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21 mai 2020 4 21 /05 /mai /2020 23:00

22 MAI

 

II.

S Marcien, évêque à Ravenne.

III.

Ss Castus et Æmilius, martyrs par le feu en Afrique, après avoir apostasié une première fois.

IV.

S Basiliskos, évêque martyr à Comana.

S Ausonius, premier évêque à Angoulême.

?

Ss Faustin et Vénuste, martyrs en Afrique.

Ste Hélène, vierge à Auxerre.

V.

Ste Quiterie, vierge très mal connue, martyrisée et vénérée à Aire-sur-l’Adour.

VI.

B Romain, compagnon de s. Benoît ; on ne sait s’il faut le distinguer d’un s. Romain, abbé de la région d’Auxerre à la même époque.

Ste Iulia, vierge crucifiée en Corse, dont elle est patronne ainsi que de Livorno (VII.?).

VII.

S Loup, évêque à Limoges, désigné par Clotaire II après qu’il en eut guéri le fils.

IX.

S Aigulphe, évêque à Bourges.

X.

S Giovanni, abbé à Parme.

XII.

S Atton, espagnol ou toscan, supérieur de l‘ordre de Vallombreuse et évêque à Pistoia.

S Foulques, pèlerin anglais mort incognito près de Aquino, mais qui apparut ensuite et se fit transférer ailleurs. 

XIV.

Ste Rosanna !Umiltà), veuve et recluse, puis abbesse de l’ordre de Vallombreuse à Faenza.

XV.

Ste Rita de Cascia (Margherita Lotti), patronne des causes désespérées, “la sainte de l'impossible” ; elle pardonna aux assassins de son mari et obtint de Dieu la mort de ses deux fils plutôt que de les voir se venger ; enfin augustine, elle finit sa vie dans l’épreuve presque constante.

XVI.

B John Forest, franciscain anglais martyr, brûlé vif.

XVII.

Bx Pedro de l’Assomption, franciscain, João Baptista Machado, jésuite, prêtres martyrs au Japon.

XIX.

Ss Micae Ho Dính Hy, mandarin annamite et catéchiste, et Laurensô Ngôn, paysan tonkinois, martyrs canonisés en 1988 et fêtés le 24 novembre.

Bse Maria Domenica Brun Barbantini, italienne, veuve après six mois de mariage, fondatrice de la pieuse union des Sœurs de la Charité au service des malades ; béatifiée en 1995.

XX.    

Bx Francisco Salinas Sánchez et José Quintas Durán (*1914), laïcs espagnols, martyrisés en 1938 près de Grenade, béatifiés en 2017.

Castus et Æmilius  en Afrique

† 250

 

L’évêque de Carthage s.Cyprien (v. 14 septembre) a connu ces deux Martyrs et en a fait l’éloge.

Dans un premier temps, Castus et Æmilius cédèrent à la chaleur des flammes et apostasièrent. Se resaisissant, ils réaffirmèrent leur foi et, à nouveau soumis aux flammes, persévérèrent jusqu’à la mort.

Comme la grâce de Dieu est puissante ! Voici deux apostats qui retrouvent la Vérité et pour elle acceptent librement la mort. Comme leur exemple est réconfortant pour tous les pécheurs !

S.Cyprien ne dit pas qu’ils furent martyrisés à Carthage, mais en Afrique, et bien probablement au moment de la persécution de Dèce, vers 250.

Saints Castus et Æmilius sont commémorés le 22 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Basiliskos de Comana

† 308

 

Basiliscos était évêque à Comana, dans cette ville où devait mourir s.Jean Chrysostome en 407 (v. 14 septembre).

De cette ville (Pont, act. proche de Tokat, Turquie CN), il ne reste que quelques ruines.

Un des supplices imposés à Basiliskos consista à lui faire enfiler des chaussures garnies de clous rougis au feu. Il fut ensuite décapité et jeté à la rivière.

C’était sous l’empereur Maximien, vers 308.

Saint Basiliskos de Comana est commémoré le 22 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ausonius d’Angoulême

4e siècle

 

Ausonius est traditionnellement considéré comme le premier évêque d’Angoulême.

On le situe au 4e siècle.

On aimerait bien savoir quelque chose sur un Fondateur d’Eglise comme lui, mais les documents manquent tout-à-fait. 

