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27 mai 2020 3 27 /05 /mai /2020 23:00

28 MAI

 

III.

Ste Héliconis, martyre à Corinthe après de longues tortures répétées.

V.

S Caraunus, diacre romain, parti évangéliser en Gaule, assassiné près de Chartres.

?

Ss Crescent, Dioscoride, Paul et Hellade, martyrs romains.

VI.

S Just, évêque à Urgell, frère de trois autres évêques, auteur d’un Commentaire au Cantique des Cantiques.

S Germain, illustrissime évêque à Paris ; fondateur de l’abbaye qui s’appela ensuite Saint-Germain-des-Prés, ami de s. Fortunat qui en écrivit la vie ; il combattit la luxure, la superstition et l’esclavage.

IX.

S Guillaume, cousin de Charlemagne, duc d'Aquitaine, fondateur d’un monastère à Gellone où il fut moine ; le monastère s'appela Saint-Guilhem-le-Désert.

X.

S Poge, évêque à Florence.

XI.

B Lanfranco, de Pavie, prieur au Bec, fondateur d’abbayes à Caen, archevêque à Canterbury.

XII.

Apparition de Notre-Dame à Arras, lors d’une épidémie du mal des ardents  (1105).

XIII.

Bse Ubaldesca, vierge dédiée aux bonnes œuvres à Pise.

XV.

B Ercolano de Piegaro, prédicateur franciscain italien, dont le thème favori était la Passion ; son corps fut trouvé intact cinq ans après sa mort.

XVI.

Bx Thomas Ford, John Shert, Robert Johnson, prêtres, pendus à Tyburn, martyrs à Londres.

Bse Maria-Bartolomea Bagnesi, tertiaire dominicaine à Florence, mystique.

XIX.

S Phaolô Hạnh, devenu chef de voleurs malgré son baptême, mais ensuite confesseur de la foi, martyr en Cochinchine, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

XX.

B Lluís Berenguer Moratonas (1880-1937), prêtre lazariste espagnol, martyr à Barcelone, béatifié en 2017.

Bx Antoni Julian Nowowiejski (1858-1941), évêque à Plock, déporté à Dzialdowo où il mourut d’épuisement, et Władysław Demski (1884-1940), prêtre polonais, mort en camp à Sachsenhausen, béatifiés en 1999.

B Iuliu Hossu (1885-1970), cardinal roumain de rit gréco-catholique, longuement persécuté par le régime communiste, martyr, béatifié en 2019.

B Stefan Wyszyński (1901-1981), cardinal polonais, persécuté par le régime stalinien et champion de la résistance des Chrétiens, béatifié en 2020.

 

Heliconis de Corinthe

3e siècle

 

Heliconis fut arrêtée à Corinthe (Grèce) par ordre du préfet Perennius, qui la fit torturer de mille façons.

Perennius étant mort, son successeur Iustinus reprit les tortures ; Heliconis eut les seins coupés, fut brûlée avec des torches. Des anges vinrent la soulager. Finalement elle fut décapitée.

Sainte Heliconis de Corinthe est commémorée le 28 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Caraunus de Chartres

5e siècle

 

Caraunus (devenu Chéron en français) naquit au 5e siècle à Rome, dans une famille patricienne.

Après de bonnes études, il eut la grâce de connaître la Vérité, se convertit et reçut le baptême.

A la mort de ses parents, il distribua son héritage aux pauvres et entra dans la cléricature. Il vécut en ermite.

Ordonné diacre, il quitta Rome (ou peut-être fut-il envoyé en mission) pour la Gaule ; il s’embarqua, arriva à Marseille, remonta vers Paris, mais fut assassiné à Chartres par des brigands

Cette mort violente a été assimilée à un martyre.

Pour une fois, les reliques de s.Caraunus furent mises en sûreté pendant la Révolution, et conservées.

Saint Caraunus de Chartres est commémoré le 28 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Just d’Urgell

† 547

 

Le catalan Just fut le premier évêque connu d’Urgell.

D’après la Tradition, il avait trois frères, tous trois évêques et Saints : Nebridio d’Egara puis de Barcelone, Elpidio de Huesca et Giustiniano de Valencia (qui ne sont plus inscrits dans l’actuel Martyrologe).

On doit à Just un commentaire du Cantique des Cantiques. On a jugé apocryphe la lettre qu’il aurait envoyée à Serge, pape de 687 à 701, mais le destinataire du Commentaire et de la lettre était en fait l’évêque de Tarragona.

Just écrivit aussi un sermon en l’honneur du martyr s.Vincentius (v. 22 janvier).

Il participa à des conciles : Tolède (527), Lleida (546), Valence (549).

Just mourut à La Seu d’Urgell en 547.

Saint Just d’Urgell est commémoré le 28 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Germain de Paris

496-576

 

Germanus naquit en 496 à Autun, d’Eleutherius et Eusebia, cette dernière ayant tenté vainement d’avorter.

Plus tard, alors qu’il se trouvait chez sa tante durant ses études, cette dernière lui prépara un poison mortel, que son fils consomma par mégarde, et dont il demeura infirme toute sa vie. Nous ne savons pas pourquoi ces deux femmes s’acharnèrent ainsi contre la vie de Germain.

