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24 mai 2020 7 24 /05 /mai /2020 23:00

25 MAI

 

III.

S Canio, évêque et martyr à Atella.

S Urbain, évêque romain, qu’on confond avec le pape du même nom (cf.19 mai).

IV.

S Dionysios, évêque à Milan, adversaire et victime des ariens, exilé en Cappadoce.

Ss Mauxe et Vénérand, martyrs décapités près de Acquigny, où on les invoque pour obtenir la pluie.

V.

S Zenobius, évêque à Florence.

VI.

S Lyé, abbé à Mentenay : son prédécesseur avait fondé cette abbaye et succéda à s. Remi à Reims.

VIII.

S Aldhelm, abbé à Malmesbury, premier évêque à Sherborne ; il lisait la Bible en hébreux, parlait grec, écrivait prose et vers en latin.

S Bede le Vénérable, bénédictin clunisien à Jarrow, auteur d'une "Histoire des Anglais", encyclopédie de quarante-cinq volumes qui lui valut le titre de Père de l'histoire anglaise.

X.

S Genadio, évêque à Astorga, où il fonda ou fit revivre quarante-huit monastères.

S Grégoire VII, pape (1073-1085), bénédictin, réformateur de l'Eglise et illustre dans la "querelle des investitures" (cf. l’épisode de Canossa avec l’empereur Henri IV).

XIII.

B Gerardo Mecatti de Villamagna, croisé prisonnier des Turcs ; il fut servant à l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, puis reçut en Italie l’habit du tiers-ordre franciscain.

S Gérard de Lunel, saint homme parti de l’Hérault avec son frère pour la Terre Sainte, mais mort en route, et enterré à Montesanto.

XV.

S Andrea Giacomo-Filippo Bertoni, épileptique dans sa jeunesse, prieur des Servites à Faenza.

XVII.

Ste Catarina (Maria Maddalena) de' Pazzi, carmélite déchaussée à Florence, mystique, qui ne perdit jamais la joie dans ses dures épreuves spirituelles.

XIX.

S Phêrô Ɖoàn Văn Vân, catéchiste vietnamien, martyrisé à presque quatre-vingts ans, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

Ste Madeleine-Sophie Barat, fondatrice de l’Institut des Sœurs du Sacré-Cœur de Jésus (une de leurs maisons est à Poitiers, où vécut Sœur Josefa Menéndez).

S Denis Ssebuggwawo Wasswa, seize ans, un des jeunes martyrs de l’Ouganda, fêté le 3 juin.

XX.

Ss Cristóbal Magallanes Jara (*1869) et Agustín Caloca Cortés (*1898), prêtres mexicains martyrs (fusillés en 1927), béatifiés en 1992, canonisés en 2000 et fêtés avec leurs Compagnons le 21 mai.

B Mykola Tsehel’s’kyi (1896-1951), prêtre ukrainien, père de quatre enfants, mort en camp à Javas, martyr béatifié en 2001.

Canio d’Atella

† 292 ou 430

 

Il y a deux sources anciennes concernant Canio. Elles diffèrent en des points de détail, mais concordent sur l’essentiel.

L’essentiel est que Canio était un évêque d’Afrique, arrêté au moment de la persécution, torturé de mille façons puis abandonné sur une barque sans voile qui arriva cependant sur les côtes de Campanie. De là, Canio rejoignit Atella où il prêcha, et où aussi des ennemis le mirent à mort.

Les détails divergents sont les suivants : 

La persécution était celle de Dioclétien (292) ou celle du roi arien Genséric (années 430).

Dans le premier cas, Canio fut flagellé avec des fouets garnis de plombs, brûlé avec des torches enflammées, jeté en prison déjà mourant. Le lendemain, il fut suspendu et encore fouetté jusqu’à perdre tout son sang, mais Canio continuait à proclamer la Foi et à instruire le peuple ; beaucoup de païens se convertirent, et furent immédiatement décapités. Canio fut écartelé sur le chevalet, encore fouetté avec ce raffinement qu’on lui fit couler du plomb fondu sur ses plaies. Il devait être décapité, mais un terrible ouragan se déchaîna, mettant en fuite les bourreaux. C’est alors que le préfet romain fit monter Canio sur un bateau sans rame ni voile, qui cependant accosta rapidement en Campanie.

Dans le deuxième cas, Genséric fait monter douze évêques africains - avec beaucoup d’autres fidèles chrétiens - sur un bateau sans rame ni voile, qui accoste en Campanie, où les douze évêques se séparent et vont évangéliser les populations. Canio se fixe à Atella.

Les deux versions se rejoignent ici, affirmant que les ennemis du Christ voulurent lapider Canio. Le premier texte complète le fait avec ces détails surprenants : poursuivi, Canio se cache sous un buisson que les araignées couvrent immédiatement avec leur toile, et où Canio, exténué, rend son âme à Dieu. Un oiseau veille sur son corps, on voit l’âme de Canio s’envoler vers le ciel ; plus tard une source jaillit du tombeau.

Beaucoup de miracles furent attribués à Canio : un malade victime d’une grave angine, un aveugle, un possédé, furent guéris. 

Atella se trouve en région Basilicate, province de Potenza, Italie S.

Saint Canio d’Atella est commémoré le 25 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Dionysius de Milan

† 361

 

Dionysius fut le onzième évêque de Milan, de 350 à 355.

Durant ces quelques années, il souffrit beaucoup pour la défense de la foi du concile de Nicée (325).

Lors du concile de Milan (355), pensant agir au profit de la paix intérieure de l’Eglise, il eut la faiblesse de signer la condamnation du grand évêque Athanase, soi-disant accusé de crime de lèse-majesté contre l’empereur. Mais il signait à la condition que tous les évêques ariens recevraient la foi de Nicée, ce à quoi tous s’engagèrent. 

