidé par s.Perpetuus, archevêque de Tours (v. 30 décembre), au cours duquel fut entérinée la fondation de ce nouveau diocèse de Vannes et Paterne reconnu (et consacré) comme son premier évêque.

Paterne fonda bientôt un monastère près de Vannes ; il se lia d’amitié avec s.Samson de Dol (v. 28 juillet).

Sa douce patience vint à bout d’intrigues que lui suscitèrent de mauvaises langues. Mais pour la paix, il préféra se retirer et mourut ainsi hors de son diocèse, à une date imprécise qui pourrait aller de 490 à 511.

Historiquement parlant, on peut difficilement préciser les dates de notre personnage ; humainement parlant, on peut encore moins facilement admettre certaines incohérences : comment le papa, Petranus, nouveau Bouddha, a pu abandonner la jeune mère et son petit enfant ? comment le Patriarche de Jérusalem a pu consacrer évêque un homme qu’il ne connaissait pas et qui n’était probablement pas même encore prêtre ? et comment se fait-il que le pape n’ait apparemment pas même été informé de ces événements ? On pourrait aussi se demander si une vie humaine suffit à accomplir tant de voyages et tant de fondations comme en fit Paterne.

Il faut vraiment admettre que rien n’est impossible à Dieu. Paterne reçut-il directement sa mission d’En-haut, par quelque révélation ? 

Saint Paterne de Vannes, qu’il ne faut pas confondre avec son homonyme d’Avranches (v. 15 avril) est commémoré le 21 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Hospice de Nice

† 585

 

L’unique auteur qui a parlé de Hospicius est s.Grégoire de Tours (v. 17 novembre), contemporain de notre personnage.

Hospitius (Hospice) donc, était un ermite qui s’était fait enfermer dans une tour à quelque distance de Nice. Il se serra autour du corps des chaînes lourdes, qu’il couvrait avec un cilice rugueux. Son alimentation consistait en un peu de pain et quelques dattes ; ce festin étant trop riche, il le remplaçait en temps de Carême par des herbes qui lui arrivaient par quelque négociant d’Egypte : il en buvait l’eau de cuisson, puis il mangeait les herbes ensuite. Les ermites d’Egypte, paraît-il, consommaient les herbes en question, et cela faisait croire à certains habitants qu’Hospice était d’origine égyptienne.

Un homme aussi «original» ne pouvait rester ignoré ; on vint le voir, le questionner, lui demander de prier, de guérir des malades. Les miracles se multiplièrent : guérison d’un sourd-muet, d’un aveugle-né, de possédés. Humble et effacé, Hospice assurait que ces miracles étaient faits par Celui qui de rien a créé le monde.

Il eut le don de prophétie et annonça la prochaine invasion des Lombards, en punition de la dégradation de la piété dans la région. Il pressa même des moines qui vivaient non loin, de partir sans tarder, les rassurant que lui-même ne perdrait pas la vie lors de cette invasion.

En effet, quand les Lombards arrivèrent à la tour d’Hospice, ils crurent que cet homme couvert de chaînes était un brigand et voulurent le tuer ; le soldat qui leva son épée eut soudain le bras paralysé ; tandis que les autres fuyaient, Hospice guérit le soldat, qui se fit moine.

Hospice annonça sa mort trois jours avant l’événement ; il fit pratiquer une ouverture  à sa tour et fit appeler l’évêque pour venir l’enterrer. Au jour annoncé, Hospice retira ses chaînes, se prosterna longuement en prière, puis se coucha sur un banc ; c’est dans cette position qu’il mourut. Alors arriva l’évêque Austadius, qui lui donna la sépulture.

Cet évêque occupa le siège de Nice entre 581 et 585, ce qui permet de dater approximativement la mort d’Hospice.

Saint Hospice de Nice est commémoré le 21 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Thibaud de Vienne

927-1001

 

Thibaud (Theobaldus) vit le jour vers 927 à Tolvon (Voiron, ), d’un père de race franque et d’une mère parente du roi de Bourgogne.

Ce dernier, Conrad le Pacifique, l’entoura d’une grande amitié, l’aida et le forma comme un fils.

Lorsqu’en 957 le clergé de Vienne (Isère) ne réussissait pas à imposer son candidat au siège épiscopal, à cause de la bourgeoisie locale qui voulait imposer le sien, le roi proposa Thibaud, qui fut unanimement accepté.

A la mort de ses parents, il disposa de son important héritage en faveur des pauvres et s’empressa d’affranchir les serfs.

En 994, il fit réunir un concile près de Lyon, où l’on confirma les possessions des abbayes de Cluny et de Romans, on interdit aux clercs la pratique de la chasse, on dénonça les clercs mariés et on fit aux prêtres l’obligation de porter le viatique aux mourants.

Thibaud mourut en 1001 après quarante-quatre ans d’épiscopat.