Saint Ausonius d’Angoulême est commémoré le 22 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Quiterie d’Aire-sur-l’Adour

† 5e siècle

 

Les récits un peu tardifs concernant Quiterie ne présentent pas vraiment tous les gages d’une réelle authenticité. L’historicité de Quiterie cependant reste fondamentale.

Elle aurait été la fille d’un roi d’on ne sait quel royaume, de nom Cattilius, et d’une mère nommée Calsia, qu’on fait descendre de Julien l’Apostat, alors que ce dernier mourut sans aucune postérité.

Devenue chrétienne à treize ans, sur une révélation d’un ange, Quiterie refusa l’offre de mariage qu’on lui proposait avec un certain Germanus, et s’enfuit, toujours guidée par son ange.

Elle crut trouver refuge dans le royaume de Lentinianus, mais ce roi arien la fit jeter en prison. Il semble difficile de croire que c’est l’ange qui l’ait guidée dans cette direction.

De sa prison et par sa prière, Quiterie opéra plusieurs prodiges, qui lui obtinrent la liberté.

Mais le fiancé éconduit réussit à retrouver notre Héroïne et la fit décapiter.

Ce pouvait être vers la fin du 5e siècle, en même plus précisément en 477.

Une source miraculeuse jaillit au tombeau de Quiterie, dans un faubourg d’Aire-sur-l’Adour.

Sainte Quiterie d’Aire-sur-l’Adour est commémorée le 22 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Iulia de Corse

7e siècle

 

Les plus anciens documents mentionnent sainte Julie en Corse.

Peu à peu, elle devint martyre, et même crucifiée.

Les moines qui recueillirent son corps sur l’île Gorgona, trouvèrent près d’elle un manuscrit rédigé par les anges, racontant sa vie, son martyre et son agonie. Mais pourquoi les bons moines n’ont-ils pas conservé un document si précieux et si rare ?

Il pourrait être probable que Julie fût originaire de Carthage (Tunisie) et réduite en esclavage lors d’une invasion des Perses (616) et vendue à un négociant oriental. Par la suite, ce négociant s’en serait «débarrassé» en Corse du Sud, où des brigands la firent mourir.

Sainte Julie est la patronne de la Corse.

Sainte Iulia est commémorée le 22 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Loup de Limoges

† 632

 

On ne connaît pas l’origine et l’adolescence de ce Lupus.

Il appartint à cette communauté de prêtres chargés d’honorer les reliques de s.Martial (v. 30 juin) à Limoges.

En 614, c’est lui qui fut choisi pour occuper le siège épiscopal de Limoges, et voici comment.

A la mort de l’évêque Ferréol, clergé et peuple proposèrent au roi Clotaire II trois prêtres dont le prêtre Loup.

Au même moment, le fils de Clotaire fut très gravement malade, et un songe révéla à la reine que l’enfant serait guéri par un prêtre de Saint-Martial : Loup était tout désigné. Non seulement il guérit l’enfant, mais le roi voulut le remercier en le désignant pour l’épiscopat de Limoges, malgré les protestations de Loup.

Il fut donc consacré, en 614.

C’est Loup qui signa la charte de fondation de l’abbaye de Solignac (631).

Loup mourut vers 632 et les miracles se multiplièrent par la suite.

Durant la Révolution française, la châsse contenant le corps de s.Loup, fut détruite, mais le chef et un bras furent sauvés.

Saint Loup est commémoré le 22 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Giovanni de Parme

† 990

 

Giovanni était né à Parme de famille noble.

Devenu chanoine de la cathédrale de Parme, il fit plusieurs fois le pèlerinage en Terre Sainte, et c’est à Jérusalem qu’il reçut l’habit bénédictin.

L’évêque de Pavie le rappela pour être le premier abbé du nouveau monastère Saint-Jean, fondé en 983, en présence de s.Mayeul, l’abbé de Cluny (v. 11 mai). Ce dernier put faire part à Giovanni de son expérience : l’abbé devait désormais être élu, et non nommé ; en même temps, on luttait ainsi contre la simonie et contre les ingérences externes. 

Ce monastère de Parme est connu (aussi) pour sa pharmacie.

Giovanni le gouverna pendant sept années, au terme desquelles il s’endormit en paix, en 990.