Ce n’était qu’une manœuvre. Dionysius comprit trop tard son erreur ; mais comment la réparer ? Eusèbe de Verceil (v. 1er août) vola à son secours. Il fit remarquer qu’il ne pouvait signer après Dionysius, puisque Dionysius était son élève ; les ariens acceptèrent de corriger les tablettes et rayèrent la signature de Dionysius. Mais Eusèbe alors refusa catégoriquement de signer, Dionysios également.

Rien ne fit plus changer d’avis Dionysius.

Les trois évêques Eusèbe de Verceil, Lucifer de Cagliari (v. 20 mai) et Dionysios furent exilés. Dionysios fut envoyé en Cappadoce, surveillé par des évêques ariens. Il était chargé de chaînes, sans cesse déplacé de plus en plus loin, mais toujours salué par les populations ; il reçut même une lettre d’encouragements du pape Libère.

Il fallait un remplaçant à Dionysius : l’empereur y installa un oriental, qui ne comprenait pas le latin…

Dionysius mourut en 361 ; son corps repose aujourd’hui dans la cathédrale de Milan.

Saint Dionysius de Milan est commémoré le 25 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Zenobius de Florence

† 425

 

Zenobius (devenu Zanobi en italien) était né vers le milieu du 4e siècle à Florence.

Tôt baptisé, il reçut une formation chrétienne et fut vite admis dans le clergé.

En 394, s.Ambroise (v. 7 décembre) s’arrêta à Florence où il remarqua Zenobius et le prit comme compagnon pour aller trouver le pape Damase (v. 11 décembre) à Rome.

C’est ce même pape qui aurait alors ordonné diacre Zenobius et même lui aurait confié une mission à la cour de Constantinople.

De retour à Florence, il fut unanimement préconisé pour devenir le deuxième évêque de la ville (ou le sixième, si l’on considère les quatre premiers évêques «légendaires»).

Vers 405, Zenobius organisa la résistance contre l’Ostrogoth Radagaiso et ses troupes.

Zenobius apparaît comme le véritable organisateur du diocèse de Florence, par la construction d’églises, le développement de l’évangélisation et de la liturgie.

Parmi les nombreux miracles attribués à Zenobius, on parle de la résurrection d’un petit enfant.

Ecrivant vers 422, s.Ambroise parle de Zenobius comme d’un saint homme.

Zenobius mourut donc après cette date, entre 422 et 429.

On dit que lors des funérailles, au passage de son corps, un arbre sec se remit à fleurir.

Saint Zenobius de Florence est commémoré le 25 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Lyé de Mantenay

† 545

 

L’abbaye à Mantenay fut fondée au début du 6e siècle par Romain qui, en 533, fut appelé à succéder à s.Remi (v. 13 janvier) sur le siège de Reims.

C’est alors que son disciple, Lyé (Léo en latin), fut nommé abbé de Mantenay.

Les vertus et les miracles de celui-ci le firent vénérer durant sa vie et après sa mort.

Il mourut vers 545.

Le village prit ensuite son nom. 

L’abbaye fut détruite en 959 par les Saxons, un château-fort y fut construit par les rois, forteresse servant à protéger la ville de Troyes.

Saint Lyé de Mantenay est commémoré le 25 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

 

Aldhelm de Sherborne

639-709

 

Aldhelm naquit vers 639 en Wessex (Angleterre), parent du roi Ine. Son père serait un certain Kenten, peut-être le roi du Wessex Centwine.

Son premier maître fut l’irlandais Maildubh, puis l’italien Adriano, qui venait d’être envoyé de Rome pour accompagner Théodore, le futur évêque de Canterbury (v. 19 septembre). Fort de cette formation, Aldhelm fut en mesure de lire l’Ecriture dans le texte hébraïque, de parler grec, d’écrire et de versifier en latin, sans oublier ses connaissances dans le droit romain, l’astronomie et l’astrologie.

Il revint vers son premier maître auquel, en 675, il succéda comme abbé du nouveau monastère de Malmesbury. Il le restera trente années et fonda deux autres monastères bénédictins à Frome et Bradford.

Très austère, il était capable de s’immerger dans l’eau glacée pendant la récitation d’un psautier. Mais ce n’était pas un cœur dur ; il composait et chantait des poèmes, qu’on n’a malheureusement pas retrouvés : il les chantait le dimanche sur un pont où passaient les villageois, qui ne fréquentaient guère l’église ; ainsi il les rassemblait et leur adressait quelque bonne exhortation.

Il écrivit plusieurs ouvrages en latin, dont le plus connu est son Eloge de la Virginité, destiné aux moniales de Barking. Sur le même thème, il dédia un long poème à Notre-Dame, maxima abbatissa, la plus grande abbesse. Il semble avoir été le premier Anglo-Saxon à écrire en vers latins, et s.Bede le Vénérable (v. 26 mai) l’eut en grande estime. Sa réputation gagna l’Irlande, la Gaule, l’Italie.

Aldhelm alla trouver le pape à Rome ; il était tout-à-fait acquis aux usages romains, et s’efforça d’y gagner les moines de Cornouaille.

En 705, fut créé le diocèse de Sherborne, dont il devint le premier évêque.

Il mourut le 25 mai 709, après une vie toute sainte, remplie de miracles qui continuèrent après sa mort.

Saint Aldhelm de Sherborne est commémoré le 25 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Genadio d’Astorga

865-936

 

Genadio (on l’appelle populairement Juanacio) était originaire du Bierzo (Espagne NO), où il était né vers 865. On l’a dit parent d’Ordoño Ier et fils d’Alfonso III et de Jimena des Asturies.

Il devint moine au monastère d’Ayoó de Vidriales puis, vers 892-895, au monastère de San Pedro de Montes, complètement abandonné. Avec douze confrères, il le restaura et, en 896, il en fut nommé abbé.