Signalons qu’il fut l’arrière-grand-oncle de s.Thibaud de Provins, l’ermite commémoré le 30 juin.

Le culte de Thibaud de Vienne a été confirmé en 1903.

Saint Thibaud de Vienne est commémoré le 21 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Hemming de Abo

? - 1366

 

Hemming vit le jour dans la fin du 13e siècle à Abo (Balinge, Uppsala, Suède, auj. Turku, Finlande).

Après des études à Uppsala, il fut ordonné prêtre, puis envoyé compléter cette formation à Paris, où il connut le futur pape Clément VI. Il commença alors à se constituer une importante bibliothèque de théologie et de droit canonique.

En 1329, il fut nommé chanoine de la cathédrale d’Abo, et fut remarqué au point d’être choisi à l’unanimité des chanoines, pour devenir évêque, en 1338.

Hemming put accomplir un travail considérable dans son diocèse, qui en avait besoin : il créa la table épiscopale, développa l’enseignement dans les écoles, en particulier à l’intention des futurs prêtres. Il fit don à la cathédrale de sa bibliothèque et envoya ses meilleurs séminaristes étudier comme lui à Paris.

Il organisa des synodes pour reprendre toute la vie liturgique et spirituelle des diocésains.

En 1347, il vint à Paris sur invitation de sainte Brigitte (v. 23 juillet), rencontra Clément VI en Avignon pour le persuader de revenir à Rome, et proposa ses services pour rétablir la paix entre les deux rois de France et d’Angleterre.

Hemming mourut le 21 mai 1266, déjà honoré comme saint grâce aux nombreux miracles obtenus par son intercession. Toutefois, ces actes ayant été perdus, la canonisation fut lente. En 1514, on autorisa son culte ; l’actuel Martyrologe lui attribue le titre de Saint.

 

 

Jean Mopinot

1724-1794

 

Jean naquit à Reims le 12 septembre 1724.

Il entra chez les Frères des Ecoles Chrétiennes à Moulins en 1744, et prit le nom de Léon.

Arrêté dans la rafle générale des Religieux et des Prêtres au moment de la Terreur révolutionnaire, il se retrouva dans les cales d’un bateau négrier qui devait partir pour la Guyane, mais le bateau resta à Rochefort et les prisonniers moururent en grand nombre à la suite des mauvais traitements et des épidémies.  

Le frère Jean-Léon Mopinot était sur le «Les Deux Associés» et mourut sur l’Ile Madame (où l’on se débarrassait des mourants), le 21 mai 1794.

Il fut béatifié parmi une soixantaine d’autres Martyrs de la Révolution française, en 1995.

 

 

Eugène de Mazenod

1782-1861

 

Né le 1er août 1782 à Aix-en-Provence, Charles Joseph Eugène était le fils unique de Charles Antoine de Mazenod et de Marie Rose Eugénie de Joannis. Monsieur de Mazenod, comme son père, était président à la cour des comptes ; Madame était d’une riche famille de médecins.

Fuyant la Révolution, la famille fut à Nice, puis à Turin, Venise, Naples, Palerme. C’est à Venise qu’un prêtre sema dans le cœur de l’adolescent Eugène les germes de sa vocation.

Eugène n’avait pas de compagnons de son âge, et se trouva de plus séparé de sa mère, qui demanda le divorce pour recouvrer en France ses propriétés.

En 1802, Eugène put revenir en France. Il hésita un moment, à cause de deux projets de mariage, mais se décida fermement pour les études théologiques et entra à Saint-Sulpice à Paris en 1808.

Il refusa de recevoir l’ordination des mains de l’évêque établi par l’empereur, et fut ordonné par l’évêque d’Amiens, un ami de famille originaire de Marseille. Ce dernier lui proposait d’être son vicaire général, mais Eugène refusa humblement, désirant se consacrer uniquement aux pauvres.

Il revint en Provence en 1812. Au lendemain de la Révolution, le travail était immense.

Au commencement, Eugène fut frappé par l’épidémie de typhus qui sévit dans la région ; mais il surmonta la maladie.

En 1816, il fonda les Missions de Provence, pour évangéliser les populations. Eugène sut innover, pour se mettre vraiment à la disposition des gens : il leur parlait en provençal, il allait les visiter chez eux, à domicile. D’autres prêtres se joignirent à lui.

En 1823, à la tête du diocèse de Marseille, supprimé en 1790 et enfin rétabli, fut nommé évêque Fortuné de Mazenod, l’oncle d’Eugène, qui prit ce dernier pour vicaire.

Une crise traversa les Missions de Provence, et Eugène dut aller chercher auprès du pape l’approbation nécessaire pour consolider son Œuvre : ce fut le début d’une nouvelle congrégation, des Oblats de Marie Immaculée (OMI).

En 1837, Eugène succèda à son oncle, démissionnaire (il avait quatre-vingt-huit ans).