Saint Giovanni de Parme est commémoré le 22 mai dans le Martyrologe Romain.

Rosanna (Umiltà) Negusanti

1226-1310

 

Rosanna Negusanti vit le jour à Faenza (Ravenne, Emilie-Romagne, Italie NE) de nobles parents, Elimonte et Richelda.

Tandis que les parents cherchaient à l’habiller avec élégance, Rosanna préférait donner aux pauvres ce qu’elle avait et s’occuper à la prière. Elle eut une précoce dévotion envers l’Evangéliste Jean.

Elle avait quinze ans à la mort de son père. 

Quand l’empereur Barberousse occupa Faenza, un de ses proches demanda la main de la belle Rosanna, mais il obtint une claire fin de non-recevoir ; ensuite, Rosanna fit plaisir à sa mère en épousant à seize ans un certain Ugonotto dei Caccianemici, et mit au monde deux bébés qui moururent très vite. Elle-même proposa, en vain, à son mari une séparation corps et biens, mais ce furent les médecins à conseiller vivement à Ugonotto la continence absolue.

Après la mort de sa mère, Rosanna convainquit enfin son mari à entrer, comme elle, dans la vie religieuse. Ils entrèrent au double couvent de Sainte-Perpétue, aux environs de Faenza. Rosanna s’appela désormais Umiltà. Ugonotto mourra en 1256.

Umiltà eut alors la grâce de guérir, dit-on, miraculeusement, d’une grave maladie puis, en 1254, se retira près du couvent de Saint-Apollinaire, sous la règle de s. Giovanni Gualberto (v. 12 juillet), une règle austère inspirée de la bénédictine ; elle vécut donc là en recluse dans une petite cellule, pendant douze années, vivant dans la prière et le jeûne, donnant quelques conseils à ceux qui les lui demandaient.

D’autres femmes voulurent l’imiter et se placer sous sa direction. L’évêque lui conseilla alors de fonder un monastère (1266) ; obéissante, Umiltà réunit ses neuf Compagnes dans un ancien monastère proche de Florence, où elle dut être l’abbesse : elle se retrouvait mère, montrant toute sa douceur et sa sagesse pour guider les Religieuses sur la voie de la sainteté. Le monastère vivait selon la même règle de Giovanni Gualberto, le règle dite de Vallombreuse. Il y eut une autre fondation à Florence en 1281.

Umiltà eut l’occasion de multiplier le pain, un jour où la communauté allait en manquer.

Elle mourut le 22 mai 1310, à un âge fort avancé.

Son corps, quoiqu’enseveli dans la terre nue, fut retrouvé absolument intact l’année suivante.

Le culte qui s’est développé très rapidement, fut confirmé en 1720. En 1942, Umiltà fut déclarée co-patronne de Faenza.

 

 

Rita Lotti

1381-1457

 

Fille d’Antonio Lotti et d’Amata Ferri, Rita naquit à Roccaporena près de Cascia (Ombrie, Italie). Son nom est bien probablement le diminutif de Margherita.

On dit qu’à sa naissance un essaim d’abeilles aurait virevolté autour d’elle sans lui faire aucun mal.

Les parents de Rita étaient estimés pour leur esprit de conciliation, car ils savaient répandre la concorde dans ces temps où les factions et les vengeances étaient fréquentes.

Particulièrement Rita eut à épouser un brave jeune homme, Paolo Mancini, d’où  leur naquirent deux jumeaux, Giacantonio et Paolo Maria. Or, le papa, Paolo, fut un jour abattu dans une de ces rixes de villages et les deux garçons, en grandissant, montrèrent leur désir de venger leur père. C’est là que Rita se montra mère exemplaire et respectant Dieu par-dessus toutes choses : elle pria Dieu de lui enlever ses deux garçons plutôt que de les voir devenir assassins, ce que Dieu lui accorda. En effet, en peu de temps ces deux garçons moururent coup sur coup de la peste.

Rita était désormais libre de se consacrer, comme elle en avait le désir. Mais les Augustines de Cascia ne l’acceptèrent pas, car elle était veuve, et cela n’était pas admis. En outre, le monastère craignait des représailles de l’un ou l’autre des clans impliqués dans l’assassinat de Paolo, et imposèrent à Rita comme condition d’admission, de s’engager à réconcilier les deux factions.

