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25 mai 2020 1 25 /05 /mai /2020 23:00

26 MAI

 

II.

S Simetrius , prêtre romain.

S Eleutherius, pape (175-189), le premier dont on connaisse les dates avec certitude, et le premier qu’on ait appelé “Père” (dans une lettre de s. Irénée). 

III.

S Zacharie, évêque à Vienne et martyr.

S Prix, officier martyr près de Auxerre, avec beaucoup d’autres soldats chrétiens.

Ste Felicissima, martyre à Todi.

VI.

S Augustin de Cantorbury, moine à Rome, envoyé par s. Grégoire le Grand évangéliser en Angleterre, fêté le 27 mai.

VII.

S Didier, évêque à Vienne, martyrisé sur ordre de la reine Brunehaut.

S Gond (Godon), neveu de s. Wandrille ; il fonda à Oye un monastère qui prit son nom.

XI.

S Bérenger, bénédictin à Saint-Papoul.

XII.

S Lambert, évêque à Vence ; il changea l’eau en vin et guérit des malades, surtout aveugles.

XIV.

B Francesco Patrizi, siennois, des Servites de Marie, artisan de la réconciliation entre guelfes et gibelins.

XV.

B Andrea Franchi, prieur dominicain à Pistoia, Lucques, Orvieto, évêque à Pistoia.

XVI.

S Filippo Neri, prêtre romain, toujours joyeux (“le saltimbanque de Dieu”) et débordant d'imagination, mystique, fondateur de l’Oratoire ; son procès de canonisation débuta deux mois après sa mort.

XVII.

Ste Mariana de Jésus Paredes y Flores, “le lys de Quito”, recluse, première sainte de l’Equateur, où elle a été proclamée héroïne nationale. 

XVIII.

S Pere Sans y Iordà, évêque dominicain catalan, martyr décapité en Chine, canonisé en 2000 et fêté le 9 juillet.

XIX.

B Yi Jae-haeng Andreas, laïc coréen martyr, par décapitation, béatifié en 2014.

S Yosep Chang Sŏng-jib, pharmacien à Séoul, un des cent-trois martyrs coréens canonisés en 1984 et fêtés le 20 septembre.

Bx Pak Sa-ui Andreas et Gim Sa-geon Andreas, laïcs coréens martyrs, par décapitation, béatifiés en 2014.

Ss Gioan Ɖoàn Trinh Hoan, prêtre, et Matthêô Nguyễn Văn Ɖắc (Phuong), catéchiste, martyrs annamites, canonisés en 1988 et fêtés le 24 novembre.

Ss Anderea Kaggwa, chef des joueurs de tambourin, et Ponsiano Ngondwe, satellite royal, martyrs en Ouganda, fêtés le 3 juin.

XX.    

Bx Mario Vergaro, missionnaire italien (1910-1950) et son catéchiste birman Isidore Ngei Ko Lat (1918-1950), martyrs en Birmanie et béatifiés en 2014.

Simetrius de Rome

† 150

 

Simetrius était un prêtre de Rome.

Il reçut la palme du martyre sous Antonin le Pieux, donc entre 140 et 160.

Saint Simetrius de Rome est commémoré le 26 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eleutherius

174-189

 

Eleutherius serait né à Nicopolis (l’actuelle Nikopol en Bulgarie), d’Abundius. Son prénom, qui signifie “libre” pourrait faire supposer qu’il était un ancien esclave, affranchi. 

Venu à Rome, il fut le diacre du pape saint Anicet, quand sévirent à Rome les erreurs de Marcion et Valentin ; mais on ignore quelle fut l’activité précise d’Eleuthère sous ce pontificat, ni sous le suivant, celui de saint Soter.

Il fut élu en 174 pour être le treizième pape et son pontificat devait durer quinze ans. C’est le premier pape dont on connaisse les dates exactes.

Vers 177, il reçut Irénée de Lyon, qui lui remit une lettre où pour la première fois on rencontre le terme de “Père” attribué au pape.

D’après le Liber Pontificalis, Eleuthère aurait déclaré que les fidèles peuvent user de toute nourriture, et il aurait été sollicité déjà à cette époque d’envoyer des missionnaires en Angleterre.

On ne pense pas qu’il ait subit le martyre. Il mourut à Rome le 24 ou le 26 mai 189, et c’est à cette dernière date qu’il est mentionné dans le Martyrologe.

 

 

Prix d’Auxerre

† 274

 

Priscus, Prix, était apparemment un chef militaire avec des hommes sous ses ordres, dans les environs d’Auxerre (act. Yonne). Il était originaire de Franche-Comté et avait fui la persécution. Mais il fut retrouvé et décapité.

On dit qu’il fut mis à mort pour sa foi, avec un certain nombre de ses soldats.

On suppose qu’il mourut vers 274,  sous l’empereur Aurélien.

Un monastère, édifié au lieu de ce martyre à Saints-en-Puysaie, fut détruit par les Huns. Plus tard, s.Germain d’Auxerre (v. 31 juillet) retrouva le chef de s.Prix et fit construire une église à l’origine de la localité Saint-Brix.

A la sortie de Saints-en-Puysaie se trouve une source qui jaillit, rapporte-t-on, sous le sabot du cheval de Prix, au moment de son martyre.

Saint Prix d’Auxerre est commémoré le 26 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Felicissima de Todi

† 3e -4e siècles

 

Felicissima fut une martyre honorée d’un culte très ancien, dans la Toscane et l’Ombrie (Italie C).