En 1841, déjà six Oblats partirent pour l’Amérique, sur l’invitation du jeune évêque de Montréal.

A Marseille où la population s’accroît très rapidement, Mgr de Mazenod créa vingt-et-une paroisses et fit construire trente-quatre églises.

En 1853, il posa la première pierre de la basilique Notre-Dame de la Garde.

La maladie le frappa début 1861. Il désirait mourir en pleine conscience. Doyen des évêques de France, il s’éteignit le 21 mai 1861.

Il fut béatifié en 1975, et canonisé en 1995.

Manuel Gómez González

1877-1924

 

Fils aîné de José Gómez Rodríguez et de Josefa González Durán, il naquit le 29 mai 1877 à As Neves (Tuy, province de Pontevedra en Espagne), et fut baptisé le lendemain. Selon l’habitude de l’époque, il reçut la confirmation l’année suivante.

Il fréquenta le petit séminaire de San Pelayo, passa au grand séminaire et fut ordonné prêtre en 1902.

D’abord vicaire dans sa propre paroisse natale, il obtint la permission d’être incardiné dans le voisin diocèse portugais de Braga, où il exerça le ministère sacerdotal à Notre-Dame di Extremo, puis à Monsão.

La persécution anticléricale qui sévissait alors au Portugal le poussa à demander de partir pour le Brésil (1913).

Après une brève période à Rio de Janeiro, il remplaça dans le Rio Grande do Sul un curé qui, originaire lui-aussi du diocèse de Braga, devait revenir au Portugal à cause de la santé de son père, puis il assista ce dernier à son retour, comme vicaire pendant plusieurs mois, après lesquels il fut nommé curé de Nonoai (1915).

C’était une paroisse immense, où Manuel organisa la catéchèse, et promut intensément la participation des fidèles à la sainte messe et aux sacrements, luttant contre l’indifférence et cherchant par tous les moyens à améliorer leurs conditions de vie.

Il subdivisa le territoire de sa paroisse en petites communautés, ouvrant une petite école dans son propre presbytère, où il instruisait gratuitement les enfants et les adolescents. Il construisit un four pour la fabrication des briques, construisit la maison paroissiale pour accueillir gratuitement les plus pauvres, promut la culture du riz et des pommes de terre, et restaura son église.

En huit années, il transforma l’aspect de sa paroisse. Ceux qui l’ont connus ont témoigné : il souffrait avec ceux qui souffraient, il faisait toujours le bien, il ensevelissait les morts et assistait les veuves. Il se soucia de protéger les Indiens.

On a un témoignage très intéressant des deux sœurs d’Adílio, ce jeune garçon qui fut martyrisé avec lui. L’une d’elles, Carmelinda, écrivit : “(Don Manuel) était très aimable et respecté de tous. On le considérait comme le personnage le plus important sur place. Il donnait des conseils, plein de charité, il enseignait à prier, à lire, à écrire. Ses Messes étaient très ferventes. J’y participais toujours avec ma famille.”

L’autre sœur, Zolmira, écrivait à son tour : “Don Manuel était très ami de ma famille. Lui et mon père étaient souvent en conversation. C’est lui qui me donna la première Communion. Tous les paroissiens l’admiraient, parce qu’il était l’une des rares personnes qui se souciaient des gens et instruisaient les fidèles. Don Manuel était sympathique, aimable, humble ; il avait de bons rapports avec tout le monde. C’était un travailleur, il allait partout juché sur son âne”.

Plusieurs fois don Manuel reçut la charge d’administrateur de la paroisse voisine de Palmeiras das Missões, près du fleuve Uruguay, tout près de la frontière argentine. Ce fut là l’occasion de son prochain martyre.

C’était en mai 1924 : l’évêque lui demanda d’aller visiter un groupe de colons brésiliens d’origine allemande. Après avoir célébré Pâques dans la paroisse de Nonoai, il entreprit le voyage en compagnie du jeune Adílio, sans trop se soucier des groupes révolutionnaires qui s’agitaient dans les environs.

Il s’arrêta d’abord à Palmeiras das Missões, pour y administrer les sacrements et rejoignit Colonia Militar, où il célébra la Messe le 20 mai 1924 : ce devait être sa dernière Messe.

On lui déconseillait de s’aventurer dans la forêt, mais son cœur brûlait d’aller porter la grâce divine à ces gens.

En cherchant son chemin, il rencontra quelques soldats qui, gentiment, lui proposèrent de l’accompagner ; c’était un piège. Manuel et son fidèle Adílio de seize ans furent conduits à un endroit isolé de la forêt, où les chefs militaires les attendaient.

Un témoin raconta : “Après moins d’une demi-heure, on entendit plusieurs coups de feu. Il était neuf heures du matin de ce mercredi 21 mai 1924. Nous nous demandions sur qui les soldats avaient pu tirer. Peu après, quand réapparurent les soldats, personne n’osait rien dire, par crainte des révolutionnaires, et encore moins aller voir dans la forêt ce qui s’était passé.