Après ses études, Germain fut pendant une quinzaine d’années chez son parent, Scopillonus, dans une localité qui pourrait être l’actuelle Lucey (en Côte-d’Or). Germain pratiquait déjà diverses mortifications, comme les jeûnes et les veilles. L’évêque d’Autun ayant eu vent des bonnes dispositions de Germain, l’appela et l’ordonna diacre, puis prêtre.

Germain fut chargé de la direction du monastère Saint-Symphorien d’Autun.

En 555, Germain se trouvait à Paris, et fut désigné pour succéder à l’évêque défunt.

Sans rien changer à ses habitudes frugales, Germain eut une grande préoccupation pour les pauvres, en faveur desquels il savait obtenir du roi d’importants subsides.

Le roi Childebert pouvait d’ailleurs lui manifester sa reconnaissance, car il fut guéri par Germain.

Ce fut donc d’un commun accord que le roi Childebert et Germain firent édifier l’abbaye qui sera plus tard Saint-Germain-des-Prés. Pour la peupler, Germain appela des moines de Saint-Symphorien d’Autun. La Règle qui y fut suivie fut celle de s.Basile et de s.Antoine (v. 2 et 17 janvier). La dédicace a pu avoir lieu en 558.

Germain resta en bons termes avec le roi Clotaire et son épouse sainte Radegonde, qui se retira à Poitiers ; c’est là qu’il rencontra s. Venance Fortunat, qui serait plus tard son biographe.

Avec le roi Caribert, les relations furent tendues, car Germain fut bien obligé d’excommunier le roi et sa concubine, qui ne prirent jamais en compte les sages remontrances de Germain.

Il y eut aussi de graves tensions entre la reine Brunehaut, femme de Sigebert, et Frédégonde, femme de Chilpéric ; Germain tenta vainement de les amener à la paix : Frédégonde fit assassiner Sigebert.

Germain fut présent au concile de Tours (567) et convoqua deux conciles à Paris.

Il mourut le 28 mai 576.

La chapelle où Germain fut inhumé, servit de prison en 1792, puis l’église servit d’usine à salpêtre. Le culte y fut repris en 1802, mais les reliques avaient depuis longtemps été protégées à Saint-Germain-le-Vieux.

Saint Germain de Paris est commémoré le 28 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Guillaume de Gellone

750-815

 

Guillaume naquit vers 750-755 dans la France du Nord, de Thierry et Aude.

Il fut cousin de Charlemagne qui, pour le récompenser de ses services, lui confia en 790 le gouvernement de Toulouse et de l’Aquitaine.

Guillaume épousa en premières noces Cunégonde, et plus tard Guibourg. De la première il eut, semble-t-il, sept enfants (Helmburgis, Bernard, Héribert, Guitcaire, Hildehelm, Helimbruc, Gerberge et Cunégonde ; de la seconde, il aurait eu ensuite trois autres enfants (Gaucelme, Thierry, Warner), et peut-être une fille, Rolande. Mais on ne peut garantir avec certitude les généalogies de cette époque.

En 793, il livra bataille contre les Sarrasins ; s’il ne put les vaincre, au moins il les arrêta à Villedaigne. En 803, au terme de nouveaux combats contre les Sarrasins, il entra dans Barcelone.

Or en 804, il renonça au monde, à sa position bien en vue, fonda l’abbaye de Gellone, où il se retira. Il fut le fils spirituel de s.Benoît d’Aniane (v. 12 février).

Moine exemplaire, il utilisa ce qui lui restait de fortune pour enrichir le monastère d’ornements, constituer une grande bibliothèque, planter des vignes et des arbres. Il s’effaçait, participait à la prière de l’Office divin, travaillait au pétrin ou à la cuisine comme tous les moines. Il pratiquait le jeûne, se faisait flageller, passait des nuits entières en veille ; quand les frères étaient aux champs, il leur portait quelque boisson fraîche.

Guillaume mourut saintement le 28 mai 812 ou 815.

L’abbaye qu’il fonda devint Saint-Guilhem-le-Désert. Fortement endommagée au long des siècles, vendue à la Révolution, restaurée, elle est un musée où s’organisent des concerts.

Saint Guillaume de Gellone est commémoré le 28 mai dans le Martyrologe Romain.

Lanfranco de Canterbury

1005-1089

 

Lanfranco vit le jour vers 1005 (c’est-à-dire entre 1000 et 1010) dans l’italienne Pavie (Italie N), où son père Ambaldo était magistrat ; sa mère s’appelait Rosa.

Pour succéder à son père, mort prématurément, Lanfranco étudia le droit. Déjà vers 1032, il enseigne.

Vers 1035, il vint en France et enseigna les matières fondamentales du trivium à Avranches, mais sans grand succès. Pourquoi Avranches ? Parce qu’il se trouvait ainsi protégé par l’abbaye du Mont-Saint-Michel, alors gouvernée par un autre italien piémontais, Suppone.

Tentant alors de se rendre à Rouen, il fut assailli un soir par des brigands qui le dépouillèrent de tout ce qu’il avait et le laissèrent attaché dans un fourré. Il pria alors et promit à Dieu, s’il s’en sortait, de corriger sa vie pour ne servir que Lui. Au petit matin, des voyageurs le délivrèrent et lui indiquèrent un petit monastère proche. On ne sait pas quel était ce monastère.