On suppose qu’elle mourut vers le 3e ou le 4e siècle.

Sainte Felicissima de Todi est commémorée le 26 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Augustinus de Canterbury

530-604

 

Le pape Grégoire le Grand (voir au 3 septembre) avait aperçu sur le Forum de jeunes esclaves blonds qui lui semblèrent angéliques ; il apprit qu’ils venaient de Bretagne, l’actuelle Angleterre. L’appellation d’anglais remonterait ainsi à s.Grégoire, qui les trouvait si angéliques.

Quoi qu’il en soit, c’est ce pape qui demanda au prieur du monastère bénédictin de Rome, Augustinus, de prendre avec lui quelques compagnons pour aller re-convertir les habitants de cette île, retombée dans le paganisme après les invasions des Saxons. C’est tout ce qu’on sait d’Augustinus avant sa mission en Bretagne. On présume qu’il aurait pu naître aux alentours de 530.

Ces vaillants moines quittèrent Rome en 596, traversèrent la Gaule et abordèrent à l’île de Thanet, non loin de l’actuelle Ramsgate. Le roi Æthelberht les reçut très poliment et leur permit d’évangéliser. Ce roi était l’époux de Berthe, une catholique, fille du roi de Paris, Charibert Ier.

Ce roi reçut le baptême en 597.

Augustin, suivant les indications de Grégoire Ier, alla recevoir la consécration épiscopale à Arles, dont l’archevêque était le légat papal pour les Gaules. A la Noël de 597, il baptisait déjà quelque dix mille insulaires.

Proche de Canterbury, s’éleva bientôt l’abbaye des Saints-Pierre-et-Paul, qui prendrait plus tard le nom de saint Augustin.

Le pape Grégoire se réjouit beaucoup de ces premiers et rapides résultats, mais avertit en même temps Augustin de rester humble devant les miracles que Dieu lui permettait d’accomplir.

Il y eut des rencontres entre les missionnaires nouvellement arrivés et le vieux clergé réfugié à l’ouest de la Bretagne : ces derniers n’acceptaient pas d’emblée les habitudes romaines, comme la date de Pâques.

Augustin mourut le 26 mai 604 ou 605, ayant rétabli la foi dans la Bretagne.

Sa dépouille, inhumée dans l’église abbatiale de Canterbury, fut gravement attaquée, ainsi que tout l’ensemble abbatial, durant les persécutions du 16e siècle. Au 17e siècle, on n’avait de reliques que le menton du saint évêque, conservé chez les moines cisterciens d’Anvers.

En 1882, la fête de saint Augustin de Canterbury a été inscrite au calendrier universel ; elle est actuellement célébrée au 27 mai.

 

 

Desiderius de Vienne

550-607

 

Desiderius (Désiré, et plus fréquemment Didier), naquit vers le milieu du 6e siècle à Autun (Saône-et-Loire).

Très jeune, il rejoignit en 558 l’évêque de Vienne et, en 570, entra dans le clergé.

En 586, il fut ordonné diacre, et plus tard prêtre.

Vers 596, il fut appelé à succéder à l’évêque défunt. 

Cette même année, le pape lui recommande de recevoir fraternellement Augustinus (v. 26 mai), envoyé en mission en Angleterre. 

Le même pape (s.Grégoire le Grand, v. 12 mars) tint une correspondance soutenue avec Desiderius ; on lit quelque part que le pape reprenait Desiderius, parce que ce dernier enseignait la grammaire et chantait des poètes profanes de la même bouche avec laquelle il chante les louanges du Christ, - tant il est vrai que Nul ne peut servir deux maîtres à la fois (Mt 6,24).

Desiderius savait être franc avec Thierry II et la reine Brunehaut. Une première fois, même un concile tenu à Châlon-sur-Saône appuya une intrigue fomentée par de faux témoins, qui accusèrent Desiderius de fornication. Desiderius fut exilé sur l’île, par ailleurs inconnue, de Livisio. Suite à la mort accidentelle des accusateurs, Desiderius fut rappelé par Thierry et Brunehaut. Mais comme l’évêque leur rappelait le devoir qu’ils avaient de corriger leurs mœurs, la reine fit arrêter Desiderius dans sa cathédrale, puis les soldats le maltraitèrent en cours de route, le lapidèrent et l’achevèrent à coups de bâtons.

Desiderius mourut le 26 mai 607 et fut honoré comme martyr.

Saint Desiderius de Vienne est commémoré le 26 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Bede le Vénérable

672-735

 

Le nom de saint Bede devrait se prononcer, en anglais, bi:d, mais les Français, qui ne sont pas toujours des linguistes passionnés, l’ont toujours orthographié et prononcé : Bède. Laissons faire.

Bede, donc, naquit en 672 ou 673, en Northumbrie (Angleterre).

Orphelin à sept ans, il grandit à l’ombre du couvent bénédictin de Wearmouth. Il fut ainsi sous la vigilante responsabilité de saint Benoît Biscop (voir au 12 janvier), puis de saint Ceolfrid à Jarrow (voir au 25 septembre).

Il fut ordonné prêtre en 702.

Fin lettré, Bede écrivit une traduction en grec (inachevée) de l’évangile de saint Jean ; il connaissait tous les auteurs anciens, grecs et surtout latins, sans oublier les Pères de l’Eglise. 