Ce fut ensuite une succession de restaurations ou de fondations que Genadio entreprit ; il y en eut une quarantaine dans le seul diocèse d’Astorga. On retiendra ici seulement ceux de Santiago de Peñalba*, San Alejandro, Santa Leocadia de Castañeda, San Andres.

En 908, Genadio fut nommé évêque d’Astorga et devint le conseiller préféré des rois Alfonso III, García Ier et Ordoño II.

En 919 cependant, il décida de se démettre pour revenir à la solitude du monastère et se retira à Valle del Silencio.

On lit parfois qu’en 930, à la mort de son successeur Fortis, Genadio administra le diocèse jusqu’à la nomination du nouvel évêque (932), mais cette vacance n’apparaît pas dans la liste officielle des évêques d’Astorga.

L’œuvre de restauration de Genadio contribua beaucoup à repeupler toute la région du Bierzo.

Genadio  mourut à Peñalba de Santiago* en 936, le 24 ou 25 mai.

Saint Genadio d’Astorga est commémoré le 25 mai dans le Martyrologe Romain.

 

* La localité Santiago de Peñalba a pris ensuite l’appellation inversée Peñalba de Santiago.

 

Grégoire VII

1073-1085

 

Ce cent-cinquante-septième pape, qui devait succéder à Alexandre II, était le fils d’un humble charpentier de Toscane. Ildebrando - c’était son prénom de baptême - grandit et étudia à Rome, où il entra dans le clergé.

Ildebrando, devenu abbé de Saint-Paul-hors-les-Murs, réforma ce monastère avec succès, au point que le pape Léon IX l’envoya comme légat pontifical en France pour lutter contre la simonie et le nicolaïsme (la simonie était la pratique d’acheter des charges ecclésiastiques ; le nicolaïsme, celle de certains clercs qui vivaient maritalement). C’est lui aussi qui obtint la rétractation de Bérenger, qui niait la présence réelle dans l’Eucharistie, et le fit réadmettre dans la communion. En outre, il avait procédé à une première révision des lois de l’Eglise, qui devait être reprise ensuite par s.Pietro Damiano pour aboutir à la constitution du droit canonique.

Six papes s’étaient succédé sur le siège de Saint-Pierre durant seulement un quart de siècle. A la mort d’Alexandre II, il fallait quelqu’un qui achevât l’œuvre de ces papes trop éphémères. Ildebrando, qui avait été leur conseiller, fut l’élu ; il n’avait pas soixante ans (cinquante-trois ou cinquante-huit, suivant la datation incertaine de sa naissance).

Grégoire VII eut d’abord deux soucis, mais là il ne put réaliser ses projets : il aurait voulu mettre fin au schisme d’Orient, et reprendre Jérusalem tombée tout récemment aux mains des Turcs.

Le nouveau pape fut plus efficace dans l’œuvre de la réforme intérieure de l’Eglise. Il s’appuya fortement sur ses légats pour s’informer validement des faits en divers pays et pour y prendre en son nom toutes mesures qu’ils auraient jugées nécessaires. Il y eut parmi eux Hugues de Die, Hugues de Cluny.

Contre la simonie, il intervint énergiquement : toute personne ayant obtenu à prix d’argent une quelconque charge, devenait par le fait-même inhabile à la remplir. Sur ce problème se greffa celui de la querelle des Investitures : le nouvau pape réaffirma son autorité pour nommer ou déposer les évêques ; pour créer les évêchés ; pour convoquer un concile et même pour déposer un souverain.

Contre le nicolaïsme, il était interdit aux clercs indisciplinés de célébrer la messe ; interdit aux fidèles d’y assister. Des évêques furent suspendus. Grégoire VII écrivit à l’archevêque de Cologne : “Sans la chasteté, les autres vertus ne valent rien, de même que la chasteté perd son prix si elle n’est accompagnée des autres vertus.”

Le conflit s’exacerba entre le pape et l’empereur germanique. Henri IV se permit de nommer et de faire sacrer son propre partisan comme archevêque à Milan, puis un autre à Fermo, puis à Spolète. Le pape le lui reprocha sévèrement, à quoi l’empereur répondit en réunissant une assemblée à Worms, où vingt-cinq évêques déclarèrent refuser obéissance au pape, et envoyaient au pape une injonction à abdiquer. Le pape ne pouvait accepter et délia les sujets de l’empereur de leur devoir d’obéissance.

La Thuringe se déclara contre l’empereur, qui intervint en exterminant toute la population. A Rome, le préfet Censius, ami de l’empereur, fit arrêter le pape en pleine célébration de la messe de Noël (1075). La foule l’obligea à le libérer. Henri IV écrivit même au pape cette lettre grossière : “Descends, descends, descends ! Tu es maudit pour les siècles des siècles.”

Le prince Rodolphe de Souabe menaça Henri ; celui-ci fit semblant de s’adoucir, et finit par être conduit à Canossa, où se trouvait le pape et à qui il implora son pardon (janvier 1077).

Après s’être “rendu à Canossa”, Henri chercha à reprendre le contrôle de la situation, tandis que le pape regagnait Rome. Là, après quelques années d’incertitude, un concile finit par excommunier l’empereur (1080).  Ce dernier se vengea en faisant élire un antipape, Clément III, mais il fut vaincu en octobre 1080 par les troupes de Rodolphe.

Henri réussit à rentrer dans Rome en 1084, à se faire couronner par son pape Clément III, mais dut quitter la Ville rapidement, menacé par Robert Guiscard, le duc de Pouille et de Calabre, qui arrivait avec ses troupes normandes. Henri remonta en Germanie et put encore imposer son autorité pendant de longues années, jusqu’à ce que ses propres fils l’obligent à abdiquer ; il finit misérablement ses jours à Liège en 1105.