Vers 1042, Lanfranco se retira à l’abbaye bénédictine du Bec, qu’il faillit quitter pour chercher un monastère plus rigoureux. Mais l’abbé, craignant de le perdre, le nomma prieur. Il y eut un «incident diplomatique» : le duc de Normandie, Guillaume le Conquérant avait été excommunié à cause de son mariage avec une cousine ; Lanfranco ne pouvait qu’approuver cette mesure, et le duc voulut l’exiler ; Lanfranco se présenta lui-même à Guillaume, lui parla doucement et réussit à se faire accepter comme négociateur de l’affaire entre le duc et le pape.

En 1049, il participa au concile de Reims, qui examina cette question, ainsi que la doctrine de Béranger de Tours sur l’Eucharistie. Concernant ce dernier, Lanfranco présenta son traité sur l’Eucharistie, dans lequel il démontrait la distance entre sa position et celle de Béranger. Concernant Guillaume, dont le concile confirmait la condamnation, Lanfranco obtint du pape une dispense de parenté, à condition que Guillaume fondât deux abbayes : ainsi naquirent à Caen l’abbaye aux Hommes et l’abbaye aux Dames.

Lanfranco participa ensuite aux conciles de Verceil (1050), Tours (1055) et Rome (1059).

Lanfranco devenait alors très illustre. Les vocations affluèrent au Bec et son enseignement allait lui attirer d’illustres élèves parmi lesquels Yves de Chartres (v. 23 décembre), Anselmo d’Aoste (plus tard archevêque de Canterbury, v. 21 avril) et un autre Anselmo, futur pape Alexandre II. Il en vint de toute l’Europe. Au Bec, Anselmo d’Aoste sera son successeur comme professeur.

En 1066, Lanfranco fut nommé abbé de Saint-Etienne de Caen, l’abbaye aux Hommes.

En 1070, Guillaume, devenu roi d’Angleterre après la bataille de Hastings, obtint du pape la nomination de Lanfranco à la tête du diocèse de Canterbury.

Désormais, Lanfranco travailla à faire valoir l’autorité du siège de Canterbury sur tous les autres (en particulier celui d’York), ce que reconnut le concile de Winchester (1072).

Lanfranco voulut aussi imposer les usages et les décisions romaines, mais avec une certaine prudence : il ne voulait pas déposer purement et simplement les prêtres mariés, se contentant d’exiger des nouveaux candidats au diaconat le vœu de chasteté. Le pape Grégoire VII trouvait cette «clémence» excessive, mais les résultats purent donner raison à Lanfranco.

Dans le même ordre d’idées, Lanfranco remplaça partout où il le put le clergé anglais par des moines de Normandie, fidèles à Rome. Ce ne fut pas toujours sans heurts, et Lanfranco dut y mettre beaucoup de tact.

Il fit aussi agrandir la cathédrale de Canterbury.

Quant à Guillaume, il laissait à Lanfranco le gouvernement du pays durant ses absences. Lanfranco déjoua en 1075 une conspiration ourdie par des comtes contre Guillaume. Ce dernier mourut en 1087. Lanfranco en couronna le deuxième fils, Guillaume le Roux, qui fut loin d’égaler son père.

Désormais âgé et malade de dysenterie, Lanfranco s’éteignit le 28 mai 1089.

Il ne fut béatifié qu’en Angleterre. Officiellement, aucune proclamation ne se fit à Rome, mais on lui reconnaît le titre de Bienheureux dans le Martyrologe.

Saint Lanfranco de Pavie, ou du Bec, ou de Canterbury - comme on a préféré l’appeler pour le distinguer d’un autre Lanfrando de Pavie, v. 23 juin) - est commémoré le 28 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ubaldesca Taccini de Castello di Calcinaia

1136-1206

 

Ubaldesca vit le jour à Calcinaia (Pisa, Italie C), fille unique de pieux parents, dont elle apprit à prier et à donner aux pauvres.

Un jour de 1151 que ses parents travaillaient aux champs et qu’elle était en train de préparer le pain à la maison, elle eut la vision d’un ange qui l’invita à se rendre chez des moniales de Pise, sans se préoccuper pour sa dot. Ces moniales étaient de l’Ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem (auj. Ordre de Malte).

Laissant là le pain dans le four, elle alla avertir ses bons parents de la «visite», et ceux-ci la conduisirent sans tarder à ce monastère, où l’abbesse avait été avertie par le même Ange de l’arrivée de la jeune fille.

A leur retour chez eux, les deux parents trouvèrent un pain excellent dans le four, bien qu’il y fût resté deux jours entiers ; en action de grâce, ils le portèrent au monastère. C’était le premier miracle de leur fille !

Ubaldesca vécut dans le monastère et dans l’hôpital d’une façon vraiment exemplaire, soumise à toutes, et s’imposant aussi de sévères mortifications, le jeûne, le cilice, les veilles.

Devant un jour passer le long d’un mur, il s’en détacha une pierre qui la blessa à la tête ; elle demanda à Dieu de lui conserver cette blessure toute sa vie.

Un Vendredi Saint, elle puisa de l’eau pour des femmes qui s’en revenaient de l’office liturgique ; celles-ci lui demandèrent de faire un signe de croix sur l’eau, qui alors se transforma en vin ; elles en furent fort soulagées, car le jeûne au pain et à l’eau les avait bien fatiguées. Ubaldesca eut beau leur recommander de n’en rien dire à personne, on le sut tout de même…

A l’aumônier qui recommandait aux Religieuses de l’avertir à temps pour être présent auprès d’Ubalsdesca au moment de sa mort, celle-ci l’avertit qu’il ne pourrait être là ; en effet, elle mourut juste après la visite qu’il lui fit, le 28 mai 1206, dimanche après la Pentecôte. L’abbesse et les Religieuses la virent monter au ciel, accompagnée d’anges qui chantaient Viens, épouse du Christ, reçois la couronne que le Seigneur t’a préparée pour l’éternité.