 C’est le lendemain soir que des jeunes virent arriver deux ânes seuls ; le paysan de l’endroit, qui ne les connaissait pas, commença par les chasser, et c’est alors qu’un autre paysan, monsieur Diesel, reconnut l’âne du père Manuel et du jeune Adílio. Sans perdre un instant, il enfourcha son cheval et courut demander à la paroisse de Trés Passos : Le père Manuel est-il arrivé pour dire la Messe ? On lui dit que non. On en déduisit alors qu’on l’avait abattu dans la forêt de Feijão Miúdo.”

 Effectivement, don Manuel et Adílio avaient été maltraités, puis attachés chacun à un arbre et fusillés en haine de la foi et de l’Eglise catholique.

Manuel et Adílio ont été béatifiés ensemble en 2007, et sont également nommés ensemble au Martyrologe du 21 mai.

 

 

Adílio Daronch

1908-1924

 

Ce jeune garçon brésilien était le troisième des huit enfants de Pedro Daronch et Judite Segabinazzi’s. Il était né le 25 octobre 1908 à Dona Francisca dans le Cachoeira do Sul (Rio Grande du Sud). La famille s’était transportée plusieurs fois, jusqu’à Nonoai en 1913.

Adílio était un de ces adolescents qui accompagnaient le Père Gonzalez dans ses longues visites pastorales, jusqu’aux Indiens de Kaingang d’où la famille était originaire. Il servait fidèlement la messe du Père Manuel, dont il avait reçu sa formation scolaire.

Quand le Père Manuel reçut la mission d’aller visiter des colons allemands établis non loin du fleuve Uruguay, il emmena avec lui son fidèle Adílio.

En route, il rencontra des révolutionnaires, qu’il exhorta au respect des autres, leur rappelant leur foi catholique commune. Mais un des extrémistes n’apprécia pas son discours, ni non plus le fait que Manuel donnait une digne sépulture aux victimes de ces bandes locales. 

Manuel et Adílio continuèrent leur route. On leur déconseilla de s’aventurer dans la forêt, mais Manuel désirait avant tout porter la Bonne Nouvelle, et brava le danger.

Ils rencontrèrent des militaires et leur demandèrent leur chemin. Ces derniers firent semblant de les guider et les conduisirent à un endroit isolé où les attendaient les chefs. On les malmena, on les attacha chacun à un arbre et ils furent ainsi fusillés en haine de la foi, le mercredi 21 mai 1924.

Fait surprenant : si les humains refusèrent le message de respecter les autres, la nature s’en chargea ; en effet, quatre jours après, les habitants de Très Passos retrouvèrent les deux corps des Martyrs encore intacts, sans qu’aucune bête de la forêt les eût touchés.

Adílio, en compagnie de son bien-aimé père Manuel, furent reconnus Martyrs, et béatifiés ensemble en 2007 ; le Martyrologe les commémore ensemble aussi le 21 mai.

 

Paul Dochier

1914-1996

 

Né le 31 janvier 1914 à Bourg-de-Péage (Drôme), Paul Gabriel Dochier était le troisième enfant d’une bonne famille. Le père, aprèus avoir vendu la petite entreprise de chaussures, vivait de ses rentes. Les frère et sœur de Paul s’appelaient André et Marthe.

En 1932, mourut André de tuberculose ; cet épisode marqua beaucoup le jeune Paul ;après le baccalauréat, il entra à la faculté de médecine.

En avril 1937, Paul vint vivre à l’abbaye cistercienne Notre-Dame d’Aiguebelle, dont l’Abbé lui conseillera d’achever d’abord ses études de médecine. En 1938, il passa l’internat puis commença le service militaire.

Affecté à Goulimine, dans le Sud marocain, il ne sera pas en France en 1940, lors de la mort de sa mère. Mais quand il put venir dans cette France occupée, il alla auprès de Marthe Robin, qui l’encouragea à embrasser la vie monastique.

En décembre 1941, il fut admis dans l’abbaye d’Aiguebelle d’abord comme oblat, puis comme novice de chœur. Désormais, il sera frère Luc (s.Luc, on le sait, était médecin, v. 18 octobre). En réalité, un an plus tard, frère Luc décidera de rester frère convers, assistant aux offices depuis les bancs des fidèles.

En 1943, il se porta volontaire pour remplacer un père de famille prisonnier en Allemagne, sacrifice qui lui donna l’occasion surprenante de retrouver là-bas son beau-frère, prisonnier depuis deux ans. Il rencontra - et soigna - aussi des officiers russes, particulièrement mal traités par les Allemands.

Quand il revint en France, en été 1945, il était lieutenant. Il assista au spectacle désolant de la maison familiale brûlée et rejoignit Aiguebelle. En 1946, il fit profession et partit pour Notre-Dame-de-l’Atlas à Tibhirine (Maroc).