Bede fut l’encyclopédie vivante de la science de son époque, mais il est surtout célèbre pour son travail d’histoire. Son Histoire ecclésiastique du peuple anglais l’ont fait appeler le père de l’histoire anglaise. Son Martyrologe, un ouvrage précieux quant à sa méthode rigoureuse, le montre vraiment soucieux de l’impartialité et de la vérité.

Il écrivit aussi des commentaires sur l’Ecriture, que salua saint Boniface (voir au 5 juin) en nommant son auteur sagassimus investigator.

Il est beau de mentionner ses derniers moments. Le jour de sa mort, il s’occupait encore à corriger des textes. Son disciple, Cuthbert, lui signala qu’il manquait encore un chapitre. Bede lui dit : Prends ta plume et écris aussi vite que possible. A la dernière phrase, il le pressa encore un peu. Quand il eut fini, Bede se prosterna pour chanter Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit, et expira.

C’était le 26 mai 735.

Sa dépouille fut placée dans la cathédrale de Durham, et profanée au 16e siècle, lors de la persécution anglicane.

Saint Bede le Vénérable fut proclamé Docteur de l’Eglise en 1899.

Sa fête liturgique est au 25 mai.

Bérenger de Saint-Papoul

† 1093

 

Bérenger fut moine en l’abbaye bénédictine de Saint-Papoul (Aude).

Il eut la charge de maître des novices, de directeur spirituel, et aussi de maître d’œuvre à l’occasion des travaux de l’abbaye.

Des miracles montrèrent combien Dieu agréait ses vertus.

Il mourut, chargé de mérites, le 26 mai 1093.

Saint Bérenger de Saint-Papoul est commémoré le 26 mai dans le Martyrologe Romain. 

L’abbaye devint un évêché au 14e siècle, jusqu’à la Révolution. «Restaurée» depuis le 19e siècle, elle n’est toujours qu’un musée actuellement.

 

 

Lambert de Vence

1084-1154

 

Lambert naquit en 1084 à Bauduen (Var).

Sa mère mourut en accouchant ; son père l’envoya faire des études à Riez, puis le confia aux moines de Lérins.

Sérieux, volontaire, il montra les qualités nécessaires pour devenir évêque de Vence, en 1114.

Il se fit remarquer par l’austérité de sa vie et la douceur de ses relations, traitant ses clercs comme s’il avait été leur égal plutôt que leur supérieur.

Il fit construire la cathédrale de Vence, dédiée à la Nativité de Notre-Dame.

Il fit des miracles, guérit des malades, en particulier des aveugles, et changea trois fois l’eau en vin.

Se préoccupant de la situation sociale des serfs, il préconisa, pour les libérer, l’installation de moulins à eau. Ingénieux, il préconisa pour les chevaux l’usage d’un collier d’épaule au lieu d’un collier de cou.

Durant sa dernière maladie, il entendit du bruit dans la cathédrale ; apprenant qu’on préparait son tombeau, il alla le voir, soutenu par ses familiers, bénit la pierre et revint à son lit où il mourut peu après, le 26 mai 1154.

Son épiscopat avait duré quarante ans.

Saint Lambert de Vence est commémoré le 26 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Francesco Patrizi

1266-1328

 

Il ne s’agit pas ici de l’évêque humaniste de Sienne qui vécut au 15e siècle.

Francesco naquit à Sienne (Italie) en 1266, de Arrighetto et Rainaldesca ; le nom de famille, Patrizi, ne fut en vigueur qu’au 17e siècle.

La prédication d’un Dominicain le poussa vivement à entrer dans les Ordres, mais il dut d’abord s’occuper de sa mère, aveugle.

A la mort de celle-ci (1288), Francesco entra chez les Servites de Marie, poussé par son grand amour pour la Vierge Marie.

En 1291, il fut ordonné prêtre ; excellent prédicateur, il fut conseiller spirituel et confesseur de fidèles de toutes les catégories ; aux plus riches, il savait demander des subsides pour venir en aide aux plus déshérités. En échange il arriva qu’il devint héritier, lui et son couvent, d’une personne défunte, reconnaissante pour sa bonté.

Très marial et très attaché à la sainte vertu de la chasteté, il s’éteignit le 26 mai 1328 à Sienne, où son corps est resté sans corruption.

Son culte a été confirmé en 1743 et son nom a été récemment introduit dans le Martyrologe Romain.

 

 

Andrea Franchi

1335-1401

 

Andrea Franchi vit le jour en 1335 à Pistoia (Toscane, Italie) au sein d’une famille noble.

Adolescent, en 1349, il prit l’habit dominicain à Florence et fut ordonné prêtre en 1357 ou 1358 : il n’avait peut-être pas l’âge canonique, mais il en avait la maturité, par sa fidélité à la sainte règle.

Du couvent de Sienne où il se trouvait en 1360, il fut envoyé à celui de Pistoia et fut chargé de la prédication pendant une dizaine d’années.

Il fut ensuite nommé prieur en plusieurs monastères successifs : Pistoia, Lucques, Orvieto. A Pistoia, il s’occupa activement de l’agrandissement et de l’embellissement de l’église.

En 1382, il fut nommé évêque de Pistoia, charge qu’il exerça sans rien changer à sa vie sobre de Religieux.

Vigilant, attentif à tout et à tous, il s’occupa surtout des pauvres et des malades. Notre Seigneur l’en récompensa en lui apparaissant sous les traits d’un pèlerin.