Une semaine après, l’aumônier la vit entre deux chars de feu, entourée d’anges qui l’introduisaient dans le ciel en chantant.

Le jour des funérailles, furent guéris instantanément vingt-deux malades ; par la suite, des guérisons s’opérèrent par dizaines. Un de ces miracles fut celui-ci : un artisan qui battait monnaie pour la ville de Pise, fit un faux mouvement et une des pièces lui entra dans la main ; les médecins ne pouvaient rien faire pour l’extraire et la gangrène s’y mettait dangereusement ; l’artisan vint prier devant le tombeau d’Ubaldesca : à l’instant la pièce sortit de la main et il se retrouva tout-à-fait guéri.

Un autre «miracle» se produisit en faveur d’un Religieux de l’Ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, qui était prieur à Pise et qui fut injustement écarté et déposé par le Grand Maître ; pour mettre fin à la situation ambiguë dans laquelle il se trouvait par rapport aux autres Confrères, il pria intensément Ubaldesca de lui faire retrouver sa place. Celle-ci lui apparut et lui promit de lui obtenir cette grâce, si en retour il s’engageait à toujours célébrer avec solennité la fête de la Sainte Trinité. Cette solennité en effet n’existait pas encore au 13e siècle, et ne fut instituée pour l’Eglise universelle qu’au siècle suivant. Le Religieux retrouva effectivement sa place, son honneur, et resta fidèle à sa promesse. Par la suite, la solennité de la Très Sainte Trinité fut effectivement placée au dimanche suivant la Pentecôte.

On ne dit pas quand Ubaldesca fut canonisée, mais le Martyrologe la mentionne comme Sainte au 28 mai.

 

 

Ercolano de Piegaro

? - 1451

 

Ercolano était natif de Piegaro (Perugia, Italie C) et fit partie des Franciscains Observants.

De toute la première partie de sa vie, on sait seulement qu’il était déjà prêtre et prédicateur, très actif et efficace, en 1420. Son thème préféré était la Passion, par lequel il avait accoutumé de faire pleurer son auditoire et, ce qui vaut mieux, de l’amener à une vie foncièrement chrétienne.

En 1430, il était en train de prêcher un carême aux habitants de Lucques, lorsque les Florentins vinrent assiéger la ville. Le peuple, affamé, pensait devoir se rendre, mais Ercolano les invita à résister encore un peu, mais en acceptant un jeûne sévère, que le Christ ressuscité ne tarderait pas à récompenser. Effectivement, les Florentins finirent par se lasser du siège et se retirer. Lui-même prêchait d’exemple : il jeûnait des jours entiers, prenant tout au plus un peu de pain avec des herbes ; il portait le cilice.

Reconnaissants, les habitants donnèrent à Ercolano le couvent de Pozzuolo ; l’année suivante, il prêcha à Pérouse.

En 1434 il obtint la permission papale de fonder deux couvents près de Lucques : Barga et Castelnuovo de Garfagnana. Il commençait de construire une petite maison, quand son Confrère Alberto de Sarteano le pria de l’accompagner en Orient (1435-1437).

Puis, Ercolano fut gardien en divers couvents proches de Lucques.

Au mois de mai 1451, il prêchait à Viterbe et se retrouvait à la fin de ce mois à Castelnuovo.

D’après le Martyrologe, il s’éteignit le 28 mai 1451.

Enterré dans un endroit assez humide, son corps fut cependant retrouvé intact cinq ans plus tard.

Le culte d’Ercolano fut confirmé en 1860.

 

 

Maria Bartolomea Bagnesi

1514-1577

 

Maria Bartolomea naquit le 24 août 1514 à Florence (Italie C), de Carlo di Rinieri e Alessandra Oriandrini,   une famille de noble origine, qui lui firent donner au baptême le nom du Saint du jour, Barthélemy.

La maman mourut précocement, obligeant Maria à s’occuper de la famille.

En 1531, son père lui parla de mariage : elle en fut si surprise et effrayée, qu’elle en subit une sorte d’attaque, dont elle se releva hémiplégique ou même tétraplégique, au point qu’elle dut désormais garder le lit pendant quarante-cinq ans.

Le père cependant continua de s’opposer au désir de Maria Bartolomea de devenir religieuse. Mais elle, à trente-trois ans, prit la décision de demander l’habit du Tiers-Ordre dominicain. Dans cette atmosphère de paix, Maria Bartolomea ressentit un réel soulagement et put même quelques fois sortir de la maison.

Maria Bartolomea méditait surtout la Passion du Christ, et lisait l’Ecriture ; elle recevait ceux et celles qui avaient besoin d’un conseil, d’une parole de consolation.

Elle fut très proche de sainte Maria Maddalena de’ Pazzi (v. 25 mai). Celle-ci affirma avoir été guérie par elle de sa maladie en 1584, et avoir assisté à certaines de ses visions.

Maria Bartolomea  mourut le 28 mai 1577 et fut béatifiée en 1804.