Elle y réussit, quoique avec mainte difficulté. D’autres sources prétendent que son introduction dans le monastère advint par intervention céleste, les saints Jean-Baptiste, Augustin et Nicola de Tolentino ayant ensemble introduit Rita à l’intérieur de la clôture du monastère. Pourquoi pas ? 

Très soumise à la règle, elle montra une grande sainteté par sa prière et sa mortification. Elle obtint de participer à la Passion du Seigneur en recevant sur le front une plaie due à la couronne d’épines qu’elle portait dès lors invisiblement. Pour cette raison, ses consoœurs l’isolèrent complètement, pour éviter l’odeur fétide qui se dégageait de cette plaie.

Rita ne s’en émut pas. Elle approfondit sa vie intérieure et se sanctifia. Elle eut aussi le don des miracles, qui la rendirent célèbre malgré elle.

En 1450 elle eut la joie de participaer au pèlerinage à Rome, à l’occasion du Jubilé proclamé par le pape. 

Consommée en vertus et en sainteté, elle s’éteignit le 22 mai 1457, et elle continua de manifester sa sainteté par des miracles nombreux.

Rita de Cascia est invoquée comme l’avocate des causes désespérées, mais également contre la petite vérole. Sur la base de récentes analyses scientifiques, on a cru pouvoir déceler sur son front les traces d’une ostéomyélite, et sur son pied les signes de quelque maladie douloureuse comme la sciatique, dont elle souffrit beaucoup les dernières années de sa vie.

 Béatifiée en 1627, elle sera canonisée en 1900, et inscrite au calendrier universel de l’Eglise catholique par saint Jean-Paul II.

 

 

John Forest

1471-1538

 

John vit le jour en 1471 dans les environs d’Oxford et entra en 1491 dans l’Ordre des Frères Mineurs franciscains de l’Observance, à Greenwich, un monastère accolé au Palais Royal, et devint par là le confesseur de la reine Catarina d’Aragon.

En 1500, il se retrouva à Oxford pour d’autres études de théologie. On ne sait s’il poursuivit ces études jusqu’au doctorat. En 1525, il était très probablement provincial pour son Ordre, d’après les mesures qu’il prit contre certains religieux récalcitrants.

Dès 1531, les Franciscains furent l’objet de la haine du roi, à cause de leur prise de position contre son divorce et son inclinaison vers le Protestantisme.

En novembre 1532, John exposa clairement à l’ambon les projets du roi de supprimer l’Ordre en Angleterre et de répudier Catarina pour épouser Anne.

Au début de 1533, il y eut une tentative de «réconciliation» entre lui et le roi, mais le père John fut arrêté en 1533, enfermé à Newgate et condamné à mort, l’exécution de la sentence restant encore suspendue.

En 1534, l’Ordre franciscain de l’Observance fut effectivement supprimé, et les Religieux dispersés dans d’autres couvents. John fut même relâché ; en 1538 il fut confiné dans une autre communauté franciscaine à Smithfieldx (Londres), puis dans le nord du pays.

Mais il fut à nouveau mis en prison à Newgate, pour son refus de reconnaître la suprématie du roi sur l’Eglise, avec d’autres Frères. On lui permit toutefois de célébrer la Messe et d’entendre des confessions. Il put ainsi rester en communication avec la reine ; mais il commit aussi l’imprudence de publier un petit traité sur l’autorité suprême du pape. Le père Forest fut dénoncé au roi, encore une fois.

Le 8 avril 1538, on le somma encore d’abjurer, ce qu’il refusa de faire. On décida alors de procéder à l’exécution de la sentence de 1533.

On voulut même obtenir de Cromwell l’exécution immédiate du Religieux. Un évêque fut désigné pour exhorter la victime (et la foule) à «abjurer» à l’endroit de la potence, mais John refusa ; il fut martyrisé à Smithfield (Londres), le 22 mai 1538. D’abord torturé pendant deux heures, il fut jeté aux flammes, ainsi que le gibet auquel il était pendu.

On raconte (?) qu’on avait apporté sur le bûcher une très ancienne statue provenant de l’église de Llanderfel (Pays de Galles) et qu’ainsi s’était réalisée une prophétie, selon laquelle cette statue aurait «mis le feu à une forêt». Ainsi mourut le père Forest, en martyr.