Il s’interposa pour remettre la paix entre les habitants, toujours enclins à se diviser et à s’affronter en bagarres interminables. 

Il employait tous ses revenus à la restauration des églises, au soulagement des pauvres, des prisonniers et des malades. On dit qu’il eut la grâce d’accomplir des miracles, dont malheureusement on ne dispose pas de récits.

En 1400, le saint évêque démissionna de sa charge, en raison de sa santé, et se retira au couvent de Pistoia. Mais lors de l’épidémie de peste de cette année-là, il alla encore auprès des malades pour les soigner.

Il passa les neuf derniers mois de sa vie cloué au lit et expira le 26 mai 1401.

En 1613, on dut ouvrir le tombeau pour le restaurer, et il s’en dégagea une très agréable odeur.

Le culte d’Andrea Franchi fut confirmé en 1921.

 

Filippo Neri

1515-1595

 

Filippo Neri naquit le 21 juillet 1515, d’un très petit notaire adonné à l’alchimie. Il perdit sa mère de bonne heure et fut surtout élevé par sa belle-mère qui se prit pour lui d’une réelle affection. D’une précoce piété, doublée d’une imagination fertile en inventions burlesques, le «bon Pippo» connut une enfance joyeuse, libre, d’une pureté sans tache. Si l’on ignore tout de ses études, on le verra par contre converser à Rome avec les esprits les plus distingués du temps et orienter vers les travaux de l’esprit ceux de ses disciples qu’il en jugera capables. Adolescent, il goûte la poésie des beaux ciels d’Italie, des courses nocturnes à travers la campagne romaine et aux catacombes, mêlant à ses fantaisies truculentes et joyeuses l’amour passionné de la musique, et à son enthousiasme de la nature le désir d’une vie de renoncement dévouée au salut des âmes et au soulagement des pauvres.

Il fréquente les dominicains à Florence, où le virulent Girolamo (Jérôme) Savonarola avait allumé les esprits et avait été brûlé par l’Inquisition ; il connaît l’abbaye bénédictine du Mont Cassin, où un très vertueux moine lui donne de salutaires conseils. Finalement, Filippo retourne à Rome, déterminé à y mener une vie d’ermite laïque.

A Rome, il renonce à tout son passé et à l’aide de sa famille ; un ami l’héberge pendant quatorze ans, lui confiant en échange la formation de ses deux fils ; Filippo se livre à de longs jeûnes, à la prière, à l’étude de la philosophie et de la théologie. Il est si habile à aborder les problèmes les plus difficiles qu’un de ses professeurs dira de lui  «que sa science égale sa piété».

Préférant l’apostolat auprès des âmes, il se fait prédicateur ambulant ; mais sa méthode est nouvelle : il reste jovial, riant, plaisantant même, pour passer seulement ensuite aux propos plus sérieux. Physionomie essentiellement italienne par la spontanéité, le naturel, la vivacité, le «plus italien de tous les saints» devient vite l’ «Apôtre de Rome» par excellence. Il est tout dévoué aux petits, aux pauvres, aux artisans et boutiquiers, à la jeunesse de la rue dépravée et parfois méchante. 

On connaît peu, au fond, sa vie intérieure, sinon par des manifestations très extraordinaires qu’il n’arrivait pas à maîtriser : visions, extases… On l’entendait crier : «Assez, Seigneur, assez !», ou bien «Retire-toi, Seigneur, retire-toi !» Le tremblement qui accompagnait ses émotions secouait même son entourage. Un jour de Pentecôte, brûlant d’amour, il pensa voir un globe de feu entrer par sa bouche et descendre jusqu’à son cœur ; alors se produisit ce phénomène apparent de son vivant et constaté par les médecins à l’autopsie qui suivit sa mort : deux côtes s’écartèrent en se recourbant comme pour libérer le cœur. Il visitait de nuit les sept basiliques romaines et surtout les catacombes de Saint-Sébastien.

En ce temps-là, l’Eglise était si corrompue, que le pape lui-même disait : «Le mal s’est répandu de la tête aux pieds, du pape aux prélats.» Plus populairement, on disait que pour aller en enfer, il fallait se faire prêtre. Mais Filippo était persuadé que toute institution humaine pouvait être restaurée par la sainteté. Avec d’autres amis, il développe son apostolat romain en s’adressant chaque mois au peuple ; il s’occupe des convalescents, des prisonniers, des étudiants pauvres, des Juifs ; il eut une part importante dans la conversion du roi français Henri IV. Finalement, il sera ordonné prêtre en 1551, sur les conseils instants d’un ami.

Préconisant la célébration quotidienne de la Messe et la communion fréquente des fidèles, il est victime de cabales qui mettent sa patience à l’épreuve ; Jésus lui dit un jour : «Je te donnerai la patience, mais je veux que tu t’appliques à l’acquérir toi-même parmi ces assauts.»

C’est vers 1555 que le groupe de Filippo deviendra autonome et sera à la base de l’Oratorio,  l’Oratoire où Filippo donnera toute la mesure de sa perspicacité et de ses conseils parfois si cocasses. A l’occasion de carnaval, pendant que le peuple et même la cour romaine participaient aux festivités mondaines et licencieuses, il organisait des processions aux sept basiliques, ce qui lui valut d’abord d’être cité au tribunal de l’Inquisition, puis d’être compté au nombre des plus grands amis du pape Paul IV, réputé si sévère. Avec son ami Carlo Borromeo (futur s.Charles Borromée), il fonde des maisons pour filles repenties, pour les sans-logis.