Il y ouvrit un dispensaire pour accueillir les malades et les blessés de la région. C’était une nouveauté pour les Trappistes, qui d’habitude ne sortaient pas du cloître ; ce dispensaire les ouvrait alors au monde extérieur et favorisait des contacts chaleureux avec la population.

En 1949, frère Luc prononça les vœux solennels. Il fut désormais chargé de la cuisine.

Jusques là, la vie au monastère se déroulait dans une ambiance pacifique et fructueuse. Mais avec la guerre civile et les agitations politiques, tout allait basculer dans la tourmente et le chaos.

En 1959, première épreuve lourde pour frère Luc, qui fut enlevé pendant dix jours par des moudjahidines ; ce choc - le Frère a quarante-cinq ans - l’obligea à être soigné à l’hôpital d’Alger d’abord, puis en France. Certains moines quittèrent l’Algérie, puis le gouvernement imposa à la communauté de ne pas dépasser les treize membres (ils étaient une quarantaine) ; la quasi intégralité des terrains viticoles fut nationalisée, les moines ne conservant qu’une douzaine des quelque quatre-cents hectares de l’abbaye.

En 1975, frère Luc fut à nouveau soigné en France ; on discuta alors de la fermeture du dispensaire. Mais frère Luc «imposa» gentiment son point de vue, de par son âge et son expérience - il a alors la soixantaine, il est de loin le «doyen» de la communauté - ; et comme il parlait très bien l’arabe dialectal des villageois, il était très proche d’eux. Le dispensaire resta ouvert.

La vigile de Noël 1993, des islamistes firent irruption dans le monastère, puis repartirent après avoir échangé quelques paroles avec le Prieur, le p. Christian de Chergé.

On sait que les sept membres de cette petite communauté furent enlevés dans la nuit du 26 au 27 mars 1996.

La suite des événements concernant les sept Religieux de Tibhirine, reste mal connue. On retrouva leurs corps décapités non loin de Médéa (Algérie), le 21 mai 1996.

Reconnus comme Martyrs et béatifiés en 2018, ils seront mentionnés au Martyrologe le 21 mai.

 

 

Christian Lemarchand

1930-1996

 

Né le 1er mars 1930 à Saint-Maixent (Deux-Sèvres), Christian Lemarchand était le fils d’un officier ; et comme tous les officiers changent de domicile au gré de leurs mutations, Christian vivra en Syrie, au Tonkin, en Algérie.

En 1939, à Orléansville (auj. Chlef), il reçut la Première communion et la Confirmation.

En 1945, il fut pensionnaire à La Rochelle et fit partie de ces mouvements de la jeunesse catholique que furent les Cœurs Vaillants et la Croisade Eucharistique. C’est dans cette belle ambiance joyeuse et chrétienne que naquit sa vocation sacerdotale.

Après le Grand Séminaire, il fut ordonné prêtre en 1956. Il sera alors nommé professeur de français à Thouars (Deux-Sèvres), dans le collège Saint-Charles dont il sera successivement nommé directeur. C’est un homme très cultivé, délicat, réservé, mais aussi généreux : il veut que son collège soit accessible aux enfants de familles pauvres, qu’il admet gratuitement.

Mais le prêtre s’interrogeait sur son éventuelle admission dans un ordre monastique. L’abbaye bénédictine de Ligugé, en 1961, fut un échec. En 1963, il visita l’abbaye cistercienne de Bellefontaine, où il retourna chaque année à partir de 1966 pour une retraite.

En 1981, il commença le postulat à Bellefontaine avec le nom de Bruno, comme le Fondateur des Chartreux, s.Bruno (v. 6 octobre).

En 1984, il fit un premier séjour de quelques mois à l’abbaye cistercienne de Notre-Dame-de-l’Atlas (Tibhirine, Algérie), où il ira définitivement s’établir en 1988. L’année suivante, il prononça les vœux définitifs.

Toujours en 1989, il fit partie des Frères qui ouvrirent une petite communauté à Fès (Maroc) et dont il fut nommé Supérieur.

En mars 1996, il se rendit à Thibirine, où devait se dérouler l’élection du nouveau Prieur.

On sait que les sept membres de cette petite communauté furent enlevés dans la nuit du 26 au 27 mars 1996.

La suite des événements concernant les sept Religieux de Tibhirine, reste mal connue. On retrouva leurs corps décapités non loin de Médéa (Algérie), le 21 mai 1996.

Reconnus comme Martyrs et béatifiés en 2018, ils seront mentionnés au Martyrologe le 21 mai.

Une rue porte maintenant le nom de «l’Abbé Lemarchand» à Saint-Maixent.