Le culte qu’on lui rendait fut confirmé en 1886, avec valeur de béatification.

 

 

Pedro de l’Assomption

1570-1617

 

Pedro était né vers 1570 à Cuerba (Tolède, Espagne).

Il entra chez les Frères Mineurs Alcantarins.

Envoyé aux missions du Japon en 1608, il fut Gardien du couvent de Nagasaki.

Son arrestation advint par ruse, lorsqu’un fonctionnaire de Nagayo (Ōmura) feignit de vouloir se confesser.

En prison, il vit arriver le père João Baptista Machado et voulut embrasser ses pieds. Ce geste était d’autant plus humble et convaincu que, précédemment, il y avait eu de petites «rivalités» entre les Franciscains et les Jésuites. Les hommes sont des hommes et même en pays de mission et en temps de persécution, ils peuvent céder à des sentiments humains.

On attendait la sentence : elle arriva le 21 mai. Or, depuis Pentecôte, les deux prêtres avaient pu célébrer chaque jour la Messe, mais ce matin-là, Pedro dit à João : Nous ne célébrerons plus beaucoup de Messes… Et le lendemain, 22 mai : Ça va être notre dernière Messe. Effectivement, quelques heures après, on vint leur annoncer la sentence de mort.

Les deux prêtres chantèrent le Te Deum, se confessèrent l’un à l’autre et prièrent. Durant la longue marche vers Kōri (Ōmura, Nagasaki), où ils allaient être suppliciés, ils continuèrent de prêcher à la foule. João portait un crucifix et son bréviaire. Arrivés à l’endroit, le soldat - un certain Damianus, chrétien - proposa un coussin aux deux victimes ; Pedro lui dit : Maintenant, la poussière retourne à la poussière. 

Au moment de son supplice, Pedro déclara avoir demandé cette grâce du martyre. Il fit un geste pour demander le silence : il voulait parler de la tolérance, mais son discours commençait déjà d’être trop long, et les bourreaux s’impatientaient.

Les deux prêtres s’embrassèrent et s’agenouillèrent, présentant leur cou aux bourreaux. La tête de Pedro tomba dès le premier coup.

Ce martyre eut lieu à Kōri (Ōmura, Nagasaki) le 22 mai 1617.

Pedro a été béatifié parmi deux-cent cinq Martyrs du Japon, en 1867.

 

 

João Baptista Machado de Távora

1580-1617

 

João Baptista était né vers 1580 à Angra do Heroismo (Terceira, Açores, Portugal), de noble famille.

Il n’avait pas sept ans qu’entendant parler du Japon, il exprima son désir d’aller y parler du Christ.

Il entra à seize ans chez les Jésuites de Coimbra et partit en 1600 pour Macao, où il acheva ses études et fut ordonné prêtre.

Envoyé au Japon en 1609, il apprit la langue, dans laquelle il put s’exprimer étonnamment bien et travailla infatigablement dans la région de Kyōto ; mais en 1614 sortit une loi qui interdisait à tout étranger de rester dans le pays. Loin de s’en inquiéter, il se réfugia dans la clandestinité pour continuer son apostolat. Il se replia sur Nagasaki et de là gagna les îles de Gotoh, qui représentaient un refuge idéal pour les Chrétiens. Le père João Baptista y opéra, dit-on, plusieurs guérisons miraculeuses. 

C’est en avril 1617 qu’il fut arrêté, non loin d’Ōmura, sur l’ordre d’un apostat qui était lui-même le petit-fils du premier seigneur japonais converti (Bartolomæus Ōmura Sumitada). Les soldats qui arrêtèrent le père lui avouèrent qu’ils étaient tous catholiques, mais que c’était par crainte pour leur vie et celle de leurs familles, qu’ils obéissaient aux ordres du seigneur.

Le bateau ne put partir tout de suite à cause du vent contraire ; le père en profita pour célébrer chaque jour la Messe, ce qui permit à de nombreux fidèles de venir se confesser et de communier. Le 29 avril, on put lever l’ancre : durant la traversée, les soldats se confessèrent. Arrivés au port d’Ōmura le soir, le père fut conduit en prison dans une véritable procession aux flambeaux, comme Jésus lors de son arrestation à Gethsémani.