Nommé curé d’une paroisse de Rome, il développe son activité, ses prédications, avec ses amis, et l’Oratoire devient une véritable congrégation. Pie V, très méfiant, le fait surveiller, puis lui accorde toute sa confiance. L’Oratoire est officiellement reconnu en 1575.

Sans cesse plus encouragé par les papes, Filippo refusera toutefois le cardinalat ; épuisé par ses travaux, il dut garder la chambre ; on l’entendit un jour dire : «Toi, Christ, sur la croix, et moi dans un lit, si bien soigné, si bien soulagé, avec tant d’aises.» En 1595, il reçut le viatique, «mon médecin», dit-il, et mourut dans la nuit de la fête du Saint-Sacrement, le 26 mai.

Il fut canonisé en 1622, le même jour que s.Ignace de Loyola, ste Thérèse d’Avila et s.François Xavier.

 

 

Mariana Paredes y Flores

1618-1645

 

Mariana vit le jour le 31 octobre 1618 à Quito (Equateur), benjamine des huit enfants de Jerónimo Flores Zenel de Paredes et de Mariana Granoblés Xaramillo, qui la firent baptiser le 22 novembre suivant, en la fête de sainte Cécile.

Le papa était de Tolède (Espagne), la maman était équatorienne ; tous deux moururent bientôt, laissant Mariana complètement orpheline à six ans. Qui l’hébergea fut sa sœur aînée, Jerónima, dont une des filles, Juana, avait le même âge que sa «tante» Mariana.

Cette sœur aînée eut la surprise de constater combien Mariana se mortifiait, s’imposait la discipline avec des orties, portait un cilice, comme aussi elle organisait des exercices de piété avec ses petites camarades, de sorte qu’elle la présenta à un bon père jésuite qu’elle connaissait.

Mariana put bientôt recevoir l’Eucharistie, en 1625, à un âge exceptionnel pour cette époque ; mais ce qui est encore plus exceptionnel, fut que Mariana fit alors le vœu de chasteté, prenant le nom de Mariana de Jésus, pour bien montrer qu’elle n’appartenait qu’à son Epoux céleste.

C’est cet Epoux qui lui révéla qu’elle ne devait aller ni chez les Dominicaines ni chez les Franciscaines.

Elle obtint de sa sœur un espace strictement personnel dans la maison, qu’elle ferma avec un gros verrou ; comme mobilier : un lit composé de pièces de bois triangulaires, une croix hérissée d’épines, un cercueil à sa taille, un petit autel avec une statue de Jésus enfant et une de la Sainte Vierge, le tout accompagné de cilices et de disciplines. 

Elle se mit un habit noir et ne sortait que pour la messe ou pour assister le Prochain. A la maison, elle servait à table, mais se contentait de pain et d’eau. Les voisins s’étant allarmés de la voir si amaigrie, elle obtint de Dieu de garder une apparence joviale. Sachant jouer de la guitare, elle s’accompagnait en chantant.

Le don des miracles apparut : elle guérit la fille de sa nièce Juana, qui avait eu la tête fracassée par un coup de pied de mule, elle donna à sa sœur la joie de mettre au monde une belle petite fille, alors que tout espoir était perdu, elle réconcilia des ménages indiens ou nègres, elle ranima une pauvre indienne étranglée et abandonnée dans la forêt par son mari. Elle prédit l’avenir, entre autre la date de sa mort, un vendredi 26.

En 1639, elle entra dans le Tiers-Ordre franciscain

Son corps, soumis à un régime si sévère, suscita de réelles préoccupations ; Mariana ne buvait plus ; les médecins pratiquèrent des saignées, qui l’affaiblirent encore plus. Elle subissait aussi des assauts diaboliques. 

En 1645, Mariana s’offrit en victime pour la population de Quito, frappée par des tremblements de terre et une épidémie. Elle s’offrit d’abord à la place du curé, parce qu’elle n’était pas nécessaire. Son offrande se fit le 25 mars, les calamités cessèrent. Mariana tomba gravement malade dès le lendemain, et s’éteignit le 26 mai 1645.

On l’appelait déjà le lys de Quito.

Elle fut béatifiée en 1853 et canonisée en 1950.

Mariana est la première Sainte de l’Equateur, qui la vénère comme son héroïne nationale.

 

 

Pere Sans i Jordá

1680-1747

 

(On trouve aussi Pedro Sanz y Jordá, à l’espagnole).

Né le 3 (ou le 1er ou le 22) septembre 1680 à Ascó (Tortosa, Catalogne, Espagne), Pere (Pierre) était le fils de Andrés Sanz et de Catalina Jordá. Il entra chez les Dominicains de Lérida en 1697, où il fut ordonné prêtre en 1704.

En 1708, il est à Saragosse. En 1712, volontaire pour travailler en pays de missions, il fut envoyé à Manille, où il arriva en 1713 ; il y apprit le chinois, avant de pénétrer dans le Fukien, avec quelques autres Compagnons. 

En 1728, il fut nommé vicaire apostolique et en 1730, évêque coadjuteur.