 

 

Célestin Ringeard

1933-1996

 

Né le 29 juillet 1933 à Touvois (Loire-Atlantique), Célestin Ringeard fut mis en nourrice dès sa naissance, car son père était malade de la tuberculose (il devait mourir le mois suivant). Il avait une sœur aînée.

La famille avait une grande dévotion mariale, notamment lors de la fête de la Nativité de Marie, le 8 septembre. Cette date marquera plusieurs fois la vie de Célestin.

Après l’école primaire de Touvois, il fréquenta les Petits séminaires de Legé et Rezé, puis il commença la Grand séminaire à Nantes.

En 1957, il commença son service militaire à Rennes et fut bientôt envoyé à Saïda (Algérie), comme infirmier.

Lui et un autre infirmier eurent une attitude hautement courageuse en demandant de soigner dans leur infirmerie un officier du FLN blessé, au lieu de le laisser en prison. L’officier fut ainsi sauvé.

En 1959, Célestin réintégra le Grand séminaire et fut ordonné prêtre en 1960.

Il fut successivement professeur au Petit séminaire de Legé, vicaire de paroisse à Saint-Herbelain puis à Saint-Dominique (Nantes). Il se sentit spontanément attiré par les quartiers dits défavorisés, où sévissaient l’alcoolisme, la prostitution, la délinquance, jusqu’au jour où il quitta le ministère paroissial pour s’occuper uniquement de la «rue». Il anima un centre social pour les ex-prisonniers, il milita dans l’association Vie Libre pour accompagner et relever les Blessés de la Vie, comme les appela s.Jean-Paul II. Sa dernière épreuve fut le suicide d’un malheureux, homosexuel, qui l’avait appelé.

En 1983, après une longue retraite chez les Cisterciens de Bellefontaine, il y commença son noviciat le 8 septembre - une date de prédilection - et prononça les premiers vœux en 1985, encore le 8 septembre. Entre ces deux dates du noviciat, il se trouve que, le 8 septembre 1984, il eut un contact avec cet officier qu’il avait sauvé une trentaine d’années plus tôt.

En 1986, il partit pour intégrer la communauté cistercienne de Notre-Dame-de-l’Atlas (Tibhirine, Algérie), où l’avaient précédé deux autres membres de Bellefontaine, le Père Bruno et le frère Michel.

Il eut l’émouvante surprise d’être accueilli à Alger par l’officier dont on a parlé plus haut, qui tenait à venir le remercier.

Dans la communauté de Tibhirine, le p.Célestin s’occupa des chants, de l’orgue, de l’hôtellerie. Assez bavard de nature, il eut à combattre son penchant pour observer le silence. Mais surtout, sensible, il dut être soigné pour des malaises cardiaques ; ainsi, après une «visite» d’insurgés la veille de Noël 1993, il dut être opéré de six pontages à Nantes et sa convalescence se prolongea longtemps à Bellefontaine, avant son retour en Algérie six mois plus tard.

On sait que les sept membres de cette petite communauté furent enlevés dans la nuit du 26 au 27 mars 1996.

La suite des événements concernant les sept Religieux de Tibhirine, reste mal connue. On retrouva leurs corps décapités non loin de Médéa (Algérie), le 21 mai 1996.

Reconnus comme Martyrs et béatifiés en 2018, ils seront mentionnés au Martyrologe le 21 mai.

 

 

Christian de Chergé

1937-1996

 

Né le 18 janvier 1937 à Colmar (Haut-Rhin), Charles-Marie-Christian de Chergé faisait partie d’une fratrie de huit enfants, dont le père était militaire.

Comme tous les militaires, Monsieur de Chergé dut changer plusieurs fois de résidence. C’est ainsi que l’enfance de Christian se déroula en Alger, où son père était commandant. Déjà à cette époque se dessina la vocation de Christian.

Puis la famille s’installa à Paris. Les études de Christian furent très brillantes ; l’année de son baccalauréat, en 1954, il reçut le prix d’excellence. Parallèlement, le jeune garçon participait aux activités des Scouts.

En 1956, il entra au séminaire des Carmes à Paris.

En 1959, jeune officier, il sera envoyé en Algérie. Durant cette période, Christian faillit tomber dans une embuscade au détour d’une rue d’Alger. Une altercation avait éclaté, et un Musulman s’interposa pour le protéger ; or ce dernier était père de dix enfants - et fut retrouvé assassiné le lendemain matin. Ce fut une épreuve douloureuse pour Christian, qui en resta marqué toute sa vie.

En 1964, il fut ordonné prêtre à Paris et nommé chapelain à Montmartre.

En 1969, il choisit d’entrer chez les Pères Cisterciens (Trappistes). Il fit le noviciat à Notre-Dame d’Aiguebelle puis partit pour Tibhirine (Algérie), à l’abbaye Notre-Dame-de-l’Atlas.