En prison, il retrouva le père jésuite Pedro de l’Assomption, qui voulut lui baiser les pieds respectueusement, mais João l’en empêcha ; il continuait de catéchiser les prisonniers, d’écrire des billets aux autres missionnaires et aux Chrétiens. Des Chrétiens qui avaient précédemment apostasié vinrent se confesser.

On attendait la sentence : elle arriva le 21 mai. Or, depuis Pentecôte, les deux prêtres avaient pu célébrer chaque jour la Messe, mais ce matin-là, Pedro dit à João : Nous ne célébrerons plus beaucoup de Messes… Et le lendemain, 22 mai : Ça va être notre dernière Messe. Effectivement, quelques heures après, on vint leur annoncer la sentence de mort.

João Baptista déclara alors qu’il avait vécu trois grands jours dans sa vie : celui où il entra dans la Compagnie de Jésus, celui où il fut condamné à mort, et maintenant celui où il allait mourir pour l’amour de Jésus. 

Les deux prêtres chantèrent le Te Deum, se confessèrent l’un à l’autre et prièrent. Durant la longue marche vers Kōri (Ōmura, Nagasaki), où ils allaient être suppliciés, ils continuèrent de prêcher à la foule. João portait un crucifix et son bréviaire. Arrivés à l’endroit, le soldat - un certain Damianus, chrétien - proposa un coussin aux deux victimes ; Pedro lui dit : Maintenant, la poussière retourne à la poussière.

Ils subirent le martyre le 22 mai 1617.

L’un comme l’autre, ils montraient leur joie de donner leur vie pour Jésus-Christ.

Ils s’embrassèrent et s’agenouillèrent, présentant leur cou aux bourreaux. Après avoir reçu deux coups, qui n’avaient pas été mortels, João Baptista se releva, et se remit à genoux pour recevoir un troisième et ultime coup.

Il a été béatifié parmi deux-cent cinq Martyrs du Japon, en 1867.

Micae Hô Đình Hy

1808-1857

 

Micae (Michel) était né vers 1808 à Như Lâm (Thừa Thiên, Cochinchine nord : Vietnam).

Sa famille était chrétienne, et comptait douze enfants, il était le plus jeune.

Marié avec un Chrétienne, ils eurent deux garçons et trois filles.

Devenu grand mandarin à l’âge de vingt-et-un ans, intendant des soieries royales, c’était un mandarin de la haute société. Il commerçait avec Singapour et la Malaisie.

Son fils aîné voulut être prêtre et il l’envoya étudier en Indonésie. Mais quand son autre fils mourut à douze ans, il se refusa à rappeler son aîné, ce qui aurait été la tradition confucianiste.

Durant toutes ces années où il recouvrit un poste royal, il s’ingénia à protéger les missionnaires, en les faisant passer pour des correspondants de commerce, et les aidant ainsi à traverser le Vietnam discrètement et en toute sécurité.

Un jour que son bateau avait accroché un autre bateau de commerce, il vendit sa propre tenue officielle pour payer les frais de réparation (ce jour-là, son bateau transportait l’évêque des Missions Etrangères de Paris). 

On lui confia les archives des activités missionnaires, en principe illégales.

Jusque tard, il ne pratiquait pas publiquement sa foi, se contentant de protéger la communauté chrétienne, ce qui contrariait ses collègues mandarins.

Il fut dénoncé par un magistrat local, auquel il avait refusé d’accéder aux filatures de soie royales, et fut arrêté à cause de ses activités chrétiennes.

Durant sa période d’emprisonnement, il joua un tour aux magistrats locaux, présentant un texte où il se disait avoir été enrôlé par le gouvernement français, et précisant que ce gouvernement n’appréciait pas les persécutions infligées aux Chrétiens. La duperie ne fonctionna pas : l’évêque lui-même fit comprendre à Micae que sa manœuvre ne ferait qu’engendrer plus de persécutions, outre que la France ne voulait pas justifier sa présence au Vietnam uniquement à cause des persécutions. Micae alors se rétracta et rédigea une déclaration exacte, et passa ses derniers jours dans le repentir et l’humilité. 