En 1730, il dut trouver refuge à Canton, où il reçut l’ordination épiscopale. Mais les temps étaient très difficiles. Le nouvel empereur interdit la religion dans ses états. Il fallait se déplacer la nuit. Les missionnaires ne pouvaient célébrer que rarement la Messe. Ils se rencontraient parfois une fois par an…

Exilé à Macao, il dut attendre 1738 pour entrer à nouveau au Fukien et reprendre avec tout son zèle les prédications, le soin pour les pauvres et les malades.

En 1746, un apostat livra des informations et plusieurs missionnaires, dont Mgr Sanz, furent arrêtés à Focheu. Mgr Sanz avait soixante-six ans, il se laissa capturer pour sauver d’autres chrétiens.

Il reçut quatre-vingt-quinze coups d’une courroie en cuir (dont un seul coup peut rendre quelqu’un inconscient, ou lui faire perdre toutes les dents).

Il subit avec les confrères un premier procès, qui finit par une absolution ; mais le vice-roi déposa les juges, nomma un nouveau tribunal, qui cette fois condamna à mort les missionnaires. Ainsi, le vice-roi pourrait être récompensé par la cour impériale. A l’annonce de la sentence, Mgr Sans dit : Du haut du ciel, je serai le protecteur de cet empire.

Au moment du supplice Mgr Sanz adressa au bourreau cette petite phrase : J’aimerais bien t’emmener au Paradis avec moi ; le bourreau lui répliqua : Je désire y aller de tout mon cœur… et le décapita sur le champ.

C’était le 26 mai 1747, à Fuzhou (Fujian). Mgr Pere Sans i Jordá fut béatifié en 1893, et canonisé en 2000.

Son dies natalis est au 26 mai, tandis qu’une fête commune célèbre tous les Martyrs de Chine, le 9 juillet.

 

 

Yi Jae-haeng Andreas

1776-1839

 

Yi Jae-haeng Andreas est un laïc coréen né en 1776 à Hongju (Chungcheong-do, Corée S).

Il fut décapité à Daegu (Gyeongsang-do) le 26 mai 1839 et béatifié en 2014.

 

 

Chang Sŏng-jip Iosephus

1785-1839

 

Joseph était né dans une famille païenne de Seoul.

Il était pharmacien.

Il se maria deux fois, mais ses deux épouses moururent rapidement. Vers trente ans, il commença à étudier la foi catholique.

Joseph avait une difficulté pour croire en l’Incarnation du Verbe et en sa naissance virginale : il ne pouvait se résoudre à croire que Dieu s’était humilié au point de devenir un homme comme nous, uniquement par amour pour l’humanité.

Découragé par ce problème, il abandonna l’étude du catéchisme pendant quelque temps et chercha à se faire de l’argent. Mais un de ses amis le persuada de revenir à Dieu et Joseph se repentit de son éloignement.

Il se livra à la prière, à la méditation, à la lecture de l’Ecriture ; il évitait de rencontrer les amis et vivait dans une grande solitude.

Ses amis lui demandaient pourquoi il ne travaillait plus ; il répondait qu’il préférait souffrir la faim et le froid par amour pour Dieu et pour obtenir le bonheur éternel, plutôt que de conserver la santé de cette terre.

Il reçut le baptême et la confirmation le même jour en avril 1838.

Quand il entendit parler des martyrs, il en fut si ému qu’il voulut se rendre volontairement à la police pour partager leur sort, mais son beau-père l’empêcha.

Il fut tout de même arrêté le 18 mai 1839. Des voisins, des amis et les policiers eux-mêmes le pressaient de renier sa foi. Au contraire, il leur rappela la doctrine catholique, selon laquelle chacun doit aimer Dieu, créateur de toutes choses sur terre, qui recevra au ciel tous les hommes bons, et repoussera en enfer tous les mauvais.

Finalement, le chef de la police l’envoya à la Haute Cour. Comme on ne l’interrogeait pas tout de suite, Joseph demanda pourquoi on le laissait tout seul, sans l’interroger et sans le torturer. On le prit pour un fou et on l’envoya en prison.

Pressé par le chef de police de renier sa foi, il refusa et fut sévèrement battu : il reçut au moins vingt coups de konjang, ce gourdin en chêne, long 1,5 mètre, large 15 cm, épais 5 cm, avec un long manche. Une dizaine de coups seulement de ce gourdin sur le postérieur du supplicié, couché sur le ventre, fait jaillir le sang et met la chair en lambeaux.

Puis il fut renvoyé en prison à Seoul.

C’est là qu’il mourut quelques jours plus tard, le 26 mai 1839.

Chang Sŏng-jip Iosephus fut béatifié en 1925 et canonisé en 1984.

Saint Kim Sŏng-u Antonius (martyrisé le 29 avril 1841 et canonisé avec lui) serait son frère, d’après certains.

 

 

Pak Sa-ui Andreas

1792-1839

 

Pak Sa-ui Andreas est un laïc coréen né en 1792 à Hongju (Chungcheong-do, Corée S).

Il fut décapité à Daegu (Gyeongsang-do) le 26 mai 1839 et béatifié en 2014.

 

 

Gim Sa-geon Andreas

1794-1839

 

Gim Sa-geon Andreas est un laïc coréen né en 1794 à Seosan (Chungcheong-do, Corée S).

Il fut décapité à Daegu (Gyeongsang-do) le 26 mai 1839 et béatifié en 2014.