On dit qu’en 1741 elle apparut in extremis à un jeune vénitien de passage à Florence, qui de désespoir allait probablement se donner la mort ainsi que son épouse.

Un an après la béatification, la sœur cellérière recueillit quelques gouttes de l’huile de la lampe qui brûlait près du tombeau de Maria Maddalena de’ Pazzi et les versa dans un récipient de sa cantine, qu’elle avait placé devant un portrait de Maria Bartolomea : le récipient fut rempli d’une huile très pure, qui fut dûment observée, analysée, et officiellement déclarée «miraculeuse».

Le Martyrologe mentionne Maria Bartolomea au 28 mai.

Thomas Ford

? -1582

 

Trois prêtres anglais furent martyrisés à Tyburn le 28 mai 1582.

Thomas Ford était né à Devon (Angleterre).

En 1567, il fut au Trinity College d’Oxford, dont il serait devenu le président.

En 1570, il vint au collège anglais de Douai, dont il fut un des trois premiers séminaristes à être ordonnés prêtres, en mars 1573 à Bruxelles.

Il partit pour l’Angleterre en mai 1576 et devint l’aumônier de James Braybrooke à Sutton Courtenay, puis d’Edward Yate et des Brigittines qu’il abritait à Lyford (Berkshire).

En juillet 1581, il fut arrêté avec Edmund Campion (voir au 1er décembre) et conduit à la Tour de Londres le 22 juillet, où il subit la torture, comme ce fut le cas aussi pour l’autre arrêté, John Shert.

Le 16 novembre 1581, ils furent présentés devant le tribunal de la Reine, et condamnés à mort le 21 novembre pour les absurdes crimes d’avoir comploté contre le royaume, à Rome et à Reims (où ils n’avaient jamais été), et à des dates où ils se trouvaient en Angleterre.

La sentence ne fut exécutée que le 28 mai 1582, à Tyburn, jour où furent martyrisés Robert Johnson, Thomas Ford et John Shert.

Le culte qui leur était rendu fut confirmé en 1886, ce qui équivalait à la béatification.

 

 

John Shert

? -1582

 

Trois prêtres anglais furent martyrisés à Tyburn le 28 mai 1582.

John Shert était né à Shert Hall (Cheshire, Angleterre).

En 1566, il fut bachelier au Brasenose College d’Oxford.

Instituteur à Londres, domestique de Thomas Stapleton à Douai, il entra au Collège anglais de cette ville en 1576 et fut ordonné sous-diacre.

Envoyé au Collège anglais de Rome, il en était alors l’aîné des six séminaristes et fut ordonné prêtre.

Le 27 août 1579, il quitta Reims pour l’Angleterre où, bientôt arrêté, il fut enfermé à la Tour de Londres.

Condamné à mort, il fut exécuté le 28 mai 1582, à Tyburn, jour où furent martyrisés Robert Johnson, Thomas Ford et John Shert.

Le culte qui leur était rendu fut confirmé en 1886, ce qui équivalait à la béatification.

 

 

Robert Johnson

? -1582

 

Trois prêtres anglais furent martyrisés à Tyburn le 28 mai 1582.

Robert Johnson était né à Shropshire (Angleterre).

En 1571, il fut admis au Collège germanique de Rome, soit pour avoir des affinités avec les Allemands, soit pour en apprendre la langue (?). Il passa ensuite au Collège anglais de Douai, et reçujt l’ordination sacerdotale à Bruxelles en 1576.

Il partit tout de suite en Angleterre. En 1579, il fit un pèlerinage à Rome et retourna en Angleterre en 1580.

En juillet de cette année-là, il fut conduit au Poultry Counter, et ensuite à la Tour de Londres, le 5 décembre.

Le 16 décembre, il subit l’horrible torture du chevalet, puis fut jeté au fond d’un cachot souterrain, où il demeura près d’une année.

Le 14 novembre 1581, il fut présenté devant le tribunal de la Reine, et condamné à mort le 20 novembre.

La sentence ne fut exécutée que le 28 mai 1582, à Tyburn, jour où furent martyrisés Robert Johnson, Thomas Ford et John Shert.

Le culte qui leur était rendu fut confirmé en 1886, ce qui équivalait à la béatification.

 

 

Phaolô Hnh

1826-1859

 

Phaolô (Paul) était né vers 1826 à Ch Quán (Gia Đnh, Vietnam), et avait reçu le baptême.

Mais - Dieu le permettant pour sa plus grande gloire - Phaolô oublia le bon chemin et s’enlisa dans la boue de la délinquance, devenant chef d’une bande de voleurs.

La grâce travailla son cœur et il se repentit pour ne plus jamais dévier de sa route.

Arrêté en 1859, il fut interrogé, torturé, accusé d’avoir servi de guide aux Français pour prendre le fort de Cai-Mai ; il nia absolument : Jamais je n’ai servi de guide aux barbares d’Occident, jamais je n’ai eu de relations avec eux !

L’accusation tombait de soi, car il n’y avait aucune preuve. En revanche, le mandarin demanda à Phaolô s’il était chrétien et disposé à apostasier. Il trouva un roc : Phaolô persévéra inébranlable dans sa foi.

Il subit le supplice des verges, puis celui des tenailles froides ; le lendemain, celui des tenailles rougies au feu, et, comme la question n’avait aucun résultat, on fit étendre les jambes du patient sur une enclume et les bourreaux les frappèrent au marteau ; ce qui restait du pauvre Martyr n’avait plus qu’à être décapité.