Il fut torturé plusieurs fois avant de subir le martyre, et particulièrement il fut humilié publiquement avant l’exécution. On lui confisqua tous ses biens. Des témoins affirmèrent qu’il avait demandé à mourir près de son village natal, plutôt qu’à l’endroit prévu pour l’exécution. Il voulut porter son habit officiel pour mourir, au lieu de la tenue de prisonnier. Il refusa son dernier repas.

Des prêtres purent lui administrer discrètement les derniers Sacrements. Il fut décapité à An Hòa (Quảng Nam), le 22 mai 1857.

Son épouse et sa belle-fille lui survécurent. Il fut le dernier membre haut-placé à être exécuté sous la dynastie Nguyễn.

En 1900, un historien vietnamien écrivit : 

L’empereur Tự Đức condamna sa vie terrestre,                                                      

 Le pape Léon le glorifia dans l’autre Vie.

Micae fut béatifié en 1900 et canonisé en 1988.

Rappelons que les Martyrs vietnamiens ont leur jour de fête commun le 24 novembre.

(Des contemporains critiquèrent souvent Micae pour sa première «confession», la jugeant responsable des persécutions successives ; mais quand le fils de Micae put revenir au pays, vingt-cinq ans après, il donna pleinement raison à son père : tous ceux que celui-ci avait nommés dans sa déclaration, toute sa famille, ses proches, les Chrétiens alentour, tous furent épargnés).

 

 

Laurenço Ngon

?-1862

 

Laurensô (Laurent) était né à Lục Thủy (Nam Định, Vietnam).

Marié, il fut arrêté une première fois pour avoir refusé de piétiner un crucifix. 

Relâché, il fut repris et emprisonné à An-Xa (Nam Định), où il ranima le courage des autres détenus. Invité à fouler la croix, il répondit : Je professe la religion du Seigneur du ciel et de la terre, et je ne la renierai jamais en piétinant la croix. Si vous me laissez vivre, c’est bien ; autrement c’est avec plaisir que je mourrai.

Après plus de huit mois de prison, il fut martyrisé le 22 mai 1862, un des derniers Martyrs avant le traité franco-vietnamien, qui mettait fin aux exécutions «légales», même s’il y en eut encore par la suite.

Laurensô a été canonisé en 1988, dans le groupe des cent-dix-sept Martyrs du Vietnam, qui sont fêtés ensemble le 24 novembre.

 

 

Maria Domenica Brun Barbantini

1789-1868

 

Née le 17 janvier 1789 à Lucques (Toscane, Italie), Maria était l’aînée de quatre enfants de Pietro Brun, d’origine suisse, et de Giovanna Granucci.

Elle n’était qu’adolescente, lorsque moururent en peu de temps son père et ses trois petits frères. Sa mère l’aida à traverser ces épreuves avec foi.

En 1811, elle épousa Salvatore Barbantini, qui mourut cinq mois après leurs noces, alors qu’elle était déjà enceinte. Ayant perdu son «époux adoré», elle se donna entièrement à l’Epoux céleste.

Après la naissance de son fils, Lorenzino, elle maintint les activités commerciales de son mari, pour procurer à son fils la meilleure éducation possible, et donnait le temps qui lui restait (la nuit) au soin des pauvres malades de la ville. Avec quelques amies, elle créa la pieuse union des Sœurs de la Charité.

Or son fils mourut à son tour, à huit ans. Encore une fois, ce fut en s’élevant vers Dieu qu’elle trouva sa voie : comme elle avait pris Jésus-Christ comme Epoux après son mari défunt, elle s’offrit à Dieu comme mère spirituelle des infirmes après la mort de son fils. Son amour maternel la guidera vers les malades isolés, abandonnés, pauvres, mourants.

Par tous les temps, elle courait au chevet des malades, malgré la fatigue, le soleil brûlant ou la pluie diluvienne. Pour résister au sommeil, elle en arriva à s’appliquer du tabac sur les yeux, pour que le picotement l’empêchât de s’endormir et qu’elle pût continuer d’assister la malade.

Parfois, des gens malintentionnés la suivaient la nuit, mais elle sut courageusement les remettre en place.

Le clergé ne put ignorer cette femme si courageuse et ingénieuse. L’évêque lui confia la mission d’établir à Lucques un monastère de la Visitation, pour l’éducation de la jeunesse. Maria Domenica réussit dans l’entreprise : six ans après, le monastère ouvrait, et existe encore.