 

 

Gioan Đoàn Trinh Hoan

1798-1861

 

Gioan (Jean) était né vers 1798 à Kim Long (Thùa Thiên, Vietnam), dans une famille déjà chrétienne, qui comptait plusieurs prêtres et plusieurs martyrs. Le père de Gioan s’appelait Batolomeo. La sœur de Gioan, Elizabeth, était religieuse.

Il entra au séminaire ouvert par les missionnaires des Missions Etrangères de Paris, et fut ordonné prêtre à Saigon en 1836.

Pendant un quart de siècle, le père Gioan fut très actif, inspirant l’enthousiasme tout en restant prudent.

Il devait constamment changer d’habitation et vécut peut-être plus souvent dans sa barque que sur la terre ferme.

Il s’efforçait de former consciencieusement les catéchistes et suscita beaucoup de vocations sacerdotales.

Au début de 1861, il vint à Quảng Bình pour célébrer la fête de l’Epiphanie, après avoir entendu les confessions des fidèles.

Dans la soirée parvinrent des bruits de soldats qui se rapprochaient. Tous se dispersèrent et le père Gioan se cacha derrière un tas de bois ; un soldat l’aperçut.

Devant le tribunal, le père Gioan fut brutalement battu, on lui appliqua un fer rouge sur la cuisse, on voulut le faire piétiner la croix, révéler des noms et apostasier, mais rien n’y fit. Il fut condamné à mort, tandis que les autres Chrétiens étaient condamnés à l’exil.

Pendant les cinq mois de sa captivité, le père Gioan ne cessa d’assister les Chrétiens, confessant, bénissant, encourageant. On put aussi lui porter l’Eucharistie, qu’il reçut en Viatique.

Quand on annonça au père Gioan la date de son martyre, il dit : 

Tout est consommé. Je rends grâces à Dieu de ce qu’il m’a fait connaître l’heure où je verserai mon sang pour sa gloire.

La veille de son martyre, le père Gioan visita encore une fois les prisonniers, leur recommandant de rester fidèles et de prier pour lui.

Le matin, il s’entretint encore tranquillement avec son père, jusqu’au moment où le gardien vint le chercher. Il se leva, portant sa lourde chaîne.

On donna lecture du verdict : le père Hoan était coupable d’être un prêtre catholique, d’avoir séduit les gens, d’avoir violé le droit de l’Etat ; il devait être décapité immédiatement.

Au soldat qui lui enlevait la chemise et voulait aussi lui retirer le scapulaire de la Vierge Marie, il dit : Non, c’est l’image de ma Mère.

On voulut l’attacher à une colonne ; il s’agenouilla de lui-même et assura qu’il ne bougerait pas. Il demanda quelques instants pour prier.

Le soldat dut s’y prendre à trois fois pour le décapiter.

Le martyre eut lieu près de Đồng Hới (Quảng Bình, Vietnam), le 26 mai 1861.

Le père Gioan a été béatifié en 1909, et canonisé en 1988, parmi les cent-dix-sept Martyrs du Vietnam, dont la fête commune est au 24 novembre.

 

 

Matthêô Nguyễn Văn Đắc (Phượng)

1808-1861

 

Matthêô (Matthieu) était né vers 1808 à Kẻ Lái (Quảng Bình, Vietnam).

Il fut orphelin vers douze ans. Marié, il eut huit enfants. 

Il devint catéchiste. Une de ses filles fut religieuse, des Amantes de la Croix.

Ayant hébergé le père Gioan Đoàn Trinh Hoan, il fut brutalement battu. Il reçut d’abord quarante coups de fouet, mais il garda le silence. Interrogé et battu à plusieurs reprises, il supporta ces horribles tortures patiemment. 

Pendant les cinq mois de sa captivité, il donnait souvent ses maigres repas à d’autres prisonniers. Il fut condamné à mort avec le père Gioan, mais étant dans une cellule isolée, jusqu’au dernier moment il ne savait pas quel jour devait avoir lieu son exécution.

Avant de mourir, il recommanda à ses enfants : 

J’accepte volontiers mon sort ; mais vous, aimez-vous les uns les autres ; vivez en bonne intelligence ; aidez-vous spirituellement et matériellement ; et quels que soient les malheurs qui vous accablent, ne vous laissez jamais aller par faiblesse à renier Dieu.

Il fut décapité près de Đồng Hới (Quảng Bình, Vietnam), le 26 mai 1861.

Il a été canonisé en 1988, parmi les cent-dix-sept Martyrs du Vietnam, dont la fête commune est au 24 novembre.

 

 

Ponsiano Ngondwé

1846-1886

 

Ponsiano (Pontien), un Chrétien de quarante ans environ (il naquit vers 1846-1851) fut martyrisé pour sa foi en Ouganda, le 26 mai 1886, et fut canonisé en 1964.

 

Se reporter à la notice Ouganda (Martyrs de l’)

 

 

Anderea Kaggwa

1856-1886

 

Anderea (André), ce Chrétien d’environ trente ans fut martyrisé pour sa foi en Ouganda, le 26 mai 1886, et fut canonisé en 1964.

 

Se reporter à la notice Ouganda (Martyrs de l’)

 

 

Mario Vergara

1910-1950

 

Mario naquit le 16 novembre 1910 à Frattamaggiore (Naples, Italie), un des derniers des neuf enfants de Gennaro et Antonietta.

Le papa dirigeait une petite entreprise de filature du chanvre et, durant ses absences (souvent en Allemagne) pour traiter son petit commerce, c’était son épouse qui gérait et la maison et la fabrique.