C’était le 28 mai 1859, à Saigon (qu’on appelle aujourd’hui Ho-Chi-Minh-Ville).

Phaolô Hnh fut rangé au nombre des Martyrs vietnamiens, canonisés en 1988 et fêtés ensemble le 24 novembre.

 

 

Lluís Berenguer Moratonas

1869-1937

 

Né le 4 juillet 1869 à Santa Maria d’Horta (Barcelone), il était le plus jeune d’une famille de dix enfants, dont quatre filles furent religieuses. Ses parents, Francisco et María, le firent baptiser dès le lendemain, le 5 juillet.

Il entra dans la Congrégation de S.Vincent de Paul (Lazaristes ou Vincentiens) à Madrid, fit les vœux en 1887 et fut ordonné prêtre en 1893.

En 1902 se constitua la province de Barcelone et il en fit partie. De 1899 à 1918, il fut envoyé au Mexique comme professeur et formateur de divers séminaires dirigés par les pères vincentiens. En 1915, il passa à Cuba à cause de l’atmosphère déjà profondément anticléricale du Mexique (qui devait aboutir au déchaînement de la persécution religieuse quelques années plus tard). En 1921, il revint en Espagne.

A Barcelone, il était recteur de l’église à la maison provinciale. Il jugeait la situation de l’Espagne moins dangereuse que celle qu’il avait connue au Mexique, mais il fut bien obligé de mettre en sûreté la Sainte Réserve et tous les objets du culte, avant d’abandonner la maison et de s’enfuir avec le Supérieur, au matin du 20 juillet 1936.

Il se cacha chez un cousin, mais fut découvert le 17 septembre.

En prison, sa santé se dégrada très vite et très gravement : bronchite pulmonaire, méningite, septicémie. Enfin on lui consentit de le mettre à l’infirmerie, où un prêtre put lui administrer les Sacrements. Le 27 mai 1937, on le transporta à l’hôpital, dans la salle des détenus malades.

C’est là qu’il mourut, offrant sa vie pour l’Espagne, le 28 mai 1937.

Le 7 décembre suivant, une explosion causa la mort de trente-six personnes là où Lluís s’était réfugié chez son cousin ; celui-ci attribuait à son intercession d’être resté sain et sauf.

Le père Lluís fut béatifié en 2017.

Le nom du bienheureux Lluís Berenguer Moratonas sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 28 mai.

 

 

Władysław Demski

1884-1940

 

Né le 5 août 1884 à Straszewo (Prusse orientale, Pologne), il était le fils de Francis et de Rozalia Kamrowska, des agriculteurs. Il avait deux frères, Agaton et Bolesław.

Après ses études il entra au séminaire de Braniewo (1906-1910) et fut ordonné prêtre en 1910.

Ses postes successifs le portèrent à Sząbruku Barczewo, Biskupcu, Powiśle. Il se montra ardent défenseur des traditions et des droits des Polonais.

En 1920 il fut co-fondateur de l’Union des Polonais en Prusse orientale, et vice-président de l’Association de l’Ecole polonaise catholique dans la région de la Vistule.

Nommé aumônier pour l’hôpital militaire de Königsberg, il soutint des associations culturelles «indépendantes», mais les autorités allemandes l’obligèrent à quitter la Vistule en 1922.

Installé à Inowrocław comme préfet de l’Ecole Kasprowicz, il fit des études de philosophie et de philologie à l’université de Poznan : après avoir passé l’examen, il fut admis à enseigner le grec et le latin à temps plein. On le disait sévère, mais très intéressant.

Arrêté par les autorités allemandes le 2 novembre 1939, il fut mis en prison à Inowrocław, puis envoyé au camp de concentration de Stutthof en février 1940, d’où il fut transféré à celui de Sachsenhausen le 10 avril suivant ; il fut au bloc 20 avec le numéro 9103.

Il y reçut de mauvais traitements, on lui versa de l’eau froide, son corps fut tout gonflé et couvert de plaies.

Lors d’un changement de vêtements, son chapelet tomba à terre. Le surveillant cria au «gros curé» de le piétiner, il refusa. Le surveillant l’envoya dans la boue et ordonna à l’abbé Demski d’aller l’embrasser, avec force insultes et moqueries. L’abbé Demski se pencha pour baiser le chapelet de ses lèvres : à ce moment-là, il reçut une rossée de coups de bâtons sur la tête, le dos et les reins.

S’étant relevé avec peine, l’abbé revint au bloc en s’appuyant au bras d’un camarade, disant simplement : Il faut tout supporter, sans se plaindre.

Malgré ses souffrances et la fièvre, on s’en prit encore à lui le lendemain. A l’appel, il s’appuyait au bras d’un autre prêtre qui, ayant survécu, put témoigner. Mais lui, ne pouvant rester sur ses jambes, s’écroula. Les témoins affirmèrent qu’il était tombé comme un Martyr des premiers siècles.

C’était le 28 mai 1940.

Władisław Demski a été béatifié en 1999, parmi les cent-huit Martyrs polonais de l’époque nazie.

Il a été choisi comme patron de l’école primaire de Straszewie et des écoles catholiques de Inowrocław.