Pendant ce temps, le pauvre Grégoire VII s’était réfugié à Salerne, ne se sentant plus en sécurité à Rome. Fatigué et brisé par tant de luttes, il s’éteignit là le 25 mai 1085, après douze années de pontificat. Il fut canonisé en 1606, et eut pour successeur Victor III.

 

 

Gherardo Mecatti de Villamagna

1174-1243

 

Gherardo naquit, pense-t-on, en 1174 à Villamagna (Florence, Italie), de pieux et pauvres parents, des fermiers qui moururent quand il eut douze ans.

Il fut recueilli par le patron des parents. Celui-ci était chevalier de Saint-Jean-de-Jérusalem, et l’emmena en 1195 aux Lieux-Saints quand il partit à la croisade. Là, ils furent faits prisonniers par les Turcs, musulmans ; le chevalier mourut, et Gherardo obtint sa libération après avoir subi toutes sortes de mauvais traitements.

Revenu à Villamagna, Gherardo se retira dans une petite hutte pour y pratiquer les exercices de la pénitence et de la contemplation.

Deux ans plus tard, un autre chevalier parent du premier, l’emmena en Syrie. Ils étaient alors vingt chevaliers, et furent assaillis par une troupe de deux-cents pirates. Moment de panique ; Gherardo leur conseilla vivement d’attaquer, car ils devaient être vainqueurs, ce qui arriva : cinquante pirates furent tués, les autres mis en déroute.

Gherardo alors resta sept années en Palestine, au service des Chevaliers de Saint-Jean, s’occupant des malades et des pèlerins, priant tout le temps qui lui restait. Mais se voyant objet de curiosité et aussi de vénération, il demanda la permission de repartir dans son village.

Ayant rencontré Francesco d’Assise, il demanda l’habit franciscain et retourna à son ermitage, où il vécut le reste de ses jours, dans la plus stricte pauvreté, donnant ce qu’il avait, mendiant pour les autres. En plein hiver, il fit un jour mûrir des cerises sur l’arbre, pour satisfaire aux désirs d’un pauvre.

Gherardo faisait trois «pèlerinages» chaque semaine dans un oratoire assez éloigné : le lundi, il priait pour les âmes du purgatoire, le mercredi pour ses propres péchés, le vendredi pour la conversion des pécheurs et des musulmans. Souvent il se rendait au sommet d’une colline dite de la Rencontre, où il construisit un oratoire dédié à la Sainte Vierge ; il avait demandé pour cela à un paysan de lui prêter une paire de bœufs pour tirer des matériaux : sur le refus du paysan, il appela quatre jeunes veaux , qui vinrent docilement exécuter le travail. Plus tard, saint Leonardo de Porto Maurizio (v. 26 novembre) devait y construire un couvent franciscain.

Certains ont fait mourir Gherardo en 1270, à quatre-vingt-seize ans, d’autres ont retardé la date de sa naissance ; le jour exact (13, 18 ou 25 mai) est aussi controversé. Une date plus probable pourrait être le 25 mai.

A la suite de nombreux miracles, le culte de Gherardo fut ratifié en 1833.

 

 

Gérard de Lunel

1275-1298

 

Gérard était né vers 1275 à Lunel (Hérault). Dès l’âge de cinq ans il appartint au Tiers-Ordre franciscain.

Lui et son frère Effrenaud héritèrent de leur père une importante baronie, mais quand Gérard atteignit la majorité, les deux frères voulurent se retirer dans une vie d’ermites, dans deux grottes non loin du pont du Gard.

L’endroit était dangereux, car les eaux du fleuve pouvaient monter et les noyer. Un jour qu’ils furent encerclés par les eaux, deux serpents vinrent leur apporter du pain, puis ils se rendirent au château voisin pour recevoir le vrai Pain eucharistique. Les gens, qui les avaient crus morts, furent très impressionnés et se mirent à leur rendre visite.

Pour échapper à la célébrité, ils prirent la décision de s’embarquer pour un pèlerinage en Terre Sainte, mais une tempête les contraignit à regagner la côte de Toscane ; ils gagnèrent alors Rome, où ils restèrent environ deux ans à visiter les basiliques et les tombeaux des Apôtres.

Ayant alors entendu parler d’une saint ermite qui vivait près d’Ancône, un certain Liberio, ils voulurent le connaître et se mirent en route. Chemin faisant, Gerard fut pris d’un violent mal de tête. Non loin d’Ancône, à Monte Santo (auj. Potenza Picena), Gérard eut une crise cardiaque et, le temps que son frère allât chercher de l’aide au pays, rendit son âme à Dieu, le 25 mai 1298, à vingt-trois ans.

La population de Monte Santo adopta ce saint homme : elle l’appela Gerio ou Girio, et le «canonisa» sans tarder. On l’invoque contre l’épilepsie et les maux de tête.

Son culte fut reconnu en 1742. Le Martyrologe le mentionne avec son nom italien, latinisé en Gerius.

 

 

Andrea Bertoni

1454-1483

 

Andrea Bertoni naquit en 1454 à Celle di Faenza (Emilie Romagne, Italie NE), de parents pauvres.

Comme il souffrait de crises d’épilepsie, son père promit à Dieu, s’il guérissait, de l’offrir à la vie religieuse. C’est ainsi qu’Andrea entra à neuf ans chez les Servites de Marie, où il prit le nom de Giacomo Filippo.

Il se prépara au sacerdoce dans une intense prière, dans l’approfondissement de l’Ecriture Sainte, et la mortification. Devenu prêtre, il ne pouvait célébrer la Messe sans verser des larmes et trembler de tout son corps, tant il était pénétré de son indignité.

Il fut nommé procureur (ou prieur) du couvent. Serviable, sobre de paroles, doux, effacé, il fut remaqué et aimé par ses Confrères.