Son engouement pour le dialogue avec l’Islam fut soutenu par ses Supérieurs et il fut envoyé à Rome, de 1972 à 1974, à l’Institut d’Islamologie des Pères Blancs : il y approfondit la culture et la langue arabes.

En 1979, il fonda le groupe Ribât-el-Salâm (Le Lien de la paix), où les membres arabes et chétiens pourraient échanger et prier ensemble.

En 1984, l’abbaye de Tibhirine fut réduite à un simple prieuré : le gouvernement algérien en effet imposa à la communauté de ne pas dépasser les treize membres (ils étaient une quarantaine) et nationalisa la quasi totalité du terrain viticole. Le prieur fut alors le père Christian.

Durant les années de son priorat, le père Christian favorisera les rencontres amicales entre Musulmans et Chrétiens.

Un premier incident grave survint la nuit de Noël 1993, lorsque quelques hommes, armés, pénétrèrent de force dans les bâtiments des Pères. Ils eurent un bref échange avec le père Christian. Rien d’autre ne se passa ensuite - à part la tension dans laquelle les moines vécurent désormais, jusqu’au mois de mars 1996.

On sait que les sept membres de la communauté furent enlevés dans la nuit du 26 au 27 mars 1996, par un groupe d’une vingtaine d’hommes qui se disaient envoyés par le Groupe Islamique Armé (GIA).

La suite des événements concernant les sept Religieux de Tibhirine, reste mal connue. On retrouva leurs corps décapités non loin de Médéa (Algérie), le 21 mai 1996.

Reconnus comme Martyrs et béatifiés en 2018, ils seront mentionnés au Martyrologe le 21 mai.

 

 

Paul Favre-Miville

1939-1996

 

Né le 17 avril 1939 à Vinzier (Haute-Savoie), Paul Favre-Miville était le fils d’un forgeron. La maman tenait le café-tabac du pays. Il avait également trois sœurs.

Membre de la Jeunesse Agricole Catholique (JAC) et collégien à Thonon-les-Bains, il obtint son Brevet puis aida son père à la forge.

En 1959, il partit au service militaire en Algérie et fut sous-lieutenant parachutiste.

Ensuite, il suivit une formation professionnelle et devint un excellent plombier.

Fidèle à la Foi reçue dans sa jeunesse, il participait à la vie paroissiale, dans la chorale, dans les pèlerinages à Lourdes, en Terre Sainte, à Tamanrasset où est enterré le Bienheureux Charles de Foucauld (v. 1er décembre). Il fut pompier bénévole et conseiller municipal.

En 1984, après la mort de son père, il entra comme frère convers chez les Pères Trappistes à Notre-Dame de Tamié.

En 1989 il fut envoyé à Tibhirine, où il fit la profession en 1991.

On le disait «serviable et ami de tous» ; il l’était en effet déjà par ses dons en mécanique, mais aussi par sa disponibilité au potager. Il installa le système hydraulique du village.

Tandis que la tension montait en Algérie, le Frère Paul fit un dernier voyage en France en mars 1996, où il acheta des pelles pour le monastère, ce qu’il commentait avec humour disant que c’était «pour creuser (leurs) tombes».

A son retour le 26 mars, il fut enlevé le soir même avec les six autres membres de la communauté de Tibhirine, par un groupe se réclamant du GIA. La suite des événements concernant les sept Religieux de Tibhirine, reste mal connue. On retrouva leurs corps décapités non loin de Médéa (Algérie), le 21 mai 1996.

Il semble que le frère Paul avait reçu une balle dans la tête.

Reconnu comme Martyr ainsi que ses six Frères, il fut béatifié avec eux en 2018 et sera mentionné avec eux au Martyrologe le 21 mai.

 

Michel Fleury

1944-1996

 

Né le 21 mai 1944 à Sainte-Anne-sur-Brivet (Loire-Atlantique), Michel Fleury était d’une famille paysanne et travailla aux champs jusqu’à dix-sept ans.

Il passa ensuite neuf années à étudier au séminaire.

A vingt-sept ans, il fit partie de la communauté du Prado, dont l’esprit était de faire travailler des prêtres et des religieux en milieu ouvrier, pour y pratiquer un fécond apostolat. Michel fut ainsi ouvrier fraiseur à Lyon, puis Paris, ensuite à Marseille.

Successivement, il connut en 1980 les Pères Trappistes de Notre-Dame de Bellefontaine, où il entendit l’appel à faire partie de la communauté de Tibhirine (Algérie), en 1984.

Michel était cet homme discret, effacé même, qui aimait le silence, le travail au service des autres.

A Tibhirine, il fut cuisinier, et sut se mettre sans cesse au service de tous les Frères, se faisant efficace dans mille tâches quotidiennes, toujours avec le sourire.

Il fit la profession en 1986.

On sait que les sept membres de cette petite communauté furent enlevés dans la nuit du 26 au 27 mars 1996. Sur la route où ils furent enlevés, on retrouva l’habit monastique du frère Michel.