Après l’école communale, Mario entra en 1921 au Petit séminaire d’Aversa où sa façon d’être un peu particulière le fit qualifier de rebelle, alors que son cœur était profondément empli d’un grand amour de Dieu et d’un grand zèle pour les âmes.

En 1929, il entra à Monza dans l’Institut Pontifical pour les Missions Etrangères (PIME).

Avant la fin de la seconde année du lycée, il dut rentrer dans sa famille à cause d’une crise d’appendicite, qui évolua en péritonite. On le croyait en fin de vie, mais lui se divertissait intérieurement, persuadé qu’il allait guérir parce qu’il devait être un jour missionnaire.

Il guérit en effet et reprit les études chez les Jésuites de Posilippo, avant de regagner le PIME en 1933.

Ayant accompli les études de philosophie et de théologie, il fut ordonné prêtre en 1934 et, un mois plus tard, envoyé en Birmanie.

Il y fut extrêmement actif, d’abord en étudiant jusqu’à trois des langues des tribus locales en quelques mois, mais aussi en se déplaçant en tous sens pour gérer sa «paroisse» de Citaciò, où il se fait tout à tous, médecin, professeur, juge aussi, et bien sûr prêtre.

La guerre mondiale rendit l’Italie et l’Angleterre ennemis, et les missionnaires italiens furent considérés automatiquement comme «fascistes», ennemis des Anglais, et le père Vergaro se retira à Momblo. Quand en 1941 le Japon entra à son tour en guerre et qu’il envahit la Birmanie, les missionnaires furent internés en camp de concentration en Inde, sous surveillance anglaise. 

En 1943, grâce aux efforts du Vatican et de la Croix-Rouge, les conditions d’internement furent améliorées et les missionnaires purent un peu mieux prier, lire, étudier. La santé du père Vergaro fut durement attaquée, et on lui retira un rein.

En 1945, enfin libéré, il se voit confier par l’évêque la mission d’ouvrir un nouveau centre d’apostolat à l’extrémité orientale de la mission de Toungoo : une centaine de villages, dont les habitants parlent encore une autre langue, et où se sont déjà implantés des missionnaires protestants, outre les habituels bouddhistes. Le père Vergaro y arriva en 1946.

Alors qu’il réussissait déjà à prendre contact, à gagner quelques catéchumènes, à soigner et guérir quelques malades, les missionnaires de l’autre religion devinrent jaloux de son influence et le calomnièrent auprès de la population.

En 1948 arriva un autre prêtre italien, le père Galastri, qui s’y connaissait en matière de menuiserie et de maçonnerie ; ainsi naquirent une école, une église, un orphelinat, un dispensaire… grâce auxquels il étendit les formes de son apostolat, luttant inlassablement contre les préjugés traditionnels, les croyances bouddhistes. 

Mais à partir de la proclamation de l’indépendance (1948), se développèrent des foyers de guerre civile, et les catholiques furent grandement dénigrés auprès des nouvelles autorités civiles. Quand les révoltés furent mis en déroute, leur chef devient le grand ennemi des missionnaires. En 1950, la mission est coupée en deux quand la ville de Loikaw est reprise par les troupes gouvernementales d’un côté, tandis que Shadow est aux mains des rebelles. Il fallait sans cesse traverser les lignes de combat.

Fin janvier 1950, les pères Vergaro et Galastri furent perquisitionnés et accusés d’être espions. Arrêtés, ils furent dans l’impossibilité de faire connaître leur situation.

On sut bien plus tard que le 24 mai 1950, les deux pères, avec leur fidèle catéchiste Isidore, furent arrêtés, longuement interrogés, fait marcher le long du fleuve Salween et, au matin du 26 mai 1950, fusillés ; leurs corps furent emballés dans des sacs jetés dans le courant du fleuve.

La première nouvelle de leur assassinat n’apparut à la radio locale que le 31 août suivant.

 

Le père Vergaro et le catéchiste Isidore furent béatifiés en 2014.

 

 

Isidore Ngei Ko Lat

1918-1950

 

Ce laïc naquit en 1918, dans une famille de paysans récemment convertis grâce au père Paolo Manna (v. 15 septembre) à Taw Pon Athet (Birmanie).

A l’adolescence, il perdit ses deux parents et fut recueilli avec son frère chez une tante.

Fidèle à sa foi, il aidait volontiers les missionnaires dans leurs activités, et entra au séminaire. Excellent élève, il apprit à maîtriser parfaitement le latin et l’anglais. Mais sa santé asthmatique l’obligea à revenir chez les siens.

Isidore conserva son idéal sacerdotal ; il fit le vœu de chasteté et ouvrit une école privée à Dorokho, pour enseigner aux enfants le birman et l’anglais, le catéchisme, la musique et le chant.

C’est avec enthousiasme qu’il accepta la proposition que lui fit le père Vergara d’être catéchiste. C’est dans cette optique qu’il accompagna le missionnaire à Shadaw, où il servit aussi d’interprète pour l’autre missionnaire, le père Galastri.

Il était aux côtés du père Vergara lorsque celui-ci tenta, en vain, d’obtenir la libération d’un autre catéchiste. Ils furent fusillés tous les deux à Shadaw en haine de la foi chrétienne, le 26 mai 1950.

Ils ont été béatifiés en 2014.

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