Il s’imposa un style de vie très austère, très rigoureux, mangeant une seule fois par jour, au point qu’il n’avait littéralement que la peau et les os.

Divinement averti de sa mort prochaine, il alla trouver tous ses Confrères le 24 mai 1483 pour leur demander pardon un à un. Il s’éteignit à vingt-neuf ans, le 25 mai 1483, le jour de la fête de la Sainte Trinité.

Un des tout premiers miracles avenus peu après sa mort, fit que le miraculé en écrivit sans tarder la première biographie. Les nombreux miracles entretinrent un culte qui fut approuvé en 1761.

Quand l’église des Servites fut bombardée en 1944, le corps du Bienheureux fut transporté dans la cathédrale de Faenza.

 

 

Catarina (Maria Maddalena) de’ Pazzi

1566-1607

 

Sainte Marie-Madeleine de Pazzi, l'une des fleurs les plus suaves qui aient embaumé les jardins du Carmel, naquit le 2 avril 1566 à Florence de l'illustre famille des Pazzi. Son père était Camillo Geri de’ Pazzi et sa mère Marie-Laurence de Bondelmonte. Elle fut nommée Catarina à son baptême en l'honneur de sainte Catherine de Sienne qu'elle eut toujours en grande vénération.

Dès l'âge de sept ans, à l'école du Ciel, elle était formée à l'oraison, et elle paraissait presque un prodige de mortification. Toute une nuit elle porta une couronne d'épines sur sa tête, avec des douleurs inexprimables, pour imiter son Amour crucifié. Chaque fois que sa mère avait communié, l'enfant s'approchait d'elle et ne pouvait plus la quitter, attirée par la douce odeur de Jésus-Christ.

A partir de sa Première Communion, elle fut prête à tous les sacrifices, et c'est dès lors qu'elle fit à Jésus le vœu de n'avoir jamais d'autre époux que Lui. C'est en effet à l'âge de douze ans qu'elle fit le vœu de conserver la virginité. Aussi, quand plus tard, son père voulut la marier, elle s'écria : " Je livrerais plutôt ma tête au bourreau que ma chasteté à un homme."

Son père avait été nommé gouverneur de la ville de Cortone par le grand-duc de Toscane et avait laissé notre sainte en pension chez les religieuses de Saint-Jean à Florence.

A son retour il lui chercha un parti mais sa fille lui représenta son désir d'entrer au Carmel. Elle y entra en habit séculier et quinze jours après en ressortit pour trois mois par obéissance pour son père qui voulait éprouver sa vocation. Enfin, elle fut admise définitivement au Carmel avec la bénédiction affectueuse et chaleureuse de ses parents.

La sainte épouse du Christ entra au Carmel, parce qu'on y communiait presque tous les jours. Dès lors sa vie est un miracle continuel ; elle ne vit que d'extases, de ravissements, de souffrances, d'amour. Pendant cinq années, elle fut assaillie d'affreuses tentations ; son arme était l'oraison, durant laquelle elle s'écriait souvent : " Où êtes-Vous, mon Dieu, où êtes-Vous ?"

Un jour, tentée plus fortement qu'à l'ordinaire, elle se jeta dans un buisson d'épines, d'où elle sortit ensanglantée, mais victorieuse.

Le feu de l'amour divin était si brûlant en elle, que n'en pouvant supporter l'ardeur, elle était obligée pour la tempérer de répandre de l'eau sur sa poitrine. Souvent ravie hors d'elle-même, elle éprouvait de longues et merveilleuses extases, dans lesquelles elle pénétrait les mystères célestes, et recevait de Dieu des faveurs admirables. Fortifiée par ces secours, elle soutint un long combat contre le prince des ténèbres, livrée à la sécheresse et à la désolation, abandonnée de tout le monde, et poursuivie de diverses tentations, par la permission de Dieu, qui voulait en faire le modèle d'une invincible patience et de la plus profonde humilité.

Mais Notre Seigneur ne l'abandonna pas, qui lui prescrivit des règles admirables pour la conduite de sa vie :

1. d'avoir la même pureté dans toutes ses paroles et toutes ses actions, que si elles étaient les dernières heures de sa vie.

2. De ne donner jamais d'avis sans avoir auparavant consulté Jésus-Christ attaché à Sa croix.

3. D'avoir toujours un saint empressement de faire la charité aux autres.

4. De ne faire pas plus de cas de son corps que de la terre qu'on foule aux pieds.

5. de ne refuser jamais à personne ce qu'elle pourrait accorder.

6. d'avoir autant qu'il lui serait possible beaucoup de condescendance pour les autres.

7. de faire autant de cas de ces règles que si Jésus-Christ même les lui avait données.

8. d'offrir souvent, depuis les six heures du soir jusqu'au temps de la communion, la Passion de Jésus-Christ à son Père, et de s'offrir aussi elle-même, et toutes les créatures, en mémoire de ce qu'il fut séparé de sa sainte Mère depuis sa Passion jusqu'à la Résurrection et, enfin, de tâcher de visiter le Très Saint Sacrement le jour et la nuit, jusqu'à trente fois, si la charité ou l'obéissance ne lui en ôtait les moyens.

9. d'être toujours, et en toutes ses actions, transformée en Jésus-Christ, par la résignation à Sa volonté.

Elle avait tant de plaisir à proférer ces mots : La Volonté de Dieu ! qu'elle les répétait continuellement, disant à ses sœurs : Ne sentez-vous pas combien il est doux de nommer la Volonté de Dieu ? Un jour, ravie en extase, elle alla par tout le couvent en criant : Mes sœurs, oh ! que la Volonté de Dieu est aimable !

Il plut à Dieu de la crucifier longtemps par des douleurs indicibles, qui la clouaient sur son lit, dans un état d'immobilité en même temps que de sensibilité extraordinaire. Loin de demander soulagement, elle s'écriait bien souvent : Toujours souffrir et ne jamais mourir !