La suite des événements concernant les sept Religieux de Tibhirine, reste mal connue. On retrouva leurs corps décapités non loin de Médéa (Algérie), le 21 mai 1996, jour anniversaire du Frère.

Reconnus comme Martyrs et béatifiés en 2018, ils seront mentionnés au Martyrologe le 21 mai.

 

 

Christophe Lebreton

1950-1996

 

Il semble bien que l’orthographe Le Breton soit erronée.

Né le 11 octobre 1950 à Blois (Loir-et-Cher), Christophe Lebreton était le septième d’une fratrie de douze enfants, sept garçons et cinq filles.

Entré au Petit séminaire dès la sixième, il passa le baccalauréat en juin 1968, dans un climat de très grande instabilité politique et sociale en France.

Il n’entra pas au Grand séminaire, mais fit des études de Droit, abandonnant même toute pratique religieuse. Il éprouva même des sentiments d’amour envers une jeune fille, qui cependant ne lui répondit pas.

Mais ce n’était pas une rupture totale avec Dieu ; Christophe s’engagea dans les camps d’été d’Emmaüs, l’œuvre de l’Abbé Pierre. Et surtout, grâce à un prêtre de Tours - où Christophe était surveillant dans le Petit séminaire - il connut et aima les écrits du bienheureux Charles de Foucauld (v. 1er décembre). C’est ainsi que peu à peu, il prit conscience de sa vraie vocation : suivre Jésus et témoigner.

Il fit son service militaire au titre de la coopération en Algérie ; en Alger, il fit de l’enseignement auprès des enfants d’un quartier pauvre ;  il découvrit bientôt la communauté des pères Trappistes de Tibhirine ; désormais il restera très attaché à cette terre africaine.

En 1974, il commença le noviciat chez les Pères Trappistes de Tamié et l’achèvera à Tibhirine ; mais c’est à Tamié qu’il fera la profession en 1980.

Son Supérieur l’envoya alors faire une année d’apprentissage à Troyes, pour y apprendre le métier de menuisier ; puis il sera affecté à l’hôtellerie du monastère des Dombes. Jusques là, Christophe n’envisageait pas le sacerdoce ; il en prit conscience peu à peu et commença sa préparation.

C’est alors qu’il se porta volontaire pour rejoindre la communauté de Tibhirine, en 1987.

En 1990, il reçut le sacerdoce et sera bientôt nommé père-maître des novices et sous-prieur de la communauté. En même temps, il était chargé de la liturgie et du jardin, et c’est dans ce jardin qu’il développa son esprit de dialogue, avec les «frères musulmans» qui y travaillaient.

On a sur le frère Christophe un témoignage de première main sur ses sentiments et sa réflexion, dans son propre Journal ainsi que dans les Poèmes qu’il écrivit.

En décembre 1993, des Chrétiens croates furent assassinés à proximité du monastère de Tibhirine ; la nuit de Noël suivante, des islamistes armés - les moines les appelaient les frères de la montagne - s’introduisirent dans le monastère et échangèrent quelques paroles avec le Supérieur, puis s’en allèrent. Le frère Christophe s’était pendant ce temps réfugié avec un autre frère dans une cave. Cette expérience le fit réfléchir et l’aida à s’offrir totalement à Dieu, jusqu’au sacrifice s’il le fallait.

On sait que les sept membres de cette petite communauté furent enlevés dans la nuit du 26 au 27 mars 1996.

La suite des événements concernant les sept Religieux de Tibhirine, reste mal connue. On retrouva leurs corps décapités non loin de Médéa (Algérie), le 21 mai 1996.

Reconnus comme Martyrs et béatifiés en 2018, ils seront mentionnés au Martyrologe le 21 mai.

Partager cet article

Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de samuelephrem
  • : Plus de 9000 notices de Bienheureux et Saints. Ont été successivement illustrés : - Les personnages bibliques de l'ancien et du nouveau Testaments. - Tous les Saints et Bienheureux reconnus, depuis les débuts de l'Eglise jusqu'aux derniers récemment proclamés. En outre, des commentaires pour tous les dimanches et grandes fêtes (certains devant être très améliorés). Sur demande, nous pourrons vous faire parvenir en plusieurs fichiers pdf l'intégralité du Bréviaire romain latin, "LITURGIA HORARUM", qui vous permettront d'éviter beaucoup de renvois fastidieux, notamment pour les périodes de Noël et Pâques. Les textes sont maintenant mis à jour selon le nouveau texte de la Nova Vulgata (ed. 2005). Nous avons aussi le Lectionnaire latin pour toutes les fêtes du Sanctoral, sans renvois, également mis à jour selon le texte de la Nova Vulgata. Bienvenue à nos Lecteurs, à nos abonnés, avec lesquels nous entamerons volontiers des échanges. Bonne visite !
  • Contact

Recherche

Pages

Liens