 

 

Antoni Julian Nowowiejski

1858-1941

 

Né le 11 février 1858 (le jour de l’apparition mariale à Lourdes), à Lubienia (Opatów, Pologne), Antoni Julian étudia à Płock et à Saint Petersbourg, avant de recevoir l’ordination sacerdotale en 1881.

Il fut professeur et recteur au séminaire de Płock, chanoine à la cathédrale et vicaire général.

En 1908, il fut nommé et consacré évêque de Płock.

Parmi ses initiatives, fut la création du petit séminaire. Pendant la Première guerre mondiale, il eut l’initiative de mesures charitables diverses.

Deux synodes diocésains (1927 et 1938) et un congrès de l’Action Catholique relancèrent la réforme spirituelle du diocèse.

Des ouvrages historiques (sur l’histoire de Płock) lui valurent le titre de docteur honoris causa de l’université de Varsovie. Un ouvrage sur la liturgie en paroisse fut un texte de base qui eut jusqu’à sept rééditions.

Dès le début de la Deuxième guerre mondiale, l’administration nazie voulait éliminer l’intelligentsia polonaise : Mgr Nowowiejski et Mgr Wetmański furent arrêtés en 1940, et mis en prison à Słuck et Działdowo.

On lui offrit une opportunité de fuir, qu’il refusa, préférant rester dans son pays, près de son troupeau.

Il fut battu impitoyablement et en mourut dans le camp de Działdowo, le 28 mai 1941, à quatre-vingt trois ans.

Mgr Nowowiejski a été béatifié parmi les cent-huit Martyrs polonais de la répression nazie, en 1999.

 

 

Iuliu Hossu

1885-1970

 

Iuliu Hossu naquit le 30 janvier 1885 à Milaş (Transylvanie, alors Autriche-Hongrie, act. Roumanie), dans une vieille famille de rit gréco-catholique ; les parents s’appelaient Ioan et Victoria Mariutiu ; ils eurent quatre enfants : Iuliu, Vasile, Traian et Ioan.

Alexandru fréquenta l’école à Cluj puis à Budapest, le lycée à Târgu Mureş et Blaj.

Il étudia la Philosophie et la Théologie à Vienne puis à Rome, à l’Université Pontificale Urbaine ; il obtint le doctorat en Philosophie (1906) et  le doctorat en Théologie (1908).

En 1910, il reçut l’ordination sacerdotale des mains de son oncle Vasile Hossu, évêque à Gherla, et compléta ses études pendant une année, travaillant comme archiviste et bibliothécaire. De 1911 à 1914, il fut secrétaire de son oncle Vasile et devint ainsi l’ami du Premier Ministre István Tisza.

Pendant la Première Guerre mondiale, il fut aumônier des armées austro-hongroises, tandis que ses trois frères étaient aussi mobilisés ; un de ses cousins mourut au front de Serbie.

En 1917, il fut nommé évêque de Gherla et consacré en décembre ; suivant une ancienne tradition, l’empereur Karl Ier d’Autriche, aujourd’hui Bienheureux (v. 1er avril), proclama cette nomination et la présenta au pape Benoît XV pour confirmation.

En novembre 1918, Mgr Hossu fut nommé représentant de droit de l’Assemblée Nationale de tous les Roumains de Hongrie, qui proclama en décembre la réunion de la Transsylvanie à la Roumanie et présenta sa soumission au roi Ferdinand de Roumanie.

En 1930, Mgr Hossu fut nommé évêque de Cluj-Gherla quand Gherla fut réuni à Cluj ; puis il fut nommé administrateur apostolique de Maramureş (1930-1931), plus tard aussi d’Oradea Mare (1941-1947).

En 1948 commença la persécution ouverte du gouvernement communiste contre l’Eglise gréco-catholique : on voulait détacher le clergé de son appartenance à Rome et le forcer à entrer dans les rangs de l’Orthodoxie, soumise au gouvernement. Mgr Hossu s’y opposait fermement, même quand on lui proposa le siège métropolite de Moldavie en échange de sa rupture avec Rome ; lorsque trente-six prêtres catholiques lui déclarèrent qu’ils étaient prêts à passer à l’Eglise orthodoxe, il les suspendit ipso facto.

L’évêque s’était ainsi opposé si ouvertement au gouvernement communiste, qu’il se vit forcé de quitter son diocèse ; bientôt arrêté, il fut confiné à Jilava, puis Drogoslavele, où il souffrit la faim et le froid avec les autres évêques prisonniers ; puis il fut à la prison de Sighet, à celle de Curtea de Argeş, au monastère de Ciorogârla en 1956 ; là encore il reçut des «visites» de prélats orthodoxes. Ce fut enfin la résidence forcée à Căldăruşani, où il resta jusqu’à sa mort.

En 1969, il fut suggéré au pape Paul VI de remettre la pourpre cardinalice au Roumain, Mgr Hossu, et au Hongrois, Mgr Áron Márton, les deux piliers de la communauté gréco-catholique, pour manifester le soutien du pape à cette communauté. Le gouvernement roumain accepta seulement la nomination d’Áron Márton, lequel alors refusa d’être élevé au cardinalat. Paul VI nomma Mgr Hossu cardinal in pectore (en secret), et cette nomination ne fut révélée qu’après la mort du Prélat.

Mgr Hossu mourut à l’hôpital Colentina de Bucarest, le 28 mai 1970, veillé par Mgr Alexandru Todea, auquel il dit ces ultimes paroles : Mes combats finissent, les tiens commencent.