Son cœur était un brasier ardent consumé par l'amour. Quinze jours avant sa mort, elle dit : Je quitterai le monde sans avoir pu comprendre comment la créature peut se résoudre à commettre un péché contre son Créateur.

Elle répétait souvent : Si je savais qu'en disant une parole à une autre fin que pour l'amour de Dieu, je dusse devenir plus grande qu'un Séraphin, je ne le ferais jamais.

Près de mourir, ses dernières paroles à ses sœurs furent celles-ci : Je vous prie, au nom de Notre-Seigneur, de n'aimer que Lui seul !

Elle rendit son âme le 25 mai 1607, le lendemain de l'Ascension à midi. Son visage devint si beau et si vermeil que personne ne se lassait de le regarder.

Son corps, revêtu d'une tunique, d'un scapulaire et d'un manteau de taffetas blanc, fut inhumé derrière le grand autel, où, deux ans après, il fut trouvé aussi sain et intact que le jour où il y avait été mis ; de plus, son corps exhalait un parfum admirable, quoiqu'il eût été inhumé sans cerceuil et sans avoir été embaumé.

Urbain VIII l'a déclarée bienheureuse en 1626 et Clément X l'a canonisée en 1669. Inscrite au Martyrologe Romain le 25 mai, elle est également au calendrier universel de l’Eglise depuis la réforme de l’après-concile Vatican II.

Une de ses reliques se trouvait encore au début du XXe siècle à l'Hôtel-Dieu d'Abbeville.

 

Prière.

 

" Votre vie ici-bas, Ô Madeleine, a semblé celle d'un ange que la volonté divine eût captivé sous les lois de notre nature inférieure et déchue. Toutes vos aspirations vous entraînaient au delà des conditions de la vie présente, et Jésus se plaisait à irriter en vous cette soif d'amour qui ne pouvait s'apaiser qu'aux sources jaillissantes de la vie éternelle. Une lumière céleste vous révélait les mystères divins, votre cœur ne pouvait contenir les trésors de vérité et d'amour que l'Esprit-Saint y accumulait; et alors votre énergie se réfugiait dans le sacrifice et dans la souffrance, comme si l'anéantissement de vous-même eût pu seul acquitter la dette que vous aviez contractée envers le grand Dieu qui vous comblait de ses faveurs les plus chères.

 

Âme de séraphin, comment vous suivrons-nous ? Qu'est notre amour auprès du vôtre ? Nous pouvons cependant nous attacher de loin à vos traces. L'année liturgique était le centre de votre existence ; chacune de ses saisons mystérieuses agissait sur vous, et vous apportait, avec de nouvelles lumières, de nouvelles ardeurs. L'Enfant divin de Bethlehem, la sanglante Victime de la croix, le glorieux Epoux vainqueur de la mort, l'Esprit rayonnant de sept dons ineffables, vous ravissaient tour à tour ; et votre âme, renouvelée par cette succession de merveilles, se transformait toujours plus en celui qui, pour s'emparer de nos cœurs, a daigné se traduire lui-même dans ces gestes immortels que la sainte Eglise nous fait repasser chaque année avec le secours d'une grâce toujours nouvelle. Vous aimiez ardemment les âmes durant votre vie mortelle, Ô Madeleine ; votre amour s'est accru encore dans la possession du bien suprême ; obtenez-nous la lumière pour voir mieux ce qui ravissait toutes vos puissances, l'ardeur de l'amour pour aimer mieux ce qui passionnait votre cœur."

Phêrô Đoàn Văn Vân

1780-1857

 

Phêrô (Pierre) était né vers 1780 à Kẻ Bói (Hà Nam, Vietnam).

Ce laïc fut professeur et responsable de la gestion des terres. Très consciencieux, il travaillait avec passion.

A vingt-cinq ans, il fut catéchiste.

Phêrô se montra doux avec les doux, proche des pauvres, mais très sévère pour lui-même. Il mangeait peu, et portait un habit très simple. Il se porta au secours des malades, assistait les mourants, s’efforçait d’apaiser les litiges. Dans le diocèse, on disait : Untel est aussi vertueux que Vân.

Dénoncé, arrêté par erreur alors qu’on cherchait un prêtre, il rappela qu’il n’était qu’enseignant, et non prêtre. On lui proposa d’apostasier, ce qu’il refusa nettement.

Il fut torturé sur tout son corps dans la prison de Sơn Tây.

Le 25 mai 1857, ce vieillard de soixante-dix-sept ans fut traîné, chargé de chaînes, une corde au cou. Phêrô se montrait calme, souriant ; arrivé au lieu du supplice, en-dehors de la ville, il demanda un moment pour prier.

Il fut décapité à Sơn Tây (Ha Tay), le 25 mai 1857.

Il a été béatifié en 1909, canonisé en 1988.

La fête commune des Martyrs vietnamiens est fixée au 24 novembre.

 

 

Madeleine-Sophie Barat

1779-1865

 

Un incendie provoqua la naissance prématurée de Madeleine-Sophie, le 13 décembre 1779, troisième enfant de Jacques et Marie-Magdeleine Foufé, après Louis et Marie-Louise.

Le petit poupon était si chétif qu’on le baptisa le matin même. Elle eut pour parrain son frère, plus tard prêtre et son premier directeur spirituel (peut-être plus directeur que spirituel). La délicatesse de cœur de la petite fille apporta bien des consolations à sa mère, qui eut à souffrir de son mari.

Madeleine-Sophie reçut la première Communion à dix ans. Elle fit des études littéraires et scientifiques, se régalant de Virgile et Homère, et les compléta à Paris.

A Paris, l’abbé Louis et sa sœur habitaient dans la rue de Touraine, où le jeune prêtre célébrait clandestinement la Messe, car on était en Révolution.