De là, Maria Domenica eut l’inspiration de fonder une famille nouvelle : les Sœurs Oblates Infirmières, pour servir le Christ dans ses membres malades. La fondation se fit en 1829.

Les Religieuses devaient servir le Christ souffrant, même au péril de leur vie.

L’évêque approuva les règles en 1841.

Comme cela arrive presque toujours, des calomnies s’abattirent sur la pauvre Fondatrice, qui les reçut «priant, pardonnant, avec amour pour ses persécuteurs».

Sa famille religieuse s’appelle actuellement : les Sœurs de saint Camille Servantes des Infirmes (Suore Ministre degli Infermi di San Camillo) ou Sœurs camiliennes, saint Camille de Lellis ayant été, au 17e siècle, à l’origine d’une famille de Religieux au service des Infirmes (voir au 14 juillet).

Maria Domenica s’éteignit à ce monde le 22 mai 1868 à Lucques.

Elle fut béatifiée en 1995.

Francisco Salinas Sánchez
1914-1938

Francisco naquit le 31 août 1914 à Almería, dans une famille chrétienne. Son père avait un petit atelier artisanal où il travaillait pour les pêcheurs du port.

Il fallait travailler pour vivre, mais Francisco sentait un appel encore plus exigeant : se consacrer à Dieu.

Il commença le séminaire - où il se lia de grande amitié avec Rafael Román Donaire (v. 8 décembre), mais la difficulté des études le rebutèrent ; en 1934 il préféra aller frapper au couvent des Franciscains de Orihuela, où il voulait être frère convers. Il commença le postulat.

En 1936, l’agitation révolutionnaire le fit rentrer chez les siens. Il avait vingt-deux ans et accomplit le service militaire. Il ne manqua pas une occasion de montrer son attachement au Christ, mais aussi se débrouilla pour rendre mille services envers les prisonniers et leurs familles. Connaissant bien les paysans, il put ainsi distribuer des denrées de première nécessité. Il fut même chargé de porter l’Eucharistie, là où le prêtre ne pouvait rejoindre les âmes.

Mais Francisco fut dénoncé. Arrêté, il fut transféré au camp de Turón, le 3 mai 1938. On voulut lui extorquer les noms de ceux qu’il connaissait ; malgré les cruelles tortures auxquelles on le soumit, il resta fidèle à Dieu et ne livra pas de noms.

Il mourut en Témoin du Christ, le même jour qu’un autre Compagnon, José Quintas Durán, le 22 mai 1938 dans ce camp de Turón. C’étaient deux amis d’enfance et du même âge.

Tous deux furent béatifiés en 2017.

Le nom du bienheureux Francisco Salinas Sánchez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 22 mai.

 

José Quintas Durán
1914-1938

José naquit le 21 novembre 1914 à Almería, premier des huit enfants de bons parents chrétiens qui priaient le chapelet chaque soir.

Il participa à l’Adoration nocturne de l’Eucharistie, au groupe S.Louis-de-Gonzague ; il se confessait chaque dimanche pour communier ; le dimanche aussi, il accompagnait son père dans ses visites aux malades et aux pauvres.

Début juillet 1936,  il commença son service militaire. Quand la guerre civile éclata, le 19 juillet, il fut retenu prisonnier avec deux de ses frères, dont l’un, Luis, fut martyrisé le 4 août, et l’autre fut brutalement frappé et renvoyé chez lui. Quant à José, il resta en prison, puis fut envoyé au front de Cuenca. 

En avril 1938, il eut une permission pour revenir à Almería : le 4 avril, il fut de nouveau arrêté lorsqu’on apprit son appartenance au groupe S.Louis-de-Gonzague et on l’envoya le 3 mai au fameux camp de Turón.

Le 22 mai 1938, au terme d’une journée exténuante, on lui commanda de creuser une fosse ; à un moment donné, on lui tira dans les genoux et comme il se trouvait étendu au fond de la fosse, on commença à lui jeter de la terre pour l’ensevelir vivant. Il cria : Pour l’amour de Dieu, achevez-moi, Dieu vous pardonnera.

Il avait vingt-trois ans et demi. Il fut béatifié en 2017, comme son frère Luis.

Le nom du bienheureux José Quintas Durán sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 22 mai.

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