La dépouille de Mgr Hossu fut enterrée à Bucarest, et solennellement transférée en 1982.

Iuliu Hossu est un des sept évêques roumains reconnus martyrs et béatifiés en juin 2019, par le pape François lui-même, lors de son voyage apostolique en Roumanie.

 

 

 

Stefan Wyszyński

1901-1981

 

Stefan Wyszyński naquit le 3 août 1901 à Zuzela (Mazovia O., Pologne) ; cette région, au début du siècle, faisait partie de l’empire de Russie, et le resta jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale. De vieille noblesse polonaise, les parents s’appelaient Stanisław et Julianna Karp, les cinq frère et sœurs de Stefan : Julia, Anastazja, Janina, Wacław, Stanisława.

M. Wyszyński était très chrétien et très marial ; il s’occupait de la sacristie et de la vie de la paroisse.

En 1910, mourut la mère de Stefan. L’année suivante, le garçon fut envoyé à Varsovie pour ses études. En 1914-1916, il étudia à Łomża, puis intégra le séminaire de Włocławek.

En 1924, après une assez grave maladie, il fut ordonné prêtre. La Première Messe qu’il célébra, eut lieu au sanctuaire marial Jasna Góra de Częstochowa.

L’abbé Stefan poursuivit sa formation intellectuelle et obtint en 1929 le doctorat de Droit canonique à l’université de Lublin. Puis il fit des voyages d’étude qui le conduisirent en différents lieux de l’Europe.

De retour en Pologne, il enseigna au séminaire de Włocławek.

En 1939, quand la Pologne fut envahie par les troupes nazies, Stefan Wyszyński fut contraint d’entrer dans la clandestinité, et de changer sans cesse de domicile ; il était très recherché, comme le fut Maksymilian Kolbe (v. 14 août). Durant l’occupation, il protégea des Juifs. Il vécut impuissant l’insurrection de Varsovie le 1er août 1944 ; à cette date, il assuma le «nom de guerre» de Radwan II, et s’occupa d’assister les malades et les mourants, tant polonais qu’allemands, à l’hôpital de Laski. En 1945, il put retourner à Włocławek. : il fallait désormais reconstruire la Pologne chrétienne ; il fut recteur du séminaire et directeur d’une revue catholique.

En 1946, il fut consacré évêque de Lublin puis, en 1948, archevêque de Gniezno et Varsovie, devenant alors le Primat de Pologne.

Les années suivantes ne connaissaient pas encore la paix, car le gouvernement pro-stalinien polonais contre-carrait l’Eglise, confisquant les bâtiments, les écoles, contrôlant toute la vie de l’Eglise. Aussi, en 1950, Mgr Wyszyński se décida à entrer en pourparlers avec ce gouvernement et l’on aboutit à un accord qui resta secret mais qui assouplit les relations et le travail. L’Eglise conservait son indépendance ; les évêques seraient choisis par l’Etat dans une liste proposée par l’Eglise ; c’est ainsi que fut choisi un certain Mgr Wojtyła.

En 1953, Mgr Wyszyński fut créé cardinal, mais non officiellement - in pectore, comme on dit. Cette même année cependant commença une vague de persécutions impitoyables, dont le nouveau Cardinal fut une des plus illustres victimes. Les prêtres furent arrêtés, et internés : en septembre, le Cardinal Wyszyński fut mis en prison à Rywałd, puis à Stoczek, puis à Prudnik et au monastère-prison de Komańcza. Durant ces multiples séjours en prison, il fut sauvagement torturé, maltraité, agressé même de façon perverse. Cela dura trois années, jusqu’en octobre 1956 - l’année de l’insurrection hongroise, mais aussi d’un nouveau compromis passé avec les autorités.

En 1957, le Cardinal put recevoir officiellement la barrette cardinalice.

Affaibli, mais toujours actif, le Prélat reprit son action et prépara en 1966 le millénaire de la Pologne chrétienne, commémorant le baptême de son premier roi, Mieszko Ier. A cette occation, les autorités polonaises interdirent au pape Paul VI de visiter la Pologne et empêchèrent aussi le Cardinal de célébrer d’autres manifestations à l’étranger.

Après la mort du pape Paul VI, le Cardinal put participer au conclave de 1978, d’où sortit élu Karol Wojtyła, devenu désormais Jean-Paul II. On apprit alors que le Cardinal Wyszyński avait personnellement supplié Karol d’accepter son élection, mais lui avait fortement déconseillé de prendre le nom de Stanislas : il fallait se «contenter» de cette élection historique, et rester dans la lignée des papes précédents.

En 1980, durant les grèves historiques du syndicat Solidarność, le Cardinal Wyszyński tenta encore de prévenir autant les gouvernants que les ouvriers, de rester dans les justes limites de leurs responsabilités.

Le 13 mai 1981, lors de l’attentat perpétré contre la Pape Jean-Paul II, le Cardinal offrit à Dieu sa vie pour celle du Pontife. Désormais atteint d’un cancer de l’abdomen, il s’éteignit à Varsovie le 28 mai 1981.

Un miracle inexpliqué advint en 1989 : une jeune femme de dix-neuf ans fut guérie d’un cancer incurable. Ce miracle fut retenu pour la cause de la béatification.

Stefan Wyszyński devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 28 mai.

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