En 1800, Madeleine-Sophie rencontra l’abbé Varin (voir notice de Julie Billiart, au 8 avril), qui enthousiasma la demoiselle par l’amour du Sacré-Cœur et lui suggéra la fondation de la Société du Sacré-Cœur pour l’éducation des jeunes filles.

Les quatre premières «Mères» se consacrèrent en novembre 1800, convenant de bannir de chez nous ces petitesses de couvent, ces retours d’amour propre ; le Sacré-Cœur de Jésus ne veut que des âmes grandes.

Les fondations s’enchaînèrent sans tarder : Amiens, Grenoble, Poitiers, Niort, Beauvais, Lyon, Bordeaux, Le Mans, Autun, Besançon, Turin, Metz, Lille, Perpignan, Avignon, Rome enfin ; mais aussi à New Orleans (Louisiane), Bruxelles, Marseille, Nantes, Tours, Laval, Montpellier, Nancy ; en Algérie, en Italie, en Angleterre, en Espagne.

Madeleine-Sophie fut élue supérieure en 1802, supérieure générale en 1805. Elle dut voyager beaucoup pour visiter toutes ces maisons.

De passage à Lyon, elle reçut la bénédiction du pape Pie VII qui s’y trouvait, objet des vexations de l’empereur. Le même empereur approuva la Société du Sacré-Cœur en 1807.

L’élaboration des constitutions fut troublée par quelqu’un qui tenta de modifier le texte élaboré par la Fondatrice ; elle ne se rebella pas, répétant seulement : Priez, souffrez, patientez, espérez. En 1815, les vraies constitutions furent produites et adoptées. La Société avait pour fin la glorification du Sacré-Cœur par la sanctification personnelle et le salut du prochain. Aux trois vœux de religion, les institutrices en ajoutent un quatrième, celui de se vouer à l’éducation des jeunes filles. Les constitutions furent approuvées par Rome en 1827.

Excellente pédagogue et toujours Mère, Madeleine-Sophie savait entrer dans le cœur des fillettes pour les amener à l’amour du Christ. Elle les écoutait, les recevait (même parfois en-dehors des horaires…).

Une des grandes «conquêtes» de la Société fut la princesse russe Galitzin, orthodoxe fanatique, qui céda à la grâce et affirmait : Je veux pouvoir dire en arrivant à la porte du ciel : Ouvrez-moi, j’ai obéi.

En 1830, la congrégation dut se disloquer à cause des événements. En 1832, la Fondatrice reçut à Rome la visite du pape Grégoire XVI.

En 1839, la Société comptait déjà plus de quarante maisons, la moitié en France. En 1850, elle en compta soixante-cinq. On tenta une fois de plus d’imposer à Mère Barat une modification des constitutions, dans un esprit ignatien ; elle se soumit humblement, douloureusement, mais le pape lui-même intervint en sa faveur, ainsi que l’archevêque de Paris, Mgr Affre, lui qui autrefois refusait de l’approuver et disait à présent : C’est une sainte.

Durant la révolution de 1848, la Société ne fut pas inquiétée.

Toujours sur la brèche, Mère Madeleine-Sophie Barat finit par succomber. Une congestion cérébrale la frappa en 1865. Privée de la parole, elle expira à Paris en la fête de l’Ascension, à vingt-trois heures, le 25 mai 1865.

En 1893, on retrouva son corps intact. La béatification fut prononcée en 1908, la canonisation en 1925.

Le miracle retenu pour la béatification fut la guérison totale et inexplicable d’une fillette de onze ans en Amérique, guérie d’une coxalgie aigüe ; celui pour la canonisation, fut la guérison d’une Religieuse d’une grave déviation de la colonne vertébrale : la Mère Barat lui apparut.

Une autre Religieuse favorisée par des apparitions de Mère Barat, fut Josefa Menéndez, au couvent de Poitiers, qu’on pourra connaître dans l’ouvrage Un Appel à l’Amour.

 

 

Denis Ssebuggwawo Wasswa

1870-1886

 

Ce garçon de seize ans fut martyrisé pour sa foi en Ouganda, le 25 mai 1886, et fut canonisé en 1964.

 

Se reporter à la notice Ouganda (Martyrs de l’)

 

 

Cristóbal Magallanes Jara

1869-1927

 

Fils de Rafael Magallanes et Clara Jara, Cristóbal naquit le 30 juillet 1869 à Totatiche (Jalisco, Mexique). Les parents étaient d’humbles paysans ; le petit garçon gardait les bêtes et travaillait à la ferme, jusqu’à ses dix-neuf ans ; c’est alors qu’il entra au séminaire de Guadalajara en 1888.

Ordonné prêtre en 1899, il fut aumônier à l’école des arts de Guadalajara, puis curé à Totatiche : là, il collabora à l’établissement d’écoles, d’ateliers de charpenterie et d’autres travaux industriels.

Il s’intéressa personnellement à l’évangélisation du peuple Huichol, par la mission à Azqueltán. Il y fonda un orphelinat, une maison de repos, des centres de catéchèse, des églises, des écoles ; il aida les paysans à améliorer leurs cultures par l’adduction d’eau, la technique de l’irrigation, de nouvelles plantations ; il réussit à faire diviser des terrains pour les attribuer à des familles pauvres.

En 1914, le gouvernement laïc ferma le grand séminaire : immédiatement Cristóbal en ouvrit un l’année suivante dans sa paroisse, qui accueillit tout de suite dix-sept élèves. L’archevêque lui envoya un préfet et deux professeurs. Des plus de cent séminaristes qui se préparèrent là au sacerdoce, il y eut son propre vicaire et compagnon de martyre (Agustín Caloca) ainsi que le futur évêque José Pilar Quezada Valdés.

Malgré sa totale indépendance dans le mouvement armé de rébellion, il fut faussement accusé de pousser les Cristeros à la révolte. Arrêté le 21 mai 1927, pendant qu’il se rendait dans une ferme privée pour y célébrer la Messe, il remit le peu qui lui restait à ses bourreaux, leur donna l’absolution et, sans aucun jugement, fut exécuté quatre jours après à Colotlán (Jalisco), en même temps que Agustín Caloca.

Ses derniers mots furent : Je meurs innocent, et je prie Dieu que mon sang serve à l’unité de mes frères mexicains.

C’était le 25 mai 1927.

Cristóbal fut béatifié en 1992 et canonisé en 2000. Son dies natalis est au 25 mai, tandis que sa fête liturgique est au 21 mai, où il est fêté avec ses Compagnons Martyrs. 

 

 

Agustín Caloca Cortés

1898-1927

 

Agustín était né le 5 mai 1898 à Teúl de González Ortega (Zacatecas, Mexique), un des dix enfants de J.Edwiges Caloca et María Plutarca Cortés.

A cinq ans, le petit Agustín eut la variole, dont les conséquences firent que ses bras restèrent comme atrophiés, ce qui ne l’empêcha pas de jouer allègrement avec ses camarades.

Il reçut sa première formation du curé du village lequel, voyant des signes de vocation sacerdotale, le dirigea vers le séminaire de Guadalajara (1912).

Après deux années, il fut obligé de revenir chez lui, car le séminaire était menacé par les troupes révolutionnaires. 

Lorsque le curé de Totatiche ouvrit un séminaire dans sa paroisse, Agustín y fut admis pour terminer ses études de latin et de philosophie. Or, le curé était justement Cristóbal Magallanes.

Après les études de théologie, Agustín fut ordonné prêtre en 1923. A la demande du même Cristóbal Magallanes, Agustín fut nommé vicaire de Totatiche et professeur au séminaire : c’est que, durant ses années de préparation, on avait noté ses qualités excellentes d’humilité, d’obéissance, de piété. On jugeait avec raison qu’il pouvait être un excellent modèle pour les jeunes séminaristes.

Au début de 1927, il fut contraint, avec les douze séminaristes, de se réfugier à Cocoazco. En mai, il dut cependant se rendre à Totatiche pour voir où en était la situation des autres séminaristes. Or, le 21 mai vers dix heures du matin, on apprit que des soldats se trouvaient à l’entrée de Totatiche. Le père Agustín conseilla à tout le monde de se disperser rapidement dans les maisons alentour.

Lui et un autre séminariste cherchèrent à mettre en sûreté des livres ; en cours de route, Agustín remarquait l’inquiétude du séminariste et le rassura.

A un certain moment, Agustín conseilla au séminariste de cacher les livres sous une grosse pierre. Pendant qu’il y était, une troupe de soldats passa, bousculant des Cristeros. Le séminariste était derrière un tronc d’arbre ; quand il sortit de sa cachette, le père Agustín avait disparu.

En réalité, la troupe, guidée par le général Goñi, avait enlevé Agustín et l’avait emmené à Totatiche. Le même jour, on arrêta le curé, Cristóbal Magallanes. Tous deux se retrouvèrent en prison, avec quatre Cristeros.

On proposa à Agustín la liberté, en raison de son jeune âge, mais il ne voulut pas se séparer de son curé.

Les habitants supplièrent le général de libérer ces prêtres qui étaient si pacifiques. Le général promit sur l’honneur de les transférer à Mexico, où leur vie ne serait pas en danger. Les faits furent assez différents.

Le 23 au matin, les deux prêtres furent conduits, via Momáx, à Colotlán, où ils arrivèrent le 25 au matin. Un ordre semblait devoir les faire partir pour Mexico : c’était en réalité pour aller les fusiller.

Devant la mort, le père Agustín dit seulement ces mots de saint Paul : 

C’est pour Dieu que nous vivons, c’est pour Lui que nous mourons (cf. Rm 14:8).

Agustín eut un moment de panique, comme pour éviter la décharge en se détournant ; le chef du peloton vint le «remettre en place» à coups de crosse dans le visage. Le père Magallanes le tranquillisa : Calme-toi, Père, Dieu a besoin de martyrs ; juste un instant, et nous serons au Ciel.

Les deux corps furent ensevelis sur place. Lorsqu’on voulut les transférer, en 1933, on s’aperçut que le cœur du père Caloca était incorrompu, parmi les os du Martyr. Une balle était restée incrustée dans ce cœur, preuve du martyre.

Le père Agustín Caloca a été béatifié en 1992 et canonisé en 2000.

 

 

Mykola Tsehel’s’kyi

1896-1951

 

Mykola (Nicolas) naquit le 17 décembre 1896 à Strusiv (Ternopil, Ukraine).

Les prêtres de l’Eglise uniate ont la possibilité d’être mariés, s’ils contractent le mariage avant leur ordination. Prêtre de l’archiéparchie (archidiocèse) de Lviv, Mykola était marié, et avait deux fils et deux filles.

Il fut ordonné en 1925, après avoir obtenu son diplôme de l’université théologique de Lviv.

Les autorités soviétiques tentèrent d’éradiquer l’Eglise catholique, en la rattachant de force à l’Eglise orthodoxe, qui était affiliée au pouvoir. Mais le clergé résista farouchement. Le père Mykola fut intimidé, menacé : son courage ne fut pas ébranlé.

Arrêté pour sa foi en 1946, il reçut une peine de dix années de prison et dix ans de travaux forcés. Il fut enfermé dans le camp de Javas (Mordovia, Russie), où il mourut le 25 mai 1951.

Il fut béatifié en 2001, parmi vingt-cinq Martyrs de l’Eglise gréco-catholique ukrainienne et de l’Eglise russe catholique.

Il est fort possible que ses enfants vivent encore, et qu’ils pourraient nous donner plus d’informations sur leur père martyr.

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